Jean-Louis Tixier-Vignancour

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Jean-Louis Tixier-Vignancour
Illustration.
Fonctions
Parlementaire français
Député 1936-1940
puis 1956-1958
Gouvernement IIIe République - IVe République
Groupe politique NI
Biographie
Date de naissance
à Paris VIIe
Date de décès
à Paris VIIe (à 81 ans)
Résidence Basses-Pyrénées

Jean-Louis Tixier-Vignancour (1907-1989) était un avocat et homme politique français nationaliste. Célèbre pour avoir défendu le général putschiste Raoul Salan et Louis-Ferdinand Céline, il fut candidat à l'élection présidentielle française de 1965, au cours de laquelle il avait Jean-Marie Le Pen comme directeur de campagne.

Il obtint le 1 260 208 voix, soit 5,2 % des suffrages, arrivant en quatrième position derrière Charles de Gaulle, François Mitterrand et Jean Lecanuet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le dans le 7e arrondissement de Paris, son nom de naissance, était « Jean Louis Gilbert Tixier », fils de Léon Tixier et d'Andrée Vignancour. Il est le petit-fils du député républicain Vignancour qui représenta l’arrondissement d’Orthez au début de la IIIe République. Il porta rapidement, dès son accession au barreau, le nom d'usage de « Tixier-Vignancour », et fut autorisé par décret en Conseil d’État, le , à faire modifier son nom patronymique pour le faire coïncider avec le nom d'usage.

Il a fait ses études au lycée Louis-le-Grand[1].

Il a épousé en premières noces dans le 6e arrondissement de Paris le Jeannine Auriol (née en 1915 et décédée en 1982), puis en secondes noces à Neuilly-sur-Seine le Jacqueline Lecronier.

Il a milité dans plusieurs organisations royalistes ou de droite extrême : il a été camelot du roi, membre des Volontaires nationaux liés aux Croix-de-feu puis du Parti populaire français[2].

Député des Basses-Pyrénées (devenues depuis Pyrénées-Atlantiques) de 1936 à 1940, il est secrétaire général adjoint à l’Information de l’État français du gouvernement de Vichy de 1940 à 1941.

Responsable de la radio et du cinéma et donc de la censure, il procède ainsi à l'interdiction de plusieurs films dont L'Équipage de Anatole Litvak et La Grande illusion de Jean Renoir, au motif d'« une incitation à la haine de l'Allemagne ». Maréchaliste, mais germanophobe, il quitte Vichy en 1941 pour la Tunisie, où il fut arrêté par les Allemands lors de l'occupation de la Tunisie par les troupes de l'Axe après le débarquement allié en Afrique du nord[réf. nécessaire].

Il fonde en 1953-54 un parti, le Rassemblement national. Son programme comportait la lutte contre le système de la IVe République, l'établissement d'un État national fort, dont seraient exclus les « hommes trop récemment entrés dans la communauté nationale pour se permettre de la diriger », la défense de l'Empire, et la construction d'une Europe des patries (manifeste du 31 mars 1954)[3]. Il occupe la fonction de secrétaire général.

Il est réélu député en 1956, seul élu de sa liste, et siège à l'Assemblée nationale pendant les deux dernières années de la IVe République. Il n'est inscrit à aucun groupe parlementaire et se présente comme candidat sur une « liste républicaine d'action sociale et paysanne ». Il vote les pleins pouvoirs à Charles de Gaulle[4].

Il défend, en 1962, bon nombre de responsables de l'Organisation armée secrète (OAS), parmi lesquels le général Raoul Salan, auquel il évite la condamnation à la peine capitale au terme d'une plaidoirie reconnue comme un grand moment de l'éloquence judiciaire.

En 1965, il est candidat de l'extrême droite à l'élection présidentielle face au général de Gaulle ; son directeur de campagne est Jean-Marie Le Pen. Reprochant vivement à de Gaulle l'« abandon » de l'Algérie, il appelle au second tour à voter pour François Mitterrand[5].

Il essuie un échec sévère aux élections législatives de mars 1967 à Toulon.

Suite aux événements de mai 1968, il se rallie au général de Gaulle puis appelle à voter pour Georges Pompidou à l’élection présidentielle de 1969 et encourage ses partisans à adhérer à l'UDR pour « droitiser la droite ».

Il veut être pendant quelques années le représentant de la partie la plus à droite de la majorité.

En juin 1979, il prend la tête de la liste Eurodroite, constituée en France par le Parti des forces nouvelles (PFN), aux premières élections européennes au suffrage universel.

Principales plaidoiries (affaires politiques)[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La France trahie, plaidoirie de Me Tixier-Vignancour dans l'Affaire des fuites, avec préface et extraits du procès. Paris : Amiot-Dumont, 1956. 199 pages. Pas d'ISBN.
  • Plaidoirie pour Salan. 2 disques 33 tours 30 cm. Coll. « Les Grands documents de l'Histoire », pas de nom d'éditeur ni de date.
  • J'ai choisi la défense. Paris, Éditions de la Table ronde, 1964, Livre préfacé par le bâtonnier Jacques Charpentier.
  • Des Républiques, des justices et des hommes : mémoires. Paris : Albin Michel, 1977. 410 pages. (ISBN 2-226-00382-7).
  • Le Contre-mal français. Paris : Albin Michel, 1977. 269 pages. (ISBN 2-226-00561-7).
  • Si j'avais défendu Dreyfus. Paris : Jean-Claude Simoën, coll. « Le Rouge et le noir », 1978. 182 pages. Pas d'ISBN.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Croix, Tixier-Vignancour, ombres et lumières... Saint-Ouen : Éditions du Vieux Saint-Ouen, coll. « Les Cahiers contemporains », 1965. 320 pages. Pas d'ISBN.
  • Jean Mabire, Histoire d'un Français, Tixier-Vignancour. Paris : Éditions de l'Esprit nouveau, sans date. 223 pages. Pas d'ISBN.
  • Louis-Ferdinand Céline, Lettres à Tixier : 44 lettres inédites à Me Tixier-Vignancour, texte établi et présenté par Frédéric Monnier. Paris : la Flûte de Pan, 1985. 143 pages. (ISBN 2-903267-23-5).
  • Joseph Valynseele et Denis Grando, À la découverte de leurs racines, seconde série, chapitre « Jean-Louis Tixier-Vignancour ». Paris : L'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux, octobre 1994. 236 pages. (ISBN 2-908003-03-1).

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Jean-Louis Tixier-Vignancour, J'ai choisi la défense. Paris, Éditions de la Table ronde, 1964, p.279
  2. Henry Coston, Partis, journaux et hommes politiques d'hier et d'aujourd'hui, Lectures françaises, 1960
  3. Henry Coston, ibid., p. 202
  4. Compte rendu intégral des débats de l'Assemblée nationale, Lundi 2 Juin 1958, 2ème séance, p. 2633 (p. 23 du PDF)
  5. Pierre Milza, L'Europe en chemise noire : Les extrêmes droites en Europe de 1945 à aujourd'hui, Éditions Flammarion,‎ 2004 [détail de l’édition], p. 134.