Pélage le Conquérant

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Pélage le Conquérant
Pélage selon une illustration du XVIIIe siècle
Pélage selon une illustration du XVIIIe siècle

Titre Roi des Asturies
(718 - 737)
Successeur Favila
Conflits Reconquista
Faits d'armes Bataille de Covadonga, bataille de Santander[réf. nécessaire]
Biographie
Naissance Fin du VIIe siècle
Probablement dans les Asturies
Décès 737
Cangas de Onís
Père Favila
Conjoint Gaudiosa
Enfants Favila
Ermesinde
Adversaires Omeyyades
Statue de Pélage à Covadonga.

Pélage (en latin Pelagius, en espagnol Pelayo [el Conquistador]), né à la fin du VIIe siècle, mort en 737 à Cangas de Onís (Asturies), est le premier roi des Asturies. Il règne de 718 à 737.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pélage est le fils d'un noble nommé Favila, duc de Cantabrie ; selon les chroniques mozarabes (pas totalement fiables), il est un proche parent de Rodéric, dernier roi wisigoth d'Espagne. La Chronique d'Alphonse III, rédigée vers 900, le fait descendre du roi wisigoth Chindaswinthe (642-653). Avant l'invasion musulmane du royaume wisigoth, Pélage, dont l'origine aristocratique est confirmée par divers sources, occupe dans la capitale du royaume, Tolède, la fonction de spatharius, c'est-à-dire de membre de la garde personnelle des souverains wisigothiques.

Selon le Chronicon albeldense, rédigé dans les Asturies à la fin du IXe siècle, Pélage, "chassé de Tolède par le roi Wittiza, entra en Asturies ; après quoi, l'Espagne fut occupée par les Sarrasins. Celui-ci inaugura la rébellion contre eux en Asturies...".

En revanche, la Chronique dite de Silos remémore la fuite de Pélage, pourchassé par les Maures, et sa venue chez les Asturiens avec ses compagnons, des soldats goths[1].

Après la défaite et la mort probable du roi Rodéric à la bataille de Guadalete, près de Xérès (été 711), Pélage se place à la tête des chrétiens réfugiés dans les montagnes du nord de la péninsule Ibérique, notamment dans la Cordillère Cantabrique. En 718, il convoque une assemblée de notables, dont des nobles wisigoths, qui le proclame « roi », renouant ainsi avec la vieille tradition germanique de l'élection des souverains par les nobles, tradition qui avait été abandonnée par les Wisigoths en 633.

Sur l'élection de Pélage, les deux rédactions de la Chronique d'Alphonse III donnent l'une et l'autre une version contradictoire. Selon le texte primitif, Pélage reçoit son pouvoir des montagnards astures. En revanche, selon la seconde rédaction de la chronique, Pélage est élu roi par les "Goths de sang royal".

Élu roi, Pélage fonde le royaume des Asturies, fixe sa capitale dans la petite ville de Cangas de Onís, et se présente comme le continuateur des rois wisigoths dont le souvenir restera longtemps vivace dans les mémoires des chrétiens du Nord.

Selon l'historien espagnol Claudio Sánchez-Albornoz, dans le royaume des Asturies, au temps du roi Pélage et de ses premiers successeurs, il n'y avait ni cour, ni monarque, mais seulement un caudillo, un simple chef de guerre accompagné de ses guerriers : les paysans astures descendus de la montagne à son appel[2].

Il reste plusieurs années peu actif, ignoré ou méprisé par les musulmans avant d'en sortir brusquement et de remporter une première victoire lors de la bataille de Covadonga en 722, puis à plusieurs autres occasions.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse une noble d'origine wisigothe, Gaudiosa. De ce mariage, naissent :

Hommages[modifier | modifier le code]

Considéré comme l'initiateur de la Reconquista, Pélage est l'un des héros de l'Espagne et le titre de « Prince des Asturies » est donné à l'héritier de la couronne.

Le compositeur italien Gaspare Spontini a écrit un opéra intitulé Pélage ou le Roi de la Paix (Paris, 1814).

L'auteur dramatique français Alexandre Guiraud a donné au Théâtre-Français une pièce intitulée La Tragédie de Pélage (Paris, 1820).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Claudio Sánchez-Albornoz, Otra vez Guadalete y Covadonga (II), dans "Cuadernos de Historia de España", I-II, 1944 ; Pelayo antes de Covadonga, dans "Anales de Historia antigua y medieval", 1955 ; La sucesión al trono, en los reinos de León y Castilla, dans "Estudios sobre las Instituciones Medievales Españolas", 1965.
  • (es) Antonio Cristino Floriano, Estudios de Historia de Asturias (el territorio y la monarquía), Madrid, 1962.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historia silense, p. 131. 20, éd. J. Pérez de Urbel, Madrid, 1959.
  2. Claudio Sánchez-Albornoz, Otra vez Guadalete y Covadonga (1944) ; Pelayo antes de Covadonga (1955) ; La sucesion al trono en los reinos de Leon y Castilla (1965).