Malaisie

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3° 08′ 00″ N 101° 42′ 00″ E / 3.13333333, 101.7 ()

Malaisie

Malaysia

Drapeau
Drapeau de la Malaisie
Blason
Armoiries de la Malaisie
Description de l'image  Malaysia (orthographic projection).svg.
Devise nationale Bersekutu Bertambah Mutu
(L'unité est la force)
Hymne national Negara Ku
Administration
Forme de l'État Monarchie constitutionnelle, élective et fédérale
Roi Abdul Halim Muadzam Shah
Premier ministre Najib Tun Razak
Langues officielles Malais
Capitale Kuala Lumpur
Putrajaya (cap. administrative)

3° 05' N, 101° 40' E

Géographie
Plus grande ville Kuala Lumpur
Superficie totale 329 750 km2
(classé 67e)
Superficie en eau 0,3 %
Fuseau horaire UTC +8
Histoire
Indépendance Royaume-Uni
Royaume établi en 31 août 1957[1]
Fédération (avec Sabah, Sarawak et Singapour[2])
16 septembre 1963[3]
Démographie
Gentilé Malaisien,
Malaisienne
Population totale (2010) 28 250 000 hab.
(classé 46e)
Densité 86 hab./km2
Économie
Monnaie Ringgit (MYR​)
Divers
Code ISO 3166-1 MYS, MY​
Domaine Internet .my
Indicatif téléphonique +60

La Malaisie, en malais Malaysia, est un pays d'Asie du Sud-Est, constitué de la Malaisie péninsulaire ou Malaisie occidentale (majeure partie de la péninsule Malaise) et de la Malaisie orientale (nord de Bornéo). Elle est située à environ 200 km au nord de l'équateur. Sa capitale est Kuala Lumpur et sa superficie est de 329 750 km2.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'utilisation du nom de « Malaisie » pour désigner la péninsule malaise est récente. Ce nom est la francisation de Malaya dans l'expression « British Malaya » (Malaisie britannique) par laquelle les Anglais désignaient, à partir de la fin du XIXe siècle, les territoires qu'ils contrôlaient sur la péninsule.

Jusqu'en 1912, le nom de « Fédération de Malaisie » ne s'appliquait qu'à l'entité créée en 1896 par les Britanniques et devenue indépendante en 1957, « l'Union malaise » (Malayan Union). Celle-ci regroupait, dans la péninsule malaise, les États malais, qui avaient auparavant le statut de protectorats, et les Strait Settlements, c'est-à-dire les colonies de Malacca, Penang et Singapour.

Lorsque les territoires britanniques de Bornéo, Sabah (British North Borneo) et Sarawak deviennent indépendants en 1963 et acceptent de rejoindre la Malaisie, la nouvelle entité est baptisée du néologisme de « Malaysia ».

En français, « Malaisie » avait à l'origine un autre sens. En 1831, Jules Dumont d'Urville proposait à la Société de géographie de Paris une organisation de l'Océanie en quatre parties :

Par ce dernier nom, Dumont d'Urville entendait une région regroupant l'Indonésie, la Malaisie et les Philippines actuelles. À l'époque en effet, on considérait que les habitants de cette région pouvaient être désignés par le terme englobant de « Malais ».

Au sens strict du terme, les Malais sont les populations qui parlent la langue malaise et qui habitent le littoral oriental de l'île de Sumatra, les îles Riau, la péninsule Malaise et le littoral de l'île de Bornéo.

Le traité de Londres de 1824 entre Anglais et Hollandais se traduira par un partage en deux de ce monde malais. On ne saurait donc identifier celui-ci à la seule Malaisie.

Pour éviter la confusion, on utilise le gentilé « malaisien » pour désigner ce qui relève de la Malaisie comme État, le mot « malais » désignant ce qui relève de la langue, de la culture, de l'ethnie, et couvrant donc un territoire plus vaste. Ainsi, l'expression « monde malais » au sens strict désigne l'aire géographique habitée par les Malais et décrite plus haut.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Malaisie.

1511 marque la première présence européenne en Malaisie avec la prise de la ville de Malacca (Melaka en malais) par le vice-roi portugais des Indes, Afonso de Albuquerque, parti de Goa à la tête d'une flotte de dix-huit bateaux et 1 200 hommes.

La prise de Malacca par les Portugais aura eu deux conséquences fondamentales : la rupture du réseau des marchands de l'Asie du Sud-Est insulaire et péninsulaire, et la christianisation de l'est de l'archipel indonésien.

En 1641, les Hollandais de la VOC (Vereenigde Oostindische Compagnie ou « Compagnie hollandaise des Indes orientales »), alliés à Johor, prennent à leur tour Malacca aux Portugais.

Comme les autres pays asiatiques, la Malaisie bénéficie au début des années 1990 d'un afflux massif de capitaux étrangers[4] qui se retirent ensuite, déstabilisant la monnaie puis l'économie des pays[5].

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique en Malaisie.

La Malaisie est membre de l'ASEAN (Association des Nations d'Asie du Sud-Est). Le Parlement se compose de la Chambre des représentants et du Sénat. La Chambre des représentants est composée de 192 sièges élus au suffrage universel tous les 5 ans. Le Sénat est composé de 69 membres désignés pour un mandat de 3 ans : 43 sénateurs sont nommés par le Yang di-Pertuan Agong dont 2 pour le territoire fédéral de Kuala Lumpur et 1 pour le territoire fédéral de Labuan et 26 sont élus par les Assemblées législatives des États. La Malaisie a assuré la présidence du Mouvement des non-alignés entre 2003 et 2006. Elle est couverte en cas d'agression par les accords militaires des Five Power Defence Arrangements.

Administration[modifier | modifier le code]

La Malaisie est une fédération composée de treize États (negeri) et de trois districts fédéraux (wilayah persekutuan). Les États sont les onze de la péninsule Malaise (dont les neuf sultanats) : Perlis, Kedah, Penang, Perak, Kelantan, Terengganu, Pahang, Selangor, Negeri Sembilan, Melaka, Johor, et les deux États de Sarawak et de Sabah sur l'île de Bornéo.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Malaisie : péninsule malaise et Malaisie orientale
Article détaillé : Géographie de la Malaisie.

Le pays est composé de deux régions distinctes :

  • La Malaisie occidentale ou Malaisie péninsulaire (au sud de la Thaïlande) est divisée du nord au sud par une longue chaîne montagneuse dont le point culminant se situe à 2 189 m (Mont Tahan) et où subsistent de vastes zones forestières. La côte ouest est marécageuse et plate, la côte est se compose, au contraire, de longues plages de sable. Les cultures et plantations sont d'abord situées le long des plaines côtières. Le nord du pays (Perlis et Kedah) est considéré comme le grenier à riz du pays.
  • La Malaisie orientale est composée des territoires du Sarawak et du Sabah et située au nord de l'Indonésie (Bornéo). Cette partie représente 15 % de la population sur 60 % du territoire. Elle est essentiellement composée de forêts tropicales humides et d'un relief assez élevé (mont Kinabalu, 4 100 m).

La Malaisie partage ses frontières terrestres avec le Brunei (381 km), l'Indonésie (1 178 km) et la Thaïlande (506 km), et dispose de 4 675 km de côtes. Elle est également reliée à Singapour, par deux ponts traversant le détroit de Johor.

Climat[modifier | modifier le code]

En raison de sa situation géographique proche de l'équateur, la Malaisie connaît un climat équatorial de type hyper humide, caractérisé par une température constamment élevée (entre 26 et 27 °C en moyenne), une faible amplitude thermique annuelle (de l'ordre de 1 à 2 °C) et une forte humidité tout au long de l'année. Les précipitations sont très élevées avec une moyenne annuelle atteignant 2 500 mm.

Faune, flore et environnement[modifier | modifier le code]

La Malaisie est considérée comme une zone de mégadiversité biologique. La flore est ainsi particulièrement riche au regard d'autres pays situés dans la zone intertropicale. Les montagnes, les forêts primaires, et récifs coralliens participent de cette grande biodiversité.

La déforestation est importante, en particulier dans les territoires du Sarawak et du Sabah.

Le Sabah abrite, entre autres, une Oleacée[6], Olea borneensis (nom vernaculaire Obah ou Mangkas), à Lahad Datu (Forêt de recherche du Silam), Ranau (Kulimpsiau-Bas) et Kulat (Labuan). Cette espèce occupe les flancs de collines et les sommets, sur des sols ultrabasiques.

Économie[modifier | modifier le code]

La campagne malaisienne du Nord: « rizières et kampong »
Centre ville de Kuala Lumpur
Les tours Petronas, fleuron de l'économie malaisienne.
Article détaillé : Économie de la Malaisie.

La Malaisie fait partie des tigres asiatiques, elle est passée en 25 ans du stade de pays en voie de développement à celui de pays développé. Le développement de la Malaisie est organisé en fonction de plans de développement quinquennaux. En mars 2006, le gouvernement a lancé le 9e plan de développement. Le gouvernement a pour but d'arriver en 2020 a une nation pleinement moderne et développée. Malaysia 2020 constitue un véritable leitmotiv dans le pays[réf. nécessaire]. L’essor économique de la Malaisie se réalise grâce à la modernisation des transports (métro à Kuala Lumpur, autoroutes, ponts, ports de commerce), des communications et des infrastructures énergétiques, ainsi qu’au développement des zones industrielles et aux incitations fiscales pour les investisseurs dans des industries d’exportation.

La monnaie officielle du pays est le ringgit malaisien (RM). Un euro vaut approximativement 4,50 RM (avril 2014). Le 21 juillet 2005, Bank Negara, la banque nationale malaisienne a mis fin au régime de change fixe avec alignement sur dollar américain, pour passer à un régime de flottement administré.

Malaisie, 1 Ringgit à l'effigie du parlement de Kuala Lumpur

Le Japon, les États-Unis et Singapour sont les principaux partenaires économiques du pays. La Malaisie est devenue un leader mondial dans la production de composants électroniques, notamment les semi-conducteurs, et elle est le premier pays d'Asie du Sud-Est à concevoir et produire une automobile, la Proton, qui est exportée aux quatre coins de la planète. Proton est à présent concurrencé par une seconde société malaisienne : Perodua (Perusahaan Otomobil Kedua Sdn Bhd, littéralement « Deuxième Société Automobile »).

Les principales ressources du pays sont :

  • Sous-sol
    • or
    • étain
    • fer
    • bauxite de la côte occidentale
    • gaz et pétrole exploités offshore au large de la côte orientale
  • Agriculture et sylviculture
    • bois
    • caoutchouc (troisième rang mondial)
    • huile de palme (premier producteur mondial)

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003, en milliers d'habitants (chiffres de la FAO, 2005)
Article détaillé : Démographie de la Malaisie.

Le gouvernement malaisien estime que la population atteint les 27 millions d'habitants[7].

Le nom de "Malaisie" vient de "Malais", qui désigne le groupe ethnique majoritaire (62 %) du pays. Les Malais ne sont pas les uniques citoyens de la fédération. Il y a environ 25 % de Malaisiens d'origine chinoise et 10 % d'origine indienne, dont les ancêtres se sont établis il y a plusieurs générations. Il y a, en outre, les "Orang Asli" (populations autochtones). Les races malaise, chinoise, tamoule et "autres" sont mentionnées sur la carte d'identité. On trouve des minorités eurasiennes à Kuala Lumpur, Melaka et Penang.

On retrouve cette situation dans d'autres pays multiethniques d'Asie, où le nom du pays est tiré de celui de l'ethnie majoritaire (Birmanie, Laos, Thaïlande, Viêt Nam). Pour cette raison, le gentilé pour la Malaisie est Malaisien.

Il y a près de 20 millions de Malais en Indonésie, habitants de la côte est de Sumatra et de la partie indonésienne de Bornéo. La langue malaise est en effet originaire de l'île indonésienne de Sumatra.

La population malaisienne est jeune et en expansion (elle a doublé entre 1970 et 2000). Le taux de natalité des Malais est supérieur à celui des autres groupes ethniques.

La population réside aux 3/4 sur la péninsule Malaise. 35% de la population sait parler l'Anglais.

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Islam en Malaisie.

La religion d'État est l'islam du courant sunnite et de l'école chaféite, observé principalement par la majorité malaise. La communauté chinoise pratique le christianisme (9,6 %), le bouddhisme (75,9 %), le taoïsme (10,6 %), la religion populaire chinoise et le culte des ancêtres. Les Indiens sont pour la plupart hindous. On trouve aussi des chrétiens (à Penang notamment) et des animistes, principalement au Sarawak et au Sabah.

Dans l'État du Selangor, 35 termes islamiques sont interdits d'usage aux non-musulmans aussi bien oralement que par écrit[8]. En cas de plainte formelle, le non-musulman déclaré coupable se verra attribuer une amende de 3 000 MYR (soit 700 euros ou 1 000 francs suisses).

En octobre 2013, la Cour d'Appel Malaisienne valide l'interdiction par le gouvernement de l'usage du mot « Allah » par les non-musulmans, infirmant la décision de 2009 d'une Cour de première instance[9]. Et en janvier 2014, la cour suprême autorise l'utilisation du mot Allah dans les bibles écrites en bahasa ; 30 000 sont publiées.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture de la Malaisie.

Défense nationale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Forces armées malaisiennes.

Sports[modifier | modifier le code]

Le sport le plus populaire de Malaisie est le badminton.

D'autres sports comme le Sepak Takraw, un jeu de balle extrêmement spectaculaire sont également pratiqués.

Kuala Lumpur a accueilli la Coupe d'Asie de hockey sur gazon en 1999, 2003 et 2007. En 2009, la coupe a été disputée à Kuantan.

Le pays accueille une manche du championnat du monde de Formule 1 sur le circuit international de Sepang, dans l'état de Selangor près de l'Aéroport international de Kuala Lumpur.

Codes[modifier | modifier le code]

La Malaisie a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Loi sur l'indépendance de la Fédération de Malaisie 1957 (c. 60).
  2. Singapour est devenu un pays indépendant le 9 août 1965 après son expulsion de la Fédération: (en) États membres des Nations Unies.
  3. [PDF] (en) « Nations Unies — Treaty Series — No. 10760 — Accord relatif à la Malaisie », Collection des Traités des Nations Unies, Nations Unies,‎ juillet 1963 (consulté le 29 juillet 2010).
  4. "Flux financiers et marchés émergents en Asie", par Pieter Van Dijk, dans Revue d'économie financière (1999) [1]
  5. "Globalisation in Question", par Paul Hirst et Grahame Thompson, seconde édition, Cambridge, Polity Press (1999), pp.134-162.
  6. selon un article de P.S. Green (2002) A revision of Olea L. (Oleaceae). Kew Bulletin 57:91 - 140
  7. (en) Site officiel de l'organisme gouvernemental du tourisme
  8. (en) PTI, « Non-Muslims not to use 35 Islamic terms: Diktat », Zee News,‎ 15 janvier 2010
  9. (fr) « Malaisie : "Allah" interdit aux non-musulmans », Mathilde Tarif, Le Journal International, 26 octobre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Boulle, Le Sacrilège Malais, Julliard, 1951
  • Chai Lean Huang, History of Malaysia and Singapore (1400-1965), Singapour, Pan Pacific Book en association avec Manhattan Press, 1982, 96 p. (ISBN 9971633701), (ISBN 9789971633707)
  • Laurent Metzger, Les sultanats de Malaisie : Un régime monarchique au vingtième siècle, Paris, L'Harmattan, 2000, 262 p.
  • Michel GILQUIN, La Malaisie, Ed. Karthala, Paris 1996
  • Jérôme Bouchaud, Malaisie - Modernité et traditions en Asie du Sud-Est, Genève, Olizane, 2010, 320 p. (ISBN 9782880863814).
  • Gina Laurent , L'Histoire de la Malaisie

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]