Philippines

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République des Philippines

Repúbliká ng̃ Pilipinas (tl)

Republic of the Philippines (en)

República de Filipinas (es)

Drapeau
Drapeau des Philippines
Blason
Armoiries des Philippines
alt=Description de l'image PHL orthographic.svg.
Devise nationale
Maka-Diyos, Maka-Tao, Makakalikasan at Makabansa
Pour l'amour de Dieu, du peuple, de la nature et du pays
Hymne national Lupang Hinirang
(Pays choisi)
Administration
Forme de l'État République
Président Benigno Aquino III
Vice-président Jejomar Binay
Langues officielles Filipino, Anglais[1]
Capitale Manille

14° 35′ N 121° 00′ E / 14.583, 121

Géographie
Plus grande ville Quezon City, Cebu City, Zamboanga, Davao, Bacolod City, Iloilo, Ángeles, Batangas, Makati, Manille, Pasig City, Cagayan de Oro...
Superficie totale 300 400 km2
(classé 71e)
Superficie en eau 0,68 %
Fuseau horaire UTC +8
Histoire
Indépendance Des États-Unis
Date 4 juillet 1946
Démographie
Gentilé Philippins, Philippines
Population totale (2014) 100 003 378[2] hab.
(classé 12e)
Densité 332,9 hab./km2
Économie
PIB nominal (2009) 161 milliards de USD[3] (45e)
PIB (PPA) (2009) 324,3 milliards de USD[4] (36e)
IDH (2007) en augmentation 0,751 (moyen) (102e)
Monnaie Peso philippin (PHP​)
Divers
Code ISO 3166-1 PHL, PH​
Domaine Internet .ph
Indicatif téléphonique +63

Les Philippines, en forme longue la République des Philippines, en tagalog Pilipinas et Repúbliká ng̃ Pilipinas, en anglais Philippines et Republic of the Philippines, en espagnol Filipinas et República de Filipinas, en ilocano Filipinas et Republika ti Filipinas, en cebuano Pilipinas et Republika sa Pilipinas, est un pays constitué d'un archipel de 7 107 îles dont onze d'entre elles totalisent plus de 90 % des terres et dont un peu plus de 2 000 seulement sont habitées, alors qu'environ 2 400 îles n'ont même pas reçu de nom.

On distingue trois zones géographiques : Luçon, les Visayas et Mindanao. Luçon est l'île la plus vaste et la plus septentrionale, et qui abrite sa capitale, Manille, et la plus grande ville du pays, Quezon City. Au centre, le groupe dense des Visayas comprend les îles de Negros, Cebu, Bohol, Panay, Masbate, Samar et Leyte. Au sud, Mindanao est la deuxième île par sa superficie ; ses principales villes sont Davao, Marawi, Zamboanga et Cagayan de Oro. Au sud-ouest de Mindanao se trouvent les îles de Sulu, telles que Basilan, Jolo et Tawi Tawi, proches de Bornéo. Enfin, à l'ouest des Visayas, s'étend l'archipel de Palawan, qui compte à lui seul plus de 1 700 îles. Ces îles se situent à l'ouest de l'océan Pacifique à environ 1 000 kilomètres au sud-est du continent asiatique. C'est l'un des deux seuls pays à dominante catholique en Asie (avec le Timor oriental) et l'un des plus occidentalisés. L'Espagne et les États-Unis, qui ont tous deux colonisé le pays, ont chacun eu une grosse influence sur la culture philippine qui est un mélange unique d'Orient et d'Occident.

L'archipel philippin se situe entre 116° 40' et 126° 34' de longitude est et 4° 40' et 21° 10' de latitude nord. Il s'étend sur 1 840 km du nord au sud et sur 1 104 km d'est en ouest. Il est bordé à l'est par la mer des Philippines, à l'ouest par la mer de Chine et au sud par la mer de Célèbes, mais se trouve plus populairement dans l'océan Pacifique. Au sud se trouvent l'île de Célèbes et l'archipel des Moluques, qui appartiennent à l'Indonésie. Au sud-ouest se trouve l'île de Bornéo, partagée entre la Malaisie, le Brunei et l'Indonésie. Au nord, on trouve Taïwan et, à environ 500 km à l'est, les îles Palaos.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La vallée de Cagayan au nord de Luçon contient de nombreux outils préhistoriques de pierre qui témoignent de la présence d'hominidés chasseurs de grand gibier tels le stégodon (éléphant préhistorique), le rhinocéros, le crocodile, la tortue, le sanglier et le daim. Les grottes de Tabon, situées sur l'île de Palawan, montrent des traces d'installation qui remontent à plus de 30 500 ans ; ces chasseurs-cueilleurs utilisaient des éclats de silex comme outils. Sur Mindanao, ces outils préhistoriques sont en abondance, ce que le héros national José Rizal remarque lui-même dans les années 1880, grâce à ses nombreuses connaissances scientifiques et à ses contacts avec la communauté archéologique espagnole et allemande[réf. souhaitée].

Après la dernière ère glaciaire, le niveau de la mer s'élève d'environ 35 mètres submergeant ainsi l'isthme reliant les Philippines au continent, tout en donnant naissance aux mers peu profondes situées au nord de Bornéo.

Les flux de populations ne deviennent possibles que grâce à l'utilisation de pirogues de type prao, construites à partir de troncs d'arbres évidées par des piochons (NdT adze en anglais). Il y a 5 000 ans, des habitants du littoral de la Chine du Sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taiwan. Vers 2000 av. J.-C., des migrations ont lieu de Taiwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Célèbes et Timor et de là, les autres îles de l'archipel indonésien. Vers 1500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, les îles du Pacifique. Les Austronésiens sont sans doute les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité. De nos jours, le mot en langue Filipino qui désigne « village » – barangay – a une étymologie proche du mot bateau.

Les peuples de la mer[modifier | modifier le code]

La mer de Chine méridionale possède des courants qui tournent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. De fait, lors de la mousson du sud-ouest, entre juin et septembre, la navigation à partir des côtes ouest des Philippines jusqu'au nord de la mer de Chine méridionale se trouve simplifiée. Lors de la mousson de nord-est, de décembre à février, c'est la navigation entre la mer de Chine méridionale et le Viêt Nam qui devient plus facile. À partir du Viêt Nam, les navigateurs peuvent ainsi voyager vers l'est le long des latitudes 11 et 14 degrés, à destination de Palawan ou Mindoro, dans des bateaux à faible tirant d'eau.

Les zones d'habitation sont choisies pour leurs ressources en eau douce, mais comme la terre est abondante, le commerce avec les autres peuples de la mer fournit un support aux échanges culturels et religieux.

Jarres enterrées[modifier | modifier le code]

Le fait d'enterrer des jarres est une coutume pratiquée du Sri Lanka jusqu'à la plaine de Jarres du Laos mais aussi au Japon. On retrouve également des traces de ces pratiques dans les grottes de Tabon, à Palawan. Un exemple d'une telle jarre, utilisée comme urne funéraire lors de funérailles secondaires, est conservé au Musée National des Philippines. Ce trésor national est une jarre dont le couvercle est surmonté par deux figures, l'une représentant le défunt avec les bras croisés et les mains touchant les épaules, l'autre représentant un timonier. Tous deux sont assis dans un prao dont le mât est absent. À cette période, les rites funèbres secondaires sont pratiqués dans toutes les Philippines : les os sont enterrés une seconde fois, et certains dans des jarres prévues à cet effet. Soixante-dix-huit poteries en terre cuite à vocation funéraire ont également été retrouvées dans la grotte de Manunggul, à Palawan.

Troc et échanges[modifier | modifier le code]

Une pièce de musée - un piochon (NdT adze en anglais) de cérémonie en jade, de près de 7 cm de long et d'une remarquable qualité pour un outil primitif - est un indice sur les sources de richesse des Philippines. Mais on ignore exactement ce que ces peuples de navigateurs échangeaient à part peut-être du jade et de l'or.

Au début, les objets les plus prisés sont les jarres, symbole de richesse dans toute l'Asie du Sud, puis par la suite, le métal, le tabac et le sel. Ceux-ci sont échangés contre du cuir, des cornes de rhinocéros, des becs de calao, de la cire d'abeille, des nids d'oiseaux, de la résine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Philippines.

Un document pourrait renverser les théories admises pour l'histoire des Philippines. Il s'agit d'une plaque de cuivre découverte en 1989 dans la baie de Laguna près de Manille, et qu'on a baptisée « Laguna copperplate ». Écrite dans un alphabet similaire à celui des inscriptions javanaises de la même époque, elle porte la date de 822 de l'ère Saka, soit 900 après J.-C. Elle présente les particularités suivantes par rapport aux inscriptions de Java :

  • On n'y trouve pas de mention du roi Balitung, qui régnait sur le centre de Java à l'époque (899-910).
  • La langue utilisée est un mélange de sanscrit, de vieux-javanais, de vieux-malais et de vieux-tagalog.
  • L'inscription semble avoir été martelée dans le cuivre, alors qu'à Java, on écrivait alors sur le cuivre chauffé.

L'archipel de Sulu dans le sud des Philippines se trouve sur une route maritime qui va de la Chine aux Moluques. Le commerce avec les marchands chinois fait sa prospérité. Le royaume de Sulu est sans doute fondé à la fin du XIVe siècle.

Commerce maritime asiatique[modifier | modifier le code]

Depuis le IIIe siècle, les peuples des Philippines sont en contact avec les autres peuples d'Asie du Sud-Est, en particulier d'Indochine, Bornéo et Sumatra. Avec l'avènement de la dynastie Ming, ils passent dans la sphère d'influence chinoise. C'est la thalassocratie ou gouvernance des côtes qui prévaut.

Histoire préhispanique[modifier | modifier le code]

Jeune femme Négritos, originaire de l'île de Panay

On a longtemps pensé que les Négritos, dont une population subsiste encore aux Philippines ainsi qu'en Indonésie, furent les premiers habitants des Philippines. Originaires du sud-est de l'Asie, ils auraient atteint l'archipel en franchissant des ponts de glace au cours de la dernière période glaciaire. Toutefois, les découvertes archéologiques des dernières décennies mettent en évidence la présence d'un groupe antérieur aux Négritos, de type négroïde océanique et australoïde.

Des fouilles effectuées dans la vallée de Cagayan ont mis au jour les restes fossilisés d'animaux accompagnés d'outils. Il existait donc une espèce humaine, peut-être aussi ancienne que l'homme de Pékin et l'homme de Java, bien avant l'arrivée des Négritos ; mais à ce jour, aucun ossement humain n'y a été exhumé. Les plus anciens restes humains connus sont ceux de l'homme de Tabon (environ 22 000 ans av. J.-C., découvert en 1962 dans la grotte de Tabon, au nord de l'île de Palawan. Dans cette grotte, située dans une falaise face à la mer de Chine méridionale, on a retrouvé un crâne fossilisé, d'autres ossements humains et d'animaux (oiseaux, chauves-souris) et des outils en pierre taillée par éclats qui remonteraient à la fin du pléistocène. Les Négritos auraient donc succédé à ce groupe avant qu'eux-mêmes ne soient repoussés vers les montagnes pas les migrations indonésiennes (VIIIe-IIIe millénaire av. J.-C.) puis malaises (IIe siècle av. J.-C.XIIIe siècle ap. J.-C.)

Jusque vers l'an 1000 de l’ère chrétienne, les Philippines possédaient une population organisée en tribus dispersées, sédentarisées pour la plupart dans de petits villages isolés ou vivant une existence semi-nomade dans les régions montagneuses de l'intérieur. Ces tribus tiraient leur subsistance de la culture de riz et de la pêche, ou, pour les nomades, de la chasse, de la cueillette et de la culture sur brûlis. Des immigrants malais importèrent le fer et le tissage.

Les contacts de ces peuplades avec le monde extérieur, jusqu'alors très réduits, se multiplièrent à partir de l'an 1000, avec l'arrivée de plus en plus fréquente de marchands chinois, indiens, arabes et indonésiens qui troquaient céramiques, textiles, métaux et certainement toutes sortes de verroteries contre des perles, du corail, de l'or, du riz et du poisson séché. Les Chinois, qui avaient établi des échanges commerciaux dès le IXe siècle, installèrent des communautés permanentes au XIIe siècle. Les Philippines passèrent ensuite sous la domination des royaumes maritimes indo-malais de Sri Vijaya, sur l'île de Sumatra, puis de Majapahit, sur l’île de Java. Au XIVe siècle, une nouvelle vague d'immigration malaise commença à diffuser l'islam, d'abord dans les îles de Sulu, et à Mindanao, puis plus au nord, à Luçon et dans les Visayas.

Période espagnole[modifier | modifier le code]

Fernand de Magellan (Fernão Magalhaes), explorateur portugais voyageant pour le compte de l'Espagne, est le premier Européen à arriver aux Philippines, le 16 mars 1521. Les îles ont été nommées ainsi en l'honneur de l'Infant d'Espagne, le futur Philippe II d'Espagne, par Ruy López de Villalobos peu après leur découverte. L'archipel est entré dans l'Empire colonial espagnol à partir de 1565.

En 1578, l'Espagne lance une expédition contre le sultanat de Sulu. Sulu réplique en pillant les villes côtières des Visayas et Luzon, contrôlées par les Espagnols. Le gouvernement colonial envoie au moins cinq expéditions punitives contre Sulu. En 1638, il occupe la capitale, Jolo, et y laisse une garnison. En 1646, cette garnison est rappelée à Manille et Sulu est abandonnée.

En 1611 (soit moins d'un siècle après le débarquement de Magellan), la première université du pays, mais aussi d'Asie, est fondée : c'est Santo Tomas, qui demeure l'une des grandes références manilènes actuelles.

À défaut de disposer d'or et d'épices, le pays a été considéré comme une tête de pont pour l'évangélisation de la Chine et du Japon. Le premier saint philippin, Lorenzo Ruiz, est d'ailleurs un Indio emmené avec lui par saint François-Xavier. Si l'objectif religieux a échoué à la suite des réactions, négatives pour le moins, des empires chinois et japonais envers la présence chrétienne, l'Église a été rapidement investie aux Philippines, par les monarques espagnols, de pouvoirs étendus (justice, ordre public, collecte des impôts). C'est ce que les historiens philippins évoquent par le vocable de friocracy – le règne des frères (au sens des ordres religieux).

De fait, jusqu'au début du XIXe siècle, l'autorité officielle dans l'archipel a été exercée depuis le lointain Mexique, où résidait le vice-roi chargé des Philippines. Éloignement de Mexico, éloignement de Madrid : l'influence de l'Église n'en a été que plus forte, avec un certain nombre de conséquences encore visibles aujourd'hui : un chapelet d'édifices religieux uniques en Asie (et dans le monde, si l'on songe à l'architecture typique des églises philippines) ; une économie dominée par l'importance de la propriété immobilière (lorsque les ordres se sont séparés de leurs biens après l'indépendance de 1898, ils les ont vendus à quelques grandes familles blanches ou métisses toujours puissantes) ; une culture à la fois relativement non violente et conservatrice sur le plan du contrôle des naissances, notamment. Le professeur Teodoro A. Agoncillo, auteur d'une History of the Filipino people (8e éd. 1990) parle à ce sujet d'un phénomène d' amalgamation of Church and State. La mainmise des pouvoirs religieux est finement décrite et analysée dans les romans de José Rizal (1861–1896).

Dans les années 1840, l'intérêt des puissances coloniales pour Sulu s'accroît. Le gouvernement colonial espagnol occupe de nouveau Jolo en 1851. Le sultanat s'étendait sur l'archipel de Sulu et la côte nord-est de Bornéo (soit l'est de l'actuel Sabah en Malaisie). En 1877, le sultan, qui s'était réfugié sur une autre île, donne ses possessions de Bornéo en bail à la British North Borneo Chartered Company. Après une longue résistance, Sulu accepte de devenir vassal de l'Espagne en 1878. L'Espagne évacue Sulu en 1899.

À la fin du XIXe siècle s'est développé un mouvement de libération, dont l'un des personnages clés fut le poète et écrivain José Rizal. Chirurgien ophtalmologue formé en Europe, il nourrit son projet révolutionnaire d'une conception inspirée par ses lectures de Don Quichotte. Surnommé le Don Quichotte des Philippines, il est exécuté par les autorités espagnoles en 1896. Il devient aussitôt un martyr national, ce qui renforce la résistance au régime colonial.

Période américaine[modifier | modifier le code]

« Indigènes » récoltant la sève de l'hévéa dans une plantation des Philippines ; Historical Archives of “National Museum of Health & Medicine”

Les États-Unis encouragent le mouvement d'indépendance et se décident à intervenir militairement aux Philippines (notamment à Xuelta) à l'appel d'Aguinaldo (guerre hispano-américaine). Le 10 décembre 1898, le traité de Paris met fin au conflit. L'Espagne cependant n'accorde pas l'indépendance aux Philippines mais les vend aux États-Unis pour 20 millions de dollars. La colonisation dès lors se poursuit sous le joug d'un nouveau maître. C'est pourquoi, dès le 4 février 1899, une nouvelle guerre oppose les indépendantistes philippins aux États-Unis (guerre américano-philippine). Plus d'un million et demi de Philippins perdent la vie dans cette guerre sans pitié, où indépendantistes, bandits et Américains commettent de nombreux massacres[5].

Commence alors une période intensive de déshispanisation au profit d'une anglicisation de la culture.

En 1935, les États-Unis accordent au Commonwealth des Philippines un statut de semi-autonomie destiné à accompagner le pays vers son indépendance. À partir de cette date, un président élu les représente au niveau international. Le premier est Manuel L. Quezon, qui a donné son nom à l'une des villes de l'agglomération de Manille, actuellement la plus grande ville du pays.

En 1937, sur proposition du National Language Institute, le président Quezon fait du tagalog, le dialecte parlé autour de la capitale et de la rivière Pasig, la langue nationale. Cinquante ans plus tard, la Constitution de 1987 (article XIV, section 6) précise que la langue nationale est le filipino, notion plus large que le tagalog. L'anglais a néanmoins sa place : « for purposes of communication and instruction, the official languages [à distinguer donc du national language] are Filipino and English » (article XIV, section 7).

Occupation japonaise[modifier | modifier le code]

En 1942, lors de la Seconde Guerre mondiale, le pays passe sous occupation japonaise, les mouvements de résistance sont très actifs et la répression japonaise féroce. Les forces d'occupation commettent de nombreuses atrocités dont la marche de la mort de Bataan (environ 20 000 morts) et le massacre de Manille en février 1945, où plus de 100 000 civils trouvent la mort. Le général Douglas MacArthur, qui ne réussit pas à repousser l'invasion initiale et doit fuir en Australie en abandonnant ses hommes, prend sa revanche en 1944-1945 et libère l'archipel. Le pays obtient son indépendance le 4 juillet 1946.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

À l'issue de la guerre, les Philippines sont malgré tout l'un des pays les plus développés d'Asie.[réf. nécessaire] Par la suite, le développement prend du retard à cause d'une faible croissance économique, d'une démographie galopante et d'un fort taux de corruption. Actuellement, la croissance y est modérée par rapport aux pays voisins du Sud-Est asiatique, essentiellement portée par les contributions d'une importante population de travailleurs émigrés, les OFW – Oversea Filipino Workers (souvent installés à Hong-Kong, à Singapour, dans les pays du golfe Persique, mais aussi aux États-Unis et en Europe, notamment en Italie) – ainsi que par les investissements directs étrangers. Ces investissements ont lieu dans les secteurs des technologies de l'information et de la communication (NTIC) mais aussi dans les secteurs qui demandent une main-d'œuvre à faible coût.

Le sud du pays, en particulier l'île de Mindanao, connaît une crise politique due à des mouvements séparatistes musulmans comme Abu Sayyaf et le Front Moro de libération islamique, s'opposant depuis les années 1970 au pouvoir de Manille, très proche de l'Église catholique.

Dictature de Marcos[modifier | modifier le code]

La vision du « Bagong Lipunan (Nouvelle Société) », prônée par Ferdinand Marcos, similaire à l’Ordre Nouveau qui fut imposé en Indonésie par Suharto, fut poursuivie pendant les années de loi martiale. Il s'agissait d'un mouvement incitant la société à travailler pour le but commun du pauvre comme du privilégié, et à atteindre la libération des Filipino par leur propres efforts (self-realization). Marcos s’empara d'entreprises appartenant à des dynasties familiales pour les redistribuer à des personnes en affaires depuis peu de temps. Il a aussi saisi des terres pour les redistribuer à des paysans locaux. On constata cependant que les redistributions faites dans le cadre du Bagong Lipunan profitaient en général aux proches du président Marcos. Tout au long de la période de loi martiale, ces mêmes proches ont aussi bénéficié d’avantages politiques considérables.

Dans le contexte de confusion généralisée à cette époque aux Philippines, la déclaration de la loi martiale fut en général très bien acceptée. La criminalité chuta rapidement après l’application d’un couvre-feu. Les opposants politiques ont obtenu la possibilité de partir en exil. La loi martiale fut appliquée durant 9 ans après lesquels les excès du Président et de l’armée ont commencé à émerger.

Après Marcos[modifier | modifier le code]

Au cours des années de pouvoir de Marcos, son régime a sombré dans la corruption et la mauvaise gestion de ses proches. Le point culminant fut l'assassinat de Benigno Aquino. Marcos peut être considéré comme un modèle en ce qui a trait au détournement de fonds : il aurait détourné des milliards de dollars du Trésor philippin. Il s'est aussi rendu célèbre pour son népotisme, employant sa famille et ses amis aux postes clé de son gouvernement.

Sa santé au cours de son 3e mandat était fragile et il fut souvent absent plusieurs semaines pour traitement. Il n'était pas vraiment remplacé pendant ces absences. Considérant les troubles politiques, plusieurs personnes se sont demandé s’il était toujours en mesure de gouverner. Dans ce contexte, l'assassinat d'Aquino en 1983 constitue l’élément déclencheur de la chute de Marcos.

En 1986 Marcos déclencha des élections et se représenta avec Arturo Tolentino comme vice-président. L'opposition était alors unie derrière la veuve d'Aquino, Cory Aquino et Salvador Laurel comme vice-président. À la suite des élections, Marcos et Aquino se déclarèrent tous deux vainqueurs. L’élection a été généralement entachée de fraudes de la part des deux partis. Avec le support de l'armée (commandée par Juan Ponce Enrile, ancien ministre de la défense et Fidel Ramos, ancien général sous Marcos), du mouvement Pouvoir du peuple (People Power), et des protestants de tous les secteurs. Le scrutin fut dénoncé comme frauduleux par l'Église qui en répandit rapidement la nouvelle, l'élément moteur fut l’évêque Francisco Claver. Rapidement, la résistance s'organise dans un premier temps pour valider ou non le scrutin par une surveillance accrue par des bénévoles. Ensuite, les opposants refusent de payer leurs factures, leurs impôts. Une radio libre est ouverte. Le ministre de la défense, le général Ramos et ses hommes se joignent à la contestation. le 22 février 1986. Le cardinal Sin les soutient ouvertement et lance un appel à radio du diocèse afin de protéger les nouveaux insurgés. Spontanément une foule de dizaines de milliers de personnes munie de foulards jaunes bloquent les accès à la caserne où se sont réfugiés Ramos et ses hommes. Dès le lendemain des chars arrivent devant la foule qui ne bouge pas. Des religieuses se mettent à genou devant les tanks, les jeunes filles offrent des bouquets de fleurs aux militaires. Lorsque les militaires reculent, la foule est de 2 millions de personnes. Le 25 février, le général Ver veut faire tirer sur le peuple mais le général Marcos refuse et part en exil[6].

Marcos et son épouse, Imelda Marcos, partirent en exil à Hawaii et ont par la suite été accusés de détournement de fonds par les États-Unis. Marcos est mort à Honolulu (Hawaii) en 1989. Il fut enterré dans un mausolée privé au temple Byodo-In sur l'île d'Oahu, visité quotidiennement par sa famille et ses amis. Ses derniers hommes forts sont maintenant enterrés dans une crypte réfrigérée à Ilocos Norte, où son fils, Ferdinand, Jr., et sa fille, Imee, sont respectivement devenus depuis gouverneur local et représentante du gouvernement. Imelda Marcos fut acquittée en 1990 du chef de détournement de fonds par les États-Unis, mais fut condamnée pour corruption lors d’un procès aux Philippines en 1995.

Comme les autres pays asiatiques, les Philippines ont bénéficié au début des années 1990 d'un afflux massif de capitaux étrangers[7] qui se retirent ensuite, déstabilisant la monnaie puis l'économie des pays[8].

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique aux Philippines.
L'actuel président des Philippines, Benigno Aquino III.

Les Philippines obtiennent une indépendance presque totale le 24 mars 1934 par le Tydings-McDuffy Act. Le premier président est élu en 1935, alors que la République des Philippines a obtenu son indépendance totale. Le système gouvernemental des Philippines est inspiré du système américain. La constitution de 1987, adoptée sous le régime de Corazon Aquino, rétablit un système présidentiel avec un pouvoir législatif bicaméral et un pouvoir judiciaire indépendant.

Pouvoir exécutif[modifier | modifier le code]

Le président, élu au suffrage populaire pour un mandat de six ans, cumule les charges de chef de l’État, chef du gouvernement, et commandant en chef des forces armées. Il nomme et peut démettre les ministres. Il ne peut pas se représenter pour un nouveau mandat, sauf dans le cadre d’une succession constitutionnelle et s’il est en poste depuis moins de quatre ans. Le vice-président est également élu au suffrage universel. Bien que ce ne soit pas toujours le cas, il fait généralement partie du cabinet présidentiel.

Pouvoir législatif[modifier | modifier le code]

Le parlement philippin est composé de deux chambres : le Sénat et la Chambre des représentants. Les membres des deux chambres sont élus au suffrage universel. Le Sénat compte 24 membres élus sans circonscriptions pour un mandat de six ans. Ils peuvent se représenter une fois. La Chambre des représentants compte 250 membres, dont 206 sont élus par le peuple dans des circonscriptions à siège unique. Les 44 membres restant sont élus selon un système complexe de listes présentées par les partis. Tous sont élus pour un mandat de trois ans et peuvent se représenter deux fois consécutivement. Si un ou plusieurs sièges sont vacants en cours de législature, la chambre peut décider d’organiser une élection partielle. Les candidats élus siègent pour la fin de la législature, ce qui est décompté comme un mandat complet.

Pouvoir judiciaire[modifier | modifier le code]

La Cour suprême est la plus haute instance judiciaire des Philippines. Le président dit Chief Justice et 14 juges dits Associate Justices sont nommés par le président sur recommandation du Conseil judiciaire. Voir aussi : Constitution des États-Unis qui a largement inspiré la constitution des Philippines

Relations internationales[modifier | modifier le code]

La République des Philippines est membre fondateur de l'ASEAN (Association of Southeast Asian Nations). C'est également un participant actif de l'APEC (Coopération économique pour l'Asie-Pacifique), un membre du G-24 et l'un des 51 États fondateurs des Nations unies le 24 octobre 1945. Les Philippines sont pour le moment en conflit avec Taïwan, la République populaire de Chine, et la Malaisie à propos des îles Spratleys, riches en hydrocarbures, ainsi qu'avec la Malaisie à propos de l'État de Sabah. Le fait que le sultan de Sulu ait reçu ce territoire en 1703 du sultan de Brunei est à l'origine de la revendication actuelle des Philippines.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Carte des régions et provinces philippines.
Article détaillé : Subdivisions des Philippines.

Les Philippines sont divisées en une hiérarchie d’unités locales de gouvernement (Local Government Units, LGU), la province (lalawigan en filipino) étant la subdivision de base. En 2002, il y a 79 provinces dans le pays, regroupées en 17 régions (rehiyon). Les provinces sont subdivisées en villes et municipalités, qui elles-mêmes sont composées de barangays. Le barangay est la plus petite LGU.

Les régions sont généralement organisées de manière à regrouper des provinces ayant les mêmes caractéristiques culturelles et ethnologiques.

Les provinces sont regroupées en régions pour des raisons de commodité administrative. La plupart des administrations gouvernementales possèdent des bureaux au niveau régional, habituellement dans la ville ayant le statut de capitale régionale.

Les régions elles-mêmes ne possèdent pas d'organe gouvernant distinct, à l'exception de la Région autonome en Mindanao musulmane et de la Région administrative de la Cordillère, qui sont autonomes.

En 2002, les Philippines comptent 17 régions. Les régions sont géographiquement combinées en trois groupes d'îles : Luçon, les Visayas et Mindanao.

Villes[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Les Philippines seraient apparues à la suite de violents mouvements de soulèvement et dépression de la plaque continentale asiatique, dont elles auraient autrefois fait partie avec Bornéo. Des éruptions volcaniques et des tremblements de terre auraient ensuite fragmenté cette masse continentale. Plissé à la fin du tertiaire, puis soumis à une tectonique cassante de très grande amplitude, le relief se caractérise d'une part par des chaînes montagneuses aux plaines étroites et peu nombreuses et d'autre part par la proximité de fosses marines parmi les plus profondes du monde ( la Fosse_des_Philippines, à l'est, fait 10 540 m de profondeur). Aujourd'hui encore, l'action conjuguée des volcans, des tremblements de terre, de la mousson et des typhons continue de façonner la physionomie de l'archipel.

Le mont Apo, point culminant des Philippines, s'élève à 2 954 mètres d'altitude sur l'île de Mindanao. Les principaux sommets sont des volcans dont une douzaine demeurent actifs, les plus redoutables étant le mont Mayon (2 451 m) et le Taal, sur l'île de Luçon. L'archipel appartient en effet à la ceinture de feu du Pacifique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Géographie des Philippines

Les Philippines sont constituées d'un archipel de 7 107 îles, avec une surface totale d'environ 300 439 km2. Les îles s’étendent du nord au sud sur 1 800 km, et d’est en ouest sur plus de 1 100 km. Elles sont divisées en trois groupes :

  1. Luçon (Régions I à V + NCR & CAR), où se situe la capitale, Manille,
  2. les Visayas (VI à VIII),
  3. Mindanao (IX à XIII + ARMM).

La plupart des îles montagneuses sont recouvertes de forêts tropicales et d’origine volcanique comme l’attestent les tremblements de terre fréquents et la vingtaine de volcans en activité comme le Pinatubo. L'archipel est aussi soumis aux typhons du Pacifique de l'ouest à raison d'une quinzaine par an, plus particulièrement entre mai et octobre. Les Philippines sont ainsi le 3e pays au monde le plus à risque en termes de catastrophes naturelles[9].

Le port de Manille, sur l'île de Luçon, est la capitale et la deuxième plus grande ville du pays après Quezon City. Le point culminant est le mont Apo sur l'île de Mindanao, qui s'élève à 2 954 mètres.

Relief[modifier | modifier le code]

D’origine volcanique, les îles des Philippines font partie de la ceinture de feu du Pacifique. Plusieurs volcans sont actifs, la dernière éruption étant celle du mont Pinatubo en 1991. Un autre volcan actif, le mont Mayon, présente la silhouette la plus proche du cône parfait au monde. Le relief se caractérise d'une part par des chaînes montagneuses aux plaines étroites et peu nombreuses et d'autre part par la proximité de fosses marines parmi les plus profondes du monde, avec plus de 11 000 mètres à l'est de Mindanao. Toutes les îles possèdent des plages, mais ces dernières sont le plus souvent étroites et les grandes plaines ainsi que les cours d’eau navigables sont rares. La plupart des îles étaient couvertes de forêt tropicale, mais la déforestation a réduit sa surface à 10 % du pays.

Climat[modifier | modifier le code]

Données générales[modifier | modifier le code]

Le pays est situé dans la zone tropicale, mais est plus particulièrement de type tropical humide : l'est du pays est presque constamment arrosé, tandis que l'ouest connaît une saison sèche et des pluies de moussons en été. Son climat local est chaud et humide. En saison sèche, les températures s'échelonnent entre 28 et 37 °C mais en saison des pluies, ces températures régressent entre 25 et 31 °C. La moyenne annuelle de température est d'environ 29 °C. Les Philippines connaissent généralement trois saisons : Tág-inít ou Tág-aráw (la saison chaude, ou l'été de mars à mai), Tág-ulán (la saison des pluies de juin à novembre) et Tág-lamíg (la saison froide de décembre à février). Le climat ne connaît pratiquement pas d’amplitude thermique permettant de définir des saisons. Les précipitations annuelles moyennes s’élèvent à environ 1 900 mm dans les plaines, et sur la plupart des îles, la saison des pluies coïncide avec la mousson d’été, qui dure de mai à octobre; le vent souffle alors du sud-ouest.

Typhons et phénomènes extrêmes[modifier | modifier le code]

L'archipel n'est pas épargné par les typhons et les tempêtes tropicales qui s'invitent entre juin et octobre.

Fin novembre 2004, l'un de ces épisodes pluvieux a touché le nord du pays et fait quelque 500 morts et disparus. En 2009 un typhon nommé Ondoy s'abattait sur Manille.

Le 1er décembre 2006, des coulées de boue consécutives aux pluies du typhon Durian ont enseveli un millier de personnes au pied du mont Mayon.

Le 8 novembre 2013, le super typhon Haiyan, nommé aussi Yolanda, un des plus puissants jamais relevés avec des vents de 315 km/h et des vagues de plusieurs mètres[10],[11], provoque des dommages considérables et fait de nombreuses victimes[12].


Panorama des rizières de Banaue.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie des Philippines.

L’économie des Philippines, dont le PNB avoisine les 98 milliards de dollars, repose essentiellement sur l’agriculture, un secteur qui reste peu compétitif par manque d’infrastructures, même si l’industrie s’est beaucoup développée depuis 1945. Le secteur des services représente plus de la moitié du PIB et bénéficie du mouvement des délocalisations d’entreprises occidentales tels que les centres d’appel. La population philippine travaillant à l’étranger participe largement à l’économie nationale, puisqu’elle contribue à hauteur de 10 % environ à la formation du PIB. Le PIB par habitant est de 3 969 $ dollar américain en 2010.

Au début des années 2010, les Philippines ont commencé à enregistrer une forte croissance. Alors que les champions asiatiques (Inde et Chine) ont vu une stabilisation de leur taux de croissance, les Philippines connaissent un taux de 7,8 % au premier trimestre 2013[13]. Le pays tire son épingle du jeu notamment grâce aux centres d'appels [14] et l’élan nouveau donné à la politique par le président Aquino[15].

Agriculture : 40 % de la population en dépend. Principales cultures : tabac, produits du cocotier (2e exportateur mondial), ananas, banane (2e exportateur mondial), riz (16e producteur mondial), maïs (13e producteur mondial), chanvre de Manille, canne à sucre (11e producteur mondial), café (14e producteur mondial), bois tropicaux (à Mindanao) destinés au Japon ainsi que la noix de coco. Depuis les années 2000, et en raison d'une forte démographie, les Philippines ne sont plus auto-suffisantes en matière de production de riz : elles doivent donc en importer désormais de pays d'Asie voisins, comme le Viêt Nam par exemple.

PIB par habitant source : FMI, World Economic Outlook Database(2006) : 5 314 $ US

Minerais : Le chrome, l'or, le cuivre et le minerai de fer sont les principales ressources naturelles des Philippines.

Les Philippines font partie de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC).

Le taux de chômage des Philippines est de 7,5 % en avril 2013[16].

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie des Philippines.
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Les principales religions par province : en bleu le christianisme, en vert l'islam.

En 2014, la population des Philippines est estimée à environ 100 millions d'habitants.

L'espérance de vie totale des Philippines est de 70,8 ans. Pour les hommes, elle est de 67,89 ans et pour les femmes de 73,85 ans. Concernant le taux de natalité, on y retrouve 24,07 naissances par 1000 habitants et pour le taux de mortalité, 5,32 décès par 1000 habitants. L'indicateur de fécondité est de 3 enfants par femme.

Les habitants des Philippines sont les Philippins et les Philippines.

Santé[modifier | modifier le code]

Les dépenses pour la santé étaient à 3,2 % du PIB en 2003[17]. Il y avait 120 médecins pour 100 000 personnes en 2002[17]. Le SIDA n'est pas fréquent aux Philippines[18].

Religions[modifier | modifier le code]

Le pays est à grande majorité catholique. Les Philippins sont très religieux et les services du dimanche et du vendredi sont très suivis. La Semaine sainte donne lieu à de grandes parades et à de réels crucifiements, pourtant condamnés par l'Église. Certaines personnes se font en effet attacher à des croix lors du Vendredi saint afin de commémorer la crucifixion du Christ, et restent ainsi toute la journée. C'est un geste volontaire, exécuté souvent par les mêmes personnes qui y voient une manière de pénitence.

La répartition des religions est la suivante[19] :

Les Philippines sont le 3e plus grand pays catholique au monde après le Brésil et le Mexique[20] :

Pays Population totale
en 2010
Pourcentage de
catholiques
Nombre de catholiques
Brésil 195 000 000 65 % 126 750 000
Mexique 113 000 000 85 % 96 450 000
Philippines 93 000 000 81 % 75 570 000

Langues[modifier | modifier le code]

Les Philippines ont deux langues officielles : le filipino et l'anglais. Environ 150 langues et dialectes restent usités dans l'ensemble du pays, la plupart appartenant à la famille des langues austronésiennes. 12 comptent plus d'un million de locuteurs[21] et regroupent 94 % de la population. Chacune de ces langues possède sa propre aire géographique mais, au cours du XIXe siècle, la promotion du tagalog (futur filipino) et la forte émigration vers l'île principale de Luçon des populations des autres îles ont quelque peu modifié cette répartition traditionnelle.

Parmi ces langues, on compte :

  • Le cebuano, langue de l'île de Cebu, est parlé comme langue maternelle par 29 % de la population[21]. Il est aussi parlé sur certaines îles voisines comme Bohol, Negros Oriental, en partie dans les îles de Leyte et de Samar et plus récemment sur Mindanao.
  • Le tagalog (d'où provient le filipino, langue nationale) est parlé par 26 % de la population, principalement au sud de Luçon, dont Manille[21]. Il existe aussi des tagalophones à Luçon Central (dans les provinces de Bulacan et Aurora), et dans la région de MIMAROPA (Mindoro Occidental et Oriental, Marinduque, Romblon et Palawan).
  • L'ilokano, langue du nord de Luçon, est parlé par 10 % de la population[21]. Il est aussi parlé par certaines communautés à Palawan et à Mindanao (principalement dans la ville de General Santos). La plupart de cette population est immigrante ou descend d'immigrants de la région ilocanophone.
  • L'hiligaïnon ou illongo, langue des îles de Panay et de Negros, est parlé par 9 % de la population[21].
  • Le bicolano, langue de la péninsule de Bicol, au sud-est de Luçon, est parlé par 5 % de la population. C'est la langue philippine qui possède la plus grande diversité dialectale.
  • Le waray-waray, langue de Samar et de l'est de Leyte, est parlé par 4 % de la population.
  • Le pampagan et le pangasinan, langues du nord-ouest de Manille, sont parlés, respectivement, par 3 % et 2 % de la population.
  • Le maranao et le maguindanao, langues de Mindanao, et le tausug, langue de l'île de Jolo, sont parlés chacune par environ 1,5 % de la population, populations exclusivement musulmanes[21].

L'espagnol, malgré la longue colonisation, n'est parlé que par environ 3 millions de personnes. Avant la colonisation, il n'existait pas de langue commune dans l'archipel des Philippines. Mais l'espagnol est resté cantonné aux colonisateurs et à une élite philippine restreinte (qui a néanmoins permis l'émergence d'une littérature philippine en langue espagnole à la fin du XIXe siècle). Bien qu'étant l'une des deux langues officielles de la constitution de 1935, elle a été supplantée par l'anglais. L'espagnol n'est plus parlé que par 3 millions de personnes (moitié moins qu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale)[21] mais reste une langue auxiliaire, tout comme l'arabe dans les régions du sud.

L'anglais, avec le filipino, est utilisé dans l'enseignement, dans l'administration centrale, dans le monde des affaires et dans de nombreux médias[21].

Quant au filipino, il progresse mais on estime qu'au moins 20 % de la population ne le maîtrise pas correctement[21], obligeant le pays, suivant les régions, à pratiquer le bilinguisme ou le trilinguisme.

Cuisine[modifier | modifier le code]

La cuisine philippine comprend les aliments, les méthodes de préparation et les coutumes alimentaires trouvés dans l'archipel. Le style de la cuisine et les aliments qui lui sont associés ont évolué au cours de plusieurs siècles à partir de son origine malayo-polynésienne. Celle-ci s'est mélangée à la cuisine de nombreuses origines - hispaniques, chinoises, américaines - et a intégré d'autres influences asiatiques en fonction des ingrédients indigènes et du goût local.

Les Philippins prennent traditionnellement trois repas principaux par jour - agahan ou almusal (petit déjeuner), tanghalían (déjeuner), et hapunan (dîner), plus une collation en après-midi, appelé merienda (une autre variante est minandál ou minindál). Les plats vont du très simple, comme un repas de poisson salé frit et le riz, les paellas à élaborer et de cocidos créé pour les fêtes.

Les plats les plus courants sont le lechón (cochon rôti entier), longganisa (saucisse philippine), tapa (bœuf séché), torta (omelette), adobo (poulet et/ou de porc braisé à l'ail, la sauce soja et le vinaigre), kaldereta (ragoût de chèvre à la tomate), mechado (bœuf ou porc cuit dans une sauce tomate), pochero (bœuf à la banane et à la sauce tomate), afritada (porc ou bœuf mijoté dans une sauce tomate avec des légumes), Kare-Kare (queue de bœuf et légumes cuits à la sauce d'arachide), jambe croustillante PATA (porc), hamonado (viande de porc dans une sauce sucrée d'ananas), sinigang (porc, poisson ou crevettes dans un ragoût de tamarin), pancit (nouilles sautées), et lumpia (pâtés impériaux frais ou frits).

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Un tarsier des Philippines

Selon une légende de Java, l'Asie formait autrefois un continent unique qui fut fragmenté en neuf terres. Les nombreux éléments communs de la faune et de la flore qui donnent leur unité secrète à ces îles désormais dispersées (et excitent la curiosité des scientifiques), apportent un certain crédit à la légende. À la suite de la baisse du niveau des mers, il y a 5000 ans, une série d'isthmes auraient émergé dans les eaux peu profondes entre l'île de Palawan et Bornéo, ainsi qu'entre l'île de Mindanao et de Célèbes. Ces ponts terrestres ont permis des migrations de faune et de flore dont les adaptations et les mutations font la joie des naturalistes. On trouve ainsi plus de soixante espèces végétales endémiques de Bornéo dans les îles méridionales de Mindoro, Palawan et Mindanao. Certaines plantes identifiées comme originaires des Célèbes et des Moluques sont très largement répandues aux Philippines : il s'agit principalement de fougères, d'orchidées et du diptérocarpe, l'arbre national, aussi appelé narra, pouvant atteindre 35 mètres de hauteur, abondant dans les forêts primaires de l'archipel.

Les régions sauvages de Palawan et les îles Calamian, toutes proches, abritent certaines espèces animales comme le chevrotin, la belette, la mangouste, le porc-épic, la mouffette, le fourmilier et la loutre, que l'on retrouve à l'intérieur des terres de Bornéo. Certaines espèces de musaraignes de Palawan, ainsi qu'une espèce rare de chauve-souris de Mindanao existent également aux Célèbes. Sous les eaux, on rencontre une multitude de poissons communs à l'est de Sumatra, à l'ouest de Bornéo et au sud-ouest des Philippines. Enfin, de nombreux oiseaux originaires de Malaisie et de Bornéo viennent nicher à Palawan.

Il semble également qu'une passerelle terrestre, plus ancienne que les passages méridionaux, reliait jadis les Philippines à l'île de Taïwan, lorsque cette dernière était encore rattachée au continent asiatique. Les restes d'une espèce préhistorique d'éléphant nain, le stégodon, ont en effet été retrouvés à la fois à Taïwan et dans plusieurs régions des Philippines.

Éducation[modifier | modifier le code]

Aux Philippines, l’école est gratuite et obligatoire pour tous les enfants âgés de sept à douze ans. Bien que le tagalog soit enseigné et que, dans les plus petites classes, des dialectes locaux soient en usage, l’anglais n’en demeure pas moins la première langue enseignée. L’influence de l’Espagne et de l’Église catholique a été prépondérante. L’Église possède encore plus de 400 établissements d’enseignement, dont plus d’une centaine d’universités ; la plus ancienne, l'Université de Santo Tomas (University of Santo Tomas), a été fondée en 1611 par des dominicains. Cette empreinte hispanique et religieuse explique le fort taux d’alphabétisation qui s'élève à 97 %, alors qu’il est toujours inférieur à 90 % en Asie du Sud-Est.

Sports[modifier | modifier le code]

Aux Philippines, comme dans beaucoup de pays d'Asie, la passion du sport se confond au jeu et aux paris, comme en témoignent les trois grands événements sportifs internationaux qui enflammèrent des paris considérables qu'ils occasionnèrent : l'historique combat de boxe opposant Mohamed Ali à Joe Frazier le 1er octobre 1975 à Manille ou encore le Championnat du monde de basket-ball de même à Manille en 1978 et, la même année, la finale du Championnat du monde d'échecs au cours de laquelle Viktor Kortchnoï affronta Anatoli Karpov à Baguio.

Le pays est membre de la Fédération des Jeux d'Asie du Sud-Est et a organisé l’événement à trois reprises : en 1981, 1991 et 2005.

Tout autant que les arts et la gastronomie, les sports pratiqués aux Philippines portent la marque des colonisateurs successifs. Les parcours de golf, les terrains de polo, la passion pour le basket sont autant de signes de la présence américaine. Seuls sont appelés à disparaître les bamboo bowl de football américain. À côté des sports d'origine occidentale subsistent encore quelques « jeux » traditionnels qui ne sont plus pratiqués que marginalement depuis une quinzaine d'années : le sipa, pourtant encore très populaire en Thaïlande et en Malaisie, où cette forme de lutte que les Ifugaos pratiquent à l'occasion des fêtes traditionnelles.

Basket-ball[modifier | modifier le code]

Le basket-ball est le sport le plus populaire du pays et le plus pratiqué par la population, seul pays d'Asie où il a vraiment pris un essor important depuis la création en 1975 d'un championnat national professionnel avant d'en voir apparaître un autre, vingt-trois ans après, mais qui fut financièrement arrêté en 2002. Même si les joueurs philippins n'ont en général pas l'avantage de la haute taille de leurs adversaires occidentaux, ils sont parmi les meilleurs au monde. Toute l'année est ponctuée par des compétitions d'amateurs, des tournois scolaires, des rencontres régionales, des championnats professionnels et internationaux. Les Philippins, depuis plus de soixante ans, sont les champions incontestés d'Asie. L'engouement pour le basket-ball est en partie dû au fait que l'équipement est des plus simples et le terrain de taille réduite. Chaque ville possède son terrain de basket, voisinant souvent sur la place de l'église et de la mairie. Dès leur plus jeune âge, les enfants apprennent à y jouer, improvisant des paniers avec de pauvres mais efficaces moyens de construction comme panier de basket.

Golf[modifier | modifier le code]

Peu de pays d'Asie peuvent égaler la quantité et la qualité des terrains de golf philippins. Il existe plus de quinze sites répartis dans tout l'archipel, parmi lesquels les plus anciens de tout le sud-est du continent asiatique voisinent avec les dernières créations les plus prestigieuses des principaux concepteurs de terrains de golf du monde. Le Grand Manille, avec ses vingtaines de parcours, peut se vanter d'être la première capitale asiatique du golf. Il n'est pas rare pour un Japonais d'apprendre les rudiments de ce sport sur les terrains d'entraînement de Tokyo puis d'aller faire son premier parcours à Manille.

Les parcours de golf des Philippines sont basés dans un environnement qui offre aux golfeurs tous les atouts qui viennent s'ajouter au plaisir sportif : l'éternel soleil, l'air pur de la mer et de la montagne, collines de cocotiers et de pins. Sur l'île de Panay, à l'ouest des Visayas, dans la ville d'Iloilo City, se trouve le parcours de golf de Santa Barbara, qui fut construit par des soldats américains au début du XXe siècle, qui, malgré son allure modeste, est sans doute le plus ancien de l'archipel et même de toute l'Asie. Plus à l'est, dans les Visayas centrales, celui de la ville de Cebu City, (Negros Oriental), offre des parcours aussi intéressants que difficiles, dont le plus connu est le Cebu Country Club, celui-ci contant dix-huit trous, long de 5,72 km. À Mindanao, le golf d'Apo Golf and Country Club, principal parcours de l'île, se situe près du centre-ville de Davao. Dominé par le mont Apo, le parcours suit des courbes douces et vallonnées d'un paysage parsemé de fleurs tropicales, d’agoho et de cocotiers. Au nord de l'île de Luçon, Baguio, résidence d'été des Philippins aisés, à 1 520 m d'altitude, offre aux golfeurs l'air frais de ses montagnes. Le Baguio Country Club et le Camp John Hay sont situés dans une des plus jolies régions du pays et entourés de pins imposants, de collines verdoyantes et luxuriantes. Mais le premier, endommagé lors du tremblement de terre de 1990 qui fera 1 500 morts, fut impraticable les quelques années suivantes.

Quant aux championnats, ils se déroulent pour la plupart à Manille. Le parcours est du Wack Wack Golf and Country Club, qui accueille traditionnellement l'Open des Philippines, sert de référence à tous les autres terrains de l'archipel. Le Valey Golf Club, parcours vallonné situé dans les contreforts d'Antipolo, à 40 min de Manille, rivalise avec le Wack Wack. Un long parcours plat se trouve non loin de là : le Villamor Air Base Club. Les atouts naturels du pays n'ont pas échappé à l'attention des architectes des golfs les plus réputés : Robert Trent Jones et son fils sont les auteurs des parcours du Luisita Golf and Country Club à Tarlac, du Canlubang Golf and Country Club de Laguna, d'Alabang à Manille et de Calatagan à Batangas. La pièce maîtresse reste néanmoins le Puerto Azul Beach and Country Club. Aux Philippines, le golf peut être joué toute l'année, mais la meilleure saison s'étend de septembre à mars en raison de la saison chaude du pays qui fait son apparition.

Polo[modifier | modifier le code]

Le polo demeure à Manille autant sinon plus qu'ailleurs un sport réservé à une élite. Le golf et d'autres sports autrefois considérés comme tels se sont popularisés, mais le polo reste un sport onéreux. De bons chevaux coûtent entre 400 000 à 730 000 pesos soit entre 7 300 et 13 400 euros, à quoi viennent s'ajouter les frais d'entretien, d'entraînement, les soins vétérinaires, les transports et bien sûr le matériel (selles, maillets, balles, costume) et bien d'autres dépenses. Le polo oppose deux équipes de quatre cavaliers. Chaque match se divise en six périodes appelées des chukkers, durant chacune sept minutes. Le jeu se déroule sans interruption, à l'exception de courts intervalles après chaque chukka lorsque les cavaliers changent de monture. À Manille, une douzaine de cavaliers seulement ont un équipage complet, ce qui signifie qu'ils disposent chacun de six chevaux, soit un pour chaque chukka.

La saison du polo, aux Philippines, commence à la fin de la saison humide et dure jusqu'au retour des pluies, comme le golf. Les principaux tournois sont programmés à des dates déterminées par la tradition : les tournois ouverts sont financés par des entreprises privées. Les tournois anciens et réputés, comme la Cameron Forbes Cup et la Past President's Cup, ont lieu respectivement entre les mois de janvier et février. Le Manila Polo Club, fondé en 1909 par le gouverneur William Cameron Forbes, réunissait l'élite de la capitale. Jusqu'à Pearl Harbor, l'histoire du club reflète le colonialisme américain dans l'archipel. Le club, qui se composait surtout de hauts fonctionnaires et d'officiers américains, puis d'hommes d'affaires, est devenu plus cosmopolite, et les Philippins y sont désormais majoritaires. Avant la Seconde Guerre mondiale, ce club de polo, présidé par le gouverneur, le haut commissaire et par la suite, l'ambassadeur des États-Unis, constituait le bastion chic de la communauté américaine. Après sa disparition durant la guerre, un club provisoire, où les Philippins étaient désormais admis, fut rouvert à Parañaque City en 1946. Les sentiments nationalistes de l'après-guerre avaient fait leur chemin. En 1950, le club fut relogé à Forbes Park, à Makati, actuel centre d'affaires de Manille. Situé sur un terrain vaste et légèrement vallonné, il est difficile d'imaginer que la ville s'étend tout autour. On parle depuis une vingtaine d'années de vulgariser ce sport, ou tout au moins d'en populariser le spectacle en retransmettant les grandes rencontres à la télévision.

Courses de chevaux[modifier | modifier le code]

Le champ de course de Manille, familièrement appelé San Lazaro, se trouve sur Felix Huertas Street, dans le quartier de Santa Cruz. Les courses de chevaux ont été introduites aux Philippines vers les années 1860. À l'époque, le Manila Jockey Club organisait deux fois par an des courses plutôt huppées. Les spectateurs s'y rendaient dans des calèches flamboyantes, les femmes en robe longue et ombrelle, les hommes en redingote à boutons et cravate à « la mode d'Ascot ». Après les courses, les spectateurs se rendaient au bal, donné au même endroit. Aujourd'hui, les jockeys, en casaques de couleurs, montent des pur-sang importés. Les moyens les plus modernes sont mis en œuvre tels qu'un totaliseur, des ordinateurs, caméra et photo finish, cabines climatisées avec enregistrement automatique des paris et bien d'autres. À Manille, les courses de chevaux sont devenues une entreprise commerciale à part entière.

Au début des courses, les spectateurs se réunissent dans l'enceinte face au podium, à côté du paddock où sont parqués les chevaux, une race de petite taille mais hardie. Ce qui fait l'originalité d'une course de chevaux philippine, c'est sa simplicité : pas de snobisme, pas de turf soigneusement entretenu (le champ de course est en sable), pas de tenues élégantes. Les courses sont un sport dans sa forme la plus pure, un spectacle et une fête célébrant la beauté des chevaux, et non un de ces événements sociaux quelque peu prétentieux comme on peut en rencontrer en Europe. Le champ de course de Felix Huertas Street est un ovale parfait d'un pourtour de 1 200 mètres, dont la taille formidable paraît accrue encore dans les jeux de la lumière matinale. Le sol est composé d'une couche de sable recouvrant une base de pierre tendre et de charbon. Le champ est entouré de dizaines d'écuries au sommet desquelles les lads se perchent pour suivre l'évolution de leur favori. Le spectacle des chevaux, dont les sabots soulèvent un sable fin comme de la poussière, créant autour d'eux une sorte de halo argenté, le bruit sourd de leur course souple, le mouvement des muscles sous la peau luisante valent leur pesant d'or, au même titre que les paris, fort lucratifs qui atteignent environ quinze millions de pesos, soit 280 000 euros chaque week-end. L'épreuve principale est la Gran Copa Cup. Les autres courses importantes sont la Founders Cup, la Presidential Cup et surtout le National Grand Derby.

Pelote basque[modifier | modifier le code]

La pelote basque, appelée jai-alai aux Philippines (prononcé raî-alaî) est l'un des sports préférés des Philippins. Importé du Pays basque il y a environ un siècle, ce sport est souvent pratiqué aux Philippines par des descendants de colons basques. Les pelotaris sont en général jeunes, entre vingt et trente ans, et extraordinairement performants, conséquence d'un entraînement intensif. Toute l'excitation du jeu vient de la rapidité stupéfiante des échanges, la balle étant propulsée à des vitesses pouvant atteindre 240 km/h. Les joueurs portent d'ailleurs des casques de protection. Un match de jai-alai constitue un spectacle aussi étonnant que passionnant. Les joueurs arborent des chemises bariolées traditionnelles et se déplacent avec agilité, escaladant parfois le treillis métallique qui sépare le terrain de jeu des spectateurs pour pouvoir, s'il le faut, renvoyer une balle difficile.

Les blocs de granit du fronton de Manille, dans Taft Avenue, ont été importés de Shanghai, en Chine, lors de la démolition du stade considéré comme appartenant à un passé décadent. L'inauguration de ce terrain en 1940 par le président Manuel Quezon fut annoncée à l'époque comme l'événement social et sportif le plus important de toute l'histoire de Manille. Les matchs de jai-alai commencent tous les après-midi sauf les dimanches et jours fériés, à 17 h. Chaque session comporte 14 matchs, avec une pause d'environ 15 minutes entre chaque partie. Les matchs de pelote basque sont gratuits et les gradins sont tous les soirs pleins à craquer de supporters bruyants tellement ceux-ci sont passionnés. Les paris, légaux, se déroulent dans une atmosphère de franche surexcitation. Le jai-alai déchaîne les émotions fortes des Philippins, et c'est en criant kill ! kill ! ou encore mata ! mata ! (ce qui signifie tue ! tue !) que les joueurs, dans une course incessante, tentent de tromper l'adversaire par la violence des coups et l'habileté des déplacements. Sur le mur du terrain figure la sentence : « El fallo del juez es inapelado » (« La décision de l'arbitre est sans appel »), mais ceci n'empêche nullement la foule de siffler, huer, vitupérer, taper du pied et jurer si elle est en désaccord avec une décision importante. Les paris sur les matchs de jai-alai à Manille représentent des enjeux considérables : près de 20 % de la population s'y adonne, soit environ plus d'un demi-million de paris journaliers.

Arts martiaux[modifier | modifier le code]

La plupart des sports de combat sont connus de tous les visiteurs qui savent que le karaté, le kung-fu et le tae-kwon-do sont pratiqués aux Philippines, mais peu connaissent l'arnis de mano, le combat au bâton philippin. L'arnis a été inventé par les voyageurs obligés de se défendre contre les brigands armés de machettes. Il se pratique avec un bâton de bois dur d'un mètre de long, appelé tungkod. Les deux adversaires se portent des coups et parent. L'eskrima, qui se pratique avec des sabres au lieu de bâtons, en est une variante. Leur inefficacité face aux armes à feu des Espagnols entraîna le déclin de ces techniques de combat, devenues par la suite de simples arts martiaux. Pourtant, cette évolution n'empêcha pas les Espagnols d'en interdire la pratique, peut-être y voyaient-ils une manifestation d'agressivité à leur égard. Certains mouvements complexes caractéristiques de l'arnis sont sans doute des ajouts plus tardifs, ce type de combat évoluant vers une sorte de spectacle dansé. Des démonstrations de ce sport sont régulièrement organisées à Manille, notamment au musée en plein air de Nayong Pilipino, ainsi que dans tout l'archipel.

Arts et littérature[modifier | modifier le code]

Femme réalisant une danse traditionnelle.
Le héros national José Rizal fut tout d'abord un poète, un romancier et un artiste. Photo prise en 1893
José Garcia Villa lors d'une conférence en 1953

Danse[modifier | modifier le code]

La jeune femme, tête haute, se déplace avec une lenteur et une sûreté pleine de noblesse. Elle tient à la main deux grands éventails dorés. La richesse et la beauté de sa parure indiquent un rang élevé : c'est une princesse. Elle s'approche de deux figurants qui, tenant des perches de bambou, les croisent et se mettent à en frapper furieusement le sol entre les pieds de la jeune femme, dont le visage ne trahit pas la moindre expression, et qui, sans se départir de sa grâce et de sa sérénité, danse avec vivacité et agilité entre les bambous qui claquent. Cette danse, le Singkil, d'origine musulmane, est un grand classique souvent exécuté par des troupes de danseurs folkloriques professionnels. L'une de ces troupes, le Bayanihan (littéralement « travailler ensemble »), de renommée internationale, s'attache à préserver et à populariser les danses philippines traditionnelles dont le raffinement et la théâtralité ont permis de faire connaître les Philippines dans le monde entier. Des spectacles de ballets modernes et classiques créés et chorégraphiés pas des Philippins ont régulièrement lieu à Manille. Les compagnies les plus célèbres sont le Ballet Philippines, la Ramon Obusan Dance Company et la Seasonal Ballet Company, dont l'étoile la plus connue, Lisa Marcuja, fut révélée par le ballet russe du Kirov.

Nation de musiciens[modifier | modifier le code]

Les Philippins, rois du rythme, comédiens-nés, ont la réputation d'être un peu les troubadours de l'Asie[réf. nécessaire]. Les groupes philippins ont l'habitude de reprendre et d'imiter la musique pop européenne et américaine, en y ajoutant au passage ce zeste brillant et sophistiqué qui est leur cachet personnel. Les tubes occidentaux sont traduits en tagalog et souvent en taglish (en) (mélange de tagalog et d'anglais). Les stars locales de la chanson exercent une influence considérable sur la population, qui voit en elles des modèles.

La reine de la chanson philippine, Nora Aunor, a débuté comme vendeuse de boissons ambulante dans la gare d'Iriga, à Albay (Bicol). Elle fut découverte à l'âge de 14 ans, à Manille, lors du concours de chanteurs amateurs (il en existe beaucoup) le plus populaire du pays à l'époque, le Tawag ng Tang-halan. Elle a ensuite donné, dans les années 1960, un spectaculaire exemple de réussite, en devenant productrice de télévision et de cinéma. Parmi les autres grands noms de la scène musicale figurent le compositeur, chef d'orchestre, pianiste et chanteur Ryan Calatab, le maître de la musique philippine traditionnelle, et Bobby Enrique, surnommé « le sauvage », maître incontesté du jazz philippin. Freddie Aguilar, le « Beatle philippin » est l'un des rares chanteurs de renommée internationale. Au début des années 1980, sa chanson Bayan Ko (« Mon pays ») fut l'hymne du mouvement de révolte contre l'ancien président, Ferdinand Marcos. Plus récemment, les chanteurs Willie Revillame, présentateur de la célèbre émission Wowowee, connue dans tout l'archipel, se révéla comme chanteur en interprétant son titre Ikaw Na Nga, ainsi que Billy Crawford, jeune chanteur américano-philippin de 27 ans, fera ses débuts en musique en 1998 et connaît jusqu'à maintenant un succès international en se produisant aux Philippines, ainsi qu'en France et aux États-Unis.

La chanson et ses vedettes font étroitement partie de la vie quotidienne des Philippins. C'est à l'occasion d'émissions de télévision comme « Eat Bulaga » et « Lunch Date » à l'époque et même plus récemment, le Wowowee, que les futures vedettes de l'Asie conquièrent ce public exigeant. La musique classique ne manque pas non plus de dynamisme. Les meilleures formations classiques, l'Orchestre philharmonique des Philippines, le Choral Ensemble et les Philippine Madrigal Singers, outre le répertoire classique jouent également les œuvres de compositeurs philippins contemporains.

On a déjà évoqué à propos de la diversité des peuples philippins, l'extraordinaire variété des traditions culturelles que compte l'archipel. Sans doute ce qui était exclusivement culture orale n'a cessé de décliner au contact des colonisateurs et de leur civilisation de l'écrit. L'isolement de bon nombre de ces groupes ethniques leur a cependant permis de préserver leurs traditions musicales. Au cours de ses visites, le voyageur découvrira les gongs musulmans (ku-lintang), le git-git (utilisé par les Mangyans et les Négritos), un violon dont les cordes sont faites de cheveux humains, ou le kubing, une guimbarde répandue dans tout l'archipel.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Les premiers films muets furent projetés à Manille dès 1904. Il s'agissait, la plupart du temps, de films européens sous-titrés en espagnol. Le thème du premier film philippin, de 1919, était l'histoire d'une jeune paysanne vertueuse, devait donner le ton de la production locale des trente années suivantes. Le cinéma philippin se caractérisait par son goût pour le sentimentalisme et un jeu outré : on y trouvera de fortes similitudes avec le cinéma indien. Les quarante années ont vu se dessiner deux tendances : la multiplication des films d'action, souvent assez violents, et l'émergence d'un véritable cinéma philippin, traitant ses propres thèmes. À ce titre, le réalisateur Lino Brocka est sans doute la figure la plus marquante de cette rénovation. Son premier film non commercial, Tinimbang Ka Ngunit Kulag qui signifie « Tu as été évalué et jugé insuffisant  », qui relate l'histoire des exclus d'une petite ville vue par un jeune homme, fut encensé par les critiques et ébranla l'industrie cinématographique locale. Depuis, Brocka a produit plusieurs films sur des thèmes politiques, il y a quelques années, dont Bayan Ko (Mon pays), un film contre Ferdinand Marcos, et plus récemment Fight for U.S., l'histoire d'un ancien prêtre, prisonnier politique, et de ses désillusions après la révolution de 1982

Littérature[modifier | modifier le code]

José Rizal fut incontestablement la figure marquante de la littérature philippine des années révolutionnaires de la fin du XIXe siècle. Ses deux grands romans, écrits en espagnol, ‘‘Noli Me Tangere’’ de l’édition Gand, qui parut en 1887 et ‘‘El Filibusterismo’’ de la même édition, paru en 1891 jetèrent les bases d'une littérature en prose conjuguant les préoccupations artistiques et l'engagement politique. Après 1930, peu de Philippins continuèrent à écrire en espagnol à cause de l'expansion de l'anglais et de l'utilisation du tagalog comme langue littéraire. Au début du XXe siècle, la nouvelle, le dagli, influencée par des courants littéraires anglais et français, devint une forme littéraire très appréciée. La littérature d'après-guerre a été dominée par deux auteurs : Néstor Vicente Madali González et Nick Joaquin. Né en 1917, Nick Joaquin fut le grand homme des cercles littéraires de Manille. Essayiste, poète, dramaturge, nouvelliste et encore romancier, il a parcouru tous les chemins de la littérature et du journalisme du pays depuis près d'un demi-siècle. José Garcia Villa, quant à lui, proclamé artiste national en 1973, souvent cité comme le plus grand poète du pays, se surnommera lui-même le « Doveglion », une contraction des mots signifiant la colombe, l'aigle et le lion (dove, eagle, lion)

De la rue à la scène[modifier | modifier le code]

L'expression orale mélodramatique sur des thèmes profanes ou sacrés était traditionnelle chez les peuples philippins. Dans ce domaine, l'arrivée des Espagnols s'est traduite par l'apparition de formes hybrides. Dans les premiers poèmes en langue indigène (tagalog), les sujets religieux tels que les vies des saints, ou romanesques et la métrique étaient espagnols. Au théâtre, le moromoro, comédie accompagnée de musique et de danses avec pour thème récurrent la lutte entre chrétiens et musulmans, servait de cadre à des spectacles aussi vivants que colorés. Au début du XVIIIe siècle, la zarzuela, comédie mélodramatique musicale adaptée de la Commedia dell'arte, conquit rapidement un large public philippin, peut-être parce que cette forme de spectacle se prêtait au traitement de sujets d'actualité. À ce jour, Severino Reyes est considéré comme l'un des plus grands auteurs de zarzuela. Il n'est pas rare que ces pièces descendent ensuite dans la rue dans le cadre des fiestas qui conjuguent, sur le mode philippin, théâtre, passion religieuse et l'active participation des spectateurs.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture des Philippines.
Les rizières de Banaue, qui font partie du patrimoine mondial de l'UNESCO, parfois nommées comme la Huitième Merveille du Monde.

Tout au long de l'histoire du peuple philippin, aucune identité culturelle nationale n'est pourtant apparue. Cela est en partie dû au grand nombre de langues parlées dans le pays, que l'on estime aujourd'hui à 80, ainsi qu'aux très nombreux dialectes qui en découlent. L'isolement relatif entre populations voisines, que ce soit de village à village, ou d'île en île, a également contribué à cette absence d'identité unifiée.

Après l'arrivée des Espagnols, les missionnaires catholiques engagent des indigènes comme traducteurs, créant ainsi une classe de la population bilingue, connue sous le nom de ladinos. Ces personnes, notamment le traducteur et poète Gaspar Aquino de Belen, commencent alors à écrire des poèmes en alphabet latin mais principalement en langue tagalog. Pasyon est d'ailleurs une célèbre narration poétique de la passion, mort et résurrection du Christ commencée par Gaspar Aquino de Belen. Par la suite, les ballades espagnoles de chevalerie, fournissent un modèle pour la littérature laïque philippine. Des pièces de théâtre écrites en vers, ou komedya, font l'objet de représentations en langue régionale, permettant ainsi un accès à la littérature pour une majorité du peuple, alors illettrée. Ces komedya sont également diffusées sous forme écrite dans les langues régionales, en utilisant toujours l'alphabet latin.

En outre, la littérature classique (José Rizal, Pedro Paterno) et les documents historiques (Hymne national, Constitución Política de Malolos) sont écrits en langue espagnole, qui ne cesse définitivement d'être une langue officielle qu'en 1973. L'écrivain philippin Claro M. Recto continuera d'écrire en espagnol jusqu'en 1946.

Les Philippines sont également la patrie de nombreux héros. On considère que Lapu-Lapu, de Mactan, fut le premier qui commença à repousser l'agression européenne et est à l'origine de la mort de Fernand de Magellan. José Rizal (né le 19 juin 1861, dans la ville de Calamba, Laguna), fait figure de héros national. C'était un homme extrêmement cultivé parlant quelque 22 langues différentes. Poète, écrivain, médecin ophtalmologue (il fit une partie de ses études à Barcelone avant de s'installer à Paris, Heidelberg et Berlin), il joua un rôle essentiel dans le processus d'indépendance, s'inspirant de Don Quichotte dont il était un fidèle lecteur pour construire son projet politique et mener sa lutte contre le colonisateur. Jugé pour rébellion, il est exécuté le 30 décembre 1896. En hommage, le 30 décembre est aujourd'hui un jour férié aux Philippines. Plus récemment, le premier président de l'Assemblée générale de l'ONU, Carlos Peña Rómulo est une autre figure importante de l'histoire des Philippines.

Les églises baroques des Philippines et la ville historique de Vigan sont des sites historiques classés au patrimoine mondial de l'humanité, tout comme les rizières de Banaue de la Cordillère, que certains considèrent comme la Huitième merveille du monde. Malheureusement, pendant la Seconde Guerre mondiale, une grande partie du centre historique de la ville de Manille (intramuros) fut détruite, avant d'être reconstruite après la guerre.

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'an Bagong Taón
Jeudi saint Huwebes Santo Jeudi avant Pâques
Vendredi saint Biyernes Santo Vendredi avant Pâques
Pâques Linggó ng̃ Pagkabuhay Dimanche, fête mobile
9 avril Fête du courage Araw ng̃ Kagitingan
1er mai Fête du Travail Araw ng̃ Manggagawà Fête de travail
12 juin Fête de l'indépendance Araw ng̃ Kalayaan
31 août Fête des héros nationaux Araw ng̃ mg̃a Bayani
1er novembre Toussaint Todos los Santos
30 novembre Fête de Bonifacio Araw ni Bonfacio Andrés Bonifacio
25 décembre Noël Araw ng̃ Paskó
30 décembre Fête de Rizal Araw ni Rizal José Rizal
31 décembre Réveillon du nouvel an Bagong Taón

Codes[modifier | modifier le code]

les Philippines ont pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. constitution des Philippines, article XIV § 7
  2. (en)Commission on Population
  3. PIB nominal, d'après le Fonds monétaire international (FMI).
  4. PIB à parité de pouvoir d'achat, d'après le Fonds monétaire international (FMI).
  5. name=reCasualties>(en) Guillermo, Emil, « A first taste of empire », Milwaukee Journal Sentinel,‎ 8 février, 2004, p. 03J(en) (author inconnu), « Kipling, the 'White Man's Burden,' and U.S. Imperialism », Monthly Review, vol. 55,‎ premier november , 2003, p. 1
  6. http://www.irenees.net/bdf_fiche-experience-539_fr.html
  7. « Flux financiers et marchés émergents en Asie », par Pieter Van Dijk, dans Revue d'économie financière (1999) [1]
  8. Paul Hirst et Grahame Thompson, Globalisation in Question, seconde édition, Cambridge, Polity Press (1999), p. 134-162.
  9. Florence Beaugé, « Philippines : le fardeau des catastrophes naturelles », Le Monde,‎ 12 novembre 2013 (lire en ligne).
  10. Lexpress.fr avec afp, « Video, Typhon Haiyan: 1200 morts aux Philippines selon la Croix Rouge », lexpress.fr, publié le 09/11/2013,‎ 2013 (consulté le 11 novembre 2013)
  11. francetvinfo, « Philippines : les autorités craignent plus de 10 000 morts après le passage du typhon Haiyan », francetvinfo,‎ 2013 (consulté le 11 novembre 2013)
  12. « Philippines : deuil et dévastation après le super-typhon », http://www.leparisien.fr/,‎ 2013 (consulté le 11 novembre 2013)
  13. http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202796216325-la-croissance-insolente-des-philippines-570987.php
  14. http://www.bbc.co.uk/news/business-20066890
  15. http://www.philstar.com/headlines/2013/07/22/1002301/aquino-urges-congress-enact-key-economic-bills
  16. http://www.philstar.com/business/2013/06/11/952797/philippine-unemployment-6.9-7.5
  17. a et b (en) US-Aid Health Statistical Report à télécharger
  18. http://pdf.usaid.gov/pdf_docs/PNADM408.pdf
  19. (en)The Pew Forum - Global Christianity
  20. (en)The Pew Forum - The Global Catholic Population
  21. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Les Philippines », p. 128, Atlas des peuples d'Asie méridionale et orientale de Jean Sellier, éd. la découverte, mars 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]