Émirat de Cordoue

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Émirat de Cordoue

Emirato de Córdoba (es)

755929

Description de cette image, également commentée ci-après

L'empire abbasside vers l'an 820. L'émirat de Cordoue (Omeyyades) est en vert clair sur la péninsule ibérique.

Informations générales
Statut Émirat
Capitale Cordoue
Religion Islam
Histoire et événements
755 Fondation par un rescapé de la dynastie omeyyade
801 Intégration des territoires septentrionaux dans la marche d'Espagne carolingienne
844 Victoire contre les Vikings
929 Abd al-Rahman III proclame le califat
Émirs
(1er) 755-788 Abd al-Rahman Ier
(Der) 912-929 Abd al-Rahman III

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L'émirat de Cordoue est le premier état unifié d'Al-Andalus. Fondé en 755 par le seul rescapé de la dynastie omeyyade, il se transforma en califat de Cordoue en 929.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après la conquête de l'Espagne par les Musulmans en 711, la péninsule est administrée par des wali, nommés en principe par le calife de Damas, mais les gouverneurs des différentes villes étaient nommés par le wali, par le gouverneur général de Kairouan ou par les arabes d'Al-Andalus. Il s'ensuivit des querelles de pouvoirs, entretenues par les différentes factions : les Arabes, les Berbères et les Syriens.

En 755, un Abbasside renverse et fait exécuter le calife omeyyade et sa famille. Ne survécut que le jeune Abd al-Rahman, qui se réfugia au Maghreb, chez les Berbères. Il avait d'abord projeté de se tailler une principauté au Maghreb, mais estima les chances d'y parvenir très minces, et se tourna vers al-Andalus. Soutenu par une partie de la population musulmane, il débarqua et écrasa ses ennemis à Cordoue, où il installa sa capitale.

Il passa la plus grande partie de son règne à soumettre les gouverneurs locaux, jaloux de leur autorité, qui voulaient conserver leur indépendance, et à lutter contre le royaume chrétien des Asturies, issu de quelques résistants wisigoths. En 730 Munuza Utaman Abu Nâsar gouverneur musulman de la province pyrénéenne se révolta. En 777 ce fut le tour du gouverneur de Saragosse et qui appela Charlemagne à son secours. Mais l'expédition tourna court, car Charlemagne dut se porter au nord de son royaume pour le protéger d'une nouvelle incursion saxonne. Pendant le retour, son arrière garde fut attaquée à Roncevaux par les Vascons.

Les successeurs d'Abd al-Rahman organisèrent le nouvel état et le pacifièrent, tout en organisant des expéditions de razzia dans les royaumes chrétiens. À sa mort, l'émir Al-Hakam Ier, qui avait su autant jouer de la terreur que d'une politique souple et habile, laissa à son fils Abd al-Rahman II un état relativement stable.

Ce dernier fut un souverain mécène et protecteur des arts et des lettres, considéré comme l'un des chefs musulmans les plus cultivés de son temps, ce qui ne l'empêcha pas de mater une révolte à Tolède en 828, ainsi que l'agitation intérieure menée par les chrétiens. Il s'entoura d'artistes qui orientèrent l'Espagne musulmane vers une civilisation culturelle qui fit sa renommée. En 844, les Madjus (vikings) débarquèrent et pillèrent Séville pendant sept jours, mais l'armée de l'émir réagit promptement et les écrasa. Abd al-Rahman II fit fortifier la côte (par des forteresses et des tours de guet) et construire une flotte de guerre. Un nouveau raid que les vikings tentèrent quelques années plus tard (859) échouera. Un siècle plus tard, un nouveau raid manqué montrera encore l'efficacité des dispositions de l'émir.

Son successeur, Muhammad Ier, commença son règne en écrasant une nouvelle révolte de Tolède, et en combattant la dissidence d'Omar ibn Hafsun. Une période trouble s'ensuivit, avant que l'émir Abd Allah et son fils Abd al-Rahman III ne rétablissent la situation.

L'émirat de Cordoue avait été jusqu'à cette époque politiquement et économiquement indépendant du califat abbasside de Bagdad. Abd al-Rahman III décida d'y ajouter l'indépendance religieuse, en se proclamant calife, transformant l'émirat de Cordoue en califat de Cordoue.

Article détaillé : Liste des souverains d'al-Andalus.

Organisation[modifier | modifier le code]

À la tête de l'état siège l'émir (amir ou malik). Il gouverne le pays et nomme les hauts fonctionnaires, les chefs de l'armée et les juges.
Bien que chef des armées, il part rarement en campagne, déléguant cette fonction, le plus souvent à l'un de ses fils.
Il est assisté d'un chambellan (hadjib), dont la fonction est plus proche du maire du palais occidental que du vizir oriental.
L'émirat est divisé en provinces, en nombre variable au premier siècle, administrées chacune par un gouverneur, ou wali, nommé par l'émir.

Population[modifier | modifier le code]

La population de l'émirat se divise en :

  • arabes : peu nombreux au moment de la conquête, leur nombre augmenta avec les Syriens venus à la suite d'Abd al-Rahman Ier. Riches, leur sentiment de supériorité entraina des frictions avec le reste de la population..
  • berbères : venus massivement lors de la conquête, il continuèrent à immigrer, principalement du Maghreb, et s'établirent dans les montagnes, où ils perpétuèrent leur mode de vie de fermiers et d'éleveurs. Solidaires et indépendants, ils mirent du temps à s'assimiler et furent ceux qui occasionnèrent le plus de difficultés à l'émir.
  • les muwalladûn, c'est-à-dire les autochtones chrétiens convertis à l'islam,
  • les must'aribûn ou mozarabes, c'est-à-dire les autochtones ayant conservé leur religion (chrétiens, juifs) ont leur propre organisation, mais étaient soumis à un impôt spécial, la djiziyya. Étant donné qu'un non-musulman converti cessait de payer cet impôt, leur religion était tolérée et les conversions n'étaient pas favorisées.

Civilisation[modifier | modifier le code]

Dès le règne du premier émir fut débutée la Grande Mosquée de Cordoue, mais l'essor culturel d'Al-Andalus ne débuta vraiment qu'avec l'arrivée au pouvoir d'un prince mécène et lettré, l'émir Abd al-Rahman II, en 822. Son père avant invité le poète Ziriab, mais était mort lorsque ce dernier débarqua à Algésiras. Abd al-Rahman le reçut avec tous les égards et le dota richement.

Ziriab initia la musique arabo-andalouse. Sa connaissance de la civilisation orientale, pratiquée à Bagdad, où il avait vécu durant sa jeunesse, en introduisit une partie à la cour cordouanne, ainsi les règles de la table, les soins du corps, les jeux (échecs) et les sports (jeu du polo). Féru de science, il développa également des techniques de traitement de l'eau, aussi bien pour l'irrigation des cultures que pour l'approvisionnement des villes.

Cette période est aussi l'occasion de l'introduction de nouvelles plantes en Espagne : asperges, coton, riz, artichaut, aubergines, pastèque, citronniers, orangers, ...

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]