Algérie française

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Algérie

الجزائر الفرنسية (ar)
ⵜⴰⵙⴻⵃⵔⴻⵙⵜ ⵏ ⴼⵔⴰⵏⵙⴰ (ber)

18301962

Drapeau
Drapeau de la France
Blason
Blason de l'Algérie composé sous le Second Empire[1]
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Évolution de l'Algérie française de 1830 à 1962 :

  •      1830
  •      1834
  •      1840
  •      1848
  •      1870
  •      1900
  •      1930
  •      1934
  •      1956
Informations générales
Statut Colonie (1830-1848)
Départements et territoires (1848-1957)
Départements (1957-1962)
Capitale Alger
Langue Français (officielle)
Arabe algérien
Langues berbères
Monnaie Boudjou (1830-1848)
Franc algérien (1848-1960)
Nouveau franc (1960-1962)
Démographie
Population 1954 9 442 000
Densité 1954 3,96 hab./km2
Superficie
Superficie 2 381 741 km2
Histoire et événements
1830 Prise d'Alger
1847 Reddition d'Abd el-Kader
1848 Création des départements français d'Algérie
1870 Décret Crémieux
1945 Massacre de Sétif, Guelma et Kherrata
1954-1962 Guerre d'Algérie
1962 Indépendance de l'Algérie

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Les expressions Algérie française, Algérie coloniale, Algérie colonisée, ou bien, en Algérie, l'expression Algérie au temps de la France[2] ou le simple terme de colonisation (en arabe الاستعمار, istiʿmar) désignent la période historique durant laquelle l'Algérie est sous la domination française. Cette période comprend la conquête de l'Algérie par la France (qui débute par la prise d'Alger en 1830 et se termine par l'annexion du Sahara en 1902), la colonisation proprement dite par la France avec la création des départements français d'Algérie (1848-1957) (Oran, Alger et Constantine) et des Territoires du Sud (1902-1957), et enfin la guerre d'Algérie (1954-1962) jusqu'à la proclamation de l'indépendance du pays le 5 juillet 1962.

Pour désigner officiellement en français les territoires conquis par la France, la dénomination « Algérie » est établie par une ordonnance du roi Louis-Philippe le 1er décembre 1831[3],[4], qui sera suivie le 14 octobre 1839 par une instruction du ministre de la Guerre[5], Virgile Schneider[3].

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Régence d'Alger sur le déclin et convoitises françaises[modifier | modifier le code]

La régence d'Alger, dont le territoire correspond à la partie non saharienne de l'Algérie actuelle, est théoriquement une dépendance de l'Empire ottoman, en fait quasi indépendante. Elle est dirigée par Hussein Dey, le dey d'Alger, vassal du sultan de l'Empire ottoman. Le territoire de la régence est réparti entre le « territoire du sultan » (Alger, le Sahel et la Mitidja) et trois beyliks, dont les responsables, les beys, sont des vassaux du dey : les beyliks du Titteri (chef-lieu : Médéa), d'Oran et de Constantine.

La régence est en déclin depuis le début des guerres napoléoniennes qui limitent le commerce en Méditerranée. De 1802 à 1821, le pays est en proie à la violente dissidence des tribus de l'arrière-pays et à la rébellion des populations qui affichent ouvertement leur désir de se débarrasser de la régence (révolte de Belahrach). Sur le plan militaire, la flotte d'Alger est dépassée et ne peut plus tenir tête aux marines des pays européens ; à partir de 1815, les flottes britannique et française dominent la Méditerranée.

La crise sociale déclenche une crise politique, le dey d'Alger semble contesté par les beys. L'implosion intérieure est effective dans les années 1820. Le pays est fragilisé: La perte de sa flotte de combat à la célèbre bataille de Navarin (20 octobre 1827) livre le pays au blocus maritime étranger. Celui-ci commence en juin 1827 et va durer trois ans. La disette pousse le reste des populations dans l'action armée qui prend la forme d'une guérilla larvée contre les représentants de la régence.

Du côté français, le gouvernement ultra du prince de Polignac espère revivre les conquêtes militaires de Napoléon et consolider l'influence française dans le bassin occidental de la Méditerranée, ainsi que juguler l'opposition intérieure en renouant avec le prestige monarchique dont rêve Charles X.

Selon Pierre Péan, Charles X est également à court de trésorerie et l'immense pactole que constituait la fortune du Dey d'Alger pouvait représenter un objectif majeur de cette expédition[6][réf. incomplète].

Autre raison avancée pour justifier l'opération : se débarrasser des pirates barbaresques qui infestaient la mer Méditerranée depuis trois siècles, et dont un des repaires était justement le port d'Alger, et mettre fin à l'esclavage subi par les populations chrétiennes. Si ces deux facteurs correspondaient à des réalités historiques, et si la traite négrière continuait d'exister sous la Régence, il ne restait en 1830 qu'un petit nombre d'esclaves chrétiens en Algérie, la majorité des chrétiens dans la province ottomane étant des travailleurs libres. Quant aux pirates, ils avaient fortement réduit leurs activités depuis le XVIIIe siècle. Le Dey avait dû renoncer en 1818 à la traite des esclaves chrétiens comme à la piraterie à la suite de l'intervention de la flotte britannique deux ans plus tôt, soit plus de dix ans avant le conflit avec la France[7].

Conquête et prise de possession de l'Algérie (1830-1880)[modifier | modifier le code]

Le coup d'éventail porté par le régent Hussein Dey au consul de France Pierre Deval à Alger le 30 avril 1827 sert de prétexte à la France pour lancer une action punitive contre la Régence d'Alger, amenant finalement la conquête et la colonisation du pays[8].

L'« affaire de l'éventail », liée à un retard de paiement de la part de Paris vis-à-vis d'Alger, est l'incident diplomatique qui permet à la France de déclencher le blocus maritime d'Alger (1827-1830) par la marine royale. Enfin, le bombardement de La Provence (1829), un navire battant pavillon parlementaire, bombardé par les batteries d'Alger représente le cassus belli qui déclenche la "guerre d'Alger" (juin à juillet 1830).

La Provence devant Alger, le 3 août 1829. Le bombardement du navire royal par les Ottomans est le casus belli de la prise d'Alger.

À la suite de la prise d'Alger, les Français mettent fin à l'autorité ottomane et expulsent les 10 000 Turcs de la place[9] ; ils les reconduisent au port ottoman de Smyrne[9].

L'arrivée des colons européens (1830-1868)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Immigration mahonnaise en Algérie.
Charge du colonel Louis Morris du 4e régiment de chasseurs d'Afrique contre la smala d'Abd el-Kader, 1843
Un jongleur arabe à Alger, deux soldats français en uniforme (en bas) s'approchent de trois colons pieds-noirs en habits bruns et chapeaux mous, circa 1899

En 1830, la monarchie de Juillet hérite des conquêtes réalisées en Algérie par la Restauration finissante et qui cherchait dans l'aventure coloniale un peu de gloire militaire dans l'espoir de reconquérir quelque popularité. Louis-Philippe aurait probablement renoncé à ce legs encombrant, dont la conservation mobilise des moyens militaires importants à un moment où le nouveau régime est vivement attaqué de l'intérieur. Mais il doit flatter les sentiments patriotiques en France, notamment ceux de l'aile gauche de ses partisans. Au départ, le roi des Français souhaite donc le maintien du statu quo en Algérie, c'est-à-dire une occupation française limitée à quelques enclaves côtières (Alger, Bône, Bougie, Oran, Arzew et Mostaganem) comme l'avaient fait précédemment les Espagnols avec leurs présides.

Le 6 juillet 1830, lendemain même de la prise d'Alger, une commission de gouvernement, présidée par l'intendant général, le baron Denniée (1787-18??), fut constituée pour établir les besoins et les ressources du pays, les institutions qu'il s'agissait de modifier ou de remplacer.

Les membres de cette commission furent :

  • le général Tholosé (1781-1853), commandant la place d'Alger ;
  • le consul Alexandre Deval, neveu de celui qui avait jadis été insulté par le dey ;
  • le payeur général Férino (1779-1868) ;
  • l'officier-interprète colonel d'Aubignosc. Ce dernier, qui avait longtemps résidé dans les pays barbaresques, fut nommé lieutenant-général de police et devint de fait le premier chef de l'administration algérienne.

Une commission municipale composée de Maures et de Juifs fut chargée de renseigner la commission de gouvernement ; elle était présidée par Ahmed Bouberba, un maure qui vivait à Marseille (et était marié à une marseillaise), homme d'esprit fin et rusé, mais sans moralité aucune et plus tracassier qu'habile.

Durant les quatre premières années de présence française, on vit arriver un nombre important de colons qui furent divisés en trois classes :

  • ceux qui avaient assez de ressources pour construire leurs maisons, à qui on donna dix hectares ;
  • les anciens militaires, qui reçurent six hectares ;
  • les colons sans ressources à qui on attribua quatre hectares.

Cependant, l'afflux important de colons fut tel que les autorités militaires ne purent fournir des terres à tous les nouveaux arrivants. Le général Savary, alors commandant militaire de l'Algérie, prit des mesures drastiques, obligeant les nouveaux venus à avoir de quoi subvenir à leurs besoins pendant un an.

La politique d'attentisme (1830-1836)[modifier | modifier le code]

Cavaliers rouges d'Abd el-Kader, par Léon Galibert, circa 1854

Mais, alors que les autres colonies relèvent du ministère de la Marine, celles-ci sont placées sous la supervision du ministère de la Guerre, dirigé à partir de novembre 1830 par le maréchal Soult. Ce dernier va s'intéresser de près à ces possessions françaises. Il organise sur place des unités militaires spécialisées, adaptées au pays — spahis, zouaves, chasseurs d'Afrique, bataillons d'Afrique — et crée les « bureaux arabes », conçus par le général Trézel et dont le rôle sera clarifié plus tard par le capitaine de Lamoricière en 1844.

La haute hiérarchie militaire pousse ainsi à un renforcement de la présence française en Algérie. En juin 1833, le maréchal Clauzel — qui avait été gouverneur de l'Algérie en 1830-1831 — plaide, à la tribune de la Chambre des députés, pour la colonisation de l'Algérie, dont il affirme qu'elle ferait autant pour la prospérité de la France que la conquête de l'Inde a fait pour celle du Royaume-Uni. Interpellé, Soult dément que le gouvernement ait la moindre intention d'entreprendre cette opération, mais il ajoute qu'il en laisserait volontiers la réalisation à des entreprises privées concessionnaires.

L'ordonnance royale du 24 février 1834 organise l'annexion effective de l'Algérie par la France[10], faisant ainsi des autochtones algériens des sujets français[10].

Le 22 juillet 1834, une ordonnance du roi confie le commandement général et la haute administration des possessions françaises en Algérie à un gouverneur général placé sous les ordres du ministre de la guerre. Le général Drouet d'Erlon est nommé quelques jours après gouverneur général des possessions françaises du Nord de l'Afrique. Mais la situation des enclaves françaises en Algérie est rendue précaire par les ambitions du bey de Mascara, l'émir Abd el-Kader qui, fort du traité qu'il a conclu avec le général Desmichels le 26 février 1834, étend en 1835 sa domination dans le Titteri, au centre de l'Algérie, depuis le Maroc jusqu'aux confins du beylicat de Constantine.

En juin 1835, Abd el-Kader attaque une tribu de l'Oranais qui s'est placée sous la protection de l'armée française. Cette dernière, commandée par le général Trézel, riposte, mais elle est décimée dans une embuscade au défilé de la Macta le 28 juin 1835. À la suite de ce désastre, Drouet d'Erlon est rappelé et remplacé par le maréchal Clauzel, qui revient en Algérie comme gouverneur général.

L'armée du maréchal Clauzel, dans laquelle combat le duc d'Orléans, venge l'affront de la Macta par une opération punitive réussie sur Mascara en décembre 1835, puis sur Tlemcen en janvier 1836. Mais les effectifs sont insuffisants pour occuper ces deux villes, et l'armée doit se replier sur Oran sans faire aucune conquête durable. Le général Bugeaud inflige ensuite de lourdes pertes aux troupes d'Abd el-Kader à la Sikka, près de Tlemcen, le 6 juillet 1836. Avec 7 000 hommes, Clauzel tente ensuite de s'emparer de Constantine, mais il échoue le 24 novembre et rentre à Bône le 1er décembre, en ayant perdu officiellement un millier d'hommes.

Première campagne de pacification (1836-1837)[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Pacification et Bataille de la Sikkak.

Le 6 juin 1836, le général Bugeaud est envoyé en Algérie avec la double mission de combattre Abd el-Kader et de faire la paix avec lui. Il remporte un premier succès à la Sikkak le 6 juillet 1836. La campagne prend fin avec le traité de Tafna signé conjointement par Bugeaud et l'émir Abd el-Kader.

L'option pour une politique de colonisation limitée (1837)[modifier | modifier le code]

Parc de Philippeville (c. 1860-1900)
Article connexe : Traité de Tafna.

À la suite de cet échec, Clauzel est rappelé en février 1837 et remplacé par le général Damrémont, à qui le président du Conseil, le comte Molé, donne les instructions suivantes : « Le but que le gouvernement se propose n'est pas la domination absolue de la Régence. Ce que la France a surtout en vue, c'est son établissement maritime […], la sécurité de son commerce […], l'accroissement de son influence dans la Méditerranée. La France a surtout intérêt à être maîtresse du littoral. Le reste doit être abandonné à des chefs indigènes. »[réf. nécessaire]

C'est dans cet esprit que Bugeaud conclut avec Abd el-Kader, le 30 mai 1837, le traité de Tafna qui ne mentionne la souveraineté française que sur les enclaves côtières, quitte à paraître abandonner tout le reste du territoire à l'émir. Ce traité sembla avoir particulièrement avantagé Abd el-Kader, auquel sont reconnus des avantages territoriaux très supérieurs à ceux qu'il exerçait initialement. Il est possible que Bugeaud se soit laissé corrompre dans cette négociation, et qu'il ait trouvé ainsi les ressources nécessaires à l'agrandissement de ses propriétés en Vendée[réf. nécessaire].

Le passage à une politique de conquête généralisée (1837-1840)[modifier | modifier le code]

Hommes jouant aux échecs à Alger (c. 1899)
Le Prince-Président de la République rend la liberté à Abd el-Kader, Château d'Amboise, 16 octobre 1852. 1861

Abd el-Kader ayant renforcé son armement et étendu les territoires soumis à son influence à la faveur des traités conclus avec la France, il apparaît que tous les ménagements que lui ont manifesté les autorités françaises aient joué contre ces dernières. Aussi une politique générale de conquête des territoires compris entre la mer et le Sahara est-elle mise en œuvre. À l'été 1837, Louis-Philippe Ier et le chef de son gouvernement, le comte Molé décident une nouvelle expédition sur Constantine, à un moment où, avec la consolidation de la monarchie de Juillet et le rétablissement de la prospérité économique, le roi envisage une dissolution de la Chambre des députés. Comme Charles X en 1830 avec l'expédition d'Alger, le roi des Français cherche à obtenir un meilleur résultat aux élections en offrant au pays un peu de gloire militaire et en vengeant l'échec de l'expédition de 1836.

L'armée française part de Bône le 1er octobre. Le 13 octobre, l'assaut victorieux est commencé par le général Damrémont, qui est emporté par un boulet, et achevé par son successeur, le général Valée. Ce dernier est élevé à la dignité de maréchal de France le 11 novembre et nommé gouverneur général de l'Algérie le 1er décembre.

En septembre 1838, au terme d'une longue négociation avec Louis-Philippe, le pape Grégoire XVI accepte la création d'un évêché à Alger. Pour la monarchie de Juillet, il s'agit d'éviter un vicariat apostolique relevant à Rome de la Congrégation pour la propagation de la foi et confié à une congrégation religieuse. Mais cette décision, qui entraîne l'application à l'Algérie du régime concordataire, est aussi la première étape vers la francisation du territoire.

À l'automne 1839, le duc d'Orléans, fils aîné du roi, part pour l'Algérie pour réaliser, avec le maréchal Valée, la prise de possession par la France de la partie intérieure du pays. Partie de Constantine le 16 octobre, trois jours après le deuxième anniversaire de la prise de la ville, la troupe gagne Alger le 2 novembre en passant par Sétif et le défilé des Portes de Fer.

Abd el-Kader y voit une violation du traité de Tafna et déclenche la guerre sainte contre les Français. S'enclenche ainsi une escalade qui aboutira à l'occupation totale de l'Algérie par la France. Dès la fin de 1839, l'émir lance des raids meurtriers sur la Mitidja.

Redevenu chef du gouvernement au début de 1840, Adolphe Thiers, pour se démarquer de ses prédécesseurs et conquérir un peu de gloire pour redorer le blason de la monarchie de Juillet, dénonce la politique consistant à limiter l'occupation française aux enclaves côtières en abandonnant de fait l'intérieur des terres à l'émir. Il se livre à une critique sévère du traité de Tafna. Pour lui, la France n'aura la paix en Algérie qu'en soumettant entièrement le territoire. Elle peut ainsi réaliser une excellente affaire puisque le pays était riche et prospère au temps de l'Empire romain. Louis-Philippe épouse cette conception car il a compris que l'Algérie forme un terrain idéal sur lequel ses fils peuvent cueillir les lauriers militaires qui consolideront le prestige de sa dynastie. Le roi et son gouvernement vont donc braver les oppositions de ceux qui, à droite comme à gauche, craignent de voir l'armée engagée sur un théâtre lointain et contestent la valeur économique de l'Algérie.

Pour accomplir son dessein, Thiers pousse le général Bugeaud, qui présente l'inconvénient d'être furieusement impopulaire auprès de la gauche, pour qui il est l'« homme du massacre de la rue Transnonain », comme auprès des légitimistes, qui voient en lui le geôlier de la duchesse de Berry à Blaye, mais qui passe pour un spécialiste du dossier algérien. Au départ réservé, Bugeaud s'est convaincu de la nécessité d'une colonisation jusqu'aux limites du désert. Louis-Philippe, qui se méfie du général, en qui ses fils voient un rival potentiel, finit par se laisser convaincre et nomme Bugeaud gouverneur général de l'Algérie le 29 décembre 1840, alors que Thiers a quitté le pouvoir depuis quelques mois.

Seconde campagne de pacification (1841-1847)[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Enfumades d'Algérie et Bataille d’Isly.

Bugeaud est nommé gouverneur général de l'Algérie par le ministre Thiers en 1840. Il embarque à Toulon pour Alger sur le Phaéton, le 19 février 1841, en compagnie de son aide de camp Eynard, chef d'escadron, et de Louis de Rochemore, son officier d'ordonnance.

Le jour même de son arrivée à Alger, le 22 février 1841, Bugeaud adresse une proclamation aux habitants de l'Algérie ainsi qu'à l'armée. Aux habitants, il expose qu'il a été l'adversaire de la conquête absolue en raison des moyens humains et financiers qu'elle exige, mais qu'il s'y consacrera désormais tout entier. À l'armée, il dit que son but n'est pas de faire fuir les Arabes, mais de les soumettre.

Bugeaud obtient la permission d'attaquer le Maroc, qui aidait l'émir Abd el-Kader dans sa résistance. Le 14 août 1844, les troupes marocaines sont surprises par Bugeaud sur l'oued d'Isly. S'ensuit la bataille du même nom, non loin de la frontière. Sa victoire met fin à l'aide marocaine, les spahis continuent de pourchasser Abd el-Kader jusqu'au 21 décembre 1847 date de sa reddition. Sa soumission officielle à la France a lieu le 23 décembre 1847.

Annexion (1848)[modifier | modifier le code]

Prise de Bône, 26 mars 1832. 1835

À la suite de la proclamation de la IIe République Française à Paris le 24 février 1848, la constitution de 1848 est adoptée le 4 novembre 1848. Celle-ci consacre le rattachement de l'Algérie à la France.

« Constitution de 1848 : Chapitre X — Dispositions particulières
Article 109. — Le territoire de l'Algérie et des colonies est déclaré territoire français, et sera régi par des lois particulières jusqu'à ce qu'une loi spéciale les place sous le régime de la présente Constitution. »

Les articles 21, 46, 64, 109 dénotent un statut spécial concernant l'Algérie, ainsi les constitutionnalistes parlent tantôt « des départements français et de l'Algérie », tantôt « de l'Algérie et des colonies ».

L'arrivée des insurgés des journées révolutionnaires de juin (1848)[modifier | modifier le code]

Durant les journées révolutionnaires de Paris du 23 juin 1848 au 26 juin 1848, en tant que ministre de la Guerre, le général Louis Eugène Cavaignac donne l'ordre au général Damesme de mater la révolte. Les insurgés survivants (dont le communiste Louis Auguste Blanqui), qui avaient dressé des barricades en signe d'opposition à la fermeture des Ateliers nationaux sont mis aux arrêts par la Garde nationale et la Garde mobile pour être déportés ou plus exactement « transportés » (avec leur famille ou pas) par un décret de l'Assemblée nationale le 27 juin 1848[11]. La déportation se substitue à la peine de mort pour les crimes contre la sûreté de l'État en cas de circonstances atténuantes. Elle a été abolie en 1960 par le président Charles de Gaulle.

Le décret du 27 juin 1848 édicte[11] :

« Article premier : Seront transportés par mesure de sûreté générale, dans les possessions d’outre-mer autres que celles de la Méditerranée, les individus actuellement détenus qui seront reconnus avoir pris part à l’insurrection des 23 juin et jours suivants.
Les femmes et les enfants des individus ainsi transportés hors du territoire seront admis à partager le sort de leurs maris et pères. »

Sur les 11 671 individus susceptibles d'être concernés par le décret de juin 1848, seulement 459 sont finalement détenus, à Belle-Île, avant d'être transférés à la casbah de Bône, en Algérie, deux ans plus tard ; avec trois autres incarcérés[12]. Les frégates à vapeur affectés à ces transports, le Gomer et l'Asmodée, partent des ports de Cherbourg et Brest le 21 février 1850[12]. La liste des « transportés » de 1848 a été établie par le chercheur du CNRS Louis-José Barbançon et est consultable[12] ; les détenus en question sont majoritairement des provinciaux (environ 57 %) et sont originaires de 64 départements français, environ 41 % sont originaires de la région parisienne, tandis que onze d’entre eux sont nés à l’étranger (Belgique, Allemagne, Italie et Pays-Bas)[12].

Créations des départements français d'Algérie (1848)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : départements français d'Algérie.

L'arrêté du Président du Conseil des 9 décembre 1848 et 16 mars 1849 (article 1[13]), crée un département sur le territoire civil de chacune des provinces d'Oran, Alger et Constantine[14].

Second Empire (1852-1870)[modifier | modifier le code]

Après plusieurs années de famine, la population des musulmans d'Algérie passe à la fin du Second Empire de 2 732 851 (1861) à 2 125 052 personnes (1872).

De 1830 à la chute de l'Empire (1870), l'Armée a dirigé, administré le pays. Cependant, par décret du 2 juin 1858 a lieu la création d'un Ministère de l'Algérie et les Colonies par Napoléon III[15]. Localement, l'administration est différente pour les Européens et les indigènes (arabes).

La grande majorité des Européens n'avait pas la citoyenneté française. Ils étaient donc privés de députés (depuis janvier 1852). En décembre 1866 sont rétablies les dispositions sur la gestion démocratique des communes. À la fin de l'Empire, il y avait 96 communes contre 47 en 1852.

Après le départ des Turcs, la rudimentaire organisation barbaresque est maintenue avec les provinces, les aghas, khalifas auxquels s'ajoutaient les bachagas (niveau intermédiaire). L'unité administrative de base reste la tribu contrôlée par un caïd. Ce dernier dispose d'un goum de mokhaznis ou d'une smala de spahis (cavaliers). Le tout est supervisé par les Bureaux arabes.

La situation politique est caractérisée par la persistance d'un profond malaise. L'incompréhension règne entre militaires, Européens et indigènes. L'introduction dans le domaine de ces derniers des colonies agricoles de 1848 se fait avec rudesse. On décompte 2 600 000 indigènes face à 200 000 européens.

Immeubles haussmanniens, Place de la République à Alger (c. 1899).
Scène à l'arrivée d'un bateau à vapeur, à Alger (vers 1899).
Un pêcheur sur le môle, au fond le phare d'Alger (v. 1899).

Décret Crémieux[modifier | modifier le code]

Le décret Crémieux (1870) accorde la citoyenneté française aux Juifs d'Algérie.

Révoltes contre le pouvoir français[modifier | modifier le code]

Début 1871 a lieu la révolte des Henanchas. Les conflits où la France était impliquée virent des contingents d'Algériens envoyés au front jusqu'en Ukraine et même au Mexique, toujours aux premiers rangs[réf. nécessaire]. Le 18 janvier 1871, quand le ministre de la guerre donna l'ordre d'envoyer plus de régiments de spahis algériens sur le front prussien, il ne restait plus que les contingents de Souk Ahras et celui de la région de Moudjbeur. Ces derniers refusant de partir, un premier accrochage tua un brigadier français. Trois jours plus tard, l'insurrection débuta et certains prêchaient la guerre sainte et l'indépendance du pays. Plusieurs tribus auressiennes se regroupèrent autour de Ahmed Salah ben Resqui cheikh des Hnenechas et effectuèrent plusieurs razzias sur Souk Ahras. À l'arrivée des renforts français, une bataille a lieu à Ain Sennour. Manquant de munitions et d'effectifs, les Algériens ne purent résister. Ils furent jugés, condamnés à mort ou expatriés. Cette affaire eut un retentissement dans tout le pays et plusieurs révoltes éclateront durant l'année 1871[16].

La même année, la révolte des Mokrani survenue le 16 mars, réunit plus de 250 tribus qui se soulèvent, soit un tiers de la population du pays. Elle est la plus importante insurrection contre le pouvoir colonial français depuis le début de la conquête de l'Algérie en 1830. Elle est menée depuis la Kabylie des Bibans par le cheikh El Mokrani et son frère Boumezrag, ainsi que par le cheikh El Haddad, chef de la confrérie des Rahmaniya. L’amiral de Gueydon, nommé gouverneur général le 29 mars, en remplacement du Commissaire extraordinaire Alexis Lambert, mobilise 100 000 soldats afin de mener une opération de pacification. La révolte est durement matée et de nombreux chefs de tribus sont déportés en Nouvelle-Calédonie[17].

En 1879, une nouvelle révolte se déclenche dans les Aurès sous la direction de Cheikh Mohamed Ben Abderrahmane et de Med Ameziane, révolte qui se présente comme un guerre sainte mais probablement également révolte contre l'administration des caïds locaux[18]. les insurgés se soumirent rapidement aux forces dépêchées sur place.

L'arrivée des rapatriés de la guerre franco-prussienne (1871-1872)[modifier | modifier le code]

Avec la défaite française contre la Prusse en 1870 s'amorce l'annexion de l'Alsace-Lorraine par celle-ci en 1871 ; selon le Traité de Francfort. Une clause de ce traité permet aux Alsaciens-Lorrains de conserver la nationalité française s'ils quittent la région avant le 1er octobre 1872. Une partie d'entre eux vient s'installer en Algérie française[19].

« Le décret du 15 juillet 1871 permit de reconnaître la responsabilité collective des tribus insurgées. Ce décret permis le séquestre légal de plusieurs centaines de milliers d'hectares ainsi que l'imposition d'une amende de trente six millions de francs. Une partie de cet argent et de ces terres servirent à l'accueil des Alsacien-Lorrains refusant de devenir Allemands[17]. »

« Algérie française » et « Algérie algérienne » (1881-1918)[modifier | modifier le code]

Campagne du Sahara (1900-1903)[modifier | modifier le code]

Le décret du 1er avril 1902 crée un corps spécial composé d'indigènes musulmans et nomme la Compagnie des Oasis Sahariennes[20]. Cette dernière est placée sous le commandement du lieutenant Georges Guillo-Lohan, chargé d'ouvrir la route commerciale du massif du Hoggar et des Territoires du Sud, domaine des guerriers nomades Touareg. Guillo-Lohan doit occuper les oasis Ain Salah et Aoulef et mener une contre-offensive face aux Touareg qui se livrent à la tactique de la razzia contre les caravanes traversant ces contrées désertiques[20].

Opérations de la Triple Alliance en Algérie[modifier | modifier le code]

Le port d'Alger vu depuis le phare, circa 1890~1905

Le 4 août 1914, les villes de l'Est algérien Bône et Philippeville sont bombardées par les croiseurs de la Kriegsmarine, Goeben et Bresland, faisant de nombreux morts.

Les appelés musulmans d'Algérie (1914-1918)[modifier | modifier le code]

Au cours de la Première Guerre mondiale, les tirailleurs et spahis algériens ont mené les mêmes combats que les soldats « français ». Les Algériens ont laissé 26 000 des leurs sur les champs de bataille d'Orient et d'Occident de la Première Guerre mondiale. De la nécropole nationale de Notre Dame de Lorette aux champs de bataille de la Hartmannswillerkopf, en passant par l'ossuaire de Douaumont, le sacrifice consenti par les troupes d'Afrique du Nord et plus particulièrement par les Algériens, est encore de nos jours perceptible par les tombes marquées du croissant. Les Algériens ont été de toutes les grandes batailles de l'armée française de la Première Guerre mondiale. Ils se sont distingués notamment dans la Bataille de Verdun, dans la Bataille de la Somme en 1916, ou encore au chemin de Dames en 1917. Les tirailleurs et spahis algériens ont été, pendant ces quatre années de guerre, mêlés à toutes les batailles de l'armée française.

Les appelés Européens d'Algérie (1914-1918)[modifier | modifier le code]

Certificat de décès du caporal André Dupont (9e régiment de zouaves), pied-noir de Constantine, mort pour la France, « tué par l'ennemi » à l'âge de 20 ans, le 6 octobre 1915 à Rouvroy dans la Marne durant la Première Guerre mondiale, vers 1918.

Comme leurs compatriotes musulmans, les Algériens de souche européenne ou juives séfarades ont participé très activements à l'effort de guerre en Occident comme en Orient (Dardanelles). Entre 1914 et 1918, 155 000 Européens d'Algérie sont mobilisés dans l'armée française. Certains régiments de tirailleurs mélangent les soldats des trois communautés. Un tiers d'entre-eux sont affectés dans des régiments de tirailleurs algériens à des fins d'encadrement. Au total, 22 000 Européens d'Algérie sont tués pendant le conflit[21].

Des monuments aux morts ont été édifiés dans beaucoup de communes d'Algérie, indiquant sans mention de l'origine les soldats tombés pour la France[22],[23][réf. insuffisante].

Les appelés Israélites d'Algérie (1914-1918)[modifier | modifier le code]

Colonisation triomphante et initiatives algériennes (1919-1942)[modifier | modifier le code]

Nationalisme algérien (1919-1931)[modifier | modifier le code]

Une des premières ébauches du drapeau algérien.

L'émir Khaled (petit-fils de l'émir Abd el-Kader), à partir de 1919, milite pour les changements basés sur l'égalité promis par la France, à la suite de la mobilisation des Algériens pour la Première Guerre mondiale.

En 1926 est fondée l'Étoile nord-africaine par des travailleurs immigrés dont la moitié sont originaires de Kabylie[24]. Dirigée par Messali Hadj l'organisation se rapprocha un temps du PC. Elle fonda aussi le journal El Oumma afin de servir à propager les idées du parti et faire connaître les activités de ce dernier.

Les revendications du parti portaient essentiellement sur l'indépendance totale de l'Algérie, l'évacuation des troupes françaises, l'abrogation du Code de l'indigénat, la récupération par les Algériens de leurs biens sous séquestre, le droit des Algériens à l'enseignement avec l'ouverture du champ médiatique et la liberté d'exercice des droits politiques et syndicaux. Très tôt les autorités française exerceront une pression sur cette organisation[25]. Ce parti serait aussi à l'origine des premières ébauches du drapeau algérien[26].

En 1931, est fondée l'Association des oulémas musulmans algériens par Ben Badis, dont le programme est la restauration de la place de la culture islamique en Algérie, notamment par le biais de la création d'écoles et de deux instituts à Tlemcen et Constantine[27].

Seconde Guerre mondiale (1939-1940)[modifier | modifier le code]

L'armistice du 22 juin 1940, signée par le haut-commandement des armées françaises de terre, de mer et de l'air et l'ambassadeur de France au nom du gouvernement de Philippe Pétain à Rethondes, porte sur une série d'obligations affectant aussi bien la métropole que l'Algérie française. Elle ordonne la cessation des hostilités contre les Allemands y compris en Algérie et sur mers (article premier). En outre, toutes les unités de la flotte de guerre française se trouvant en dehors des eaux territoriales françaises devront être rappelées en France pour y être démobilisées et désarmées sous le contrôle de l'Allemagne ou de l'Italie (Article 8)[28].

BA144 Ain-Arnat-Sétif Prise d'armes lors de la visite de Weygand en 1940.

Par ailleurs, le gouvernement français s'engage à n'entreprendre à l'avenir aucune action hostile contre les Allemands avec aucune partie des forces armées qui lui restent en Algérie, garder ces forces sur le sol français et empêcher le transfert de matériels de guerre aux Alliés, interdire aux ressortissants français de combattre l'Allemagne aux côtés des Alliés (article 10)[28]. Les aérodromes, les installations terrestres de l'aviation militaire en territoire non occupé seront placés sous contrôle allemand ou italien et les avions étrangers devront être livrés aux autorités allemandes (Article 12). Le gouvernement français est tenu de livrer sur demande tous les ressortissants allemands désignés par le Gouvernement allemand et qui se trouverait en Algérie. Le gouvernement français s'engage à empêcher le transfert de prisonniers de guerre ou de prisonniers civils allemands de la métropole vers l'Algérie et l'étranger (Article 19).

L'unique concession faite par les Allemands concerne la flotte de guerre française dont « une partie, à déterminer, est laissée à la disposition du gouvernement français pour la sauvegarde des intérêts français dans son empire colonial » (article 8)[28].

Algérie sous administration vichyste (1940-1942)[modifier | modifier le code]

En Algérie française, la nouvelle de la capitulation française désoriente l'opinion, qui accueille le discours du maréchal Pétain avec un certain malaise. Des secteurs de l'opinion lui sont cependant immédiatement favorables : les quotidiens L'Écho d'Oran et La Dépêche algérienne sont parmi les premiers à prôner le ralliement à Pétain[29].

L'amiral Jean-Marie Charles Abrial, nommé - également en juillet 1940 - gouverneur général de l'Algérie, arrive le 1er août. Son cabinet, composé de marins, est dirigé par son gendre et compte davantage de proches que de véritables connaisseurs des réalités algériennes. L'équipe Abrial s'attache à rationaliser l'administration, en refondant l'organigramme du gouvernement général en dix directions, écartant au passage certains hauts fonctionnaires appartenant à la franc-maçonnerie[30]. L'application des premières lois relatives aux étrangers et restreignant les conditions d'accès aux emplois publics pour les personnes d'origine étrangère touche l'Algérie comme la métropole. Parmi les fonctionnaires, environ 5 % des enseignants en Algérie sont inquiétés du fait de cette loi. Les lois contre la franc-maçonnerie touchent un certain nombre de hauts fonctionnaires, écartés de leurs fonctions[31].

Le décret Crémieux est abrogé le 7 octobre 1940 par Marcel Peyrouton, ministre de l'Intérieur de Vichy et ancien secrétaire général du Gouvernement général à Alger. Cette abrogation, qui se conjugue avec l'application du statut des juifs, prive la communauté juive d'Algérie de sa nationalité française, avec quelques exceptions pour les anciens combattants décorés et les individus reconnus comme ayant rendu des services au pays. Les Juifs d'Algérie sont désormais placés dans une situation d'infériorité légale par rapport aux Musulmans, qui peuvent toujours demander la naturalisation à titre individuel[32],[33].

L'équipe Abrial s'attache à refondre les institutions locales de l'Algérie, mettant en place des conseils de notables nommés. Les pouvoirs des conseils généraux sont suspendus et transférés aux préfets. Les équipes dirigeantes des municipalités sont également renouvelées, à hauteur de 30 % environ, pour être remplacées par des administrations nommées. Les institutions locales sont ainsi mises sous un contrôle étroit[34]. La création des Chantiers de la jeunesse française, qui s'implantent également en AFN, participent de cette volonté d'encadrement de la société, à commencer par la « régénération » de sa jeunesse. La Légion française des combattants, implantée en AFN dès l'automne 1940, constitue un puissant relais d'opinion au service du nouveau régime, et connaît un afflux de membres, comprenant en juin 1941 plus de 107 000 membres, 64 000 européens et 43 000 musulmans[35].

L'administration Weygand[modifier | modifier le code]

Le 5 septembre 1940, le général Maxime Weygand est nommé Délégué général du gouvernement en Afrique française. Le 4 octobre, il devient également commandant en chef des forces française en Afrique. Attaché à protéger l'Empire, Weygand considère en outre qu'après l'attaque britannique sur Mers el-Kébir, la France « se trouve de fait en état d'hostilité » avec le Royaume-Uni. La Délégation générale dirigée par Weygand, qui s'installe à Alger début octobre 1940, est composée d'un état-major et d'un secrétariat général confié au fonctionnaire colonial Yves Châtel, précédemment en poste en Indochine française. Weygand, opposé à « la propagande du traître de Gaulle », définit une doctrine militaire consistant à assurer la défense « contre quiconque » des possessions africaines de la France. S'il refuse tout contact avec la France libre, Weygand couvre par contre de son autorité des camouflages d'armement par l'Armée d'Afrique. Les États-Unis étant alors neutres, Weygand entretient des contacts avec le diplomate américain Robert Murphy : un mémorandum (dit « accords Murphy-Weygand ») est signé le 26 février 1941, par lequel les États-Unis s'engagent à contribuer au ravitaillement de l'Afrique française du Nord, en contrôlant que les produits ne soient pas exportés vers la métropole. Des vice-consuls américains sont installés. Les Allemands et les partisans de la collaboration sont méfiants vis-à-vis de Weygand, qu'ils soupçonnent de préparer des actions de résistance. Cependant, si le Délégué général demeure hostile à l'Allemagne en privé, il tend surtout à imposer l'attentisme, y compris à des officiers français qui souhaiteraient préparer plus activement la revanche[36].

L'économie et la société de l'Algérie, sont touchées par l'interdiction de l'émigration vers la métropole des travailleurs immigrés, et par la pénurie de nombreuses denrées, à laquelle l'équipe Weygand tente de parer. Les populations indigènes donnent des signes de mécontentement : le 25 janvier 1941, 570 soldats se mutinent dans le quartier de Maison-Carrée à Alger, un évènement que Weygand attribue en partie à l'action du Parti du peuple algérien de Messali Hadj, et à la propagande allemande. L'Allemagne nazie mène en effet des opérations de séduction envers le monde musulman, et diffuse des émissions de radio en langue arabe : au début 1941, Younès Bahri, speaker irakien de Radio-Berlin, promet que l'Allemagne apportera la liberté aux Algériens. Une partie de l'opinion musulmane n'est pas insensible à ces efforts de propagande. Dans une moindre mesure, l'Italie et l'Espagne mènent des actions de propagandes revendiquant le Constantinois et l'Oranie[37].

En juillet 1941, Weygand obtient de l'amiral Darlan le rappel d'Abrial, et assume lui-même la fonction de gouverneur général de l'Algérie, tout en conservant celui de délégué général pour l'ensemble de l'Afrique. Yves Châtel occupe la nouvelle fonction de gouverneur général adjoint, tandis qu'un proche de Darlan, l'amiral Fénard, devient secrétaire général. L'administration de Weygand se signale en Algérie par une volonté réformatrice, s'attachant à développer les services juridiques et sociaux, à industrialiser les départements, et à développer l'agriculture pour la rendre capable de subvenir aux besoins des populations locales[38].

Concernant la mise en œuvre de l'antisémitisme d'État, l'Algérie est le seul des trois pays de l'AFN à céder aux demandes de Xavier Vallat, en mettant en place un service spécial pour le règlement de la question juive, chargé de veiller à l'application du statut des Juifs[39]. Si les autorités coloniales ont choisi la collaboration, les indigènes refusèrent le plus souvent de livrer les Juifs et de collaborer. C'est le cas notamment à Laghouat où la population s'oppose à la demande des autorités de livrer les Juifs, dans la Casbah d'Alger, à Constantine, Tlemcen. Les enfants juifs à qui les écoles républicaines étaient interdites vont fréquenter les écoles « arabes » où la population les accepte et dissimule leur identité aux autorités de Vichy. Les indigènes musulmans adopteront donc une position radicalement différente de celles des autorités de Vichy permettant la protection de nombreux Juifs d'Algérie[40].

L'immigration algérienne et les milieux nationalistes algériens seront globalement sur la même position. Ainsi Messali Hadj s'opposera a toute forme de collaboration et aux persécutions des Juifs ; il fera d’ailleurs exclure du PPA en mai 1939 les zélateurs d'une alliance avec les Allemands regroupés dans le CARNA (Comité d'action révolutionnaire nord-africain)[41]. Ils seront cependant réintégrés dès 1943, et Mohamed Lamine Debaghine, connu pour ses sympathies à l'égard du régime nazi, reste très influent à la tête du PPA pendant toute la période de la guerre[42], et sera emprisonné par le régime de Vichy en 1941. La mosquée de Paris, un des haut lieux de l'immigration algérienne en France, sauvera aussi de nombreux Juifs en leur délivrant des faux papiers et en les faisant passer pour des musulmans, les dissimulant ainsi aux autorités nazies[43].

Rappelé à Vichy, Weygand se voit notifier le 18 novembre 1941 sa disgrâce. Il est mis à la retraite deux jours plus tard et se voit interdire de rentrer en Algérie pour y faire ses adieux. Son appel à assurer la continuité de l'administration est cependant entendu, et son ancienne équipe assure la succession. Yves Châtel assume le poste de gouverneur général. Le général Alphonse Juin, nommé en septembre 1941 à la tête des troupes françaises au Protectorat du Maroc, succède à Weygand au commandement de l'armée en Afrique du Nord, et maintient la ligne de la « défense contre quiconque », souhaitant avant tout temporiser[44].

Début juillet 1942, le village Deni-Abram, en Kabylie, est rebaptisé « Maréchal Pétain » par le gouverneur général d'Alger Yves Châtel[45].

Durant l'Occupation en France métropolitaine, 300 nord-africains s'engagent dans la Milice française, constituant la Légion nord-africaine[46]. Début octobre 1942, à Fort-de-l'eau, en Algérie, la promotion des jeunes cadres musulmans des Chantiers de la jeunesse française (CJF) prête serment au gouverneur général vichyste Châtel par le salut fasciste, « je le jure » remplace le salut à Hitler[47].

Répression politique et tension sociale[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de Vichy s'attache à renforcer son contrôle sur la société nord-africaine : au printemps 1942, le ministre de l'intérieur Pierre Pucheu réalise une grande tournée en AFN. La propagande vichyste se renforce tout au long de la période 1940-1942, avec une influence croissante des collaborationnistes. La section presse et propagande du gouvernement général de l'Algérie est, à partir du début 1942, dirigée par Paul Guitard, ancien membre du Parti communiste français et du Parti populaire français de Jacques Doriot. L'organisation de la propagande sociale est également confiée en mai 1942 à un doriotiste, Georges Guilbaud. À partir de juin 1942, des travailleurs algériens, principalement musulmans, commencent d'être envoyés en Allemagne. L'attrait des salaires, dans la situation de misère existant notamment en Kabylie, entraîne 10 000 actes de volontariat en quinze jours[48].

La répression policière et judiciaire se fait de plus en plus sensible en Algérie, à partir de l'été 1941. Un tribunal militaire permanent est créé à Alger, en vertu de la loi du 14 août « réprimant l'activité communiste ou anarchiste ». Le 9 février 1942 commence à Alger le « procès des 61 », concernant les dirigeants du Parti communiste clandestin, arrêtés pour la plupart dans le courant de l'année 1941. Six condamnations à mort et neuf peines de travaux forcés à perpétuité sont prononcées, de lourdes peines frappant la majorité des autres inculpés (quelques-uns étant acquittés)[49].

Le contexte de la guerre, avec notamment l'occupation par l'Allemagne des principales régions de production textile, ainsi que l'insuffisance des stocks locaux, provoque bientôt en Afrique du nord une pénurie de textiles. La pénurie touche également les produits alimentaires, et, en 1942, entraîne en Algérie de véritables situations de disette, qui touchent en particulier les populations musulmanes, et contribuent à une tension accrue entre communautés[50].

Prisons et camps d'internement en Algérie[modifier | modifier le code]

Créés dès le printemps 1939 pour gérer l'afflux de réfugiés espagnols fuyant la guerre civile dans leur pays, les camps d'internement[51] ont été ensuite élargis aux étrangers « ressortissant des territoires appartenant à l'ennemi ». Les camps d'Algérie accueillent dès juin 1940 communistes, indépendantistes musulmans, et réfugiés « indésirables » venus d'Europe centrale ou d'Espagne. Après la capitulation française, les camps sont utilisés pour y transférer depuis la métropole d'autres catégories de populations, comme les communistes et les Juifs étrangers. L'Afrique française du Nord retrouve alors son rôle de terre de proscription, où sont éloignés condamnés et « indésirables ». En janvier 1941, le gouvernement de Vichy décide du transfert dans les camps sud algériens des « militants extrémistes les plus dangereux ». En juin, 600 Français ont été dirigés vers l'Algérie, ainsi que 300 ressortissants étrangers (Allemands, Autrichiens, et quelques anciens combattants des Brigades internationales). Dès mai 1942, le capacités d'accueil des prisons d'Alger ou de Lambèse sont saturées. Certains prisonniers sont détenus en dehors de tout jugement, notamment les populations « indésirables » versées dans des camps de travail baptisés Groupement de travailleurs étrangers. Des « Centres de séjour surveillés » sont également mis en place pour y placer les « nationaux dangereux pour la sécurité publique » et les « étrangers indésirables ». Les internés politiques, relégués dans le sud algérien, sont soumis à des conditions de vie particulièrement dures. En cumulant les détenus des différentes structures d'internement, entre sept et dix mille personnes auraient été emprisonnées en Algérie française, du fait de leurs convictions ou de leurs origines[52]. Ils sont fermés en 1943.

Opérations Alliées en Algérie (1940-1944) et nouvelle administration[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bataille de Mers el-Kébir.
Carte de l'Opération Torch, 1941
Des habitants d'Arzew vont à la rencontre des Américains durant l'Opération Torch, 1942
Photographie de propagande, un sergent américain distribue des canettes de lait (rations) à des enfants français à Oran, circa 1942

Le 3 juillet 1940, la bataille de Mers el-Kébir, près d'Oran, oppose la flotte britannique à la marine française loyaliste[53].

En 1941, le président américain Roosevelt charge le diplomate Robert Murphy d'une mission de renseignement en Algérie. Elle consiste à entrer en liaison avec des officiers de l'armée vichyste et les recruter pour soutenir un débarquement allié. Une délégation d'officiers français, dont le général Charles Mast commandant-en-chef à Alger, accepte un rendez-vous clandestin avec son homologue américaine à Cherchell le 21 octobre 1942. Le général Henri Giraud est également recruté par les Alliés qui le préfèrent à de Gaulle et souhaitent lui confier le commandement de l'armée d'Afrique à l'issue du débarquement. À la base britannique de Gibraltar, le 7 novembre 1942, Giraud réclame le commandement en chef du débarquement allié mais celui-ci incombe à l'américain Eisenhower.

Ils établissent également de nombreux contacts, non seulement avec les autorités locales de Vichy, mais aussi avec la Résistance afin de neutraliser les batteries côtières de Sidi-Ferruch et le 19e corps d'armée française d'Alger pendant une quinzaine d'heures. 400 résistants français occupent, dans la nuit du 7 au 8 novembre, les points stratégiques d'Alger, et mettent aux arrêts les plus hauts dirigeants civils et militaires vichystes, tels que le général Juin et l'amiral Darlan. L'opération sera baptisée quelques mois plus tard putsch d'Alger.

Pendant ce temps se déroule l'opération Torch qui dure jusqu'au 10 novembre. Deux corps expéditionnaires alliés débarquent en Algérie, le premier à Oran et Arzew, le second à Alger. Tandis que le débarquement d'Alger est un succès pour les Alliés, la partie qui concerne Oran est mitigée. L'Opération Reservist, dans le cadre de « Torch », constitue le premier conflit historique armé entre les États-Unis et la France. Il s'agit d'une tentative alliée de débarquer les troupes directement sur le port d'Oran, afin d'épargner les utiles installations portuaires et les bâtiments de la flotte vichyste s'y trouvant. La marine française riposte à l'invasion anglo-américaine en utilisant les quatre batteries placées sur les môles et l'artillerie des trente-et-un navires de l'escadre qui infligent des dégâts importants. Les pertes alliées dépassent 90 %. Sur 393 hommes engagés, 183 sont tués et 157 blessés aux rangs desquels on compte 113 marins britanniques morts, et 86 blessés, ainsi que cinq marins américains morts et sept blessés[54]. Une tentative similaire est menée à Alger, Opération Terminal. Deux navires britanniques tentent de débarquer six cents hommes directement sur le port ; les forces vichystes ripostent. L'HMS Malcolm a dix membres d'équipage morts, davantage sont blessés, et le bâtiment endommagé bat en retraite. Au troisième essai l'HMS Broke débarque ses troupes sur le quai de Fécamp sous le feu des loyalistes. Le navire se retire mais, atteint par les batteries, il finit par couler le 10 novembre.

Une célèbre affiche de propagande vichyste de l'époque représentait un marin français demandant assistance et portait la mention « Souvenez-vous d'Oran ! » en référence à l'attaque survenue à Mers el-Kébir.

En parallèle à Reservist est menée l'Opération Villain, première opération aéroportée américaine, destinée à prendre le contrôle des aérodromes de Tafaraoui et La Senia près d'Oran et à les maintenir jusqu'à l'arrivée des troupes débarquées au port d'Oran. Cette opération d'envergure engageant 556 parachutistes américains et 39 avions C-47 à destination d'Oran est un fiasco. Seuls treize avions atteignent l'Algérie dont dix larguent les parachutistes derrière la sebkha d'Oran, où ils sont immédiatement fait prisonniers par les troupes de Vichy.

Commandement civil et militaire d'Alger (1942-1943)[modifier | modifier le code]

Généraux Henri Giraud et Charles de Gaulle, à la conférence de Casablanca le 14 janvier 1943
Les Nazis bombardent un couvent-orphelinat d'Alger, faisant dix-huit victimes, le 17 avril 1943.

Conséquence de l'opération Torch un gouvernement vichyste de l'Afrique française est constitué le 14 novembre 1942 par François Darlan sous le nom de « Haut-Commissariat de France en Afrique ». Il prend le pouvoir « au nom du Maréchal », et mobilise les Français d'Afrique du Nord pour « libérer le Maréchal ». Giraud, qui n'arrive à Alger que le 9 novembre, se rallie à Darlan en échange de sa nomination comme commandant de l'armée d'Afrique. De plus, le Haut-Commissariat maintient toutes les lois et mesures d'exception de Vichy en vigueur, y compris même l'internement des résistants déportés par Vichy, dans les camps de concentration du sud. Le (26 décembre 1942 est créé le commandement en chef français civil et militaire. Le nouveau pouvoir d'Alger est soutenu par Roosevelt, malgré son maintien de la législation vichyste.

Le débarquement a eu lieu sans que le général de Gaulle en soit informé par les Alliés anglo-américains[55]. Le général de Gaulle, chef de la France libre basée à Londres, arrive à Alger le 30 mai 1943[56].

L'opération Torch, de fait, établit un avant-poste des Alliés en Méditerranée en même temps qu'elle fournit une nouvelle capitale à la France libre, Alger, qui succède à Londres. Cette opération donne lieu à des représailles en métropole et en Algérie de la part de Berlin. De 1942 à 1943, la Luftwaffe décollant depuis la colonie italienne voisine de Libye se livre à des bombardements civils notamment sur les villes algériennes de Bône et Djidjelli[57],[58]. Le 17 avril 1943, les bombardiers en piqué allemands prennent pour cible le port d'Alger détruisant au passage un couvent-orphelinat.

L'aide américaine au réarmement (1943) et armée d'Afrique (1942-1944)[modifier | modifier le code]

Les États-Unis procèdent au réarmement de l'armée d'Afrique, placée sous le commandement du général Giraud. La première livraison de chars américains à Alger a lieu dès le 17 avril 1943[56] et la remise des chaînes de montage par les autorités américaines le 29 avril[56]. Cependant la cérémonie de remise du premier convoi de matériel américain aux forces françaises d'Afrique du Nord se déroule au champ de manœuvres d'Alger, le 8 mai 1943[56].

De nombreux Algériens furent recrutés au sein de l'armée française de la Libération et engagés sur les fronts italiens et français. En Algérie, la conscription concerna les différentes composantes de la société algérienne (indigènes, Européens…). Les effectifs mobilisés en Algérie s'élevèrent de 1943 à 1945 à 304 000 Algériens, dont 134 000 « musulmans » et 170 000 « européens » (le taux de mobilisation pour les Pieds noirs était de 16 %[59]). Le général Juin, natif d'Algérie, commanda le Corps expéditionnaire français en Italie. Les futurs présidents de l'Algérie indépendante, Ahmed Ben Bella et Mohamed Boudiaf, furent engagés volontaires et décorés. Mostefa Ben Boulaïd, un des artisans du déclenchement de la révolution algérienne en 1954, fut récompensé de son courage pendant la campagne d'Italie en 1944 par la médaille militaire et la croix de guerre. Krim Belkacem, futur vice-président du GPRA, fut mobilisé en 1943 dans le 1er régiment des tirailleurs algériens où il devint caporal-chef.

Comité français de la Libération nationale (1943-1944)[modifier | modifier le code]

Le Comité français de la Libération nationale (CFLN) (7 juin 1943 au 2 juin 1944) est l'organe gouvernemental coprésidé par les généraux Henri Giraud et Charles de Gaulle à la suite de la fusion des deux autorités françaises participant à la guerre au côté des Alliés, le Commandement en chef français civil et militaire d'Alger (général Giraud) et le Comité national français de Londres (général de Gaulle).

Le général Eisenhower, commandant en chef des armées alliées en Afrique du Nord, et le général Giraud commandant des Forces françaises (et « favori » des Américains), saluant les drapeaux des deux nations au quartier général des Alliés à Alger, 1943

Le 22 octobre 1943, le décret Crémieux est rétabli, marquant l'abolition du Statut des Juifs. Les israélites d'Algérie redeviennent français.

Le 22 janvier 1944, les autorités militaires américaines créent un poste des Affaires Civiles (Civil Affairs) à Alger dans le cadre de l'AMGOT, le « gouvernement militaire allié des territoires occupés ».

Conférence de Brazzaville et procès d'Alger (1944)[modifier | modifier le code]

La conférence de Brazzaville, se tenant en Afrique-Équatoriale française du 30 janvier au 8 février, introduit une nouvelle monnaie en Algérie ou « contre-valeur » par la délibération du 31 janvier 1944. Organisée par le Comité français de la Libération nationale (CFLN), afin de déterminer le rôle et l'avenir de l'Empire colonial français, elle décide de l'abolition du code de l'indigénat et retient la proposition, faite par Félix Éboué, d'une politique d'assimilation en faveur des colonies.

Le procès d'Alger portant notamment sur les responsabilités militaires et civiles des camps d'internement , a lieu au Palais de justice d'Alger en 1944[51]. Parmi les condamnés, Pierre Pucheu qui est exécuté à Alger le 20 mars 1944[60].

Vers l'indépendance[modifier | modifier le code]

Gouvernement provisoire de la République française (1944-1946)[modifier | modifier le code]

Article connexe : GPRF.

Le 2 juin 1944, à Alger, le Comité français de la Libération nationale (CFLN) change de nom et devient le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), organe gouvernemental unissant la Résistance intérieure (métropole) et extérieure (l'Armée Nationale de Libération). Il est créé officiellement le 3 juin 1944[61],[62] quelques jours avant le débarquement en Normandie[63].

Effort social et politique de l'Après-guerre (1945-1946)[modifier | modifier le code]

Article connexe : État-providence.

Sous la présidence du Gouverneur général Yves Chataigneau, un effort social et politique est entrepris en faveur de la population musulmane d'Algérie de 1945 à 1946. Concrètement cela se traduit par une aide humanitaire apportée aux populations militaires et civiles. Avec le rapatriement des prisonniers, les Services de santé et le Service social de l'armée organisent la Journée du blessé musulman le 25 février 1945 à Alger[64]. Les bénéfices du grand gala organisé pour cette journée spéciale sont reversés à un nouvel établissement militaire, l'Hôpital musulman d'Alger[64]. Une initiative comparable a lieu en octobre de la même année avec l'ouverture de maisons claires dont la Maison du blessé de guerre musulman[65].

L'entraide métropolitaine se traduit aussi par un ravitaillement en nourriture et vêtements de la population musulmane démunie des douars, telle celle peuplant l'oasis Bou-Saâda[66], de pareilles distributions ont aussi lieu dans les centres urbains via les écoles. Des Missions médico-sociales sont dépêchées dans les centres du sud avec assistantes sociales, médecins et médicaments. Un centre de transfusion sanguine est ouvert à Alger, un hôpital moderne est aménagé à Sétif[67]. Des secours sont également organisés contre les catastrophes naturelles, telles le tremblement de terre dans le sud-ouest Constantinois en février 1946 (500 victimes), ou la crise du blé qui se traduit par l'envoi par bateaux d'une partie des stocks de blé de la métropole pour contrebalancer la destruction des récoltes céréalières d'Algérie[67].

L'administration tient aussi compte des aspects urbains, religieux et politique avec une reconstruction basée sur un urbanisme neuf visant à réduire le phénomène de taudification, l'édification de la mosquée Beni Ounif dans le sud-Oranais (malgré la loi de 1905), et la création d'assemblées avec la participation des hautes personnalités musulmanes[67].

Massacres de Sétif et Guelma (1945)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacres de Sétif et Guelma.

En mai 1945, pour fêter la victoire des alliés, un défilé est organisé. Les nationalistes veulent profiter de l'occasion pour organiser une manifestation en rappelant leur revendications. Des exactions ont également lieu[Lesquelles ?][réf. nécessaire]. Lors de la manifestation à Setif dans la confusion est abattu un jeune militant, Bouzid Saâl[68],[69]. Il s'en suit une fusillade provoquant la colère de la foule musulmane[70] puis des meurtres et viols commis sur des Européens[71],[72]. L'armée exerce sa répression en divers endroits de l'Est algérien, dit Constantinois. La repression menée par le général Duval sera brutale, l'armée utilisant même des fours à chaux pour faire disparaitre les cadavres des victimes de la répression[73]

Le bilan sera de 102 morts et 110 bléssés européens selon la comission Tubert. Le nombre de mort musulman est plus variable allant de moins de 1000 victimes selon une enquête demandée par le gouverneur général Yves Chataigneau[74]. Les chercheurs Rachid Messli et Abbas Aroua, du Centre de recherche historique et de documentation sur l’Algérie, déclaraient le 9 avril 2005 que « la plupart des historiens s’entendent sur le fait que 45 000 est un chiffre exagéré. Il serait plus réaliste de penser que le bilan humain se situe entre 8 000 et 10 000 morts »[75].

Guerre d'Algérie (1954-1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre d'Algérie.

Le 1er novembre 1954, jour de la Toussaint, le Front de libération nationale (FLN) manifeste pour la première fois son existence en commettant une série d'attentats en plusieurs endroits du territoire algérien. Cette journée, connue sous le nom de Toussaint rouge est rétrospectivement considérée comme le début la guerre d'Algérie (1954-1962).

La guerre oppose le FLN et sa branche armée l'ALN à l'armée française (comptant troupes d'élite, gendarmes, appelés du contingent et supplétifs musulmans). Environ 1 750 000 militaires sont envoyés en Algérie. Près de 180 000 Musulmans algériens (réguliers et supplétifs) combattent du côté français pendant la guerre d'Algérie[76]. Après une intensification des hostilités (1957-1958) pendant laquelle se déroulent la bataille d'Alger qui se termine par le démantèlement complet du réseau FLN d'Alger et la bataille des Frontières qui coupe la résistance intérieure des combattants de l'ALN de l'extérieur et cause des pertes importantes, le plan Challe (1959-1961) entraîne en quelques mois, la suppression de la moitié du potentiel militaire des wilayas. Le moral de l'ALN, déjà atteinte par les sanglantes purges internes qui ont décimé la wilaya III puis la wilaya IV en 1958 (opération « Bleuite ») est fortement entamé.

En 1958, la crise de confiance entre l'armée et les dirigeants politiques française suscite le putsch d'Alger (1958) dont la conséquence est le retour au pouvoir de Charles de Gaulle qui par le référendum du 28 septembre 1958 fonde la Cinquième République. Dans les colonies françaises le référendum vise également à la création de la Communauté française. En Algérie, 96 % des habitants de l’Algérie, Européens, Juifs et Musulmans, (75 % des 4 184 110 électeurs inscrits) disent OUI à la nouvelle Constitution[77].

Le délégué général du gouvernement en Algérie, Paul Delouvrier, est chargé par l'Élysée de mettre en œuvre le Plan de Constantine, plan de développement économique et social qui prévoit, entre autres, de « fertiliser le Sahara »[78].

Dès le 16 septembre 1959, De Gaulle ouvre dans un discours la voie à l'autodétermination. Il annonce que l'ensemble des Algériens auront à se prononcer sur leur avenir. L'une des options est la sécession conduisant de fait à l'indépendance[79] ou bien la francisation conduisant, en raison de l'égalité des droits, à un unique État de Dunkerque à Tamanrasset; enfin un gouvernement autonome en Algérie, en association avec la France qui garderait ses prérogatives sur l'économie, l'enseignement, la défense et les affaires étrangères. La possibilité d'une sécession, ouverte par ce discours du 16 septembre et l'utilisation du suffrage universel, inquiète les partisans de l'Algérie Française. Cette inquiétude se traduit par la semaine des barricades (janvier 1960) et culmine dans le putsch des généraux du 21 avril 1961.

En mars 1962, les négociations entre les représentants de la France et du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA)[80] débouchent sur les accords d'Évian. Ils se traduisent par un cessez-le-feu immédiat applicable sur tout le territoire algérien dès le lendemain. Ils sont approuvés, lors du référendum du 8 avril 1962, par 91 % des votants de France métropolitaine, les électeurs des départements d'Algérie étant exclus du scrutin[81].

Ces accords mettent fin officiellement à sept années et cinq mois de guerre, durant laquelle de 250 000 à 400 000 Algériens pro-indépendantistes ou non sont tués. Pour la France, on décompte 28 500 morts du côté des militaires, 30 000 à 90 000 harkis, 4 000 à 6 000 chez les civils « européens », et environ 65 000 blessés.

Sur le terrain, les accords d'Évian, loin d'apporter aux populations la paix attendue, inaugurent une période de violence redoublée (massacre du 5 juillet 1962). Ces violences précipitent l'exode de la population des Européens d'Algérie, dits Pieds-Noirs, et ont pour conséquence le massacre de plusieurs dizaines de milliers de harkis.

Proclamation d'indépendance (5 juillet 1962)[modifier | modifier le code]

Les gouvernements algérien et français proclament l'indépendance de l'Algérie le 3 juillet 1962[82],[83].

Le 25 septembre 1962, l'Algérie française cesse d'exister et cède la place à un État nommé République algérienne démocratique et populaire.

Guerres de mémoires[modifier | modifier le code]

Loi française du 23 février 2005

La Loi française du 23 février 2005, proposée par le ministre délégué aux anciens combattants Hamlaoui Mekachera, a suscité une vive polémique pour sa mention faite au « rôle positif de la colonisation ». Ce passage a été abrogé sous l'impulsion du président, Jacques Chirac.

Proposition de loi algérienne du 13 janvier (2010)

Le 10 février 2010, le quotidien français Le Figaro reformule une dépêche de l'AFP en ces termes :

« Cent vingt-cinq députés de différents partis politiques algériens, dont le FLN au pouvoir, ont signé une proposition de loi criminalisant le colonialisme français (1830-1962)[84]. »

L'instigateur de cette proposition de loi, le député FLN Moussa Abdi, déclare « nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux »[85]. La particularité de la situation qui accentue son impact diplomatique dans les relations franco-algériennes, le journaliste français Simon Benichou le décrit comme de « nouvelles crispations entre Paris et Alger »[85], tient au fait que les partis politiques au pouvoir, dans les deux pays respectifs, sont les mêmes qui étaient aux affaires lors de la « résolution » de l'« Affaire algérienne »[85], au siècle précédent.

Proposition de loi française du 29 avril 2010

Le député Thierry Mariani dépose une proposition de loi, reconnaissant les crimes contre l'humanité commis contre les Français de toutes confessions du 19 mars 1962 au 31 décembre 1963 :

Citation : « La France reconnaît les souffrances subies par les citoyens français d’Algérie victimes de crimes contre l’humanité commis du 19 mars 1962 au 31 décembre 1963 du fait de leur appartenance ethnique, religieuse ou politique[86]. »

Dans une interview accordée alors, il accuse le FLN, et met également en cause l'inaction des autorités françaises, à cette époque :

Citation : « …rien n’a jamais été fait pour protéger les citoyens français habitant en Algérie à l’époque. Rien n’a jamais été fait pour rétablir la loi et l’ordre. Au contraire, des ordres stricts ont été donnés aux forces de l’ordre et à l’armée française pour ne pas intervenir[87]. »

Cette proposition de loi n'a pas été prise en considération[88].

Principales révoltes anti-coloniales de 1830 à 1962[modifier | modifier le code]

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Économie[modifier | modifier le code]

Gare de Guelma au XIXe siècle.
Le grand pont El Kantara de Constantine contient l'inscription « construit sous le règne de Napoléon III Empereur des Français 1861-1865 »[89]. Circa 1899
Alger vue depuis l'Amirauté, circa 1899

La conquête de l'Algérie par la France, ouvre la voie à la mise en place d'un nouveau système économique. En effet il se met en place un système inégalitaire entre les Algériens et les Européens, qui se superpose à l'inégalité juridique. Un des première mesure mise en place lors de la conquête est l'expropriation des terres des fellah qui s'accélèrera à partir de 1870 et la volonté colonisatrice de la Troisième République. Après la Première Guerre mondiale, une nouvelle accélération de l'expropriation des terres a lieu, notamment pour constituer des grands domaines agricoles coloniaux. On estime ainsi que sur 120 années, l'ensemble des paysans algériens ont perdu 40% de leurs terres agricoles, notamment les plus fertiles.

On assiste globalement à un appauvrissement de la population algérienne, une ruine des industries traditionnelles, une réduction des ressources des paysans algériens[90],[91] et dans le même temps à une démographie de plus en plus importante notamment grâce aux campagnes de vaccination menées. À une certaine impasse économique pour les population indigène, s'ajoute une impasse politique car les colons grands propriétaires terriens sont présents massivement dans les institution officielles puis à l'Assemblée Algérienne, alors que les indigènes y sont présent en minorité[92].

L'Algérie est la réceptrice entre 1850-1913 de la moitié des dépenses métropolitaines affectées aux colonies[93]. Néanmoins d'après Daniel Rivet, les colonies du Maghreb manquent d'investissement, qui quand ils sont présents sont captés en majorité par la minorité de colons[91],[92].

Selon Jacques Marseille, la période coloniale est caractérisée par de lourds et coûteux investissements pour la métropole. Ces investissements visent à la création des infrastructures nécessaires au bon développement de la colonie (ports, ponts, routes, hôpitaux, bâtiments administratifs, écoles…) et sont supportées par les contribuables français[94][réf. incomplète],[95]. Le commerce lui-même se fait largement aux dépens de la métropole, car l'Algérie n'est pas un fournisseur de matières agricoles ou minières à bon compte, mais voit ses produits achetés le plus souvent bien au-dessus des cours mondiaux, comme le souligne le professeur Daniel Lefeuvre[96][réf. incomplète],[97]. En 1958, 22 % des importations coloniales sont constituées par le vin algérien dont le prix à qualité égale est 75 % plus cher que le vin grec, espagnol ou portugais[98]. En 1952-1953, les recettes locales sont incapables de faire face aux dépenses de fonctionnement: l'Algérie est en faillite. Le gouvernement d'Antoine Pinay doit demander au parlement le vote de 200 millions d'impôt nouveaux et est contraint de procéder à des coupes dans le budget de la métropole pour rétablir la situation dans la colonie. Lors des années suivantes, les déséquilibres algériens vont sans cesse augmentant et sont rééquilibrés par la France. En 1959, l'Algérie engloutit à elle seule 20 % du budget de l'État français. L'Algérie, durant la période coloniale, loin de présenter une source économique avantageuse est un lourd fardeau pour la métropole et ses contribuables.

Historique des monnaies[modifier | modifier le code]

Trois unités monétaires singulières sont utilisées en Algérie française. La première est basée sur le système monétaire ottoman, elle couvre la période de transition de 1838 à 1848, les deux autres sont basées sur le système français ; le dernier, introduit en 1960, couvre par ailleurs la période de transition de 1962 à 1964.

Boudjou (1830-1848)
Article détaillé : Boudjou.

Le boudjou, ou « piastre d'Alger », est la monnaie turque utilisée dans la régence d'Alger lors de la colonisation ottomane de l'Algérie qui précède l'annexion du territoire à la France en 1848.

Franc algérien (1848-1960)
Article détaillé : Franc algérien.

Avec la création des départements français d'Algérie en 1848 est introduite une nouvelle monnaie, le Franc algérien qui supplante le budju, monnaie ottomane de la régence d'Alger.

Banque de l'Algérie (1861-1964)

La Banque de l'Algérie émet les premiers billets en 1861.

Monnaies de nécessité (1915-1923, 1944)
Articles connexes : Franc algérien et Monnaie de nécessité.

De 1915 à 1923, lors de la grave crise interne générée par la Première Guerre mondiale, les chambres de commerce d'Alger, Bône, Constantine et Oran émettent de la monnaie de nécessité, billets et pièces, à la place de la Banque de l'Algérie.

À nouveau en 1944, durant la Seconde Guerre mondiale, des contre-valeurs sont mises en circulation en Algérie ; cette fois l'émetteur est la région économique d'Algérie.

« Nouveau Franc » (1960-1964)
Article détaillé : Nouveau franc.

Une réforme monétaire dite Plan Pinay-Rueff introduit le nouveau franc en métropole et en Algérie. Cette monnaie survit à l'Algérie française jusqu'au 31 mars 1964, veille de l'adoption du dinar algérien.

Entrepreneurs d'Algérie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Orangina.
Alger, café maure, intérieur, circa 1899

L'entrepreneur pied-noir Léon Beton natif de Boufarik (près de Blida), commercialise le soda Orangina à la foire d'Alger en 1936. Son fils Jean-Claude Beton, natif de la même ville, initie l'industrialisation de la marque avec la création de la Compagnie Française des Produits Orangina (CFPO) le 23 janvier 1951. En 1837, le soldat gênois de l'armée d'Afrique, Gaétan Picon, créé le Picon, un apéritif Bitter (amer). La première distillerie produisant l'amer africain est ouverte à Philippeville, d'autres suivent à Constantine, Bône et Alger.

Le lobby colonial d'Algérie[modifier | modifier le code]

L'historienne Jeannine Verdès-Leroux, chercheuse au CNRS, a répertorié 45 000 grands exploitants agricoles sur un total de 1 200 000 Européens d'Algérie[99].

Après un séjour en Algérie, des autorités telles que le général et futur gouverneur général de l'Agérie Thomas-Robert Bugeaud jugent l'aventure algérienne dispendieuse. Ce dernier la décrit comme une « possession onéreuse dont la nation serait bien aise d'être débarrassée[100] ». Cependant d'autres voix[Qui ?] se font entendre à Paris en faveur de la conquête généralisée de l'Algérie. L'aménagement du territoire lors de la colonisation constitue une opportunité de développer les affaires de familles d'entrepreneurs métropolitaines[Qui ?] formant le « lobby colonial » d'Algérie.

Une fois la conquête achevée et le territoire annexé par la création de départements, le Sahara devient particulièrement la source d'enjeux économiques importants pour un cartel d'entreprises françaises, à titre d'exemples le duopole Compagnie française des pétroles (CFP) (qui deviendra Total) et le Bureau de recherche de pétrole se partage l'exploitation pétrolière, Renault et Citroën se disputent l'hypothétique marché du transport transsaharien.

Grands travaux publics[modifier | modifier le code]

De grands travaux permettent le développement et la modernisation des infrastructures d'Alger, la capitale.

Axes de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voie ferrée (1857-1962)

L'histoire du réseau ferré d'Algérie commence le 8 avril 1857, avec un décret du gouvernement français autorisant la construction de 1 357 km de chemins de fer dans le département d'Alger. Le premier chantier, démarré le 12 décembre 1859, porte sur la construction de la ligne Alger-Blida.

Voie postale (1830-1962)
Voie maritime

La Compagnie générale transatlantique (ou French Line), dont le siège est à Paris, relie les protectorats français aux départements français méditerranéens par la ligne maritime Corse-Algérie-Tunisie-Maroc[101].

Enjeux économiques sahariens[modifier | modifier le code]

Homme (Touareg) sur un chameau près d'un palmier, Algérie, 1860-1900

Explorations et exploitations du Sahara (1822-1971)[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative du massacre de la mission Flatters par les Touaregs, parc Montsouris de Paris, 2006

L'exploration du Sahara par les Européens commence au XIXe siècle, la traversée nord-sud est ainsi réalisée en 1822 par les deux explorateurs anglais Hugh Clapperton et Dixon Denham. L'explorateur français René Caillié les imite en 1828[102].

Dès l'année 1879, la région du Sahara, territoire désertique hostile indépendant de la régence d'Alger et placé sous l'autorité de tribus nomades, constitue un centre d'intérêt majeur pour les autorités parisiennes. Les premières missions d'exploration après la conquête de l'Algérie ont lieu de 1857 à 1861 (Henri Duveyrier), en 1880 et 1881 (Paul Flatters), suivis de deux autres en mai et décembre 1902 ; date à laquelle le lieutenant Georges Guillo Lohan de la Compagnie des Oasis sahariennes parvient à faire reconnaître l'autorité du gouverneur des Territoires du Sud nouvellement créés sur la population indigène[20]. Dès lors le Sahara algérien attire de nouvelles générations d'explorateurs, français dont le savant naturaliste Théodore Monod, mais l'enjeu du « grand désert » n'est pas seulement scientifique.

La découverte d'hydrocarbures dans le Sahara après des années de recherches a eu lieu le 25 juin 1956 entraînant une mise en production qui débuta timidement entre 1957 et 1959 pour démarrer véritablement en 1961[103]. Le lobby de l'hydrocarbure en Algérie (lobbies pétrolier et gazier) naît au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et est à l'origine de la renégociation des Accords d'Évian, connue sous le nom d'Accords d'Alger de 1965. Lors de la tractation des Accords d'Évian avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne, le président Charles de Gaulle a refusé de reconnaître la souveraineté de la future Algérie sur le Sahara, essayant à la place d'en faire une région autonome, sans succès[104]. L'échec de la treizième réunion, établie dans le cadre de la première conférence d'Évian débutant le 20 mai 1961, entre Krim Belkacem, principal responsable du G.p. R.A. et Louis Joxe, Ministre des Affaires algériennes, est directement lié à la question du statut du Sahara[104]. Lors de la conférence de presse consécutive, Belkacem déclare alors :

« nous nous sommes trouvés en face d'un gouvernement français qui veut bien décoloniser mais à moitié ; c'est-à-dire maintenir l'Algérie sous une domination coloniale à peine déguisée[104]. »

Le président de Gaulle avait émis des recommandations à ses délégués[105]. Déjà durant la IVe République un Président du Conseil avait publiquement déclaré :

« La France est et demeure une grande puissance. Elle mobilisera ses forces pour que se réalise le miracle saharien. De grandes richesses, en charbon, en fer, en pétrole, en gaz naturel, des Territoires du Sud, seront mises en valeur. La Métropole apportera sa technique et ses investissements ; l'Algérie apportera sa main d'œuvre de plus en plus qualifiée et demain ses cadres. La mise en valeur du désert c'est la grande tâche de notre génération[106]. »

De fait, l'Histoire lui a donné raison en 1956 avec la découverte par la compagnie française C.F.p. A. d'importants gisements de pétrole et gaz dans le Sahara nommés respectivement Hassi Messaoud et Hassi R'mel. Plus tard un Ministre de la Ve République ajoute « la France ne pourrait poursuivre son extension sans l'Afrique et les richesses du sous-sol africain ne pourraient être exploitées sans la France[104]. »

Pourtant les affaires pétrolières franco-algériennes ont survécu à l'Algérie française jusqu'en 1971, année de la nationalisation des installations françaises du Sahara par Houari Boumédiène, président de la nouvelle République algérienne[107].

Étude du chemin de fer transsaharien (1879-1881)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Paul Flatters et Chemin de fer transsaharien.
Le lieutenant-colonel Paul Flatters est tué par les touaregs du Sahara durant le massacre de la mission Flatters en 1881.

En 1879, après en particulier la mission d'Adolphe Duponchel et la publication de son rapport, les autorités françaises envisagent de créer une nouvelle route commerciale avec l'établissement d'une ligne de chemin de fer entre l'Algérie française et le Soudan français. Une commission d'étude est nommée par Charles de Freycinet, ministre des Travaux publics[108]. Le lieutenant-colonel Paul Flatters mène une première mission d'exploration dans le Sahara en 1880, suivie d'une seconde au cours de laquelle il tombe, le 16 février 1881, dans une embuscade tendue par des Touaregs, où il périt avec son équipe[109].

La traversée du Sahara en auto-chenilles (1922-1923)[modifier | modifier le code]

Louis Audouin-Dubreuil, ex-officier méhariste, ici portant le casque colonial. Il devient adjoint de Georges-Marie Haardt lors de l'expédition transaharienne de Citroën. 1924

Dans les années 1920 les deux industriels français Renault et Citroën rivalisent pour la conquête automobile du Sahara et ainsi s'attirer les faveurs des commandes de l'armée française avec l'élaboration d'un nouveau matériel de transport adapté aux conditions extrêmes du désert[110]. L'industrie cinématographique relie les prouesses technologiques nationales avec « le grand film documentaire » intitulé Raid Citroën : La traversée du Sahara en auto-chenilles diffusé dans les cinémas Gaumont et narrant la Mission Haardt-Audouin Dubreuil[110].

L'aboutissement ultime de cette mission transsaharienne en est sa version sportive contemporaine le rallye-raid, et plus particulièrement le rallye Paris-Dakar créé en 1978 à l'initiative de Thierry Sabine, en remplacement de sa Croisière verte, avec le soutien du pétrolier Total et dont le logo est un touareg.

Compagnie Générale Transsaharienne Citroën (1924-1925)[modifier | modifier le code]

En 1924, l'industriel automobile français, André Citroën, se lance dans une opération de promotion internationale jumelée destinée à promouvoir à la fois sa nouvelle automobile, l'autochenille dont l'inventeur Adolphe Kégresse a cédé les droits d'exploitation, et l'empire colonial français. À cette fin il organise un projet de « services réguliers par automobiles et par avions » devant relier la mer Méditerranée au golfe de Guinée et passant par la création de la Compagnie générale transafricaine (CEGETAF), puis de la Compagnie Générale Transsaharienne Citroën (CITRACIT), toutes deux à des fins de transport et de tourisme de luxe à travers le Sahara.

Le départ de cette expédition devant relier le sud de l'Algérie française au nord du Soudan français (AOF) est fixé au 6 janvier 1925 mais est finalement annulé, ce qui constitue un échec financier pour l'entreprise Citroën perdant à hauteur de 15 millions de francs[111] dans l'affaire. Si André Citroën met un terme définitif à sa ligne régulière transsaharienne il en adapte le concept pour créer les fameuses croisières Citroën, de 1924 à 1934, nommées respectivement Croisière noire, Croisière jaune puis Croisière blanche.

Société Nationale de Recherche et d'Exploitation de Pétrole en Algérie (1946-1965)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : SN REPAL.

La Société nationale de recherche et d'exploitation de pétrole en Algérie ou SN REPAL (qui devient par la suite ELF Aquitaine) est créée en 1946 par la IVe République française dans le but de disposer d'un approvisionnement national en pétrole.

Compagnie Française des Pétroles Algérie (1949-1971)[modifier | modifier le code]

En 1949, la Compagnie française des pétroles ou CFP (renommée Total en 1985) débute son activité dans le Sahara algérien[107]. Le 21 juin 1951, celle-ci signe un accord préliminaire avec la SN REPAL en prévision du partage des gisements répartis sur un périmètre de 250 000 km2[107]. La Compagnie française des pétroles Algérie (C.F.PA.), filiale de la C.F.p., est créée en 1953[107]. Avec 35 % des parts de son capital, l'État français est l'actionnaire majoritaire de la C.F.p. A[107]. dont les travaux mettent au jour Hassi Messaoud (« le puits du bonheur ») en 1956. De cette date à 1970, ce seul gisement produit 128 millions de tonnes d'or noir[104].

Complexe militaro-énergétique du Hoggar (1957-1978)[modifier | modifier le code]

En réponse à la crise de Suez de 1956 qui a mis à jour, à la fois, les limites de la coopération entre Alliés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les prétentions internationales des nouvelles superpuissances États-Unis et Union des républiques socialistes soviétiques, ainsi que le passage au second rang des obsolètes grandes puissances coloniales britannique et française, le gouvernement français décide la création d'un champ d'expérimentation au Sahara en 1957[112]. La France consacre ainsi à sa défense nationale l'exploitation d'un terrain de 108 000 km2 afin d'y mener des expériences[112].

De cette entreprise d'élaboration d'une force de dissuasion atomique au sein des départements français du Sahara (Territoires du Sud) découle la politique énergétique nucléaire de la France. L'exploitation des quatre installations militaires françaises principales, Colomb-Béchar, Hammaguir, Reggane et In Ekker s'achève en 1967. La dernière, à Namous, bénéficie d'une couverture civile la Sodéteg, et poursuit ses activités jusqu'en 1978.

Politique[modifier | modifier le code]

Algériens (musulmans) dans un café d'Alger, circa 1899
Juif algérien, circa 1901-1906

Politique algérienne de la France (1827-1944)[modifier | modifier le code]

Politique de représailles (1827-1830)
Articles connexes : Affaire de l'éventail et Siège d'Alger.
Politique de conquête limitée (1830-1834)
Article connexe : Traité Desmichels.
Politique d'attentisme (1834-1837);
Article connexe : Traité de Tafna.
Politique de conquête généralisée (1837-1847)
Politique d'assimilation (1848-1944)
Assimilation territoriale
Article détaillé : Départements français d'Algérie.
Vue d'Alger depuis Notre Dame d'Afrique, circa 1899

Cette politique vise à assimiler le territoire algérien au territoire français et débute officiellement avec l'ordonnance du 22 juillet 1834. Son application n'est dans un premier temps que partielle, puis s'applique à l'ensemble de la colonie une fois la conquête totale du territoire décidée en 1841.

La Deuxième République établit la Constitution française de 1848 qui consacre l'appartenance de l'Algérie au territoire national.

« Constitution du 18 novembre 1848 :
Chapitre IV — Du pouvoir législatif :
Article 21. — Le nombre total des représentants du peuple sera de sept cent cinquante, y compris les représentants de l'Algérie et des colonies françaises.
Chapitre X — Dispositions particulières :
Article 109. — Le territoire de l'Algérie et des colonies est déclaré territoire français, et sera régi par des lois particulières jusqu'à ce qu'une loi spéciale les place sous le régime de la présente Constitution. »

Concrètement, cela se traduit par l'abandon du statut de colonie française pour une administration civile et une représentation politique dans l'Assemblée nationale, les départements français d'Algérie[113] créés le 9 décembre 1848 :

Assimilation démographique

La loi du 26 juin 1889 institue la naturalisation automatique, au nom du droit du sol, des enfants d'étrangers nés en territoire français (s'ils ne la refusent pas à 21 ans, âge de leur majorité).

Politique d'intégration (1944-1958)[modifier | modifier le code]

Collège électoral unique (1958)
Article connexe : collège électoral.

Le décret no 58-569 du 3 juillet 1958, émanant du président du Conseil Charles de Gaulle, établit un collège électoral unique[114].

« Art. 1er. - Il sera établi dans chaque commune d'Algérie une liste électorale unique sur laquelle seront inscrits d'office tous les citoyens et citoyennes sans distinction de statut, domiciliés ou résidant dans la commune et remplissant à la date de clôture des listes les conditions exigées par la législation électorale en vigueur. »

Auparavant ce décret existent un 1 ° Collège réservé aux citoyens français et un 2 ° Collège pour les sujets français.

Politique d'autodétermination (1959-1962)[modifier | modifier le code]

Référendum sur l'autodétermination en Algérie (1961)[modifier | modifier le code]

Rejetant la politique d'intégration, le président Charles de Gaulle propose une politique d'autodétermination qui se traduit par un référendum tenu en métropole et en Algérie le 8 janvier 1961.

« Approuvez-vous le projet de loi soumis au peuple français par le président de la République et concernant l'autodétermination des populations algériennes et l'organisation des pouvoirs publics en Algérie avant l'autodétermination ? »

Sur les 23 665 444 suffrages exprimés, 74,99 % est un « oui », 25,01 % est un « non ». 2,22 % (du nombre d'inscrits) exprime un vote nul qui n'est pas comptabilisé et 8 533 520 inscrits s'abstiennent de voter (26,24 % du nombre d'inscrits).

Proposition de partition de l'Algérie (1961)[modifier | modifier le code]

En août 1961, le député UNR Alain Peyrefitte rédige un rapport sur un projet de partition de l'Algérie[115], 1964
Article connexe : Sécession (politique).

Le premier ministre Michel Debré évoque la partition de l'Algérie, comme dernier recours, dans la déclaration à l'Assemblée nationale du 28 juin 1961[116]. Il argumente sur la « séparation » en s'appuyant sur l'exemple d'autres partitions réussies faisant implicitement référence à Israël.

« S'il devait arriver que toutes les voies raisonnables apparussent comme fermées il faudrait en tirer la leçon. Sur la carte sont déjà dessinées les portions de territoire où l'emporte la population d'origine européenne. Faute de la coopération et de l'association, la sécurité, non seulement de cette population mais aussi de celle de la population musulmane résolue à demeurer à nos côtés, ne serait alors assurée que par la séparation et une organisation autonome, le reste des habitants vivant désormais sans que la France ait à y pourvoir. Une telle séparation ne serait point du tout un phénomène nouveau dans le monde et notre siècle en donne maints exemples. Il est même arrivé que ce soit au bénéfice de populations de religion musulmane et afin d'éviter qu'elles ne soient livrées à d'autres en qui elles ne pouvaient se confier, que des divisions géographiques ont été pratiquées et ont réussi. […] Le risque de sécession et de partage n'est pas notre fait. Si tous ceux qui parlent de l'Algérie avaient le même souci de son avenir que nous-mêmes, et comprenez que rien ne s'édifie sans la fraternité, alors l'affaire serait gagnée pour le plus grand bien de tous. »

Les annonces de Paris ont des répercussions en Algérie, le FLN hostile à l'idée de partition organise une manifestation le 5 juillet 1961.

En août 1961, le député UNR Alain Peyrefitte émet à son tour la proposition d'une partition de l'Algérie. Hubert Beuve-Méry directeur du journal Le Monde publie le projet de Peyrefitte dans quatre éditions de son journal à la fin septembre 1961. Le président Charles de Gaulle reçoit Alain Peyrefitte à l'Élysée le 19 novembre 1961 et lui commande un rapport sur sa proposition. Peyrefitte énumère quatre points[115] :

« 1. On regroupe entre Alger et Oran tous les Français de souche, avec tous les musulmans qui se sont engagés à nos côtés et veulent rester avec nous. 2. On transfère dans le reste de l'Algérie tous les musulmans qui préfèrent vivre dans une Algérie dirigée par le FLN. 3. On garde un libre accès au Sahara, qui doit devenir un territoire autonome par rapport aux deux premiers. 4. Tout le reste est négociable. On pourra partager Alger, comme Berlin ou Jérusalem : la Casbah d'un côté, Bab El-Oued de l'autre, une ligne de démarcation au milieu. »

Ce à quoi le président Charles de Gaulle lui répond[115], révélant ainsi une partie du contenu de son entretien avec Ben Gourion premier ministre d'Israël le 5 juin 1961[117] :

« En somme, vous voulez faire un Israël français. C'est ce à quoi voulait me pousser Ben Gourion, quand il est venu me voir. Mais il m'avait bien averti : « Ça ne marchera que si vous envoyez en masse d'autres colons français, s'ils s'installent définitivement, et s'ils s'engagent comme soldats pour combattre. » Vous imaginez ça ! Les pieds-noirs veulent que notre armée les défende, mais ils n'ont jamais éprouvé le besoin de se défendre eux-mêmes ! Vous les voyez se poster à leurs frontières pour prendre la relève de l'armée française ? »

Il met fin à la conversation en rejetant définitivement la proposition marquant par la même occasion son rejet de perpétuer l'Empire colonial français et son projet de rapatriement des colons européens[115] :

« Si nous suivons votre solution, nous dresserons la Terre entière contre nous. Le tiers-monde va se solidariser avec les Arabes. Nous aurons créé un nouvel Israël. Tous les cœurs, dans le monde arabe, en Asie, en Amérique latine, battront à l'unisson des Algériens. Les Juifs ont une bonne raison : c'est sur cette terre qu'ils ont eu leurs racines, bien avant les Arabes ; et ils n'ont pas d'autre foyer national. En Algérie, les Arabes ont l'antériorité ; tout ce que nous avons fait porte la tache ineffaçable du régime colonial ; le foyer national des Français d'Algérie, c'est la France. »

Des responsables nationalistes de l'OAS souhaitent négocier avec de Gaulle les modalités de la partition de l'Algérie, mais l'état-major de l'OAS refuse et fait exécuter deux chefs partitionnistes ; ce qui met fin au débat idéologique au sein de l'organisation[118].

Pour Maurice Allais, si la solution de la partition, dont on a souvent dressé des « images caricaturales », a rencontré peu de faveur, c'est pour la seule raison qu'elle a été farouchement rejetée par les extrémistes des deux camps. Selon lui, cette partition était « cependant la seule solution raisonnable[119]. »

Politique de négociation (1961-1962)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Accords d'Évian.

Principales mouvances politiques (1830-1962)[modifier | modifier le code]

Colonialisme français[modifier | modifier le code]

La conférence de Berlin de 1884-1885 donne lieu au partage de l'Afrique par les empires coloniaux européens, 1885

Une idéologie coloniale, dominante au XIXe siècle, conduit la Monarchie française à débuter l'aventure algérienne, en mai 1830, et la République française lui succédant, en février 1848, à la continuer.

Anticolonialisme français[modifier | modifier le code]

Affiche de propagande du Parti communiste algérien reprenant la symbolique de la faucille et le marteau de l'Union des républiques socialistes soviétiques (toutefois en position inversée), 1963

Dès le début de la guerre d'Algérie une (infime) partie de la population européenne d'Algérie manifeste son soutien au F.L.N., ce qui donne lieu à des actes de sabotage et des attentats contre l'armée française ou les intérêts français. Ces faits sont une répétition - ou plus exactement une continuation - des événements survenus en métropole durant la guerre d'Indochine (1946-1954), mais qui inclut aussi des manifestations, blocages de trains de munitions en partance pour le front par des militants communistes, sabotage de munitions françaises et propagande pacifiste. L'aboutissement extrême de cette politique se concrétise dans des « retournements d'allégeance » ou des cas de haute trahison selon le degré pratiqué d'intelligence avec l'ennemi.

C'est dans cette lignée anticolonialiste que se situe l'Affaire Maillot du nom de l'aspirant Maillot, un militant pied-noir du Parti communiste algérien (p. C.A.), par ailleurs collaborateur au journal Alger républicain. Il détourne un camion d'armes de l'armée française pour aller le livrer à l'ennemi, chose qu'il fait en approvisionnant un camp du F.L.N. le 4 avril 1956. L'aspirant Maillot considéré comme déserteur, est interpellé par l'armée, se défend et est finalement abattu[120].

Une seconde affaire célèbre est celle de Fernand Iveton, également militant du p. C.A., ouvrier syndicaliste CGT à l'usine à gaz d'Alger où il dépose une bombe qui lui a été remise par des camarades indépendantistes le 14 novembre 1956, date de son arrestation[121]. La bombe n'explosera pas. Il n'y aura ni dégâts ni victimes. En vertu des "Pouvoirs spéciaux" il est condamné à mort par le Tribunal militaire d'Alger pour « tentative de destruction par substance explosible d'édifices habités[122] » et guillotiné le 11 février 1957[120].

La troisième affaire notable implique Maurice Audin, européen militant du p. C.A. qui, à la différence des deux autres, est né au protectorat français de Tunisie auquel la France accorde son indépendance le 20 mars 1956. Audin est par ailleurs enseignant à l'université d'Alger, quand il est interpellé à son domicile par l'armée française lors de la bataille d'Alger le 11 juin 1957 et est depuis porté disparu.

Cette mouvance anticolonialiste existante en Algérie est relayée en France métropolitaine par les intellectuels du Réseau Jeanson ou du Manifeste des 121. La conduite des affaires algériennes par le président de Gaulle s'inscrit, de fait, dans la mouvance anticolonialiste ; c'est ainsi lui qui initie la décolonisation française et le démantèlement du second empire colonial dès novembre 1943 en accordant son indépendance au Liban, le général de Gaulle copréside alors le Comité français de la Libération nationale.

Anticommunisme et antifascisme français[modifier | modifier le code]

Article connexe : guerre froide.
Affiche de propagande « On ne passe pas ! » Circa 1918. Le slogan est repris en espagnol « Ils ne passeront pas ! Nous Passerons ! » par le Parti communiste espagnol et les anarchistes à l'encontre du camp nationaliste durant la guerre civile espagnole (1936-1939). Il est repris en français « Le fascisme ne passera pas ! » par le Parti communiste français et ses alliés à l'encontre des gaullistes et des nationalistes français puis de l'OAS durant la guerre d'Algérie (1954-1962).

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte de guerre froide, une partie des oppositions politiques s'exprime au nom de l'anticommunisme et dans le camp opposé de l'"antifascisme". Réagissant aux aux actions les plus spectaculaires et médiatisées des nationalistes européens d'Alger et d'Oran, actions désapprouvées et alors qualifiées d'« activisme », les communistes et leurs alliés durant les manifestations métropolitaines à compter de 1958 défilent aux cris de « Front populaire ! », « non au fascisme » ou « les fascistes ne passeront pas », paraphrasant ainsi le fameux slogan des anarchistes contre les nationalistes soutenant Franco durant la guerre civile espagnole (1936-1939). Le terme « fasciste » est abondant dans la propagande communiste anti-gaulliste et anti-nationaliste de l'époque.

Illustration de la « théorie des dominos » ou expansion communiste en Asie. Le général putschiste Maurice Challe fait référence à cette théorie, qu'il applique à l'Algérie en cas d'indépendance, dans son appel du 22 avril 1961 : « Voudriez-vous que Mers-el-Kébir et Alger soient demain des bases soviétiques ? »[123]

Inversement, c'est dans le cadre d'un combat contre l'expansion du communisme et le danger soviétique que se place une partie de la droite nationaliste favorable au maintien français en Algérie. Ainsi, c'est en tant que « croisade » anticommuniste et « ambassade » du Monde Libre que le célèbre officier parachutiste français Marcel Bigeard décrit la mission de l'Armée française durant l'opération de « pacification » préconisée par le gouvernement et nommée Plan Challe. Les termes équivoques employés de « croisés » et « Occident » renvoient par ailleurs à un conflit de civilisations celui des croisades lancées par le Monde chrétien contre le Monde musulman. Ainsi, lors d'une entrevue filmée dans le cadre de l'émission télévisée Cinq colonnes à la une du 2 octobre 1959 et ayant pour thème « L'Algérie des combats » (filmée par Pierre Schoendoerffer), le colonel Bigeard déclare au journaliste Jean Lartéguy :

« Nous faisons une guerre, pas pour nous, pas une guerre colonialiste, Bigeard n'a pas de chemise [il montre son uniforme entrouvert] mes officiers non plus. Nous nous battons ici pour eux, pour l'évolution, pour voir l'évolution de ces gens-là et cette guerre est à eux. Pour défendre leur liberté au même titre que, à mon avis, nous défendons la liberté de l'Occident. Nous sommes ici des ambassadeurs, des croisés ; qui nous accrochons, pour que nous puissions continuer à parler, et avoir le droit de nous exprimer[104]. »

Cet argumentaire est utilisé par la faction de l'armée en accord avec (et/ou sous les ordres du) général Maurice Challe ; par exemple dans l'appel lancé par ce dernier à l'adresse des forces françaises lors du putsch du 22 avril 1961 (« Voudriez-vous que Mers el-Kébir et Alger soient demain des bases soviétiques ? »)[123]. Au dogme anticommuniste des uns répond celui, antifasciste, des autres.

Cette condamnation du danger soviétique est renforcée par les informations concernant les contacts entre la direction du FLN et Moscou et la formation dans les écoles de formation du KGB des cadres d'Abdelhafid Boussouf.

Loyalisme indigène[modifier | modifier le code]

Dès le début de la conquête française une partie de la population indigène manifeste son soutien à la France. Le loyalisme indigène musulman perdure durant la guerre d'Algérie et place ceux qui ont fait le choix de la République Française plutôt qu'une République Algérienne dans une situation délicate ; qui par ailleurs se pérennise en se transmettant aux générations suivantes. Même après le 19 mars, il restera 1,5 million et demi de musulmans[réf. nécessaire] qui voulaient venir en France : harkis, moghaznis, fonctionnaires, députés et leurs familles.

Indépendantisme indigène[modifier | modifier le code]

Refusant de se soumettre à l'autorité française se substituant à la régence ottomane d'Alger en 1830, l'émir berbère Abd el-Kader lance une guerre sainte (« Fatwa ») contre les envahisseurs catholiques Européens (le catholicisme étant alors la religion d'État en France). Plus tard, en 1959, le terme équivoque mais explicite de « Croisés » est employé par le colonel français Marcel Bigeard pour décrire le Plan Challe[104].

Le Mouvement nationaliste algérien - et sa Némésis française - est issu de cette mouvance indépendantiste, présente dès la conquête de 1830 et que les campagnes de pacification dont était mandaté le général Bugeaud (campagne de 1836 et campagne de 1841) étaient parvenues à marginaliser et à contenir jusqu'aux massacres de Sétif en mai 1945.

Nationalisme algérien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mouvement national algérien.

Au début du XXe siècle, plusieurs dirigeants algériens revendiquent à la France le droit à l'égalité ou à l'indépendance. Plusieurs partis vont être créés et plusieurs pamphlets seront écrits pour défendre le droit des algériens. Plusieurs penseurs algériens vont vilipender les plus importantes personnalités du régime colonial français. La plupart des figures du mouvement algérien vont être surveillées de près par les services policiers français, d'autres seront exilées vers d'autres pays comme l'a été l'émir Khaled el-Hassani ben el-Hachemi en Égypte puis en Syrie.

Messali Hadj, fondateur de l’Étoile nord-africaine revendique publiquement l'indépendance de l'Algérie le 2 août 1936 à Alger[113].

Malek Bennabi, Mohamed Hamouda Bensai, Saleh Bensai, Messali Hadj, Ben Badis, Mohamed Bachir El Ibrahimi, Fodil El Ouartilani, Larbi Tébessi, Ferhat Abbas, Omar Ouzeggane, etc., tous vont diverger sur la question algérienne, ce qui provoquera l'émergence de plusieurs associations et partis algériens : Parti de la réforme ou mouvement pour l'égalité, Association des oulémas musulmans algériens, association de l'Étoile nord-africaine, le parti Parti du peuple algérien, Amis du Manifeste des Libertés, Parti communiste algérien, etc.

La révolte algérienne de 1945 à 1954[modifier | modifier le code]

À la suite de la mort de Ben Badis en 1940, de l'emprisonnement de Messali Hadj en 1945 et de l'interdiction du Parti du peuple algérien, le parti Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques revendique le statut d'égalité ou d'indépendance pour les Algériens en 1948. Aussi, l'Association des oulémas musulmans algériens est-elle interdite. C'est alors qu'apparaît l'Organisation spéciale qui a pour but de rassembler les armes en vue d'organiser la lutte armée. Mohamed Belouizdad en est le premier chef, puis Hocine Aït Ahmed prend la tête du mouvement et continue à œuvrer pour l'achat d'armes. La poste d'Oran est attaquée par les membres de l'OS.

En 1949 Ahmed Ben Bella prend la place de Hocine Aït Ahmed. Le plan de l'Organisation est dévoilé et une vague d'arrestations est réalisée par les autorités françaises en 1950. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques nie toute relation avec l'Organisation spéciale pour mettre un terme aux arrestations.

Le Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA) est fondé en mars 1954, il organisera la lutte armée. Le parti du Mouvement national algérien (MNA) est fondé en juillet de la même année par les messalistes[124]. Par la suite, le Front de libération nationale (FLN) est fondé en octobre 1954 émanant de CRUA. Le FLN et le MNA deviendront rivaux pour le contrôle du pouvoir de la révolution. Quant à Messali Hadj il est libéré en 1958 et est assigné à résidence en France.

Mouvement libéral d'Algérie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Libéraux d'Algérie.

Le Cartel libéral d'Algérie est constitué des fédérations algéroises de la SFIO (représentée par Williams Lévy), du M.R.p. (Ange Florès), du Parti socialiste autonome (Fernand Moschetti), de la Ligue des droits de l'homme (Gérard Lévy-Valensi) et de la Fédération des Libéraux (Roger Albou)[125]. Son Secrétaire général est une figure médiatique, le pied-noir Pierre Popie[125] (alias Maître Popie), avocat d'Alger et un temps collaborateur au journal L'Effort algérien en tant que membre de l'Association de la Jeunesse Algérienne pour l'Action Sociale (AJAAS) qu'il a fondé en 1952.

La mouvance libérale prônée par Maître Popie se veut une alternative amicale et fraternelle à l'affrontement des mouvements nationalistes qui s'opposent en Algérie. Le 2 décembre 1960, durant une entrevue télévisée pour l'émission Cinq colonnes à la une dont le thème est Qu'en pense Alger ?[126], il déclare souhaiter l'avènement d'une « République algérienne » qu'il décrit comme un « État neuf ». Interrogé sur les habitants du quartier européen d'Alger, nommé Bab el Oued, il ajoute « je suis persuadé que nous arriverons à les persuader car pour eux il n'y a pas d'issue, l'Algérie française est morte il faut qu'ils se tournent vers l'avenir ». Par ailleurs il remet en cause l'authenticité de la « fraternisation » entre Européens et musulmans le 18 mai 1958 sur le Forum d'Alger[127].

Les réactions de haine des militants de de l'Algérie française sont virulentes et ferment définitivement toute possibilité de dialogue. C'est dans ce repli que se cristallise l'opinion de la population européenne envers les libéraux, qui se voient, assimilés au mouvement nationaliste algérien, et pris pour cible par les futurs extremistes de l'O.A.S..

Le corps sans vie de Maître Popie est retrouvé dans son cabinet le 25 janvier 1961, il est poignardé de quatorze coups de couteau[128]. L'auteur de l'assassinat est Claude Peintre[129] du FAF[130], mouvement nationaliste qui a été dissous par les autorités d'Alger le mois précédent. Plusieurs thèses s'affrontent au sujet de l'affaire Popie, ainsi il est dit que la victime est pressentie pour témoigner au procès des barricades contre son principal instigateur Pierre Lagaillarde[131], plus jeunes les deux hommes sont avocats à Alger et rivalisent pour la direction de l'Union des Étudiants Européens - que Lagaillarde remporte[132] -, il est également dit que la victime est un sympathisant du F.L.N. et du G.P. R.A[133]. Une autre source affirme que son « cabinet est une officine du renseignement gaulliste »[134].

Accusés par l'armée d'être noyautés par les mouvements insurrectionnels, les centres sociaux sont la cible des nationalistes partisans de l'Algérie française. Ceux-ci commettent l'assassinat de Château-Royal : le 15 mars 1962, un commando Delta de l'OAS organise un attentat contre à El-Biar, près d'Alger, six dirigeants des Centres Sociaux Éducatifs (CSE) d'Algérie sont tués.

Mouvement nationaliste français (1956-1962)[modifier | modifier le code]

Organisation de la Résistance de l'Algérie française (1956-1957)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Affaire du Bazooka.

L'Organisation de la résistance de l'Algérie française (ORAF) est un groupe de contre-terroristes européens, émanant de l'armée française en Algérie, qui est créé en 1956. Il est spécialisé dans la lutte contre les attentats terroristes du FLN en employant les méthodes de la guerre non conventionnelle.

En représailles à l'attentat commis à Bab El-Oued, quartier européen d'Alger, par le FLN le 19 juillet 1956, le commando de Boudhries avait mitraillé des civils faisant un mort et trois blessés[135], un commando de l'ORAF place une bombe au 9 rue de Thèbes, à proximité du bain maure appartenant à Boudhries et situé dans le quartier Arabe de la Casbah d'Alger[118],[135],[135]. La déflagration provoque l'effondrement d'un immeuble du quartier et cause quinze morts et plusieurs blessés[135].

Le 16 janvier 1957 un attentat au bazooka est commis à l'état-major contre le général Raoul Salan, commandant de la 10e région militaire et commandant interarmées à Alger depuis décembre 1956[118]. Salan absent en réchappe mais son chef de cabinet le commandant Rodier, assis dans son fauteuil, est tué[118]. Les auteurs de l'attentat sont Philippe Castille et Michel Fechoz ; le commanditaire, René Kovacs, un médecin algérois militant pour l'Algérie française, et voulant remplacer Salan par le général René Cogny, réputé plus énergique. Castille et Frechoz sont interpellés et condamnés à 12 années de prison mais ils s'évadent[136]. En 1961, ils rejoignent l'OAS et son chef Salan[136].

Une purge est opérée au sein des cadres de l'armée, des officiers sont alors mutés. L'enquête sur l'affaire du bazooka ne remonte pas très haut pour ne pas inquiéter les milieux gaullistes préparant le retour aux affaires du général de Gaulle et les actions de l'ORAF se font désormais plus discrètes[118].

Naissance du mouvement nationaliste (1958)[modifier | modifier le code]

« Événements du 11 novembre 1960 » : des Français affrontent d'autres Français. Insurrection des étudiants et vétérans européens d'Alger (FAF) affrontant les Gardes mobiles français en signe de protestation à l'annonce faite par le président de Gaulle de proposer le choix de l'autodétermination de l'Algérie. Cent personnes sont blessées et soixante-dix sont arrêtées. Le climax est la perte de contrôle d'un autobus qui vient s'écraser contre un bâtiment.
Article connexe : Putsch d'Alger (1958).

La crise de mai 1958 fait naître chez des Européens d'Algérie la crainte d'une « politique d'abandon » de l'Algérie française ; en retour de cette angoisse existentielle se cristallise un mouvement nationaliste d'envergure. Sa composition est hétérogène (voire antagoniste avec des pro et anti-gaullistes) et comprend divers courants issus de l'aile droite française dont l'Union pour le Salut et le Renouveau de l'Algérie Française (U.S.R.A.F.) du gaulliste Jacques Soustelle et le Comité de vigilance d'un second gaulliste, Léon Delbecque. Ce dernier représente 17 associations prônant le maintien de l'Algérie française au rang desquelles on décompte d'anciens résistants gaullistes, des poujadistes, des royalistes, des radicaux moriciens, des Anciens combattants (dont des musulmans loyalistes ou « Harkis »), des militants d'extrême droite, l'Association Générale des Étudiants d'Algérie (A.G.E.A.) et « Le Groupe des Sept ». Les deux dernières composantes sont sous la direction de Pierre Lagaillarde un jeune avocat né en métropole mais qui a grandi en Algérie[137].

L'émeute des nationalistes se transforme en putsch le 13 mai 1958 (putsch d'Alger). Ceux-ci se décrivent comme des « nationaux » mais la presse contemporaine métropolitaine, de gauche, les nomme les « activistes » ou « ultras ». Ces Français d'Algérie sont soutenus par une partie des officiers de l'armée française à la suite d'une série de déconvenues politico-militaires : gestion malheureuse de la guerre d'Indochine à laquelle ont participé des officiers tels que Raoul Salan et Marcel Bigeard ; rembarquement des parachutistes de Jacques Massu bien que victorieux durant la crise de Suez) dans un contexte de guerre froide avec une majorité gouvernementale de gauche. Tous rejettent la conduite des affaires algériennes par les gouvernements successifs de la Quatrième République.

Insurrection (1960)[modifier | modifier le code]

Une partie de l'armée et de la population dresse des barricades à Alger en signe de soutien au général Massu muté en métropole pour avoir exprimé ses doutes quant à la gestion des affaires algériennes, 1960
Articles connexes : semaine des barricades et OAS.

La semaine des barricades en janvier 1960 marque un échelon supplémentaire dans l’insurrection des nationaux. Une conséquence de cet événement est la création de l'OAS en décembre 1960.

Front Algérie Française (1960)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Front Algérie française.

Le Front Algérie Française (FAF) est un mouvement politique en faveur du maintien de l'« Algérie française » créé le 16 juin 1960 à Alger, à la suite de la semaine des barricades, sous la présidence du député et Harki Saïd Boualam. Il affichera très vite 500 000 adhérents dont 200 000 musulmans[138].

Le 13 décembre 1960 au soir, Jean Morin, délégué du gouvernement, annonce la dissolution du FAF et des associations d'étudiants gravitant autour[104].

Attentats (1961-1962)[modifier | modifier le code]

Les commandos Delta de l'OAS ont appliqué la tactique de leurs adversaires révolutionnaires en perpétrant des attentats contre tous « rebelles », intellectuels, politiques ou sympathisants de la cause indépendantiste (les « porteurs de valises »). La branche métropolitaine de l'OAS responsable de l'attentat manqué contre André Malraux ayant par accident entraîné la cécité d'une fillette a contribué à isoler l'OAS et à la priver du soutien du reste de la population.

Politique de la terre brûlée (1962)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Opération Rock and Roll.

Au mois de juin 1962, derniers jours précédents l'indépendance, et alors que débutait le rapatriement vers la métropole (parfois l'exode) des Algériens de souche européenne, des activistes de l'OAS tentèrent d'effacer toute trace de la présence française en détruisant des ouvrages d'art, des bâtiments publics, des archives des administrations… Des pourparlers s'engagèrent alors entre des représentants de l'OAS et du FLN à Alger, accompagnés d'une trêve tacite, qui se rompit bientôt par une nouvelle vague d'incendies. Les activistes d'Oran furent les derniers à s'incliner, mettant le feu le 25 juin à des millions de litres de mazout des dépôts du port d'Oran (10 à 30 millions selon les sources). D'énormes panaches de fumée noire recouvraient la ville.

Mouvement pour la communauté (1959-1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mouvement pour la communauté.

Le Mouvement pour la coopération est un mouvement gaulliste actif en Algérie et fondé par Jacques Dauer[139].

Défense[modifier | modifier le code]

L'armée française et l'Algérie (1830-1978)[modifier | modifier le code]

L'Armée et la Population d'Algérie au Duc d'Orléans, Prince royal, 1842, statue équestre de Carlo Marochetti à la mémoire du prince Ferdinand-Philippe dressée sur la Place du Gouvernement à Alger en 1845[140], circa 1890~1905

L'armée française a une place prépondérante, particulière et historique en Algérie[141]. C'est elle qui conquiert le territoire au nom de la France, qui lui fournit ses premiers colons (les familles des militaires dont sont issus les maréchaux Franchet d'Espèrey et Juin et les généraux Grossin et Jouhaud), qui administre la conquête à titre exceptionnel (par le Ministère de la guerre et non le ministère de la Marine comme c'est le cas dans les autres colonies) et qui a autorité sur le Sahara (territoire sous administration militaire depuis sa conquête en 1902 jusqu'en 1947). De fait l'Algérie, tout au long de son Histoire, du XIXe siècle comme au XXe siècle, est principalement administrée par des généraux et maréchaux.

Par ailleurs l'armée marque définitivement les lieux de son empreinte en baptisant les villes conquises d'après d'illustres généraux de la campagne d'Algérie ou des victoires napoléoniennes, c'est le cas entre autres d'Aumale (d'après le duc d'Aumale), Bugeaud (d'après le général Bugeaud), Damesme (d'après le général Damesme), Bréa (d'après le général Bréa), Cavaignac (d'après le général Cavaignac), Changarnier (d'après le général Changarnier), Cérez (d'après le général Cérez), Chanzy (d'après le général Chanzy) Palestro (d'après la Bataille de Palestro), Arcole (d'après la Bataille du pont d'Arcole) et Castiglione (d'après la Bataille de Castiglione). De même, le plus ancien lycée d'Alger, créé en tant que collège en 1835, est renommé Lycée Bugeaud en 1848[142].

C'est également par le biais de cette même armée que la plupart des Français métropolitains découvrent le pays et se forgent une expérience de l'Algérie. Ils en feront part à leurs contemporains, avec l'arrivée du contingent dans les années 1960 ; les milliers d'appelés de la guerre d'Algérie.

Ainsi, l'Histoire de l'Algérie française explique l'attachement particulier de l'armée à ce territoire (putsch de 1958, putsch des généraux) et en retour l'attachement que lui porte une partie de la population d'Algérie, européenne (la semaine des barricades, l'engagement dans l'OAS) mais aussi musulmane (les Harkis, les SAS, les GMS) ; attachement durable comme en atteste la Loi française du 23 février 2005.

Partie du port de Toulon, le 25 mai 1830, et arrivée la première avec le débarquement de Sidi-Ferruch, le 14 juin 1830, c'est également elle qui quitte l'Algérie, devenue indépendante, la dernière en 1965 pour le plus gros des effectifs, soit douze ans avant l'expiration de la première échéance (1977) d'un bail renouvelable consenti mutuellement par les Accords d'Évian[143]. Toutefois, des effectifs et installations françaises stratégiques sont maintenus sur le sol de la République algérienne, souveraine, jusqu'en 1967 et 1970. La seule exception est la base militaire française secrète de B2-Namous dans le Sahara, qui bénéficie de négociations particulières et confidentielles entre gouvernements français et algérien, son bail est reconduit en 1967 puis 1972 ; elle est finalement évacuée en 1978.

Algérie[modifier | modifier le code]

Armée d'expédition (1830)

L'armée d'expédition, aussi appelée Armée d'Afrique, qui participe à la « Guerre d'Alger » en 1830 est un corps expéditionnaire commandé par le général Bourmont et offre un effectif de 37 639 hommes disposant de 3 853 chevaux et 70 bouches à feu de gros calibre.

La flotte est aux ordres de l'amiral Duperré et présente un total de 644 bâtiments dont 107 appartenant à la Marine royale.

Garde nationale (1831)
Article connexe : Garde nationale (1831).

Un bataillon de la Garde nationale comprenant 500 hommes est créé à Alger en 1831 lors de l'expédition de Blida. Il est habillé, armé et équipé comme celui de la métropole. Il est composé d'Européens domiciliés à Alger et placé sous le commandement d'un négociant en vin qui est un ancien officier français de la Grande Armée.

Armée d'occupation

En 1831 l'armée d'occupation est de 749 officiers.

19e corps d'armée

Le 19e corps d'armée est un corps de l'armée française, créé par décret du JO du 13 août 1874, qui regroupe les différentes unités militaires d'Algérie française. Il comprend trois divisions, respectivement, Division d'Alger, Division d'Oran et Division de Constantine. Durant les deux guerres mondiales, les mobilisés d'Algérie, Européens comme indigènes musulmans et israélites, sont répartis dans l'une d'entre d'elles en fonction de leur propre domicile.

Base navale de Mers el-Kébir (18??-1968)

La base navale de Mers el-Kébir située à l'Ouest d'Oran est célèbre pour la bataille qui s'y déroule, le 3 juillet 1940. La France étant pratiquement défaite, la marine britannique, pourvue du double de navires, attaque son ancienne alliée française dans la rade du port, craignant qu'elle ne tombe aux mains des Forces de l'Axe. Après la Seconde Guerre mondiale, la France utilise Mers-el-Kébir comme base de soutien pour ses essais atomiques. Les accords d'Évian du 18 mars 1962, qui reconnaissent l'indépendance de l'Algérie en mettant fin à l'Algérie française, autorisent la France à conserver sa base jusqu'en 1977, mais la marine se retire officiellement le 1er février 1968[144].

« Déclaration générale du 19 mars 1962 relative à l'Algérie : Chapitre III. Du règlement des questions militaires »[143]
« L'Algérie concède à bail à la France l'utilisation de la base de Mers-el-Kébir pour une période de quinze ans, renouvelable par accord entre les deux pays » »
Base aérienne de Bou-Sfer (18??-1970)

L'Armée de l'air française établit plus d'une vingtaine de bases aériennes en Algérie[145]. Elle conserve l'une des plus stratégiques d'entre elles, l'escale aérienne de Bou-Sfer dotée d'un important aérodrome et située sur la côte à l'Ouest de la base navale de Mers el-Kébir, jusqu'en 1970. Bou-Sfer est également la ville natale d'Edmond Jouhaud, général de l'Armée de l'air, célèbre pour sa participation aux putsch de 1958 et 1961.

Sahara[modifier | modifier le code]

Le Sahara, ou Territoires du Sud, est un territoire autonome sous administration militaire depuis sa conquête sur les tribus indigènes Touareg en 1902 jusqu'à son passage à une administration civile en 1957.

Unités sahariennes françaises (1894-1962)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Unités sahariennes françaises.

Les unités sahariennes furent des unités de l'armée française affectées au Sahara. Elles furent dissoutes à la suite des Accords d'Évian, en 1962.

Compagnies méharistes sahariennes (1902-1962)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Compagnies méharistes sahariennes.

Unités de l'armée française destinées à contrôler les territoires du Sahara

Compagnies des Oasis sahariennes (1902-1962)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Compagnies des Oasis sahariennes.

Corps spécial de l'armée française et composé d'indigènes musulmans ; il est créé par décret le 1er avril 1902.

Installations militaires du Sahara (1947-1978)[modifier | modifier le code]
Centre Interarmées d'Essais d'Engins Spéciaux (1947-1967)[modifier | modifier le code]

En avril 1947, le Centre d'Essais d'Engins Spéciaux (C.E.E.S.) est créé à Colomb-Béchar, il est renommé Centre Interarmées d'Essais d'Engins Spéciaux (C.I.E.E.S.) en 1948. Par la suite un second polygone est créé à 120 km à Hammaguir. Les deux bases sont évacuées en 1967.

Centre Saharien d'Expérimentations Militaires[modifier | modifier le code]

La base de Reggane, située dans le Hoggar, héberge le Centre Saharien d'Expérimentations Militaires (C.S.E.M.). La première bombe atomique Gerboise bleue y explose le 13 février 1960. L'événement est filmé[146]. C'est la première d'une série de tests atomiques atmosphériques. La France devient la quatrième puissance nucléaire au monde. Le C.S.E.M. est officiellement colmaté et évacué en mai 1967[147].

Centre d'Expérimentations Militaires des Oasis (19??-1967)[modifier | modifier le code]
Article connexe : Accident de Béryl.

À la suite des protestations internationales contre les essais atmosphériques du C.S.E.M. un second centre d'essai atomique destiné à des explosions confinées est créé à In Ekker, à 150 km de Tamanrasset, et porte le nom de Centre d'Expérimentations Militaires des Oasis (C.E.M.O.). Le 1er mai 1962 l'explosion crée une brèche dans le mont Taourirt et provoque une fuite radioactive, c'est l'accident de Béryl ; le vingt-neuvième incident de ce type connu dans le monde. Le Ministre de la Défense Pierre Messmer et celui de la Recherche et des Technologies Gaston Palewski sont dans la tribune de la délégation officielle pour assister au tir, ils sont irradiés avec le reste de la délégation lorsqu'un changement soudain de direction du vent oriente le nuage radioactif vers eux. Les deux ministres décèdent respectivement 45 ans et 22 ans plus tard (à 91 ans et 83 ans). Neuf appelés du contingent, membres du 621e Groupe d'Armes Spéciales sont également sur les lieux, mal protégés ils sont encore plus fortement irradiés. Le C.S.E.M. est abandonné en 1967.

Centre d'Expérimentation Semi-Permanent de B2-Namous (1965-1978)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : B2-Namous.
L'ancien centre B2-Namous. Au Nord son point de contrôle et l'unique route qui y mène reliée à l'une des deux voies d'accès en direction de Beni Ounif, à l'Est ses installations principales avec son héliport, à l'Ouest ses baraquements et tout autour le périmètre défensif interdisant l'accès à la base. 2008.

Dès 1935, la Section technique de l'armée (STA) installe une base secrète d'essais d'armes chimiques et bactériologiques, le Centre d'Expérimentation Semi-Permanent (CESP) dans l'oued Namous au Sahara. Le polygone d'essai de B2-Namous est remis en activité en 1965 à l'initiative du président Charles de Gaulle et le reste jusqu'en 1978, soit quinze ans après l'indépendance de l'Algérie et au terme de deux échéances (1967 et 1972) du bail concédé à la France par les Accords d'Évian de 1962. Officiellement gérée par une entreprise civile, la Sodéteg (groupe Thomson), pour ne pas indisposer les autorités d'Alger traitant avec l'armée française, B2-Namous est la dernière installation militaire étrangère, connue, à être restée en activité après la fin de l'Algérie française.

Transfert technologique et matériel à l'armée algérienne (1967, 1978)[modifier | modifier le code]

Les indigènes algériens et l'Armée française (1830-1964)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armée d'Afrique (France).
Tirailleurs algériens ou Turcos : Tambour, Officier arabe, Porte-Étendard (officier français), Soldat indigène, Cantinière, 1852

Après la prise d'Alger aux Ottomans en 1830 par le corps expéditionnaire français du comte de Bourmont, des indigènes algériens prêtent allégeance à la France. C'est d'abord le cas des cavaliers « Sibahis » (« cavalier libre ») Turcs du général Joseph Vantini, alias Youssouf, qui se rallient aux Troupes d'Afrique sous le nom de Spahis. C'est ensuite le cas de la confédération tribale berbère de Kabylies, Zouaoua, qui donne son nom à un nouveau type de corps d'infanterie nommée zouave. Un second corps d'armée composé majoritairement d'indigènes musulmans est ensuite créé en 1842 sous le nom de Tirailleurs algériens ; les mobilisés européens et israélites constituent alors l'infanterie zouave.

Dès lors ces troupes se battront pour la France dans toutes les campagnes coloniales, y compris contre d'autres indigènes, aussi bien que pour la défense de la métropole, notamment durant les campagnes de la Première Guerre mondiale (1914-1918) et Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Elles se battront également pour la défense des intérêts français durant les guerres d'indépendance sous-tendues pas la guerre froide (1946-1962).

Paradoxalement, ces combattants et leurs familles ont à répondre de leur choix politique pris en temps de guerre aussitôt advenu le temps de la paix établie par la signature de traités d'armistices. Au XIXe siècle cela se traduit par le traité de Tafna et le massacre des Ben Zetoun, au XXe siècle ce sont les Accords d'Évian et le massacre d'Oran. Au XXIe siècle, ce choix des parents et grands-parents de soutenir la République française est l'enjeu d'un conflit générationnel dont les répercussions se manifestent encore dans la France contemporaine des années 2000[148].

Cavalerie[modifier | modifier le code]

Chasseurs algériens (1830-1831)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Chasseurs algériens.

Après la conquête d'Alger est formée, le 21 octobre 1830, une cavalerie indigène, les « Chasseurs algériens »[149], commandée par le chef d'escadron Marey-Monge et le capitaine Joseph Vantini (converti à l'Islam il change son prénom Joseph en Youssouf). Le 17 novembre 1831 (ou en 1832 selon les sources), les Chasseurs algériens sont incorporés dans les deux régiments de Chasseurs d'Afrique créés le même jour à l'aide de Chasseurs à cheval provenant des trois escadrons débarqués de France en 1830 et de volontaires provenant de la cavalerie métropolitaine.

Chasseurs numides (1830-18??)[modifier | modifier le code]
Zouaves à cheval (1830-1831)[modifier | modifier le code]

Créés en 1830, les deux escadrons de Zouaves à cheval sont formés, mais ils intègrent les corps des Chasseurs d’Afrique en 1831.

Chasseurs indigènes (1831-1841)[modifier | modifier le code]
Article connexe : Mamelouks.

La loi du 9 mars 1831 autorise les généraux commandant les pays occupés à former des corps militaires composés d’indigènes et d’étrangers. Dix ans plus tard ils deviennent des Spahis en application de l'ordonnance du 7 décembre 1841 créant un corps unique de cavaliers indigènes.

Chasseurs d'Afrique (1830-1834)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Chasseurs d'Afrique.

La formation des Chasseurs d'Afrique date de décembre 1830[149]. Le 1er régiment de chasseurs d'Afrique est créé le 1er mars 1832 par ordonnance royale avec 2 escadrons de Chasseurs algériens ou Zouaves à cheval dont 20 Turcs ayant servi sous les ordres de Joseph Vantini (Youssouff). Il livre sa première bataille le 6 avril 1832, dans l'affaire d'El Ouffia sous le commandement du colonel Schauenbourg[149]. De 1830 à 1834 le nouveau corps de cavalerie, des Chasseurs d'Afrique, est mixte ou « franco-arabe »[149], il est composé de Français et d'indigènes algériens Arabes[149].

Spahis (1834-1962)[modifier | modifier le code]
Spahis d'Algérie à Furnes, en Belgique, circa 1915
Article détaillé : Spahis.

Le corps des cavaliers Spahis est créé par l'ordonnance du 10 septembre 1834 prescrivant la formation à Alger d'un corps de cavaliers indigènes sous la dénomination de « spahis réguliers ». Les unités de Chasseurs indigènes et Mamelouks sont transférées dans le corps des Spahis à la suite de l'ordonnance du 7 décembre 1841 qui crée un corps unique de cavaliers indigènes. Les Spahis sont dissous en 1962, à l'exception de l'historique 1er régiment de spahis marocains, stationné à Valence, Rhône-Alpes, et qui subsiste en 2009 comme arme blindée-cavalerie.

Méharistes (1902-1962)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Méharistes.

Les méharistes constituent un corps de cavalerie à dos de dromadaire créé en 1901 sous l'impulsion du commandant François-Henry Laperrine. Plusieurs unités sont successivement créées telles les Compagnies des Oasis sahariennes qui forment un corps spécial de l'armée française, créé par décret le 1er avril 1902, et composé d'indigènes, à l'origine des Mozabites de la tribu Chaamba. Il s'oppose aux tribus Touaregs (ennemis des Chaamba) et opère sous les ordres du lieutenant Guillo Lohan durant la campagne du Sahara (1902-1907).

Infanterie[modifier | modifier le code]

Zouaves (1830-1842)[modifier | modifier le code]
La marche de Tirailleurs algériens prisonniers des Allemands durant la Première Guerre mondiale, circa 1914~1916
Article détaillé : Zouaves.

Le corps des zouaves, composé originalement de deux bataillons, est créé le 1er octobre 1830 par le général Clauzel[150]. Les membres de ce corps sont transférés dans celui des Tirailleurs Algériens à la création de ce dernier en 1842, les troupes zouaves cessent alors d'être composées d'indigènes.

Tirailleurs algériens (1842-1964)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Tirailleurs algériens.

Les Tirailleurs algériens (surnommés « Turcos ») est un nouveau corps de l'Armée de terre composés d'indigènes en remplacement des Zouaves. Par la suite, le combattant Tirailleur est adopté dans les troupes coloniales françaises, dont les célèbres Tirailleurs sénégalais et les Tirailleurs indochinois.

Harkis (1954-1962)[modifier | modifier le code]
Portrait d'un Harki en uniforme, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, 1961
Article détaillé : Harkis.

Les Harkis sont des volontaires s'engageant comme supplétifs de l'armée française durant la guerre d'Algérie (1954-1962). Pour une perspective détaillée voyez l'article consacré aux Harkis pendant la guerre d'Algérie.

Moghaznis (1958-1962)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Moghazni.

Les Moghaznis sont des supplétifs des Sections administratives spécialisées (SAS) et les sections administratives urbaines de l'armée française durant la guerre d'Algérie.

Gendarmerie[modifier | modifier le code]

Gendarmes maures (18??-18??)[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La situation des indigènes dans l'armée française est particulièrement délicate, ils ne sont pas reconnus comme citoyens français à part entière par les autorités, leur progression hiérarchique est ainsi plus lente que celle de leurs compatriotes français. En même temps ils sont considérés comme des « traîtres » par leurs congénères indigènes qu'ils combattent au nom de la France.

Abandon français (1962-1977)[modifier | modifier le code]

Le 26 décembre 1959, le président de Gaulle et son ministre Mesmer, instaurent le gel des pensions des Anciens combattants indigènes algériens (entre autres)[151] :

« Après l'indépendance de leur pays, les pensions d'invalidité et de retraite de ces anciens combattants avaient été gelées par le général de Gaulle en 1959. Elles étaient souvent réduites à des montants symboliques, jusqu'à dix fois inférieures aux sommes perçues par les Français. »

À ce sujet, le sénateur Guy Fischer déclare lors de la séance du 30 novembre 2000[152]

« Notre amendement porte sur le douloureux et récurrent problème de la cristallisation des pensions des anciens combattants venus défendre notre pays au cours des deux dernières guerres mondiales. Ces soldats, issus d'Afrique noire, du Maghreb, d'Indochine ou d'autres colonies, ont participé courageusement à la défense et à la libération de la France. Or, la loi de finances pour 1960, du 26 décembre 1959, qui a institué la cristallisation des pensions, dispose qu'à compter du 1er avril 1961 les pensions, rentes ou allocations viagères imputées sur le budget de l’État ou d'établissements publics dont sont titulaires les nationaux des pays ou territoires ayant appartenu à l'Union française ou à la Communauté, ou encore ayant été placés sous le protectorat ou la tutelle de la France, seront remplacées par des indemnités calculées sur la base des tarifs en vigueur à la date de leur transformation. Concrètement, dès 1962, la cristallisation s'appliquait à la quasi-totalité des États d'Afrique noire et aux trois États du Maghreb. »

Camp de Rivesaltes où est « accueilli » le reliquat du 1er régiment de tirailleurs algériens et leurs familles d'octobre 1962 à février 1977, 2007

En juillet 1962, les autorités françaises parisiennes font désarmer les troupes loyalistes indigènes (dont les Harkis) et imposent un nombre limité de « rapatriés » durant l'évacuation des populations refusant de vivre dans une République algérienne. En 1963, lors du procès du Petit-Clamart, l'avocat de la défense (le colonel Bastien-Thiry et les autres conspirateurs régicides) et parlementaire français Jean-Louis Tixier-Vignancour déclare :

« […] Il est possible que le général de Gaulle, dans une vue panoramique du monde, ait estimé qu'il était superflu de ramener en France plus de trois mille harkis. Le Conseil des Ministres avait en effet déclaré : on en ramènera trente mille. Et au Conseil des Ministres suivant, on s'est aperçu que trente mille harkis ou moghaznis, cela faisait trois cent mille personnes, parce qu'il fallait compter avec la femme, la mère et les enfants ! À peu près dix personnes par harki ou par moghazni. Alors M. Louis Joxe a tranché, et avec son air toujours un peu excédé, et sa courtoisie lassée, il a dit : « Réduisons à trois mille. » Il en est revenu quatre mille cinq cents, parce que la marine présente cette particularité exceptionnelle d'avoir des bateaux pour transporter et des traditions à respecter[153]. »

À leur arrivée en métropole, les anciens combattants indigènes sont mis à l'écart avec leur famille dans le camp d'internement de Rivesaltes, Languedoc-Roussillon, sous ordre du gouvernement ; ils subissent le même sort que les réfugiés indochinois en 1956 quand ils sont « accueillis » dans le camp de transit de Sainte-Livrade-sur-Lot, Aquitaine[154],[155].

Controverses et incidents contemporains (2001-2008)[modifier | modifier le code]

La controverse autour des combattants musulmans loyalistes, particulièrement les Harkis, perdure en France métropolitaine au XXIe siècle au travers de faits divers médiatisés, la situation des Harkis demeurant sensible, autant auprès des proches des anciens combattants que des associations attachées à la mémoire de leurs actions et à la défense de leurs intérêts (tels les vétérans et politiciens français Saïd Boualam, Rabah Kheliff, Hamlaoui Mekachera.

Le sportif de renommée internationale Zinédine Zidane est au cœur d'une controverse liée au rejet des Harkis en 2001[156], 2003

En octobre 2001, le célèbre sportif français Zinédine Zidane, dont le père d'Algérie Smaïl quitte l'Algérie française avant la guerre en septembre 1953[157], est au centre d'une controverse médiatique et d'autant plus médiatisée du fait de la popularité internationale du concerné[158]. Un incident se produit lors du match amical aller France-Algérie se déroulant le 6 octobre 2001 au Stade de France à Saint-Denis. Lors de ce match, l'hymne français, la Marseillaise est conspué par la majorité des supporters français d'origine maghrébine venus soutenir l'équipe algérienne[159],[160], et des bannières « Zidane, harki » sont déployées par les supporters algériens[161]. Le match est finalement annulé à cause des mêmes supporters venus envahir la pelouse alors que leur équipe perdait. Au-delà de l'anecdote sportive, le match a une valeur symbolique puisque présenté comme la « rencontre de la réconciliation »[161],[162] entre les deux nations à la suite de la guerre d'Algérie, réconciliation qui n'a de fait pas lieu à la suite du rejet symbolique de la France par les supporters algériens. Le terme « Harki » est ici utilisé en tant qu'offense et fait référence au père de Zidane dont une rumeur tenace mais fausse, lancée en 1998 par le politicien français Bruno Gollnisch[156],[163], le fait passer pour un Harki ; devant l'ampleur de la rumeur, Zinédine Zidane se dit « déconcerté » par les banderoles[161] et tient lui-même à la démentir :

En 2006, le politicien Georges Frêche crée une controverse liée aux Harkis qu'il qualifie de « sous-hommes » à Montpellier[164]. 2008

« Je tiens à préciser une fois pour toutes : mon père n’est pas un harki (…). Parce que j’entends partout qu’on dit qu’il est harki (…). Moi, je n’ai rien contre les harkis, je ne veux pas me mêler de ce qui se passe mais simplement mon père n’était pas un harki, mon père était un Algérien, fier de l’être et je suis fier que mon père soit un Algérien (…). Le seul truc, c’est que mon père, il n’a pas combattu contre son pays[156]. »

Par ailleurs, outre les banderoles à son encontre, le joueur Zidane reçoit des menaces de mort à la veille du match France-Algérie selon une dépêche de Paris reprise par deux sites d'information francophones marocains[165],[166], un site sportif suisse[167] et le journal britannique The Observer[161].

En février 2006, un parlementaire français, Georges Frêche, cause une célèbre controverse portant offense à l'honneur des Harkis à Montpellier, Languedoc-Roussillon ; il est condamné par la justice française a verser une amende de 15 000 Euros[164].

Le carré musulman du cimetière militaire de Notre-Dame-de-Lorette près d'Arras est trois fois profané de 2007 à 2008[168]. 2004

Des carrés musulmans sont périodiquement sujets à profanation en France métropolitaine, tel celui du cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette à Ablain-Saint-Nazaire, Nord-Pas-de-Calais en avril 2007, puis avril et décembre 2008[168]. Ce cimetière héberge les tombes de 576 soldats musulmans de l'Armée française morts pour la France durant la Première Guerre mondiale (1914-1918). De nouveau, en octobre 2009, huit tombes de soldats musulmans appartenant à la célèbre 2e division blindée du général Leclerc, morts pour la France au cours des combats qui ont suivi le débarquement de Normandie, ont été profanées et recouvertes d'inscriptions néo-nazies au cimetière de Montjoie-Saint-Martin, un village situé en Basse-Normandie[169].

La controverse liée aux anciens combattants indigènes loyalistes réfugiés en France métropolitaine ne se limite pas aux Français de souche européenne. La situation conflictuelle de ces anciens combattants perdure au XXIe siècle et transcende l'Algérie française parce qu'elle se transmet « par atavisme » aux générations suivantes, leurs descendants, avec les jeunes issus de l'immigration.

Dans les années 2000, se crée un conflit générationnel franco-algérien entre descendants des anciens combattants indigènes d'Algérie rapatriés en métropole et descendants des immigrations algériennes en France après la fin de l'Algérie française et la création de la République algérienne[148].

Ce conflit de générations est illustré par les propos de Rachid, citoyen français et descendant d'Harki, qui revient sur la polémique de Zidane et plus globalement renvoie à leurs propres contradictions ceux qui emploient le terme « Harki » comme un propos offensant et un synonyme de « traître ». La teneur de ces propos est publiée en 2008 par le sociologue et chercheur au CADIS (Centre d’Analyse et d’Intervention Sociologique) Régis Pierret, dans son ouvrage Les filles et fils de harkis : entre double rejet et triple appartenance[148] ; ce dernier évoque le conflit comme une « dualisation de la société et de mise en compétition »[148] :

« Moi, je suis français à part entière, je n'oublie pas ce qu'on était, ce que mes parents étaient, on est français. Un immigré, il dit qu'il est français, Zebda, qu'est-ce qu'il dit ? Il dit qu'il est français. Regardez Zidane, il dit qu'il est français, quand on lui a dit s'il était fils de harki, il a dit « surtout pas », « je n'ai rien à voir avec ces gens il a dit ». Rachid TAHAR [sic], nous a insulté à la télé, il a dit : « c'est des collabos, c'est des traîtres ». Il a craché dans la soupe, il nous insulte, il chante ici, il n'a pas honte de parler comme ça ! Ce qui m'énerve, c'est qu'ils viennent ici, ils manquent de respect, ce n'est pas nous les traîtres, c'est eux les traîtres, qu'est-ce qu'ils viennent faire en France ? Nos parents ont choisi la France, ils étaient français, ils sont ici eux, ils sont venus faire quoi ? Encore, ils osent nous insulter[148]. »

L'armée révolutionnaire algérienne (1954-1962)[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

La continuité avec la régence d'Alger[modifier | modifier le code]

L'administration française de l'Algérie présente des éléments de continuité avec la régence d'Alger[170]. Le système monétaire de la régence est conservé jusqu'en 1848, et plus tard encore pour le paiement des tributs de guerre.

Jusqu'en 1918, les musulmans étaient uniquement soumis aux « impôts arabes » (achour, hokor, lezma, zakât) et non à une fiscalité à l'européenne. Les indigènes restent aussi régit par les « lois musulmanes » en lieu et place du Code civil. La scolarité des enfants indigènes ne touchant que 5% des enfants en 1914 et 15% en 1954, l'enseignement indigène était encore actif au point qu'une motion du congrès des maires d'Algérie demande sa disparition en 1909. Dans les provinces de Constantine et d'Oran, sous administration militaire, au XIXe siècle, les Français composent avec les coutumes administratives locales. Ainsi l’administration de ces territoires se fera par le biais de notables indigènes locaux, comme les caïds, Bachagha, Khalifa. Lors de la conquête, la pratique de l'amen - reddition/négociation selon les pratiques locales - est la règle qui régit le rapport entre l'armée française et les tribus. Enfin comme dans la Régence, l'administration française prend en compte le rôle social de la religion. Elle intègre politiquement, que le contrôle de la population algérienne passe par le contrôle des confréries religieuses, tout en se désengageant de leur gestion interne[171].

Bureaux arabes[modifier | modifier le code]

État des directions et bureaux arabes. Chambre des députés, 10 juin 1846
Article détaillé : Bureaux arabes.

Les bureaux arabes sont créés le 4 avril 1844.

Sièges des institutions locales[modifier | modifier le code]

Vue sur une cour intérieure de style mauresque
Intérieur de Dar Hassan Pacha, première résidence des Gouverneurs d'Algérie.

Au début de la colonisation, les premiers gouverneurs de l'Algérie siègent dans l'ancien palais d'hiver des deys, connu sous le nom de Dar Hassan Pacha. Ce palais accueille Napoléon III lors de ses visite en Algérie en 1860 et 1865[172]. Le Gouvernement général d'Algérie (G.G.), immeuble monumental de 600 bureaux et de salles de réunions, centralise les services généraux de l'Algérie française. Cet édifice en forme de H est bâti entre 1929 et 1934, avec aménagements postérieurs jusqu'en 1955, à Alger boulevard Laferrière, rue Berthèse, rue Saint-Augustin et boulevard du Maréchal Foch, par l'Entreprise Perret Frères selon les plans de l'architecte Jacques Guiauchain[173] et couvre une superficie supérieure à 4 400 m.

Le bâtiment principal est surmonté d'un large balcon à deux étages donnant sur la cour intérieure adjacente au boulevard Lafferière et faisant face au Forum (place Clemenceau).

Sa valeur hautement symbolique lui vaut d'être le siège d'un premier putsch d'Alger le 13 mai 1958 à l'occasion duquel est proclamé le Comité de Salut Public présidé par le général Jacques Massu, puis d'un second, nommé putsch des généraux, le 23 avril 1961, sous la conduite des généraux Maurice Challe, Edmond Jouhaud, Raoul Salan et André Zeller.

C'est également de ce balcon qu'est prononcée la phrase historique du président du Conseil Charles de Gaulle « Je vous ai compris », introduction de son discours aux habitants de l'Algérie d'alors, le 4 juin 1958[174].

En plus du G.G., la capitale Alger héberge l'Assemblée d'Algérie[175].

Institutions[modifier | modifier le code]

Statue de Marianne dans le pavillon de l'Algérie française à l'Exposition universelle de Paris de 1889.

L'Algérie sera d'abord placée sous la responsabilité de commandants militaires, assistés d'administrateurs civils dont l'un des premiers d'entre eux, le baron André Pichon (nommé en 1831), conseiller d'état, posa les premières assises de la législation algérienne.

Une ordonnance de 1845 divisa l’Algérie en trois provinces (Alger, Oran, Constantine), beyliks ottomans, récemment conquises, chacune divisée en territoire civil, territoire mixte et territoire arabe.
La première, officiellement pacifiée, fut administrée à la française par des fonctionnaires civils ; les deux autres où les indigènes gardèrent leurs lois furent administrées par des officiers.

Le 9 décembre 1848 des départements français, subdivisés sur le modèle français, en arrondissements et communes, se substituèrent aux territoires civils des trois provinces[176]. Les provinces furent totalement départementalisées au début de la IIIe République. La loi du 24 décembre 1902 en fixa les limites définitives. Le sud algérien non départementalisé forma 6 territoires regroupés au sein des Territoires du Sud en 1902 ; leur nombre fut réduit à 4 en 1905.

À partir de 1955, le nombre de départements s'accrut passant à 4, puis à 18 deux ans plus tard (avec le remplacement des « Territoires du Sud » par deux départements « sahariens »), et à 21 un an après, pour retomber à 18 à la veille de l'indépendance en 1962.

L’organisation communale française fut transposée pour la première fois, dans la zone civile, par l’ordonnance du 28 septembre 1847, mais, à la différence de ce qui se passait en France, les maires et les conseillers municipaux étaient nommés et non élus.

Parallèlement à l’expansion de la zone civile au nord de l’Algérie, le mouvement municipal se développa et donna naissance à deux types de communes :

  • les communes de plein exercice (C.p. E), territoire où la population européenne était assez nombreuse pour pouvoir gérer elle-même ses affaires.
  • les communes mixtes (C.M) territoires où la population européenne installée n’était pas assez compacte et dense pour former une C.p. E.
  • les communes indigènes, formées de tribus où l'élément européen n'avait pas encore pénétré. Elles étaient administrées par des commissions mi-partie indigènes mi-partie européennes, fonctionnant sous la surveillance de généraux de brigade. Ces communes indigènes étaient toutes situées en territoire militaire.

Cette organisation municipale révélait bien le sens de l’assimilation administrative qui s’opérait en fonction et au profit de l’élément européen. Ce système demeura à peu près inchangé de 1870 à 1956. Ainsi l'institution communale coloniale présentait une physionomie spéciale. La présence de deux populations distinctes européenne et musulmane inspirait non seulement deux types d’administration communale, mais aussi deux types de structures infra-communales, plus réduites :

  • les centres de colonisation, administrés par un adjoint spécial européen.
  • les douars qui avaient à leurs têtes un adjoint indigène. Un ensemble de plusieurs douars constituait une ferka, administrée par un cheikh. Un certain nombre de ferkas composaient la tribu, à la tête de laquelle se trouvait un Caïd. Les tribus étaient groupées en aghaliks, avec un agha pour chef.

Ce qui expliquait parfois la présence côte-à-côte de deux communes homonymes, mais ayant un statut différent l'une de l'autre, comme à Aïn Témouchent.

Ministères rattachés à l'Algérie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des gouverneurs d'Algérie.

Organisation administrative[modifier | modifier le code]

Carte de 1934, titrée Afrique française, montrant les étapes de la formation territoriale de l'Algérie française.

Formation territoriale (1830-1956)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Conquête de l'Algérie.

Provinces (1848-1871)[modifier | modifier le code]

Carte des trois provinces d'Algérie (d'Oran en vert, d'Alger en rose, de Constantine en orange) avant leur remplacement par les départements français d'Algérie et au sud le Sahara ou « Grand désert » avant sa conquête, circa 1848

Avec la victoire des Troupes d'Afrique sur l'État d'Alger dirigé par Abd el-Kader le 21 décembre 1847, et la soumission de ce dernier à la France le 23 décembre 1847, cette dernière procède en 1848 à l'unification du territoire et à la création de trois provinces nommées respectivement, province d'Oran (à l'ouest), province d'Alger (au centre) et province de Constantine (à l'est).

Départements (1848-1962)[modifier | modifier le code]

L'arrêté du 9 décembre 1848 érige dans les trois provinces le territoire civil en département[177]: Département d'Alger (91), Département d'Oran (92) et Département de Constantine (93). Les provinces disparaissent au début de la IIIe république, leur territoire étant totalement départementalisé.

En Algérie, le département est subdivisé en arrondissements et communes, (article 11) mais en confirmant l'institution des Commissaires civils, l'arrêté du 9 décembre a implicitement reconnu une troisième division administrative, celle du district. Le département est administré par le préfet, qui rend compte au Gouverneur de la situation générale du pays notamment en ce qui concerne l'ordre et la sûreté publique (article 12), et il est assisté d'un Conseil de préfecture remplaçant le Conseil de direction[14].

Arrondissements[modifier | modifier le code]

Communes[modifier | modifier le code]

Territoires (1958-1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Territoires autonomes d'Algérie.

La loi cadre du 5 février 1958 porte sur la création de cinq territoires autonomes : Territoire d'Alger, Territoire du Chéliff, Territoire de Constantine, Territoire des Kabylies et Territoire d'Oran. Chaque territoire se subdivise en plusieurs départements eux-mêmes composés de divers arrondissements.

Esclavage[modifier | modifier le code]

Le décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848 met officiellement fin à l'esclavagisme perdurant dans les départements d'Algérie depuis la régence d'Alger ; c'est-à-dire avant l'arrivée des colons français. Le décret du 15 juillet 1906 relatif à la répression de la traite des Noirs met un terme définitif à l'esclavagisme dans les départements de l'Algérie et du Sahara.

Citoyenneté et droits civiques en Algérie française[modifier | modifier le code]

Scène dans le quartier Juif de Constantine en 1846. 1851
Juif et Juive à Constantine, circa 1856-1858

Citoyenneté et Nationalité françaises[modifier | modifier le code]

En Algérie française il existe une distinction entre citoyenneté et nationalité française ; ainsi les indigènes musulmans sont de nationalité française, mais ne peuvent être, jusqu'en 1944, citoyens que s'ils renoncent à leur statut personnel coranique. L'adoption de deux collèges électoraux sous le régime républicain, au lieu d'un seul, en est l'illustration.

Le 14 juillet 1865, un sénatus-consulte (et non pas le Code de l'indigénat de 1881) de l'empereur Napoléon III fixe le statut civique des musulmans : « l'Indigène musulman est français, néanmoins, il continuera à être régi par la loi musulmane. ». Pour Napoléon III, faire des musulmans des sujets français sans les rendre citoyens français, découlait du souci impérial de préserver leur particularisme coranique. Il s'agissait non pas de les priver des avantages de la citoyenneté française, mais de protéger leur identité culturelle. Le sénatus-consulte prévoyait par ailleurs que les musulmans qui voudraient jouir des droits des citoyens français pourraient le faire sur leur demande en renonçant à leur statut personnel coranique. Entre 1865 et 1891, seuls 783 musulmans firent cette démarche. Ce faible nombre pouvant s'expliquer par le fait que le renoncement au statut coranique était considéré comme une apostasie[178].

La citoyenneté française est reconnue aux musulmans par l'ordonnance du 7 mars 1944 et la loi du 20 septembre 1947 portant statut organique de l'Algérie qui instaure l'égalité à l'égard de tous les citoyens français. Les musulmans recevaient ainsi la citoyenneté par une naturalisation collective sans renoncement au statut personnel coranique[179].

Le collège électoral unique, égalitaire, est introduit par décret, le 3 juillet 1958, sous l'impulsion du président du Conseil Charles de Gaulle dans le cadre d'une politique d'intégration.

Certains auteurs considèrent cependant que « les autorités françaises réussirent à faire perdurer le Code de l'indigénat en Algérie pratiquement jusqu'à l'Indépendance »[180], ou encore, qu'en 1962 « seuls 10000 musulmans sont pleinement français »[181]. Et, en effet, les Accords d'Evian, puis l'accession de l'Algérie à l'indépendance ont rétabli radicalement les différences sur le critère du statut civil des citoyens : les « citoyens français de droit local » (ci-devant indigènes) perdant leur nationalité française pour accéder à la citoyenneté algérienne, alors que les « citoyens français de droit commun » conservent leur nationalité française[182].

Ordonnance royale du 24 février 1834[modifier | modifier le code]

À la suite de la Conquête de 1830, l'Algérie est officiellement annexée à la France en 1834. De fait, les indigènes musulmans et juifs deviennent sujets français puisque « placés sous la souveraineté directe et immédiate de la France, ils sont dans l’impossibilité de pouvoir en aucun cas revendiquer le bénéfice ou l’appui d’une autre nationalité : d’où il suit nécessairement que la qualité de Français pouvait seule désormais être la base et la règle de leur condition civile et sociale »[183].

Décret impérial du 21 avril 1866[modifier | modifier le code]

À la suite du Sénatus-consulte du 14 juillet 1865 sur l'état des Personnes et la Naturalisation en Algérie inspiré par le saint-simonien Ismaÿl Urbain, Napoléon III décrète que les trois millions d'indigènes musulmans, les 250 000 étrangers (justifiant de trois années de résidence en Algérie), ainsi que les 30 000 indigènes israélites peuvent demander à « jouir des droits de citoyen français » et à bénéficier de la « qualité de citoyen français »[183].

Décret Crémieux du 24 octobre 1870[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décret Crémieux.

Le 24 octobre 1870, le décret Crémieux est promulgué attribuant la citoyenneté française aux 37 000 Juifs d'Algérie, tout en leur retirant d'office leur statut civil religieux particulier, et les soumet au service militaire généralisé comme tous les autres citoyens français. Les « indigènes musulmans » sont astreints pour leur part à un service militaire de deux ans c'est-à-dire d'une durée plus longue et pour un solde moindre[184]

Les « lobbies » colonialistes n'eurent de cesse de demander l'abrogation du décret Crémieux[réf. nécessaire], jusqu'à ce qu'ils l'obtiennent enfin de Pétain en 1940. C'est eux qui se déclarèrent indignés de « l'inégalité ainsi créée entre Juifs et Arabes »[réf. nécessaire]. Et la meilleure preuve du caractère décolonisateur du décret Crémieux, c'est qu'il allait être invoqué, après la guerre de 1914-1918, par les patriotes algériens, comme l'émir Khaled el-Hassani ben el-Hachemi (petit-fils de l'émir Abd el-Kader), Messali Hadj, Ferhat Abbas et Ben Badis, pour obtenir l'égalité politique.

Ajoutons qu'à la même époque les leaders des citoyens français juifs, comme les professeurs Henri Aboulker et Raymond Bénichou, ainsi que le docteur Loufrani allaient revendiquer l'égalité de vote pour les indigènes musulmans, et créer, à cet effet, l'association des Croyants monothéistes, avec le cheikh El-Okbi des oulémas algériens, et d'autres Algériens chrétiens, juifs ou musulmans.

Code de l'indigénat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Indigénat.
Départ d'une caravane à Biskra (1860~1890)

Le Code de l'indigénat instauré par la loi française du 28 juin 1881 était une sorte de code pénal destiné aux musulmans. Il s'inspirait du régime militaire issu de la conquête et comportait une série de dispositions sévères dont une autorisation de voyages pour les musulmans. Il n'avait rien à voir avec la citoyenneté, celle-ci étant définie par le Sénatus-consulte de 1865[185].

À partir de 1881, surtout en Kabylie, le Code de l'indigénat imposera une arabisation forcée des patronymes aux populations locales qui jusqu'à cette époque portaient encore pour certains des noms à consonance latine[réf. nécessaire]. Les noms patronymiques des Algériens d’aujourd’hui ne sont donc pas ceux de leurs ancêtres dans une proportion de plus des trois-quarts[186].

Le Code était assorti de toutes sortes d'interdictions dont les délits étaient passibles d'emprisonnement ou de déportation. Après la loi du 7 mai 1946 (loi Lamine Gueye) abolissant le Code de l'indigénat, les autochtones (Nouvelle-Calédonie, Madagascar, Algérie, etc.) purent à nouveau circuler librement, de jour comme de nuit, et récupérer le droit de résider où ils voulaient et de travailler librement[187].

Loi du 23 mars 1882[modifier | modifier le code]

Elle crée l'état civil algérien, après plusieurs tentatives infructueuses (en 1854 et 1873).

Statut des Juifs (1940-1943)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Statut des Juifs.

Situation au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Maison d'un juge Arabe (cadi), ou chef de tribu (caïd) à Mostaganem (1860~1890)
Visite de touristes américains à Alger en 1936. « Alger, ville de contrastes ! Le quartier moderne français. Nous avons vu d'étranges sites dans les vieux quartiers arabes. »

La France a fait venir des colons pour exploiter les terres afin de lancer la machine économique de l’empire français et d’envoyer outre Méditerranée des éléments sociaux potentiellement dangereux pour l’ordre social[188],[189]. Les indigènes de culture musulmane ou issus de cette culture étaient sous le régime de l’indigénat et pouvaient en théorie accéder à la citoyenneté française en renonçant à leurs traditions. Patrick Weil, directeur de recherches au CNRS, note toutefois que le musulman algérien, originaire d’un département français, était juridiquement inférieur à un étranger dans la mesure où il était soumis à une procédure beaucoup plus complexe pour obtenir le statut de citoyen français[190].

Souvent répartis dans des zones pauvres, nombreux sont ceux qui sont devenus ouvriers agricoles dans de grandes exploitations créées par les colons dans des zones gagnées sur les marécages autour de la région de Bône ou dans l’algérois et en Oranie. En marge de la société, ils avaient rarement accès à l’enseignement. Leur culture et leurs langues étaient opprimées, les écoles indigènes ont été supprimées au profit d’écoles françaises en nombre très insuffisant. En 1929, 6 % seulement des enfants « indigènes » allaient à l’école primaire.

Les colons et certains immigrés français purent dominer la société algérienne et imposer leur langue qui devint quasi exclusive dans l’administration, l’enseignement et l’affichage. Selon le géographe Yves Lacoste, « en Algérie ont été soigneusement oubliés non seulement les principes de laïcité de la IIIe République, mais surtout les lois sur l’instruction primaire obligatoire qui, dans l’intérêt même de la colonisation, auraient été des plus utiles pour essayer de franciser la population « indigène ». L’application de ces lois se heurta non pas au refus des musulmans, mais à celui des « pieds-noirs », les citoyens français d’Algérie (venus pour une grande part d’Espagne et d’Italie) qui, jusqu’aux années 1950 et en fait jusqu’à la guerre d’Algérie, s’opposèrent par tous les moyens à l’ouverture d’écoles pour les « Arabes ». Le but d’une telle obstruction, proclamé sans vergogne dans la presse, était que les musulmans n’apprennent pas le français, qu’ils ne puissent pas lire de livres qui leur donneraient des idées subversives, et aussi qu’ils ne puissent pas prétendre à des fonctions que les Français entendaient se réserver[189]. L'administration coloniale a supprimé toutes les écoles indigènes pour les remplacer par des écoles françaises en nombre insuffisant.

Durant l'entre deux guerres, le gouverneur général Charles Jonnart crée plusieurs réformes, en faveur des algériens musulmans, qui sont adoptées sous la loi du 4 février 1919, aussi appelée « loi Jonnart ».

En 1930, le gouvernement colonial célébra avec faste le Centenaire de l’« Algérie française ». Bien que la France disposait d’écoles, et de services publics efficaces, la majorité des Algériens étaient pratiquement dépourvus de toutes garanties sociales ou juridiques et constituaient une population presque sans droits[191],[192].

En 1936, le projet de loi Blum-Viollette, pour l'octroi de droits politiques à certains musulmans, est présenté mais il sera refusé à l'unanimité lors du congrès d'Alger du 14 janvier 1937.

Justices[modifier | modifier le code]

La Mosquée Ketchaoua d'Alger, devenue Cathédrale Saint-Philippe durant la colonisation (v. 1899).
Tribunal arabe d'Alger, circa 1860~1890.

Il n'y a pas un système judiciaire en Algérie française mais trois systèmes indépendants qui coexistent et sont pertinents en fonction de la religion des intéressés.

Justice entre Européens[modifier | modifier le code]

Article connexe : Code Napoléon.

En 1835, la justice entre Européens est administrée à Alger par une cour de justice, un tribunal de police correctionnelle et une justice de paix. Les affaires criminelles entre Français sont instruites par la cour de justice mais les prévenus sont renvoyés en France pour y être jugé.

Tribunaux musulmans[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Charia et Cadi.

Les tribunaux musulmans continuent de juger d'après le Coran -comme au temps de la régence d'Alger- les procès des Maures et des Arabes entre eux.

Tribunal israélite[modifier | modifier le code]

Article connexe : Loi de Moïse.

Il connait en dernier ressort des causes entre Juifs, tant au civil qu'au criminel ; il est composé de quatre membres.

La transportation en Algérie[modifier | modifier le code]

L'Algérie et la Guyane constituent des terres d'accueil pour les « déportés » ou « transportés » français, du XIXe siècle au XXe siècle. Il s'agit souvent d'exilés politiques : c'est le cas de milliers d'opposants à Napoléon III[12]. La casbah de Bône reçoit les « transportés » des journées révolutionnaires de 1848[12].

Population et société[modifier | modifier le code]

En 1832 les Français, catholiques, convertirent la Mosquée Ketchaoua en Cathédrale Saint-Philippe d'Alger. Elle redevint une mosquée après le départ des Français d'Algérie en 1962.
Mendiants devant la mosquée Sidi Abderrahmane à Alger, c. 1899

Composition[modifier | modifier le code]

Indigènes : musulmans et israélites[modifier | modifier le code]

Musulmans
Articles connexes : Berbères, Arabes et Maures.
Costumes traditionnels algériens au XIXe siècle

En 1830, la population de l'Algérie vivait essentiellement en tribus pratiquant l'agriculture et l’élevage. La langue, le mode de vie, les traditions variaient suivant les régions[193].

La population algérienne musulmane du XIXe siècle est hétérogène. Les Français distinguent trois principales ethnies qu'ils nomment « types Algériens », les Kabyles (terme donné aux Berbères montagnardes), les Arabes (terme donné aux populations arabo-nomades) et les Maures (terme donné aux citadins de tradition arabo-andalou)Mœurs et caractères, p. 250.[réf. à confirmer]. Les minorités ethniques sont distinctes et comprennent les Mozabites(groupe religieux musulman berbérophone).

Israélites

La quatrième principale ethnie indigène est celle des Juifs (ou Israélites)[réf. nécessaire].

Européens : Français et étrangers[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pieds-Noirs.

Ce que les médias, parlementaires et l'État civil[194] français nomment les « européens » est la partie de la population algérienne composée des « Français de France » (ou « Français de souche ») et des « Français d'Algérie » ; ces derniers revendiquant l'appellation de « Pieds-Noirs » (à l'origine incertaine et la définition imprécise) après l'exode depuis leur terre natale et ancestrale en 1962.

Français
Quatre enfants sur un chariot tiré par deux ânes communs, circa 1905
Étrangers

L'origine des « étrangers » en Algérie est majoritairement espagnole mais est plus globalement européenne (Allemagne, Suisse et Angleterre) et méditerranéenne (outre Espagne, Italie et Malte alors occupée par les Britanniques).

Démographie[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Dans son Atlas National Illustré (Région du Sud, no 87), l'ingénieur géographe Victor Levasseur publie les statistiques sur la population de l'« Algérie, colonie française ». « La Population Totale de l'Algérie peut-être évaluée à 5 millions d'habitants. Voici d'après les recherches officielles mais très incomplètes le chiffre de la Population au 31 mars 1849 : »[195]

La population totale est divisée en deux parties distinctes :

  • La « Population Indigène » (2 598 517 habitants), qui incluent les musulmans et les israélites
  • Les « Européens » (117 366 habitants), qui incluent les Français et les étrangers dont le tableau ci-dessous donne la répartition précise :
Européens (1849) dont : Français Espagnols Italiens Allemands Suisses Anglo-Maltais Anglais
117 366
54 958 35 222 8 115 6 040 3 237 8 908 882

Le Dr Pierre Goinard donne les chiffres suivants pour la population européenne et israélite en 1886[196] :

Européens et Israélites (1886) dont : Français de souche Israélites Espagnols Italiens Maltais Autres
480 000
220 000 43 000 142 000 44 133 15 333 15 000

Après l'application du double droit du sol (jus soli) de la loi de 1889, beaucoup d'étrangers dont les ancêtres sont présents depuis deux générations reçoivent la citoyenneté française. Au recensement de 1891, il y a ainsi 267 672 Français contre 215 793 étrangers et en 1896, 331 137 contre 211 580[197].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Durant le XXe siècle, l'estimation précise de la population est inconnue selon l'INSEE (La statistique coloniale en Algérie (1830-1962)).

Au cours du XXe siècle, Alger devient la deuxième ville française pour ce qui est du nombre d'habitants.[réf. nécessaire]

Population non musulmane en 1954, juste avant les événements, par Départements:

Blanc : 0 à 2 % → Départements de Oasis, Saoura, Batna et Tizi-Ouzou
Bleu clair : de 2 à 5 % → Départements de Sétif, Medea et Orléansville
Bleu : de 2 à 5 % → Départements de Constantine, Mostaganem, Tiaret, Saïda et Tlemcen
Bleu foncé : de 10 à 30 % → Département de Bône
Noir : + de 30 % → Départements de Oran et Alger

Langues[modifier | modifier le code]

À l'arrivée des Français, la langue employée par l'administration et le makhzen de la Régence d'Alger est l'arabe. Cependant, pour pérenniser leur domination les Français vont chercher à imposer la langue française, qui est de fait langue officielle de l'administration coloniale. Pour maintenir le contact avec la population, notamment dans la Mitidja, les Français vont réinstaurer la fonction d'agha al'arab, l'Agha des arabes, de l'administration de la Régence d'Alger. Les bureaux arabes et cet Agha des arabes seront placés sous la Direction des affaire arabes, dont les officiers doivent obligatoirement parler l'arabe qui est officiellement la langue de liaison avec les populations. Au fur et à mesure de l'avancée des Français, il y eut nécessité d'établir les mêmes contact avec les populations berbérophones.

En 1842, il est décidé d'établir un dictionnaire francais-berbère pour permettre aux officiers de communiquer dans ces régions. La doctrine coloniale dès la fin du XIXe siècle reposait sur l'association et l'assimilation culturelle, essayant d'imposer l'enseignement de la langue française au détriment de l'arabe. Cependant cette doctrine est globalement un échec dès le XIXe siècle et de fait, l'on préfère associer les population indigènes sans modifier leurs usages, plutôt que de les amener à une assimilation et donc plus tard à la citoyenneté française. Ceci explique le très faible nombre d'Algériens bénéficiant de la scolarisation, de la citoyenneté française et le réveil de l'enseignement de l'arabe au XXe siècle (notamment par le biais des oulémas algériens). Parallèlement, le XXe siècle voit un réveil identitaire autour du tamazight avec l’émergence du berbérisme en réponse au mythe colonial sur la question berbère[198].

C'est durant la colonisation, notamment du fait de l’exode rural, que le ratio berberophone/arabophone alors favorable aux berbérophones (1,2 million de berbérophones et 1,1 million d'arabophones, en 1886) s'inverse au profit des arabophones[199].

Religions[modifier | modifier le code]

Intérieur de la mosquée de Sidi Boumediene à Tlemcen, c. 1860~1890.

De sa conquête en 1830 à la loi sur la laïcité en 1905, la religion officielle de l'Algérie française est le catholicisme. La loi de séparation des Églises et de l'État est proclamée par la Troisième République le 9 décembre 1905.

Les trois principales religions coexistantes en Algérie française sont l'islam, le catholicisme et judaïsme.

Islam en Algérie[modifier | modifier le code]

L'islam est la religion de la majorité des habitants. En Algérie française, le terme « musulman » ne désigne pas les pratiquants de l'islam, mais défini le statut « ethnico-politique » des « regnicoles » (originaires) non israélites du territoires[200].

Catholicisme en Algérie[modifier | modifier le code]

Basilique Notre-Dame d'Afrique construite de 1858 à 1872 par l'architecte Fromageau à Alger. Au-dessus de l'autel figure la mention : « AVE MARIA PRIEZ POUR NOUS ET POUR LES MUSULMANS », c. 1899

Le catholicisme est réintroduit au XIXe siècle par la conquête française de l'Algérie. Il est la religion majoritaire des colons européens et la religion d'État en France jusqu'en 1905.

Missionnaires du Sahara[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Pères blancs.

En 1867, le père Charles Martial Lavigerie devient archevêque d'Alger. L'année suivante il fonde la société des missionnaires d'Afrique et entreprend une entreprise d'évangélisation des indigènes. La Préfecture apostolique du Sahara et du Soudan est créée la même année 1868, elle change de nom en 1891 pour devenir le Vicariat apostolique du Sahara.

Ermitage du Sahara (1901-1916)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Charles de Foucauld.
Ermitage de Charles de Foucauld dans le Hoggar. 2006.
Statue du cardinal Lavigerie à Alger, 2004.

En 1901, le Père de Foucauld, militaire alsacien, quitte sa communauté pour vivre en ermite à Béni-Abbés, une oasis située sur la rive gauche de la Saoura au sud de l'Oranie dans le Sahara occidental. En 1910 il construit un ermitage sur le plateau de l'Asskrem à 2 780 m, dans le Hoggar (situé à 80 km de Tamanrasset) et y vit en étudiant la culture traditionnelle et le langage des touaregs jusqu'au 1er décembre 1916 où il est assassiné à sa porte par des maraudeurs liés au bédouin Sanūsiyya, il a alors 58 ans. Sa vie et ses écrits inspirent une nouvelle congrégation catholique, les Petits Frères de Jésus[201], qui prend racine à la daïra d'El Abiodh Sidi Cheikh et est formée en 1933 par cinq séminaristes français assistés de Louis Massignon. Le 13 novembre 2005, Charles de Foucauld est béatifié par le pape Benoît XVI.

Judaïsme en Algérie[modifier | modifier le code]

Synagogue d'Oran, circa 1918

Le judaïsme est la religion de la minorité indigène israélite. Oran héberge la Grande synagogue.

Dhimmi[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Dhimmi.

Le statut de Dhimmi qui régit les indigènes israélites est maintenu en Algérie française jusqu'à son abolition définitive aux alentours de 1848.

Éducation[modifier | modifier le code]

École arabe d'Alger, circa 1856-1858

À la fin du XIXe siècle, Jules Ferry a rendu l'école laïque, obligatoire et gratuite en France. Depuis la réforme Berthouin en 1959, l’instruction est obligatoire de six à seize ans.

Médias[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médias d'Algérie française.

Journaux[modifier | modifier le code]

Le Nador, L'Écho d'Oran, le Tlémcénin, l'Écho de l'Atlas, Le Courrier d'Afrique, la France algérienne, l'Africain, l'Indépendant de Constantine[202].

Censure[modifier | modifier le code]

Article connexe : Censure en France.

La censure est présente en Algérie française en différentes époques.

Sports[modifier | modifier le code]

Le célèbre boxeur français Marcel Cerdan est natif de Sidi-bel-Abbès, en Algérie française. 1948

De célèbres sportifs voient le jour en Algérie française ; parmi eux les boxeur Marcel Cerdan (natif de Sidi-bel-Abbès), Robert Cohen, Alphonse Halimi, tous trois champions du monde, l'athlète Alain Mimoun (natif de El Telagh), le nageur Alfred Nakache, recordman du monde du 200 m papillon, en 1941, ainsi que le multiple vainqueur de rallye-raid et du Paris-Dakar, Pierre Lartigue.

Jours fériés[modifier | modifier le code]

Rapatriement et exode[modifier | modifier le code]

Européens (1962)
Articles détaillés : Exode des Pieds-Noirs et Pied-Noir.
Musulmans (1962)

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Les habitudes alimentaires des Pieds-Noirs auront retenu :

  • le couscous, devenu quasiment un « plat national » en France ;
  • la boisson Orangina, originaire de Boufarik ;
  • l'oranais, pâtisserie aux abricots ;
  • les vins d'Algérie (notamment celui de Médéa) ;
  • le Picon, boisson alcoolisée tirée d'un mélange d'oranges amères, de quinquina, inventée par Gaétan Picon, soldat gênois de l'armée française lors de la colonisation de 1830. Elle fut produite à Philippeville (aujourd'hui Skikda).

Voir également l'article Cuisine pied-noir et Cuisine algérienne.

L'Algérie dans l'art et la littérature[modifier | modifier le code]

Sculpture[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Remarque historiographique (1954-1962)[modifier | modifier le code]

« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement des hostilités le 1er novembre 1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Mourad Didouche et Mohamed Boudiaf. Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'hidi à droite.

Les archives officielles de la guerre d'Algérie ne sont encore que partiellement disponibles et accessibles aux chercheurs en France[203], et inaccessibles en Algérie[204]. La loi française du 15 juillet 2008 relative aux archives[205] a raccourci les délais de communication des archives publiques, y compris pour certaines archives classifiées « secret défense » communicables après un délai de 50 ans[206].

En 1954, l’Algérie compte huit millions d'autochtones et un million de « Français d'Algérie » (Pieds-Noirs et Juifs d'Algérie naturalisés). Elle est composée de quatre départements français.

À partir de 1954, le combat armé pour l’indépendance de l’Algérie se traduit par des exactions répétées contre les populations civiles qu'elles fussent d’origine musulmane, européenne ou juive. Il s'ensuit une guérilla, des maquis et des affrontements avec l’armée française, qui comprend également des unités de supplétifs « musulmans » appelés « Harkis ». Le FLN organise son combat sur deux fronts. Sur le plan interne, il met en place une résistance à travers sa branche armée l’ALN, tandis que sur le front diplomatique, il chapeaute ses activités sous la bannière du GPRA, qui orchestre une campagne tous azimuts en vue de plaider la cause algérienne. Il réussit en 1958 à introduire pour la première fois dans l’agenda des Nations unies la question algérienne, ce qui représenta un franc succès pour la diplomatie algérienne. Ce conflit fut inscrit dans le cadre du processus de décolonisation qui se déroule après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la France, cela concerne entre autres l’Indochine française, Madagascar, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Afrique-Équatoriale française et l’Afrique-Occidentale française. Le cas de l’Algérie se différencie des autres en ce sens qu’elle appartenait officiellement au territoire français, avec un million de citoyens dits « du Premier Collège » (les « Pieds-Noirs), dont certains, les Juifs d'Algérie et de huit millions de citoyens du Deuxième Collège (dit les musulmans), avant l'arrivée du général de Gaulle. Ce dernier négociera directement avec les chefs du FLN lors des Accords d'Évian et organisera le référendum pour l'indépendance de l'Algérie. Cette fois-ci les algériens voteront pour l'indépendance de l'Algérie tandis que la consigne de boycott du scrutin était bien appliquée par les Algériens d'origine européenne.

Le bilan de la guerre d’Algérie[207] fait état de 25 000 tués chez les soldats français et 2 000 morts de la légion étrangère, quelque quatre milliers de disparus, et 1 300 soldats morts des suites de leurs blessures. Environ 450 000 Algériens sont morts durant le conflit (le FLN donne le chiffre de 1,5 million de morts), mais c’est sans compter les 8 000 villages incendiés, un million d’hectares de forêts incendiés avec le napalm, 2,1 millions de musulmans déplacés dans des camps de regroupement et les dizaines de milliers de harkis massacrés, après le 19 mars par les « révolutionnaires » algériens. C'est sans compter les 2 300 Pieds-Noirs enlevés et jamais retrouvés, les victimes civiles de toutes confessions du FLN et les purges entre les mouvements nationalistes, la torture pendant la guerre d'Algérie ou les exactions des fellaghas qui ont laissé de profonds traumatismes.

Les événements de la guerre d'Algérie, la déclaration d'indépendance — qui déclenche la décolonisation —, le climat de violence générale qui régnait dans les derniers mois de la guerre[208] ou encore des événements traumatisants comme la fusillade de la rue d'Isly, les 2 300 Pieds-Noirs enlevés par le FLN, et le massacre des Harkis, le massacre d'Oran[209] amèneront la plupart des Pieds-Noirs à quitter le pays : sur un million environ[210], cent cinquante mille partent avant 1962, six cent cinquante et un mille au cours de cette année. L'histoire des deux-cent mille pieds noirs encore présents en 1963 reste à écrire, selon l'historien Benjamin Stora[211].

Autres faits importants du conflit (1954-1962)[modifier | modifier le code]

Président Charles de Gaulle en 1961.

Le terme de Révolution algérienne est utilisé en Algérie pour désigner ce que la France appelle la Guerre d'Algérie (et appelait officiellement événements d'Algérie jusqu'en 1999). Ensuite, un vaste mouvement de révoltes s'enchaîne au fil des ans dans le territoire.

  • Lors du XXe siècle, 75 % des Algériens n'étaient pas scolarisés. La majorité de la population était au chômage. L'Algérien était « sujet de la France » et non un « citoyen français »[212].
  • L'action armée va venir du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA) (Mohamed Boudiaf, Mostefa Ben Boulaïd, etc). Le déclenchement de la révolution algérienne a été décidé dans la Casbah d'Alger et à Batna sous la présidence du Batnéen Mostefa Ben Boulaïd dans la réunion des 22 cadres du CRUA[213],[214]. Le CRUA se transformera en Front de libération nationale (FLN).
  • Les six chefs du FLN qui ont dirigé le soulèvement, le 1er novembre 1954, sont: Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Mourad Didouche, Mohamed Boudiaf, Krim Belkacem et Larbi Ben M'hidi.
  • La Déclaration du 1er novembre 1954 est émise par radio depuis Tunis.
  • Dans la nuit du 1er novembre 1954, la caserne de la ville de Batna est attaquée par des activistes du FLN. Cette nuit sera appelée par les historiens français (Toussaint rouge). Un caïd et deux enseignants français sont assassinés sur la route de Biskra et Arris. Des attentats sont enregistrés dans les trois districts: Batna, Biskra, Khenchela et le reste du pays.
  • François Mitterrand, ministre de l'Intérieur, déclare: « l'Algérie, c'est la France ! ». Il ordonne les opérations de ratissage dans les Aurès. Au départ, il y avait 500 hommes de l'Armée de libération nationale (ALN). Après quelques mois, ils seront plus de 15 000 hommes à défier l'autorité française[212].
  • 100 000 soldats français sont affectés dans les Aurès. Plus tard, ils seront plus de 400 000 en Algérie. Le général Cherriere donne l'ordre de faire le ratissage des Aurès. Il croit gagner, mais il va subir une grosse défaite[212].
  • Le massacre de Skikda (ex Philippeville) voit la mort d'une centaine de manifestants algériens, le 20 au 26 du mois d'août 1955.
  • 1955 : l'affaire algérienne est inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée générale de l'ONU.
  • Mostefa Ben Boulaïd, et Zighoud Youcef sont abattus. Plusieurs chefs sont emprisonnés[212].
  • Des intellectuels français vont aider le FLN[212]. Maurice Audin est torturé et tué par les services français[215].
  • Frantz Fanon s'engage auprès de la résistance algérienne et a des contacts avec certains officiers de l'ALN et avec la direction politique du FLN, Abane Ramdane et Benyoucef Benkhedda en particulier. Il donne sa démission de médecin-chef de l'hôpital de Blida-Joinville en novembre 1956 au gouverneur Robert Lacoste, puis est expulsé d'Algérie en janvier 1957.
  • Après la condamnation de Larbi Ben M'hidi et après le déroulement du Congrès de La Soummam, Le FLN intègre les dirigeants du mouvement national algérien (MNA). Plusieurs partis algériens adhèrent à la cause du FLN.
  • Le FLN et l'Armée française tiennent le même langage (« Ceux qui ne sont pas avec nous, sont contre nous »[212].
  • La guerre éclate entre les chefs kabyles (Krim Belkacem, Ouamrane, etc.) et les chefs chaouis et aussi entre les chefs chaouis des Aurès et les chefs chaouis de Nemencha[216]. Abdelhai et Abbès Leghrour seront condamnés à mort par les partisans du Congrès de La Soummam et le Comité de coordination et d'exécution (CCE). Il y a aura aussi un conflit entre les hommes du Sud algérien et les dirigeants kabyles[212].
  • La Tunisie va être le théâtre d'affrontements entre les différents chefs. Le président Bourguiba devait intervenir pour pacifier les choses. Les Aurès, le Constantinois, l'Ouest de l'Algérie, la Kabylie, etc., seront les zones les plus cruciales de la révolution compte tenu de l'importance stratégique et logistique de chaque région. Le Maroc aussi va jouer un rôle important dans l'histoire de la guerre d'Algérie, notamment lors du passage des armes et des réunions du FLN et l'hébergement des troupes militaires algériennes. Les deux pays(le Maroc et la Tunisie) sont sous protectorat français. Ils hébergeront les deux armées de l'ALN aux frontières et plusieurs chefs du FLN comme Ferhat Abbas contesteront leurs rôles.
  • L'armée française construit la ligne Morice appelée aussi « le barrage de la mort », composée de trois rangs de barbelés de 320 km de long, 7 000 volts, un poste de contrôle chaque 15 km, des milliers de mine terrestre, etc., pour empêcher le passage des armes dans les Aurès et dans tout l'est de l'Algérie. Mais les éléments de l'ALN vont déjouer toute la stratégie militaire française[réf. nécessaire].
  • Certaines villes (population algérienne) seront sous le contrôle de l'Armée de libération algérienne. La bataille d'Alger fera la une de la presse internationale et interne. Le conflit est porté jusqu'à L'ONU. Plusieurs grèves et manifestations sont organisées par le FLN dans les villes.
  • Le colonel Amirouche Aït Hamouda fera un massacre dans les Aurès en voulant intervenir pour l'unification des zones des Aurès[217]. L'Aurès fut le lieu de passage des armes vers l'intérieur du pays. Le colonel Amirouche Aït Hamouda réussira à faire passer les armes, qui provenaient d'Égypte en passant par les frontières de Tunisie et de l'Algérie. Il franchira les Aurès pour rejoindre la Kabylie. Une vingtaine de chaouis vont être du voyage, mais à la fin, ils abandonneront les troupes du colonel Amirouche pour revenir aux Aurès. Krim Belkacem voulait contrôler la région des Aurès pour établir l'union des forces. Et les hommes de Ben Bella et de Abdelhafid Boussouf, eux aussi désiraient avoir le pied dans les Aurès.
  • Au même moment, la France connaîtra une crise interne (chute de plusieurs gouvernements) jusqu'à l'arrivée au pouvoir du général Charles de Gaulle, à cause de la situation en Algérie. Les ultras européens veulent garder l'Algérie française. Mai 1958 verra, à la suite de l'exécution de trois prisonniers par le FLN, un putsch populaire des Européens d'Alger, fortement appuyé par des « gaullistes » et des membres de l'armée, en réaction à l'incapacité du gouvernement français à terminer les « Opérations ». La prise du Gouvernement Général par les manifestants sera suivie des journées de fraternisation entre civils européens et « Français musulmans » dans les villes algériennes.
  • L'Armée française décide de créer les zones interdites sous contrôle des SAS (sections administratives spécialisées) et entame une lutte contre les Djounoudes (maquisards) au sein de la population locale, dans les villes, dans les villages, dans les douars et sur tous les territoires de l'Algérie sensibles au FLN. Les SAS ont pour rôle de « manier la carotte et le bâton » [réf. nécessaire] puisqu'ils servent aussi la population en servant souvent de médecins et parfois de maitres d'école. Les bombardements massifs, les tueries, les massacres, la torture, les viols, etc., tous les crimes (torture pendant la guerre d'Algérie) ont été employés dans cette guerre.
  • Plusieurs attentats seront organisés par l'ALN dans les villes et les villages, dans les zones interdites et dans les zones montagneuses des Aurès.
  • Le CCE (Comité de coordination et d'exécution) s'agrandit et décide de garder le cap sur les objectifs militaires, ainsi que la primauté de l'intérieur par rapport à l'extérieur. Une grave crise se développe entre les membres du Comité de coordination et d'exécution.
  • Selon Yves Courrière, Abane Ramdane s'opposera sévèrement aux militaires. Il choisira de prendre le maquis et désignera un homme de l'Aurès, Hadj Ali, pour renverser le CCE à Tunis. Mais, Abane Ramdane sera condamné à la prison au Maroc par le CCE. Plus tard, il sera tué au Maroc, mais les sources de FLN diront qu'il aurait été tué lors d'un accrochage contre l'Armée française.
  • Le général Charles de Gaulle à la tête du pouvoir français engage une lutte contre les éléments de l'armée de libération nationale algérienne et apporte les réformes tant attendues pour donner tous les droits aux Algériens.
  • Albert Camus, natif d'Algérie, fut un défenseur des droits Algériens[218].
  • L'Armée française élimine presque tous les réseaux de l'Armée de libération nationale en Kabylie et dans quelques régions sensibles dans l'opération « Jumelles ». Les colonels Amirouche Aït Hamouda et Si El Haouès sont tués lors d'un accrochage avec les éléments de l'Armée française. Le FLN appelle les éléments de son armée à tenir jusqu'au bout.
  • Dès 1956, Jean-Paul Sartre et la revue Les Temps modernes prennent parti contre l'idée d'une Algérie française et soutiennent le désir d'indépendance du peuple algérien. Sartre s'élève contre la torture[219], revendique la liberté pour les peuples de décider de leur sort, analyse la violence comme une gangrène, produit du colonialisme[220]. En 1960, Lors du procès des réseaux de soutien au FLN, il se déclare « porteur de valises »[221] du FLN[222]. Cette prise de position n'est pas sans danger, son appartement sera plastiqué deux fois par l'OAS et Les Temps modernes saisis cinq fois.
Délégation des principaux dirigeants du FLN (de gauche à droite: Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation à la suite du détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).
14 décembre 2012 à Djdiouia, ex Saint Aimé (Algérie) : cinquante ans après l’indépendance de l'Algérie, des graffitis muraux sont encore visibles du slogan pied noir : « Vive l'Algérie française ». Ces inscriptions datent des dernières années de présence française en Algérie.
  • La Délégation des principaux dirigeants du FLN (Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella)) est arrêtée à la suite du détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).
  • En 1959, Messali Hadj sort de prison. Il est assigné à résidence surveillée en France[223].
  • Les Algériens en France organisent des attentats et des manifestations en France en faveur du FLN.
  • 1960, la Semaine des barricades à Alger fait 22 morts algériens et des centaines de prisonniers.
  • Le général de Gaulle annonce la tenue du référendum pour l'indépendance de l'Algérie. Les Algériens sont invités à se prononcer.
  • Certains généraux français se rebellent contre l'autorité du général de Gaulle (le putsch d'Alger (1958) et putsch des généraux). Le général de Gaulle reprend en main le destin de la France, annonce la tenue de référendum et invite le FLN à faire la « paix des braves ». Au même moment, le Gouvernement provisoire de la République algérienne est proclamé. Ferhat Abbas décline l'invitation française.
  • Le colonel Houari Boumédiène est alors le chef de Armée de libération nationale.
  • 1960 : l'ONU annonce le droit à l'autodétermination du peuple algérien.
  • La France organise des pourparlers avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne. Plusieurs réunions à l'extérieur du pays vont aboutir aux accords d'Évian. Le colonel Houari Boumédiène refuse que les pieds-noirs restent en Algérie.
  • Le 17 octobre 1961 débute la « nuit noire » à Paris, appelée aussi la bataille de Paris (Massacre du 17 octobre 1961). Plusieurs Algériens sont tués en métropole lors d'une manifestation du FLN. Il y aura aussi des milliers d'arrestations au sein des Algériens pendant cette nuit. Ce fait survient à la suite de l'instauration du couvre-feu à Paris pour les Algériens à la suite de l'assassinat de 21 policiers français par le FLN.
  • À Alger, le peuple algérien sort dans les rues pour manifester sa joie à l'indépendance. Il y aura plusieurs morts et blessés par la police française[212].
  • Le 26 mars 1962, l'OAS appelle les Algérois à manifester contre le régime, rue d'Isly et au plateau des Glières. Cette manifestation interdite est violemment réprimée (bilan allant de 46 morts -R. Branche en 2001[224]- à 61 morts « au moins » -G. Pervillé en 2004[225]). L'armée a-t'elle riposté à des tirs de manifestants ? La question reste ouverte, et discutée[226]. Selon les journalistes de la radio nationale française (Inter Actualités, journal radio de 17 h, le 26 mars 1962), on dénombre 35 morts (une quarantaine selon d'autres) et 125 blessés[227].
  • L'Organisation armée secrète (OAS) organise des attentats contre les Algériens malgré l'accord de cesser le feu et les résultats du référendum pour l'indépendance. L'indépendance de l'Algérie est proclamée après les résultats[228].
  • La grande bibliothèque d'Alger est complètement détruite par l'OAS[228].
  • 25 juin : Des activistes de l'OAS incendient les dépôts de mazout au port d'Oran. Selon les sources divergentes, de 10 à 30 millions de litres s'envolent en fumées très noires, et risquent de mettre le feu aux entrepôts environnants.
  • Des éléments de l'armée française restent en Algérie pour faciliter l'évacuation de 700 000 personnes, en majorité françaises, natives d'Algérie pour la plupart (Pieds-Noirs, Juifs…). Les Harkis sont abandonnés: leur rapatriement organisé hors de la hiérarchie est interdit, ceux qui en avaient bénéficié sont refoulés, leurs officiers sanctionnés (directive de Louis Joxe du 16 mai 1962)[229].

Le 5 juillet 1962, le FLN tue à Oran et dans ses environs 350 pieds noirs, sans que l'armée française n'intervienne. Les harkis non évacués (et leurs familles) subissent des exécutions et diverses exactions de la part du FLN.

  • Un million de réfugiés algériens reviennent en Algérie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Abécassis (dir.) et Gilbert Meynier (dir.), Pour une histoire franco-algérienne : Pour en finir avec les pressions officielles et les lobbies de mémoire, La Découverte,‎ 2008 (ISBN 9782707154545)
  • Charles-Robert Ageron, Les Algériens musulmans et la France : 1871-1919, Paris, Plon,‎ 1968, 1298 p.
  • Abderrahmane Bouchène (dir.), Jean-Pierre Peyroulou (dir.), Ouanassa Siari Tengour (dir.) et Sylvie Thénault (dir.) (préf. Gilbert Meynier et Tahar Khalfoune), Histoire de l'Algérie à la période coloniale : 1830-1962, Paris Alger, La Découverte-Éd. Barzakh, coll. « Cahiers Libres »,‎ 2012, 717 p. (ISBN 978-2-707-17326-3, OCLC 810121260).
  • Claude Collot, Les institutions de l'Algérie durant la période coloniale (1830-1962), Éditions du CNRS-Office des publications universitaires,‎ 1987 (ISBN 2222039576)
  • Marc Côte, L'Algérie ou l'espace retourné, Flammarion, coll. « Géographes »,‎ 1988, 362 p. (ISBN 9782082128018)
  • Jacques Frémaux, La France et l'Algérie en guerre : 1830-1870 – 1954-1962, Institut de stratégie comparée (Sorbonne)-Économica,‎ 2002 (ISBN 2717845666) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-François Guilhaume, Les mythes fondateurs de l'Algérie française, L'Harmattan,‎ 1992, 333 p.
  • Charles André Julien, Histoire de l’Algérie contemporaine : la conquête et les débuts de la colonisation (1827-1871), PUF,‎ 1964, 643 p.
  • Kamel Kateb, Européens, « indigènes » et Juifs en Algérie (1830-1962), Institut national d'études démographiques,‎ 2001 (ISBN 9782733201459) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Djamal Kharchi, Colonisation et politique d'assimilation en Algérie : 1830-1962, Casbah Éditions,‎ 2004 (réimpr. 2009), 574 p. (ISBN 9961644808)
  • Pierre Laffont, Histoire de la France en Algérie, Paris, Plon,‎ 1979, 547 p.
  • Guy Pervillé, La France en Algérie : 1830-1954, Paris, Vendémiaire,‎ 2012 (ISBN 2363580273 et 2707144665, OCLC 978-2363580276).
  • Guy Pervillé, Pour une histoire de la guerre d'Algérie, Paris, Éditions A. et J. Picard, coll. « Signes du temps »,‎ 2002 (ISBN 270840637X).
  • Hassan Remaoun (dir.), L'Algérie : histoire, société et culture, Alger, Casbah Éditions,‎ 2000 (ISBN 9961641892).
  • Benjamin Stora, Histoire de l'Algérie coloniale : 1830-1954, Paris, La Découverte, coll. « Repères » (no 102),‎ 2004 (ISBN 978-2-7071-4466-9, OCLC 839775585).
  • Jean-Claude Vatin, L'Algérie politique : histoire et société, Presses de Sciences Po, coll. « Académique »,‎ 1983, 394 p. (ISBN 978-2-7246-0477-1, présentation en ligne).

Articles[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Documents officiels[modifier | modifier le code]

Bibliothèque numérique consultable en ligne et libre de droit[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collectif, « Algérie », sur OLDJP, la Banque du blason 2 (consulté le 6 mars 2014).
  2. Raphaëlle Branche, « “Au temps de la France”. Identités collectives et situation coloniale en Algérie », Vingtième siècle : Revue d'histoire, Paris, Presses de Sciences Po, vol. I, no 117 « Historicités du 20e siècle : Coexistence et concurrence des temps »,‎ janvier-mars 2013, p. 199-213 (ISBN 9782724633337, OCLC 827075496, DOI 10.3917/vin.117.0199)
  3. a et b Lucienne Martini, « L'Algérie et les "Algériens" dans les lettres françaises avant 1962 », dans Racines de papier : Essai sur l'expression littéraire de l'identité pieds-noirs, Paris, Publisud,‎ 1997, 295 p. (ISBN 9782866007850, OCLC 37497081), p. 13 « Jusqu'en 1830, il est peu question de l'Algérie dans les lettres françaises. [...] Le pays a, jusque là, été désigné par les termes les plus divers : "Barbarie", "El Djezair", "Numidie", "Africa", "Ifrikya", "Royaume d'Alger". Le nouvel espace délimité par la conquête, Régence d'Alger sous les Turcs, s'est, d'abord, juridiquement appelé : "Etablissements français du Nord de l'Afrique" ou "Possessions françaises dans le Nord de l'Afrique". Une ordonnance de Louis- Philippe, le 1er décembre 1831, institue "Algérie" à partir du nom d'Alger [...] ; l'appellation ne sera couramment employée qu'en 1838. Dans une lettre du 14 octobre 1839 adressée au maréchal Vallée, gouverneur, le Général Schneider, Ministre, Secrétaire d'Etat de la guerre, demande que le terme d'Algérie, "déjà consacré par une application constante dans les documents aux chambres législatives et dans plusieurs discours du trône" soit définitivement "substitué aux dénominations précédemment en usage". »
  4. Belkacem Mebarki, « Le texte littéraire algérien : brisures d'un imaginaire », Synergies Algérie, Sylvains-les-Moulins, Groupe d'études et de recherches pour le français langue internationale (GERFLINT), no 13,‎ 2011, p. 13 (lire en ligne [PDF]) — Extrait de l'ordonnance royale de 1831 : « Le pays occupé par les Français dans le Nord de l’Afrique sera, à l’avenir, désigné sous le nom d’Algérie. En conséquence, les dénominations d’ancienne Régence d’Alger et de possessions françaises dans le Nord de l’Afrique cesseront d’être employées dans les actes et les correspondances officielles », au vu de ce que mentionne Pierre Montagnon dans Histoire de l'Algérie : Des origines à nos jours, Paris, Pygmalion,‎ 1998 (ISBN 9782857045427, OCLC 39376386), p. 157.
  5. Sylvie Thénault, Violence ordinaire dans l'Algérie coloniale : Camps, internements, assignations à résidence, Paris, Odile Jacob (réimpr. 2012) (1re éd. 2011), 381 p. (ISBN 9782738182036, OCLC 772498524, lire en ligne), p. 17. — Thénault situe l'officialisation du terme français « Algérie » à partir d'une décision de 1939 du ministre de la Guerre, faisant l'impasse sur l'ordonnance royale l'instituant près de huit ans plus tôt, citée par Martini (1997) et Mebarki (2011).
  6. Pierre Péan, Main Basse sur Alger : Enquête sur un pillage, juillet 1830, Paris, Plon (réimpr. 2005) (1re éd. 2004), 271 p. (ISBN 9782259193184, OCLC 470516666), p. ?
  7. Jean-Jacques Tur, Ombres et lumières de l'Algérie française, Paris, L'Harmattan,‎ 2012, 202 p. (ISBN 9782296969728, OCLC 794706568, lire en ligne), p. 13-14
  8. Bernard Droz et Évelyne Lever, Histoire de la guerre d'Algérie : 1954-1962, Paris, Seuil, coll. « Points histoire » (no 60) (réimpr. 1984, 1987, 1988, 1991 et 1995) (1re éd. 1982), 377 p. (OCLC 489724166), p. 11.
  9. a et b Kateb 2001, p. 50 (consulté le ?).
  10. a et b Mohamed Sahia Cherchari, « Indigènes et citoyens ou l’impossible universalisation du suffrage », Revue française de droit constitutionnel, Paris, Presses universitaires de France, vol. 4, no 60,‎ 2004, p. 741-770 (ISBN 9782130549451, DOI 10.3917/rfdc.060.0741, lire en ligne).
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  55. « Sa fureur fut telle lorsque le général Billotte lui apprit le débarquement, qu'il s'écria dit-on « J'espère bien que les gens de Vichy vont les refoutre à la mer. » »

    — Pierre Goinard, 1984, infra. p. 142

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  58. Le président Vincent Auriol remettra la croix de guerre à la ville en juin 1949 et le 28 février 1950, c'est au tour de la ville de Djidjelli de recevoir la croix de guerre avec étoile d'argent des mains du Gouverneur Général de l'Algérie, Marcel-Edmond Naegelen
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  70. Mémoires de Ferhat Abbas : …tels des chiens sauvages se sont jetés sur Albert Denier le secrétaire de la section communiste auquel un salaud sectionnera les mains à coups de hache. (cité page 55 de l'article de Charles Robert Ageron - Mai 1945 en Algérie. Enjeu de mémoire et histoire.
  71. Extrait du rapport Tubert, §1 : « …102 européens ont été assassinés, plusieurs femmes, dont une de 84 ans, ont été violées. Les cadavres, dans la plupart des cas, ont été affreusement mutilés, les parties sexuelles coupées et placées dans la bouche, les seins des femmes arrachés et les émeutiers s'acharnaient sur les cadavres pour les larder de coups de couteaux. ».
  72. Voir page 340 in A history of the Maghrib in the Islamic period, Jamil M. Abun-Nasr, Cambrigde University Press, 1987.
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  79. Benjamin Stora, Le Mystère De Gaulle, son choix pour l'Algérie, Robert Laffont (2009)
  80. Deux versions coexistent : les accords sont bien le fait de représentants du gouvernement français et de représentants du FLN, mais la version publiée côté algérien inscrit Gouvernement Provisoire de la République Algérienne à la place de Front de Libération Nationale. Voir dans le Journal officiel du 20 mars 1962, sur Légifrance.
  81. René Mayer Algérie, mémoire déracinée L'Harmattan 1999 : « On constate alors que le décret n° 62 - 315 du 20 mars 1962 a préalablement exclu du scrutin sur le référendum du 8 avril 1962 les citoyens français les plus directement concernés par son objet, à savoir ceux, européens ou musulmans, qui habitaient les départements d’Algérie. Le caractère conforme à la Constitution d’une telle disposition d’exception resterait à apprécier. »
  82. Reconnaissance solennelle de l'indépendance de l'Algérie par la France ; transfert de souveraineté entre la France et l'exécutif provisoire algérien
  83. Le GPRA, qui a refusé le 3 juillet la démission de l'exécutif provisoire, fixe la fête de l'indépendance au 5 juillet, jour du 132e anniversaire de la signature de l'accord de soumission par le Dey d'Alger au Comte de Bourmont
  84. Colonialisme/Algérie : Chatel tempère, article du Figaro via dépêche AFP, 10/02/2010.
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  86. lhumanite La Provence.
  87. Valeurs actuelles.
  88. Renvoyée à la commission de la défense nationale et des forces armées, à défaut de constitution d'une commission spéciale dans les délais prévus.
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  229. Guy Pervillé, Les conditions du départ d’Algérie, 1995, lire en ligne.