Nicolas Changarnier

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Officier général francais 3 etoiles.svg Nicolas Changarnier
Portrait de Nicolas Changarnier paru dans Le Trombinoscope de Touchatout en 1872.
Portrait de Nicolas Changarnier paru dans Le Trombinoscope de Touchatout en 1872.

Surnom général Bergamote
Naissance 26 avril 1793
Autun
Décès 14 février 1877, (à 83 ans)
Versailles
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie de ligne
Grade Général de division
Années de service 1818 – 1870
Conflits Expédition d'Espagne (1823), Conquête de l'Algérie, Guerre de 1870
Commandement commandant de la division de Paris et de la Garde Nationale, commandant en chef de la 1e division
Faits d'armes Expédition d'Espagne (1823), Coudiat-Aty (1836), prise de Cherchell.

Nicolas Anne Théodule Changarnier, né à Autun le 26 avril 1793 et mort à Versailles le 14 février 1877, est un général et homme politique français. Il fut candidat monarchiste à l'élection présidentielle française de 1848.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de gentilshommes royalistes, il compte parmi ses aïeux le guerrier qui défendit, en 1638, la place de Saint-Jean-de-Losne.

Au moment de sa naissance, son père Nicolas Changarnier, était emprisonné par la République comme royaliste et ennemi de la Révolution.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Sorti sous-lieutenant de l'École militaire de Saint-Cyr, il entra au service le 10 janvier 1815 comme garde-lieutenant dans l'ex-garde du corps du Roi, compagnie de Wagram, d'où il passa lieutenant dans la légion départementale de l'Yonne, devenue le 60e régiment d'infanterie de ligne.

Il se distingua dans la campagne espagnole de 1823, où le maréchal Moncey le signala comme s'étant particulièrement distingué dans les combats de Jorda et de Caldès, livrés par le 4e corps d'armée de Catalogne. Il dispersa avec un faible détachement un gros parti de cavalerie espagnole et s'empara du cheval du chef de cette troupe après l'avoir tué de sa main. Il fut cité deux fois le 25 juillet 1823, pour l'affaire de Jorba et le 14 août 1823 pour l'affaire de Caldès. Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 1er novembre 1823, et lieutenant dans la garde royale le 9 octobre 1825. Il devint ensuite capitaine au 2e régiment d'infanterie légère le 28 décembre 1828.

L’Algérie[modifier | modifier le code]

Il débarque, en 1830, en Afrique, et prend part à l'expédition d'Alger à la tête d'une compagnie et ses premières campagnes sur la terre algérienne n'offrent aucun trait saillant. Connu, cependant, dès lors pour un officier de mérite, il gagne tous ses grades à la pointe de l'épée sur divers champs de bataille. Parti avec son bataillon pour la province d'Oran en novembre 1835, il le commande par intérim à l'expédition de Mascara ; il se fait remarquer à l'avant-garde de la brigade Oudinot, à l'engagement de Sidi Embarek. Nommé chef de bataillon au 2e léger à la suite de cette campagne, il se conduit brillamment à la première expédition de Constantine en 1836, dans la division Trézel, où il forme avec son bataillon l'arrière-garde de la colonne[1]. Le commandant fut fait lieutenant-colonel, et vint passer quelques mois à Autun, sa ville natale, qui le reçut avec enthousiasme et fit exécuter un tableau reproduisant ce fait d'armes. Rentré en Afrique, Changarnier reçut le commandement supérieur du camp du Fondouck, point alors très important, à l'Est d'Alger.

Nommé lieutenant-colonel au 2e Léger en 1837, il participe en 1839, au lendemain de sa nomination de colonel du régiment, à l'expédition des Portes de Fer, dont le but était d'établir la grande communication qui devait relier Alger à Constantine. Changarnier accompagna alors le duc d'Orléans et eut un cheval tué sous lui, dans un combat d'arrière-garde. En 1839, le colonel Changarnier commandait une colonne mobile à Boufarik[2]. Le 29 janvier suivant, le colonel Changarnier, à la tête de avec 430 hommes, remporte la victoire sur plusieurs milliers de combattants Kabyles ; il reçoit la croix d'officier de la Légion d'honneur quelques jours plus tard[Quand ?].

Année 1840[modifier | modifier le code]

Le 3 mai 1840, à la prise de Cherchell par le maréchal Valée, qui avait sous ses ordres le duc d'Orléans, le 2e léger et son colonel eurent la principale part des fatigues et des dangers de l'opération. Le maréchal proclama que le succès de ce combat était dû à l'habileté et à l'énergie du colonel Changarnier. En récompense de ce fait d'armes, Changarnier eut l'honneur de former la colonne d'avant-garde pour l'attaque des hauteurs presque inaccessibles du Teniah de Mouzaïa[3].

En juin 1840, il s'agissait de ravitailler Milianah étroitement bloquée par les Arabes. Le maréchal confia le commandement de cette dangereuse expédition à Changarnier. Un corps de cinq mille hommes fut mis sous ses ordres; les colonnes Bedeau et Gentil en faisaient partie. Changarnier part, le 22, avec un immense convoi, trompe la vigilance d'Abd el-Kader et entre dans Milianah. Grâce à ses succès contre les Hajutas et les Kabyles, il reçoit la Croix de commandeur de la Légion d'Honneur. Il est nommé maréchal de camp le 21 juin 1840 après dix mois de grade de colonel seulement, et reçoit le commandement de la subdivision de Blida. En décembre suivant, le général Changarnier fut chargé de donner une leçon à Ben-Salem, l'un des plus habiles kalifas de l'Émir, en le forçant à lever le blocus de Cara-Mustapha, à l'est d'Alger[4]. Un nouveau ravitaillement de Milianah fut encore entrepris et opéré dans cette campagne par Changarnier, avec la même audace. Dans une autre expédition faite pour délivrer les environs de Milianah et pour retrouver la grande voie que suivaient les Romains pour franchir la première chaîne de l'Atlas, Chargarnier se distingua éminemment, s'empara du col de Mouzaïa et battit des ennemis dix fois plus nombreux.

Années 1841 et 1842[modifier | modifier le code]

En 1841, au ravitaillement de Médéah (les ravitaillements ont été une des grandes difficultés de la conquête française), Changarnier reçut à l'épaule, dans un combat d'arrière-garde, une blessure à bout portant, que l'on crut d'abord mortelle. Néanmoins; il refusa de quitter le commandement de la colonne, et l'appareil placé, il remonta à cheval et continua à diriger le combat. Après un court voyage en France, le général Changarnier revint en Afrique, où le général Bugeaud lui confia le commandement de l'une des trois divisions, des provinces d'Alger et de Tittery. Dans le courant d'avril et de mai 1842, il ravitailla encore une fois les places de Milianah et de Médéah[5]. Le résultat fut l'occupation de Cherchell, de Milianah, de Médéah et d'un point derrière les montagnes de l'Est, par deux bataillons mobiles et quelques cavaliers, qui garantissait qu'aucun ennemi sérieux ne pouvait traverser les monts. Le général Changarnier passa dans la vallée du Chéliff, reçut la soumission de nombreuses tribus et chassa jusqu'aux limites du désert, à 75 lieues d'Alger, les tribus non soumises. Plus de 60 000 têtes de bétail et 3 000 prisonniers restèrent au pouvoir des français.

Le 19 septembre 1842, il attaqua avec impétuosité une troupe nombreuse de Kabyles qui l'avaient enveloppé à l'improviste dans le ravin de l'Oued-Fodda et les tailla en pièces[6]. Au commencement de 1843, le général Changarnier, par des manœuvres, enveloppe le pays des Beni-Menacer que l'Émir avait soulevé et soumit définitivement ces montagnards. Après cette opération, il rentra en France et fut promu lieutenant-général (général de division) le 9 novembre 1843. En septembre 1847, le duc d'Aumale avait succédé au maréchal Bugeaud dans le gouvernement général de l'Algérie. Il désira avoir près de lui le général Changarnier dont il connaissait la capacité militaire. Suite à la révolution de 1848, le duc d'Aumale confia les fonctions de gouverneur général par intérim au général Changarnier.

La Révolution de 1848[modifier | modifier le code]

Il rentre en France début 1848, aidant le gouvernement provisoire à rétablir l'ordre. Il ne crut pas devoir accepter le portefeuille de la guerre qui lui était offert. Puis il retourne en Algérie au mois de mai pour succéder au général Louis Eugène Cavaignac comme gouverneur. Cependant, il est rapidement rappelé en France à la Constituante suite à son élection comme député de la Seine le 4 juin 1848. Falot, mais paré du prestige de l’uniforme et d’exploits exotiques autant que brutaux, il est choisi par « une poignée de légitimistes intransigeants » pour les représenter à l’élection présidentielle du 10 décembre 1848. Il n’obtiendra que peu de suffrages, loin derrière Lamartine (7910), l’avant-dernier des candidats[7].

Nommé par précaution commandant de la division de Paris et de la Garde Nationale, il met en pratique, comme en Algérie, une vision toute militaire de la politique. On le récompense par le titre de grand croix de la Légion d'Honneur le 5 avril 1849. Le 29 janvier 1849 était depuis longtemps promis à une immense agitation et à de graves périls. Cette journée n'eut toutefois qu'une issue pacifique, résultat qu'il doit être permis d'attribuer à l'attitude du général Changarnier et à ses énergiques dispositions[8]. Dès le 10 juin, des signes nombreux, des faits d'une haute gravité avaient donné la certitude que l'on touchait à une crise et que la société allait encore une fois être mise en demeure de pourvoir à son salut par la force des armes. Changarnier mande à Paris par le télégraphe ou par des courriers extraordinaires des bataillons d'infanterie et des régiments de cavalerie tirés des garnisons voisines. Le 12, une partie de la cavalerie devait surveiller et contenir toute tentative qui, de l'extérieur, aurait été faite pour favoriser l'insurrection.

Dans la matinée du 13, le général reçoit de son état-major des rapports unanimes pour signaler tout un plan d'insurrection devant aboutir à une révolution nouvelle[9]. À trois heures et demie, le général Changarnier était rentré à son quartier général des Tuileries ; une heure après, il reparaissait à côté du président de la République et traversait les rangs de la population. Le général Changarnier a reçu en août 1849 le cordon de grand officier de la Légion d'Honneur. Après la levée de l'état de siège, il est commandant en chef des troupes de la 1e division.

L’homme politique[modifier | modifier le code]

Il fut gouverneur général de l'Algérie ; représentant du peuple pour le département de la Seine en 1848 ; député nommé par les départements des Bouches-du-Rhône, de la Somme et de la Seine-et-Oise, en 1849. Ennemi avoué des institutions républicaines, il soutient néanmoins le pouvoir du président, mais à partir de janvier 1851, s'oppose à la politique de Louis-Napoléon Bonaparte et est en conséquence privé de ses commandements. Lors du coup d'État de décembre, il est arrête et envoyé à Mazas en attendant le décret du 9 janvier 1852 qui le bannit de France. Il revient en France après l'amnistie générale et réside dans ses terres en Saône-et-Loire.

En 1870, il rejoint le quartier général à Metz avec Bazaine. On l'envoie en mission auprès du prince Frédéric Charles commandant l'armée allemande qui encercle Metz. Lors de la capitulation il est fait prisonnier de guerre. À l'armistice, il retourne à Paris et le 8 février 1871 est élu à l'Assemblée nationale député de Saône-et-Loire. Il participe activement à la vie politique, défend la conduite du maréchal Bazaine et fait partie d'une commission chargée d'élaborer une constitution monarchique. Il dirige également à partir de septembre 1871 la Commission de révision des grades chargée de vérifier toutes les nominations conférées par le gouvernement du 4 septembre. Quand le comte de Chambord refuse le compromis, il propose la résolution d'étendre le pouvoir du maréchal de Mac-Mahon pendant 10 ans. Il est élu sénateur inamovible le 10 décembre 1875.

On[Qui ?] dit que son opposition au Second Empire l'empêcha d'obtenir le bâton de maréchal que de brillants états de service et une réelle influence politique auraient rendu possible.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est là le véritable point de départ de sa fortune militaire. Il commandait l'extrême arrière-garde, à Coudiat-Aty. Les premières lignes ayant fléchi, il forme sa troupe en bataillon carré. Il a un mot historique, avant de sauver l’armée de la cavalerie ennemie : « Soldats du 2e Léger, regardez ces gens-là en face : ils sont six mille et vous êtes trois cents. Vous voyez que la partie est égale. » Ses soldats, électrisés, attendent l'ennemi à portée de pistolet et le repoussent par un feu de deux rangs des plus meurtriers. L'ennemi, renonçant alors aux charges, reprit son système de tiraillement et fut pendant tout le reste de la journée contenu à distance, tant par le bataillon de Changarnier que par le 63e de ligne et quelques escadrons de chasseurs. Ce fait d'armes passa d'abord inaperçu. Plus tard, le maréchal Clausel, dans son rapport au ministre de la guerre, crut devoir le signaler avec éloge.
  2. Plus de 2 000 Arabes essaient d'enlever le troupeau du camp. Le colonel court sur eux, les met en déroute, les poursuit, et les culbute dans la Chiffa, après leur avoir tué un grand nombre d'hommes. Quelques jours après, au combat d'Ouad-Lalleg, l'armée arabe, composée de l'infanterie régulière de l'Émir et de toutes les forces des deux kalifas de Médéa et de Milianah, avait pris position sur la berge de l'ancien lit de l'Oued-el-Kébir. Cette position était idéale ; il fallait, pour atteindre l'ennemi, traverser sous ses feux un ravin profond. Le 2e léger, ayant à sa tête Changarnier, le 23e de ligne, le 1e chasseurs, commandé par Bourjolly, s'y précipitent, gravissent la berge opposée, sans tirer un coup de fusil et chargent les Arabes qui, effrayés, veulent se mettre en retraite, mais il était trop tard : les colonnes françaises les poursuivent la baïonnette dans les reins, les culbutent et les refoulent jusqu'au delà de la Chilfa. Ce combat eut pour résultat de forcer l'ennemi de repasser la première chaîne de l'Atlas. Il fit tomber dans le pouvoir français trois drapeaux, une pièce de canon, les caisses des tambours, 1 500 fusils et 300 cadavres de fantassins.
  3. Au signal donné aux colonnes qui frémissaient d'impatience au pied de l'Atlas, chacune d'elles s'avance sous une grêle de balles ; tous les retranchements dont se hérisse l'Atlas, sont successivement enlevés. Mais deux bataillons réguliers et d'innombrables troupes de Kabyles défendent la pointe formidable du pic. Les soldats du 2e léger sont parvenus, en se cramponnant des mains aux taillis et aux arbustes des roches, au pied des redoutes. Là, foudroyés par un feu terrible, les plus braves s'étonnent. Pans ce moment suprême, le colonel Changarnier plaçant froidement son épée sous le bras, s'écrie, en se tournant vers le 2e léger : En avant, à la baïonnette! A sa voix, les rangs se resserrent, les redoutes sont enlevées, les Arabes sont culbutés dans les ravins, et le drapeau du 2e léger déploie ses couleurs sur les plus hautes cimes de l'Atlas.
  4. Le 19, au point du jour, il tombe sur les Arabes qui, surpris, fuient en désordre sur la rive opposée du Boudouaou ; mais Changarnier fait passer rapidement la rivière au 1e régiment de chasseurs d'Afrique que l'infanterie devait soutenir. Beaucoup de morts, des prisonniers, des chevaux, des mulets, des armes, des bagages attesteront sa victoire. Ben-Salem surpris, couché encore, s'était jeté à moitié nu sur un cheval.
  5. Il trouve le secret, tout en conduisant ces travaux, de faire des prises à l'ennemi par des détachements que la nuit il lance sur ses flancs. Cependant, le général Bugeaud combina avec le général Changarnier une grande opération dans les montagnes, dans le but d'ouvrir et d'assurer nos communications entre Milianah et Médeah, et de permettre d'approvisionner ces places sans le secours des grosses colonnes, mais par les indigènes eux-mêmes et sans escorte. Le général Changarnier dut pénétrer la chaîne des montagnes entre le Zaccar et la mer ; il entra par le col de Mali, plus difficile que celui de Mouzaïa. La colonne traversait un pays où jamais les Turcs n'avaient osé pénétrer, et n'avait souvent qu'un sentier sur lequel il fallait défiler homme par homme, cheval par cheval. L'arrière-garde était souvent attaquée par les Kabyles qui lui faisaient éprouver des pertes cruelles. Le général Changarnier en terminant cette laborieuse campagne de neuf jours, rendit lui-même hommage à l'énergie et au dévouement de sa division qui considérait les combats d'arrière-garde comme des dédommagements.
  6. Le maréchal gouverneur, en apprenant ce combat, s'écria : « II n'y avait que Changarnier pour se tirer de là. »
  7. M. Agulhon, 1848 ou l'Apprentissage de la République, p. 84-85
  8. cette hypothèse est toutefois discutée, notamment par Henri Guillemin dans son ouvrage "Le coup du 2 décembre" (1951), qui soutient plutôt celle d'un coup de force avorté du Général Changarnier
  9. Ces rapports se succèdent avec rapidité, la colonne s'étend, se déroule et déjà touche de son front la place de la Madeleine et presque le palais de l'Assemblée. Jusque-là, Changarnier reste calme et impassible ; mais il monte à cheval à midi et demi et rencontre la colonne sur les boulevards. Les sommations légales sont faites ; la colonne est chargée vigoureusement à droite et à gauche, un seul coup a suffi pour la disperser ; la grande ligne des boulevards est dégagée et reprise. Les dispositions ont été si bien prises que sur les deux rives de la Seine, toutes les positions importantes sont occupées et mises en état de défense. Partout un réseau de fer comprime, en se resserrant, les tentatives isolées, partout l'ordre est maintenu ou rétabli.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Général Ambert, Récits militaires : L'invasion (1870), Bloud & Barral, 1883, pp. 214–217
  • Comte d'Antioche, Changarnier, Plon-Nourrit, Paris, 1891
  • Théodule de Fontenay-Changarnier, Mémoires du Général Changarnier
  • Campagnes d'Afrique 1830-1848, Berger-Levrault, Paris, 1930

Source[modifier | modifier le code]

« Nicolas Changarnier », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]