Hispanie

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40° 13′ N 4° 21′ O / 40.21, -4.35

Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : hispanique.
Hispania.png
Romanisation de l'Hispanie
Louve romaine à Ségovie

L'Hispanie (Hispania) est le nom donné par les Romains à la péninsule Ibérique. Depuis le XVe siècle l'Hispanie est l'hôte des États modernes espagnol et portugais.

Datations :

  • -501 à -202 (période carthaginoise)
  • -202 à 409 (période romaine), s'achevant avec l'arrivée des Vandales, Suèves et Alains, puis des Wisigoths.

Période carthaginoise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Espagne barcide.

Au début les Carthaginois installent des comptoirs commerciaux sur la côte, sans pousser plus profondément à l’intérieur de l’Hispanie. En 501, ils s’emparent de Gadès (Cadix), une ancienne colonie phénicienne. Après la première Guerre punique, les Carthaginois s'étendent rapidement dans le Sud, sous la conduite des Barcides. Ils y exploitent des mines d’or et redonnent à Carthage sa puissance économique et commerciale. En 230, ils fondent Carthagène, la nouvelle Carthage (Cartago Nova).

En 218, Hannibal forme une puissante armée qui comprend un contingent d’Ibères, et commence la deuxième Guerre punique en prenant Sagonte, puis en marchant vers l’Italie. Les Romains ne peuvent l’intercepter en Gaule, et dirigent une partie de leurs forces sur l'Hispanie, qui devient un théâtre d’opération de cette guerre. Après divers affrontements, Scipion l'Africain prend Carthagène en 209, et en 207, Hasdrubal mène les dernières forces carthaginoises de l'Hispanie vers l'Italie. En 202, la capitulation de Carthage livre officiellement l’Hispanie carthaginoise à Rome.

Conquête romaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conquête romaine de l'Hispanie.

En 197, les Romains divisent l’Hispanie en deux provinces : Hispanie citérieure, donnant sur la Méditerranée, et Hispanie ultérieure (car plus éloignée de Rome), comprenant le Sud et tournée vers l’océan. La conquête romaine de la péninsule Ibérique fut longue, pour plusieurs raisons :

  • dans la première partie du IIe siècle, le Sénat romain n’avait pas de vision expansionniste, il se contentait de conserver ses acquis territoriaux et d’affaiblir les adversaires potentiels
  • les peuples locaux opposèrent souvent une résistance acharnée, et infligèrent plusieurs défaites aux armées romaines.

La chronologie résumée est la suivante :

  • de 191 à 189, révolte des Celtibères, soumission de l’intérieur de l’Hispanie
  • en 154, occupation de la Lusitanie
  • de 147 à 139, le berger lusitanien Viriathe organise une résistance efficace, et bat plusieurs armées romaines. Les Romains ne purent en venir à bout qu’en le faisant assassiner par ses partisans.
  • de 142 à 133, guerre contre Numance entre l’Èbre et le Douro. En 137, le consul Gaius Hostilius Mancinus capitule avec son armée devant les Numantins.
  • en 137, campagnes contre les Galèces (Galleacia)
  • en 134, arrive à la péninsule le consul Scipion Émilien accompagné par son état-major, parmi lequel se trouvent l'auxiliaire numide Jugurtha, Caïus Gracchus ainsi que par l'historien Polybe. Scipion attaque les indigènes et détruit leurs récoltes pour empêcher qu'ils aident les Numantins. Il entame le siège de Numance en construisant d'imposantes ouvrages de circonvallation.
  • en 133, la ville est prise par Scipion et débutent les campagnes contre les Vascons (Basques)

La conquête de la péninsule suit une pause pendant un siècle, car l’Orient constitue un champ de conquête beaucoup plus attractif que l’Hispanie, tandis que les populations hispaniques ont montré leur capacité de résistance. La partie nord-ouest de l’Hispanie reste donc insoumise.

L’Hispanie romaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Romanisation de l'Hispanie.

La conquête romaine de la péninsule est achevée, Auguste la divise en trois provinces : l’Hispanie ultérieure est divisée en Bétique, conquête ancienne bien romanisée qui devient une province sénatoriale et Lusitanie. L’Hispanie citérieure devient la Tarraconaise. Tarraconaise et Lusitanie sont encore occupées par des légions (6 légions en l’an 6), et ont le statut de provinces impériales.

Des colonies romaines sont fondées aux endroits stratégiques :

La via Augusta vient de Gaule narbonnaise par le Perthus et traverse le pays par Tarraco, Valentia, Corduba, Hispalis et Gades. Les trois provinces connurent une longue période de paix, et le nombre des légions présentes fut progressivement réduit à une seule, la VIIe Gemina stationnée à León.

L'intégration politique dans l'Empire romain[modifier | modifier le code]

Les Romains ont souvent été accusés dans les livres d'histoire d'être à l'origine d'une "irradiation" de la culture espagnole et portugaise autochtone. Mais en regardant tous les progrès de ces sept siècles sous domination romaine on peut se demander si cela n'a pas rendu la culture espagnole et portugaise plus riche, plus plurielle. Les siècles de participation de l'Hispanie à l'Empire romain ont été marqués par une « romanisation » dans de nombreux domaines.

Les Romains n'ont pas seulement construit les aqueducs, les ponts, les bains, les amphithéâtres,... mais ils ont aussi doté la nation d'institutions, d'une hiérarchie. Ils ont établi les classes sociales : l'aristocratie; la classe moyenne (regroupant les bureaucrates, les intellectuels, les militaires, les commerçants, les industriels et les petits propriétaires); le peuple qui regroupait les hommes libres n'appartenant à aucune des deux catégories précédentes, ils étaient des travailleurs des mines, des agriculteurs, des soldats, des pêcheurs; et enfin les esclaves sans droits.

Même si la politique d'Hispania était sous le contrôle du gouvernement de Rome, des élections prenaient place chaque année pour désigner le gouvernement des villes et des régions. Rome établit des lois et des constitutions pour organiser le territoire, fonda de nombreuses colonies romaines et accorda de plus en plus la citoyenneté romaine aux autochtones ; l'empereur Vespasien la généralisa à toutes les villes de la péninsule. Par cette romanisation, L'Espagne fut la terre natale d'écrivains romains (Martial, Quintilien, Sénèque, Lucain ...) et de plusieurs empereurs (Trajan, Hadrien, Théodose Ier). [non neutre]

Les apports culturels et religieux[modifier | modifier le code]

Le plus grand apport culturel est sûrement la langue latine qui donnera les parlers de la péninsule espagnole (castillan, catalan, galicien, aragonais, portugais). L'apparition du commerce et des prémices de l'individualisme avec la propriété privée ont bouleversé l'Hispanie qui est urbanisée.

L'agriculture était la richesse d'Hispania, l'amenant à échanger avec d'autres régions de l'empire romain. Les Romains ont développé le commerce en Hispanie lui permettant de commercer avec d'autres régions d'Europe. La péninsule exportait les produits miniers (argent, plomb, or), les céréales, l'huile et le vin.

Il est en revanche légendaire que saint Paul ait voyagé en Hispanie. L'évangélisation progresse surtout à partir du IIe siècle. Le développement du christianisme s'est effectué rapidement, du littoral à l'intérieur des terres, grâce à la présence romaine sur le pays. L'Hispanie s'est vite imprégnée du christianisme qu'au IVe siècle après JC, et fournit un évêque de Rome (Damase Ier de 366 à 384) et en 385 le premier évêque de l'histoire exécuté pour hérésie, l'ascétique Priscillien.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]