Gare ferroviaire

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Bâtiment voyageurs de la gare de Saint-Germain-en-Laye-Grande-Ceinture en Île-de-France, rénové en 2004.
Gare de Taormina-Giardini, Sicile (Italie), inaugurée en 1866.

Une gare ferroviaire est le lieu d'arrêt des trains. Une gare comprend diverses installations qui ont une double fonction : permettre la montée ou la descente des voyageurs, ou le chargement et le déchargement des marchandises et pour certaines d'entre elles, assurer des fonctions de sécurité dans la circulation des trains.

Définition administrative d'une gare[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Par définition, en France, une gare est désignée comme suit :

« Installation, quelle que soit par ailleurs sa désignation administrative, « ouverte au service de la circulation », c'est-à-dire comportant au moins un agent circulation, ainsi que les aménagements nécessaires pour effectuer les opérations relatives à la circulation définies par les règlements [1]. »

En d'autres termes, une gare ainsi définie doit comporter au moins un agent-circulation, qui commande des aiguillages et des signaux, donc qui gère la circulation des trains. Un « arrêt voyageurs », même muni d'un bâtiment voyageurs et de quais, où il n'y a pas un agent ferroviaire qui gère la circulation des trains, n'est pas considéré comme une gare, mais désigné comme un Établissement de Pleine Ligne ; toutefois, pour ne pas porter à confusion ces différents termes au regard du public, certains arrêts voyageurs sont improprement désignés comme « gare ».

Il existe certaines gares où il n'y a pas de desserte ni pour les voyageurs, ni pour les marchandises. En général, ces gares permettent de commander des bifurcations ou bien des évitements : ce sont des voies parallèles aux voies principales qui permettent de faire stationner les trains, pour laisser passer un train plus rapide par exemple.

Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, une gare est définie comme suit :

« l’installation comprise entre les signaux d’entrée[2], si ceux-ci manquent entre les aiguilles d’entrée[3], servant à régler la circulation des trains et des mouvements de manœuvre[4], la plupart du temps ouverte au trafic public[5] »

Il n'est ainsi pas nécessaire qu'une gare soit occupée par un agent pour qu'elle soit définie comme telle, ce qui amène à une différence avec la définition en vigueur en France. Cette différence est importante puisqu'elle implique que des règles de circulation différentes sont applicables dans une gare.

Néanmoins, selon Hans G. Wägli, il s'agit de « terminologie impropre de fonctionnaire »[6] et l'usage courant hors du cadre administratif relève qu'il existe trois points de service différents[6] :

  1. les installations ferroviaires avec service public, qui sont des gares ;
  2. les installations ferroviaires avec service public dépourvues d'aiguillage, qui sont des haltes ;
  3. les installations ferroviaires sans service public, qui sont des stations.

Les gares qui n'effectuent que du service marchandises sont administrativement considérées comme des « voies industrielles »[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les gares ont progressivement acquis une importance historique, sociologique et esthétique qui dépasse largement leur simple fonction technique. Elles sont à l'image des chemins de fer un des éléments caractéristiques du développement industriel et de l’urbanisation du XIXe siècle. Les gares ferroviaires sont apparues en Angleterre durant les années 1820, puis en France, et finalement dans les autres pays touchés par l’industrialisation, dont les colonies. Elles sont à l'image des types d’organisation à l'origine de la création et du développement des chemins de fer dans le monde. Devenues purement fonctionnelles et victimes d'une relative perte d’identité au cours des années 1950, les gares connaissent un renouveau architectural depuis, en partie grâce à l’apparition des trains à grande vitesse au début des années 1980 et au développement de la desserte ferroviaire péri-urbaine.

À l'origine de la création des chemins de fer, les premières gares furent appelées « embarcadères » (lieu d'embarquement) par analogie avec la voie d'eau, ou parfois « débarcadères ». Le terme « gare », venu de la voie fluviale, désignait sur les lignes à voie unique, les points dotés d'une voie d'évitement (de garage) destinée à permettre le croisement des trains.

Gares voyageurs[modifier | modifier le code]

Exemple d'architecture ferroviaire du XIXe siècle : vitraux de la gare Abando de Bilbao (Pays basque, Espagne).

Les gares, souvent perçues principalement comme des bâtiments, sont en fait des ensembles fonctionnels plus larges, conçus pour regrouper toutes les fonctions centrées sur l'accès au train, dont l'information sur le voyage, l'achat des titres de transports, ainsi que divers services commerciaux liés au voyage. Pour certaines gares, le passage de nombreux voyageurs justifie l'installation de fonctions annexes au déplacement proprement dit, tels que des commerces variés.

Les gares de voyageurs sont de taille très variables.

Les gares peu importantes, qui constituent un simple point d'arrêt, souvent sans personnel permanent, sont appelées « haltes » ou « points d'arrêt ».

Les gares principales situées dans les grandes villes sont des lieux d'échange entre le mode ferroviaire et les divers modes de transport urbains (bus, tramway, métro) ; on les appelle alors pôles d'échanges. Elles voient passer quotidiennement un nombre considérable de personnes, tant voyageurs que chalands venant fréquenter les nombreux commerces qui s'y sont souvent installés.

Dans certains pays, elles sont gérées par des sociétés distinctes, souvent filiales, des entreprises ferroviaires. C'est le cas, par exemple en Italie de la société Grandi Stazioni, filiale des Ferrovie dello Stato, qui a récemment réaménagé et modernisé la gare de Rome-Termini, faisant de celle-ci un véritable centre commercial.

Ces gares sont souvent des monuments, parfois classés, de l'architecture du XIXe siècle ; un renouveau dans l'architecture des gares est intervenu avec la construction des lignes nouvelles comme notamment en France la gare de Lyon-Saint-Exupéry TGV dessinée par l'architecte catalan Santiago Calatrava.

Abords[modifier | modifier le code]

Les abords des gares, qu'ils en fassent partie (certains parvis) ou non comme de nombreuses places de gares par exemple, sont le premier élément fonctionnel de la gare. Ils facilitent le passage du voyageur au transport ferroviaire depuis un autre mode et vice-versa. On y trouve donc :

L'intégration de ces diverses fonctions aboutit à la conception d'un pôle d'échanges ou pôle intermodal.

Bâtiment voyageurs[modifier | modifier le code]

Le bâtiment voyageurs (BV) est l'élément central des gares voyageurs.

On distinguera deux types de gares de voyageurs :

Gare terminus de Tanger (Maroc).
Les gares terminus 
Le bâtiment est généralement au bout des quais, il est composé symétriquement : un côté pour les départs, et l'autre pour les arrivées.
Exemples : les six grandes gares parisiennes, la gare de Lille-Flandres, la gare de Marseille-Saint-Charles, la gare de Brest, la gare du Havre, la gare de Tours, la gare d'Orléans, la Gare centrale de La Haye, etc.
Les gares de passage 
Le bâtiment est généralement le long des voies, du côté orienté vers le centre de l'agglomération. On accède aux quais par une passerelle ou un souterrain. Il arrive qu'il soit placé au-dessus des quais (exemple de la gare des Bénédictins à Limoges, la Gare de Lyon-Perrache). Les installations d'accueil des voyageurs peuvent aussi se trouver sous les quais, comme à Lyon-Part-Dieu.
Exemples : la gare Lille-Europe, la gare de la Part-Dieu, les nouvelles gares sur lignes à grande vitesse, etc.

L'architecture des gares[modifier | modifier le code]

La gare de Lahore au Pakistan.
La gare centrale de Maputo au Mozambique.
Gare de Hua Hin en Thaïlande.

L'éclectisme architectural du XIXe siècle a donné naissance à une multitude de styles, en fonction des pays, des villes desservies, allant de l’extravagance des gares balnéaires aux bâtiments purement fonctionnels en passant par l’exotisme des gares coloniales. On peut citer le style néo-gothique de la gare de Saint-Pancras à Londres choisi par George Gilbert Scott (1868-1874), qui contraste violemment avec la gare voisine de King’s Cross, dessinée par l'architecte Lewis Cubitt en 1851-1852, au style purement fonctionnel, ou encore la gare d’Helsinki (1913-1914) au style monumental précurseur de l’art déco. Jacques Hittorff conçoit de 1861 à 1865 la seconde gare du Nord à Paris avec plus de liberté.

L'architecture des gares devaient surtout mettre en valeur l’identité et la puissance de leur compagnie ferroviaire par leur aspect monumental et leur prestige. L’ornementation sculptée de la façade évoque souvent l’étendue du réseau de la compagnie par des statues allégoriques ou des écussons représentant les emblèmes des diverses villes desservies. Des éléments caractérisant la fonction ferroviaire des bâtiments ont été recherchés par les architectes : des façades comme celle de la gare de l'Est de Budapest imitent le style des arcs de triomphe antiques, tandis que la tour d'horloge qui apparaît ailleurs (Gare de Lyon à Paris, gare de Limoges-Bénédictins, Gare de Rouen-Rive-Droite) évoque la rapidité et la ponctualité des chemins de fer.

Après la Seconde Guerre mondiale, la variété architecturale s’estompe, et les gares subissent l'évolution de cette époque poussant à l'uniformisation purement fonctionnelle, et ce à l'échelle mondiale.

Le magazine américain Newsweek a établi une liste des 9 plus belles gares ferroviaires du monde[8],[9].

  1. Gare de Saint-Pancras de Londres
  2. Grand Central Terminal de New York
  3. Chhatrapati Shivaji Terminus de Bombay
  4. Gare de Limoges-Bénédictins à Limoges
  5. Gare centrale d'Anvers
  6. Lahore Railway Station (en) à Lahore
  7. Estação Central dos Caminhos de Ferro à Maputo
  8. Gare de Hua Hin à Hua Hin en Thaïlande
  9. Gare d'Atocha à Madrid

Le site web Stredentripper dresse lui la liste suivante des plus belles gares d'Europe [10] :

  1. Gare de Limoges-Bénédictins à Limoges
  2. Gare centrale d'Anvers
  3. Gare de Groningue (nl) à Groningue
  4. Berlin Hauptbahnhof à Berlin
  5. Gare centrale d'Helsinki
  6. Gare de Lugovaya à Vladivostok
  7. Gare des Guillemins à Liège
  8. Gare d'Atocha à Madrid
  9. Gare de Haydarpasa à Istanbul
  10. Gare de Saint-Pancras de Londres

Pour le blog américain Mental Floss en 2014, le classement est le suivant[11] :

  1. Chhatrapati Shivaji Terminus de Bombay
  2. Grand Central Terminal de New York
  3. Gare des Guillemins à Liège
  4. Gare de Saint-Pancras de Londres
  5. Gare de Dunedin à Dunedin
  6. Gare centrale d'Anvers
  7. Gare de Milan-Centrale à Milan
  8. Gare de Sirkeci (en) à Istambul
  9. Gare de Haydarpasa à Istambul
  10. Gare de la Luz à São Paulo
  11. Estação Central dos Caminhos de Ferro à Maputo
  12. Gare d'Atocha à Madrid
  13. Gare centrale d'Helsinki
  14. Gare de Kuala Lumpur à Kuala Lumpur

Accès aux quais[modifier | modifier le code]

Quais et voies[modifier | modifier le code]

Un quai de gare est un aménagement parallèle à la voie ferrée et permettant l'accès aux voitures. Généralement, les gares possèdent au moins un quai, les plus grandes en ayant de nombreux.

Il est souvent surélevé par rapport au niveau de la voie pour faciliter l'accès au train.

Halte ferroviaire[modifier | modifier le code]

La halte de Kinoe au Japon

Les haltes sont des points d'arrêt dépourvus de bâtiment voyageurs et de présence permanente de personnel ; les infrastructures ferroviaires y sont généralement très réduites.

L'arrêt peut être matérialisé par une simple pancarte ou un petit abri, voire une aubette pour quelques voyageurs. Sur certaines lignes, il peut y avoir un chef de halte mais ce cas reste rare.

Le plan de voie se limite souvent à la simple voie directe. Cependant il peut y avoir un évitement ou une voie de garage en particulier pour les trains de service.

On peut distinguer deux grands types de haltes :

  • les haltes rurales correspondant en général à des points d'arrêt à fréquentations très réduites dans des zones à faible densité de population ; cette catégorie comprend aussi les cas d'anciennes gares désaffectées, qui deviennent de facto des haltes ;
  • les haltes périurbaines : dans ce cas, le choix de ne pas accompagner le point d'arrêt de personnel résulte d'une approche économique, la fréquentation attendue du point d'arrêt étant essentiellement une clientèle de déplacements pendulaires, qui nécessite peu d'information et dispose d'abonnements.

La plus grande halte TGV de France est située à Nurieux sur la ligne du Haut-Bugey, reliant Paris à Genève via Bourg-en-Bresse.

Gare marchandises[modifier | modifier le code]

La ville de Capdenac-Gare dans l'Aveyron enserre la gare.

Aux débuts du chemin de fer, les gares de marchandises assuraient la totalité du traitement du trafic de marchandises. Elles étaient dotées de halles à marchandises et de vastes cours de débord, dans lesquelles s'opérait le transbordement des chargements entre les wagons et les véhicules routiers assurant la livraison terminale vers les installations des clients (expéditeurs ou destinataires). Le trafic, assuré essentiellement selon le principe du wagon isolé, passait par le relais des gares de triage.

Au XXIe siècle, la plus grande partie du trafic ne se traite plus dans les cours de débord, souvent tombées en désuétude, parfois, notamment dans les banlieues des grandes villes, transformées en aires de stationnement. Les marchandises, aujourd'hui nommées « fret », sont transportées en trains-blocs ou trains entiers ou en transport combiné, de moins en moins souvent en wagon isolé (peu rentable) et se traitent pour l'essentiel :

Chantiers multimodaux[modifier | modifier le code]

Embranchements particuliers[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Embranchement particulier.

Ces embranchements sont de plus en plus très intégrés dans la logistique des entreprises clientes du chemin de fer, et à ce titre appelées, en France, « installations terminales embranchées » ; elles peuvent englober diverses installations de manutention destinées à faciliter le transfert des marchandises : grues à portiques, bandes transporteuses, silos, etc. Les voies ferrées elles-mêmes peuvent dans certains cas représenter des longueurs considérables.

Embranchements portuaires[modifier | modifier le code]

Les embranchements portuaires sont l'ensemble des voies marchandises qui arrivent jusqu'aux quais dans les ports de commerce. Les marchandises transportées dans les wagons peuvent ainsi être transbordée dans les navires et réciproquement. Ces transbordement font souvent appel à des grues. Dans les grands ports, les embranchements peuvent représenter des longueurs de voies très importantes comme dans les ports de Dunkerque, d'Anvers ou de Hambourg.

Un autre type d'embranchement portuaire est celui des ports de pêche. Les wagons réfrigérés sont alors chargés le plus souvent à la main ou à l'aide de chariots élévateurs des produits frais pour être transportés rapidement sur les marchés.

En France, les réseaux ferrés portuaires ont vu leur gestion confiée depuis 2008 aux ports autonomes, qui deviennent de fait gestionnaires d'infrastructure.

Halle à marchandise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Halle à marchandises.

Une halle à marchandise est un bâtiment utilisé pour le stockage des marchandises ainsi que le chargement et déchargement dans les trains.

Triage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Triage.

Un cas particulier est celui des gares de triage, dont la fonction est d'assurer la recomposition des trains dits du lotissement, c'est-à-dire des trains qui acheminent les wagons isolés.

Reconversions[modifier | modifier le code]

Gare de Scry (Mettet) en Belgique, exemple d'une ancienne gare désaffectée puis rénovée.

De nos jours, un grand nombre de particuliers ont la possibilité de racheter et de restaurer une gare, laissée à l'abandon.

Cette opportunité permet ainsi à des bâtiments délabrés de retrouver leur cachet d'antan grâce à ces particuliers qui d'une certaine manière contribuent à la conservation du patrimoine, qui, dans d'autres circonstances, aurait pu être détruit.

Il existe d'autres exemples de reconversion comme celui de la Gare de Maubec (ancienne gare SNCF du Vaucluse), transformée par une association en lieu culturel depuis 1997, après la fermeture de la ligne Avignon-Apt.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Réglement SNCF IN 1472 - Vocabulaire utilisé dans le Règlement Général de Sécurité
  2. Signal d'entrée : le premier signal principal appartenant à une gare. Il marque la frontière entre la pleine voie et la gare. Définition issue de la PCT R 300.1, p. 44
  3. Aiguille d’entrée : la première aiguille d’une gare abordée par la pointe depuis la pleine voie. Définition issue de la PCT R 300.1, p. 34
  4. Mouvement de manœuvre : tous les déplacements de véhicules en gare, dans les ateliers et les dépôts, sur des voies de raccordement et en pleine voie et qui ne peuvent pas être exécutés comme circulation de train. Définition issue de la PCT R 300.1, p. 41
  5. Définition issue de la PCT R 300.1, p. 39
  6. a et b Hans G. Wägli, Bahnprofil Schweiz (Le rail suisse en profil), p. 7
  7. Hans G. Wägli, Bahnprofil Schweiz (Le rail suisse en profil), p. 8
  8. (fr) Visite simultanée des gares de Liège et d’Anvers sur www.lesoir.be
  9. (en) Stations: A Destination That Matches the Journey sur www.newsweek.com
  10. (nl) De Mooiste Europese Treinstations sur www.stedentripper.com
  11. Liège-Guillemins, «troisième plus belle gare du monde» , Vers l'avenir, 13 février 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]