Peuple

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Le mot peuple est issu du latin populus désignant l'ensemble des citoyens (universi cives), individus ayant le pouvoir de voter dans la constitution romaine, et qui s'oppose au Sénat et, éventuellement, à la plèbe[1],[2].

Peuple : latin populus ; poblo (842) ; pueple, pople (XIe siècle) ; peuple (vers 1430).

Ce terme désigne couramment un ensemble d'êtres humains vivant sur le même territoire ou ayant en commun une culture, des mœurs, un système de gouvernement. Ceux-ci forment à un moment donné une communauté partageant majoritairement un sentiment d'appartenance durable, une communauté de destins

Ce sentiment d'appartenance peut venir de l'une au moins de ces caractéristiques : un passé commun, réel ou supposé, un territoire commun, une langue commune, une religion commune ou des valeurs communes.

Le terme de peuple est indissociablement lié à une signification politique : dans le droit fil de son étymologie latine, un ensemble de personnes reconnu comme un peuple se voit reconnu implicitement comme un groupe ayant des droits politiques spécifiques, voire le droit de former une nation souveraine. Par exemple, la Constitution de la Ve République française indique ainsi que « la République est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », et la Charte de l'Atlantique entérine cette lecture en déclarant le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».

Dès lors, la réponse à la question Qu'est-ce qu'un peuple ? ne peut pas être apolitique. Deux écoles philosophiques, française (à partir du XVIIIe siècle) et allemande (à partir du début du XIXe siècle), y ont répondu différemment, suivant des critères reflétant les événements politiques et sociaux respectivement vécus[3]

En français, le terme de peuple peut avoir aussi une connotation sociale, souvent péjorative[4] :

  1. C'est l'ensemble des citoyens de condition modeste, par opposition aux catégories privilégiées par la naissance, la culture et/ou la fortune.
  2. C'est un ensemble d'individus appartenant aux couches « inférieures » et éventuellement moyennes de la société, par opposition à l' aristocratie. Ainsi : « il y a aussi le peuple, qui fait si grossièrement fi de l'humanisme (...). Le peuple, à qui fut accordé par les radicaux le privilège exorbitant d'avoir par tête de pipe autant de droits civils et politiques qu'un Rezeau, le peuple, non pas populus mais plebs, ce magma grouillant d'existences obscures et désagréablement suantes... Le peuple (à prononcer du bout des lèvres comme "peu" ou même comme "peuh !") »[5].

En français, les noms des peuples s'écrivent toujours avec une majuscule : les Gaulois, les Francs ; mais pas les adjectifs se rapportant à ces noms : le peuple gaulois, les peuplades franques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Grecs anciens distinguaient plusieurs nuances dans ce que nous appelons aujourd'hui le peuple. Le genos soulignait l'origine commune des Grecs. L'ethnos comprenait aussi cette idée en y ajoutant celle d'une culture commune. Le laos désignait plutôt la foule assemblée. Le demos incluait l'ensemble des citoyens.
A Rome le mot populus (origine du mot français peuple) désignait l'ensemble des citoyens romains. Cicéron écrivait dans La République "Par peuple, il faut entendre, non tout un assemblage d'hommes groupés en un troupeau d'une manière quelconque, mais un groupe nombreux d'hommes associés les uns aux autres par leur adhésion à une même loi et par une certaine communauté d'intérêt". Les termes peuple et nation ont des histoires différentes, toutefois, à partir de l'émergence du nationalisme un rapprochement s’opère.

Dans son livre Comment le peuple juif fut inventé (éd. Fayard, 2008), l'historien israélien Shlomo Sand renouvelle, à partir de l'exemple juif, la réflexion sur le rapport peuple/nation.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/visusel.exe?13;s=317572665;r=1;nat=;sol=2;
  2. http://histoblog.oldiblog.com/designs/design2/include/print_article.php?id=1293967&co=2
  3. Population, immigration et identité nationale en France : XIXe-XXe siècle, par Gérard Noiriel, Hachette éditeur, 1992, ISBN 2-01-016677-9.
  4. Péjorative envers le peuple ou envers ceux qui sont désignés comme n'en faisant pas partie.
  5. Hervé Bazin, Vipère au poing, 1948, p. 113.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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