Royaume suève

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Royaume suève

410 – 584

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Carte du royaume suève de Galice indiquant la localisation de Braga où il reste des vestiges archéologiques des Suèves.
vert pré : limites de la province romaine
rose : région ayant changé d'autorité
vert : limites du royaume

Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Braga
Langue Galaïco-portugais
Religion Paganisme, Priscillianisme, arianisme, christianisme nicéen

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Dans le cadre des Grandes Invasions, les Suèves se sédentarisent dans la région correspondant à l'actuelle Galice et au nord du Portugal au début du Ve siècle. Ce royaume suève prend Bracara Augusta (Braga) comme capitale et existe de 410 à 584, année de son effondrement devant l'armée du royaume wisigoth dirigée par le roi Léovigild.

La Gallaecia romaine, ou « Galécie », tombe sous la coupe des Quades et des Marcomans coalisés sous la direction du roi suève Herméric en 409. Le fœdus concédé par Rome légitime la fondation de leur royaume à cet endroit. Il s'agit du premier royaume du Haut Moyen Âge qui frappe monnaie pour signifier son existence.

Description[modifier | modifier le code]

Trajet des Alains, Suèves et Vandales de 409 à 415 dans la péninsule Ibérique, puis des Wisigoths qui les en chassent progressivement. Le royaume suève subsiste le dernier, et temporairement, à leur arrivée.

Le nombre des envahisseurs Suèves initiaux est évalué à seulement 30 000 personnes, s'établissant principalement dans les zones urbanisées de Braga (Bracara Augusta), Porto, Lugo (Lucus Augusta), Astorga (Asturica Augusta), Vigo, Tuy, Ourense. Les Suèves firent de Bracara Augusta, l'ancienne capitale de la province romaine de Gallaecia, la capitale de la Gallaecia suève ; celle-ci était plus vaste que la Galice actuelle, et s'étendait au sud du Douro et vers l'Est jusqu'à Ávila.

Le royaume suève se maintint de 410 à 584 et semble avoir assuré un gouvernement stable pendant toute cette période. Des historiens comme José António Lopes Silva, traducteur des chroniques d'Idace, la principale source écrite du Ve siècle, estiment que le principal caractère de la culture galicienne se forgea de ce mélange entre la culture ibéro-romaine et celle des Suèves.

Il y eut quelques affrontements ponctuels avec les Wisigoths, qui arrivèrent en 416 dans la péninsule ibérique et la dominèrent presque entièrement. Cherchant à agrandir leur domination vers le sud et l'est, les Suèves sont battus par les Wisigoths en 418 et sont forcés de se cantonner en Galice.

Après le passage des Vandales réunis et des restes des Alains en Afrique romaine 429, les Suèves tentent de nouveau la conquête de la péninsule ibérique mais doivent s'opposer aux pressions des Wisigoths qui tentent eux-aussi une domination sur le pays qui devient effective sous leur puissant roi Euric autour de l'an 476. Une alliance entre les deux peuples est conclue, leur roi Rechiaire se convertit à l'arianisme des Goths avec son peuple, et les Suèves accompagnent les Wisigoths du roi Théodoric pour combattre les Huns d'Attila aux champs Catalauniques (451).

Les Suèves, ariens faiblement christianisés, finissent au VIe siècle par entrer dans une longue période de tensions et de conflits avec les Wisigoths et se convertissent au christianisme nicéen vers 550. Leur roi Cararic, ayant adopté la foi nicéenne, tente même un rapprochement avec les Francs, nicéens, contre les Goths, ariens, mais cela ne donne aucun résultat notable et le roi wisigoth Léovigild, rêvant l'unification de l'Hispanie sous domination ariano-wisigothique commence bientôt la conquête du royaume suève en état de décomposition (à partir de 575) ; une importante minorité de Suèves, opposés aux nicéens notamment, refusent de servir le roi nicéen Mirus. Au bout de dix années de lutte acharnées, le roi wisigoth Léovigild envahit leur royaume en 584, les défit, et inclut la Galice dans son royaume wisigoth.

Après quelques révoltes sporadiques en 586 et 587, les Suèves disparaissent de l'Histoire en tant que peuple et, de nouveau convertis au christianisme nicéen à partir de 589 (conversion officielle des Wisigoths), ils fusionnent avec les populations autochtones. Richard Fletcher (Fletcher 1984) souligne que, pendant l'Antiquité tardive, la Galice était demeurée un pays du monde romain et méditerranéen. Il donne en exemple le compte-rendu du pèlerinage en Terre sainte de la nonne, qu'il croit galicienne, Égéria en 381–384, ainsi que le voyage du jeune Idace qui, bien qu'habitant « à la dernière extrémité du monde », avait rencontré Jérôme en Orient ; sa chronique montre qu'il demeurait informé des affaires de la Méditerranée orientale, car il se réfère à des voyageurs orientaux venus en Galice. Devenu évêque, Idace voyagea en Gaule en ambassade auprès d'Aetius, 431–432.

Miro, roi des Suèves, avait des relations diplomatiques avec les rois barbares alliés de Neustrie et de Bourgogne, mais aussi avec les empereurs de Constantinople. Martin de Braga, évêque du VIe siècle, était natif de Pannonie. Le roi wisigoth Léovigild confisqua les navires des marchands gaulois de Galice.

À Lorenzana, le beau sarcophage qui reçut ultérieurement la dépouille du comte Osorio Gutiérrez avait été probablement importé du sud de la Gaule au Ve siècle, relève Fletcher. Et l'une des pièces du trésor de Bordeaux constitué vers 700 était frappée d'un motif galicien, suggérant de possibles relations commerciales.

Liste de rois[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Les Suèves n'ont laissé que très peu de traces dans la péninsule ibérique, malgré une présence de près de deux siècles en tant que peuple distinct. Remplacés sur ses terres par le royaume wisigoth puis par al-Andalus, les Suèves n’ont pu laisser en Galice que des vestiges archéologiques. Les découvertes de culture archéologique du peuple suève sont concentrées essentiellement dans la région de Braga.

Hormis ces traces subsiste une querelle d'ordre théologique : comme les Suèves se sont convertis au christianisme nicéen alors que l'aristocratie dirigeante du Royaume wisigoth était encore arienne, la primatie des Espagnes reste disputée entre l'archevêque de Braga et l'archevêque de Tolède.

Assez singulièrement, le territoire géographique du royaume de León, étape de la Reconquista espagnole, recouvre celui du royaume suève lors de la Reconquista (voir formation territoriale de l'Espagne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]