Congo (fleuve)

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6° 04′ 45″ S 12° 27′ 00″ E / -6.079167, 12.45 ()

Congo
Lever de soleil sur le Congo près de Mossaka.
Lever de soleil sur le Congo près de Mossaka.
Caractéristiques
Longueur 4 700 km
Bassin 3 680 000 km2
Bassin collecteur Congo (RD Congo, R. centrafricaine, R. du Congo, Angola, Zambie, Tanzanie, Burundi, Rwanda, Gabon)
Débit moyen 41 800 m3/s
Régime Pluvial équatorial
Cours
Origine Chambeshi, puis Luapula
· Localisation Fin des chutes Boyoma, Kisangani, RD Congo
Embouchure Océan Atlantique
Géographie
Pays traversés Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo
République du Congo République du Congo
Drapeau de l’Angola Angola
Principales villes Kisangani, Mbandaka, Kinshasa, Brazzaville, Matadi, Boma
Le fleuve Congo à Matadi

Le fleuve Congo est le second fleuve du monde après l'Amazone pour son débit (80 832 m³/s maximum) mais le cinquième par sa longueur (4 700 km avec la rivière Chambeshi). Il sert de frontière naturelle entre la République démocratique du Congo, la République du Congo et l'Angola. Il est aussi depuis 2008, avec des relevés bathymétriques par sonar de -221m par endroits, sous forme de canyons immergés, considéré comme le fleuve le plus profond au monde[1], abritant même une faune typiquement abyssale parfois rejetée agonisante à sa surface, en raison d'accidents de décompression brutale, provoqués par la force des courants.

Toponymie[modifier | modifier le code]

« Carte de l'embouchure de la rivière de Kongo ou de Zayre » (1747)

Lorsque l'embouchure du Congo fut explorée en 1482 par le Portugais Diogo Cão, celui-ci fit élever un pilier de pierre sur la rive pour marquer sa découverte. C'est ainsi que le fleuve fut alors baptisé dans un premier temps Rio de Pedrão (la « Rivière du Pilier »). L'existence de l'ancien royaume du Kongo situé en amont du fleuve décida les Portugais à nommer ce dernier du nom de Congo. Cependant les populations indigènes du royaume désignaient eux le fleuve sous le terme de Nzadi (« le fleuve ») ou dialectalement Nzaï. Ce mot sera traduit au XVIe siècle par les Portugais en Zaïre, nom que Mobutu utilisa pour renommer la République démocratique du Congo et le fleuve lui-même de 1971 à 1997. Le Congo fut anciennement appelé Barbila à une époque plus reculée, et le haut du fleuve est appelé Lualaba (ou Lwalaba)[2].

Exploration[modifier | modifier le code]

Après la découverte de l'embouchure du fleuve par Diogo Cão à la fin du XVe siècle, il fallut attendre 1816 pour qu'une expédition britannique commandée par James Kingston Tuckey remonte le Congo jusqu'à Isangila. Henry Morton Stanley a été le premier Européen à naviguer le long du fleuve. Il rapporta que le Lualaba (autre nom du fleuve) n'était pas la source du Nil, comme cela était parfois suggéré à l'époque.

Rôle économique[modifier | modifier le code]

Les voies navigables en République Démocratique du Congo

Bien que les chutes Livingstone empêchent l'accès depuis la mer, le Congo est navigable par sections, en particulier entre Kinshasa et Kisangani. Les chemins de fer contournent maintenant les trois grandes chutes, et une grande partie du commerce de l'Afrique centrale passe le long du fleuve, y compris le cuivre, l'huile de palme, le sucre, le café et le coton. Le fleuve est également une source potentielle d'énergie hydroélectrique, et les barrages d'Inga au bas de Pool Malebo sont les premiers à exploiter ce potentiel.

En février 2005, la compagnie d'électricité nationale d'Afrique du Sud, l'Eskom, annonce une proposition visant à accroître la capacité d'Inga de façon spectaculaire grâce à l'amélioration des infrastructures existantes et la construction d'un nouveau barrage hydroélectrique. Selon les concepteurs, le projet aurait permis de porter la production maximale de l'installation à 40 GW, soit le double de celle du barrage des Trois Gorges en Chine[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Fleuve d'Afrique centrale, le second[4] au monde par son débit (80 832 m3⋅s-1 maximum) et le second plus long d'Afrique après le Nil.

Tableau comparatif des grands fleuves de la Terre :
Amazone Nil Mississippi Yangzi Jiang Volga Congo
Longueur en km 7 025 6 671 3 779 6 300 3 700 4 700
Bassin hydrographique
(millions de km²)
7,0 2,9 3,2 1,8 1,3 3,7
Débit habituel
(milliers de m³/s.)
209 2-3 18 32 8 41

Son cours est navigable par sections : il est entrecoupé par des rapides en amont avant Kisangani et en aval entre Kinshasa et l'Atlantique.

Avec la rivière Chambeshi, sa longueur totale est de 4700 km (2922 miles), ce qui en fait le deuxième plus long fleuve d'Afrique après le Nil et le cinquième du monde. Le Congo et ses affluents traversent la deuxième plus grande forêt tropicale humide au monde[5]. Ce fleuve possède également le second débit le plus élevé au monde, derrière le fleuve Amazone, et le deuxième bassin versant en termes d'importance. Une grande partie de ce bassin se trouvant de part et d'autre de l'équateur, le débit est stable, il y a toujours au moins un cours d'eau connaissant une saison des pluies[6].

Le fleuve Congo prend sa source dans les montagnes du grand rift est-africain, tout comme les lacs Tanganyika et Moero, qui alimentent le Lualaba, qui devient le Congo en aval des chutes Boyoma. La rivière Chambeshi, en Zambie, est généralement considérée comme la source du Congo conformément à la pratique qui veut qu'on prenne pour source l'affluent le plus long, comme c'est le cas pour le Nil.

Le Congo s'écoule généralement vers l'ouest à partir de Kisangani, juste au bas des chutes, puis prend peu à peu des virages vers le sud-ouest, en passant par Mbandaka, se joignant à l'Oubangui, et se précipitant dans le Pool Malebo (Stanley Pool). Kinshasa (anciennement Léopoldville) et Brazzaville sont situés sur les rives opposées du fleuve au niveau du Pool Malebo, où le Congo se rétrécit et forme un certain nombre de cataractes créées par de profonds canyons et collectivement connues sous le nom de chutes Livingstone. Il s'écoule ensuite en direction de Matadi et Boma, puis se jette dans l'océan au niveau de la petite ville de Muanda.

Affluents majeurs[modifier | modifier le code]

Lualaba — de la source jusqu'à Kisangani : considéré comme le cours supérieur. Sur ce cours, le fleuve est souvent étroit, tortueux et coupé de chutes ou rapides à cause des montagnes et des hauts plateaux qu'il traverse.

Cours moyen: il comprend le Haut Congo et le Moyen Congo. Sur ce parcours, le fleuve congolais traverse l'immense plaine centrale du pays. Son parcours est paisible et parsemé d'îles et bancs de sable. Sa largeur peut atteindre de 25 à 30 km, à Makanza.

Le Congo, son Bassin versant, et les pays limitrophes.
Carte topographique du Bassin versant du Congo.

Haut Congo — de Kisangani à Mbandaka :

Moyen Congo — de Mbandaka à Brazzaville/Kinshasa :

Bas Congo ou cours inférieur — de Brazzaville/Kinshasa à l'embouchure : il se partage en deux parties.
De Kinshasa à Matadi (350 km), le fleuve traverse les Monts du Bangu et compte 32 chutes qui rendent la navigation impossible.
De Matadi à l'océan (137 km), le fleuve calme laisse remonter les bateaux de mer. Entre Boma et Banana, des îles basses et marécageuses divisent le fleuve en de multiples bras.

Principales îles[modifier | modifier le code]

Lualaba — en amont de Kisangani :

Haut Congo — de Kisangani à Mbandaka :

Moyen Congo — de Mbandaka à Brazzaville/Kinshasa :

Bas Congo - de Brazzaville/Kinshasa à l'océan Atlantique :

Principales villes[modifier | modifier le code]

Hydrométrie - Les débits à Kinshasa[modifier | modifier le code]

Le débit du fleuve a été observé pendant 81 ans (1903-1983) à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo située à quelque 3937 kilomètres de sa source et à 480 kilomètres de son embouchure dans l'océan[7].

À Kinshasa, le débit annuel moyen ou module observé sur cette période a été de 39 536 m3⋅s-1 pour une surface prise en compte d'environ 3 475 000 km2, soit près de 95 % de la totalité du bassin versant du fleuve.

La lame d'eau écoulée dans l'ensemble du bassin atteint ainsi le chiffre de 359 millimètres par an.

Le Congo est sans doute un des fleuves les plus réguliers d'Afrique et de la planète, très abondant et fort bien alimenté en toutes saisons. Le débit moyen mensuel observé en août (minimum d'étiage) atteint 31 086 m3⋅s-1, soit plus de la moitié du débit moyen du mois de décembre au débit moyen le plus élevé, ce qui est remarquable. Sur la durée d'observation de 81 ans, le débit mensuel minimal a été de 22 531 m3⋅s-1, tandis que le débit mensuel maximal s'élevait à 80 832 m3⋅s-1.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Kinshasa
(Données calculées sur 81 ans)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Allégorie du Fleuve Congo par Thomas Vinçotte à Bruxelles[8].

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Neyt, Fleuve Congo, Fonds Mercator, Bruxelles, 2010, 400 p.
  • Franz Bultot et Gérard L. Dupriez, Niveaux et débits du fleuve Zaïre à Kinshasa : régime, variabilité, prévision, Académie royale des sciences d'outre-mer, Bruxelles, 1987, 49 p.
  • Marc Colyn, L'importance zoogéographique du bassin du fleuve Zaïre pour la spéciation : le cas des Primates simiens, Université Rennes 1, 1989, 323 p. (thèse)
  • Jean Meulenbergh, Diffusion des eaux du fleuve Congo dans les eaux de l'Atlantique Sud, Académie royale des Sciences d'Outre-Mer, Bruxelles, 1968, 149 p.
  • James Kingston Tuckey, Relation d'une expédition entreprise en 1816 sous les ordres du capitaine J.K. Tuckey, pour reconnoître le Zaïre, communément appelé le Congo fleuve de l'Afrique méridionale ; suivie du journal du professeur Smith, et de quelques observations générales sur les habitants, et l'histoire naturelle de la partie du royaume du Congo arrosée par le Zaire ; le tout précédé d'une Introduction expliquant les motifs qui ont déterminé ce voyage (traduit de l'anglais par l'auteur de Quinze jours à Londres), Librairie de Gide fils, Paris, 1818, 2 vol.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kevin Oberg, « Discharge and Other Hydraulic Measurements for Characterizing the Hydraulics of Lower Congo River, July 2008 », U.S. Geological Survey,‎ 2008-07
  2. Dictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 285036195X)
  3. Http://www.guardian.co.uk/congo/story/0, 12292,1425023,00. Html
  4. Le premier en débit est l'Amazone (200 000 m³/s).
  5. The Rainforest Foundation, « A fresh step towards the first indigenous rights law in Republic of Congo »,‎ 2001-06-21
  6. Http://rainforests.mongabay.com/congo / Congo_river.html
  7. GRDC - Le Congo à Kinshasa
  8. Le Monument aux pionniers belges au Congo au Parc du Cinquantenaire de Bruxelles.