Açores

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Açores
Região Autónoma dos Açores (pt)
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Açores
Administration
Statut politique Région autonome
Capitale Ponta Delgada
Gouvernement
- Président de la région[1]

Vasco Cordeiro
Démographie
Gentilé açoréen, açoréenne
Population 250 018 hab. (2014)
Densité 107 hab./km2
Langue(s) Portugais
Géographie
Coordonnées 38° 30′ N 28° 00′ O / 38.5, -2838° 30′ Nord 28° 00′ Ouest / 38.5, -28  
Superficie 2 333 km2
Divers
Monnaie Euro
Fuseau horaire UTC -1
Domaine internet .pt
Indicatif téléphonique +351

Les Açores[2] ("autours" en portugais, oiseau figurant sur le drapeau) sont un groupe d’îles portugaises qui se trouvent dans l'océan Atlantique nord, à environ 1 500 km à l’ouest de Lisbonne et du nord-ouest du Maroc, et à 3 900 km de la côte est de l’Amérique du Nord.

Les Açores font partie des régions ultrapériphériques de l’Union européenne. Elles sont une région autonome du Portugal. Elles font partie de la plaque eurasienne, à l'exception des deux îles du groupe occidental, Flores et Corvo, qui se trouvent sur la plaque nord-américaine.

L'archipel fait partie de la Macaronésie.

Deux compagnies aériennes relient les îles au continent, la SATA Air Açores et la TAP Portugal.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte des Açores.

L’archipel se trouve sensiblement à la même latitude que Lisbonne (de 39°43’ à 39°55’ de latitude nord). Il connaît un climat océanique très humide avec des variations annuelles assez réduites.

L’origine volcanique de toutes les îles, due au point chaud des Açores est démontrée par l’existence de très nombreux cônes de scories et par plusieurs stratovolcans à caldeira. La plupart des îles sont soumises à une intense activité sismique. Le volcan Ponta do Pico sur l’île de Pico, de nature essentiellement basaltique et dont l’altitude est de 2 351 mètres, est le point culminant des Açores ainsi que du Portugal.

Les neuf îles sont réparties en trois groupes géographiques naturels :

Les neuf îles ont une surface totale de 2 355 km². Leur surface individuelle varie entre 747 km² pour la plus grande (São Miguel) et 17 km² pour la plus petite (Corvo).

En 2004, la population des Açores était de 240 600 habitants (gentilé : Açoréen ou Açorien) et la densité de population était de 106 habitants par kilomètre carré.

Taux de natalité 12,5 ‰ et taux de mortalité 10,2 ‰ (2004).

Les principales villes sont :

Climat[modifier | modifier le code]

La position géographique de l’archipel lui confère un climat généralement tempéré, océanique avec des variations de températures limitées. Les températures maximales se trouvent généralement comprises entre 15℃ et 25℃. La moyenne annuelle des précipitations augmente d'est en ouest et varie de 700 à 1 600 mm de cumul annuel mais peut atteindre 6 300 mm au Mont Pico[3], plus haut sommet du Portugal, culminant à 2 351 m. L’archipel a donné son nom à l’anticyclone des Açores, zone de hautes pressions atmosphérique. D’après la classification de Köppen, le climat est généralement océanique à étés chauds (Cfa)[4].

Archipel des Açores (1971–2000)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 11,5 11,1 11,6 12,1 13,4 15,5 17,7 18,7 18,1 16,1 14,1 12,6 14,38
Température maximale moyenne (°C) 16 15,8 16,3 17,1 18,6 20,9 23,6 24,8 23,8 21,2 18,8 17 19,49
Précipitations (mm) 111,7 108,6 99,6 85,2 59,6 48,5 32,6 56,9 96,3 124 129,5 136,3 1 090,5
Source : Instituto de Meteorologia, IP Portugal[5].


On peut également citer les records suivants de l’Instituto de Meteorologia :

  • Plus bas record de température maximale 24,3℃ à Angra do Heroísmo, Terceira (30 juin 1996)
  • Plus haut record de température maximale 32,1℃ à Madalena, Pico (7 septembre 1985)
  • Plus bas record de température minimale -3,5℃ à Chã das Lagoinhas, São Miguel (2 janvier 1973)
  • Plus haut record de température minimale 4,0℃ à Chã das Lagoinhas, São Miguel (20 février 1972)
  • Record de précipitations en 24 heures : 276 mm à Furnas, São Miguel (3 octobre 1974)
  • Record de vitesse de vent : >168 km/h, Angra do Heroísmo, Terceira (2 novembre 1995)[6]

Flore[modifier | modifier le code]

Azorina vidalii, fleur endémique, ici sur l'île de São Jorge

La position septentrionale de l’archipel, au milieu de l’Atlantique Nord, et les abondantes précipitations (pouvant dépasser 4 000 mm dans les zones les plus élevées) lui confèrent une végétation toute particulière, que l’on ne retrouve souvent pas dans les autres îles de la Macaronésie. On y trouve par exemple des milieux propres aux climats froids, tels que les tourbières, où abondent les sphaignes. Une bonne partie de l’archipel est couverte d’une végétation luxuriante, à l’exception des zones les plus basses et de l’île de Santa Maria, la plus orientale. Néanmoins, la végétation naturelle d’origine a souvent été rasée par l’homme et ne subsiste que dans des zones protégées ou mal accessibles. C’est ainsi que l’on rencontre dans les zones basses de la plupart des îles un type de végétation halophile, comprenant des espèces endémiques açoriennes (euphorbia azorica, lotus azoricus, festuca petraea) ou existant dans d’autres îles de la Macaronésie (comme la criste marine), en Europe ou même en Amérique du Nord (comme le caquillier édentulé). Une forêt arbustive s’étendait jusqu’au niveau de la mer, composée essentiellement de morella faya et de picconia azorica, à laquelle se substituaient plus haut le laurier des Açores (laurus azorica)[7], le laurier du Portugal (Prunus lusitanica subsp. azorica) et d’autres espèces d’arbres et, dans les zones les plus humides, le genévrier des Açores (Juniperus brevifolia). Sur les sommets les plus élevés de l’île de Pico, les arbres cédaient la place à des landes et des plantes herbacées et arbustives résistant aux conditions extrêmes des hautes altitudes[8].

Bien entendu, cette image ne correspond pas à la réalité actuelle, car depuis la colonisation de l’archipel, les forêts furent en grande partie abattues pour faire place aux pâturages nécessaires à l’élevage bovin ; on introduisit diverses cultures et on planta à des fins commerciales des arbres de plus grande taille, tels que l’acacia ou un conifère asiatique, le cryptoméria du Japon.

Un élément marquant du paysage est constitué par les haies d’hortensias, de camélias ou d’azalées qui bordent les routes et délimitent les propriétés. Il s’agit là de plantes qui ont été introduites dans l’archipel. L’azorina vidalii, arbuste persistant endémique des Açores, porte à la fin de l’été des grappes de fleurs en clochettes. Les panicules jaunes de solidago sempervirens (connues aux Açores sous le nom de « cubres ») recouvrent par endroits les falaises et les à-pics proches de la côte ; on les trouve dans tout l’archipel, mais particulièrement sur les îles de Flores et São Jorge. D’origine nord-américaine, elles sont parvenues très tôt aux Açores, probablement avant l’arrivée de l’homme. Introduite par l’homme, la belle-de-jour est très commune non seulement dans les jardins, mais aussi dans la nature, où elle s’agrippe aux arbres et envahit les terrains pentus de son beau manteau tacheté de bleu.

Faune[modifier | modifier le code]

La mer des Açores héberge différentes espèces de cétacés, dont les plus fréquents sont les cachalots, les baleines à bec et les dauphins. On y trouve également quelques espèces de requins, allant du requin nain au requin-baleine, le sabre ou trichiurus, le thon, la bonite à ventre rayé (katsuwonus pelamis), le congre, la murène, le chinchard (« chicharro» en portugais). Les poulpes, les oursins, les étoiles de mer, les patelles (« lapas» en portugais), les thoracica (« cracas » en portugais) peuplent les zones côtières. Les lacs et rivières recèlent truites, perches, carpes et brochets.

Dans l’avifaune, il convient de mentionner le milan (le seul rapace présent dans l’archipel), la palombe des Açores (columba palumbus azorica), le pigeon biset, le bouvreuil des Açores (espèce endémique que l’on ne trouve que dans la laurisylve du nord-est de São Miguel), le sicale bouton-d'or et divers oiseaux de mer comme le calonectris diomedea borealis (« cagarro » en portugais), dont la plus grande partie de la population mondiale nidifie aux Açores, la sterne de Dougall, dont la plus grande partie de la population européenne nidifie aux Açores, l’océanite de Monteiro (espèce endémique que l’on trouve sur les îlots de Praia et Baixo, près de l’île de Graciosa) et le goéland.

Les animaux terrestres les plus communs sont le lapin sauvage, la belette, le furet et le hérisson.

Les sources hydrothermales, très profondes, constituent un habitat singulier des Açores, qui abrite des écosystèmes uniques, avec une forte densité d’espèces endémiques, comprenant des bactéries chimioautotrophes, des moules géantes, des polychètes, des crevettes, auxquels s’associent patelles, crabes et poissons abyssaux[9].

Le fila de São Miguel est une race de chien bouvier reconnue au niveau national et international. Les vaches, caractéristiques du paysage açorien, sont très majoritairement de race Holstein.


Histoire[modifier | modifier le code]

Débarquement des troupes espagnoles sur l'île de Terceira lors de la crise de succession du Portugal de 1580 (fresque du Monastère de Saint-Laurent de l'Escurial).

L'histoire moderne semble retenir Diogo de Silves comme découvreur de l’archipel en 1427, mais rien n’est véritablement certain, car des cartes plus anciennes feraient mention de l’existence de ces îles. Leur reconnaissance complète s’effectua sur plusieurs années à partir de 1432 par Gonçalo Velho Cabral pour se terminer en 1452 par Corvo et Flores, reconnues par le navigateur Diogo de Teive. Ces expéditions furent armées par Dom Henrique (Henri le Navigateur), 3e fils du roi Jean Ier du Portugal qui joua un rôle très important dans les découvertes de nouveaux territoires par les Portugais ; elles partaient généralement de l’Algarve ou de l’Alentejo.

Dès le milieu du XVe siècle, un gentilhomme flamand travaillant pour Henri le Navigateur, Jácome de Bruges, reçoit la mission d’installer des familles flamandes sur l’île de Terceira. Dans les siècles qui suivirent, des colons flamands, mais également français vinrent s’établir sur ces îles. De 1580 à 1640, elles furent sous domination espagnole comme le reste du Portugal (voir la bataille des Açores) et servirent de relais lors du retour des navires en provenance de l’Amérique et des Antilles, alors que l’escale aller était à Madère. En 1583, Philippe III envoya la flotte hispano-portugaise chasser les marchands français installés aux Açores, en pendant les prisonniers aux vergues des bateaux et contribuant à la création d’une légende noire. Les îles redevinrent portugaises après la guerre de restauration du Portugal.

En 1836, l’archipel était divisé en trois départements administratifs (ou districts), comparables (sauf en superficie) à ceux du Portugal même. La division était assez arbitraire et ne correspondait pas aux trois groupes naturels d’îles, mais plutôt à la position des capitales des départements (aucune d’elles ne se trouvait dans le groupe ouest) :

  • l’ancien District d’Angra comprenait les îles de Terceira, São Jorge, et Graciosa ; la capitale Angra do Heroísmo se trouvait sur l’île de Terceira.
  • l’ancien District de Horta comprenait les îles de Pico, Faial, Flores et Corvo ; la capitale Horta se trouvait sur l’île de Faial.
  • l’ancien District de Ponta Delgada comprenait les îles de São Miguel et Santa Maria ; la capitale Ponta Delgada se trouvait sur l’île de São Miguel.

En 1868, le Portugal a commencé à imprimer Açores sur ses timbres postaux pour l’usage dans les îles. Entre 1892 et 1906, des timbres séparés ont été imprimés pour l’usage dans les trois districts administratifs.

En 1976, les Açores sont devenues une région autonome et les trois anciens districts (Angra, Horta, Ponta Delgada) ont été dissous en 1978, date à laquelle a été mis en application le statut politico-administratif de la Région autonome des Açores.

Le 16 mars 2003, le « sommet des Açores » réunit le président américain George W. Bush, le Premier ministre britannique Tony Blair, le président du gouvernement espagnol José María Aznar et le premier ministre portugais José Manuel Barroso afin d'évoquer la future intervention en Irak, à laquelle ils sont tous les quatre favorables.

Remarque : au retour de son premier voyage au nouveau monde, Christophe Colomb a effectué une escale aux Açores, pour se reposer, lui et son équipage, avant son retour triomphal en Espagne. Il a été fraichement reçu par le gouverneur portugais, car le Portugal était en compétition avec l'Espagne pour les grandes découvertes.

Politique[modifier | modifier le code]

Paços do Concelho de Ponta Delgada.

Depuis 1976 les Açores, comme Madère, sont constituées en région autonome de la République du Portugal, avec un exécutif propre et une assemblée législative régionale. Le président du gouvernement régional est depuis 1996 Carlos César du Parti socialiste et est réélu en octobre 2008.

Le siège du gouvernement régional est situé à Ponta Delgada, sur l’île de São Miguel, la capitale économique des Açores.

Le représentant de l’État portugais, appelé représentant de la République, réside à Angra do Heroísmo, sur l’île de Terceira, la capitale historique.

L’archipel abrite une base aérienne américaine, Lajes Field, sur l’île de Terceira, et un centre de suivi de missiles français sur l’île de Flores qui a été fermé en 1994.

Bien que désertes lors de leur découverte, plus éloignées de l’Afrique que de l’Europe, situées à des latitudes européennes et non africaines, et de peuplement européen, les Açores font partie des territoires considérés comme africains par l’Union africaine (UA) et sous occupation étrangère[10],[11].

Économie[modifier | modifier le code]

L’archipel exporte des produits agricoles et laitiers (25 % de la production laitière portugaise), des produits issus de l’industrie agro-alimentaire et de la pêche.

La région possède une compagnie aérienne, SATA Air Açores, qui comprend une filiale à vocation internationale (SATA Internacional).

Chacune des 9 îles de l'archipel possède un aéroport:

Le centre de contrôle du trafic aérien de Santa Maria exploité par l’agence nationale NAV Portugal gère l’espace aérien du centre de l’Atlantique nord.

Ethnographie[modifier | modifier le code]

Terre rude et de passage, les Açores ont de tout temps connu une forte émigration. La population des îles se monte à environ 250 000 personnes, mais on considère généralement qu’un million de personnes d’ascendance açorienne vivent à l’étranger, surtout aux États-Unis et au Canada[réf. nécessaire].

Il ne faut pas oublier l’émigration au Brésil, notamment en direction de Florianópolis.

En 1986, on estimait que 200 000 descendants portugais vivaient au Canada dont certains venaient des Açores, mais aussi de Madère et du continent européen[12],[13]. Parmi ceux-ci :

Environnement[modifier | modifier le code]

Vue du volcan Ponta do Pico depuis l'île São Jorge

Comme tous les milieux insulaires, les Açores sont touchées par des phénomènes d’invasions biologiques suite à l’introduction d’espèces allochtones, notamment tropicales dans les jardins exotiques. Leur positionnement entre deux continents rendent ces îles intéressantes du point de vue des phénomènes d’insularisation écologique (naturels ou exacerbés par les infrastructures créées par l’homme) et pour leurs relations avec les biomes européens, africains et américains ; mais leur étude est compliquée par le nombre des espèces introduites (volontairement ou accidentellement) par l’homme, et leurs effets sur les écosystèmes locaux, pouvant aller jusqu’à l’extinction d'espèces. Certaines espèces ont fait l’objet d’études détaillées qui pourront permettre de mieux mesurer l’impact des activités humaines sur la biodiversité insulaire. C’est le cas par exemple des araignées[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de la Présidence de la Région autonome portugaise des Açores
  2. Par anglicisme, on trouve parfois l’orthographe Azores
  3. « Climate of the Azores islands », Azores Weather (consulté le 2009-05-05)
  4. « Sao Sebastiao, Portugal Köppen Climate Classification », Weatherbase (consulté le 2013-09-04)
  5. « Normais Climatológicas (1971–2000) »,‎ juin 2011
  6. Maximum wind speed recorded during Hurricane Tanya (1995), Institute of Meteorology, IP Portugal [1]
  7. La laurisylve, relique d’une végétation qui remonte à l’ère tertiaire et qui a disparu dans presque tout le continent européen en raison des glaciations, ne se trouve plus qu'isolément sur toutes les îles, notamment sur le haut plateau central de Pico, dans la Serra de Santa Bárbara à Terceira et au nord-est de São Miguel
  8. (es) Rubén Barone Tosco, Rüdiger Otto, « La flora endémica de las islas Azores, un patrimonio amenazado » (consulté le 5 octobre 2014)
  9. (pt) « Geoparque Açores, Flora e Fauna »,‎ 2014 (consulté le 5 octobre 2014)
  10. (fr) « Le plan stratégique de la Commission de l'Union africaine », Union africaine,‎ mai 2004 (consulté le 29 janvier 2009), p. 44
  11. « Le plan stratégique de la Commission de l'Union africaine », Union africaine,‎ mai 2004 (consulté le 29 janvier 2009), p. 44
  12. (fr) « Encyclopédie de la musique au Canada - Portugal », sur Encyclopédie canadienne (consulté le 24 août 2007)
  13. « Encyclopédie de la musique au Canada - Portugal », sur Encyclopédie canadienne (consulté le 24 août 2007)
  14. (en) Spiders of the Azores: Images and Species Descriptions & Syncroscopy, Jørgen Lissner et Paulo Borges. Enésima Mendonça (2008).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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