Élections législatives portugaises de 2011

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Élections législatives portugaises de 2011
  
58,03 %
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Premier ministre
Sortant
Élu
Législature élue
XIIe

Les élections législatives portugaises de 2011 (Eleições legislativas portuguesas de 2011) se sont tenues le , afin d'élire les 230 députés de la douzième législature de l'Assemblée de la République du Portugal.

Le scrutin est remporté par le Parti social-démocrate de Pedro Passos Coelho, qui obtient la majorité relative, et par le centre-droit en général, qui remporte la majorité absolue en voix et en sièges.

Contexte : une crise politique[modifier | modifier le code]

Contraint de constituer un gouvernement minoritaire après les élections législatives du 27 septembre 2009[1],[2],[3],[4], le Premier ministre socialiste José Sócrates a dû faire face à une sévère dégradation des finances publiques du fait de la crise économique mondiale et de la récession qui en a résulté. En conséquence, il a fait adopter trois plans d'austérité budgétaire[5],[6] qui conduisent au déclenchement d'une grève générale le [7], dont l'ampleur est inédite depuis 1986[8]. Le , le ministre des Finances Teixeira dos Santos annonce un quatrième paquet de mesures de rigueur[9], qui sont cette fois-ci rejetées par le Parti social-démocrate[10]. Le chef du gouvernement menace alors de démissionner en cas de rejet de son programme par l'Assemblée de la République[11]. Il passe à l'acte[12] après le refus exprimé par les députés à l'issue du débat parlementaire, organisé le 23 mars[13], et appelle à la dissolution de l'Assemblée[14], une idée soutenue par les autres formations politiques du pays[15],[16],[17].

Fixation de la date des élections[modifier | modifier le code]

Conformément à la Constitution, le président de la République, Aníbal Cavaco Silva, reçoit alors tous les partis représentés, dans l'ordre croissant[18]. La majorité des formations de gauche préconise alors la convocation d'un scrutin anticipé pour le dimanche 5 juin[19],[20],[21], tandis que les sociaux-démocrates proposent la réalisation des élections dès le 29 mai[22]. Selon la loi électorale, le scrutin ne peut se tenir moins de 55 jours après l'annonce de sa convocation par le chef de l'État[23]. Après avoir réuni le Conseil d'État[24], Aníbal Cavaco Silva annonce le 31 mars la tenue des élections pour le 5 juin[25].

Conditions générales[modifier | modifier le code]

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

L'Assemblée de la République (Assembleia da República) se compose de 230 députés, dont le mandat dure quatre ans. Les parlementaires sont élus dans vingt-deux circonscriptions, qui correspondent aux dix-huit districts du Portugal, aux deux régions autonomes que sont les Açores et Madère, et à deux circonscriptions ad hoc pour les expatriés, selon un scrutin proportionnel avec répartition suivant la méthode d'Hondt[26]. Chaque circonscription compte au moins deux députés, celle du district de Lisbonne en comptant pour sa part quarante-sept, le nombre maximum actuel.

Répartition des députés[modifier | modifier le code]

  • Répartition retenue le par la commission nationale des élections[27].
Circonscription Députés
District d'Aveiro 16
District de Beja 3
District de Braga 19
District de Bragance 3
District de Castelo Branco 4
District de Coimbra 9
District d'Évora 3
District de Faro 9
District de Guarda 4
District de Leiria 10
District de Lisbonne 47
District de Portalegre 2
District de Porto 39
District de Santarém 10
District de Setúbal 17
District de Viana do Castelo 6
District de Vila Real 5
District de Viseu 9
Région autonome des Açores 5
Région autonome de Madère 6
Europe 2
Hors d'Europe 2
TOTAL 230

Campagne[modifier | modifier le code]

Principaux partis et dirigeants[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Résultats en 2009
Parti socialiste
Partido Socialista
José Sócrates
Premier ministre
36,56 % des voix
97 députés
Parti social-démocrate
Partido Social Democrata
Pedro Passos Coelho 29,11 % des voix
81 députés
Parti populaire
Partido Popular
Paulo Portas 10,43 % des voix
21 députés
Bloc de gauche
Bloco de Esquerda
Francisco Louçã 9,81 % des voix
16 députés
Coalition démocratique unitaire
Coligação Democrática Unitária
Jerónimo de Sousa 7,86 % des voix
15 députés

Têtes de liste[modifier | modifier le code]

Circonscription PS[28] PPD/PSD[29] CDS/PP[30],[31] BE[32] CDU[33]
Aveiro Helena André António Couto dos Santos Paulo Portas Pedro Filipe Soares Miguel Viegas
Beja Luís Pita Ameixa Carlos Moedas José Ghira Manuel Dinis Cortes João Ramos
Braga António José Seguro Miguel Macedo Telmo Correia Pedro Soares Agostinho Lopes
Bragance Mota Andrade Francisco José Viegas Nuno Sousa Liliana Fernandes Maria Cunha
Castelo Branco José Sócrates Costa Neves Maria Celeste Capel Fernando Pinto Proença Vítor Silva
Coimbra Ana Jorge José Manuel Canavarro João Serpa Oliva José Manuel Pureza Manuel Pires da Rocha
Évora Carlos Zorrinho Pedro Lynce André Assis Miguel Sampaio João Oliveira
Faro João Soares Mendes Bota Artur Rego Cecília Honório Paulo Sá
Guarda Paulo Campos Manuel Meirinho Emília Bento António Baptista José Branco
Leiria Basílio Horta Teresa Morais Assunção Cristas Heitor de Sousa Ana Rita Carvalhais
Lisbonne Eduardo Ferro Rodrigues Fernando Nobre Teresa Caeiro Francisco Louçã Jerónimo de Sousa
Portalegre Pedro Marques Cristovão Crespo Paulo Caetano Paulo Cardoso Luísa Araújo
Porto Francisco Assis José Pedro Aguiar-Branco José Ribeiro e Castro João Semedo José Honório Novo
Santarém António Serrano Miguel Relvas Filipe Lobo d'Ávila José Gusmão António Filipe
Setúbal José Vieira da Silva Maria Luis Albuquerque Nuno Magalhães Mariana Aiveca Francisco Lopes
Viana do Castelo Fernando Medina Carlos Abreu Amorim Abel Batista Jorge Manuel Teixeira Ilda Figueiredo
Vila Real Pedro Silva Pereira Pedro Passos Coelho Joana Rapazote Irina Castro Manuel Cunha
Viseu José Junqueiro Almeida Henriques Hélder Amaral Rui Costa Manuel Rodrigues
Açores Ricardo Rodrigues Mota Amaral Artur Lima José Cascalho José Decq Mota
Madère Jacinto Serrão Alberto João Jardim José Manuel Rodrigues Roberto Almada Edgar Silva
Europe Paulo Pisco Carlos Gonçalves Isaías Afonso Gustavo Behr Maria de Melo Galvão
Hors d'Europe Carolina Almeida José Cesário Augusto Cymbron Cristina Semblano Helena Cunha

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date PS PPD/PSD CDS/PP BE CDU
Aximage 03.06.2011 29,2 % 37,4 % 12,5 % 6,7 % 8,0 %
Intercampus 02.06.2011 31,1 % 36,5 % 11,6 % 6,0 % 7,4 %
Eurosondagem 01.06.2011 31,3 % 35,4 % 13,4 % 6,0 % 7,9 %
CESOP (UCP) 01.06.2011 31,0 % 36,0 % 11,0 % 7,0 % 8,0 %
Intercampus 30.05.2011 32,3 % 37,0 % 12,7 % 5,2 % 7,7 %
Eurosondagem 27.05.2011 32,3 % 33,9 % 13,4 % 6,3 % 7,9 %
Eurosondagem 25.05.2011 32,0 % 33,7 % 13,2 % 6,7 % 8,1 %
Eurosondagem 24.05.2011 32,6 % 33,1 % 13,7 % 6,4 % 7,6 %
CESOP (UCP) 24.05.2011 36,0 % 36,0 % 10,0 % 6,0 % 9,0 %
Intercampus 22.05.2011 33,2 % 39,6 % 12,1 % 5,6 % 6,6 %
Intercampus 20.05.2011 34,1 % 35,7 % 12,8 % 6,8 % 7,5 %
Intercampus 16.05.2011 35,4 % 36,1 % 12,6 % 6,2 % 7,5 %
Intercampus 13.05.2011 36,8 % 33,9 % 13,4 % 6,0 % 7,4 %
Marktest 10.05.2011 34,4 % 39,7 % 9,0 % 4,8 % 6,5 %
Intercampus 09.05.2011 35,1 % 36,2 % 10,9 % 6,5 % 7,7 %
Aximage 06.05.2011 28,3 % 31,5 % 11,2 % 7,7 % 9,3 %
CESOP (UCP) 06.05.2011 36,0 % 34,0 % 10,0 % 5,0 % 9,0 %
Eurosondagem 21.04.2011 32,7 % 36,3 % 11,3 % 6,9 % 7,8 %
Marktest 20.04.2011 36,1 % 35,3 % 7,5 % 6,0 % 8,1 %
Intercampus 11.04.2011 33,1 % 38,7 % 9,4 % 7,6 % 8,1 %
CESOP (UCP) 06.04.2011 33,0 % 39,0 % 7,0 % 6,0 % 8,0 %
Aximage 02.04.2011 28,4 % 34,8 % 10,8 % 6,5 % 8,5 %
Eurosondagem 31.03.2011 30,4 % 37,3 % 10,7 % 7,7 % 8,4 %
Marktest 25.03.2011 24,6 % 46,7 % 6,3 % 8,9 % 6,7 %
Aximage 10.03.2011 27,9 % 37,9 % 8,9 % 6,5 % 10,7 %
Eurosondagem 04.03.2011 30,6 % 36,9 % 9,9 % 7,7 % 8,6 %
Marktest 24.02.2011 29,1 % 47,8 % 4,2 % 5,9 % 6,1 %
Eurosondagem 11.02.2011 29,3 % 36,3 % 10,2 % 9,5 % 9,2 %
Aximage 04.02.2011 27,8 % 37,8 % 9,5 % 6,5 % 9,3 %
Intercampus 23.01.2011 30,8 % 36,8 % 5,8 % 7,1 % 7,3 %
Aximage 04.01.2011 25,4 % 38,3 % 8,8 % 7,5 % 9,9 %
Dernières élections 27.09.2009 36,56 % 29,11 % 10,43 % 9,81 % 7,86 %

Thèmes et faits marquants[modifier | modifier le code]

L'appel à l'aide extérieure[modifier | modifier le code]

Dès le , l'agence de notation financière Fitch Ratings dégrade la note de la dette publique portugaise de trois crans, la laissant juste au-dessus du stade « spéculatif »[34], ce qui conduit Pedro Passos Coelho à affirmer qu'il soutiendra le gouvernement s'il demande l'aide extérieure de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI)[35], un jour après que le ministre des Finances, Teixeira dos Santos, ait affirmé la nécessité de recourir à l'assistance internationale mais qu'il ne disposait pas de la « légitimité » pour le faire[36]. Le lendemain, le président du PPD/PSD confirme que s'il prend la tête du gouvernement, il fera appel à l'aide extérieure[37], s'attirant de sévères critiques de José Sócrates[38], tandis que Jerónimo de Sousa renvoie PS et PPD/PSD dos-à-dos[39]. Finalement, Teixeira dos Santos fait savoir le 6 avril que le gouvernement a l'intention de faire appel à l'assistance financière internationale, dénonçant parallèlement comme cause de cet appel le rejet du plan d'austérité par les députés[40]. José Sócrates déclare le soir même qu'il a déjà fait la demande auprès de la Commission européenne, et qu'il en a avisé le chef de l'État[41].

Les premières manœuvres[modifier | modifier le code]

Deux jours plus tôt, le BE avait annoncé la tenue d'une réunion avec la direction du PCP, alimentant les rumeurs d'une alliance à gauche du PS[42], une idée rapidement rejetée par le secrétaire général du Parti communiste[43] mais soutenue par un courant du Bloc[44]. À l'issue de cette rencontre, les dirigeants des deux formations affirment simplement « de multiples convergences dans le domaine économique et financier », sans annoncer de coalition[45].

Les 9 et 10 avril, le PS organise pour sa part sont dix-septième congrès national à Matosinhos, au cours duquel le parti fait la démonstration d'une unité sans faille[46],[47], y compris autour de son secrétaire général[48],[49],[50], attaquant clairement le PPD/PSD qu'il rend responsable de la crise et de l'appel à l'aide financière[51], ce à quoi Pedro Passos Coelho répond en déclarant que « Malheureusement, le PS nous a habitués à rendre tout le monde plus responsable que lui »[52]. Il annonce ensuite, sur sa page Facebook, que l'ancien candidat indépendant à l'élection présidentielle du 23 janvier 2011, Fernando Nobre, qui avait recueilli 14,1 % des suffrages, mènera la liste sociale-démocrate dans le district de Lisbonne et que, en cas de victoire, il prendra la présidence de l'Assemblée de la République[53], une décision contestée à gauche et dans son propre camp[54],[55].

À l'occasion d'une interview télévisée le 11 avril, le chef de l'opposition récuse toute responsabilité dans le déclenchement de la crise et attaque durement le chef du gouvernement, en l'accusant d'avoir démissionné « quand il a su qu'il n'y avait plus d'argent, qu'il laissait l'État sans argent pour payer ses engagements internationaux » et qu'il « préférait voir les autres régler ce problème »[56]. Il ajoute toutefois qu'il souhaite constituer un « gouvernement d'union », y compris avec les socialistes, mais sans José Sócrates, qui n'a « aucune capacité de dialogue »[57]. Il défend ensuite une vision résolument libérale, car selon lui la croissance ne pourra revenir que grâce au secteur privé et à la baisse des dépenses publiques[58].

Le lendemain, le ministre des Affaires étrangères Luís Amado ferme la porte à toute alliance avec la CDU et/ou le BE en déclarant que « comme on l'a vu au cours dernière législature », il est « absolument impossible » d'envisager une coalition gouvernementale stable à gauche, et donc que « naturellement », un gouvernement majoritaire ne peut être formé « qu'à la droite du PS »[59]. Le 16 avril, Fernando Nobre relance la polémique concernant son choix comme candidat en déclarant, dans un entretien à l'hebdomadaire Expresso qu'il n'a pas lu le programme social-démocrate, affirmant sa confiance en Pedro Passos Coelho, et qu'il ne siégera comme député qu'à la seule condition de présider l'Assemblée[60].

L'appel à l'unité du 25 avril[modifier | modifier le code]

Le 25 avril, jour anniversaire de la révolution des œillets, le président Cavaco Silva, relayé par son prédécesseur Jorge Sampaio[61], a appelé les différentes formations politiques à ne pas compromettre, au cours de la campagne, leur capacité à constituer une coalition gouvernementale, rappelant que « il est impérieux de créer des espaces d'entente qui assurent des solutions stables et crédibles de gouvernement »[62]. Semblant lui faire écho, le président du CDS/PP, a demandé le même jour aux partis de « baisser leurs bannières partisanes »[63]. De son côté, le Premier ministre, reconnaissant l'importance des déclarations présidentielles, affirme appeler depuis longtemps au dialogue et que de nombreuses situations auraient pu être évitées si le paysage politique se trouvait dans cet esprit[64]. L'ancien candidat socialiste à l'élection présidentielle de janvier, Manuel Alegre, s'est déclaré, quelques jours plus tard, critique de cette intervention du chef de l'État, rappelant que le gouvernement est formé dans le cadre de l'Assemblée, issue de la volonté des électeurs[65].

Le refus d'une grande coalition[modifier | modifier le code]

Dès le lendemain, lors d'une entretien télévisé, il se dit prêt à négocier et s'allier avec les sociaux-démocrates, avec qui un accord est « possible et souhaitable », et ce « qui que soit le chef » du parti, ajoutant qu'aujourd'hui plus que jamais, le pays a besoin que les formations politiques puissent s'entendre et définir une « zone de consensus »[66], une offre rejetée par Pedro Passos Coelho, pour qui une alliance gouvernementale ne peut se constituer qu'après les élections, dont il souligne le rôle de clarification de la situation politique actuelle, précisant que s'il était amené à former le futur exécutif, celui-ci serait ouvert « à d'autres partis et même jusqu'à des personnalités qui n'ont pas de cartes d'adhérent »[67]. Une semaine plus tard, le président du CDS/PP, Paulo Portas, rappelle qu'il défend « un gouvernement de changement », excluant de facto la constitution d'une coalition entre les deux formations de centre-droit et le PS[68].

Le CDS, un troisième parti qui se renforce[modifier | modifier le code]

Après avoir désigné Paulo Portas comme « candidat au poste de Premier ministre », à l'instar de Sócrates et Passos Coelho, à la fin du mois d'avril[69], le Parti populaire entame une ascension dans les sondages à compter du 13 mai, les enquêtes d'opinion le situant aux alentours de 13 % d'intentions de vote, ce qui constituerait son meilleur résultat depuis 1976.

L'ancien président du PPD/PSD et désormais commentateur politique sur la chaîne TVI, Marcelo Rebelo de Sousa, dénonce, à cet égard, une « mauvaise situation pour le pays », car avec un tel score, les deux principaux partis seraient à égalité et « qui dirigerait le Portugal ? Le CDS ! » alors que, selon lui, Paulo Portas n'est pas une alternative à l'actuel chef du gouvernement, comme il tente de le montrer[70]. Ces déclarations ont été condamnées par le député européen Nuno Melo, vice-président du CDS/PP, qui lui demande d'être digne dans ses fonctions et contenir ses propos[71].

Au soir du 20 mai, alors que se déroule le dernier débat télévisé, opposant José Sócrates et Pedro Passos Coelho, Portas intervient devant la presse afin de se présenter comme une « alternative », affirmant que « beaucoup de socialistes ne veulent plus de Sócrates et beaucoup de sociaux-démocrates ne veulent pas primer le PSD » et accentuant ses différences avec les deux grandes formations, que ce soit sur le gel des pensions ou les grands projets d'infrastructures[72]. Quatre jours plus tard, il appelle les électeurs à donner au CDS/PP « plus de votes que le PCP et le BE réunis », un score nécessaire pour ce qu'il appelle une « majorité de changement sérieux »[73].

Programmes politiques[modifier | modifier le code]

Parti Slogan Principales mesures
Parti socialiste[74] « Défendre le Portugal – Construire l'avenir »
« Defender Portugal – Construir o futuro »
• Augmentation du taux de scolarisation des jeunes et renforcement de la qualification des Portugais, par l'appui à la rénovation du parc scolaire et des conditions de travail dans les écoles
• Consolidation de l'investissement dans les énergies renouvelables (pour atteindre l'objectif de 31 % d'énergies renouvelables dans l'énergie totale consommée) et efficience énergétique
• Affirmation du secteur exportateur
• Investissement dans la science
• Agenda numérique
• Simplification et modernisation de l'administration
• Consolidation et qualification des réseaux de soins et d'équipements sociaux
Parti social-démocrate[75] « Il est temps de changer »
« Está na hora de mudar »
• Réformer la loi électorale et réduire le nombre de députés
• Accroître la décentralisation politico-administrative
• Réduire et rationaliser les dépenses, faire appel à l'épargne et réduire l'endettement
• Introduire plus de flexibilité dans l'organisation du travail
• Stimuler la production agricole et mettre l'accent sur les PME
• Réduire la taille du gouvernement à dix ministres
• Non-remplacement de 80 % des fonctionnaires partant à la retraite
• Décentraliser l'éducation et l'enseignement
Parti populaire[76] « C'est le moment – Pour toi. Pour tous. Pour le Portugal. »
« Este é o momento – Para ti. Para todos. Portugal »
• Limiter l'endettement public par la Constitution
• Réduire l'investissement et les dépenses publics et les responsabiliser
• Donné la priorité aux PME et entreprises qui exportent
• Simplifier la fiscalité et accroître la lutte contre la fraude fiscale
• Renforcer le ministère de l'Agriculture et atteindre la souveraineté alimentaire
• Simplifier les programmes et structures administratifs
• Augmenter les pensions et stimuler le travail indépendant
• Décentraliser l'enseignement
• Améliorer le fonctionnement de la justice et renforcer la sécurité publique
Bloc de gauche[77] « Changer de futur – Pour l'emploi et la justice fiscale »
« Mudar de futuro – Pelo emprego e pela justiça fiscal »
• Procéder à un audit et une renégociation de la dette
• Réduire et responsabiliser les dépenses
• Créer un « fonds national de sauvetage » pour la dette
• Instituer un impôt unique sur le patrimoine et taxer les opérations boursières
• Mobiliser l'épargne et renforcer la banque publique
• Assumer l'investissement public
• Réduire la dépendance énergétique et alimentaire
• Valoriser le travail et lutter contre la précarité, notamment par la hausse du salaire minimum
Coalition démocratique unitaire[78] « Pour une politique patriotique et de gauche »
« Por uma política patriótica e de esquerda »
• Renégociation immédiate de la dette portugaise
• Intervention conjointe des autres pays affrontant des problèmes d'endettement similaires
• Diversification des sources de financement
• Renforcement des investissements publics, tournés vers l'industrie, l'agriculture et la pêche
• Utilisation intégrale de toutes les ressources nationales
• Défense et reconstruction d'un secteur public économique fort et dynamique
• Fort investissement dans les très petites, petites et moyennes entreprises, dynamisation et défense du marché intérieur

Débats télévisés[modifier | modifier le code]

Le , la liste des débats entre les candidats à la présidence du Conseil des ministres est dévoilée. Comme l'avait réclamé le Parti social-démocrate, le Parti populaire et le Bloc de gauche[79], il n'y aura que des face-à-face.

Ordre des débats pré-électoraux[80]
1er débatteur Chaîne – Date 2e débatteur
Paulo Portas RTP Jerónimo de Sousa
José Sócrates TVI Paulo Portas
Pedro Passos Coelho TVI Jerónimo de Sousa
José Sócrates SIC Francisco Louçã
Francisco Louçã RTP Jerónimo de Sousa
Pedro Passos Coelho SIC Paulo Portas
José Sócrates SIC Jerónimo de Sousa
Pedro Passos Coelho TVI Francisco Louçã
Paulo Portas SIC Francisco Louçã
Pedro Passos Coelho RTP José Sócrates

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Gauche : parti arrivé en tête dans chaque district
Droite : parti arrivé deuxième dans chaque district
Résultats des élections législatives portugaises de 2011[81]
Parti Suffrages Députés
Voix  % +/- Sièges +/-  %
Parti social-démocrate (PPD/PSD) 2 159 181 38,66 % en augmentation 9,55 108 en augmentation 27 46,96 %
Parti socialiste (PS) 1 566 347 28,04 % en diminution 8,52 74 en diminution 23 32,17 %
Parti populaire (CDS/PP) 653 888 11,71 % en augmentation 1,28 24 en augmentation 3 10,43 %
Coalition démocratique unitaire (CDU)
PCP
PEV
441 147


7,90 %


en augmentation 0,04


16
14
2
en augmentation 1
en augmentation 1
en stagnation
6,96 %
6,09 %
0,87 %
Bloc de gauche (BE) 288 923 5,17 % en diminution 4,64 8 en diminution 8 3,48 %
Autres 247 731 4,44 % en augmentation 1,31 0 0 N/A
Bulletins blancs 148 638 2,66 % en augmentation 0,92
Bulletins nuls 79 399 1,42 % en augmentation 0,07
TOTAL (participation : 58,03 %) 5 585 254 100,00 % N/A 230 N/A 100,00 %

Par circonscription[modifier | modifier le code]

Circonscription PS PSD PP BE CDU Total
Aveiro 5 8 2 1 - 16
Beja 1 1 - - 1 3
Braga 7 9 2 - 1 19
Bragance 1 2 - - - 3
Castelo Branco 2 2 - - - 4
Coimbra 3 5 1 - - 9
Évora 1 1 - - 1 3
Faro 2 4 1 1 1 9
Guarda 1 3 - - - 4
Leiria 3 6 1 - - 10
Lisbonne 14 18 7 3 5 47
Portalegre 1 1 - - - 2
Porto 14 17 4 2 2 39
Santarém 3 5 1 - 1 10
Setúbal 5 5 2 1 4 17
Viana do Castelo 2 3 1 - - 6
Vila Real 2 3 - - - 5
Viseu 3 5 1 - - 9
Açores 2 3 - - - 5
Madère 1 4 1 - - 6
Europe 1 1 - - - 2
Hors d'Europe - 2 - - - 2
TOTAL 74 108 24 8 16 230

Analyse[modifier | modifier le code]

Avec un taux de participation historiquement bas, de moins de 60 % des inscrits, le centre-droit remporte une nette victoire en décrochant près de 130 députés, soit plus de 56 % des sièges, et un peu plus de 50 % des voix. Tandis que CDS/PP, poursuivant sa progression entamée en 2009, obtient son meilleur score depuis 1983, le PPD/PSD surpasse le résultat attendu dans les derniers sondages et égale en sièges le résultat obtenu en 2002 par José Manuel Durão Barroso. S'il parvient au pouvoir, il s'agira cependant de son plus faible résultat en voix depuis le premier mandat d'Aníbal Cavaco Silva, en 1985. Sur les vingt circonscriptions du pays, le parti de Pedro Passos Coelho en remporte dix-sept, dont Lisbonne et Porto, qui lui avaient échappé en 2009, ainsi que les Açores, pourtant gouvernées par les socialistes depuis 2000.

La défaite du PS est sévère, puisqu'il perd la première place dans onze districts, et passe sous la barre des 30 % des suffrages exprimés, une première depuis le scrutin de 1991. Cependant, il ne s'agit pas de son plus mauvais résultat, qui remonte à 1987, lorsqu'il accusait 30 points de retard sur le PPD/PSD. Il est même battu dans la circonscription de Castelo Branco, celle de José Sócrates, qu'il dominait depuis 1995.

À l'extrême-gauche, le résultat est contrasté. D'un côté, le BE recule très fortement, perdant la moitié de ses députés et retrouvant son niveau de 2005, où il avait cependant obtenu un point de plus dans un contexte de participation plus élevée. Il est à nouveau dépassé par la CDU, qui progresse d'un député et conserve ainsi son niveau habituel. Dans son ensemble, la gauche portugaise accuse un retard de dix points sur le centre-droit, soit le plus important depuis les majorités absolues sociales-démocrates d'Aníbal Cavaco Silva, dans les années 1990.

Réactions[modifier | modifier le code]

À la suite des premiers résultats, qui donnent à une hypothétique coalition entre le PPD/PSD et le CDS/PP la majorité absolue, et au PS un score en deçà des 30 % des voix, José Sócrates annonce qu'il renonce à diriger son parti et souhaite sagesse, courage et justice à Pedro Passos Coelho[82]. Ce dernier annonce peu après qu'il fera tout pour former un gouvernement jouissant d'une majorité absolue[83]. Il est rejoint dans cette optique par Paulo Portas, qui affirme que son parti est près à s'allier avec le PPD/PSD, tout en se félicitant de la progression de son parti, qui améliore encore son score[84]. À l'extrême-gauche, si Jerónimo de Sousa se félicite de la petite progression de la CDU et déclare que « la lutte sociale sera inévitable et la CDU y participera »[85], Francisco Louçã admet que le résultat du BE, en fort recul, est une défaite, mais que « l'on apprend de ses défaites » et que le Bloc n'est pas vaincu[86].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Dès le lendemain, avant même le décompte des voix des expatriés et la proclamation officielle des résultats, le président Cavaco Silva demande à Passos Coelho de former le XIXe gouvernement constitutionnel, lui intimant d'agir « avec célérité » afin de constituer un cabinet disposant d'un « appui parlementaire consistant »[87].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (pt) Ferreira Leite ne veut ni accord ni coalition avec le PS, Público, le
  2. (pt) Le CDS-PP sera dans l'opposition, Público, le
  3. (pt) « Il n'y a pas de conditions pour aucune coalition avec le PS » dit le Bloc à Sócrates, Público, le
  4. (pt) Le PCP refuse un accord au PS et réclame de la « stabilité sociale », Público, le
  5. (pt) Les huit mesures d'austérité proposées par le gouvernement au PSD, Jornal dos Negócios, le
  6. (pt) La fonction publique, les retraites et la TVA à 23 % paient le déficit 2011, Público, le
  7. (fr) Appels à la grève générale contre l'austérité au Portugal, sit internet du quotidien Le Monde, le
  8. (fr) Les Portugais en grève générale contre l'austérité, Le Monde, le
  9. (pt) Le gouvernement veut appliquer un impôt extraordinaire sur toutes les pensions en 2012, Público, le
  10. (pt) Passos Coelho rejette le nouveau PEC du gouvernement, Público, le
  11. (pt) Le Premier ministre reconnaît qu'il démissionnera en cas de rejet du PEC, Público, le
  12. (pt) Sócrates a démissionné, Expresso, le
  13. (pt) L'opposition approuve les résolutions contre le PEC IV, Público, le
  14. (pt) Sócrates désire et va aux élections, Público, le
  15. (pt) Paul Portas : la démocratie existe pour résoudre des problèmes comme celui-là, Público, le
  16. (pt) Jerónimo de Sousa défend que « la parole soit donnée » au peuple, Público, le
  17. (pt) Le PSD va réaffirmer à Cavaco que des élections sont l'unique sortie, Público, le
  18. (pt) Cavaco reçoit les partis aujourd'hui, Expresso, le
  19. (pt) Le PCP veut des élections « au début » de juin, Público, le
  20. (pt) Le Bloc de gauche demande des élections au 5 juin, Público, le
  21. (pt) Le PS choisit le 5 juin pour aller aux élections, Expresso, le
  22. (pt) Passos propose des élections le 29 mai, Expresso, le
  23. (pt) Loi électorale de l'Assemblée de la République, article 19, site de l'Assemblée de la République, consulté le
  24. (pt) Cavaco réunit aujourd'hui le Conseil d'État, Expresso, le
  25. (pt) Cavaco fixe les élections au 5 juin, Público, le
  26. (fr) Système électoral de l'Assemblée de la République du Portugal, Union interparlementaire, consulté le
  27. (pt) Carte électorale, site de la commission nationale des élections, consulté le
  28. (pt) Prenez connaissance des têtes de liste du PS et du PSD aux prochaines élections, Economico, le
  29. (pt) Les 22 têtes de liste du PSD pour les élections législatives, Economico, le
  30. (pt) Le conseil national du CDS approuve les listes avec 90 % des voix, site du CDS/PP, consulté le
  31. (pt) Le CDS maintient les têtes de liste de 2009 et désigne des « gens nouveaux », site du CDS/PP, consulté le
  32. (pt) Liste des candidats du Bloc de gauche, site du journal du BE, Esquerda, consulté le
  33. (pt) Liés à la vie et aux aspirations du peuple, Avante, le
  34. (pt) Fitch baisse la note – Le Portugal à la limite du « pourri », Diário de Notícias, le
  35. (pt) Passos Coelho promet de respecter les engagements, Expresso, le
  36. (pt) Teixeira dos Santos admet le besoin d'une aide extérieure mais ne la demandera pas, Público, le
  37. (pt) Passos Coelho s'engage à demander l'aide extérieure s'il devient Premier ministre, Público, le
  38. (pt) Sócrates accuse Passos de « cynisme notable », Expresso, le
  39. (pt) Jerónimo de Sousa accuse le PS et le PSD de « jouer au ping-pong » avec le FMI, Público, le
  40. (pt) Le Portugal va demander l'aide extérieure, Expresso, le
  41. (pt) Sócrates : Le Portugal a déjà demande l'aide extérieure, Público, le
  42. (pt) Le BE et le PCP se réunissent : alliance en vue ?, Público, le
  43. (pt) Le PCP et le Bloc concourent aux élections « chacun sur son vélo » déclare Jerónimo de Sousa, Público, le
  44. (pt) BE et PCP : Un courant du Bloc veut un congrès des gauches, Público, le
  45. (pt) Le BE et le PCP assument leurs « convergences » et le dialogue à gauche, Público, le
  46. (pt) Les socialistes en congrès « d'unité », Público, le
  47. (pt) Les anciens chefs du PS se joignent à Sócrates, Expresso, le
  48. (pt) Seguro va intégrer la liste pour la commission nationale proposée par Sócrates, Expresso, le
  49. (pt) Alegre va intégrer la commission politique nationale, Expresso, le
  50. (pt) Francisco Assis est tête de liste à Porto et montre un appui total à Sócrates, Diário de Notícias, le
  51. (pt) Les socialistes unanimes : la faute de la crise est du PSD, Público, le
  52. (pt) « Le PS rend tout le monde plus responsable que lui », Diário de Notícias, le
  53. (pt) PSD : Fernando Nobre est tête de liste à Lisbonne, Expresso, le
  54. (pt) Soares émet des réserves quant à voir Nobre présider le Parlement, Diário de Notícias, le
  55. (pt) Morais Sarmento : Nobre n'a pas le profil pour présider l'Assemblée de la République, Diário de Notícias, le
  56. (pt) Sócrates a démissionné « quand il a su qu'il n'y avait plus d'argent », Diário de Notícias, le
  57. (pt) Le PSD veut un gouvernement d'union, éventuellement avec le PS, Expresso, le
  58. (pt) Le pays croîtra de nouveau seulement si l'État dépense moins, Diário de Notícias, le
  59. (pt) Luís Amado « tue » l'entrée du PS dans une alliance à gauche, Público, le
  60. (pt) Nobre assume que seule la présidence de l'AR l'intéresse, le PSD est divisé, Público, le
  61. (pt) « Le pays a besoin que les gens s'entendent », Diário de Notícias, le
  62. (pt) La campagne ne doit pas rendre impossible des accords pour un gouvernement majoritaire, avertit Cavaco, Público, le
  63. (pt) Les partis doivent abaisser « les bannières partisanes » et penser à l'intérêt national – Paulo Portas, RTP, le
  64. (pt) Sócrates pointe le manque de dialogue et de consensus, Expresso, le
  65. (pt) Le président ne peut imposer de solutions aux partis, Diário de Notícias, le
  66. (pt) Sócrates, à la suite de l'appel de Cavaco, désire un accord avec le PSD, Público, le
  67. (pt) Passos rejette un accord avec Sócrates, Expresso, le
  68. (pt) Paulo Portas se prépare pour être candidat au poste de Premier ministre, Público, le
  69. (pt) Portas est candidat au poste de Premier ministre, Jornal Digital, le
  70. (pt) Le CDS avec 13 % peut « diriger le Portugal », TVI, le
  71. (pt) Le CDS exige « dignité et retenue » à Marcelo, Diário de Notícias, le
  72. (pt) Paulo Portas place le CDS comme une alternative au PSD et au PS, Público, le
  73. (pt) Le CDS veut plus de votes que le PCP et le BE ensemble, Expresso, le
  74. (pt) Programme électoral 2011-2015, site du Parti socialiste consulté le
  75. (pt) Programme électoral du PSD, site du PSD, consulté le
  76. (pt) Manifeste électoral du CDS, site du CDS/PP pour les élections législatives, consulté le
  77. (pt) Engagement électoral du Bloc de gauche, sur le site du journal du BE, Esquerda, consulté le
  78. (pt) Site Internet de la CDU pour les élections de 2011, consulté le
  79. (pt) Le PSD, le CDS-PP et le BE préfèrent les débats télévisés à deux, Diário de Notícias, le
  80. (pt) Sócrates et Passos face à face le 20 mai, Diário de Notícias, le
  81. (pt) « Mapa oficial de resultados das legislativas dá 38,66 por cento ao PSD e 28,04 ao PS », Público, le
  82. (pt) Sócrates démissionne, Expresso, le
  83. (pt) Passos : un gouvernement majoritaire le plus rapidement possible, Diário de Notícias, le
  84. (pt) Paulo Portas est disponible pour former une majorité avec le PSD, Diário de Notícias, le
  85. (pt) Jerónimo : plus de force pour combattre la « troïka », Diário de Notícias, le
  86. (pt) Louçã : « Les résultats sont une défaite, mais nous ne sommes pas vaincus », Diário de Notícias, le
  87. (pt) Cavaco a convié Passos à former le gouvernement, Diário de Notícias, le

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]