Califat de Cordoue

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Califat de Cordoue
خلافة قرطبة (ar)

Califato de Córdoba (es)

9291031

Description de cette image, également commentée ci-après

Le califat de Cordoue vers l'an 1000

Informations générales
Statut Califat
Capitale Cordoue
Religion Islam
Histoire et événements
Fondation par Abd al-Rahman III
932 Prise de Tolède
Années 960 Apogée du califat
929 Abd al-Rahman III proclame le califat
985 Destruction de Barcelone
997 Prise de Saint-Jacques-de-Compostelle
1031 Éclatement du califat en 23 taïfas
Émirs
(1er) 929-961 Abd al-Rahman III
(Der) 1027-1031 Hicham III

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le califat de Cordoue fut le califat occidental dans lequel régna la branche des Omeyyades dite des Omeyyades de Cordoue, concurrent des Abbassides dans la civilisation islamique alors à son apogée. Son extension maximale atteint plus de 80 % de la péninsule Ibérique, et fait suite aux invasions musulmanes en Europe occidentale.

Le nom califat occidental correspondant à Cordoue, s'oppose au califat abbasside, situé à Bagdad, pendant la période de leur coexistence.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

La conquête musulmane de l'Espagne s'est faite en 711 et les territoires conquis ont, ensuite, été constitués en un émirat omeyyade relevant de l'autorité des califes de Damas. Les Omeyyades sont détrônés, en 750, par les Abbassides qui fondent leur propre dynastie. Pour assurer la survie de la nouvelle dynastie, presque tous les membres de la dynastie omeyyade sont massacrés mais, le prince Abd al-Rahman Ier réussit à s'enfuir et à gagner l'Espagne. Il y établit une nouvelle dynastie à Cordoue et le pays devient, en 756, un émirat indépendant. Le 16 janvier 929 Abd al-Rahman III s’affranchit de l’autorité politique et religieuse de Bagdad en s’attribuant les titres de calife. L'État des Omeyyades de Cordoue se transforme, ainsi, en califat qui va exister jusqu'en 1031. En 932, Tolède tombe aux mains des Omeyyades de Cordoue après un siège qui a infligé une terrible famine aux habitants. Le califat entre dans une période de paix et de prospérité. Vers 950, Abd al-Rahman III porte son autorité sur le Maghreb de Tanger à Alger. Il se heurte aux attaques des Fatimides. En 955, le diplomate Hasdaï ben Shatprut est envoyé en compagnie d’un autre émissaire négocier un traité de paix avec le roi Ordoño III des Asturies. Le duc de Castille accepte à son tour un accord de paix. À la mort d'Ordoño III à l'automne 956, son frère le roi de León Sanche Ier le Gras refuse d’honorer le traité de paix. La guerre reprend entre chrétiens et musulmans, et Sanche est battu sévèrement pendant l'été 957. Renversé par Ordoño IV en 958, Sanche obtient l'aide du calife de Cordoue pour regagner son trône, deux ans plus tard, et renouvelle la paix.

Épanouissement[modifier | modifier le code]

La salle du trône d'Abderramane III, à Madinat al-Zahra.
L'expansion du califat de Cordoue sous Almanzor (977-1002).

Abd al-Rahman III transforme et embellit Cordoue et fixe sa résidence à Madinat al-Zahra, ville créée pour sa favorite Zahra à huit kilomètres de Cordoue. Sous son règne et celui de son successeur al-Hakam II, Al-Andalus connait la prospérité[réf. nécessaire].

Sous le règne d'al-Hakam II à partir de 961, le califat est à son apogée. Son successeur Hicham II, en raison de son jeune âge, règne sous la tutelle du vizir du palais Ibn Abî’Amir (Almanzor). Celui-ci parvient à vaincre les Arabes qui s’étaient rebellés après son coup de force en s’appuyant sur de nouveaux arrivants berbères. Almanzor est victorieux de Ramire III de León en 978. Il relance la guerre sainte à partir de 980. Dans al-Andalus, il maltraite et persécute les mozarabes. Juifs et chrétiens se réfugient vers le nord. Il lance des raids contre la Catalogne et les Asturies. Barcelone est détruite en 985, ses habitants sont faits prisonniers sans que le roi des Francs ne réponde à leur appel. Les Juifs de la ville sont massacrés. En 997, il prend Saint-Jacques-de-Compostelle dont le sanctuaire est détruit.

Effondrement[modifier | modifier le code]

À la mort d'Almanzor en 1002, le califat de Cordoue amorce sa chute tandis que l’armée nomme et destitue les califes. La guerre civile éclate à la mort de son fils Abd al-Malik al-Muzaffar en 1008. Les Berbères, les Arabes, les Slaves et les Espagnols s’affrontent pour le pouvoir. Cordoue est saccagée par les chrétiens en 1009. Madinat al-Zahra, la résidence du calife près de Cordoue, est détruite par les Berbères en 1013. Dès 1023, Abbad Ier, qadi (juge) de Séville se déclare indépendant et fonde le royaume abbadide qu’il agrandit avant sa mort. En 1027, les Cordouans font enfermer le dernier calife omeyyade dans une pièce avec sa fille qu’il adorait. Ils manquent de mourir de faim avant d’être relâchés. Suite à son éclatement à partir de 1031, le Califat est partagé entre 23 roitelets indépendants (Reyes de taifas,muluk at tawaif). Leurs gouverneurs se proclament émirs et lient des relations diplomatiques avec les royaumes chrétiens.

Personnages importants[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Califes de Cordoue.

Économie[modifier | modifier le code]

L’agriculture reste traditionnelle (céréales, olivier, vigne) mais les Arabes ont amélioré les systèmes d’irrigation dans les vallées et les zones littorales et ont développé les cultures du figuier, de la canne à sucre, du citronnier, du bananier, du palmier-dattier (Elche), des plantes aromatiques et colorantes (safran, garance, coriandre, henné) et des textiles (lin et coton).

L’Espagne produit des minerais : or (Lérida, Grenade), argent (Murcie, Béja), fer (Guadalquivir), cuivre (Tolède, Elvira), plomb, marbre blanc (Sierra Morena), onyx (Grenade), pierres précieuses. Elle fabrique des armes (Tolède), travaille le verre et le cuir (Cordoue). Elle vend de l’huile et des tissus pour acheter du blé. Des esclaves, venus d’Europe orientale par Verdun, y transitent pour être envoyés en Orient.

Cordoue est avec Bagdad et Constantinople une des trois plus grandes villes du monde, avec près de 250 000 habitants[1].

Culture[modifier | modifier le code]

La porte du premier ministre à Madinat al-Zahra.

La langue officielle d’al-Andalus est l’arabe et tous les sujets portent des noms arabes quelles que soient leurs confessions. Les Juifs restent fidèles à l’hébreu et les mozarabes au latin. Les Juifs qui voyagent à Constantinople et à Alexandrie savent aussi le grec.

Abd al-Rahman III (lui-même arrière-petit-fils du roi de Navarre Fortún Garcés) entretient de bons rapports avec les Juifs et les chrétiens. Il a pour conseiller et ami Recemundo, évêque de Cordoue, « Rabbi ben Zaïd ». Le calife prend à cœur de convoquer lui-même les conciles. Son médecin est le Juif séfarade Hasdaï ben Shatprut, à la fois philosophe et poète, qui traduit en arabe De materia medica, un manuscrit du médecin grec Dioscoride (d’Arnazarbe), envoyé par l’empereur byzantin Constantin VII Porphyrogénète. Hasdaï favorise d’autres intellectuels juifs, poètes et exégètes, dont les manuscrit nous sont ainsi parvenus (Jacob Al-Turtusi, Jeuda ben Sheshet, Dunash ben Labrat, Menahem ben Saruq, Moïse ben Hanoch, etc.). Ils communiquent avec le centre rabbinique de Babylone où se met au point la version définitive du Talmud sous l’égide de Saadia Gaon.

Al-Hakam II réunit une bibliothèque de plus de 400 000 volumes. Il envoie ses agents dans le monde à la recherche d’ouvrages rares. Ce travail permettra la transmission du legs gréco-romain à l'Occident. Almanzor crée une école de poésie à Cordoue, mais expurge la bibliothèque d’al-Hakam des ouvrages qu’il juge suspects d’hérésie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. en 961, il y avait 13 750 saqālibas masculins à Cordoue (source)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]