Maréchal de France

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Le bâton du maréchal de France.
Insigne de maréchal de France, 7 étoiles.

Le maréchalat de France est la plus haute distinction militaire française. Le titre de maréchal de France, ou d'amiral de France – son équivalent pour les marins – constitue une dignité dans l'État. La France ne compte à l'heure actuelle aucun maréchal vivant. Entre 1190 et 1984, il y eut, au total, 342 maréchaux de France.

Sommaire

[modifier] Historique

[modifier] Époque monarchique

À son origine, le maréchal de France n'a qu'un rôle d'intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du XIIIe siècle, tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, vers 1190.

Après l'abolition de l'office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l'armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu'il confie au plus prestigieux de ses maréchaux.

En plus de leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l'ordre dans les campagnes, par l'intermédiaire des prévôts des maréchaux, d'où l'appellation de « maréchaussée » donnée à l'ancêtre de la gendarmerie.

Jusqu'en 1793, date de l'abolition de cette charge, il y eut 263 maréchaux de France.

[modifier] Révolution, Empire, XIXe siècle

Le maréchalat est aboli par la Convention le 21 février 1793.

Le sénatus-consulte du 18 mai 1804 établit des « maréchaux d’Empire ». Sous le Premier Empire, on parle, en toute rigueur de terme, de « maréchal de l'Empire français ».

Avec la Restauration, les maréchaux d’Empire deviennent maréchaux de France.

La loi du 4 août 1839 prévoit que le nombre des maréchaux de France est de six au plus en temps de paix et qu'il pourra être porté à douze en temps de guerre. Lorsqu'en temps de paix l'effectif est en excédent du chiffre réglementaire, il peut cependant être fait une promotion pour trois vacances.

Sous le Second Empire, Napoléon III n'en change pas le titre. Les maréchaux de France deviennent membres de droit du Sénat.

Lors de la Troisième République, la fonction étant perçue comme trop liée avec l'Empire, aucun maréchal de France n'est créé avant la Grande Guerre. Le dernier maréchal, Canrobert, meurt en 1895.

[modifier] XXe siècle

C'est durant la Première Guerre mondiale que la dignité est rétablie. Les deux derniers maréchaux de France sont Alphonse Juin (1888-1967) et Marie Pierre Kœnig (1898-1970), créé maréchal à titre posthume par le décret du 6 juin 1984.

Actuellement, comme cela est précisé à l'article 4 de la loi du 13 juillet 1972, le « titre de maréchal de France et le titre d'amiral de France constituent une dignité dans l'État ».

Le maréchalat est donc un titre et une dignité, non un grade. Il est symbolisé par 7 étoiles (contre 5 étoiles pour le grade le plus élevé, général d'armée). L'autre symbole du maréchalat est le bâton de velours bleu parsemé d’étoiles sur lequel est écrit : Terror belli, decus pacis (Terreur durant la guerre, ornement pour le temps de paix).

Il n'y a pas de condition particulière pour être élevé à la dignité de Maréchal de France. La coutume demande que l'on ait commandé en chef une armée et obtenu la victoire ; il n'est pas nécessaire que cette victoire ait été emportée sur le sol national.

Contrairement à une idée répandue, la dignité de maréchal de France a été décernée tout au long du XXe siècle par décret et non par voie législative. Toutefois, une loi a pu préalablement autoriser un décret. Ainsi, l'élévation à la dignité de maréchal de Jean de Lattre de Tassigny s'accomplit par le décret du 15 janvier 1952 faisant suite à la loi du même jour dont l'article 2 dispose que « Le gouvernement est autorisé à conférer, à titre posthume, la dignité de Maréchal de France au général d'armée Jean de Lattre de Tassigny ». De même, la loi du 11 juillet 1952 autorise le Président de la République à promulguer par décret le 23 août 1952 l'élévation du général Leclerc à la dignité de maréchal de France. Toutefois, ces deux lois émanaient du gouvernement (projet de loi et non proposition de loi).

Les textes officiels français ont du mal à s'accorder sur l'usage de la majuscule (« Maréchal de France » ou « maréchal de France »).

Enfin, il existait, jusqu'au XIXe siècle, une dignité supérieure à celle de Maréchal : celle de Maréchal général des camps et armées du roi.

[modifier] Privilèges liés au maréchalat

Les maréchaux ont droit à une dotation personnelle pour frais de représentation de 9 000 francs. Cette dotation est fixée par l'article 1 du décret du 2 août 1960, toujours en vigueur.

La loi du 27 mars 1929 disposait que les maréchaux ainsi que les généraux ayant commandé pendant la Première Guerre mondiale pouvaient être inhumés à l'hôtel national des Invalides.

Par voie législative, des suppléments de pensions ont été accordées aux veuves des maréchaux (loi du 14 avril 1929) avec des dispositions spéciales pour la veuve du maréchal Foch (loi du 29 mars 1929) et la veuve du maréchal de Lattre de Tassigny (loi du 11 juillet 1952). Une autre loi dite personnelle exonéra la veuve du maréchal Juin de droits de succession le 28 décembre 1967.

[modifier] Familles

Le maréchalat de France conférait aux familles une illustration d'autant plus appréciée qu'elle était rare et correspondait généralement à une réelle valeur militaire. Parmi les familles qui ont donné au moins deux maréchaux (ou amiraux), l'on trouve :

2 maréchaux 3 maréchaux 4 maréchaux 5 maréchaux 12 maréchaux
Aubusson Broglie Clément Durfort Montmorency
Brienne Coligny Cossé-Brissac Choiseul
Nompar de Caumont Créquy Gontaut-Biron
Fitz-James Estrées Harcourt
Franquetot Lévis Noailles
Goÿon Ornano
Joyeuse Schomberg
La Baume Grenier
La Chatre
La Marck
La Tour d'Auvergne
Le Meingre
Rieux
Rohan
Rouxel
Sancerre
Trivulce
Gramont

[modifier] Héraldique

Les maréchaux de France portent pour marque de leur dignité, derrière l'écu de leurs armes deux bâtons d'azur, passés en sautoir, semés : de fleurs-de-lys d'or sous l'Ancien Régime et la Restauration, d'aigles d'or sous le Premier Empire et d'étoiles du même depuis la Monarchie de Juillet[1]. Le semé utilisé sous le Second Empire est à déterminer.

[modifier] Les Capétiens

[modifier] Six maréchaux sous Philippe II Auguste, de 1180 à 1223

[modifier] Huit maréchaux sous Louis IX, saint Louis, de 1226 à 1270

[modifier] Quatre maréchaux sous Philippe III le Hardi, de 1270 à 1285

[modifier] Six maréchaux sous Philippe IV le Bel, de 1285 à 1314

[modifier] Un maréchal sous Louis X le Hutin, de 1314 à 1316

[modifier] Trois maréchaux sous Philippe V le Long, de 1316 à 1322

[modifier] Un maréchal sous Charles IV le Bel, de 1322 à 1328

[modifier] Les Valois

[modifier] Cinq maréchaux sous Philippe VI de Valois, de 1328 à 1350

[modifier] Quatre maréchaux sous Jean II le Bon, de 1350 à 1364

[modifier] Deux maréchaux sous Charles V le Sage, de 1364 à 1380

[modifier] Neuf maréchaux sous Charles VI, le Bien-Aimé, de 1380 à 1422

[modifier] Six maréchaux sous Charles VII, de 1422 à 1461

[modifier] Quatre maréchaux sous Louis XI, de 1461 à 1483

[modifier] Deux maréchaux sous Charles VIII, de 1483 à 1498

[modifier] Les Valois Orléans

[modifier] Quatre maréchaux sous Louis XII, de 1498 à 1515

[modifier] Les Valois Angoulême

[modifier] Onze maréchaux créés par François Ier entre 1515 et 1547

[modifier] Cinq maréchaux créés par Henri II, de 1547 à 1559

[modifier] Un maréchal créé par François II en 1559

[modifier] Sept maréchaux créés par Charles IX, de 1560 à 1574

[modifier] Huit maréchaux créés par Henri III, de 1574 à 1589

[modifier] Les Bourbons

[modifier] Onze maréchaux créés par Henri IV entre 1592 et 1610

[modifier] Trente-deux maréchaux créés par Louis XIII, entre 1613 à 1643

[modifier] Cinquante-quatre maréchaux créés par Louis XIV, entre 1643 et 1715

[modifier] Quarante-neuf maréchaux créés par Louis XV de 1715 à 1774

[modifier] Vingt-et-un maréchaux créés par Louis XVI, de 1774 à 1792

[modifier] Premier Empire

Bâton de maréchal sous le 1er Empire.

Napoléon Ier a élevé vingt-six de ses généraux à la dignité de maréchal de France.

[modifier] Vingt-six maréchaux sous Napoléon Ier, de 1804 à 1815

Ils ont donné leurs noms aux boulevards des maréchaux, boulevard circulaire entourant Paris à l'intérieur des fortifications. Sur les 26 maréchaux de Napoléon, 7 sont morts dans le contexte de l'épopée (Bessière emporté par un boulet, Lannes par blessures mortelles, Poniatowski échappant à l'ennemi emporté par les eaux, Berthier défenestré, Brune assassiné, et Murat et Ney exécutés).

[modifier] La Restauration (1814-1830)

[modifier] Huit maréchaux créés par Louis XVIII, entre 1814 à 1823

[modifier] Trois maréchaux créés par Charles X, entre 1827 et 1830

[modifier] La Monarchie de Juillet

[modifier] Dix maréchaux sous Louis-Philippe Ier, de 1830 à 1848

[modifier] La IIe République

[modifier] Sept maréchaux sous Louis-Napoléon Bonaparte (Napoléon III), président de la République de 1848 à 1852

[modifier] Le Second Empire

[modifier] Douze maréchaux sous Napoléon III empereur, de 1852 à 1870

[modifier] La IIIe République

[modifier] Trois maréchaux sous Raymond Poincaré, de 1913 à 1920

Maréchal Joffre Maréchal Foch Maréchal Pétain

[modifier] Cinq maréchaux sous Alexandre Millerand, de 1920 à 1924

Maréchal Gallieni Maréchal Lyautey Maréchal Franchet d'Esperey Maréchal Fayolle Maréchal Maunoury

[modifier] La IVe République

[modifier] Trois maréchaux sous Vincent Auriol, de 1947 à 1954

statut du Maréchal de Lattre de Tassigny Maréchal Leclerc alors général

[modifier] La Ve République

[modifier] Un maréchal sous François Mitterrand, de 1981 à 1995

le Maréchal Kœnig, alors général, avec Eisenhower

[modifier] Bibliographie

Geneviève Maze-Sencier, Dictionnaire des maréchaux de France du Moyen Age à nos jours, Perrin, Paris, 2000

[modifier] Notes et références

  1. Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France, Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
  2. Louis Moréri et Jean Le Clerc, Le grand dictionnaire historique sur le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, vol. 3, Halma, 1692, 6e éd. [lire en ligne] 
  3. Ce n'est pas le célèbre d'Artagnan, juste un parent éloigné
  4. Dictionnaire des maréchaux de France, éditions Perrin.
  5. Le verdict de la Haute Cour de justice du 15 août 1945 frappe d'indignité nationale Philippe Pétain, ce qui implique « la perte du rang dans les forces armées et du droit à porter des décorations », de facto il est déchu de son titre (de sa « dignité ») de maréchal de France.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Lien externe

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