São Miguel (île)

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São Miguel
Ilha de São Miguel (pt)
Position de l'île dans l'archipel des Açores.
Position de l'île dans l'archipel des Açores.
Géographie
Pays Drapeau du Portugal Portugal
Archipel Açores
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 37° 46′ 17″ N 25° 27′ 43″ O / 37.771389, -25.461944 ()37° 46′ 17″ N 25° 27′ 43″ O / 37.771389, -25.461944 ()  
Superficie 746,8 km2
Point culminant Pico da Vara (1 105 m)
Géologie Île volcanique
Administration
Région autonome Açores
Sous-région Açores
Municipalité Lagoa
Nordeste
Ponta Delgada
Povoação
Ribeira Grande
Vila Franca do Campo
Démographie
Population 137 699 hab. (2011)
Densité 184,39 hab./km2
Plus grande ville Ponta Delgada
Autres informations
Découverte XVe siècle
Fuseau horaire UTC-1

Géolocalisation sur la carte : Açores

(Voir situation sur carte : Açores)
São Miguel
São Miguel
Îles du Portugal

São Miguel (en portugais : Ilha de São Miguel) est la plus grande île de l'archipel portugais des Açores (746,8 km², 65 km de long sur 8 à 15 km de large) et la plus peuplée (137 699 habitants recensés en 2011, en augmentation de 4,6 % par rapport à 2001[1]).

Géographie[modifier | modifier le code]

Lacs de Sete Cidades.

Géographiquement l'île est composée d'un massif ancien à l'extrême est (le Complexe de Povoação - Nordeste), et de 3 stratovolcans à caldeira : Sete Cidades à l'ouest, Fogo ou Agua de Pau et Furnas. Ces massifs volcaniques sont reliés entre eux par des alignements récents de cônes de scories (Région des Pics).

Le stratovolcan de Sete Cidades est surtout connu par sa large caldeira de 5 km de diamètre et de 350 m de profondeur moyenne. Elle abrite deux lacs (Lagoa Verde au sud et Lagoa Azul au nord) ainsi que de nombreux volcans de nature trachytique. D'après les dernières théories, cette caldeira se serait formée en trois phases, suite à trois grandes éruptions paroxystiques datées respectivement d'environ 36 000 ans, 29 000 ans et 16 000 ans. Ce volcan est l'un de plus actifs des Açores puisque depuis 5 000 ans il a connu 17 éruptions très explosives intra caldeira, 4 éruptions stromboliennes sur ses flancs et 3 éruptions de type surtseyen à faible distance des côtes lors de la période historique.

Le stratovolcan de l'Agua de Pau occupe le centre de l'île et son sommet est découpé par une caldeira d'environ 3 km de diamètre. Ses flancs, surtout au nord, sont recouverts d'une multitude de volcans monogéniques : dômes trachytiques et cônes de scories. L'émersion du Fogo date d'environ 200 000 ans et vers 100 000 ans l'édifice central semble avoir déjà acquis sa morphologie actuelle. Depuis 35 000 ans, ce volcan a été le siège de plusieurs éruptions de style plinien qui ont contribué à façonner la caldeira actuelle. Au cours de 5000 dernières années, 7 éruptions très explosives se sont produites dans la zone sommitale, dont la très célèbre éruption dite du Fogo A datée de 4 640 B.P. et l'éruption historique de 1563. Au cours de la même période, 4 éruptions volcaniques stromboliennes se sont produites sur la périphérie du massif, parmi lesquelles figure l'éruption historique du Pico do Sapateiro, aujourd'hui connu sous le nom de Pico Queimado en 1563.

Furnas est également un stratovolcan mais à l'inverse des deux précédents, il est formé de deux caldeiras emboîtées : la plus vaste est datée d'environ 30 000 ans, la seconde d'environ 12 000 ans. C'est un volcan très actif qui a connu depuis 5 000 ans 10 éruptions de nature subplinienne au caractère phréato-magmatique marqué, dont deux sont historiques. La première s'achevait lorsque les premiers colons s'installaient sur l'île de São Miguel vers 1440 ; la seconde eu lieu en 1630 et provoqua la mort d'environ 200 personnes. Ce volcan a été particulièrement bien étudié dans les années 1990-2000 compte tenu des nombreux risques géologiques qu'il représente.

La Région des Pics, située entre le massif de Sete Cidades et le massif du Fogo se compose de 270 volcans monogéniques. Ce sont essentiellement des cônes de scories basaltiques qui se sont formés au cours d'éruptions de style strombolien ou hawaiien. C'est vraisemblablement la région la plus récente de São Miguel. Les volcans les plus jeunes de cet ensemble sont relativement bien datés : leur chronologie permet de dénombrer 19 éruptions survenues au cours des 3000 dernières années, dont une seule est historique. Il s'agit de l'éruption dite du Fogo 2 survenue en 1652.

Municipalités[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Découverte et peuplement[modifier | modifier le code]

Probablement découverte entre 1426 et 1439, l'île était déjà signalée sur des cartes de navigation du milieu du XIVe siècle siècle sous le nom d'« Île Verte »[2]. Sa découverte est relatée de la manière suivante :

« L'Infant Don Henri, désireux de savoir s'il se trouvait des îles ou de la terre ferme dans les parties éloignées de l'Océan Occidental, envoya des navigateurs. (...) Ils partirent et virent des terres à quelque trois cents lieues à l'ouest du Cap Finisterre et se rendirent compte qu'il s'agissait d'îles. Ils accostèrent sur la première, la trouvèrent inhabitée et, la parcourant, y virent de nombreux autours — en portugais : açores — et autres oiseaux ; ils poursuivirent vers la deuxième, que l'on appelle maintenant S. Miguel, où ils trouvèrent aussi des oiseaux et des autours et en plus de nombreuses sources chaudes naturelles. »[3]

Elle constituait une capitainerie unique avec l'île de Santa Maria et son premier capitaine donataire fut Gonçalo Velho Cabral. Son peuplement commença en 1444, le 29 septembre, fête de Saint Michel Archange, alors patron du Portugal, qui faisait l'objet d'une dévotion particulière de l'infant Don Pedro, Régent du Royaume, et donna son nom à l'île.

Les premiers colons débarquèrent entre « deux ruisseaux aux eaux fraîches et claires ayant entaillé les roches et les hauts plateaux couverts d'une épaisse forêt de cèdres, de lauriers, de cerisiers et de hêtres d'une hauteur respectable ». Ils apportaient avec eux du bétail, des oiseaux et des semences de blé et de légumes et bien d'autres choses nécessaires. Ils fondèrent le premier village de l'île, qu'on appela plus tard Povoação Velha (Vieux Peuplement) de S. Miguel et où l'on érigea la première église, dédiée à sainte Barbe, à l'endroit où fut dite la première messe sèche. Ultérieurement, parcourant la côte vers l'ouest, ils trouvèrent une plaine au bord de la mer, qui sembla leur convenir et où ils décidèrent de s'installer. Ce village prit le nom « do Campo » et se vit bientôt attribuer le statut de "ville franche" (exempte de tributs, à l'exception de ceux dus à la Couronne du Portugal), ce qui attira de nouveaux colons.

Parmi ces premiers colons, on trouve les noms de Jorge Velho[4], Gonçalo Vaz Botelho, le Grand[5], Afonso Anes[6], Gonçalo de Teves Paim[7] et son frère Pedro Cordeiro[8].

Afin d'attirer plus de colons pour peupler cette île, aux dimensions plus grandes et aux caractéristiques géologiques plus propices que Santa Maria, il fut nécessaire d'en mieux promouvoir le peuplement, ce qui est retenu dans une charte royale du 20 avril 1447, par laquelle les habitants de cette île étaient exemptés de la dîme sur tous les produits en provenant[9].

De nouveaux colons arrivèrent donc, provenant principalement d'Estrémadure, du Haut Alentejo, de l'Algarve et de Madère. Plus tard, quelques étrangers vinrent s'installer, notamment des Français[10], ainsi que des minorités culturelles telles que des Juifs et des Maures.

La situation géographique et la fertilité des sols permirent un développement économique rapide, basé sur le secteur primaire, qui était surtout orienté sur l'approvisionnement des garnisons militaires portugaises en Afrique du Nord, et sur la production de sucre et d'orseille, un colorant exporté en Flandre. Le neveu de Gonçalo Velho Cabral, João Soares de Albergaria, lui succéda dans ses fonctions. À l'époque d'Albergaria, avant 1472, la charte de cité fut accordée aux localités de Vila do Porto et de Vila Franca do Campo, les plus anciennes des Açores.

Son épouse étant malade, Albergaria alla s'installer avec elle à Madère, à la recherche d'un climat plus favorable. Ils y furent accueillis par la famille du capitaine de Funchal, João Gonçalves Zarco. C'est alors que fut décidée la vente de la capitainerie de São Miguel, pour 2 000 cruzados en espèces et 4 000 arrobes de sucre. Ce contrat reçut l'assentiment de l'Infante Beatriz, tutrice du donataire Diogo, duc de Viseu, aux termes de la charte du 10 mars 1474[11], ratifiée par le souverain.

C'est ainsi que furent définitivement séparées les capitaineries de São Miguel et de Santa Maria.

Vila Franca do Campo, le plus important port commercial de l'île, considérée comme sa première capitale, où se trouvait la douane jusqu'en 1528, a été entièrement détruite par le grand tremblement de terre du 22 octobre 1522, qui aurait coûté la vie à 4 000 personnes. Après cette tragédie, les survivants allèrent s'installer à Ponta Delgada et réussirent à obtenir du souverain les mêmes privilèges que ceux qui étaient accordés à la ville de Porto et dont jouissaient déjà les habitants de Vila Franca do Campo. C'est ainsi que Ponta Delgada connut un développement tel qu'elle fut élevée au rang de ville par charte royale en 1546 et devint la capitale de l'île.

Lors de la crise de succession de 1580, des combats eurent lieu ici entre les partisans d'Antoine Ier de Portugal et de Philippe II d'Espagne, culminant le 26 juillet 1582 dans la bataille navale de Vila Franca, le long du littoral sud de l'île, remportée par les seconds. Après la bataille, Álvaro de Bazán, marquis de Santa Cruz de Mudela, débarqua à Vila Franca do Campo, où il établit son quartier général et fit pendre près de 800 prisonniers français et portugais ; ce fut le plus cruel des massacres que n'aient jamais connus les Açores.

Pour son appui apporté à la cause de Philippe II, la famille Gonçalves da Câmara reçut en la personne de Rui Gonçalves da Câmara, capitaine du donataire, le titre de comte de Vila Franca par édit du 17 juin 1583.


Économie[modifier | modifier le code]

  • Culture des ananas autour de Vila Franca do Campo
  • Plantations de thé de Chá Gorreana, dont la culture a été introduite en 1878 par deux Chinois originaires de Macao
  • Plantations de thé de Chá Porto Formoso
  • Viande, lait et fromages de vache

Tourisme[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Évènements[modifier | modifier le code]

Chaque année, lors du carême — depuis 1522, année où un tremblement de terre violent détruisit Vila Franca, alors la capitale de l'île — les pèlerins, appelés romeiros, parcourent l'île de bout en bout, en scandant inlassablement l'Ave Maria. Cette procession dure plusieurs jours et plusieurs centaines de personnes la suivent, munis de bâtons et couverts de xaile (grands châles).

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (pt) « Censos 2011 » (consulté en juillet 2014)
  2. Gaspar Frutuoso la décrira plus tard, dans Saudades da Terra (1586-1590), comme « couverte de forêts »
  3. (pt) Diogo Gomes, Relações do Descobrimento da Guiné e das ilhas dos Açores, Madeira e Cabo Verde,‎ vers 1500
  4. Neveu du roi de Fez et filleul de Gonçalo Velho Cabral. C'était le chef des cavaliers morisques, fidalgos d'Afrique et de la Maison de l'Infant. Son épouse, África Anes, était la fille de Gonçalo Anes de Salamanca ; elle lui donna un fils, Jorge, mais fut veuve très tôt.
  5. Fondateur de Povoação et Vila Franca do Campo.
  6. Descendant d'Anes da Costa da Raposeira, dans l'Algarve. Son épouse, de nom Carneiro, était de Porto.
  7. Français, de Paris, il était administrateur des domaines royaux et était habilité à distribuer des terres.
  8. Secrétaire de l'administrateur des domaines royaux et notaire de Vila Franca do Campo (la première capitale) et de toute l'île.
  9. ANTT, Livro das Ilhas, f. 26 verso; e Livro 2º dos Mistícios, f. 196 verso, in Arquivos dos Açores, vol. I, p. 6-7.
  10. L'importance de ceux-ci dans le peuplement de l'île se reflète jusqu'à nos jours dans le parler caractéristique de ses habitants.
  11. Carta de D. Afonso V, a 20 de Maio de 1474. apud: MONTEREY, 1981:141-142).


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