Madère

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite de l'archipel et région portugaise de Madère. Pour l'île principale, voir Île de Madère.
Madère
Madeira (pt)
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Madère
Administration
Statut politique Région autonome
Capitale Funchal
Gouvernement
- Représentant de la République
- Président de la région

Monteiro Diniz
Alberto João Jardim
Démographie
Gentilé madérois, madéroise
madérien, madérienne
Population 267 785 hab. (2011)
Densité 334 hab./km2
Langue(s) Portugais
PIB (2003)
 · PIB/hab.
4,6 milliards d'euros
18 775
Géographie
Coordonnées 32° 45′ 00″ N 17° 00′ 00″ O / 32.75, -17 ()32° 45′ 00″ Nord 17° 00′ 00″ Ouest / 32.75, -17 ()  
Superficie 801 km2
Divers
Monnaie Euro
Fuseau horaire UTC +1
Domaine internet .pt
Indicatif téléphonique +(351)291
Devise Das Ilhas, as mais belas e livres[1]

Madère (en portugais : Madeira) est un archipel du Portugal composé de l'île du même nom et de plusieurs autres petites îles, situé dans l'océan Atlantique, au large du Maroc. Il constitue une région autonome sous le nom de région autonome de Madère (en portugais : Região Autónoma da Madeira) dont Funchal est la capitale. Son climat subtropical et ses paysages singuliers en font une destination touristique appréciée. Madère est rattaché à l'Union européenne et possède le statut de « région autonome ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte décrite ci-après
Carte topographique de l'archipel de Madère sans les îles Selvagens.
L'archipel de Madère comprend :

Funchal, la capitale de l'archipel, est distante d'environ 660 kilomètres du continent africain, 980 kilomètres de Lisbonne, 400 kilomètres de Grande Canarie aux îles Canaries et 880 kilomètres de Santa Maria, l'île la plus proche des Açores.

Environnement[modifier | modifier le code]

Lido, en Funchal

Forêts sempervirentes de Madère
Écorégion terrestre - Code PA0425[2]

Description de cette image, également commentée ci-après

Végétation d'altitude sur l'île de Madère.

Classification
Écozone : Paléarctique
Biome : Forêts de feuillus et
forêts mixtes tempérées
Global 200[3] : Forêts, zones boisées et maquis méditerranéens
Écologie
Espèces végétales[4] :
760
Oiseaux[5] :
28
Mammifères[5] :
3
Squamates[5] :
1
Espèces endémiques[5] :
1
Conservation
Statut[5] :
Critique / En danger
Aires protégées[6] :
32,0 %
Anthropisation[6] :
65,9 %
Espèces menacées[6] :
2
Ressources web :
Site du WWF

L'archipel constitue une écorégion terrestre dans la classification du Fonds mondial pour la nature sous le nom de « forêts sempervirentes de Madère ». Elle appartient au biome des forêts de feuillus et forêts mixtes tempérées de l'écozone paléarctique.

La région conserve des restes d'un type de forêt de lauriers autrefois répandu dans tout le Sud de l'Europe et dans l'Afrique du Nord-Ouest. La flore et la faune de cette forêt relique sont tout-à-fait uniques, elle possède de nombreuses espèces endémiques, dont le Pigeon trocaz et le Pétrel de Madère. Après avoir subi une déforestation massive à la suite de la colonisation de l'archipel, la végétation indigène est actuellement menacée par les espèces envahissantes, la mauvaise gestion des pâturages et le développement du tourisme.

Voir la catégorie : Faune endémique de Madère.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Madère.

Il est probable que l'archipel ait été connu dès l'Antiquité et notamment des Phéniciens. Selon Alain Bombard et Gilbert Pillot qui mena une enquête très précise sur le voyage d'Ulysse dans l'Odyssée [7], Madère serait l'Île d'Éole où le dieu confia le Zéphir à Ulysse en prenant soin d'enfermer les autres vents contraires dans un sac en cuir.

Son existence est attestée dès 1351 sur un portulan de Florence et dans des documents géographiques arabes. Les premiers navigateurs portugais lancés dans les explorations maritimes organisées par Henri le navigateur (João Gonçalves Zarco et Tristão Vaz Teixeira) se réfugièrent à Porto Santo (qu'ils nommèrent ainsi en reconnaissance de leur sauvetage) en 1419 et en prirent possession au nom du roi du Portugal. Madère fut repéré et abordé l'année suivante par Zarco, Teixeira et Bartolomeu Perestrelo, à l'emplacement actuel du port de Machico. La colonisation par les Portugais démarra immédiatement, Zarco et Vaz se voyant attribuer la gouvernance de Madère, tandis que Perestrelo devenait capitaine-gouverneur de Porto Santo.

L'archipel fut un point de relâche important pendant l'époque des grandes découvertes. Christophe Colomb y séjourna, il y épousa Felipa Moniz Perestrello, fille de Bartolomeu Perestrelo. Séjour important, puisque Felipa a pu faire connaître à Colomb les cartes de son père, qui l'ont aidé dans sa découverte.

Administration[modifier | modifier le code]

Carte des onze communes de la région autonome de Madère :

Depuis 1976, Madère, comme les Açores, est constituée en région autonome de la République du Portugal, sous le nom portugais de Região Autónoma da Madeira, avec un exécutif propre et une assemblée législative régionale. Le président du gouvernement régional actuel est Alberto João Jardim, en place depuis plus de trente-quatre ans. Le siège du gouvernement régional est situé à Funchal, faisant de cette ville la capitale de la région qui est subdivisée en onze communes.

L'archipel constitue l'une des sept régions ultrapériphériques de l'Union européenne.

Démographie[modifier | modifier le code]

Lors de sa découverte par les Portugais (1351), l'archipel était inhabité. La population actuelle résultant de la colonisation, essentiellement portugaise, est donc d'origine européenne bien que Madère soit plus proche de l'Afrique que de l'Europe[8].

Les principales villes de l'archipel sont :

Économie[modifier | modifier le code]

Ouvrages routiers au nord de Funchal.

L'économie de la région repose essentiellement sur l'agriculture et sur le tourisme, principale ressource. L'agriculture produit des bananes destinées au marché local et métropolitain, des fleurs, et le vin de Madère qui jouit d'une grande réputation à l'exportation. L'industrie est peu diversifiée, elle est surtout à caractère artisanal, avec la production de broderies, de tapisseries et d'articles de vannerie. La zone franche de Madère concentre des activités financières, industrielles et commerciales assurées par des firmes étrangères attirées par des incitations fiscales avantageuses. La Communauté européenne a contribué de façon importante au développement des infrastructures par le moyen de subventions du FEDER. Il y a notamment des travaux très importants d'adaptation du réseau routier, rendus difficiles par la configuration très montagneuse de l'île.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le jardin botanique à Funchal.
Maison traditionnelle de Santana.
Le parc Sainte-Catherine à Funchal.

Le tourisme est un secteur important de l'économie de la région puisqu'il contribue pour 20 % au PNB, soutenant toute l'année les activités liées au commerce et aux transports et fournissant un débouché aux productions locales. La part des hôtels et des restaurants dans le PNB (9 %) témoigne aussi de cette importance. L'île de Porto Santo, qui jouit d'un climat ensoleillé et dispose d'une plage de sable de neuf kilomètres de longueur, est entièrement consacrée au tourisme. Ces dix dernières années, elle a connu un fort accroissement de ses capacités hôtelières.

En 2005, Madère a reçu plus de 850 000 visiteurs. Les touristes viennent majoritairement de l'Union européenne, notamment du Royaume-Uni, d'Allemagne, du Portugal et de Scandinavie. La fréquentation est à son maximum en mars–avril et de juillet à octobre. Les perspectives de développement prévoient de porter la capacité hôtelière à 39 000 lits en 2012 contre environ 29 000 en 2005[9].

L'aéroport principal de Madère est situé à Santa Cruz. L'allongement de la piste à 2 781 mètres en 2000, qui permet de recevoir pratiquement tous les types d'avions, et l'ouverture d'un nouveau terminal en 2002 ont facilité le développement du tourisme. Madère est reliée à l'Europe (principalement Lisbonne et Porto) ainsi qu'à l'Amérique du Sud (Brésil et Venezuela), aux Açores et à l'Afrique du Sud.

Les atouts de Madère reposent principalement sur ses paysages (montagnes d'origine volcanique escarpées et souvent spectaculaires), sur son climat doux toute l'année et sur sa flore abondante et variée. L'une des principales activités touristiques sur l'île de Madère est la randonnée le long des levadas, canaux d'irrigation creusés depuis le XVIe siècle.

Transport[modifier | modifier le code]

L'île de Madère est desservie par l'aéroport de Funchal. L'île de Porto Santo possède elle aussi un aéroport.

Sport[modifier | modifier le code]

L'archipel est représenté dans le sport de haut niveau. Ainsi il compte deux formations de football évoluant au plus haut niveau national : le Marítimo et le CD Nacional ont même représenté le Portugal à travers la coupe de l'UEFA.

Madère est aussi présent dans le handball, le basket-ball, le tennis de table au plus haut niveau national aussi bien dans les catégories masculines que féminines.

La ville de Funchal est l'un des passages obligés lors des courses de voiles notamment avec la Transat Jacques-Vabre.

Tous les ans est organisé le Rallye Vinho Madeira, épreuve comptant pour le championnat d'Europe.

Personnalités de Madère ou ayant vécu dans l'archipel[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En français : « De toutes les îles, les plus belles et les plus libres. »
  2. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, E. D. Wikramanayake, N. D. Burgess, G. V. N. Powell, E. C. Underwood, J. A. D'Amico, I. Itoua, H. E. Strand, J. C. Morrison, C. J. Loucks, T. F. Allnutt, T. H. Ricketts, Y. Kura, J. F. Lamoreux, W. W. Wettengel, P. Hedao et K. R. Kassem, « Terrestrial Ecoregions of the World: A New Map of Life on Earth », BioScience, vol. 51, no 11,‎ 2001, p. 935-938.
  3. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, R. Abell, T. Allnutt, C. Carpenter, L. McClenachan, J. D’Amico, P. Hurley, K. Kassem, H. Strand, M. Taye et M. Thieme, The Global 200 : A representation approach to conserving the earth's distinctive ecoregions, Washington DC, Conservation Science Program, World Wildlife Fund-US,‎ 2000 (lire en ligne)
  4. (en) G. Kier, J. Mutke, E. Dinerstein, T. H. Ricketts, W. Küper, H. Kreft et W. Barthlott, « Global patterns of plant diversity and floristic knowledge », Journal of Biogeography, vol. 32,‎ 2005, p. 1107–1116 (DOI 10.1111/j.1365-2699.2005.01272.x, lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  5. a, b, c, d et e (en)World Wildlife Fund, « WildFinder: Online database of species distributions »,‎ janvier 2006, données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  6. a, b et c (en) J. M. Hoekstra, J. L.  Molnar, M. Jennings, C. Revenga, M. D. Spalding, T. M. Boucher, J. C. Robertson, T. J. Heibel et K. Ellison, The Atlas of Global Conservation : Changes, Challenges, and Opportunities to Make a Difference, Berkeley, University of California Press,‎ 2010 (lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  7. Gilbert Pillot - Le code secret de l'Odyssée, Éditions Robert Laffont, 1969 - ISBN 2-221-50326-0 - page 55
  8. Guide du Routard http://www.routard.com/guide/code_dest/madere.htm
  9. Estatísticas do Turismo http://www.madeiratourism.org/

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]