Venezuela

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République Bolivarienne du Venezuela

República Bolivariana de Venezuela (es) Prononciation du titre dans sa version originale Écouter

Drapeau
Drapeau du Venezuela
Blason
Armoiries du Venezuela
alt=Description de l'image VEN orthographic.svg.
Devise nationale Dios y Federación
Hymne national Gloria al bravo pueblo
Administration
Forme de l'État République fédérale présidentielle
Président Nicolás Maduro
Langues officielles Espagnol
Capitale Caracas

10° 29′ 28″ N 66° 54′ 07″ O / 10.49111, -66.90194

Géographie
Plus grande ville Caracas
Superficie totale 916 445 km2
(classé 33e)
Superficie en eau 0,3 %
Fuseau horaire UTC -4h30min
Histoire
Indépendance de l’Espagne
Date 5 juillet 1811
Démographie
Gentilé Vénézuélien, Vénézuélienne
Population totale (2014) 30 206 307 hab.
(classé 45e)
Densité 30,7 hab./km2
Économie
IDH (2012) en augmentation 0,748[1] (élevé) (71e)
Monnaie Bolívar vénézuélien (VEF​)
Divers
Code ISO 3166-1 VEN, VE​
Domaine Internet .ve
Indicatif téléphonique +58

Le Venezuela ou Vénézuéla[2], en forme longue la République bolivarienne du Venezuela, en espagnol República Bolivariana de Venezuela, nom officiel en l'honneur de Simón Bolívar, est une république fédérale située dans la partie la plus septentrionale de l'Amérique du Sud, bordé au nord par la mer des Antilles, à l'est par le Guyana, au sud par le Brésil, au sud-ouest et à l'ouest par la Colombie. Christophe Colomb, le 3 août 1498, nomma Isla de Gracia (« Île de Grâce ») la terre sur laquelle il débarqua et qu'il prit pour une île[3] et aujourd'hui connue sous le nom Tierra de Gracia (« Terre de Grâce ») lors de son troisième voyage de découverte de l'Amérique.

La langue nationale du Venezuela est l'espagnol et sa capitale est Caracas, sa principale métropole aussi. Sa population est composée essentiellement de métis. Le Venezuela est une puissance énergétique majeure et affirme avoir des réserves de pétrole de l'ordre de 297 milliards de barils[4] ce qui en ferait le premier pays du monde dans le classement par réserves de pétrole prouvées. Ces certifications comprennent un pétrole extra-lourd d'une exploitation plus coûteuse. Le pays est riche bien d'autres matières premières, d'une importante diversité géographique et d'une megadiversité remarquable. Sa devise est Dios y Federación (« Dieu et Fédération ») et son hymne le Gloria al Bravo Pueblo (« Gloire au Peuple Brave »).

Le Venezuela est membre de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) depuis la Déclaration conjointe signée par Hugo Chávez et Fidel Castro le 14 décembre 2004 à La Havane.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Origine européenne[modifier | modifier le code]

En 1499, une expédition menée par Amerigo Vespucci et Alonso de Ojeda explore cette région pour la première fois (côte nord-ouest). Elle découvre des indigènes (dont des Caraïbes, des Arawaks et des Cumanagatos), vivant principalement d'agriculture et de chasse, installés le long de la côte, de la Cordillère des Andes et du fleuve Orénoque. Les maisons sur pilotis des Indiens du golfe de Maracaibo font penser à une petite Venise, Venezziola, ce qui donnera le nom du pays[5].

Origine indigène[modifier | modifier le code]

Une autre version affirme que le nom Venezuela a pour origine un vocable indigène[6]. Une première preuve vient de Martín Fernández de Enciso, membre de l'expédition de Vespucci et Ojeda. Dans son livre Summa de Geografía édité en 1519, il affirme que l'expédition a rencontré une population indigène qui se nomme elle-même Veneçiuela, ce qui suggère que le nom Venezuela ait pu dériver de ce nom local : « Desdel cabo de Sant Romá al cabo de Coquibacoa ay tres isleos en triángulo. Entre estos dos cabos se haze un golfo de mar en figura quadrada. E al cabo de Coquibacoa entra desde est golfo otro golfo pequeño en la tierra cuatro leguas. E al cabo del a cerca dela esta una peña grande que es llana encima della. Y encima de ella está un lugar d'casas de indios que se llama Veneçiuela. Esta en X grados. »[7]

Une seconde preuve vient d'Antonio Vázquez de Espinosa, moine espagnol, qui écrit dans son ouvrage Compendio y Descripcion de las Indias Occidentales (1629) : « Venezuela en la lengua natural de aquella tierra quiere decir Agua grande, por la gran laguna de Maracaibo que tiene en su distrito, como quien dice, la Provincia de la grande laguna. »[8]

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'époque précolombine, le territoire de l'actuel Venezuela était habité par plusieurs peuples, dont des Caraïbes, des Arawaks et des Cumanagotos.

Christophe Colomb fut le premier conquérant espagnol à atteindre cette région le 3 août 1498, lors de son troisième voyage. En début du XVIe siècle, les Espagnols commencèrent à coloniser les îles et les régions côtières. L'un de premiers établissements colonial du Venezuela fut la ville de Nueva Cadiz dans l'ile de Cubagua, cette ville est aujourd'hui disparue. Les villes Cumana et Coro, fondées en 1515 et en 1527 furent les premières colonies d'importance dans le pays.

La colonisation[modifier | modifier le code]

Le premier trait historique d'une colonisation du territoire vénézuélien est allemand avec la famille Welser. Bartholomé Welser commença cette entreprise et il finança les expéditions pour la recherche d'or et le mythique El Dorado. Cette première colonisation de plusieurs gouvernants allemands ne dura que 28 ans, abandonnée en 1556.

Ceci dit, ce furent les Espagnols qui, au cours des trois siècles suivantes, réalisent la colonisation et l'administration de l'actuel territoire vénézuélien, notamment à travers le Cabildo.

Les guerres d’indépendance[modifier | modifier le code]

Plusieurs conspirations contre les représentants de la couronne espagnole précédent les guerres d'indépendance.

En fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, inspirés par les révolutions américaines et françaises, les futurs héros de la nation incarnent un effort d'émancipation et d'indépendance des colonies espagnoles en Amérique.

Le 19 avril 1810, une assemblé fut formée à la suite de la destitution de Vicente Emparan, gouverneur de la capitainerie générale du Venezuela.

Le 5 juillet 1811, le Venezuela se déclare indépendant et cela déclenche la réaction de la Couronne. Simón Bolívar fut le grand leader de ce mouvement et des luttes pour la construction d'une nouvelle nation.

La Grande Colombie[modifier | modifier le code]

Le 15 février 1819, à Angostura, aujourd'hui Ciudad Bolivar, fut réunit un congrès constituant pour la nouvelle République. La République de Colombie ou la Grande Colombie fut un État défini par le congrès d'Angostura dans le territoire du Viroyaume de Nouvelle Grenade de l'Empire espagnol. Les territoires aujourd'hui des 4 pays : Colombie, Équateur, Panama et Venezuela.

Les caudillos[modifier | modifier le code]

Des intérêts vénézuéliens et les vastes distances entre les départements de la nouvelle République, font éclater le rêve de Bolivar et redéfinissent les territoires comme les territoires de pays bien distincts. Au Venezuela, le plus charismatique de ses généraux, le général Paez, fut à la tête des revendications et de la séparation définitive en 1831.

Lui et d'autres caudillos militaires réalisent la conquête de pouvoir pour les quinquenats qui poursuivent.

La guerre fédérale et le libéralisme jaune[modifier | modifier le code]

Au cours du XIXe siècle le Venezuela traverse des difficultés et conjonctures qui finissent par la matérialisation du plus grand conflit interne que le pays ait connu : la guerre fédérale.

Le triomphe des fédéralistes sur les conservateurs fut au prix le plus coûteux en vies perdues et en dévastations et pertes matérielles.

Le libéralisme jaune est le nom de la période qui succède la guerre civile et sous laquelle Antonio Guzman Blanco modernise et donne un ordre définitif au pays.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Après les régimes militaires et dictatoriaux, le Venezuela change véritablement, en 1935 après la mort du général Juan Vicente Gomez, chef d'État pendant 27 ans.

L'exploitation pétrolière commença en 1917. Les compagnies multinationales arrivent en 1922. Ces évènements sont majeurs car ils bouleversent l'activité économique du pays.

Le Venezuela fut un pays neutre lors du premier conflit mondial, mais lors de la Seconde Guerre Mondiale, il officialise son soutien aux pays alliés. Le Venezuela a ensuite eu un intérêt et un souci pour l'équilibre et la paix mondiale.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Venezuela.
Les plages du Venezuela attirent de nombreux touristes.

Le territoire vénézuélien s'étend depuis les environs de l'équateur jusqu'au nord du onzième parallèle. Sa superficie est de 916 445 km2.

Sur le continent, le Venezuela possède des frontières avec le Guyana à l'est, le Brésil au sud, la Colombie à l'ouest, et à quelques dizaines de milles au large des côtes de la mer des Caraïbes au nord, se trouvent les Antilles néerlandaises (Aruba, Bonaire, Curaçao) et Trinité-et-Tobago (ex-GB). On peut distinguer trois grandes régions : la côte et les Andes au nord et à l'ouest, les plaines au centre et le massif guyanais au sud-est.

  • La pointe septentrionale de la cordillère des Andes culmine à 4 978 m au Pic Bolívar. Elle enserre le lac Maracaibo et se prolonge vers l'est en longeant la côte.
  • Les grandes plaines, appelées les Llanos (plaines en espagnol) occupent le nord du bassin de l’Orénoque et de ses affluents Arauca et Apure. Le fleuve se jette dans la mer des Caraïbes par un énorme delta marécageux qui occupe toute la région nord-est du pays (Delta Amacuro ).
  • Salto Angel, cascade ininterrompue la plus haute du monde.
    Le sud du bassin de l'Orénoque, avec son affluent Caroní, est sauvage et est une région touristique. On y trouve un des hauts lieux le plus attractifs du pays : les chutes de Salto Angel hautes de 979 mètres, reconnues comme les plus hautes chutes d'eau au monde.

Il possède également 72 îles, dispersées dans la mer des Caraïbes et dans l'océan Atlantique, regroupées dans les Dépendances fédérales. Margarita est la plus grande et la plus peuplée.

Grandes villes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Villes du Venezuela.
Vue aérienne sur partie de Caracas

La capitale du Venezuela, Caracas, s’étend d'est en ouest de l'autre côté de la cordillère côtière, à quelque 900 mètres d'altitude. Il faut compter environ une demi-heure pour parcourir la trentaine de kilomètres qui sépare l’aéroport, situé en bord de mer, de la ville. Près de 5 millions d'habitants habitent la métropole. Les quartiers pauvres s'appellent les ranchos. Des pluies diluviennes, suivies d'importants glissements de terrain dans des zones fortement peuplées proches de l'aéroport international Simon Bolivar (La Guaira - État de Vargas) ont fait des milliers de morts en décembre 1999. Cette triste page de l'histoire vénézuélienne est couramment appelée « La tragédie » par les autochtones.

Maracaibo, capitale de l'état Zulia, est la deuxième métropole du pays. Parmi les villes les plus peuplées suivent: Valencia, Maracay et Barquisimeto.

Vue de Maracay

Frontières terrestres[modifier | modifier le code]

Cependant, le Venezuela revendique le territoire correspondant au Guyana actuel, allant parfois à repousser ses frontières jusqu'au Suriname. Sur les cartes du Venezuela, le Guyana est indiqué en tant que Zone en réclamation.

Drapeau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Drapeau du Venezuela.
Drapeau national du Venezuela.
Drapeau civil du Venezuela.

Le 7 mars 2006, le Parlement du Venezuela adopte la modification du drapeau national afin de l’adapter à la « révolution socialiste » du président Hugo Chávez, à l’initiative du projet. Entièrement contrôlé par les partisans du chef de l’État à la suite du boycott des élections législatives par l’opposition en décembre, le Parlement a approuvé l’ajout d’une huitième étoile en hommage au héros national Simón Bolívar, libérateur de l’Amérique latine et inspirateur de l’idéologie du régime. Les députés vénézuéliens ont également modifié le galop du cheval blanc figurant sur l’écusson national afin de le tourner, non plus vers la droite, mais vers la gauche, afin de symboliser l’orientation politique du gouvernement. Toutefois, en termes d'héraldique, le cheval se déplace vers la dextre, ce qui rend le message un peu confus. Le Parlement a également décidé certains ajouts sur l’écusson, tels qu’un kayak, un arc et une flèche représentant les armes des indigènes ou une machette de paysan, en hommage aux racines des descendants d’origine africaine.

Ordres et décorations[modifier | modifier le code]

Ordres nationaux :

Organisation territoriale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : États du Venezuela.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Venezuela.
Centre de Caracas.

Le Venezuela est un pays en développement, classé 59e pour le PIB / habitant (PPA) par le FMI. Son économie est essentiellement tournée autour du pétrole et du gaz naturel, secteur qui représente 95 % des exportations et 25 % du PIB[9].

Le pays est un important producteur de pétrole et un membre fondateur de l'OPEP. Le Venezuela est entré dans le Mercosur[10]. En 2010, sa production de pétrole est de 2,5 millions de barils/jour. Avec ces données, il est le onzième plus grand producteur au monde[11]. Selon l'OPEP, les réserves prouvées en pétrole atteindraient 296,50 milliards de barils, ce qui le fait accéder à la première place mondiale devant l'Arabie saoudite[12]. Le pays possède une économie de marché.

Le Venezuela est la cinquième puissance économique latino-américaine en termes de produit intérieur brut, après le Brésil, le Mexique, l'Argentine et la Colombie avec un PIB estimé à 367,5 milliards de dollars en 2013 selon la Banque Mondiale. Son classement est identique lorsqu'exprimé en parité de pouvoir d'achat[13]. Cependant en termes de PIB par habitant, le Venezuela se situe à la 4ème place d'Amérique du Sud avec 9960 USD par habitant en 2009 (Source FMI).

Le RNB par habitant est de 12 550 dollars en 2013, soit au dessus de la moyenne des pays d'Amérique latine et de la Caraïbes (9314 USD en 2013)[14]. Dans ce pays pétrolier, le carburant est fortement subventionné et coûte moins de 2 centimes d'euro le litre. Malgré les exportations d'or noir, les comptes de l'État accusent un déficit important financés par la création monétaire et induisant une très forte inflation[15]. Les prix de certaines denrées de base sont fixés par l'État, ce qui explique, selon l'opposition, la grave pénurie de lait, de sucre et d'œufs. Selon le gouvernement cette pénurie est due à un rachat de ces denrées par des multinationales[16].

Caracas est le centre économique, financier et industriel du Venezuela. Le pays est faiblement industrialisé en dehors de la production pétrolière et importe la plupart de ses biens de consommation[17]. L'industrie manufacturière est apparue dans le pays au cours du XXe siècle. Hormis le pétrole, le pays est un producteur d'acier, d'aluminium, de ciment et de pneus. L'industrie automobile est présente au Venezuela depuis les années 1990, avec l'installation notamment de la société américaine Ford.

Il existe de très fortes inégalités sociales au Venezuela. Ainsi, près de 60 % des habitants de Caracas s'entassent dans des barrios (quartiers pauvres), alors que de 10 % à 20 % des Vénézuéliens n'auraient pas accès à l'eau potable et que, dans le même temps, le Venezuela est le pays ayant le plus de millionnaires en Amérique latine. L'essence à la pompe est la moins chère du monde (au 10/12/2010, 1,2 centime d'euros le litre de super 95).

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Venezuela.
  • IDH : 0,748 (2012)[1]
  • Nombre d'habitants : 30 206 307 (2014)
  • Densité de population : 30,7 hab./km2 (2012)

Santé[modifier | modifier le code]

Criminalité[modifier | modifier le code]

Le Venezuela détient le taux de criminalité le plus élevé d'Amérique du Sud. Celle-ci s'est considérablement accrue depuis l'arrivée du pouvoir de Hugo Chávez en 1999, année pendant laquelle « seulement (sic) 4 550 personnes avaient été tuées » en comparaison de 19 336 en 2011. Ce fort accroissement de la criminalité résulterait notamment de la création de groupes de milices civiles armées encouragées par le régime[18].

Selon les chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur en 2013 le nombre de meurtres commis en 2012 serait de 16 000 (92 % avec des armes à feu), ce qui représente un taux de 55,2 homicides pour 100 000 habitants. Le Venezuela se placerait ainsi au troisième rang mondial pour la criminalité après le Honduras et le Guatemala. Ces chiffres très élevés sont néanmoins contestés par l'organisation non gouvernementale Observatoire vénézuélien de la violence qui donne une estimation encore plus haute pour 2012 de 21 692 meurtres commis, soit un taux de 73 homicides pour 100 000 habitants[19]. Caracas serait la capitale la plus dangereuse dans le monde, avec 122 homicides pour 100 000 habitants.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Venezuela.

Historiquement, la politique vénézuélienne suit une tendance présidentielle et caudilliste. Le président défini et exécute les politiques intérieure et extérieure. Cette forme politique remonte au XIXe siècle, caractérisée par les différents régimes militaires du général José Antonio Páez, les frères Monagas, Juan Crisóstomo Falcón et Antonio Guzmán Blanco, président à plusieurs reprises. L'organisation du pays est souvent fragilisée par des conflits internes et des luttes de pouvoir. Le début du XXe siècle est marqué par le régime militaire du général Juan Vicente Gómez qui gouverne directement ou non pendant 27 ans. Ce régime est suivi des deux quinquennats de transition républicaine à un forme de gouvernement plus démocratique avec Rómulo Betancourt et l'élection universelle de l'illustre Rómulo Gallegos, le plus grand romancier et représentant de la littérature vénézuélienne. À la suite d'un coup d'État qu'il subit après neuf mois au pouvoir, les militaires Carlos Delgado Chalbaud et Marcos Perez Jimenez gouvernent entre 1948-1958 avec des politiques progressistes et répressives. Un bouleversement civil et militaire le 23 janvier 1958 redémarre la transition démocratique qui finit en bipartisme jusqu'au 5 décembre 1992 élection du président Rafael Caldera.

Le début du XXIe siècle est marqué par la personnalité du président Hugo Chávez, qui dirige le pays pendant 14 ans (1999-2013) jusqu'à sa mort. Avant sa mort, Chávez désigne comme son possible successeur son ancien ministre des Affaire étrangères et récent Vice-président Nicolás Maduro. Lors de sa mort, Nicolas Maduro devient président par intérim puis remporte une nouvelle élection présidentielle avec 50,62 % des voix, élection contestée formellement par le leader d’opposition Henrique Capriles.

Hugo Chavez fut président du Venezuela remportant des élections (contestées ou non) à plusieurs reprises. Elu le 6 décembre 1998 pour une periode 1999-2004, réélu le 30 juillet 2000 pour la période 2001-2007 (à la suite de la modification de la constitution qui lui a impulsé), réélu le 3 décembre 2006 pour la période 2007-2013 et réélu le 7 octobre 2012 déjà malade du cancer pour la periode 2013-2019. Il se separe du pouvoir et est déclaré mort le 5 mars 2013. Une polémique de grande ampleur est apparue sur son successeur légal atour de sa mort. Chavez évoquait l'idée d'avoir jusqu'au 2021 pour conclure la transformation de son pays et il essaya de modifier à nouveau la constitution pour y arriver (voir réferendum sur la Réforme Constitutionnelle de 2007). Il perd la consultation, une de ses plus grandes défaites, mais il réussit son objectif par une autre voie légale : l'amendement de la constitution (voir réferendum sur l'amendement Constitutionnel de 2009).

L'actuelle constitution du Venezuela, est amplement inspirée par des principes et des idées de Simón Bolívar. Elle a été approuvée par référendum le 15 décembre 1999 malgré une importante abstention (celle ci expliquée sans doute par la plus grande catastrophe naturelle de l'histoire du pays la tragédie de Vargas).

La république, étant à la fois un état fédéral, est constituée en 23 entités politiques. Chaque État du Venezuela est dirigé par un gouverneur élu lors d'élections au suffrage universel, tous les 4 ans, à différence du président qui lui l'est tous les 6 ans.

Médias et liberté de la presse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médias au Venezuela.
Manifestation de soutien à RCTV au Venezuela le 27 mai 2007

En 2006, le Venezuela était classé 115e pays sur 168 par Reporters sans frontières en matière de liberté de la presse. L'ONG Espacio Público a recensé cette même année 106 atteintes à la liberté d'expression sans en indiquer la ou les origines[20]. RSF pointe l'adoption de nouvelles lois en 2004 et 2005 contre différents types d'« offenses », notamment à la personne du président, et contre les appels à la violence, les jugeant « très restrictive[s] en matière de liberté d’expression » et affirmant qu'elles créent « un climat d’autocensure au sein des médias »[21]. La position de RSF vis-à-vis du gouvernement Chávez est cependant critiquée, cette dernière ayant repris de fausses informations données par certains médias nationaux vénézuéliens durant le coup d'État de 2002 et ne possédant comme correspondants au Venezuela que des personnes impliquées dans les médias d'opposition[22],[23].

Le 27 mai 2007, une minute avant minuit, la Radio Caracas Televisión a cessé d'émettre sur le réseau hertzien, la commission nationale des télécommunications ayant décidé de ne pas renouveler la concession hertzienne de cette chaîne en partie à cause de son soutien et de sa couverture du coup d'État de Pedro Carmona en 2002. Cependant, RCTV a continué d'émettre sur le réseau câblé et par satellite avec une audience potentielle restreinte au cinquième de la population jusqu'au 31 janvier 2010, date à laquelle elle a été retirée de la grille des programmes de l'opérateur pour non-respect de la loi sur la production nationale.

L'espace qu'occupait RCTV a été attribué à une nouvelle chaîne publique, TVes (Televisora Venezolana Social), dont, selon une étude de l'institut de recherches en communication (ininco) dirigé par le sociologue d'opposition favorable au coup d'État Oscar Lucien, 74 % des contenus relèveraient de la diffusion et de l'information socialiste[24]. Depuis ce non-renouvellement, des manifestations, notamment étudiantes, ont eu lieu pour soutenir ou protester au sujet de cette décision.

Hugo Chavez a été accusé par Le Monde d'attaquer Globovision, « dernière chaîne de télévision d'opposition » selon le journal, lorsque le président vénézuélien a accusé la chaîne d'inciter à son assassinat[25]. Cette chaine fait partie des médias privés qui ont explicitement soutenu le coup d'état de 2002[26].

La couverture médiatique occidentale sur l'affaire RCTV a été critiquée et qualifiée de « désinformation » par l'Acrimed[27] et le Monde diplomatique[28] en France ainsi qu'aux États-Unis par le FAIR[29] rappelant notamment qu'une télévision occidentale ayant soutenu un coup d'État et ses instigateurs aurait sans doute du faire face à des sanctions plus importantes que celles infligées à RCTV. D'autre part Salim Lamrani considère que l'affirmation d'une volonté d'hégémonie médiatique de la part de Chávez est discutable puisque entre 2000 et 2006 le nombre de chaînes privées a augmenté de 16 tandis que le nombre de chaînes publiques n'a augmenté que de 4[30].

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Venezuela.

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique vénézuélienne.

La musique du Venezuela est influencée par ses origines espagnoles, amérindiennes et africaines. La culture autochtone est aujourd'hui présente dans la musique à travers certains instruments, entre autres le cameo, un tambour, et le botuto, une sorte de trompette. La culture espagnole a permis l'introduction des instruments comme la guitare, les instruments à cordes, les vents et différents types de percussions (différents des tambours indiens) et de nombreux genres populaires, dont le galerón, le corrido et la guaracha. La musique de la région des Llanos (música llanera), que l'on retrouve dans d'autres pays hispano-américains est un exemple de musique née à l'époque de la colonie espagnole. Le merengue venezolano est aussi de grande transcendance national.

La musique populaire dite d'origine afro-antillaise (basée sur la musique populaire espagnole de la Renaissance et des rythmes comme les sevillanas) est reine dans le cœur des la plupart de vénézuéliens. La salsa en général, le merengue dominicain, la bachata, la cumbia et la gaita (typique de l'époque de noël) font danser et vibrer jles gens de tous les âges dans l'ensemble du pays. Oscar D'León est sans contestation le plus réconnu des salseros vénézuéliens dans le monde.

L'instrument national par excellence est le « cuatro », similaire a la guitare, mais plus petit et doté de quatre cordes ; d'une très particulière sonorité, il est la base musicale de tous les « conjuntos criollos », petits orchestres créoles (du pays), appelés aussi « conjuntos de harpa, cuatro y maracas », qui accompagnent les chanteurs de joropo, de valses criollos, de jotas margariteñas, de gaitas maracuchas (de Maracaibo), etc.

Depuis quelques années, le Venezuela a obtenu une notoriété mondiale grâce au système national d’orchestres symphoniques pour jeunes, avec plus de deux cent mille participants de tous les coins du pays et des quartiers les plus démunis ; ce système (El Sistema), fondé par Abreu, a démocratisé et popularisé l'amour pour la musique classique de tous les temps. Aujourd’hui, un grand nombre de très jeunes virtuoses, chefs d’orchestres et musiciens sont très prisés dans les meilleures salles de concert du monde. Gustavo Dudamel est aujourd'hui le plus grand chef d'orchestre vénézuélien, reconnu dans tout le monde. ElSistema se répand peu à peu, par exemple aux États-Unis dans la ville d'Atlanta où le bassoniste Dantès Rameau a lancé avec un succès fulgurant l'Atlanta Music Project, soutenu par la Municipalité, mais aussi par beaucoup de sponsors individuels et industriels (Coca Cola, AOL, etc.). Il est question également d'un essaimage en France(Toulouse). Le célèbre violoniste français Jean-Luc Ponty a composé un morceau intitulé Caracas.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine vénézuélienne.

La céréale la plus consommée est le riz. Vient ensuite le blé, utilisé pour le pain (y compris la baguette à la française, appelée canilla). La farine de maïs est particulièrement utilisée dans la arepa qui accompagne les plats (comme le pain) ou qui peut être fourrée. La Hallaca, est incontournable durant la période de Noël : il s'agit d'une pâte de maïs mélangée à de la viande en sauce avec des légumes cuite dans une feuille de bananier, dans le genre des tamales mexicains. Le pan de jamón est également un plat typique de Noël. Ce pain au jambon est préparé, cette fois-ci, avec de la farine de blé.

Le plat le plus courant est le pabellón criollo fait de viande de bœuf en lanières, de riz, de haricots noirs et de bananes frites.

Les desserts sont d'origine espagnole et dérivent de ceux préparés par les nonnes dans les couvents, comme le riz au lait ou le bienmesabe. Ce dernier a été adapté au pays en devenant un gâteau à la noix de coco.

Sport[modifier | modifier le code]

Le sport national est le baseball, historiquement très populaire au Venezuela. Cependant le football connaît un gros gain de popularité d'années en années, notamment grâce aux progrès[Lesquels ?] de l'équipe nationale, qui était traditionnellement le parent pauvre du football sud-américain (seul pays du continent à ne s'être jamais qualifié pour une phase finale de Coupe du Monde). L'organisation de la Copa América 2007 par le pays a également contribué à ce regain d'intêret pour le football. Il y a d'autres sports populaires d'origine autochtone tels que les bolas criollas ou le coleo.

En 2012, le Venezuela obtient la deuxième médaille d'or de son histoire aux Jeux olympiques d'été de 2012 avec Ruben Limardo, vainqueur en escrime du tournoi d'épée. Il succède à Francisco « Morochito » Rodríguez, titré en 1968 en boxe, catégorie poids mouche.

En 2012 encore, Pastor Maldonado est le premier pilote de Formule 1 vénézuélien à remporter une course.

Concours de beauté[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Miss Venezuela.

Au Venezuela, les concours de beauté sont une véritable institution et un motif de fierté nationale[31]. Les miss du pays ont remporté nombreux titres internationaux dont le plus reconnu le Miss Univers à 7 reprises.

Les Vénézuéliennes se font inculquer, dès leur tendre enfance, l'idée que la beauté féminine est essentielle à la réussite sociale[32]. Un titre de miss peut permettre d'entamer une carrière de comédienne, de mannequin ; il peut permettre d'avoir une importante notorieté dans le pays. Les miss ont pu entrer en politique ou dans le monde d'affaires[33].

Codes[modifier | modifier le code]

Le Venezuela a pour codes :

Ouvrages scientifiques[modifier | modifier le code]

  • 2009, Le Venezuela au-delà du mythe. Chavez, la démocratie, le changement social, sous la direction d'Olivier Compagnon, Julien Rebotier, Sandrine Revet, Les Editions de l'Atelier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Indicateurs internationaux de développement humain
  2. Commission Nationale de Toponymie/Conseil National de l’Information Géographique, 13/04/2010
  3. Samuel Eliot Morison, Christophe Colomb, amiral de la Mer océane, Saint-Clair, Neuilly-sur-Seine, 1974, p. 326.
  4. http://www.eia.gov/cfapps/ipdbproject/IEDIndex3.cfm?tid=5&pid=57&aid=6
  5. http://www.planetacurioso.com/2008/01/03/cual-es-el-origen-del-nombre-venezuela/.
  6. Países hispanoamericanos y origen de sus nombres — Culturitalia – Hispanoteca.
  7. Nación y literatura : itinerarios de la palabra escrita en Venezuela, 12 p.
  8. http://www.archive.org/stream/smithsonianmisce1081948smit/smithsonianmisce1081948smit_djvu.txt.
  9. http://www.opec.org/opec_web/en/about_us/171.htm
  10. http://www.csmonitor.com/World/Americas/Latin-America-Monitor/2011/1222/If-Venezuela-joins-the-Mercosur-economic-bloc-will-it-follow-the-rules.
  11. (en) Fiche du Venezuela, dans le CIA World Factbook.
  12. Le Venezuela possède plus de pétrole que l'Arabie saoudite, Hayat Gazzane, Le Figaro, 20 juillet 2011.
  13. Le produit intérieur brut en parité de pouvoir d'achat du Venezuela est le cinquième d'Amérique latine, après ceux du Brésil, du Mexique, de l'Argentine et de la Colombie. Voir leurs fiches respectives dans le CIA World Factbook.
  14. données Banque mondiale
  15. - Coface - Synthèse Venezuela
  16. « Venezuela - Chavez accuse Nestlé d'affamer son peuple, 12/02/2008 », TF1,‎ 2008 (consulté le 10 septembre 2009).
  17. Libération - 24/06/2013 - Venezuela, import et manques
  18. Vénézuela: record de criminalité en 2011, lexpress.fr, 29 décembre 2011
  19. Le Venezuela est devenu le deuxième pays le plus meurtrier au monde, après le Honduras, Paulo Antonio Paranagua, america-latina.blog.lemonde.fr, 6 mars 2013
  20. (en) « Action and reaction towards media totalitarianism », El Universal, 22 juin 2007.
  21. RSF - Rapport Amérique 2006.
  22. Les vertueux correspondants de Reporters Sans Frontières au Venezuela par le « Réseau Vénézuélien des Média Communautaires » et l'« Association Nationale des Médias Communautaires, Libres et Alternatifs ».
  23. La guerre de désinformation de Reporters sans frontières contre le Venezuela, Salim Lamrani.
  24. « La dernière grande chaîne d'information au Venezuela a cessé d'émettre », Le Monde, 28 mai 2007.
  25. « Hugo Chavez s'en prend à Globovision, la dernière chaîne de télévision d'opposition », 31 mai 2007.
  26. « Venezuela, Honduras, Pérou, Équateur : “petits” oublis et “grands” mensonges », 7 octobre 2009.
  27. « Fin de la concession attribuée à RCTV : Concert de désinformation à la française », Acrimed, 1er juin 2007.
  28. « Désinformation sur le Venezuela », Le Monde diplomatique, 30 mai 2007.
  29. (en) Article du FAIR.
  30. « Reporters sans frontières et RCTV : Désinformation et mensonges ».
  31. Euronews.com ; Septième titre de Miss Univers pour le Vénézuéla Consulté le 11 novembre 2013.
  32. Missing.radio-canada.ca ; reportage Miss Inc Venezuela Consulté le 11 novembre 2013.
  33. Fr.chatelaine.com ; Venezuela au pays des miss Univers Consulté le 11 novembre 2013.

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