Yémen

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15° 48′ 48″ N 47° 47′ 26″ E / 15.8134, 47.7905 ()

République du Yémen

‫ﺍﻟﺠﻤﻬﻮﺭﯾّﺔ اليمنية
Al-Jumhuriyah al-Yamaniyah‬ (ar)

 (ar)

Drapeau
Drapeau du Yémen
Blason
Blason du Yémen
Description de l'image  Yemen (orthographic projection).svg.
Devise nationale Allah, al Watan, al Thaoura
(Allah, la patrie, la révolution)
Hymne national République unie
Administration
Forme de l'État République
Président Abd Rabo Mansour Hadi
Langues officielles Arabe
Capitale Sanaa

15°21'18"N 44°12'25.2"E

Géographie
Plus grande ville Sanaa
Superficie totale 527 968[1] km2
(classé 49UNIQc93ea342881a309b-nowiki-0000006B-QINU1UNIQc93ea342881a309b-nowiki-0000006C-QINUe)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +3
Histoire
Indépendance Réunification
Date 22 mai 1990
Démographie
Gentilé Yéménite
Population totale (2011) 24 133 492[1] hab.
(classé 49UNIQc93ea342881a309b-nowiki-00000071-QINU1UNIQc93ea342881a309b-nowiki-00000072-QINUe)
Densité 40 hab./km2
Économie
Monnaie Rial yéménite (YER​)
Divers
Code ISO 3166-1 YEM, YE​
Domaine Internet .ye
Indicatif téléphonique +967
Le Yémen dans sa région

Le Yémen, en forme longue la République du Yémen, en arabe al-Yaman, اليَمَن et Al-Jumhuriyah al-Yamaniyah, ﺍﻟﺠﻤﻬﻮﺭﯾّﺔ اليمنية, est un pays arabe situé à la pointe sud-ouest de la péninsule d'Arabie. Sa capitale est Sanaa. Elle possède des façades maritimes sur le golfe d’Aden et sur la mer Rouge. Les pays frontaliers du Yémen sont le royaume d’Arabie saoudite au nord et Oman à l’est. Le Yémen couvre une superficie totale de 527 970 km². Plusieurs îles font partie du territoire yéménite : l'île de Kamaran en mer Rouge, l'îlot de Perim qui commande l'accès à la mer Rouge par le détroit de Bab-el-Mandeb, et l'île de Socotra (la plus grande des îles) dans l'océan Indien.

Dans le monde antique, le Yémen était connu sous le nom d’« Arabie heureuse ». L’actuel Yémen est né en 1990 de la réunion de la République démocratique et populaire du Yémen (Yémen du Sud) et de la République arabe du Yémen (Yémen du Nord).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Yemin signifie en arabe « la droite ». En effet, les anciens sémites avaient pris l'habitude de s'orienter en regardant le soleil levant, c'est-à-dire vers l'est. Le sud était alors situé à leur droite, tandis que le nord était désigné sous le terme de ash-shamal, qui dérive du mot al-ashmal signifiant « la gauche ».
Le terme arabe « al-yiumna » qui signifie « prospérité », expliquerait aussi l'interprétation selon laquelle le sud en général et le Yémen en particulier serait associé à la richesse, d'où le surnom d'« Arabie heureuse » qui lui a été attribué naguère. Il se trouve, en effet, que le Yémen est l'une des zones les plus irriguées de la péninsule arabique[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Yémen.

La partie septentrionale du Yémen fut soumise nominalement à l'Empire ottoman jusqu'en 1918. La monarchie (imamat) y fut abolie le 27 septembre 1962, date à laquelle le pays prit le nom de République arabe du Yémen (communément nommée « Yémen du Nord ») où une guerre civile perdurera jusqu'en 1970 soutenue côté républicain par les Forces armées égyptiennes qui emploieront le gaz moutarde et côté royaliste par l'Arabie saoudite.

La partie méridionale correspond à l'ancien hinterland britannique, formé progressivement à partir de 1839 autour du port d'Aden. Après le départ des troupes britanniques, la Fédération d'Arabie du Sud et le Protectorat d'Arabie du Sud se regroupèrent le 30 novembre 1967 pour former un nouvel État indépendant, la République populaire du Yémen du Sud (communément nommée « Yémen du Sud »), d'orientation pro-soviétique, qui, trois ans plus tard, adopta le nom de République démocratique populaire du Yémen.

Article détaillé : Réunification du Yémen.

Le 22 mai 1990, la République arabe du Yémen (Yémen du Nord) et la République démocratique populaire du Yémen (Yémen du Sud) ont fusionné pour former un seul État, la République du Yémen.

La même année, le Yémen soutient l'Irak durant la première Guerre du Golfe (sans pour autant valider son annexion du Koweït) ce qui lui vaut des représailles de la part des États-Unis : la monnaie est attaquée et fortement dévaluée, l'Arabie saoudite suit l'allié américain et expulse du royaume le million de travailleurs yéménites privant des millions de familles de ressources.

Article détaillé : Guerre civile au Yémen de 1994.

Du 21 mai au 7 juillet 1994, le Yémen du Sud a vainement tenté de faire sécession sous le nom de « République démocratique du Yémen », avant de retomber sous le contrôle du gouvernement de Sanaa.

Article détaillé : Insurrection au Sa'dah.

Au début du XXIe siècle, le gouvernement doit faire face à des mouvements rebelles islamistes, en particulier des Jeunes Croyants. En 2004, les affrontements près de la frontière avec l'Arabie saoudite ont fait environ 400 morts. Depuis 2004, le Yémen est aussi confronté à une rébellion armée de la minorité chiite zaïdite dans le gouvernorat de Sa'dah (nord-ouest), qui ne reconnait pas le régime du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1990. Au début du mois d'avril 2005, les forces du gouvernement ont attaqué la position des rebelles dans les montagnes du nord-ouest du pays ; trois semaines de combats dans la province de Sa'dah ont provoqué la mort d'environ 200 personnes. En 2009, la guerre civile continue toujours et l'ONU compte 150 000 déplacés[3]. Depuis le 4 novembre 2009, l'Arabie saoudite intervient militairement contre la rébellion[4].

Malgré un ancrage officiel dans le camp occidental et une coopération pour le contrôle de ses côtes, le pays reste un foyer d'instabilité.

Article détaillé : Révolte yéménite de 2011.

Au début 2011 survient la « révolte yéménite de 2011 » désignant un mouvement de contestation de grande ampleur se déroulant au début de l'année 2011 à Sana'a et dans plusieurs autres villes du Yémen[5]. S'inspirant des précédents tunisien et égyptien, les manifestants réclament la démocratie, la fin de la corruption et de la mainmise du congrès général du peuple (CGP, au pouvoir), de meilleurs conditions de vie et le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Les protestations ont par la suite dégénéré en révolte à la suite de l'insurrection de combattants tribaux.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Yémen.
Jambiya dans son étui

Le Yémen est une république. Le droit de vote est accordé à tous les citoyens de plus de 18 ans. La Constitution, du 16 mai 1991, a été amendée le 29 septembre 1994.

Le président est élu pour un mandat de sept ans. Le vice-président et le premier ministre sont nommés par le président.

Le président est le chef de l'État, tandis que le premier ministre est le chef du gouvernement.

Le pouvoir législatif est exercé par une seule chambre de 301 sièges, renouvelée tous les quatre ans.

Le droit du Yémen est basé sur le droit islamique, le droit britannique et les coutumes locales.

La Cour suprême est la plus haute instance du pouvoir judiciaire, mais en pratique, en dehors des grandes villes, la stricte application de la charia est en place. L'apostasie de l'islam est interdite et passible de la peine de mort[6].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte du Yémen
Article détaillé : Géographie du Yémen.

Pays du Proche-Orient, au sud de l'Arabie saoudite et entouré par le golfe d'Aden, la mer Rouge, Oman, le Yémen couvre une surface de 527 970 km².

Le Yémen possède 1 906 km de côtes. Jabal an Nabi Shu'ayb, haut de 3 760 m est le point culminant.

Le climat est presque partout désertique. Très chaud et humide le long de la côte ouest, tempéré dans les montagnes occidentales aussi affectées par les moussons. Le désert situé dans l'est du pays, l'Hadramaout, est très chaud et sec.

Le pays souffre de désertification et de manque d'eau. Le Yémen est souvent touché par les tempêtes de sable.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions du Yémen.

Depuis février 2004, le Yémen est divisé en 20 gouvernorats (dits muhafazat en arabe, pluriel de muhafazah au singulier), auxquels s'ajoute une municipalité nommée « Amanat Al-Asemah » qui contient la ville capitale : Sana'a[7].

Carte des gouvernorats du Yémen
Les gouvernorats du Yémen.
Liste des subdivisionss
Gouvernorat Capitale Population
2004 (recensement)[8]
Population
2006 (estimation)[9]
Référence
sur la carte
Aden Aden 589 419 634 710 1
'Amran 'Amran 877 786 909 992 2
Abyan Zinjibar 433 819 454 535 3
Ad Dali' Ad Dali' 470 564 504 533 4
Al Bayda' Al Bayda' 577 369 605 303 5
Al Hudaydah Al Hudaydah 2 157 552 2 300 179 6
Al Jawf Al Jawf 443 797 465 737 7
Al-Mahrah Al Ghaydah 88 594 96 768 8
Al-Mahwit Al Mahwit 494 557 523 236 9
Amanat Al-Asemah Sana'a 1 747 834 1 947 139 10
Dhamar Dhamar 1 330 108 1 412 142 11
Hadhramaout Al Mukalla 1 028 556 1 092 967 12
Hajjah Hajjah 1 479 568 1 570 872 13
Ibb Ibb 2 131 861 2 238 537 14
Lahij Lahij 722 694 761 160 15
Ma'rib Ma'rib 238 522 251 668 16
Raymah Kosmah 394 448 418 659 17
Sa'dah Sa'dah 695 033 746 957 18
Sana'a Sana'a 919 215 957 798 19
Shabwah Ataq 470 440 494 638 20
Ta'izz Ta'izz 1 121 000 2 513 003 21

Les gouvernorats se subdivisent en 333 districts (muderiah), représentant 2 210 sous-districts, et 38 284 municipalités ou villages (en 2001).

Villes principales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Villes du Yémen.
Le port d'Aden, l'une des plus grandes villes du Yémen
La porte Bab Al Yemen, Sanaa
Population des villes du Yémen[10]
Ville Population 1994 Population 2004
Sanaa 954 448 2 431 649
Ta'izz 317 571 596 672
Hodeida 298 452 548 433
Aden 398 294 507 355
Ibb 103 312 225 611
Dhamar 82 920 160 114
Al Mukalla 122 359 144 137
Zinjibar 50 346 70 801
Say'un 58 383 69 993
Ash Shihr 48 577 68 313
Sa'dah 27 621 60 487
Zabid 44 239 50 781
Hajjah 24 645 46 568
Bajil 48 561 46 005
Dhi as Sufal 31 963 44 949
Rida` 39 227 44 755
Bait al Faqih 28 773 41 652
Al Marawi`ah 30 504 39 911

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Yémen.

Avec un PIB (PPA) de 2 300 $ US par habitant et par an, le Yémen se classe au 188e[11] rang sur les 229 pays répertoriés dans l'Indicateur de développement humain de l'ONU en 2012. Le Yémen est l'un des pays les plus pauvres de la planète et cumule une situation économique fragile avec une démographie en forte expansion.

Éducation[modifier | modifier le code]

L'éducation des garçons dure généralement plus longtemps que celle des filles et l'analphabétisme des femmes est très élevé.

Les dépenses de l'État pour l'éducation s'élèvent à 5,2 % du PIB en 2008[1].

Situation des droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

Jeunes filles du Yémen en 1986

Des écarts importants existent entre les obligations auxquelles le Yémen a souscrit en tant que membre des Nations unies, et l'application de la charia et de lois tribales.

La situation des droits de l'Homme au Yémen a été examinée par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies pour la première fois entre mai et septembre 2009 lors de l'examen périodique universel (EPU). Le Yémen a accepté d'appliquer plus de cent recommandations des membres du Conseil. Tout en promettant de réaliser des progrès en mettant sur pied une commission nationale des droits de l'homme et en légiférant sur l'âge minimum du mariage, il a fermement rejeté l'abolition de la peine de mort. En 2009, des condamnations à des peines de flagellation ont été appliquées. Le prochain EPU du Yémen est prévu en 2013.

Le gouvernement et les forces de l'ordre, en proie à la corruption, ont été responsables de cas de torture, d'exécutions sans procès et de traitements inhumains. Des arrestations arbitraires ont eu lieu, particulièrement au sud du pays, ainsi que des fouilles abusives de maisons. La détention préventive prolongée représente un sérieux problème, et le processus judiciaire est miné par la corruption, l'ingérence du pouvoir exécutif et l'inefficacité. La liberté de presse et de religion et la libre expression sont restreintes.

Human Rights Watch a rapporté de la discrimination et de la violence envers les femmes et a dénoncé l'abolition de l'âge minimum du mariage pour les femmes, fixé à 15 ans. L'arrivée de la puberté est souvent établie comme le moment du mariage. La médiatisation du cas de Nujood Ali, fillette de dix ans divorcée, a introduit la question du mariage des enfants non seulement au Yémen, mais à travers le monde[12]. Des formes de préjugés hostiles envers les personnes handicapées et les minorités religieuses ont également été signalées.

La censure est activement pratiquée. En 2005, une loi obligeait les journalistes à révéler leurs sources dans certaines circonstances. Le gouvernement a aussi augmenté significativement les frais de création d'un journal et d'un site Internet. Violant la constitution, les forces de l'ordre interceptent régulièrement les communications téléphoniques et Internet. Les journalistes critiques du gouvernement sont souvent harcelés et menacés par la police[13]. Le pays compte plusieurs prisonniers d'opinion, selon Amnesty International[14].

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Yémen.
Évolution de la démographie entre 1961 et 2002 (chiffre de la FAO, 2004). Population en milliers d'habitants.

La population du Yémen est d'environ 25 millions d'habitants en 2013. Le taux de fécondité est de 4,4 enfants par femme. L'espérance de vie à la naissance est de 65,87 ans pour les femmes, et de 61,7 ans pour les hommes[1]. L'incidence du VIH est faible, et la mortalité infantile est à 55,11 pour 1000 naissances[1].

Culture[modifier | modifier le code]

Le Musée National à Sanaa

Religion[modifier | modifier le code]

Mosquée de Jibla
Article détaillé : Islam au Yémen.

Les Yéménites de souche sont majoritairement musulmans avec toutefois une minorité juive. Les musulmans yéménites sont des sunnites à 55 % et des chiites à 45 %. Les chiites sont principalement des zaydites et peu d'ismaélites[15]. Il a existé longtemps une forte communauté juive au Yémen, mais elle a émigré en masse peu après la création d'Israël, en 1948, durant l'Opération Tapis Volant.

Codes[modifier | modifier le code]

Le Yémen a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ym.html
  2. Dictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 285036195X)
  3. (fr) Reuters, « Enquête du HCR sur l'impact des raids saoudiens au Yémen », sur http://www.euroinvestor.fr,‎ 6 novembre 2009 (consulté le 7 novembre 2009)
  4. (fr) Paul Handley, « Ryad veut “neutraliser” les rebelles chiites yéménites à sa frontière », AFP,‎ 6 novembre 2009 (consulté le 7 novembre 2009)
  5. « Yémen : Des milliers de manifestants dans la rue », Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Reuters et Associated Press,‎ 27 janvier 2011 (consulté le 27 janvier 2011)
  6. (en) Abdullah Saeed et Hassan Saeed, Freedom of religion, apostasy and Islam, Ashgate Publishing,‎ 2004, 227 p. (ISBN 0-7546-3083-8, lire en ligne), p. 19
  7. Governorates of Yemen.
  8. Central Statistical Organisation of Yemen. General Population Housing and Establishment Census 2004 Final Results [1], Statistic Yearbook 2005 of Yemen [2]
  9. « Statistic Yearbook 2006 of Yemen » (consulté le 2010-10-17)
  10. « Censusearch » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-25
  11. Données du CIA factbook sur le PIB PPA.
  12. (en) « Yemeni bride, 10, says I won't », Los Angeles Times,‎ 11 juin 2008 (lire en ligne)
  13. (en) Country Profile: Yemen, Bibliothèque du Congrès, août 2008
  14. Rapport 2009 - Yémen, Amnesty International
  15. LE MONDE ARABE | PAYS PAR PAYS | Yémen

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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