Galice

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Galice
Galicia, Galiza
Blason de Galice
Héraldique
Drapeau de Galice
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Capitale Saint-Jacques-de-Compostelle
Statut d'autonomie 28 avril 1981
Sièges au Parlement 24 députés
19 sénateurs
Président Alberto Núñez Feijóo (PP)
ISO 3166-2:ES ES-GA
Démographie
Gentilé Galicien, Galicienne (en français)
galego, galega (en galicien)
gallego, gallega (en castillan)
Population 2 765 940 hab. (2013)
Densité 94 hab./km2
Rang 5e rang (6,28 %)
Géographie
Coordonnées 42° 45′ N 7° 53′ O / 42.75, -7.883333333333342° 45′ Nord 7° 53′ Ouest / 42.75, -7.8833333333333  
Superficie 2 957 440 ha = 29 574,4 km2
Rang 7e rang (5,8 %)
Localisation
Localisation de Galice
Liens
Site web xunta.es

La Galice (Galicia, Galiza ou Galiça en galicien, Galicia en castillan) est une communauté autonome avec un statut de nation historique (nacionalidade histórica en galicien), située à l'extrémité nord-ouest de l'Espagne. Elle est entourée par la principauté des Asturies, la Castille-et-León, le Portugal, l'océan Atlantique et la mer Cantabrique. Elle recouvre une superficie de 29 574 km2 et sa population est estimée à 2 765 940 habitants en 2013[1].

La Galice se compose de quatre provinces : La Corogne, Lugo, Ourense et Pontevedra.

Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago de Compostela), située dans la Province de La Corogne, est la capitale politique de la communauté autonome, sans être celle de la province, qu'est La Corogne, la ville la plus importante de la région.

Les deux langues officielles sont le castillan et le galicien.

Étymologie[modifier | modifier le code]

La majorité des auteurs semblent s’accorder pour voir dans le nom du peuple éponyme Callaeci / Gallaeci, d’où est issu le nom du pays Callaecia > Gallaecia > Galicia, un nom pré-indo-européen. Le nom des Callaici / Callaeci, en grec Kallaikoi (Appien, Histoire romaine - Tome II, Livre VI L'Ibérique, 70 et Strabon, Géographie, III, 3, 2).

Il s’analyse d’ordinaire en un radical call(a)- + un suffixe -aici + la désinence -us ou kall(a)- + -aiko-, avec suffixe *-aiko-. Ce suffixe indigène du nord-ouest hispanique avait pour fonction de transformer des noms de lieux (propres ou communs) en formes adjectivales, c’est-à-dire qu’il avait grosso modo la même valeur que le suffixe latin -ensi-. Le nom de peuple Kallaikoi serait un dérivé du terme pré-indo-européen *kalla-, sa signification, note Hector Iglesias, serait alors celle de « montagnard, habitant des hauteurs, des montagnes ». Cette étymologie semble confortée par les propres dires de Strabon (Géographie, III, 3, 2), lorsqu’il mentionne les Callaïques, qui occupent une grande partie de la région montagneuse[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le royaume suève
Dynastie suève (Ve-VIesiècles)
vert pré : limites de la province romaine
rose : région ayant changé d'autorité
vert : limites du royaume des Suèves
Rose des vents représentant les différents peuples celtes, au pied de la tour d'Hercules (La Corogne).
Un castro, village en pierre sèche de la préhistoire galicienne (Castro de Baroña).
La Torre de Hércules (la tour d'Hercules), dernier phare romain en fonctionnement (La Corogne).

La Galice doit donc son nom aux Gallaeci, nom donné par les auteurs anciens aux peuples de cette région (en fait d'une zone allant jusqu'au fleuve Douro). La Gallaecia devient une province romaine dotée d'une certaine autonomie avec ses propres capitales (Braga, Lugo et Astorga).

La conquête romaine (137-22 avant Jésus-Christ), motivée par la richesse en minerais, a créé, au fil des siècles, une culture où les éléments indigènes se sont manifestés avec une force croissante. Les voies romaines, les ponts (Bibei, Ourense), les murailles (Lugo) et les exploitations agricoles autour des villae changent peu à peu l'image du pays.

L'influence la plus durable laissée par les Romains demeure la langue galicienne qui se développe à partir du latin vulgaire parlé dans cette région.

Article détaillé : Histoire de la Galice.

Les royaumes suève et wisigoth[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume suève.

Au cours des dernières décennies de l'empire romain d'Occident, au début des grandes invasions germaniques, les Suèves, un peuple établi entre le Rhin et le Danube, arrivent dans la péninsule ibérique en 409 avec d'autres tribus germaniques. Le royaume suève dure presque deux siècles (409-585) avant d'être intégré au royaume wisigoth.

Le christianisme change progressivement la religiosité populaire, même si celle-ci subsiste à travers des mythes, des rites et des symbolismes particulièrement riches. Au IVe siècle, les premiers sièges épiscopaux font leur apparition, les doctrines priscillianistes ayant un singulier succès dans le monde rural. Priscillien finit par être exécuté, accusé de magie et d'orgies sexuelles, mais il fut considéré dans la Gallaecia comme un martyr, à un tel point que les évêques galiciens, au cours du synode de Tolède de 396, refusèrent de considérer les priscillianistes comme des martyrs.

En 425-426, les Vandales, un autre peuple germanique, refoulent les Suèves et s'établissent également en Galice. Après une époque initiale de conflits, Galiciens, Suèves et Vandales s'allient et fondent un royaume qui dure un siècle et demi. Puis, le roi wisigoth Léovigild annexe, en 585, le royaume suève de Galice, qui devint alors une unité administrative du royaume wisigoth. Au cours des quelques siècles qui suivirent, les divers peuples composant la Galice, c'est-à-dire les Galéïco-Romains, les Suèves, les Vandales, et les Wisigoths, s'intégrèrent socialement et linguistiquement, puis fortifièrent leur royaume. Ce fut une époque d'âge d'or pour la Galice qui s'étendit sur presque toute la côte ouest de la péninsule (le Nord du Portugal actuel). En 711, les Arabes mirent fin à la domination wisigothe sur l'ensemble de la péninsule Ibérique, mais l'influence arabe demeura toujours faible en Galice.

Le royaume de Galice[modifier | modifier le code]

Le royaume de Galice a été une entité politique (Ve siècle – 1833) du Sud-Ouest de l'Europe et du Nord-Ouest de la péninsule Ibérique. Héritier du royaume suève, lui-même né de l'ancienne province romaine Gallaecia, le royaume de Galice est considéré comme le noyau d'origine des royaumes chrétiens nés dans le Nord de la péninsule Ibérique au fur et à mesure de la Reconquista. Jusqu'au XIIIe siècle, le royaume est au centre du pouvoir des royaumes chrétiens, seul pour commencer puis au sein de l'ensemble formé par la Galice et le royaume de León.

Au XIIe siècle, la Galice connaît un premier affaiblissement avec la sécession du Sud du royaume qui devient le royaume de Portugal. La montée en puissance du royaume de Castille, à l'origine simple comté du royaume, qui va de pair avec ses conquêtes territoriales sur Al Andalus, dilue progressivement la Galice au sein de la Couronne.

L'arrivée des Rois catholiques sur le trône sonne le glas de l'indépendance politique et administrative du royaume, qui continue néanmoins d'exister jusqu'à sa disparition en 1833, sous la régence de Marie-Christine de Bourbon.

Article détaillé : Royaume de Galice.

Géographie[modifier | modifier le code]

Costa da Morte
Massif d'Ancares

Données générales[modifier | modifier le code]

La Galice couvre une superficie de 29 574 km2 et possède 1 300 km de côtes. À l'époque romaine la Galice disposait d'importantes ressources minières : de l'or, de l'argent et de l'étain.

La Galice est une zone géographique limitée au nord et à l'ouest par l'océan Atlantique, à l'est par la fin de la chaîne montagneuse de la côte cantabrique (Os Ancares), et au sud-ouest par le fleuve Miño, dont la fin du parcours marque la frontière avec le Portugal. C'est une région verte, au climat océanique, balayée par les vents, rappelant le Nord-Ouest de l'Europe.

C'est la dislocation de son socle ancien, lors de la formation de la chaîne pyrénéo-cantabrique au tertiaire qui lui a donné son aspect physique actuel. Dans l'Est, à la frontière des Asturies et du León, de hauts massifs culminent à la Peña Trevinca (2 124 mètres). Dans le Nord et dans l'Ouest, les plateaux s'étagent entre 200 et 600 mètres d'altitude et contrastent dans le Sud avec la vallée encaissée du Miño et les gorges du Sil. Le soulèvement du socle granitique et schisteux a par ailleurs entraîné la formation de paysages littoraux caractéristiques : les rias, Rías Baixas dans le Sud-Ouest et les Rías Altas dans le Nord, sortes d'abers qui dentellent les côtes, et des falaises impressionnantes, telles celles du cap Ortegal.

La nation galicienne est divisée en quatre provinces, cinquante-trois comarques, trois cent seize concellos (communes), 3 847 paroisses et 31 855 lieux-dits, lugares en galicien, (la moitié de toute l'Espagne qui en compte 63 613) ou aldeas (hameaux). Mais la paroisse est pour le galicien, la référence absolue ; Il est commun, si vous demandez à un Galicien d'où il vient, qu'il vous réponde par le nom de sa paroisse.[réf. nécessaire]

L'origine de ces paroisses est due aux Suèves, peuple germanique qui fonda un des premiers royaumes chrétiens d'Europe vers 410. Un document de l'an 569 atteste de cette organisation administrative, le Parochiale Suevorum.

Villes de Galice[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il est différent du nom castillan, le nom galicien est la forme officielle des toponymes de Galice (cf. ISO 3166).

Nosa Señora da Barca

La Galice se caractérise, à la différence d'autres régions espagnoles, par l'absence d'une métropole dominant le territoire. En effet, le maillage urbain est constitué de 7 villes principales et d'autres petites villes dont les municipalités ont le nombre d'habitants suivants :

7 Villes principales de Galice[modifier | modifier le code]

  • La Corogne (245 923 habitants, chef-lieu de province et ville ayant plus d'habitants au centre-ville)
  • Ferrol (71 232 habitants, ville navale de la province de La Corogne)
  • Saint-Jacques-de-Compostelle (95 671 habitants, capitale politique, appartenant à la province de La Corogne)
  • Lugo (98 761 habitants, chef-lieu de province)
  • Ourense (107 542 habitants, chef-lieu de province)
  • Pontevedra (82 934 habitants, chef-lieu de province)
  • Vigo (296 479 habitants, ville industrielle de la province de Pontevedra)


Petites villes de Galice[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

O Pazo de Raxoi, siège de la Xunta de Galicia.
Alberto Núñez Feijóo, president de la Xunta da Galicia.

En tant que communauté autonome du Royaume d'Espagne, la Galice exerce les compétences et les pouvoirs qui lui sont dévolus par son statut d'autonomie dans le cadre de la constitution de l'État espagnol.

Le pouvoir exécutif est exercé par la Xunta de Galicia (« Conseil de Galice ») à la tête de laquelle se trouve le président de la Galice.

Le parlement de Galice, où siègent 75 députés, exerce le pouvoir législatif. Tous les quatre ans, des élections sont organisées pour renouveler ce parlement.

Les élections du 1er mars 2009 et ont permis le retour au pouvoir du Parti populaire après quatre années de gouvernement de coalition entre le Partido dos Socialistas de Galicia-PSOE et le Bloc nationaliste galicien. Le socialiste Emilio Pérez Touriño, président de la Xunta depuis juillet 2005, dut alors céder sa place à Alberto Núñez Feijóo.

Auparavant, Manuel Fraga Iribarne, grande figure de la droite espagnole, ancien ministre de Franco et rédacteur de la Constitution de 1978, dirigea le gouvernement de la communauté autonome de Galice de 1990 à juillet 2005.

Économie[modifier | modifier le code]

La pêche, l'élevage, l'exploitation forestière, la construction automobile et le textile sont les secteurs les plus dynamiques de l'économie galicienne. Quelques entreprises et secteurs remarquables :

Inditex (Inditex, Industrias de Diseño Textil, S.A., ou Textil Design Industries, Inc.) est le premier groupe de confection textile mondial juste devant l'américain GAP. Le groupe comprend plus d'une centaine d'entreprises ainsi que plus de 4200 boutiques réparties dans 73 pays. Son siège social est situé à Arteixo (La Corogne). C'est là que la plupart des confections des marques appartenant à Inditex sont fabriquées (Zara, Pull and Bear, Massimo Dutti, Bershka, Stradivarius, Oysho, Zara Home, Uterqüe).

Avec un nombre remarquable de centrales de production électrique au charbon, hydroélectriques et éoliennes, la génération électrique nette de la Galice en 2005 était de 25,097 GWh, ce qui représente 9,33 % de la production totale de l'Espagne.

Avec l'usine PSA Peugeot-Citroën de VIGO implantée en Galice depuis les années 1960 de nombreux fournisseurs se sont installés dans la région. La Galice est donc devenue une des grandes régions de production automobile européenne. On peut noter qu'une majorité de la production de cette usine est exportée par voie maritime depuis le port de Bouzas. L'industrie a donc su profiter de la tradition maritime galicienne.

Climat et environnement[modifier | modifier le code]

Malgré sa superficie limitée, la Galice compte trois zones climatiques relativement tranchées.

  • Dans les rías altas, les températures sont agréables (moyenne de 14 °C), sans grandes variations entre minima et maxima saisonniers ; on y compte cent cinquante jours de pluie (moyenne annuelle de 1 000 millimètres à La Corogne), mais plus de deux mille heures de soleil par an.
  • Protégées du vent du nord, les rias baixas bénéficient d'un climat encore plus doux, mais les vents du sud-ouest y provoquent d'importantes précipitations tout au long de l'année (1 500 millimètres en moyenne), moins importantes cependant que celles enregistrées à Saint-Jacques-de-Compostelle (1 973 millimètres).
  • Le climat de l'intérieur se caractérise par de forts contrastes de température (4,9 °C à Manzaneda durant les mois les plus froids, mais 31,8 °C de moyenne à A Rúa durant les mois les plus chauds) ; des précipitations beaucoup plus faibles (359 millimètres à Manzaneda) et des gelées hivernales marquées à Lugo et à Ourense.

Le 13 novembre 2002, le Prestige a fait naufrage à 270 km des côtes ; le fioul a atteint les plages galiciennes.

Durant l'été 2006, 175 486 hectares de végétation ont été détruits par des feux de forêt en Galice.

Langue et culture[modifier | modifier le code]

Le pèlerinage de Compostelle[modifier | modifier le code]

Saint Jacques

Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle ou pèlerinage de Compostelle est un pèlerinage catholique, dont le but est d'atteindre le tombeau légendaire de l'apôtre saint Jacques le Majeur, situé dans la crypte de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice.

Mis en place après la découverte du supposé tombeau de saint Jacques au début du IXe siècle, le pèlerinage de Compostelle devient à partir du XIe siècle un grand pèlerinage de la Chrétienté médiévale. Mais c'est seulement après la prise de Grenade en 1492, sous le règne de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle la Catholique, que le pape Alexandre VI déclare officiellement Saint-Jacques-de-Compostelle lieu d'un des « trois grands pèlerinages de la Chrétienté », avec ceux de Jérusalem et de Rome.

Récemment, l'interprétation du sanctuaire catholique subi une évolution doctrinale : le mot « tombeau » a disparu des discours des deux derniers papes. Jean-Paul II parlant du « mémorial de saint Jacques », sans utiliser le mot « reliques » et Benoît XVI disant simplement que la cathédrale de Compostelle « est liée à la mémoire de saint Jacques ».

Le galicien, une langue et une culture[modifier | modifier le code]

Sur le plan linguistique, les Galiciens consolidèrent leur langue, le galicien (galego), qui se développa non seulement en Galice du Nord (l'actuelle Communauté autonome de Galice), mais aussi dans toute la Galice du Sud (le Nord du Portugal d'aujourd'hui). Durant tout le Moyen Âge, on parlait la même langue en Galice du Nord et en Galice du Sud. Le fleuve Miño, qui sépare la Galice du Nord et la Galice du Sud (Nord du Portugal), était au centre de l'aire de la langue commune galeïco-portugaise.

Langue romane, le galicien a avec le portugais un tronc commun, le galaïco-portugais issu du latin, au cours du Moyen Âge. Ce fait a motivé la création d'une riche littérature médiévale et a donné naissance aux deux langues actuelles : le galicien et le portugais d'une assez forte ressemblance.

Un mouvement linguistique (le réintégrationnisme) soutient que le galicien et le portugais ne sont que deux variétés de la même langue galego-luso-brasileiro, et que l'actuelle séparation entre le portugais officiel et le galicien officiel n'est due qu'à la castillanisation normative du galicien (seule variété galaico-portugués s'écrivant avec une orthographe semblable à celle du castillan).

Le plus ancien document connu écrit en galicien a été récemment trouvé. Il date de l'année 1228, et s'appelle le Foro do bo burgo do Castro Caldelas. Il a été accordé par Alphonse IX, roi de León, en avril de cette année à la ville d'Ourense, d'Allariz.

Après la décadence culturelle de l'époque moderne, le galicien et sa littérature ont ressurgi avec la renaissance du XIXe siècle, appelé le siècle du Rexurdimento et avec la période Nos (« Nous ») du premier tiers du XIXe siècle. Malgré l'interruption du processus, à cause de la guerre d'Espagne et de la dictature franquiste, la culture galicienne s'est à nouveau imposée progressivement depuis les années cinquante jusqu'à nos jours. Avec l'arrivée de l'autonomie en 1981, le galicien est devenu langue officielle avec le castillan en Galice.

Le galicien est enseigné à l'école primaire, et il est langue véhiculaire importante dans l'enseignement secondaire et dans les trois universités du territoire galicien : celle de Saint-Jacques-de-Compostelle (avec son campus de Lugo), celle de La Corogne (avec son campus à Ferrol) et celle de Vigo (avec deux campus, à Ourense et à Pontevedra).

La séparation du galicien et du portugais[modifier | modifier le code]

Soumise par les rois des Asturies au VIIIe siècle, la Galice fut réunie au royaume de León et de Castille en 1071. En 1230, sous le règne de Ferdinand III de Castille, le royaume de Galice s'intégra définitivement à la monarchie castillane de Léon et de Castille. Auparavant, une partie de la Galice du Sud (le Nord du Portugal actuel) était devenue indépendante, puis le royaume du Portugal se constitua définitivement en 1139.

Dès lors, la frontière politique qui se fixa définitivement entre le Portugal et la Galice produisit peu à peu ses effets sur la langue commune galaïco-portugaise. Cette langue, pourtant née en Galice du Nord, qui s'était implantée au sud lors de la Reconquête contre les Arabes, fut coupée de ses racines galiciennes et subit des influences différentes. Ainsi, alors que le galicien du Nord commençait à être intégré à la couronne de Castille et empruntait massivement au castillan, le galicien du Sud subit l'influence arabe, puis, plus tard, soumis à la dynastie de Bourgogne et à l'influence des moines de Cluny (célèbre abbaye de Bourgogne), il emprunta une partie de son vocabulaire au français. À partir de 1500, le terme portugais remplaça définitivement celui de galego pour désigner la langue parlée par les Portugais, ce qui scella la fragmentation du galego en deux langues.

Déclin et renouveau du galicien[modifier | modifier le code]

Durant tout le XVIe siècle, une dernière période de prospérité économique en Galice entraîna une explosion démographique et un développement artistique et linguistique qui atteindra son point culminant à l'époque baroque. Cependant, l'absolutisme royal, la religion catholique et la culture castillane officielle, les trois forces majeures qui devaient unir l'Espagne, firent en sorte que le galicien, exclu de tout usage officiel, fût considéré comme une langue pouvant seulement être utilisée dans les communications orales informelles. Il s'ensuivit une longue période sombre appelée les Séculos Escuros (les Siècles sombres), qui ne se terminera qu'avec l'avènement de la démocratie en 1975. La Galice poursuivit son déclin au XIXe siècle et demeura coupée du reste de l'Espagne. Pour diverses raisons, la modernisation rurale n'a pas été possible en Galice, qui sortit du XIXe siècle avec une économie sous-développée et exclusivement agricole, ce qui entraîna une émigration massive vers l'Espagne d'abord, puis à l'extérieur du pays. Entre 1860 et 1936, la plupart des Galiciens émigrants sont partis pour Cuba, l'Argentine, le Brésil et le Venezuela. La Galice prit alors un retard considérable sur le reste de l'Espagne et la langue galicienne resta confinée aux communications orales et perdit tout prestige social.

Sous le régime autoritaire de Francisco Franco (1936-1975), pourtant né en Galice au Ferrol, l'usage du galicien était interdit à l'école.

Dans les années cinquante, l'émigration galicienne s'est poursuivie vers l'Europe (Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique et Suisse) ainsi que dans les principaux centres industriels de l'Espagne (Catalogne, Communauté autonome du Pays basque et Communauté de Madrid).

Cette saignée de la population a commencé à ralentir au début des années 1970.

Puis, une fois passé le régime de la dictature franquiste (1975), la Galice a pu enfin bénéficier d'un statut d'autonomie où sa condition de nationalité historique a été proclamée en vertu des dispositions de la Constitution espagnole de 1978.

La Communauté autonome de Galice a alors été instituée et le galicien fut reconnu coofficiel avec le castillan.

L'utilisation de la langue par la population est en augmentation chez les jeunes depuis ces dernières années, grâce en partie à la politique linguistique dans l'enseignement. Dans les secteurs ruraux, le galicien s'est maintenu depuis toujours et est généralement préféré au castillan (espagnol). Le galicien est de plus en plus influent dans les centres urbains.

Malgré l'évolution historique en faveur du castillan, une récente étude sur les coutumes idiomatiques de la population galicienne montre que 80 % de cette population pratique toujours le galicien.

Bien que ce soit la langue proportionnellement la plus parlée, le galicien a joui traditionnellement de moins de prestige social que le castillan, et bénéficie d'une politique régionale en sa faveur moins forte que le catalan en Catalogne ou l'euskara au Pays basque. De ce fait, le galicien réussit moins bien à s'imposer comme langue normale dans les communications formelles, tant à l'oral qu'à l'écrit. Et pourtant le galicien reste très attaché dans les conversations amicales et dans le milieu intime familial. Dans la rue, les Galiciens s'adressent ou répondent toujours aux étrangers en castillan (sauf dans le cas des lusophones).

La chaîne de télévision et la radio de la Communauté autonome de Galice utilisent le galicien.

De nombreux Galiciens émigrèrent au Brésil en Argentine et à Cuba, à tel point que l'on surnomme aujourd'hui gallego (« galicien » en français) les personnes blondes et à la couleur claire au Brésil. Encore aujourd'hui, dans la plus grande partie de l'Amérique latine, tous les habitants venant d'Espagne ou vivant dans ces pays sont encore appelés Galiciens, quelles que soient leurs origines régionales.

La Galice possède le statut de communauté autonome depuis le 28 avril 1981.

La musique galicienne[modifier | modifier le code]

évocation de la musique en galice

La musique traditionnelle galicienne, notamment la gaita galega (cornemuse galicienne) est le symbole d'un renouveau de la culture galicienne. En particulier en musique, cherche, entre autres, à se renforcer la communauté de ce que l'on appelle aujourd'hui « les pays celtiques », bien que ces pays celtiques ne regroupent en fait que six « nations celtiques » : Irlande, Écosse, Pays de Galles, Île de Man, Cornouailles et Bretagne qui ont en commun une culture reliée à l'existence d'une langue celtique sur leur sol[3].

L'intime art roman galicien[modifier | modifier le code]

La Galice compte le plus grand nombre de bâtiments romans en Espagne, même si une telle richesse patrimoniale n'est pas notoire comme dans d'autres lieux de la péninsule. Seulement un certain retard dans le catalogue de ces monuments a empêché que cette région soit évaluée comme elle le mérite dans un contexte de l'art roman hispanique ; l'histoire et l'évolution de l'art galicien roman passe par une série de phases et vicissitudes trop complexes pour les détailler ici.

Tout au long du Moyen Âge s'est développée en Galice une période de construction où prédomina l'art roman, dans les grandes cathédrales comme celle de Saint-Jacques-de-Compostelle, aussi bien que dans les monastères, comme ceux de la Ribeira Sacra, caractérisé par l'importance des monuments, véritables plaques fortes de l'architecture médiévale. Mais l'art roman s'est aussi imposé dans des centaines de paroisses rurales, éparpillées un peu partout dans le territoire, plus particulièrement dans la centre de la Galice.

À la tête du roman galicien on trouve la cathédrale Saint Jacques-de-Compostelle, mais la Galice est riche en cathédrales médiévales, comme Lugo, Ourense, Tui et Mondoñedo. Les zones à l'intérieur, là où les quatre provinces sont presque unies dans un seul point, on retrouve l'une des plus grandes concentrations d'art roman de toute l'Espagne.

Tout le long aussi de la côte atlantique, depuis Pontevedra jusqu'à Lugo, en passant par La Corogne, l'art roman rural est présent, spécialement aussi sur les côtes de Pontevedra et du golfe Ártabro de La Corogne et jusqu'à d'autres zones plus éloignées de la côte ; dans toute la vallée verte ou montagneuse, on avait érigé des centaines de paroisses rurales. Quelques communes ont plusieurs églises romanes, des temples paroissiaux et des ermitages de la plus grande qualité artistique. Elles passent souvent inaperçues au regard d'un public non averti.

La force visuelle de ces bâtiments de granit, presque tous bien conservés sauf par l'action directe de l'homme, est une rendue consubstantielle au territoire galicien.

Une autre caractéristique de cet art galicien est sa conservation dans le temps et la persistance de l'architecture des formes romanes pendant les siècles du bas Moyen Âge. Bien que quelques innovations gothiques aient été utilisées, les couvents et les temples ruraux des siècles XIIIe au XVe, comportent presque tous de claires réminiscences romanes, spécialement dérivées du monde « mateano » (du maître Mateo) de la cathédrale de saint-Jaques.

L'intime simplicité de cet art s'est pleinement identifié avec l'esprit de recueillement du paysage et de la dévotion galicienne. Dans les hameaux ou lieux-dits, aujourd'hui isolés, des chemins en marge des routes touristiques habituelles conduisent vers ces témoins de tant d'histoire. Pour les visiter, il faut s'adresser sans réticence aux habitants du village qui gardent les clés des chapelles et connaissent plus d'une histoire sur leur passé. Parfois abandonné par l'Église et par l'administration, parfois victime de restaurations sauvages, ce patrimoine garde encore, dans son granit séculaire, la finesse d'un loup, à San Miguel d'Eiré, les signes lapidaires séculaires des tailleurs, ou des jalousies d'inspiration celtique encastrées avec d'autres pierres de taille pré-romanes, dans les murs de l'église de saint Estevo d'Atán. Pierre dans la pierre, le monde galaïco a toujours été dans cette superposition de cultures et de civilisations.

La faïence de Sargadelos[modifier | modifier le code]

Le complexe industriel et culturel de Sargadelos répond à un projet intégral et moderne d'une grande importance pour la Galice, l'entreprise, dont les origines remontent à deux siècles en arrière, vers la fin du XVIIIe siècle, pour renaître au XXe siècle et contribue ainsi à la récupération de la mémoire du pays et une utilisation des ressources naturelles de la région, où industrie et dimension artistique sont en relation étroitement liées.

L'initiateur du projet fut l'illustre galicien-asturien Antonio Raimundo Ibáñez Llano y Valdés, libéral éclairé, que le peuple et les premiers historiens ont fait Marquis de Sargadelos et qui mettra en marche la première sidérurgie intégrale de l'Espagne. Après avoir découvert et identifié des réservoirs proches du caolín (kaolin), au début du XIXe siècle. Dans ce même complexe va aussi être créée une usine pour la fabrication de faïences qui, entre autres innovations, introduisait dans le panorama ibérique un dessin particulier de décoration mécanique des vaisselles imprimées.

Cependant, au cours de la guerre de l'Indépendance d'Espagne (1808-1813), guerre napoléonienne, Ibáñez, accusé par ses ennemis d'être un afrancesado, un partisan de Napoléon, a été traîné à terre jusqu'à ce qu'il meure dans les rues de Ribadeo, où il avait son pazo (« manoir »), face à la passivité de l'armée anglaise retranchée dans la ville. Cet épisode, tragique et injuste a été l'objet de recherches controversées parmi les historiens, et motif littéraire pour un grand nombre d'écrivains.

Ibáñez assassiné, ses usines ont eu une survie inégale jusqu'à ce qu'elles cessent en 1875, date à laquelle se concrétise la fermeture et s'initie la dégradation du complexe architectonique.

Sargadelos était un endroit important pour entreprendre la récupération de l'histoire de la Galice. Et avec sa restauration, naît d'un projet de 1963 du Laboratoire de Formes de Galice, puis soutenu et associé par l'expérience acquise des Faïences du Castro depuis 1947.

Par conséquent, la convention entre le Laboratoire des Formes, institution conçue en Argentine par Luis Seoane et Issac Diaz Pardo, créateurs artistiques et intellectuels galléguistes exilés, et Faïences du Castro, va mettre en marche les projets qui avaient cristallisé avec un secteur expérimental en 1968, qui aboutira finalement, le 10 mai 1970 par l'inauguration de la nouvelle entreprise de Sargadelos dont les buts étaient de restaurer la mémoire historique cachée par la dictature du général Franco et de créer en même temps une industrie propre.

L'entreprise a situé les installations industrielles hors de l'ancienne enceinte du complexe de Sargadelos, et puis, le Laboratoire de Formes avait demandé en 1972 que cet ensemble soit protégé et déclaré d'Historique-Artistique, protection qui lui fut accordé cette même année.

C'est ainsi que, sous la direction de Diaz Pardo, retourné en Galice, se fonde à nouveau la « Faïencerie de Sargadelos ». Depuis lors, des formes traditionnelles galiciennes et des expériences d'avant-garde internationales se combinent dans une variété infinie de pièces à usage quotidien ou décoratif d'une qualité et d'un succès extraordinaires. Parallèlement, le Groupe Sargadelos est à l'origine de projets culturels et industriels, devenus fondamentaux dans la Galice actuelle.

Parmi ses initiatives, on peut citer, entre autres, le séminaire de Sargadelos, consacré à la recherche technique, artistique et historique ; à Sada, d'une part, le musée Carlos Maside d'Art galicien contemporain, d'autre part, le complexe Do Castro : faïence, arts graphiques et maison d'édition, ainsi que le Laboratoire géologique de Laxe de la Fondation Parga Pondal ; à Saint-Jacques-de-Compostelle, l'Institut Galicien de l'Information (IGN) et son auditorium et, finalement, partout en Galice et dans d'autres pays en Europe.

Le Patronat royal de Sargadelos, qui protège l'ensemble, a son siège dans la nouvelle reconstruction de la Casa da Administración (Maison de l'Administration).

L'émigration, une résistance culturelle et politique[modifier | modifier le code]

L'émigration galicienne remonte au XVIIIe siècle quand commença la diaspora des travailleurs vers les Amériques. Tout au long de ce siècle, le retard économique, la situation géographique et la politique espagnole ont rendu propice l'exode massif des Galiciens en Amérique, au point que celui-ci a atteint un tiers de la population, un chiffre qui tourne autour des deux millions de personnes. Le nombre d'émigrés originaires de Galicia étant tellement important que, dans plusieurs pays américains, il était habituel d'appeler « Gallegos » tous les Espagnols qui s'y installaient.

Avec le temps, ces Galiciens de l'extérieur se sont organisés dans des associations culturelles et des œuvres de bienfaisance, créant de grands comités à La Havane, Buenos Aires, ou Montevideo. Certains parmi les plus fortunés ont financé la préservation et le rayonnement des traditions et de la langue galiciennes dans l'émigration, ainsi que la réalisation d'œuvres philanthropiques dans leur terre d'origine : travaux publics, écoles, centres culturels…

L'Amérique latine ne pouvait plus s'expliquer sans la Galice (le président cubain Fidel Castro ou l'ex-président argentin Raúl Alfonsín sont descendants de Galiciens) mais, en retour la Galice ne peut pas non plus se comprendre sans l'Amérique latine (l'hymne galicien a été composé à Cuba et partout il existe des traces de l'empreinte « indiana » – des émigrants retournés –, par exemple, dans l'architecture ou la botanique).

Au XXe siècle, la préoccupation civique et « galléguiste » de quelques-unes de ces communautés émigrantes conflua avec l'attitude revendicative des exilés arrivés en Amérique après l'éclatement de la guerre civile. Il s'est alors produit à l'extérieur un important foyer de résistance culturelle et politique de la spécificité galicienne, persécutée en Galice par la dictature du général Franco. Pendant cette période, une nouvelle émigration s'est produite, cette fois-ci à destination des pays de l'Europe centrale, où les nouvelles associations émigrantes ont ainsi été créées.

Il n'est pas de famille galicienne qui n'ait connu, en conséquence, l'émigration, soit à travers ses aïeux, soit parmi ses proches.

La gastronomie[modifier | modifier le code]

Les produits de la mer, tels le poisson et les crustacés, sont reconnus pour leur variété et leur qualité dans toute l'Espagne. On peut par exemple y trouver des coques, palourdes, crevettes, langoustines, araignées de mer, couteaux, pousse-pied (percebes), poulpes, etc.

La tarta de Santiago (« tarte de Saint-Jacques ») est une pâtisserie réalisée pour les pèlerins de passage. Cette tarte, à base d'amandes, est typique de la région de Galice et plus spécialement de Saint-Jacques-de-Compostelle, lieu de pèlerinage.

Personnalités remarquables[modifier | modifier le code]

Écrivains et artistes[modifier | modifier le code]

Hommes politiques[modifier | modifier le code]

Scientifiques[modifier | modifier le code]

Sportifs[modifier | modifier le code]

Enfants de Galiciens[modifier | modifier le code]

« Pour les Galiciens, le Finisterre n’a jamais été le bout, mais le début » dixit Raúl Alfonsín, président argentin et fils de Galicien.

L'importante émigration galicienne vers les Amériques, puis l'Europe, oblige à mentionner quelques « fils » célèbres :

Galerie d'image de la Galice[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Toponymes portugais, galiciens, asturiens et pyrénéens : affinités et problèmes historico-linguistiques - Étude historico-linguistique d'Hector Iglesias dont les travaux et les publications sont consultables sur le site : Hector Iglesias : Euskal Ikasketak. EETBI Euskarari eta Euskal Testuei Buruzko Ikerketak. ikerketak.com
  3. Il n'y a pas de langue celtique en Galice. De plus, aucune inscription en langue celtique ancienne n'a jamais été retrouvée (contrairement au celtibère, bien attesté en Castille). C'est tout juste si quelques toponymes antiques (parfois conservés dans les noms de lieux modernes), quelques noms de personnage et des termes dialectaux, dont la plupart se retrouve dans d'autres idiomes romans, rappellent la présence de ces peuples.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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