Tirailleurs sénégalais

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Tirailleurs Sénégalais pendant le conflit de 1914-1918.
Yora Comba, 38 ans, lieutenant aux tirailleurs sénégalais, originaire de Saint-Louis (exposition universelle de 1889).

Les tirailleurs sénégalais sont un corps de militaires appartenant à l'Armée coloniale constitué au sein de l'Empire colonial français en 1857, principal élément de la « Force noire »[1] et dissous au début des années 1960. Bien que le recrutement de tirailleurs ne se soit pas limité au Sénégal, c'est dans ce pays que s'est formé en 1857 le premier régiment de tirailleurs africains, ces unités d'infanterie désignant rapidement l'ensemble des soldats africains de couleur noire qui se battent sous le drapeau français et qui se différencient ainsi des unités d'Afrique du Nord, tels les tirailleurs algériens.

En 1895, ils participent à la conquête de Madagascar[2], de 1895 à 1905 ils sont utilisés à la pacification de ce pays

En 1914-1918 lors de la Première Guerre mondiale, ce sont environ 200 000 « Sénégalais » de l'AOF qui se battent dans les rangs français, dont plus de 135 000 en Europe. Environ 15 % d'entre deux, soit environ 30 000 soldats, y ont trouvé la mort (sur un total de 1 397 800 soldats français morts durant le conflit soit plus de 2% des pertes totales de l'armée française) et nombreux sont revenus blessés ou invalides[3].

En Afrique Française du Nord (AFN) et surtout au Maroc, des unités de l'armée coloniale, européennes ou africaines (12 bataillons), servaient dans le cadre de la « pacification ».

L'armée coloniale envoya en Métropole, dès le 17 septembre 1914, des unités de marche mixtes (Européens et Africains) à raison, pour chaque régiment mixte, d'un bataillon africain pour deux bataillons européens. Ces unités (régiments mixtes d'infanterie coloniale du Maroc - RMICM) renforcèrent en premier lieu la division marocaine et furent engagées au combat dès le 21 septembre à Noyon avec des résultats mitigés. Durant toute la guerre, les troupes levées en Afrique noire, transitèrent ainsi en AFN où, tout en participant activement à la « pacification », elles s'acclimataient et s'aguerrissaient avant de rejoindre les champs de bataille d'Europe ou d'Asie mineure (Dardanelles). Le général Charles Mangin[4], promoteur de La Force Noire, ouvrage qui fit sensation en 1910, retrouva ces troupes africaines sous ses ordres lors de la reprise du fort de Douaumont en 1916.

Entre 1939 et 1944, ils sont près de 140 000 Africains engagés par la France, près de 24 000 sont fait prisonniers ou morts au combat. Les tirailleurs sénégalais participent à Bir Hakeim, lors de la conquête de l'île d'Elbe en juin 1944 et lors de la prise de Toulon, après le débarquement de Provence en août 1944.

Les tirailleurs sénégalais sont toujours restés fidèles à l’Empire colonial français, et ont été engagés dans des conflits qui ont opposé la France à ses colonies : Indochine, Algérie, Madagascar ; Léopold Sédar Senghor les a surnommé les « Dogues noirs de l’Empire »[5]. Ils formaient un des rares corps d'armée étrangers qui ne fasse pas partie de la légion étrangère.

Les origines des tirailleurs[modifier | modifier le code]

Tirailleur d'origine bambara (Mali) (gravure de 1890)

En 1857, Louis Faidherbe, en manque d'effectifs venus de la métropole sur les nouveaux territoires d’Afrique, pour faire face aux besoins de maintien de l'ordre générés par la phase de colonisation, crée le corps des tirailleurs sénégalais. Le décret fut signé le 21 juillet 1857 à Plombières-les-Bains par Napoléon III. Jusqu'en 1905, ce corps intègre des esclaves rachetés à leurs maîtres locaux[6] (et lors d'opération militaires des tirailleurs s'approprieront comme prise de guerre des femmes elles-mêmes esclaves[7]), puis des prisonniers de guerre et même des volontaires ayant une grande diversité d'origines. Les sous-officiers sont, dans un premier temps, recrutés au sein des chefferies locales. Ils sont moins nombreux, proportionnellement que dans le reste de l'armée française (un officier pour 30 hommes chez les tirailleurs, les zouaves et les "régiments étrangers" contre un pour vingt dans le reste de l'armée [8]).

Les tirailleurs sénégalais ne sont pas nécessairement Sénégalais, ils sont recrutés dans toute l'Afrique noire aussi bien en Afrique de l'Est qu'en Afrique centrale et occidentale. Le terme "sénégalais" leur est donné du fait que le premier régiment de tirailleurs a été créé au Sénégal.

Certains Sénégalais, nés Français dans les quatre communes françaises de plein exercice du Sénégal, ne sont pas considérés comme tirailleurs mais, du fait de l'existence du droit musulman, dont la pratique de la polygamie, l'administration limita, dans un premier temps, les droits de ces citoyens particuliers. C'est durant la Grande Guerre, sous l'impulsion du député Blaise Diagne que les ressortissants des 4 communes (Dakar, Gorée, Rufisque et Saint-Louis) sont considérés comme citoyens à part entière[9] et dès lors intégrés dans les régiments métropolitains plutôt que dans ceux de tirailleurs sénégalais[10].

Jusqu'en juillet 1900, quand fut créé le ministère des Colonies, les troupes africaines dépendaient des troupes de la marine (artillerie, infanterie, corps des télégraphistes et des travailleurs) de ministère de la Marine. À cette date, les troupes de la marine devinrent les troupes coloniales ressortissant du ministère de la Guerre (comprendre : l'armée de Terre), dont certains éléments étaient détachés au ministère des Colonies (bureau des Services Militaires) pour servir aux colonies et encadrer les troupes indigènes. Notons qu'à cette époque il existait au sein du ministère de la Guerre deux ensembles distincts : - les troupes métropolitaines comprenant l'armée d'Afrique et ses corps indigènes spécifiques (tirailleurs algériens, tunisiens, marocains, goums, spahis, etc.) - les troupes coloniales servant principalement dans les colonies et autres possessions ou dépendances ultramarines mais dont des unités étaient également stationnées en Métropole et en Afrique française du nord[11]. Dans la terminologie militaire, au sein des troupes de la marine, les fantassins ont le sobriquet de "marsouins", les artilleurs, celui de "bigors" (avec leurs canons, ils s'accrochent aux rochers, tels des bigorneaux...).

Entre 1908 et 1914, les tirailleurs sénégalais sont engagés dans la campagne du Maroc et au Maghreb, conformément au projet de Charles Mangin qui est, selon la « manœuvre du perroquet »[12], de soulager le 19e corps d'armée qui peut dès lors être envoyé au front de l'Ouest[13].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Tirailleurs sénégalais au camp de Mailly, Félix Vallotton, 1917
Carré musulman de la nécropole nationale d'Amiens (Saint-Acheul).
Au premier plan, tombe d'un soldat du 45e RTS tombé pendant la Bataille de la Somme

De nombreux Africains sont morts sur les champs de bataille français de la Première Guerre mondiale. Jacques Chirac, en tant que président de la république française, dans son discours pour le 90e anniversaire de la bataille de Verdun, a évoqué 72 000 combattants de l’ex-Empire français morts entre 1914 et 1918, « fantassins marocains, tirailleurs, d’Indochine (Cochinchine, tirailleurs annamites), marsouins d’infanterie de marine »

En 1910, le colonel Mangin dans son livre « La force noire » décrit sa conception de l’armée coloniale, alors même que Jean Jaurès publie de son côté « L’armée nouvelle » où s’exprime le besoin de chercher ailleurs des soldats que les Français ne pouvaient fournir en suffisance en raison d’une baisse de la natalité.

Difficultés de recrutement[modifier | modifier le code]

Le recrutement est fondé sur le décret du 7 février 1912 qui institue le recrutement par voie de réquisition (l'état-civil étant inexistant, il est impossible de précéder par voie de conscription). Il est prévu dans les textes que les « indigènes de race noire du groupe de l'Afrique-Occidentale française peuvent en toutes circonstances être désignés pour continuer leur service en dehors du territoire de la colonie » et précise que « la durée du service actif est de quatre ans »[14].

Si l'administration coloniale a rapidement proposé plusieurs milliers d’hommes volontaires ou recrutés avec des méthodes proches de celles des siècles précédents hérités de la culture arabo-musulmane (certains auteurs comparent ces méthodes à des "rapts" comme au temps de la traite négrière)[15], des stratégies d'évitement (envoi de malades, d'estropiés, certaines commissions de recrutement ayant jusqu'à 80 % d'inaptes) puis des révoltes contre l’enrôlement ont éclaté loin des grandes villes d’Afrique, dont la première chez les Bambaras du Mali, près de Bamako,qui a duré environ 6 mois, du printemps à novembre 1915, annonçant d’autres révoltes plus importantes. Certaines sont très durement réprimées en juin 1916 par la France, qui fait tirer à l'artillerie sur une dizaine de villages « récalcitrants », tuant plusieurs milliers de civils[16]. Cela est lié au système du recrutement qui n'est pas, en l'absence de tout état-civil, celui de la conscription, mais celui de la réquisition. Les administrateurs coloniaux fixent des quotas aux chefs de cantons qui répercutent auprès des chefs de villages... comme du temps, en France des milices communales (celles de la bataille de Bouvines) et, quelques siècles plus tard, des milices provinciales (celles de la bataille de Denain). Bien entendu, un certain arbitraire peut ainsi présider aux désignations et, très souvent, la tendance naturelle dans les chefferies locales est de désigner les hommes qui représentent pour un motif ou un autre, une charge pour la société... Le recrutement vient d'une petite partie du Sénégal, la majorité des troupes étant réquisitionnée dans la colonie du Haut-Sénégal et Niger et de la Haute-Volta, rejoignant par train la gare de Dakar, capitale fédérale de l'AOF et dont la Direction des transports maritimes les fait embarquer en bateau pour la France[17].

Comme de nombreuses mutineries plus tardives, ces révoltes ont été cachées pour ne pas apporter d'arguments supplémentaires à la propagande allemande, qui dénonçait sans cesse le comportement de la France en Afrique. La propagande allemande de l'époque décrivait les tirailleurs comme étant des « barbares » et mercenaires » d’Afrique venus pour combattre sur les fronts européens, signe selon Hitler de la « pollution et de la négrification du pur sang français »[18]. Ce thème est repris en France par les « négrophobes » contre les « indigénophiles » mais ces « braves tirailleurs » sacrifient leur vie contre l'ennemie héréditaire, le boche, si bien que Blaise Diagne, Haut Commissaire du gouvernement pour le recrutement des troupes noires, essaye de convaincre les habitants de l'AOF et de l'AEF de venir se battre en France tout en leur promettant la reconnaissance de l'égalité civique et l'abolition des discriminations institutionnelles, en échange de l'« impôt du sang » [19].

On connaît le quotidien des tirailleurs sénégalais en France grâce à Lucie Cousturier. Peintre néo-impressionniste, elle est voisine à Fréjus d'un camp de tirailleurs. Elle se met à les recevoir et à leur apprendre le français. Elle se lie d'amitié avec plusieurs d'entre eux. Elle rend compte de leurs rencontres, de leurs conversations et de leur correspondance dans Des Inconnus chez moi, publié en 1920. Cette œuvre est adaptée à la scène par la Compagnie la Poursuite en 2014 à l'occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Certains administrateurs français (tel Joost van Vollenhoven qui découvre les ravages faits par ces recrutements[20]), et des colons, acteurs du commerce colonial ont également freiné l’appel sous les drapeaux de jeunes Africains, estimant qu’on les privait ainsi d’une main d’œuvre jeune qui n’était pas à l’époque abondante en Afrique.

Blaise Diagne devient en 1917 commissaire général aux troupes noires avec rang de sous-secrétaire d'État aux colonies. Il mène avec succès des missions en Afrique-Occidentale française pour organiser le recrutement militaire en cette période de guerre. Entre février et août 1918, il sillonne l'Afrique de Dakar à Bamako et essaye de convaincre ses "compatriotes" qui étaient encore soumis au Code de l'Indigénat de venir se battre en France, tout en leur promettant des médailles militaires, une bonne solde, un certificat de bien manger, un habillement neuf et surtout la citoyenneté française une fois la guerre finie. Les primes de recrutement sont fortement augmentées. Il réussit de la sorte à mobiliser 63 000 soldats en AOF et 14 000 en AEF[21]. Il retrouvera d'ailleurs cette fonction de 1931 à 1932, dans le premier gouvernement de Pierre Laval.

Épouses et familles de tirailleurs[modifier | modifier le code]

C'est un thème peu traité par les historiens. Il a été abordé par les propagandistes de la force noire, et on en trouve des éléments dans les archives coloniales ainsi que dans la littérature ou certains témoignages d'époque[7].

Plusieurs officiers ont suggéré dès le XIXe siècle que les femmes de soldants indigènes puissent être admises à accompagner leur mari. Le décret de 1857 fut modifié (en 1873) pour autoriser les femmes de tirailleurs à accompagner leur mari dans le lieu de garnison, ainsi que lors des campagnes miliaire, médicales ou d'exploration, en dépit des difficultés organisationnelles que cela représentait. « La présence des femmes, entre lesquelles s’établit une hiérarchie d'après le grade du mari, est la cause de querelles et de jalousie, mais de nombreux avantages viennent compenser ces inconvénients que les coupables rachètent par les services qu'elles rendent. Les femmes chargées de tous les ustensiles du ménage suivent les colonnes sans les ralentir ; à l'étape elles se chargent du soin de préparer la nourriture de leurs maris et aussi celle des tirailleurs célibataires ; enfin, par leur présence, elles donnent au camp l'aspect eu village natal(...) Cette vie en ménage influe aussi heureusement sur la santé physique que sur la santé morale des noirs (...) En Chaouia où les compagnies de tirailleurs algériens ont été décimées par les maladies vénériennes, les Sénégalais ont été très peu touchés par ces affections (...) En résumé, le milieu spécial dans lequel vit le soldat indigène n'enlève rien à sa valeur militaire) » écrivait G pasquier en 1912 cité in "Les femmes des Tirailleurs sénégalais, histoire et histoires", de Janos Riezz (1993)[7].

Certains tirailleurs utilisaient leurs premiers salaires et et la prime qu'on leur donnait pour faciliter leur intégration(160 fr pour un engagement de 4 ans, et 200 à 240 fr pour 6 ans) pour "acheter" une femme (éventuellement autre que leur épouse légale, c'est-à-dire n'ayant pas nécessité paiement d'une dote, par exemple acquise (avec leurs enfants) comme « conquête de guerre » selon certains témoignages de voyageurs ou militaires) ou payer une dot variant à cette époque « de 20 à 100 fr de l'époque dans la courbe du Niger, mais plus de 500 à 600 dans le haut-Sénégal, et jusqu'à 2000 fr dans les centres urbains de la côte) »[7].

Les campements de tirailleurs pouvaient ainsi contenir de nombreux enfants, phénomène rarement observé parmi les armées de l'époque. Paul Adam dans son livre posthume "Notre Carthage" en fait une description idéalisée[22], mais d'autres auteurs décrivent ces femmes comme contribuant épisodiquement à des évènements joyeux, mais également traitées comme des bête de somme et souvent victimes des guerres. Paul Claverie dans son journal les décrit comme « laides à faire peur, avec un air las et résigné de bête de somme ». Louis Carpeaux, les décrit après une bataille allant à la rencontre de leurs maris dans leurs plus beaux habits pour fêter leur victoire jusque tard dans la nuit, mais décrit aussi, des épouses venant se plaindre d'être délaissées par leur mari pour des femmes plus jeunes. Parfois elles restent seules et sans argent pour subvenir à leurs besoins pendant que leurs maris ont partis pour une longue campagne, dont ils ne reviendront éventuellement pas.

Les tirailleurs au combat[modifier | modifier le code]

Embarquement de tirailleurs sénégalais à Fréjus pour le front en 1915.
Fanion du 43e bataillon de tirailleurs sénégalais portant l'inscription Douaumont 1916
Les Tirailleurs sénégalais défilant à Reims en 1914

Au cours de la guerre, les tirailleurs sénégalais se couvrent de gloire à la bataille d'Ypres, à Dixmude fin 1914, lors de la prise du Fort de Douaumont en octobre 1916. Ils participent à la bataille du Chemin des Dames en avril 1917 au cours de laquelle ils perdent plus de 7 000 hommes sur 16 500 engagés, soit le quart de leurs pertes totales au cours de la guerre[23], ainsi qu'à la bataille de Reims en 1918[24]. Les tirailleurs sont aussi engagés en mer Noire, en 1919, lors de l'intervention française dans la guerre civile russe contre les Bolcheviques.

Principe d'emploi des unités africaines[modifier | modifier le code]

Les cas où des régiments de tirailleurs sénégalais furent employés tels quels au combat sont rarissimes... La règle était la mixité. Au sein d'un régiment d'infanterie coloniale (RIC) on retirait un bataillon d'Européens pour le remplacer par un bataillon d'Africains. Ainsi transformés les RIC devenaient RMIC [25]. Avec le reliquat des bataillons, d'autres RMIC furent mis sur pieds... Ce qui tord le cou aux affirmations concernant la prétendue "chair à canons" africaine que l'on sacrifiait délibérément.

Hommages[modifier | modifier le code]

En 1924, la ville de Reims construit le Monument aux héros de l'Armée noire, inauguré le 13 juillet 1924 par Édouard Daladier, ministre des Colonies, pour rendre hommage aux soldats noirs qui ont défendu la ville en 1918[26],[27]

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

La fin de la Première Guerre mondiale est marquée par une profonde réorganisation des Troupes Coloniales. La pénurie de main d'œuvre due aux pertes effroyables françaises consenties pendant le premier conflit mondial (1 355 000 morts et 3 595 000 blessés), explique en partie cette situation. Un ralentissement marqué du recrutement des jeunes engagés est constaté. De plus les rigueurs budgétaires imposées par l'effort de reconstruction, et l'absence de menace de la part de l'Allemagne vaincue, ont raison d'une grande partie de l'infanterie française. Les Troupes Coloniales voient près de 80 % des régiments qui la composent dissous. Seuls subsistent en tant que régiments blancs, les 3e, 21e, 23e RIC en métropole, les 9e et 11e RIC en Indochine, et le 16e RIC en Chine. C'est ainsi que disparaît le 1er mai 1923 le 24e régiment d'infanterie coloniale qui tenait garnison depuis sa création à Perpignan qui s'était pourtant brillamment illustré pendant tout le conflit perdant plus de 8 000 hommes et décrochant la croix de la Légion d'honneur.

Pour pallier cette carence il est alors décidé d'incorporer des soldats locaux (Sénégalais, Malgaches et Indochinois). En 1926, sous l'appellation générique de Tirailleurs Sénégalais, sont créés les 4e, 8e (Toulon), 12e (La Rochelle) et (Saintes), 14e (Mont-De-Marsan), 16e (Montauban), et 24e régiment de tirailleurs sénégalais (RTS) (Perpignan). Le 42e à Pamiers et 52e à Carcassonne, ces deux derniers régiments deviennent les 42e et 52e bataillons de Mitrailleurs Malgaches et Indochinois ils seront implantés dans des garnisons du sud de la France. Tout comme les unités Nord-Africaines, (Tirailleurs Algériens, Tunisiens, Marocains), les RTS s'avèrent plus économiques et plus dociles, que les unités blanches. C'est ainsi que Perpignan récupère un régiment colonial, le 24e régiment de tirailleurs sénégalais, régiment qui malgré sa nouvelle appellation et sa composition, hérite des traditions et du drapeau aux huit inscriptions de son prédécesseur. la plus grande partie de l'effectif hommes de troupe est désormais constituée par des soldats Africains, communément appelés « Tirailleurs sénégalais » ou soldats indigènes, tous originaires des diverses colonies de l'Afrique Occidentale Française (AOF). Les soldats « européens », en petit nombre, tiennent les emplois de spécialistes (transmissions, servant d'engins, secrétaires) et sont destinés, en principe, aux pelotons d'élèves-gradés, caporaux et sergents.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Raphaël Onana jeune milicien à droite, à 20 ans, en compagnie d'un camarade. Ces deux soldats sont camerounais et font pourtant partie des Tirailleurs sénégalais.

La bataille de France (mai-juin 1940)[modifier | modifier le code]

Comme lors du précédent conflit, la France utilise pendant la Seconde Guerre mondiale les colonies comme réservoir d'hommes pour son armée, dans les combats pour la reconquête de l'Empire colonial, puis aux côté des alliés en Italie, en France et en Allemagne (d'abord dans les Forces françaises libres[28] puis dans l'armée de libération, fin 1942).

Brazzaville, Afrique-Équatoriale française, 1942. Un tirailleur qui a été décoré de la Croix de la Libération par le général Charles de Gaulle

Sur le front de France, le Grand Quartier Général dispose ainsi à la veille de l’offensive allemande de huit divisions d’infanterie coloniale (DIC). Les Sénégalais y sont incorporés avec les fantassins des régiments d’infanterie coloniale (RIC) et avec les artilleurs des régiments d’artillerie coloniale (RAC). Les 4e, 8e, 12e, 14e, 16e, 24e, 25e et 26e RTS sont engagés sur le front. Des éléments d’autres corps sont répartis au sein de régiments composés de bataillons et compagnies mixtes, les 5e, 6e, 27e, 28e, 33e, 44e, 53e et 57e régiments d’infanterie coloniale mixte sénégalais (RICMS). La plupart de ces régiments participent aux opérations au sein des divisions coloniales puis, après leur anéantissement au cours des combats de mai-juin 1940, les rescapés sont rattachés à d’autres unités.

Selon le Ministère de la défense, le nombre total des tirailleurs sénégalais mobilisés au 1er avril 1940 est estimé à 179 000, dont 40 000 engagés dans les combats en métropole. Près de 17 000 sont tués, disparus ou blessés au combat en 1940[29],[30].

Un exemple, en pleine déroute, le 19 juin 1940, les Allemands sont aux portes de Lyon. Le 25e Régiment de Tirailleurs Sénégalais est envoyé dans un « combat pour l'honneur » ayant pour ordre: « En cas d’atta­que, tenir tous les points d’appui sans esprit de recul, même débordé. » Ce combat fut sans merci pour les Africains. En deux jours il y aura plus de 1 300 tués sur 1 800 combattants. Certains tirailleurs, faits prisonniers et même blessés, furent séparés du reste de la troupe, puis massacrés à découvert à la mitrailleuse et achevés sous les chenilles de chars d'une unité SS[31].

Plaque commémorative de l'assassinat de deux tirailleurs sénégalais à Champagne-au-Mont-d'Or , en banlieue lyonnaise.

Le tata sénégalais de Chasselay[32] dans le Rhône, où ont été regroupés les corps de 188 tirailleurs, rappelle ce massacre[33]. Évelyne Berruezo et Patrice Robin en ont fait un film en 1992, intitulé Le Tata.

Selon l'historien américain Raffael Scheck, qui a enquêté dans les archives militaires françaises[34] et allemandes, près de 3 000 tirailleurs sénégalais (terme désignant désignant plus largement l'ensemble des soldats indigènes venus d'Afrique) auraient été exécutés par la Wehrmacht en mai-juin 1940, crime de guerre perpétré non pas par des SS, mais par l'armée régulière allemande[35].

Durant la bataille de France (10 mai au 22 juin 1940), les troupes coloniales furent, comme durant la grande guerre, peu nombreuses à participer directement aux combats, sauf dans les Ardennes[36], sur la Somme, au Nord de Lyon et près de Chartres. L'effondrement des armées françaises a été si rapide que l'état major général n'a pas eu le temps de rappeler massivement sur le front métropolitain, les troupes de l'Armée d'Afrique.

Cependant, quand elles furent en premières lignes, les troupes coloniales durent livrer : le 26e RTS, de la 8e DIC (le dernier formé au camp de Souges) en constitue une dramatique illustration. Appelé dans la région de Rambouillet pour couvrir l'armée de Paris en route vers la Loire, il livra de furieux combats les 16 et 17 juin entre Chartres et Maintenon (Feucherolle, Neron, Bouglainval, Chartrainvilliers). Tirailleurs et officiers furent décimés en particulier par le 1er régiment de cavalerie du Général Kurt Feldt (selon archives de l'armée de terre du fort de Vincennes : 52 officiers sur 84 et 2046 sur 3017 tirailleurs sont portés disparus fin juin 1940). Jean Moulin, préfet de Chartres défendra leur mémoire face aux propos racistes des autorités allemandes sur « la honte noire »[37]. Les survivants du 26eme RTS poursuivent les combats, sous les ordres du colonel Perretier, sur la Loire jusqu'à fin juin 1940, c'est-à-dire bien après l'armistice.

En 1940, les Allemands détruisent Le Monument aux Héros de l'Armée Noire[38], que la ville de Reims avait construit en 1924 pour rendre hommage aux soldats noirs de la Première Guerre mondiale. Un nouveau monument fut inauguré le 6 octobre 1963. Une plaque indique simplement : « Ici fut érigé en 1924 un monument qui témoignait de la reconnaissance de la ville envers ses soldats africains qui défendirent la cité en 1918. L’occupant détruisit, par haine raciale le « Monument au Noirs » en septembre 1940. Les anciens combattants ont tenu à ce que son souvenir demeure dans notre mémoire » et démontent la statue du général Mangin à Paris.

Les tirailleurs sénégalais se voient décerner plusieurs décorations et citations tant individuelles que collective, tels le 1er bataillon du 24e RTS, la 3e compagnie du 25e RTS, le 1er bataillon du 6e RICMS, les 33e, 53e et 57e RICMS qui sont cités à l’ordre de l’armée. Le drapeau du 53e RICMS reçoit en outre l’inscription "Airaines 1940" ; ce fait est suffisamment exceptionnel pour être mentionné, les inscriptions attribuées au titre de la campagne de 1940 étant peu nombreuses.

80 000 prisonniers de guerre[modifier | modifier le code]

Prisonniers en 1940.

Fin 1940, environ 80 000 prisonniers « indigènes » sont détenus dans 22 Frontstalags pour la majorité dans la zone occupée. Ils provenaient des divisions nord-africaines engagées dans la bataille de mai-juin 1940. D’abord détenus avec tous les prisonniers capturés après la débâcle, ils ne tardèrent pas à en être séparés, les Allemands ayant décidé de transférer outre-Rhin les prisonniers français de souche européenne. Leur nombre ne cessa de décroître pour n’être au moment de la Libération que quelques 40 000. Une partie fut libérée par les Allemands après accord avec le gouvernement de Vichy. Il y eut aussi de nombreuses évasions, mais une bonne partie d’entre eux périt dans les camps, suite aux maladies, notamment la tuberculose qui ravagea les camps Nord-Est. Bien que soumis à une intense propagande de la part des Allemands qui entendaient en faire des soldats ou des espions, ils subissaient un strict régime de détention[39].

Le débarquement en Provence et la libération de la France[modifier | modifier le code]

En 1944, près de 120 000 goumiers, tirailleurs et spahis et européens d'Afrique, originaires de 22 pays du Maghreb et d'Afrique noire intégrés alors à l'Empire français, dont certains avaient participé à la Bir Hakeim et lors des combats de la Campagne d'Italie notamment au cours de la bataille de Monte Cassino et de la prise de l'île d'Elbe, ont débarqué sur les côtes de Provence et ont été engagés dans la libération de la France. Ils étaient placés sous le commandement du général de Lattre de Tassigny, chef de l'Armée d'Afrique, devenue l'Armée B, puis la 1ère Armée française. En 1947, le général Leclerc, le prestigieux chef de la 2e DB, avait réclamé que la France s'acquitte pleinement et sans marchander de la dette d'honneur qu'elle avait contractée auprès d'eux[40].

Après le débarquement de Provence, les régiments de tirailleurs sénégalais ont été « blanchis » avec accord des autorités françaises à la demande des alliés américains et anglais[41] et contre l'avis des officiers français. Cantonnés à Toulon, puis renvoyés dans leurs gourbis, les soldats noirs ont été remplacés par des recrues blanches issues de la Résistance. Il n'était pas question de les voir défiler dans Paris et marcher sur Berlin. Concernant les tirailleurs nord-africains, la relève ne se fit que partiellement à partir de janvier 1945 lorsque dans chaque division de l’Armée d’Afrique, un régiment FFI remplaça un régiment d’Afrique du Nord[42]. Cependant de nombreux tirailleurs continuent le combat durant l'hiver 1944 dans les Vosges, et plusieurs unités défileront les 18 juin et 1945 sur les Champs-Elysées à Paris[43].

Durant l'automne 1944, sur ordre du Général de Gaulle, les 15 000 tirailleurs sénégalais des 9e DIC et 1re DMI sont remplacés (« blanchis ») par des FFI au sein de la 1re armée française lors d'une opération dite de « blanchiment »[44].

Le massacre de Thiaroye[modifier | modifier le code]

Fresque murale à Dakar commémorant le massacre de Thiaroye en 1944
Article détaillé : Massacre de Thiaroye.

En novembre 1944, 1 280 tirailleurs sénégalais originaires de différents pays de l'Afrique-Occidentale française sont regroupés dans un camp de transit à une quinzaine de kilomètres du centre de Dakar. Ils se sont battus lors de l'offensive allemande de mai-juin 1940 et la plupart sont restés prisonniers des Allemands en France, employés comme travailleurs forcés dans des fermes ou des usines d'armement. Faisant partie des premiers prisonniers libérés, ils sont rapidement démobilisés mais sans que cela règle le problème de leurs indemnités et pensions. Dans le camp, une manifestation est organisée et le général Dagnan est chahuté. Celui-ci en accord avec son supérieur, le général de Yves de Boisboissel[45] décide de faire une démonstration de force[46] et envoie des gendarmes, renforcés de détachements de soldats indigènes issus des 1er et 7e régiment de tirailleurs sénégalais et du 6e régiment d’artillerie coloniale et de quelques blindés. Après deux heures et demie de discussion, l’ordre d’ouvrir le feu est donné, ce qui fait soixante-dix tués et autant de blessés graves, plus des centaines de blessés légers. Immédiatement, trois cents ex-tirailleurs sont extraits du camp pour être envoyés à Bamako. Trente-quatre survivants, considérés comme meneurs sont condamnés à des peines de un à dix ans de prison. Ils ont une amende de 100 francs de l'époque et perdent leurs droits à l'indemnité de démobilisation. Ils sont graciés en juin 1947, lors de la venue à Dakar de Vincent Auriol, président de la République, mais sans recouvrer leurs droits à leur retraite militaire[47].

En août 2004, à l'occasion du soixantième anniversaire du débarquement de Provence, la journée du 23 août est déclarée Journée du tirailleur sénégalais par le président du Sénégal Abdoulaye Wade (lui-même fils de tirailleur), qui invite les autres États d’Afrique d’où étaient originaires les tirailleurs et un représentant de l'État français, Pierre-André Wiltzer. Le massacre de Thiaroye y est commémoré. En septembre 2004, le gouvernement sénégalais institue par décret cette journée en journée commémorative annuelle[48].

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Suppression des régiments[modifier | modifier le code]

Des tirailleurs interviennent encore en Indochine (1945-1954), à Madagascar (1947) et en Algérie (1954-1962). Les régiments de tirailleurs sénégalais sont transformés en régiments d’infanterie de marine en 1958 avant d’être définitivement supprimés entre 1960 et 1962[49].

Cristallisation des pensions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cristallisation des pensions.

En 1959[50], puis en 1960, le Parlement français a adopté un dispositif dit de « cristallisation », c’est-à-dire du gel de la dette contractée par l'Empire français et qui échoit à la seule métropole, par blocage de la valeur des points de pension à la valeur atteinte lors de l'accession à l'indépendance des pays, dont les anciens tirailleurs étaient ressortissants[51]. Après presque 50 ans de contentieux[52], et après la sortie du film Indigènes évoquant le rôle des troupes nord-africaines en Europe en 1943-1945, le Parlement français a finalement voté le 15 novembre 2006 la revalorisation des pensions des soldats des ex-colonies dans le cadre du budget 2007 des anciens combattants. « 84 000 anciens combattants coloniaux de 23 nationalités devraient en bénéficier », s’ils se manifestent.

Le tirailleur dans l'imaginaire métropolitain[modifier | modifier le code]

Banania : version 1936

Dans la terminologie militaire, le nom de tirailleur n'a rien de péjoratif ni de méprisant et il désigne un « combattant qui progresse en ordre dispersé en tirant à plusieurs reprises, avec persistance » et des formations prestigieuses de Gardes Impériales, française, allemande et russe comprenaient des unités de Tirailleurs[53]. Toutefois, le tirailleur sénégalais porte des stéréotypes racistes, caricature du Noir de l'époque (sourire niais, ami des enfants, donc grand enfant et incapable de s'exprimer correctement dans une langue française qu'il se doit de manier) et symbole du colonialisme (dans ce sens, certains mettent en avant l'exemple de « L'ami Y'a bon ») [54]. Le tirailleur sénégalais a longtemps symbolisé pour les métropolitains par les autorités, l'Empire français. C'est ainsi que la marque de cacao Banania, dont le personnage emblématique avait d'abord été une belle Antillaise entourée de bananes, modifie son image en 1915, dans le contexte de la Première Guerre mondiale, et porte son choix sur le tirailleur sénégalais[55] et plusieurs versions ont suivi, plus ou moins stylisées. En fait, l'expression « y'a bon » est caractéristique du « français-tiraillou[56] », langue pratiquée par la plupart des tirailleurs africains, qui non francophones à l'origine, associent les quelques mots de français qu'ils ont appris pour les nécessités du service et du combat avec la syntaxe et les tournures idiomatiques des langues vernaculaires pratiquées en Afrique de l'Ouest. tout à fait comme il existe de la même manière un « français-légionnaire ». Donc, selon ce point de vue, il est possible de n'y voir aucune connotation raciste.

Décorations[modifier | modifier le code]

Drapeaux[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

  • 36 citations collectives à l'ordre de l'armée sont décernées aux bataillons de tirailleurs sénégalais. Sur un total de 89 bataillons combattants constitués, outre le 43e bataillon[59], qui obtient la fourragère aux couleurs de la médaille militaire pour ses 4 citations à l’ordre de l’armée, 8 bataillons ont obtenu la fourragère aux couleurs de la croix de guerre 1914-1918 (2-3 citations)[60]. La fourragère récompense les unités citées aux moins deux fois à l'ordre de l'armée.
Tirailleurs Sénégalais en 1917.
  • Fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre (2-3 citations à l'ordre de l'Armée)
    • 27e bataillon de tirailleurs sénégalais
    • 36e bataillon de tirailleurs sénégalais
    • 53e bataillon de tirailleurs sénégalais
    • 61e bataillon de tirailleurs sénégalais
    • 62e bataillon de tirailleurs sénégalais
    • 64e bataillon de tirailleurs sénégalais
    • 68e bataillon de tirailleurs sénégalais
    • 69e bataillon de tirailleurs sénégalais

Citations militaires[modifier | modifier le code]

«  Les Troupes Sénégalaises ont participé d'une façon particulièrement brillante aux opérations de la Grande Guerre. En plus des Sénégalais qui servaient sous nos Drapeaux au 2 août 1914, il n'a pas été recruté, de 1914 à 1918, moins de cent quatre-vingt mille militaires indigènes dans l'Ouest Africain, sur lesquels environ cent trente-cinq mille ont été transportés dans la Métropole. Nombreux sont les Bataillons Sénégalais qui ont été l'objet de citations collectives. Certains de ces Bataillons ont été supprimés. Il importe que le souvenir des hauts faits d'armes accomplis par nos Sujets Africains soit perpétué de façon concrète. [...] le Drapeau du 1er Régiment de Tirailleurs Sénégalais pourrait porter la Croix de Guerre avec quatre palmes et la Fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille Militaire, distinctions conférées au 43e Bataillon de Tirailleurs Sénégalais, unité indigène à laquelle ont été attribuées les plus hautes récompenses. La Légion d'Honneur a été décernée le 14 juillet 1913 au Drapeau du 1er Régiment de Tirailleurs Sénégalais pour reconnaître et récompenser les services rendus par les Sénégalais pendant la période d'expansion coloniale succédant à la guerre de 1870-1871. La Croix de Guerre et la Fourragère viendront reconnaître et récompenser les Troupes Sénégalaises pendant la guerre actuelle. Elles symboliseront le loyalisme et le courage de nos Sujets Africains. »

— Décision conférant la Croix de Guerre avec quatre palmes et la Fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire au drapeau du 1er Régiment de Tirailleurs Sénégalais, Ordre Général N° 46 du Général de Division Bonnier, commandant Supérieur des Troupes du Groupe de l'AOF., 10 Juin 1919[62]

«  Le 24 octobre 1916, renforcé du 43e bataillon sénégalais et de deux compagnies de Somalis, le [RICM] enlevé d’un admirable élan les premières tranchées allemandes ; a progressé ensuite sous l’énergique commandement du colonel Régnier, brisant suc­cessivement la résistance de l’ennemi sur une profondeur de deux kilomètres. A inscrit une page glorieuse à son histoire en s’emparant d’un élan irrésistible du fort de Douaumont, et conservant sa conquête malgré les contre-attaques répétées de l’ennemi. »

— Citation à l'ordre de l'Armée attribuée au Régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM), ainsi qu'au 43e bataillon de tirailleurs sénégalais et au bataillon de somalis après la prise du Fort de Douaumont en octobre 1916

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, 1 régiment et 2 bataillons ont obtenu la fourragère aux couleurs de la croix de guerre 1939-1945 (2-3 citations). Le Bataillon de marche n°2 fut la première unité de l'armée de terre française à recevoir la croix de l'ordre de la Libération le 9 septembre 1942.

Citations à l'ordre de l'armée des unités composées de tirailleurs sénégalais[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

« L'infanterie de la 8ème DIC n'a jamais été battue. Tous ses mouvements de repli, imposés par la situation générale ont été exécutés sur ordre. Malgré les fatigues, les privations, le manque de sommeil,l'étendue des fronts, l'adversaire a toujours trouvé devant lui une barrière s'opposant à sa progression. Quand il a voulu la forcer, il a dû renoncer à sa tentative et a subi des pertes élevées. Le RIC du Maroc et le 26ème RTS ont rempli leur devoir, tout leur devoir. Leur honneur militaire sort grandi de l'épreuve. Maintenant que les combats ont cessé, ils restent dans la tradition des troupes coloniales, en donnant l'exemple d'une force digne, cohérente, disciplinée, attirant le respect dû à ceux qui ont bien servi la patrie. »

— État Major de la 8e DIC, 27 juin 1940

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Deroo et Antoine Champeaux, La Force noire. Gloire et infortunes d'une légende coloniale, Paris, Tallandier, 2006, 223 p.. ((ISBN|2847343393))
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Tirailleurs_s%C3%A9n%C3%A9galais?veaction=edit
  3. Marc Michel, Les Africains et la Grande Guerre. L'appel à l'Afrique (1914-1918), Karthala, 2003.
  4. Marc Michel, op. cit.
  5. Léopold Sédar Senghor, Prières de Paix, Œuvres poétiques, Paris, Seuil, 1990, p. 94, cité par Julien Fargettas, La révolte des tirailleurs sénégalais de Tiaroye, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 4/2006 (no 92), p. 117-130.
  6. Bernand C (2006) D'esclaves à soldats : Miliciens et soldats d'origine servile-XIIIè-XXIè siècles. Editions L'Harmattan.
  7. a, b, c et d "Les femmes des Tirailleurs sénégalais, histoire et histoires", de Janos Riezz, in Régis Antoine (1993) ; Carrefour de cultures: mélanges offerts à Jacqueline Leiner Ed : Gunter Narr Verlag, 642 pages (voir p 385 et suivantes)
  8. Vinoy, J (1873) 110-1. L'Armée Française en 1873, voir p 110
  9. Récit d'un franco-sénégalais qui a participé à la libération de la France
  10. Isabelle Surun (dir), Les sociétés coloniales à l'âge des Empires (1850-1960), Atlande, 2012, p. 207.
  11. Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p.20
  12. Les troupes sur place sont rejointes par une nouvelle unité qui restent en appui, les premières repartant en avant (manœuvre opposée à celle du tiroir).
  13. Jean-Louis Miège, Expansion européenne et décolonisation de 1870 à nos jours, Presses universitaires de France,‎ 1973, p. 274
  14. Duval 2005, p. 40
  15. Jean Lebrun, « Les soldats africains pendant la Grande Guerre », émission La Marche de l'Histoire, 14 février 2013
  16. Mission française d’inspection envoyée après la répression, étudiée et citée par l’historien Marc Michel.
  17. Eugène-Jean Duval, L'épopée des tirailleurs sénégalais, 2005,‎ Éditions L'Harmattan, p. 171
  18. Myron J. Echenberg, Les tirailleurs sénégalais en Afrique occidentale française, 1857-1960, KARTHALA Editions,‎ 2009, p. 21
  19. Roger Little, Lucie Cousturier, les tirailleurs sénégalais et la question coloniale, Éditions L'Harmattan,‎ 2009, p. 95
  20. Christian Roche, « L'opposition du gouverneur Van Vollenhoven au nouveau recrutement », Histoire de la Casamance. Conquête et résistance : 1850-1920, Karthala, Paris, p. 330-332
  21. Les soldats des colonies dans la Première Guerre mondiale de Chantal Antier Renaud Éditions France Ouest en février 2008 P. 38 ISBN 978-2-7373-4283-7
  22. Adam, P. (1922). Notre Carthage. E. Fasquelle.
  23. Jean-Yves Le Naour, Dictionnaire de la Grande Guerre, Larousse, 2008, p. 70,170
  24. Marc Michel, Les Africains et la grande guerre: l'appel à l'Afrique, 1914-1918, Karthala, 2003,p. 237
  25. Ne pas confondre les RMIC (régiments "mixtes" d'infanterie coloniale) de la Grande Guerre avec les RMIC (régiments de marche d'infanterie coloniale) qui furent créés ultérieurement... Lors de la seconde guerre mondiale, la mixité s'effectua au niveau des divisions d'infanterie coloniale (DIC) [1] où la proportion fut inversée pour en raison des classes creuses de la Grande Guerre. Une DIC était constituée d'un régiment européen (RIC) pour deux régiments africains (RTS)
  26. Le Monument aux Héros de l’Armée Noire, sur le site de la Ville de Reims
  27. "Inauguré le 13 juillet 1924 par Édouard Daladier ministre des colonies, il était l’œuvre du statuaire Moreau-Vauthier et de l’architecte Auguste Bluyssen. Constitué d’un socle en granit rapporté d’Afrique, les noms des principales batailles au cours desquelles les troupes africaines avaient été engagées pendant la Première Guerre mondiale y étaient gravés. Il était surmonté d’un bronze représentant le groupe de soldats africains du Corps d’Armée Coloniale".
  28. Les Forces Françaises Libres étaient constituées pour moitié de troupes coloniales réunies dans des bataillons de tirailleurs sénégalais, en réalité constitués de tabors marocains, tirailleurs algériens et soldats africains. Brahim Senouci, Préface de Stéphane Hessel, Algérie, une mémoire à vif: Ou le caméléon albinos, L'Harmattan, 2008, page 84 books.google.fr
  29. Collection « Mémoire et Citoyenneté » no 10 LES TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS DANS LA CAMPAGNE DE FRANCE 10 mai - 25 juin 1940, Ministère de la défense
  30. Entre 1939 et juin 1940, 100 000 hommes sont levés les colonies françaises pour venir défendre la métropole. Huit régiments sénégalais (le terme regroupe l’ensemble du continent africain) et de nombreuses autres unités prennent ainsi part à la campagne de France en 1940. Entre le 10 mai et le 25 juin 1940, près de 4 "sénégalais" sur 10 ont été tués ou massacrés. Souvent en premières lignes des combats ou engagés dans de vains combats retardateurs, les soldats colo­niaux ont été aussi les premières victimes de la haine raciste du vainqueur, comme à Chasselay (Rhône) et ses environs en juin 1940., Les combats du 19-20 juin 1940 au Nord de Lyon, Mémoire-Net, mémoire locale et seconde guerre mondiale, Lyon Mémoire-net
  31. La France fait massacrer des Africains les 19 et 20 juin 1940 à l’entrée Nord de Lyon !, Rebellyon, media alter­na­tif lyonnais rebellyon.info
  32. Tata Sénégalais de Chasselay - par Jean Poncet, directeur du service départemental de l'office des Anciens Combattants et Victimes de guerre du Rhône ; Plaquette réalisée par le Conseil Général du Rhône., A. Dore-Audibert, Une decolonisation pacifique chroniques pour l'histoire books.google.fr
  33. M. Fargettas constate qu'à part la réalisation du Tata sénégalais de Chasselay, hommage rendu aux Tirailleurs par le village, il ne reste pas grand chose pour la Mémoire des Tirailleurs africains (...), Moulaye Aidara, L'histoire oubliée des Tirailleurs senegalais de la Seconde Guerre mondiale, IEP Aix-Marseille et UMR 5609 ESID CNRS (Montpellier III), DEA histoire militaire, sécurité et défense 2000 books.google.fr
  34. Diop PM (2011) Guide des archives du Sénégal colonial. Éditions L'Harmattan.
  35. Mai-juin 1940 : s'engouffrant dans la percée réalisée par ses divisions blindées, l'armée allemande déferle sur la France. Ce Blitzkrieg fulgurant a fait l'objet de nombreux ouvrages d'histoire militaire, qui ont souligné dans l'ensemble le comportement correct des troupes allemandes à l'égard des populations civiles et des prisonniers de guerre. C'est oublier pourtant le sort des dizaines de milliers de soldats venus d'Afrique noire pour défendre la métropole contre les armées du Reich. Ils furent des milliers - 1 500 au moins, 3 000 sans doute - à être victimes de massacres, qu'ils aient été fusillés en groupe ou abattus isolément. Et cela sans compter le traitement discriminatoire et souvent brutal qui leur fut infligé dès leur capture. Raffael Scheck, Une saison noire. Les massacres de tirailleurs sénégalais (mai-juin 1940), Paris, Tallandier, 2007 books.google.fr
  36. 13 mai 1940, trois jours après les premiers bombardements allemands, le commandement français réalise que l'offensive perce à Sedan, là où l'on s'y attendait le moins. En effet, dans l'après midi de cette terrible journée, couvert par une intense préparation aérienne, l'infanterie allemande franchit la Meuse dans le secteur de Sedan, sur le front de la II ème armée du général Huntziger. Les jours suivants, aux alentours de Dinant-Givet et Revin-Monthermé, d'autres franchissements ont lieu pendant que des éléments blindés prenaient position sur la rive gauche. Pressé de toutes parts, le commandement tente d'établir un barrage qu'il confie à une troupe considérée comme sûre : l'infanterie coloniale. Sur un front de 20 km, la 1re et la 6e divisions face à toute la puissance mécanique allemande. 30 000 hommes dont 10 000 soldats de l'AOF : des soldats noirs. Nancy Lawler, Soldats d'infortune - Les tirailleurs ivoiriens de la Deuxième guerre mondiale, L'Harmattan, 1996, page 9 books.google.fr
  37. Après la Première Guerre mondiale, les Allemands organisent une campagne de propagande internationale contre la présence de troupes coloniales françaises dans leur pays : c'est la " honte noire ". Elle repose sur des accusations de viols systématiques des femmes blanches par les soldats africains en Rhénanie occupée. Ces attaques visent à convaincre l'opinion publique internationale - notamment nord-américaine sensible à la question noire - et les gouvernements étrangers que la France est une ennemie de la Kultur et de la civilisation européennes. Haineux et militaristes, les Français mépriseraient les Allemands au point de les faire "garder" par des Noirs, et désireraient abâtardir leur race par le mélange des sangs et la contamination syphilitique ! Cette propagande a une postérité : pour expliciter sa conception de la pureté raciale, Hitler utilise la " honte noire " dans Mein Kampf. En France, Jean Moulin, préfet d'Eure-et-Loir, accomplit en 1940 son premier acte de résistance en protégeant de la haine nazie les soldats coloniaux prisonniers, assassinés par milliers par les vainqueurs. Mais à l'automne 1944, l'armée française procède à son tour à un vaste " blanchiment " de ses effectifs en écartant les soldats coloniaux au profit de jeunes métropolitains : il faut occuper l'Allemagne avec une armée blanche. Jean-Yves Le Naour, La honte noire. L'Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945, Essai Hachette, 2004 books.google.fr
  38. Ce monument, ainsi que celui élevé en 1932 à la mémoire du général Mangin à Paris, sont détruits par les Allemands en 1940, en même temps que le monument Aux Héros de l'Armée Noire érigé à Reims en 1924, Charles Lieutenant-Colonel Mangin, La force noire, L'Harmattan, 2011 books.google.fr
  39. Belkacem Recham (Docteur en histoire, Université Marc-Bloch - Strasbourg II), Les indigènes nord-africains prisonniers de guerre (1940-1945), Guerres mondiales et conflits contemporains, P.U.F., 2006/3 (n° 223), p. 109-125 Cairn.info
  40. Enseigner la mémoire, Les anciens combattants indigènes de la 2e guerre mondiale CNDP.FR Ministère de l'Éducation nationale
  41. Mike Thomson, Paris liberation made 'whites only', Document, BBC Radio 4, lire en ligne.
  42. Brahim Senouci, Préface de Stéphane Hessel, Algérie, une mémoire à vif: Ou le caméléon albinos, L'Harmattan, 2008, page 84 [2]
  43. Bilan de la Seconde Guerre mondiale, RFI, 10 mai 2010, lire en ligne.
  44. (...) de novembre 1944 à mars 1945, le nombre d’autochtones rapatriés en AOF (Afrique-Occidentale française) (...) s’élève à 9 678, soit 3 261 ex-prisonniers et 6 334 rapatriés de France (...), Gilles Aubagnac, Le retrait des troupes noires de la 1ere Armée, dans la Revue historique des armées, n°2, 1993, pages 34 à 46
  45. Armelle Mabon, Les prisonniers de guerre "indigènes" Visages oubliés de la France occupée, La Découverte, 2010 lire en ligne
  46. Considérant le détachement en état de rébellion, le général Dagnan, avec l’accord du général de Boisboissel, a alors décidé de faire une démonstration de force le 1er décembre 1944, Armelle Mabon, historienne, maître de conférences à l'université de Bretagne-Sud, Sénégal : le camp de Thiaroye, part d’ombre de notre histoire, Libération, 25 décembre 2012 lire en ligne
  47. Julien Fargettas, Les tirailleurs sénégalais - Les soldats noirs entre légendes et réalités, 1939-1945, Taillandier, coll. Histoires d'aujourd'hui, 2012.
  48. Susana Borda Carulla, Marie Brochard, Yves Charbit, Faire dialoguer les disciplines en sciences humaines et sociales. Épistémologie et études de cas, Éditions L'Harmattan,‎ 2014, p. 99
  49. Histoire du Sénégal : Les tirailleurs sénégalais
  50. Loi n° 59-1454 du 26 décembre 1959
  51. Voir le site du Sénat français
  52. Voir notamment l'arret Diop du Conseil d'État du 30 novembre 2001, N° 212179
  53. « Nos anciens avaient trop le sens de l'honneur et le respect de la personne humaine pour donner un nom méprisant à nos soldats africains », Maurice Rives et Robert Dietrich, Héros méconnus, 1914-1918 1939-1945, Frères d'armes, 1993, p.12.
  54. Nutrial a utilisé à nouveau ce slogan, ce qui lui a été reproché par des associations comme le Collectifdom. En 2006, un accord a été trouvé et le slogan à nouveau retiré des produits dérivés de la marque :Banania abandonne Y a bon !, AgoraVox
  55. Jean Watin-Augouard, Petites histoires de marques, Éditions d'Organisation- TM Ride, 2003, p. 79-80
  56. Le français et les langues historiques de la France, par Hervé Abalain.
  57. La Légion d'Honneur, site france-phaleristique.com
  58. La Légion d'Honneur a été décernée le 14 juillet 1913 au Drapeau du 1er Régiment de Tirailleurs Sénégalais pour reconnaître et récompenser les services rendus par les Sénégalais pendant la période d'expansion coloniale succédant à la guerre de 1870-1871
  59. Décision n° 150F du 21 mars 1919. A la dissolution du 43e BTS, le ministre de la Guerre confère la croix de guerre et la fourragère gagnées par cette unité au 1er régiment de tirailleurs sénégalais, ancêtre de tous les bataillons de Sénégalais
  60. Les troupes coloniales dans la Grande Guerre, Antoine Champeaux
  61. Ordre Général N°46 du Général Commandant Supérieur des Troupes du Groupe de l'A. O. F., du 10 juin 1919. Le 43e Bataillon de tirailleurs sénégalais, titulaire de quatre citations à l’ordre de l’armée, se voit attribuer la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire. Formation constituée pour le conflit, le bataillon est dissous le mois suivant. Sa Croix de Guerre 1914-1918 avec quatre palmes et sa fourragère sont alors transmises au 1er Régiment de tirailleurs sénégalais.
  62. Armée Française, Les armées françaises d'outre-mer, Impr. nationale, 1931, v3, p.70

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Marc Michel, Les Africains et la Grande Guerre. L'appel à l'Afrique (1914-1918), Karthala, 2003 (source initiale de l'article)
  • Jean-François Mouragues, Une Histoire Oubliée. Marche Sempre Mai Morirem. Les tirailleurs sénégalais. Perpignan 1923-1940, Cap-Béar éditions (1325 avenue de la Salanque 66000 Perpignan), 2012.
  • Jean-François Mouragues, Soldats de la République. Les tirailleurs sénégalais dans la tourmente France mai-juin 1940. L'Harmattan, 2010.
  • Antoine Champeaux, Eric Deroo et Janos Riesz, Forces noires des puissances coloniales européennes Lavauzelle, 2009
  • Rodolphe Alexandre, La Révolte des tirailleurs sénégalais à Cayenne, 24-25 février 1946, 1995, 160 p. (ISBN 2738433308)
  • Lucie Cousturier, Des inconnus chez moi (Tirailleurs sénégalais), Paris, 1920, 292 p.
  • Aissatou Diagne, Le Sénégal et la guerre d’Indochine : Récit de vie de Vétérans, Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1992, 179 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Eugène-Jean Duval, L'épopée des tirailleurs sénégalais, Paris, L'Harmattan, 2005, 450 p. (ISBN 274758593X)
  • Jean-Charles Jauffret, Soldats de la plus grande France, Université Montpellier III, article d’armées d’aujourd’hui, mai 1994
  • Mar Fall, Les Africains noirs en France : des tirailleurs sénégalais aux ... blacks, Paris, L'Harmattan, 1986, 115 p. (ISBN 2858028648)
  • Julien Fargettas, Les tirailleurs sénégalais - Les soldats noirs entre légendes et réalités, 1939-1945, Taillandier, coll. Histoires d'aujourd'hui, janvier 1012, (ISBN 978-2-84734-854-5).
  • Historique du 2ème Régiment de Tirailleurs sénégalais, 1892-1933, Paris, 1934, 208 p.
  • Fayez Samb, La patrouille du caporal Samba : tirailleurs sénégalais à Lyon, Paris, L'Harmattan, 2003, 58 p. (ISBN 2747551156)
  • Chantal Antier Renaud, Les soldats des colonies dans la Première Guerre mondiale, Éditions France Ouest, 2008
  • Moulaye Aïdara, L'histoire oubliée des tirailleurs sénégalais de la Seconde Guerre mondiale, Éditions Le manuscrit, 2005
  • Michel Verger, Les tirailleurs sénégalais, publié dans la revue Être et Durer, numéro 46, octobre 2007 lire en ligne
  • Brahim Senouci, Préface de Stéphane Hessel, Algérie, une mémoire à vif: Ou le caméléon albinos, L'Harmattan, 2008 books.google.fr
  • Raphaël Onana, Un homme blindé à Bir-Hakeim, Éditions L'Harmattan, 1996, 272 p. ((ISBN|2-7384-4239-0))
  • John Kristian Sanaker, La rencontre des langues dans le cinéma francophone, L'harmattan Coll. Cinéma et Société, 2011 books.google.fr
  • Nancy Lawler, Soldats d'infortune - Les tirailleurs ivoiriens de la Deuxième guerre mondiale, L'Harmattan, 1996 books.google.fr
  • Jean-Yves Le Naour, La honte noire. L'Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945, Essai Hachette, 2004 books.google.fr
  • Charles Lieutenant-Colonel Mangin, La force noire, L'Harmattan, 2011 books.google.fr
  • Raffael Scheck, Une saison noire. Les massacres de tirailleurs sénégalais (mai-juin 1940), Paris, Tallandier, 2007 books.google.fr
  • (en) (de) Raffael Scheck, Hitler’s African victims. The German Army massacres of Black French soldiers in 1940. Cambridge UP 2006, (ISBN 9780521857994); en allemand: Hitlers afrikanische Opfer. Die Massaker der Wehrmacht an schwarzen französischen Soldaten. Assoziation A, Berlin 2009 (ISBN 3935936699)
  • (en) Myron Echenberg, Colonial conscripts: the Tirailleurs sénégalais in French West Africa, 1857-1960, Portsmouth, N.H., Heinemann ; Londres, Currey, 1991, 236 p. (ISBN 0435080482)
  • (de) (fr) János Riesz et Joachim Schultz (sous la direction de), "Tirailleurs sénégalais" : zur bildlichen und literarischen Darstellung afrikanischer Soldaten im Dienste Frankreichs. Présentations littéraires et figuratives de soldats africains au service de la France, Francfort-sur-le-Main, P. Lang, 1989, 280 p. (ISBN 3631415559)
  • Eugène-Jean Duval, L'épopée Des Tirailleurs Sénégalais, L'Harmattan,‎ 2005 (ISBN 9782747585934)Document utilisé pour la rédaction de l’article

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Moulaye Aidara, L'histoire oubliee des Tirailleurs senegalais de la Seconde Guerre mondiale, IEP Aix-Marseille et UMR 5609 ESID CNRS (Montpellier III), DEA histoire militaire, sécurité et défense, 2000 memoireonline.com
  • Charles Victor Berger, Considérations hygiéniques sur le bataillon de Tirailleurs sénégalais, Université de Montpellier, Thèse de médecine, 1868, 68 p.
  • Henriette Marième Niang, Les soldats sénégalais de l’armée coloniale française en Indochine, Dakar, Université de Dakar, Mémoire de Maîtrise, 1986.
  • Julien Fargettas, La révolte des tirailleurs sénégalais de Tiaroye. Entre reconstructions mémorielles et histoire, Vingtième Siècle, revue d'histoire, Presses de Sciences Po, 2006/4 (n°92), page 117-130 Cairn.info
  • Belkacem Recham (Docteur en histoire, Université Marc-Bloch - Strasbourg II), Les indigènes nord-africains prisonniers de guerre (1940-1945), Guerres mondiales et conflits contemporains, P.U.F., 2006/3 (n° 223), pp.109-125 Cairn.info
  • Ministère de l'Éducation nationale, Enseigner la mémoire, Les anciens combattants indigènes de la 2e guerre mondiale lire en ligne

Filmographie[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Document audiovisuel sur l'exposition La France d'outre-mer dans la guerre au Grand Palais en 1945, Les Actualités Françaises, 26 octobre 1945, 2'36 Institut national de l'audiovisuel
  • Éric Deroo, L'histoire oubliée : soldats noirs, Les Films du Village, ADAV, Paris, 1985-2003, 52' (DVD)
  • Patrice Robin et Evelyne Berruezo, Le Tata, 1992, 60'
  • Christian Richard, Pour mémoire, production Handicap International, 1992, 52'
  • Didier Bergounhoux et Claude Hivernon, La Reconnaissance. Anciens combattants, une histoire d'hommes, moyen métrage, 2005 africine
  • Dario Arce et Rafael Gutierrez, Le Tata sénégalais de Chasselay, Mémoires du 25° RTS, Productions Chromatiques, TLM, 2007, 52'
  • Théogène Karabayinga, Mémoires de tirailleurs - Les anciens combattants d'Afrique noire racontent..., Frémeaux et Associés, 2010 (triple CD)

Fictions et docu-fiction[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Diop PM (2011) Guide des archives du Sénégal colonial. Éditions L'Harmattan.