Venezuela

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République Bolivarienne du Venezuela

República Bolivariana de Venezuela (es) Prononciation du titre dans sa version originale Écouter

Drapeau
Drapeau du Venezuela
Blason
Armoiries du Venezuela
Description de l'image  VEN orthographic.svg.
Devise nationale Dios y Federación
Hymne national Gloria al bravo pueblo
Administration
Forme de l'État République fédérale présidentielle
Président Nicolás Maduro
Langues officielles Espagnol
Capitale Caracas

10° 29′ 28″ N 66° 54′ 07″ O / 10.49111, -66.90194 ()

Géographie
Plus grande ville Caracas
Superficie totale 916 445 km2
(classé 33e)
Superficie en eau 0,3 %
Fuseau horaire UTC -4h30min
Histoire
Indépendance de l’Espagne
Date 5 juillet 1811
Démographie
Gentilé Vénézuélien, Vénézuélienne
Population totale (Juillet 2012) 28 047 938 hab.
(classé 45e)
Densité 30,7 hab./km2
Économie
IDH (2012) en augmentation 0,748[1] (élevé) (71e)
Monnaie Bolívar vénézuélien (VEF​)
Divers
Code ISO 3166-1 VEN, VE​
Domaine Internet .ve
Indicatif téléphonique +58

Le Venezuela ou Vénézuéla[2], en forme longue la République bolivarienne du Venezuela, en espagnol República Bolivariana de Venezuela, nom officiel du Venezuela depuis la constitution de 1999 lorsque le pays est renommé en l'honneur de Simón Bolívar, est une république fédérale d'Amérique du Sud. Christophe Colomb, le 3 août 1498, nomma Isla de Gracia (« Île de Grâce ») la terre sur laquelle il débarqua et qu'il prit pour une île[3] et aujourd'hui connue sous le nom Tierra de Gracia (« Terre de Grâce »).

La langue nationale du Venezuela est l'espagnol et sa capitale est Caracas. Sa population est composée essentiellement de métis.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Origine européenne[modifier | modifier le code]

En 1499, une expédition menée par Amerigo Vespucci et Alonso de Ojeda explore cette région pour la première fois (côte nord-ouest). Elle découvre des indigènes (dont des Caraïbes, des Arawaks et des Cumanagatos), vivant principalement d'agriculture et de chasse, installés le long de la côte, de la Cordillère des Andes et du fleuve Orénoque. Les maisons sur pilotis des Indiens du golfe de Maracaibo font penser à une petite Venise, Venezziola, ce qui donnera le nom du pays[4].

Origine indigène[modifier | modifier le code]

Une autre version affirme que le nom Venezuela a pour origine un vocable indigène[5]. Une première preuve vient de Martín Fernández de Enciso, membre de l'expédition de Vespucci et Ojeda. Dans son livre Summa de Geografía édité en 1519, il affirme que l'expédition a rencontré une population indigène qui se nomme elle-même Veneçiuela, ce qui suggère que le nom Venezuela ait pu dériver de ce nom local : « Desdel cabo de Sant Romá al cabo de Coquibacoa ay tres isleos en triángulo. Entre estos dos cabos se haze un golfo de mar en figura quadrada. E al cabo de Coquibacoa entra desde est golfo otro golfo pequeño en la tierra cuatro leguas. E al cabo del a cerca dela esta una peña grande que es llana encima della. Y encima de ella está un lugar d'casas de indios que se llama Veneçiuela. Esta en X grados. »[6]

Une seconde preuve vient d'Antonio Vázquez de Espinosa, moine espagnol, qui écrit dans son ouvrage Compendio y Descripcion de las Indias Occidentales (1629) : « Venezuela en la lengua natural de aquella tierra quiere decir Agua grande, por la gran laguna de Maracaibo que tiene en su distrito, como quien dice, la Provincia de la grande laguna. »[7]

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine, le territoire de l'actuel Venezuela était habité par plusieurs peuples, dont des Caraïbes, des Arawaks et des Cumanagotos.

Christophe Colomb fut le premier conquérant espagnol à atteindre cette région en 1498, lors de son troisième voyage. En 1520, les Espagnols commencèrent à coloniser les îles et les régions côtières. Coro, fondée en 1527, fut la première colonie d'importance.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Venezuela.
Les plages du Venezuela attirent de nombreux touristes.
Salto Angel, cascade ininterrompue la plus haute du monde.

Le territoire vénézuélien s'étend depuis les environs de l'équateur jusqu'au nord du onzième parallèle. Sa superficie est de 912 050 km2

Sur le continent, le Venezuela possède des frontières avec le Guyana à l'est, le Brésil au sud, la Colombie à l'ouest, et à quelques dizaines de milles au large des côtes de la mer des Caraïbes au nord, se trouvent les Antilles néerlandaises (Aruba, Bonaire, Curaçao) et Trinité-et-Tobago (ex-GB) . On peut y distinguer trois grandes régions : la côte et les Andes au nord et à l'ouest, les plaines au centre et le massif guyanais au sud-est.

  • La pointe septentrionale de la cordillère des Andes culmine à 4 981 m au Pic Bolívar. Elle enserre le lac Maracaibo et se prolonge vers l'est en longeant la côte.
  • Les grandes plaines, appelées les Llanos (plaines en espagnol) occupent le nord du bassin de l’Orénoque et de ses affluents Arauca et Apure. Le fleuve se jette dans la mer des Caraïbes par un énorme delta marécageux qui occupe toute la région nord-est du pays (Delta Amacuro ).
  • Le sud du bassin de l'Orénoque, avec son affluent Caroní, est sauvage et souvent touristique. On y trouve un des hauts lieux touristiques du pays : les chutes de Salto Angel hautes de 979 mètres, reconnues comme les plus hautes chutes d'eau au monde.

Il possède également 72 îles, dispersées dans la mer des Caraïbes et dans l'océan Atlantique, regroupées dans les Dépendances fédérales. Margarita est la plus grande et la plus importante.

Grandes villes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Villes du Venezuela.
Les quartiers de l'est de Caracas en arrière-plan
Vue de Maracay

La capitale du Venezuela, Caracas, s’étend d'est en ouest de l'autre côté de la cordillère côtière, à quelque 900 mètres d'altitude. Il faut compter environ une demi-heure pour parcourir la trentaine de kilomètres qui sépare l’aéroport, situé en bord de mer, de la ville. Près de 5 millions d'habitants habitent la métropole. Les quartiers pauvres s'appellent les ranchos. Des pluies diluviennes, suivies d'importants glissements de terrain dans des zones fortement peuplées proches de l'aéroport international Simon Bolivar (La Guaira - État de Vargas) ont fait des milliers de morts en décembre 1999. Cette triste page de l'histoire vénézuélienne est couramment appelée « La tragédie » par les autochtones.

Maracaibo, la seconde métropole du pays, est la capitale de l’État Zulia.

Les principales villes du pays sont :

Ville Population 2005 Aire métropolitaine
Maracaibo 1 200 000 2 600 000
Barquisimeto 895 000 1 100 000
Valencia 742 000 1 241 000
Caracas 3 000 000 5 000 000
Mérida 205 000 350 000
Ciudad Guayana 747 000 780 000
Barcelona 425 000 600 000
San Cristóbal 380 000 847 000
Ciudad Bolívar 320 000
Maturín 350 000
Maracay 850 000 1 385 000

Frontières terrestres[modifier | modifier le code]

Cependant, le Venezuela revendique le territoire correspondant au Guyana actuel, allant parfois à repousser ses frontières jusqu'au Suriname. Sur les cartes du Venezuela, le Guyana est indiqué en tant que Zone en réclamation.

Drapeau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Drapeau du Venezuela.
Drapeau national du Venezuela.
Drapeau civil du Venezuela.

Le 7 mars 2006, le Parlement du Venezuela adopte la modification du drapeau national afin de l’adapter à la « révolution socialiste » du président Hugo Chávez, à l’initiative du projet. Entièrement contrôlé par les partisans du chef de l’État à la suite du boycott des élections législatives par l’opposition en décembre, le Parlement a approuvé l’ajout d’une huitième étoile en hommage au héros national Simón Bolívar, libérateur de l’Amérique latine et inspirateur de l’idéologie du régime. Les députés vénézuéliens ont également modifié le galop du cheval blanc figurant sur l’écusson national afin de le tourner, non plus vers la droite, mais vers la gauche, afin de symboliser l’orientation politique du gouvernement. Toutefois, en termes d'héraldique, le cheval se déplace vers la dextre, ce qui rend le message un peu confus. Le Parlement a également décidé certains ajouts sur l’écusson, tels qu’un kayak, un arc et une flèche représentant les armes des indigènes ou une machette de paysan, en hommage aux racines des descendants d’origine africaine.

Ordres et décorations[modifier | modifier le code]

Ordres nationaux :

Organisation territoriale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : États du Venezuela.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Venezuela.
Centre de Caracas.

Le Venezuela est un pays en développement à revenus moyen-supérieurs.

Le pays est un important producteur de pétrole et un membre fondateur de l'OPEP. Le Venezuela est entré dans le Mercosur[8]. En 2010, sa production de pétrole est de 2,5 millions de barils/jour. Avec ces données, il est le onzième plus grand producteur au monde[9]. Selon l'OPEP, les réserves prouvées en pétrole atteindraient 296,50 milliards de barils, ce qui le fait accéder à la première place mondiale devant l'Arabie saoudite[10]. Le pays possède une économie de marché. Cependant, le gouvernement de Hugo Chávez souhaitait créer une économie socialiste par la Révolution bolivarienne. Depuis la mort de Hugo Chavez, ces perspectives sont remises en question.

Le Venezuela est la troisième puissance économique latino-américaine en termes de produit intérieur brut, après le Brésil et le Mexique, avec un PIB estimé à 350,1 milliards de dollars en 2009 selon la Banque Mondiale, mais macroéconomiquement parlant, elle est la cinquième après le Brésil, Le Mexique, l'Argentine et la Colombie selon le Fonds monétaire international (FMI)[11]. Cependant en termes de revenus par habitant, il dépasse largement la Colombie et se hisse au niveau du Brésil et du Mexique.

Le PIB par habitant est de 13 000 dollars en 2009[9], soit l'un des plus élevés d'Amérique latine. Dans ce pays pétrolier, un plein de carburant coûte moins d'un euro. Grâce aux exportations d'or noir, les caisses de l'État sont pleines et les centres commerciaux ne désemplissent pas. Le pouvoir d'achat au Venezuela est largement plus élevé que dans les autres pays sud-américains tels que l'Équateur ou le Pérou. Les prix des denrées de base sont fixés par l'État, ce qui explique, selon l'opposition, la grave pénurie de lait, de sucre et d'œufs. Selon le gouvernement cette pénurie est due à un rachat de ces denrées par des multinationales[12].

Caracas est le centre économique, financier et industriel du Venezuela. Le pays est très industrialisé, 51 % du PIB national provient des activités industrielles. L'industrie manufacturière est apparue dans le pays au cours du XXe siècle. Hormis le pétrole, le pays est un grand producteur d'acier, d'aluminium, de ciment et de pneus. L'industrie automobile est présente au Venezuela depuis les années 1990, avec l'installation notamment de la société américaine Ford.

Il existe de très fortes inégalités sociales au Venezuela. Ainsi, près de 60 % des habitants de Caracas s'entassent dans des barrios (quartiers pauvres), alors que de 10 % à 20 % des Vénézuéliens n'auraient pas accès à l'eau potable et que, dans le même temps, le Venezuela est le pays ayant le plus de millionnaires en Amérique latine. L'essence à la pompe est la moins chère du monde (au 10/12/2010, 1,2 centime d'euros le litre de super 95).

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Venezuela.
  • IDH : 0,748 (2012)[1]
  • Nombre d'habitants : 28 047 938 (2012)
  • Densité de population : 30,7 hab./km2 (2012)

Santé[modifier | modifier le code]

Criminalité[modifier | modifier le code]

Selon les chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur en 2013 le nombre de meurtres commis en 2012 serait de 16 000 (92 % avec des armes à feu), ce qui représente un taux de 55,2 homicides pour 100 000 habitants. Le Venezuela se placerait ainsi au troisième rang mondial pour la criminalité après le Honduras et le Guatemala. Ces chiffres très élevés sont néanmoins contestés par des organisations non gouvernementales qui donnent une estimation encore plus haute pour 2012 de 21 692 meurtres commis, soit un taux de 73 homicides pour 100 000 habitants[13]. Caracas serait la capitale la plus dangereuse dans le monde, avec 122 homicides pour 100 000 habitants.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Venezuela.
Hugo Chávez en 2005.

Le dernier président en date est Nicolás Maduro Moros : à la suite de la mort d'Hugo Chávez, il devient président par intérim, puis remporte l'élection présidentielle suivante avec 50,62 % des voix.

Hugo Chávez Frias, fut président du Venezuela à partir du 2 février 1999 (élu le 30 juillet 2000, réélu le 3 décembre 2006 et le 7 octobre 2012), et mort le 5 mars 2013. Une tentative de déstabilisation économique aboutit à un coup d'État en avril 2002 qui avorte très rapidement à la suite d'une forte mobilisation populaire en faveur du retour de Chávez et à la faiblesse de la coalition portée au pouvoir menée par Pedro Carmona.

Hugo Chávez a remporté toutes les élections avec 60 % des voix environ depuis celle qui l'a porté au pouvoir. L'opposition provoque un référendum révocatoire contre le président comme le permet la Constitution bolivarienne en août 2004. Le « non » l'emporte à 59,06 % des suffrages. Lors des élections régionales de 2004, seules deux régions ne se sont pas prononcées en faveur de son parti. L'État est une démocratie participative. Depuis que l'opposition a boycotté les élections à l'assemblée nationale du 4 décembre 2005, le parlement est dominé par le Mouvement de la cinquième république (Movimiento V [Quinta] República), lequel a remporté 116 sièges sur 167. Les élections à la présidence de décembre 2006 ont confirmé Chávez à la présidence du pays et ces élections ont été unanimement reconnues comme un processus « transparent, équitable, démocratique » par l'Organisation des États américains, l’Union européenne, l’Association des juristes latino-américains et la Fondation Carter. L'opposition participe à l'élection législative du 26 septembre 2010 où le PSUV remporte 60 % des sièges.

La constitution vénézuélienne, inspirée des principes de Simón Bolívar a été votée par référendum le 30 décembre 1999.

L'opposition antichaviste qualifie quant à elle ce régime de « démocratie absolutiste »[14].

En janvier 2007, le président a annoncé vouloir réformer en profondeur la constitution, afin d'aller vers la création d'une « République socialiste du Venezuela »[15].

Chaque État du Venezuela est dirigé par un gouverneur élu lors d'élections au suffrage universel.

La Constitution bolivarienne de 1999 oblige le gouvernement, selon le discours officiel, à « renverser les données économiques qui, dirigées par le Fonds monétaire international (FMI) avaient été la cause de la « décennie perdue » (1985-1995), et ses terribles effets négatifs sur les populations et leurs systèmes économiques ». Le président Chávez applique cette Constitution avec insistance. Son action politique est centrée sur le renforcement du rôle de l’État par le biais de nationalisations et la revalorisation du pétrole, principal produit d'exportation du pays. Elle vise à se libérer des impositions d’une lourde dette, qui grevait en 1998 50 % du budget national, en la payant. Le gouvernement cherche aussi à satisfaire la dette sociale d’urgence : santé, alimentation, éducation (missions civico-militaires de grande pénétration populaire). De nouvelles lois sont rédigées concernant la réforme agraire, la banque centrale, l'exploitation d’hydrocarbures (gaz, pétrole), la fiscalité, le contrôle de monnaies et devises, etc.

Le Venezuela quitte le FMI et la Banque mondiale (BM) le 30 avril 2007 après avoir remboursé sa dette en totalité. Comme le Brésil, l’Uruguay et l’Argentine qui ont remboursé, par anticipation, une grande partie de leurs dettes grâce à la croissance économique retrouvée, le Venezuela, avec cinq années d’avance, a remboursé tout ce qu’il devait à la Banque mondiale. En effet, la manne issue du boom pétrolier a permis au pays de rembourser sa dette qui était de trois milliards de dollars à son arrivée au pouvoir en 1999[16].

En 2007, Hugo Chávez demande des pouvoirs spéciaux qui grâce à une « loi d'habilitation révolutionnaire » lui permettent de gouverner par décrets sans passer par le parlement, dans les prochains dix-huit mois à partir du 1er janvier 2007. Ces pouvoirs spéciaux sont limités aux thèmes sociaux (recentralisation des ministères de la santé, du logement et de la sécurité alimentaire), à la réforme agraire (inventaire, récupération et distribution de toutes les terres non ou mal exploitées à des coopératives) et à la récupération par achats des services publics et industries stratégiques, privatisées dans les dernières décennies (électricité, eaux, télécommunications, industrie pétrolière et minière : fer, aluminium or et diamants). Ce programme est déjà en marche depuis le 1er janvier 2007, avec des répercussions variées : très critiqué par les grands propriétaires terriens, la plupart titulaires de documents parfois douteux, mais acceptés par plusieurs, en regard de l'apparente flexibilité appliquée dans chaque cas particulier par des arrangements à l'amiable. Dans l'industrie pétrolière, les partenaires commerciaux étrangers doivent désormais se contenter d'une participation minoritaire dans toutes les sociétés. Jusqu'à présent tous ont accepté, bon gré mal gré, y compris Total qui exploite et modifie des pétroles très lourds de la ceinture de l'Orénoque.

En 2009, un référendum supprime la limite de deux mandats pour le président, permettant ainsi à Hugo Chávez de se présenter à nouveau.

Médias et liberté de la presse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médias au Venezuela.
Manifestation de soutien à RCTV au Venezuela le 27 mai 2007

En 2006, le Venezuela était classé 115e pays sur 168 par Reporters sans frontières en matière de liberté de la presse. L'ONG Espacio Público a recensé cette même année 106 atteintes à la liberté d'expression sans en indiquer la ou les origines[17]. RSF pointe l'adoption de nouvelles lois en 2004 et 2005 contre différents types d'« offenses », notamment à la personne du président, et contre les appels à la violence, les jugeant « très restrictive[s] en matière de liberté d’expression » et affirmant qu'elles créent « un climat d’autocensure au sein des médias »[18]. La position de RSF vis-à-vis du gouvernement Chávez est cependant critiquée, cette dernière ayant repris de fausses informations données par certains médias nationaux vénézuéliens durant le coup d'État de 2002 et ne possédant comme correspondants au Venezuela que des personnes impliquées dans les médias d'opposition[19],[20].

Le 27 mai 2007, une minute avant minuit, la Radio Caracas Televisión a cessé d'émettre sur le réseau hertzien, la commission nationale des télécommunications ayant décidé de ne pas renouveler la concession hertzienne de cette chaîne en partie à cause de son soutien et de sa couverture du coup d'État de Pedro Carmona en 2002. Cependant, RCTV a continué d'émettre sur le réseau câblé et par satellite avec une audience potentielle restreinte au cinquième de la population jusqu'au 31 janvier 2010, date à laquelle elle a été retirée de la grille des programmes de l'opérateur pour non-respect de la loi sur la production nationale.

L'espace qu'occupait RCTV a été attribué à une nouvelle chaîne publique, TVes (Televisora Venezolana Social), dont, selon une étude de l'institut de recherches en communication (ininco) dirigé par le sociologue d'opposition favorable au coup d'État Oscar Lucien, 74 % des contenus relèveraient de la diffusion et de l'information socialiste[21]. Depuis ce non-renouvellement, des manifestations, notamment étudiantes, ont eu lieu pour soutenir ou protester au sujet de cette décision.

Hugo Chavez a été accusé par Le Monde d'attaquer Globovision, « dernière chaîne de télévision d'opposition » selon le journal, lorsque le président vénézuélien a accusé la chaîne d'inciter à son assassinat[22]. Cette chaine fait partie des médias privés qui ont explicitement soutenu le coup d'état de 2002[23].

La couverture médiatique occidentale sur l'affaire RCTV a été critiquée et qualifiée de « désinformation » par l'Acrimed[24] et le Monde diplomatique[25] en France ainsi qu'aux États-Unis par le FAIR[26] rappelant notamment qu'une télévision occidentale ayant soutenu un coup d'État et ses instigateurs aurait sans doute du faire face à des sanctions plus importantes que celles infligées à RCTV. D'autre part Salim Lamrani considère que l'affirmation d'une volonté d'hégémonie médiatique de la part de Chávez est discutable puisque entre 2000 et 2006 le nombre de chaînes privées a augmenté de 16 tandis que le nombre de chaînes publiques n'a augmenté que de 4[27].

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Venezuela.

Internet est répandu au Venezuela ; un projet est d'ailleurs en cours pour que celui-ci permette à Cuba de contourner l'embargo auquel elle est soumise de la part des États-Unis également dans ce domaine.

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique vénézuélienne.

La musique du Venezuela est influencée par ses origines espagnoles, amérindiennes et africaines. La culture autochtone est aujourd'hui présente dans la musique à travers certains instruments, entre autres le cameo, un tambour, et le botuto, une sorte de trompette. La culture espagnole a permis l'introduction des instruments comme la guitare, les instruments à cordes, les vents et différents types de percussions (différents des tambours indiens) et de nombreux genres populaires, dont le galerón, le corrido et la guaracha. La musique de la région des Llanos (música llanera), que l'on retrouve dans d'autres pays hispano-américains est un exemple de musique née à l'époque de la colonie espagnole.

La musique populaire dite d'origine afro-antillaise (basée sur la musique populaire espagnole de la Renaissance et des rythmes comme les sevillanas) est reine dans le cœur des Vénézuéliens. Le merengue, la cumbia et la salsa font danser et vibrer jeunes et moins jeunes dans l'ensemble du pays. Ces rythmes endiablés se sont frayés un chemin jusqu'au Venezuela, influençant les plus grands artistes contemporains du pays : Oscar D'León est sans conteste le plus connu des salseros dans le monde.

L'instrument national par excellence est le « cuatro », similaire a la guitare, mais plus petit et doté de quatre cordes ; d'une très particulière sonorité, il est la base musicale de tous les « conjuntos criollos », petits orchestres créoles (du pays), appelés aussi « conjuntos de harpa, cuatro y maracas », qui accompagnent les chanteurs de joropo, de valses criollos, de jotas margariteñas, de gaitas maracuchas (de Maracaibo), etc.

Depuis quelques années, le Venezuela a obtenu une notoriété mondiale grâce au système national d’orchestres symphoniques pour jeunes, avec plus de deux cent mille participants de tous les coins du pays et des quartiers les plus démunis ; ce système (El Sistema), fondé par Abreu, a démocratisé et popularisé l'amour pour la musique classique de tous les temps. Aujourd’hui, un grand nombre de très jeunes virtuoses, chefs d’orchestres (Gustavo Dudamel par exemple) et musiciens sont très prisés dans les meilleures salles de concert du monde. ElSistema se répand peu à peu, par exemple aux USA dans la ville d'Atlanta où le bassoniste Dantès Rameau a lancé avec un succès fulgurant l'Atlanta Music Project, soutenu par la Municipalité, mais aussi par beaucoup de sponsors individuels et industriels (Coca Cola, AOL, etc.). Il est question également d'un essaimage en France(Toulouse). Le célèbre violoniste français Jean-Luc Ponty a composé un morceau intitulé Caracas.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine vénézuélienne.

La céréale la plus consommée est le riz. Vient ensuite le blé, utilisé pour le pain (y compris la baguette à la française, appelée canilla). La farine de maïs est particulièrement utilisée dans la arepa qui accompagne les plats (comme le pain) ou qui peut être fourrée. La Hallaca, est incontournable durant la période de Noël : il s'agit d'une pâte de maïs mélangée à de la viande en sauce avec des légumes cuite dans une feuille de bananier, dans le genre des tamales mexicains. Le pan de jamón est également un plat typique de Noël. Ce pain au jambon est préparé, cette fois-ci, avec de la farine de blé.

Le plat le plus courant est le pabellón criollo fait de viande de bœuf en lanières, de riz, de haricots noirs et de bananes frites.

Les desserts sont d'origine espagnole et dérivent de ceux préparés par les nonnes dans les couvents, comme le riz au lait ou le bienmesabe. Ce dernier a été adapté au pays en devenant un gâteau à la noix de coco.

Sport[modifier | modifier le code]

Le sport national est le baseball, historiquement très populaire au Venezuela. Cependant le football connaît un gros gain de popularité d'années en années, notamment grâce aux progrès[Lesquels ?] de l'équipe nationale, qui était traditionnellement le parent pauvre du football sud-américain (seul pays du continent à ne s'être jamais qualifié pour une phase finale de Coupe du Monde). L'organisation de la Copa América 2007 par le pays a également contribué à ce regain d'intêret pour le football. Il y a d'autres sports populaires d'origine autochtone tels que les bolas criollas ou le coleo.

En 2012, le Venezuela obtient la deuxième médaille d'or de son histoire aux Jeux olympiques d'été de 2012 avec Ruben Limardo, vainqueur en escrime du tournoi d'épée. Il succède à Francisco « Morochito » Rodríguez, titré en 1968 en boxe, catégorie poids mouche.

En 2012 encore, Pastor Maldonado est le premier pilote de Formule 1 vénézuélien à remporter une course.

Concours de beauté féminins[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Miss Venezuela.

Au Venezuela, les concours de beauté sont une véritable institution et un motif de fierté nationale[28]. Les miss du pays ont remporté 21 titres dans les quatre grandes compétitions internationales, auquel il faut rajouter 42 titres de dauphine.

Les Vénézuéliennes se font inculquer, dès leur tendre enfance, l'idée que la beauté féminine est essentielle à la réussite sociale[29]. Un titre de miss peut permettre d'entamer une carrière d'actrice, d'entrer en politique ou dans les affaires[30].

Après le pétrole, l’industrie de la beauté est la deuxième « ressource naturelle » au pays ![30]. Le concours national est aussi l’une des rares instances démocratiques du Venezuela à laquelle les femmes de toutes classes sociales aient accès[30].

Codes[modifier | modifier le code]

Le Venezuela a pour codes :

Ouvrages scientifiques[modifier | modifier le code]

  • 2009, Le Venezuela au-delà du mythe. Chavez, la démocratie, le changement social, sous la direction d'Olivier Compagnon, Julien Rebotier, Sandrine Revet, Les Editions de l'Atelier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Indicateurs internationaux de développement humain
  2. Commission Nationale de Toponymie/Conseil National de l’Information Géographique, 13/04/2010
  3. Samuel Eliot Morison, Christophe Colomb, amiral de la Mer océane, Saint-Clair, Neuilly-sur-Seine, 1974, p. 326.
  4. http://www.planetacurioso.com/2008/01/03/cual-es-el-origen-del-nombre-venezuela/.
  5. Países hispanoamericanos y origen de sus nombres — Culturitalia – Hispanoteca.
  6. Nación y literatura : itinerarios de la palabra escrita en Venezuela, 12 p.
  7. http://www.archive.org/stream/smithsonianmisce1081948smit/smithsonianmisce1081948smit_djvu.txt.
  8. http://www.csmonitor.com/World/Americas/Latin-America-Monitor/2011/1222/If-Venezuela-joins-the-Mercosur-economic-bloc-will-it-follow-the-rules.
  9. a et b (en) Fiche du Venezuela, dans le CIA World Factbook.
  10. Le Venezuela possède plus de pétrole que l'Arabie saoudite, Hayat Gazzane, Le Figaro, 20 juillet 2011.
  11. Le produit intérieur brut en parité de pouvoir d'achat du Venezuela est le cinquième d'Amérique latine, après ceux du Brésil, du Mexique, de l'Argentine et de la Colombie. Voir leurs fiches respectives dans le CIA World Factbook.
  12. « Venezuela - Chavez accuse Nestlé d'affamer son peuple, 12/02/2008 », TF1,‎ 2008 (consulté le 10 septembre 2009).
  13. Le Venezuela est devenu le deuxième pays le plus meurtrier au monde, après le Honduras, Paulo Antonio Paranagua, america-latina.blog.lemonde.fr, 6 mars 2013
  14. Démocratie absolutiste au Venezuela : tous les élus pour Chavez.
  15. EuroNews : Hugo Chavez prête serment et la Révolution socialiste continue.
  16. Chavez claque la porte du FMI et de la BM - RFI, 1er mai 2007.
  17. (en) « Action and reaction towards media totalitarianism », El Universal, 22 juin 2007.
  18. RSF - Rapport Amérique 2006.
  19. Les vertueux correspondants de Reporters Sans Frontières au Venezuela par le « Réseau Vénézuélien des Média Communautaires » et l'« Association Nationale des Médias Communautaires, Libres et Alternatifs ».
  20. La guerre de désinformation de Reporters sans frontières contre le Venezuela, Salim Lamrani.
  21. « La dernière grande chaîne d'information au Venezuela a cessé d'émettre », Le Monde, 28 mai 2007.
  22. « Hugo Chavez s'en prend à Globovision, la dernière chaîne de télévision d'opposition », 31 mai 2007.
  23. « Venezuela, Honduras, Pérou, Équateur : “petits” oublis et “grands” mensonges », 7 octobre 2009.
  24. « Fin de la concession attribuée à RCTV : Concert de désinformation à la française », Acrimed, 1er juin 2007.
  25. « Désinformation sur le Venezuela », Le Monde diplomatique, 30 mai 2007.
  26. (en) Article du FAIR.
  27. « Reporters sans frontières et RCTV : Désinformation et mensonges ».
  28. Euronews.com ; Septième titre de Miss Univers pour le Vénézuéla Consulté le 11 novembre 2013.
  29. Missing.radio-canada.ca ; reportage Miss Inc Venezuela Consulté le 11 novembre 2013.
  30. a, b et c Fr.chatelaine.com ; Venezuela au pays des miss Univers Consulté le 11 novembre 2013.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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