Castro (architecture)

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Un castro est une fortification résidentielle associée à l’âge du fer de la péninsule ibérique, aussi bien utilisée par les populations celtiques des plateaux de Castille (meseta), de la Gallaecia et du nord du Portugal[1], que dans la partie ibérique du sud et de l'est. C’est la romanisation qui marque la fin des castros.

La culture des castros[modifier | modifier le code]

Alain Tranoy, président honoraire de l'université de Poitiers et professeur d'histoire ancienne cite: « Les castros représentent pour la péninsule ibérique, des types d'occupation des sites élevés avec fortification, proches, dans leur conception générale, des oppida que connut la Gaule celtique. »[2], il fait une distinction pour le nord-ouest : « ...mais le Nord Ouest connut un développement original de cette forme de peuplement ; c'est cette originalité qui permit d'établir l'existence d'une civilisation castrexa[3] » ...

Dans l'aire de la culture des castros, dont le foyer se situe au sud de l'actuelle Galice et l'extrême nord du Portugal, les castros présentent des caractéristiques particulières. De dimensions plus réduites que ceux de la meseta, certains d'entre eux connaissent un début d'urbanisation après le IIe siècle sous l'influence de ceux de la meseta et suite à la pénétration des romains et des carthaginois dans la péninsule. L'archéologie n'a pas trouvé trace d'élites guerrières dans cette zone, malgré le témoignage de Strabon sur le caractère belliqueux de ces peuples ; les musées de Galice et du Nord du Portugal regorgent d'armes provenant de castros qui datent d'avant le Ve siècle av. J.-C. ; ou à partir du IIe siècle av. J.-C. dans les zones périphériques de la culture des castros, lieux de conflits, la Lusitanie et la côte cantabrique. Les castros occupés à la fin de l'âge du bronze étaient localisés sur des hauteurs d'accès difficile, collines à pentes raides, presqu'iles etc. Á partir du Ve siècle et jusqu'à l'arrivée des Romains, ils deviendront l'habitat exclusif des populations autochtones et leur implantation se diversifie, s'étend aux vallées fertiles et toujours de façon à profiter d'un cours d'eau et sur un territoire propice à l'agriculture. Le témoignage de Strabon sur les échanges monétaires est aussi démenti par l'archéologie, la monnaie est introduite dans le nord ouest par les romains.

Connus sous le nom de « culture des castros » (cultura castreja en portugais, castrexa en galicien ou castreña en espagnol), ces ensembles sont emblématiques de l’âge du fer et sont principalement localisés en Galice (Castro de Vigo, Castro de Troña, Castro de Baroña, Castro de San Cibrao de Lás, Castro de Santa Trega), dans les Asturies, la Cantabrie et le nord du Portugal (Terroso, Castro de Santo Oviedo, Castro do Vieito[4]). Pour certains d'entre eux on utilise le terme citania, Citânia de Briteiros, Citânia de Sanfins, Le castro de Romariz au Portugal, par exemple, a été occupé du VIe siècle av. J.-C. jusqu’à la romanisation de la péninsule.

Les castros de la meseta[modifier | modifier le code]

Bâtis sur des collines ou des sites élevés, les plus anciens datent de l’Âge du bronze final. Leur importance croissante serait due à une présence carthaginoise de plus en plus pressante. Les études archéologiques montrent une tendance à la construction de complexes plus importants qui témoignent d'une forme d’urbanisation. L’existence d’îlots desservis par des voies démontre une réflexion sur l’organisation générale.

La plupart des castros de la meseta au IIIe siècle av. J.-C., à l'arrivée des romains et des carthaginois, sont des oppida qui correspondent à l'ossature d'un réseau urbain, à la formule cité-état[5]. C'est au Ve siècle av. J.-C. que ces fortifications connaissent une évolution caractéristique vers des centres ayant des fonctions économique, religieuse et administrative. Les zones d'activités extérieures se développent, le système de défense se complexifie par des ajouts de murailles et de chevaux de frise (piedras incadas) pour parer à l'attaque de cavaliers. L'archéologie atteste de la présence d'élites guerrières et la monnaie circule entre les différents peuples[5].

Candidatures Unesco et patrimoine culturel européen[modifier | modifier le code]

Les castros du Nord du Portugal et de Galice seront candidats en 2010 au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le dossier, très long à monter, devrait comporter environ deux douzaines de castros.

Les castros du Nord du Portugal, de Galice et des Asturies et peut-être ceux de la zone limitrophe du León, de Castille et León, seront candidats à être promus Patrimoine culturel européen, si possible au nombre de soixante, pour 2008. La date de candidature n'est pas certaine, si le dossier s'avère trop long.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Tranoy, La Galice Romaine, Paris, 1981, p. 75
  2. Ibid., p. 75.
  3. Alain Tranoy, La Galice Romaine, Paris, 1981, p. 75
  4. SILVA, A. J. M.: Vivre au delá du fleuve de l'Oubli. Portrait de la communauté villageoise du Castro do Vieito, au moment de l'intégration du NO de la péninsule ibérique dans l'orbis romanum (estuaire du Rio Lima, NO du Portugal), thèse de Doctorat présentée à l'Université de Coimbra en mars 2009 (fr)
  5. a et b Venceslas Kruta : Les Celtes, Histoire et dictionnaire, pages 329 à 331.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]