Lagos (Portugal)

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Lagos
Blason de Lagos
Héraldique
Administration
Pays Drapeau du Portugal Portugal
Région Algarve
Sous-région Algarve
Ancienne province Algarve
District Faro
Maire Júlio Barroso
Code postal 8600
Démographie
Population 31 049 hab. (2011[1])
Densité 145 hab./km2
Géographie
Coordonnées 37° 06′ 00″ N 8° 40′ 00″ O / 37.1, -8.666737° 06′ 00″ Nord 8° 40′ 00″ Ouest / 37.1, -8.6667  
Altitude Min. 0 m
Superficie 21 392 ha = 213,92 km2
Localisation

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Lagos

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Lagos
Liens
Site web http://www.cm-lagos.pt

Lagos (phon. API : /'laguʃ/, littéralement « Les lacs ») est une ville et une agglomération située à l'embouchure de la Bensafrim au sud de l'Algarve, au Portugal. La majorité de la population, établie sur le littoral, vit du tourisme et des activités de service connexes. L'hinterland, agricole et forestier, est comparativement beaucoup moins densément peuplé.

Lagos est situé à environ 35 km à l'est du cap de Sagres, le finistère sud ouest de l'Europe. Au nord de Lagos, la route de Vila Nova de Milfontes et de Sines serpente à travers les coteaux du parc naturel du Sud-Ouest.

Lagos et sa plage.

Histoire[modifier | modifier le code]

Lagos est un vieux port maritime dont l'histoire remonte à plus de 2000 ans. Son nom de Lagos dérive du gaulois Lacobriga. Lagos fut d'abord un comptoir où les Carthaginois recrutaient des mercenaires gaulois pour combattre les Romains pendant les Guerres puniques. Elle fut ensuite colonisée par les Romains, et dépendit de la province romaine de Lusitanie. Il subsiste quelques vestiges gallo-romains à Lagos même et alentour. C'est probablement à Lacobriga, près du mont Molião, que le général rebelle Sertorius défit avec l'appui d'auxiliaires lusitaniens l'armée de Q. Caecilius Metellus Pius envoyée pour l'arrêter. Lacobriga était déjà un port considérable à cette époque.

Au VIe siècle, la ville fut successivement gouvernée par les Wisigoths depuis le Royaume de Tolède puis par les Byzantins. Les Maures envahirent la région au VIIIe siècle, et rebaptisèrent la ville Zawaia (c'est-à-dire « lac » en arabe). Elle faisait partie de la contrée d’al-Gharb (d'où vint le nom moderne d' Algarve). On doit aux Maures la fortification de la ville et l'ouverture de lignes commerciales maritimes régulières. En 1174 le Wali local autorisa la construction de l'église Saint Jean-Baptiste hors les murs. C'est la plus ancienne église de tout l'Algarve.

La province d'Algarve et d'Alentejo resta sous autorité mauresque même après la Reconquista d'Afonso Henriques et ne fut reconquise que sous le règne d'Alphonse III de Portugal en 1241. Ainsi, lorsque ce souverain eut reconquis l'Algarve en 1249, il s'attribua le titre de « Roi de Portugal et d'Algarve », témoignant que cette province, arabe depuis des siècles, était encore à ce moment une terre étrangère.

Lagos ne devint une juridiction autonome que sous le règne de Pierre Ier en 1361. C'est à Lagos que le roi João I rassembla une flotte en vue de s'emparer de Ceuta en 1415, première incursion de l'Europe médiévale en Afrique, et prémices des Grandes découvertes des explorateurs portugais à travers les océans.

Reconstitution de la caravelle Boa Esperança.

Devenue le tremplin des expéditions transocéaniques, Lagos fut au XVe siècle un port hauturier célèbre : le prince Henri le Navigateur, fils benjamin du roi João I, y passa l'essentiel de son existence. C'est de là qu'il dirigeait les campagnes contre le Maroc et les côtes orientales de l'Afrique[2] avec ses caravelles, des navires à construction « membrure première » possédant une tenue exceptionnelle à la mer. Lagos est également la patrie de Gil Eanes, premier capitaine à doubler le cap Bojador en 1434, que l'on considérait à l'époque comme la limite méridionale de la zone habitable (non « torride ») de la Terre. Cet exploit marqua un tournant dans l'exploration de l'Afrique, et l'on peut comparer Lagos à cette époque au Cap Canaveral de l'exploration spatiale. L'ancienne capitale du Nigeria, Lagos, est une colonie de la ville portugaise.

C'est encore à Lagos que les premiers esclaves furent ramenés en Europe. Un édifice du XVIIe siècle se dresse à l'emplacement exact du premier marché aux esclaves (Mercado de Escravos, ouvert en 1444) d'Europe. Henri le Navigateur, en tant que principal investisseur des expéditions africaines, percevait 20 % des ventes. Sa mort marqua la décadence de la ville, la famille royale se désintéressant rapidement de l'Algarve ; les grandes compagnies de commerce déménagèrent à ce moment pour Lisbonne.

Cette décadence perdura jusqu'à ce que le roi Sebastião, qui rêvait d'une grande croisade permettant de conquérir le royaume de Fez, assemblât une énorme flotte à Lagos[3] (1578). Il perdit la vie avec la plus grande partie de la chevalerie portugaise lors de la bataille de Ksar el-Kébir.

En 1693, l'amiral de Tourville intercepta le convoi de Smyrne au large des côtes de Lagos, privant la coalition anglo-autrichienne d'importants financements et de dizaines de vaisseaux. Mais au cours de la Guerre de Sept Ans, l'amiral britannique Edward Boscawen donna, toujours devant Lagos, sa revanche à la Royal Navy en détruisant la flotte française de 14 vaisseaux chargée d'assurer un débarquement en Écosse[4] (19 août 1759).

La ville, avec ses maisons d'un autre âge, acquérait un aspect respectable lorsque le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 la ravagea. Elle conserve toutefois quelques remparts (reconstruits) du XVIe siècle, le château du gouverneur (XVIe siècle).

Géographie[modifier | modifier le code]

Lagos est limitrophe :

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1801 1849 1900 1930 1960 1981 1991 2001 2011
9 789 11 012 13 937 16 210 17 060 19 700 21 526 25 398 31 048

Monuments et musée[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Antoine[modifier | modifier le code]

La statue polychrome de saint Antoine de Padoue.

Sa façade modeste aux tours dissymétriques, datant de 1715, contraste singulièrement avec l'extravagance de l'intérieur, richement décoré. Ses azulejos blancs et bleus dorés (XVIIIe siècle), ses bois sculptés (talha dourada, qui comptent parmi les plus beaux du pays) couvrent toute la surface des parois de la nef, avec les six toiles baroques de Mestre José Joaquim Rasquinho représentant les miracles de saint Antoine. Un coffre de bois peint en trompe-l'œil trompe sur la taille de l'objet. Les statues polychromes de chérubins jouant avec des animaux et des poissons sont remarquables.

Cette église, consacrée à Saint Antoine de Lisbonne est l'un des rares édifices laissés pratiquement intacts par le tremblement de terre de Lisbonne de 1755. Le commandant du régiment d'Infanterie de Lagos ordonna bien quelques reconstructions ce qui explique sans doute pourquoi la statue polychrome de Saint Antoine trônant sur l'autel porte une tenue militaire. On rapporte que c'est dans cette même église que le roi Sébastien Ier de Portugal assista à sa dernière messe avant sa désastreuse expédition marocaine.

Musée régional de l'Algarve[modifier | modifier le code]

Armes et artisanat traditionnels du Mozambique.

Ce petit musée régional se trouve à côté de l'église Saint-Antoine. Il abrite une collection hétéroclite de pièces minéralogiques et de découvertes archéologiques allant de la paléontologie (ammonites, dents de dinosaures...) à l'industrie du Néolithique (haches de pierre, tessons de poterie...). La section proprement ethnographique du musée est consacrée à l'histoire de l'Algarve, avec de vieilles épées, des mousquets et des boulets de canon. La charte accordée par le roi Manuel Ier de Portugal à la ville est exposée dans ce musée ; mais l'élément le plus curieux est la collection de très anciennes armes et des objets d'art de la colonie portugaise du Mozambique. Le trésor du musée est constitué par les habits de cérémonie portés par le roi Sébastien Ier de Portugal lors de l'ultime messe qu'il fit célébrer avant sa fatale équipée marocaine. On peut également admirer un diptyque daté du XVIe siècle représentant l'Annonciation et la Présentation de Jésus au Temple.

Le fort de Ponta da Bandeira[modifier | modifier le code]

Le pont-levis du fort.

Lorsque le Portugal tomba sous domination espagnole, la côte devint l'une des cibles de la Royal Navy. Lagos, proche de la base navale de Cadix, fut attaquée par Francis Drake, mais les habitants lui opposèrent une défense si acharnée que le corsaire britannique dut renoncer à son assaut, et se retourna promptement vers le port de Sagres. D'une manière générale, la côte était régulièrement la proie des pirates et des corsaires, ce qui incita les autorités à la fortifier. Ponta da Bandeira est l'un de ces forts édifiés au début du XVIIe siècle : il contrôle l'entrée du port. On accède au fortin par un pont-levis. Le glacis offre un panorama splendide sur la cité, la plage et le port tout à la fois. Sa petite chapelle est décorée par des azulejos (carreaux de faïence bleue) d'époque. Plusieurs pièces du bastion abritent aujourd'hui des expositions sur les explorations portugaises outre mer, sur les astrolabes et les maquettes de caravelles

Économie et culture[modifier | modifier le code]

Comme plusieurs villes côtières du Portugal, Lagos a toujours tourné son activité économique vers la mer et la pêche. Mais depuis 1960, elle s'est aussi largement tournée vers le tourisme, devenue l'activité dominante. Ses belles plages, son climat agréable, son architecture et son patrimoine historique sont autant d'atouts. Plusieurs spectacles et fêtes sont célébrés à longueur d'année, avec des spécialités artisanales et gastronomiques, parmi lesquelles : les biscuits appelés Dom rodrigos et morgados, à base d'amandes, de figues et d'œufs. Lagos est également réputée au plan viticole par son muscadet, et pour une liqueur locale, l'aguardente de medronho, à base d'arbouses.

Lagos s'enorgueillit de quelques sites touristiques fameux :

  • Ponta da Piedade (Pointe de la Piété)
  • Grutas da Costa d'Oiro (grottes de la Côte d'Or)
  • Lagoa de Alvor (lagune d'Alvor)
  • Mata Nacional de Barão de S.João (Forêt nationale du baron de Saint Jean)

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Igreja de São Sebastião.

La ville de Lagos compte les six freguesias suivantes :

Plages[modifier | modifier le code]

Le récif appelé Mont-de-Piété.
  • Praia do Pinhao voisine de celle de Dona Ana, ravissante petite plage encastrée entre les falaises et les rochers et dominée par une piscine publique, bien abritée du vent.
  • Meia Praia (plage centrale) - Sable fin et blanc, cette plage s'ouvre sur l'une des plus grandes baies d'Europe et bénéficie, de par son étendue, d'une mer calme. L'absence de récifs en fait un endroit idéal pour les activités nautiques. Par vent fort, on trouve toujours des plages abritées entre les falaises.
  • Praia Solaria (plage du soleil).
  • Praia da Batata (plage aux patates).
  • Praia dos Estudantes (plage aux étudiants).
  • Dona Ana est sans doute la plage la plus fréquentée : le sable est plus grossier que sur les autres plages, et l'endroit est fermé par des massifs rocheux aux formes évocatrices : le « gâteau d'anniversaire », le « Titanic », et le « Sphynx ». Dona Ana comprend en fait deux plages séparées par une avancée calcaire isolées l'une de l'autre à marée haute.
  • Canavial
  • Camilo
  • Praia da Luz (plage lumineuse), la plage de la résidence balnéaire voisine de Luz. Cette plage comporte des installations sportives et est abritée à l'est par la 'Rocha Negra'.

Photos[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (pt)INE, « Résultats définitifs du recensement 2011 »,‎ 2012 (consulté le 5 janvier 2013)
  2. Cf. à ce sujet Gomes Eanes de Zurara (trad. Léon Bourdon), Chronique de Guinée, Editions Chandeigne, coll. « Magellane »,‎ 2011, 588 p. (ISBN 2915540799).
  3. Younès Nekrouf, La Bataille des Trois Rois, 2226021574, Albin Michel,‎ 1984, 286 p.
  4. Cf. Michel Vergé-Franceschi, Chronique maritime de la France d'Ancien Régime (1492-1792), Paris, SEDES,‎ 2000, 786 p. (ISBN 2718191880)