Indo-Européens

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Les Indo-Européens, selon les théories diffusionnistes et migrationnistes seraient un ensemble de peuples d'Eurasie, les Albanais, les Arméniens, les Baltes, les Celtes, les Germains, les Grecs, les Indiens, les Iraniens, les Italiques, les Scythes et les Slaves. Ces peuples parleraient des langues issues d’une ancienne langue appelée indo-européen commun partiellement reconstituée.

L'hypothèse kourgane[modifier | modifier le code]

Selon l'hypothèse kourgane de Marija Gimbutas, le foyer originel des Indo-Européens serait localisé en Europe de l'Est, dans la steppe pontique située au nord de la mer Noire. De ce berceau, l'expansion indo-européenne se serait faite à partir d'environ 4 000 ans av. J.C. selon un mode guerrier, par soumission de populations d'agriculteurs préexistantes, vers l’ouest pour les Européens actuels, vers le sud pour les anciens Anatoliens et vers l’est pour une partie des Indiens actuels, pour les Iraniens actuels, et pour le peuple disparu des Tokhariens.

L'hypothèse anatolienne[modifier | modifier le code]

Cette hypothèse développée par Colin Renfrew localiserait le foyer originel des Indo-Européens en Anatolie (actuelle Turquie), dans la zone où le blé pousse toujours à l'état sauvage. Les proto-indoeuropéens auraient été à l'origine de la domestication du blé. De ce berceau, l'expansion indo-européenne se serait faite à partir d'environ 8 000 av. J.-C. de manière beaucoup plus pacifique, soutenue par l'explosion démographique que permet l'agriculture, qui aurait submergé les populations environnantes de chasseurs-cueilleurs mésolithiques peut-être cinquante fois moins nombreux, à raison d'une trentaine de kilomètres par génération.

Les premiers à quitter le berceau auraient pris la direction du Caucase (Arméniens) et de l'Asie centrale (Tokhariens), puis une seconde vague aurait traversé la mer Égée pour se répandre en Europe (Grecs, Thraces Illyriens, Italiques, Celtes, Germains, Slaves), avant qu'une fraction installée dans la steppe pontique ne prenne le chemin de l'Iran et de l'Inde, donnant naissance aux peuples scythe, sarmate, perse, mède, et tous les peuples de l'Inde du nord parlant des langues cousines ou nièces du sanskrit.

L'hypothèse balkanique[modifier | modifier le code]

Récemment, Renfrew s'est rallié à la proposition d'Igor Diakonov qui suggère le sud-est de l'Europe comme berceau des Indo-Européens. La région balkano-danubienne a en effet l'avantage d'être le centre des différentes voies d'une immigration progressive des Proto-Indo-Européens. Kaveli Wiik est aussi un des tenants de cette théorie[1]. Les premières manifestations de l'Aurignacien et du Gravettien proviennent d'ailleurs de cette région avec les sites de Bacho Kiro et de Kozarnika respectivement, qui semble également le berceau de l'haplogroupe I du chromosome Y.

L'idéologie indo-européenne[modifier | modifier le code]

Selon l'anthropologue Georges Dumézil, l'idéologie sociale de ces peuples était originellement structurée autour de trois fonctions :

  1. la fonction sacrée qui regroupe ceux qui prient, qui détiennent la connaissance (les prêtres, le clergé) ;
  2. la fonction militaire qui regroupe ceux qui combattent, qui dominent militairement (les guerriers, la noblesse) ;
  3. la fonction productive qui regroupe ceux qui travaillent, qui produisent les richesses (agriculteurs, artisans, commerçants, etc.).

Les religions des peuples descendants des Indo-Européens sont également structurées autour de ces trois fonctions.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Harald Haarmann, Die Indoeuropäer. Herkunft, Sprachen, Kulturen., Munich, C. H. Beck oHG,‎ 2010 (ISBN 9783406606823)
  • Iaroslav Lebedynsky, Les Indo-Européens : Faits, débats, solutions, Paris, Errance,‎ 2009 (ISBN 978-2877723961)
  • (en) David Anthony, The horse, the wheel, and language, Gollancz,‎ 2008 (ISBN 0691058873)
  • (en) Russell D. Gray et Quentin D. Atkinson, « Language-tree divergence times support the Anatolian theory of Indo-European origin », Nature, no 426,‎ 27 novembre 2003, p. 435-439
  • James Patrick Mallory, À la recherche des indo-européens, Paris, Seuil,‎ 1998 (ISBN 2020143909)
  • Merritt Ruhlen (trad. Pierre Bancel, préf. André Langaney), L'origine des langues : sur les traces de la langue mère [« The Origin of language: tracing the evolution of the mother tongue »], Paris, Belin, coll. « Débats »,‎ 1996 (ISBN 9782701117577)
  • Bernard Sergent, Les Indo-Européens - Histoire, langues, mythes, Paris, Payot,‎ 1995 (ISBN 2228889563)
  • Colin Renfrew (trad. Michèle Miech-Chatenay), L'énigme indo-européenne : Archéologie et langage [« Archaeology and Language: The Puzzle of the Indo-European Origins »], Paris, Flammarion, coll. « Champs »,‎ 1990 (1re éd. 1987) (ISBN 9782082111850)
  • André Martinet, Des steppes aux océans : l'indo-européen et les indo-européens, Paris, Payot,‎ 1986
  • (en) Edgar C. Polomé (éd.), The Indo-Europeans in the Fourth and Third Millenia, Ann Arbor, Karoma,‎ 1982, X-186 p.
  • Jean Haudry, Les Indo-Européens, PUF, coll. « Que sais-je ? »,‎ 1992 (1re éd. 1981) (ISBN 213037090X)
  • Émile Benveniste, Le vocabulaire des institutions indo-européennes, Paris, Les Éditions de Minuit,‎ 1969 (ISBN 978-2707300508 et 978-2707300669)
  • Georges Dumézil, Mythe et Épopée I. II. III., Paris, Gallimard,‎ 1995 (1re éd. 1968, 1971, 1973) (ISBN 978-2070736560)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]