Bataille de Sagrajas

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Bataille de Sagrajas
Informations générales
Date 23 octobre, 1086
Lieu Badajoz, en Espagne
Issue Victoire décisive des Almoravides et des Taïfa
Belligérants
Almoravides.JPGAlmoravides,
Allah.svgTaïfa de Séville,
Allah.svgTaïfa de Grenade

d'Almeria,
Allah.svgTaïfa de Malaga,
Allah.svgTaïfa d'Almeria

Coat of Arms and Shield of León (1230-1284).svgRoyaume de León ,
Royal Banner of the Kingdom of Castile.svg Royaume de Castille ,
Siñal d'Aragón.svg Royaume d'Aragon ,
Bandeirareinogaliza.svgRoyaume de Galice ,
PortugueseFlag1185.svg Comté du Portugal
Commandants
Almoravides.JPGYoussef Ibn Tachfin ,
Allah.svgAl Mutamid Ibn Abbad ,
Allah.svgAbdallah ben Bologhin,
Allah.svg Al Mutawakil de Badajoz
Royal Banner of the Kingdom of Castile.svgAlphonse VI de Castille,
Royal Banner of the Kingdom of Castile.svg Alvaro Fanez ,
Siñal d'Aragón.svg Sanche Ier d'Aragon
Forces en présence
30 000 hommes,85 canons (30 utilisés) 60 000 hommes,160 canons
Pertes
de 14000 à 15000 hommes. 59550 hommes
Reconquista
Enluminure sur parchemin de 1086, année de la bataille. Les Quatre Cavaliers

La bataille de Sagrajas ou Zalaca ( الزلاقة en arabe), se déroule le 23 octobre 1086 entre les troupes du général almoravide Youssef Ibn Tachfin et celles du roi de Castille Alphonse VI. Cet épisode de la Reconquista voit la victoire des armées maures.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Le début du XIe siècle en Andalousie voit la fin des Omeyyades de Cordoue. La fin du règne d'Al-Hakam II en 976 est marquée par la mise sous tutelle par le vizir Almanzor du nouveau calife, Hicham II. À la mort de d'Almanzor, en 1002, s'ouvre une longue période de luttes internes pour le pouvoir qui aboutit à l'éclatement du califat en une multitude de petits royaumes plus ou moins indépendants.

Il en découle un nouveau rapport de force avec les royaumes chrétiens du nord : les rois des taïfas se font la guerre entre eux, n'hésitant pas à nouer des alliances avec les royaumes chrétiens contre leurs coreligionnaires. En contrepartie, ils sont contraints de payer un lourd tribut à leurs « alliés » chrétiens.

La puissance croissante des souverains chrétiens inquiète les rois des taïfas, en particulier celui de Séville, Al Mutamid Ibn Abbad, qui fait appel à la force montante au Maroc : les Almoravides.

La bataille[modifier | modifier le code]

La bataille de Sagrajas survint un an après la prise de Tolède en 1085. En 1086, l'émir Youssef Youssef Ibn Tâchfîn, considéré comme le premier souverain almoravide, est donc invité par les rois des taïfas, à les aider contre Alphonse VI de Castille. Débarquées le 30 juin à Algéciras, les troupes de Ibn Tāchfīn sont rejointes par celles des rois de Séville, Grenade, Malaga, Almeria et Badajoz. Ibn Tachfin réclama la conversion à l'islam d'Alphonse, qui répondit s'en remettre au sort des armes. La coalition musulmane inflige le 23 octobre une sévère défaite à Alphonse VI à Sagrajas, non loin de Badajoz. Un mouvement tournant des Almoravides décida d'une si complète victoire que le roi de Castille faillit être pris et fut contrait de se retirer de la région de Séville et de lever le siège de Saragosse. Cette victoire eut, dans le monde musulman tout entier, un retentissement aussi condiérable que la prise de Tolède par Alphonse VI. Ibn Tachfin fut désormais considéré comme l'un des principaux champions de l'Islam menacé[1].

Bien que les chiffres de l'époque avancent une nette supériorité des troupes castillanes (60 000 hommes) sur les troupes musulmanes (30 000 hommes), on considère désormais que les forces en présence furent en nombre presque égal. Quoi qu'il en soit, la bataille est sanglante et l'armée castillane subit une très sévère défaite, perdant une grande partie de ses forces. La réussite musulmane est attribuée aux communications par drapeaux, et aux tambours dont le fracas amplifié par l'écho des montagnes aurait effrayé les chevaux des chrétiens.

Cette victoire conforta par ailleurs le prestige de l'émir almoravide qui écrasera à nouveau par la suite les chrétiens à la bataille d'Aledo en 1090, avant d'entamer la conquête des royaumes taïfas.
Cependant, informé de la mort de son héritier, Youssef Ibn Tâchfîn doit retourner prématurément au Maroc, évitant à la Castille de perdre trop de territoire, malgré la destruction d'une grande partie de son armée. Il ne laissait à Al Mutamid que 3 000 soldats arabes sévillans. Les chrétiens reprirent alors l'offensive vers Murcie et Almeria, et Al Mutamid prit le parti de se rendre en personne auprès d'Ibn Tachfin pour implorer une nouvelle intervention des Almoravides. Ibn Tachfin rendit inutilisable la puissante base militaire d'Alédo (au Sud-Ouest de Murcie), contre laquelle les taïfas avaient échoué, et rétablit la situation[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Histoire de l'Afrique du Nord, Ch.-André Julien, Publié par Payot, 1966. P 85.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lagardère, Vincent, Le Vendredi de Zallâqa, 23 octobre 1086, Paris, 1989.
  • Gauvard, Claude (dir.), De Libera, Alain, Zink, Michel, Dictionnaire du Moyen Âge, Paris, Quadrige/PUF, 2002, p.1485.