Histoire de Mayotte

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Mayotte est une île de l'archipel des Comores, situé au milieu du canal de Mozambique. Elle a été marquée par l'histoire du monde maritime de l'Océan Indien, longtemps dépendante de la traditionnelle navigation saisonnière arabo-indienne et de l'irruption de ses marges africaines et malgaches avant de passer petit à petit sous hégémonie européenne. L'islam tolérant et structuré qu'elle a préservé indique un vieil héritage shirazien, apporté par des colons de la région d'Ormuz et du Hadramaout.

Origine du peuplement[modifier | modifier le code]

Seule la recherche archéologique, débutée depuis les années 1970, permet de documenter les premiers siècles du peuplement de l'île. Les principaux sites archéologiques de Mayotte qui ont été fouillés par les archéologues se situent en Petite Terre (Bagamoyo) et en Grande Terre (Dembéni, Acoua). Ils apportent la preuve que très tôt, Mayotte est connectée au reste de l'océan Indien, en tant que véritable plaque tournante entre l'Afrique swahili et Madagascar.'

Un peuplement envisageable dès le début du premier millénaire de notre ère[modifier | modifier le code]

Il se dessine, au travers des sources greco-romaines des Ier et IIe siècles (Pline l'Ancien et l'anonyme de Périple de la Mer Érythrée) que la région du canal du Mozambique était déjà connue, notamment pour la chasse des tortues de mer alimentant le commerce de l'écaille. Un peuplement saisonnier par des pêcheurs d'origine africaine est donc envisageable dès le début du premier millénaire de notre ère. Les découvertes récentes du professeur tanzanien Félix Chami en Grande Comores (grotte de Malé) permettaient d'envisager un "âge de pierre" durant cette époque pré-islamique.

La première période de peuplement (VIIIe-XIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Comme pour les autres îles de l'archipel des Comores, les premières migrations débutent au VIIIe siècle (le site archéologique de Koungou, au nord de Mayotte a fourni des charbons datés par analyse C14 du VIIIe siècle). L'origine de ces premiers habitants est multiple, Africains bantous et Austronésiens (ou Protomalgaches) originaires de l'archipel indonésien (Kalimantan et Sulawezi). Si l'arrivée d'Austronésiens se comprend par leur volonté de commercer avec l'Afrique, la présence bantoue serait le résultat soit de migrations volontaires venues coloniser l'ensemble comoro malgache, soit les signes d'une traite ancienne du fait des Austronésiens. En effet, au Xe siècle, le persan Borzog ibn Shariyar, dans les Merveilles de l'Inde, rapporte la présence de Wac wac (Austronésiens) à la côte du pays des Zenj (Zanzibar) venus quérir des esclaves.
En effet, dès le IXe siècle, le commerce entretenu par les Austronésiens entre Madagascar et la côte africaine où se développent les sociétés swahili est très intense et repose notamment sur l'exportation de fer produit à Mayotte (site de Dembeni IXe-XIIe siècle). Dès cette époque, des marchands arabo persans font escale dans l'archipel (nécropole de Bagamoyo) introduisant avec eux l'islam dans l'île.

Le site archéologique de Dembeni (IXe-XIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de Dembeni

Situé sur la côte orientale de Mayotte, surplombant une plaine côtière fertile, le site ancien de Dembeni (près du village actuel de Tsararano) est le plus important site médiéval de l'île tant par sa taille - plusieurs hectares - que pour ce qui a été trouvé suite aux recherches archéologiques, principalement conduites par Claude Allibert.

La superficie et la taille de certains dépotoirs témoignent d'une concentration humaine très élevée. La métallurgie y est attestée. Les lingots de fer ainsi produits était destinés au monde indien et au Moyen Orient. On a pensé jusque que dans les années 1980 que la prospérité de Dembeni était du au commerce du fer[1]. mais des recherches menées en 2013 semblent montrer que Dembéni était également une place de redistribution des produits malgaches, surtout le cristal de roche[1]. Celui-ci était extrait de mines malgaches et était débité à Dembeni où étaient retirés scories et parties impures[1]. Il était ensuite revendu à des marchands arabes, juifs et persans[1], le cristal de roche étant recherché par des ateliers d'Irak, d'Égypte et de Perse pour la confection d'objets de luxe. Des textes persans de l'époque indiquent d'ailleurs que le cristal de roche venait d'une île de la cote des Zdanj[1]. La période de prospérité de Dembeni correspond à la période de production des plus belles pièces de cristal de roche en Égypte et en Iran[1]. Ces activités expliquent l'incroyable prospérité du site où des objets originaires de Madagascar, du Moyen Orient et même de Chine ont été retrouvés en quantité. Une céramique originale, à engobe rouge et parfois graphitée, que l'on retrouve en abondance (peut-être la preuve d'une production locale) connaît une diffusion importante entre le IXe et le Xe siècle, de la côte occidentale de Madagascar aux cités swahili africaines et jusqu'à la péninsule arabique où des exemplaires ont été retrouvés sur le site archéologique de Sharma (Xe-XIIe siècles) en Hadramaout.

Quant à l'origine des Dembéniens, on s'accorde à reconnaître dans leur culture les caractéristiques des populations austronésiennes ou "proto malgaches" bien que certains indices trahissent une présence bantoue.

Ce site, malheureusement attaqué par l'urbanisation, n'a pas livré tous ses secrets : aucune sépulture n'y a été encore découverte et l'on ignore encore par conséquent si les Dembéniens étaient islamisés. Enfin les causes de l'abandon du lieu restent mal expliquées: une modification des réseaux commerciaux pourrait expliquer son déclin à partir du XIIe siècle lorsque des comptoirs tenus par des islamisés se développent directement à Madagascar et réduisent l'archipel des Comores au seul rôle d'escale.

L'époque des Fani bâtisseurs XIIIe-XVe siècle[modifier | modifier le code]

Les premières chefferies au XIe siècle[modifier | modifier le code]

Si le déclin du site de Dembéni au XIIe siècle est manifeste, d'autres communautés villageoises de taille réduite poursuivent néanmoins la mise en valeur agricole de l'île, jetant la trame villageoise actuelle.

Les premières enceintes fortifiées apparaissent (rempart de Majicavo, d'Acoua, etc.) et signalent dès cette haute époque l'existence de potentats locaux attribuables à des chefferies. L'élevage du zébu, déjà présent lors de la période Dembéni, se généralise: nombre de ces enclos villageois sont des enclos pastoraux. Ainsi, la constitution de cheptel, maîtrise du commerce et islamisation participent à l'apparition d'une aristocratie. Ainsi, s'élabore dès le XIe siècle une période nouvelle qui préfigure la structuration politique de l'archipel des Comores en sultanats : l'époque des Fani. Ce terme désigne les chefs, hommes ou femmes, islamisés et dirigeant l'espace villageois, entité politique alors indépendante.

Une influence croissante de la côte swahili[modifier | modifier le code]

Mayotte, comme le reste de l'archipel entre alors sous l'influence de la culture swahili, influence qui s'explique comme à Ngazidja et à Ndzuani par l'installation de nouveaux clans originaires de la côte swahili et sudarabique, venus principalement pour s'enrichir du commerce régional et propager l'islam[réf. nécessaire]. Ces nouvelles influences transforment profondément la société qui adopte le même mode de vie que les populations swahili de la côte africaine. C'est alors que des petites bourgades se constituent, prospérant du commerce des esclaves principalement et de l'exportation des productions agricoles (viandes, riz). Les premières habitations en pierre, résidences des élites révélées par l'archéologie, apparaissent dès le XIVe siècle. Les rivalités entre ces localités et peut-être déjà entre les îles, se traduisent par la multiplication des sites fortifiés. Les principales localités d'alors sont Mtsamboro, Acoua, Tsingoni, Bandrélé... qui connaissent un fort développement et amorcent un processus d'urbanisation.

L'islamisation des élites[modifier | modifier le code]

Si les sépultures islamiques de la nécropole de Bagamoyo (IXe-Xe siècle) témoignent d'une présence ancienne de l'islam dans l'île, le nombre croissant de découvertes de sépultures musulmanes datées des XIe et XIIe siècles atteste d'une islamisation massive des élites mahoraises autour du XIIe siècle, ce qui rejoint les écrits d'al Idrisi qui au XIIe siècle rapporte que les élites de l'archipel sont musulmanes. Si l'islam sunnite chaféite, développé à la côte swahili, est imposé par le sultanat shirazi au XVe siècle, il n'en a pas toujours été ainsi puisque le soufisme chiite et l'ibadisme ont laissé des traces sur l'île : au travers du nom de certains fani, de la vénération des tombes des saints – ziara – et de l'existence sur le site de Mitseni des vestiges d'une mosquée ibadite antérieure à la mosquée chaféite, enfin dans la légende, datée des XIVe et XVe siècles, de Matsingo et de son époux Mwarabu (l'Arabe), ce dernier veut enseigner l'islam chaféite aux chefs de l'île et voit le refus de certains prétextant qu'ils ont déjà leurs propres traditions islamiques.

Les mosquées anciennes de Mayotte[modifier | modifier le code]

Bien que des sépultures islamiques aient été découvertes dans la nécropole de Bagamoyo (Petite-Terre) pour les IXe-Xe siècles, aucune mosquée remontant à cette haute époque n'a encore été révélée à Mayotte, d'une part parce que la recherche archéologique est encore très insuffisante dans ce domaine et d'autre part parce que les édifices religieux de cette époque étaient construits en matériaux périssables et n'ont donc laissé peu de traces visibles pour orienter une fouille archéologique.

Une vingtaine de mosquées anciennes existent à Mayotte et la très grande majorité sont ruinées du fait de l'abandon de ces anciens villages à la fin du XVIIIe siècle. Leur datation est très incertaine : les plus anciennes pourraient remonter au XIVe siècle mais seule la date de construction de la mosquée de Tsingoni est aujourd'hui acquise grâce à une inscription conservée dans son mihrab. En effet, le sultan Aïssa (ou Ali) ben Mohamed embellit la première mosquée signalée dès 1521 par l'ajout d'un mihrab en 1538.

Les mosquées anciennes de l'île présentent les mêmes grandes caractéristiques empruntées à l'architecture religieuse swahili elle-même copiée des mosquées du Hadramaout : une salle de prière avec mihrab encadré par deux couloirs latéraux accessibles par une cour où est placé un bassin pour les ablutions. Ces mosquées n'ont pas de minaret et, de taille modeste, ne peuvent accueillir qu'une cinquantaine d'hommes. Les toitures étaient principalement réalisées avec une couverture végétale à deux pans, mais Tsingoni possédait une toiture plate soutenue par des piliers dans la salle de prière. Les murs, construits en blocs de pierre et de corail sont généralement couverts d'enduit de chaux et ne possèdent pas d'autre décoration. Le mihrab de Tsingoni, réalisé à partir de corail sculpté, est à ce titre un exemplaire remarquable et unique dans l'île de l'art religieux dont on retrouve des parallèles à Domoni (Anjouan) et dans les anciennes cités swahili de la côte africaine.

Une société esclavagiste dirigée par les élites islamisées[modifier | modifier le code]

La société d'alors, est dominée par l'aristocratie Fani. Cosmopolite, elle est le fruit du brassage entre l'ancienne aristocratie et les nouveaux clans. L'essentiel de la population n'en reste pas moins composée d'esclaves qui ont grandement contribué à peupler et mettre en valeur l'île. En effet, au cours des XIIIe-XIVe siècle, le nombre de villages ne cesse d'augmenter, croissance démographique soudaine que seul le recours à l'esclavage peut expliquer.

C'est d'ailleurs à cette époque que se développent les ports Antalaotra de la côte malgache, ports dont la prospérité est due à l'exportation des esclaves originaires des hauts plateaux malgaches (pays Hova) vers le Moyen-Orient via les Comores et les cités swahili. De nombreux indices (témoignages portugais) laissent entendre que les Comores importent aussi des esclaves africains. On entrevoit alors que dès les XIVe-XVe siècle, « l'élevage des esclaves » décrit en 1521 par Piri Reis est une spécialité déjà ancienne des Comores.

C'est donc dans une société largement intégrée au grand commerce, et principalement la traite des esclaves, et ayant adopté depuis plus d'un siècle le mode de vie swahili que vont s'épanouir au XVe siècle les premiers sultanats fondés par des princes swahili de la lignée prestigieuse des Shirazi.

La liste des Fani de Mayotte[modifier | modifier le code]

Il s’agit de la liste la plus complète connue à ce jour. Découverte en 1979, elle fut étudiée et publiée par Claude Allibert et Saïd Inzoudine.

Chaque Fani est associé à une localité :

localité fani localité fani
Bandrele (1) Muguzu mubadini et Sao Maringa Nyombeni Kulu dunu
Pole Mwalimu Kashikazi Mtsapere Pir motuwabao
Kungu Zina wandru Longoni Bako miko tutu
Dzoumonié Mariamu Saba Marumba (2) Koho mutsanga
Saba mutsanga (2) Mama mutsanga Tsingoni Mamu shiko
Mtsamboro Mwalimu puru Acoua Bakari Karuwa maro
Karihani Mwana mungwana Maweni Waziri kutra
Munyombani Mwalimu shingi Sazile Mama sazile
Shungi(1) Fusuliyamini et Mamiya diva Wangani Makasa adamu
Wurini Bungo Soulou Maki musa
Domweli Miko dili Dembeni Kutra musa
Kwale Mwanesha musindzanu Hajangua Bandra musa
Huquzi (2) Malili Yabisha muhonkoni Handre Mamu kumila
Hamuro Mwalimu Khanakazi shombo Shaliwdji (2) Mwalimu mahodo
Muhuni (2) Muka rima Bambo Mwalimu Bambo
Mronabeja Mududu wabuzi Chirongi Pika
Mzuazia Mwalimu kali Majimbi moya Alimadi musay
Djimawe Alimadi kufu wa mungu tsimwana damu Hadipe (2) Marika yantsuzi
Pamandzi hashiwawa Madzina sharifu

1 : Deux Fani sont ainsi connus pour les villages de Bandrélé et Shungi. 2 : Localité inconnue


Les anciens mwalimu de Mayotte (manuscrit de Mkadara ben Mohamed, 1931).
Ce manuscrit fournit une liste des anciens mwalimu, légèrement différente de la liste précédente.

localité mwalimou
Shungi Diva Mame
Mayombini Mami Adina
Karihani ? Bedja Mhunguni et Malyaheja ben Bedja Mhunguni
Acoua Fani Bakari Karona Morona
Djimawe ? Alimadi Koju Majimbi-Hunguni
Mtsanga Hamro Mami Mtsanga Swamha
Polé Mwalim Kachikazi Kobeyani Kudini
Mtsamboro Mwalim puru
Msapéré Piritkutua Baode
Niyomboni Fani Kolo Duni
? Fani Pugu Mlizi
Insunju: Tazasuazetu
Hamro Mwalimu Kanahazi
Dzaoudzi Diziri Nahudu Chumu
Bandrélé Fani Mguzuni et Fani Siwamoringa
Chirongui Fani Pere Dikuta
Jimawé Fani Masaha

Établissement du sultanat[modifier | modifier le code]

Les sources historiques plus nombreuses (sources épigraphiques, relations de voyage européennes, archéologie et traditions orales) permettent de mieux connaître l'histoire de l'archipel à partir du XVe siècle.

Origine des princes shiraziens[modifier | modifier le code]

Les Shirazi constituent un clan prestigieux et charismatique présent dans tout l'Océan indien occidental. Il s'agit de groupes islamisés originaire du golfe Persique (notamment de Siraf, le port de Shiraz) et qui s'établirent à la faveur des contacts commerciaux sur le littoral africain où ils fondèrent des sultanats (on peut à leur sujet parler de diaspora chiite en Afrique orientale). Ils s'établirent ainsi d'abord à Mogadiscio et à Barawa dans le Bénadir à partir du IXe siècle. On retrouve des princes shirazi à Kilwa, à partir du XIIe siècle, ainsi que sur l'île de Zanzibar au XIIIe siècle. L'important changement dynastique connu à Kilwa à la fin du XIIIe siècle avec l'avènement du sultan al-Hassan bin Talib entraîne l'exil de princes shirazi vers les Comores. C'est en effet au XIIIe siècle où se situe l'arrivée de princes shirazi aux Comores (légendes de l'arrivée de princesses shirazi à Ngazidja, mariage de la fille du fani Othman de Domoni à un "arabe"). À cette première vague succède au XVe siècle une nouvelle installation de shirazi à Anjouan et à Mayotte, celle-ci aboutissant à la création de véritables sultanats. À cette date, les princes "shirazi" qui s'établirent aux Comores étaient, comme le reste des islamisés de la côte africaine swahili depuis le XIIIe siècle, convertis à l'islam sunnite chaféite. C'est l'instauration des sultanats shirazi aux Comores qui conduisit à l'adoption du chaféisme dans ces îles, gommant les anciennes traditions islamiques anciennement établies (chiite, zaydite, ibadite qui purent s'y établir entre le Xe et XIIIe siècle).

Création du sultanat de Mayotte[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la fin du XVe siècle, l'île de Mayotte est morcelée en territoires indépendants commandés par des chefs, les "Fani". Ces derniers, hommes ou femmes (islamisés comme en témoignent les patronymes musulmans que la tradition leur attribue) constituent une aristocratie d'influence swahili et malgache héritière des siècles passés. Venu d'Anjouan où le clan shirazi est établi depuis plusieurs générations, Attoumani ben Mohamed, par mariage avec la fille du puissant fani de Mtsamboro (Mwalimu Poro) fonde la première dynastie princière de l'île. De ce mariage naquit Jumbe Amina qui épousa le sultan d'Anjouan, Mohamed ben Hassan. Par ce mariage, le sultanat d'Anjouan, dominant déjà Mohéli, étendait son influence à Mayotte. De ce mariage naquit Aïssa ben Mohamed. Celui-ci hérita, par sa mère Amina, du droit de régner sur le sultanat de Mayotte, qui dès lors affirma son indépendance vis-à-vis du sultanat d'Anjouan. La capitale fut alors transférée de Mtsamboro à Tsingoni (Chingoni) vers 1530. En 1538 était inaugurée la mosquée royale en partie conservée aujourd'hui.

Le règne d'Aïssa (40 ans d'après certaines traditions) est une période de prospérité pendant laquelle le sultanat est consolidé (domination de tous les anciens Fani qui conservent néanmoins une partie de leurs anciens pouvoirs en exerçant localement la fonction de vizir), affirme son indépendance vis-à-vis d'Anjouan (fortification de localités de la côte occidentale -face à Anjouan-), et s'ancre dans la culture swahili (développement dans plusieurs localités de quartiers urbains en pierre, alliances matrimoniales avec les clans hadrami de l'archipel swahili de Pate, "plaque tournante" entretenant des réseaux commerciaux entre Madagascar, les Comores et la péninsule sudarabique (notamment pour la traite des esclaves malgaches). C'est en 1557, durant le règne d'Aïssa, qu'une flotte portugaise commandée par Baltazar Lobo da Susa explore l'île, seulement signalée par les Portugais en 1506.

Les sultans de Mayotte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des sultans de Mayotte.

La succession des règnes s’appuie sur les différentes traditions existantes - notamment celle du cadi Omar Aboubacar de 1865 - confrontées aux sources historiques disponibles.

sultan dates de règne
Attoumani ibn Ahmed (ou Uthman ibn Ahmed) seconde moitié du XVe siècle
Mohamed ibn Hassan dit Mchindra « le vainqueur »
‘Issa (ou Ali ?) ibn Mohamed v1530-fin XVIe siècle
Ali ibn Bwana Foumou ibn Ali
Umar ibn Ali 1643-v1680
Ali ibn Umar
Ma naou binti Mwé Fani
Aboubakar ibn Umar v1700-1727
Salimou ibn Mwé Fani 1727-1750
Bwana Kombo ibn Salim 1752-v1790
Saleh ibn Mohamed ibn Bechir el Monzari vers 1790-1807
Souhali ibn Salim 1807-1817
Mahona Amadi 1817-1829
Bwana Combo 1829-1836
Andriantsoly 1832-1833, 1836-1845

Sur la découverte de l'île de Mayotte[modifier | modifier le code]

Caraque portugaise, d'après un portulan du XVIe siècle

Lorsqu'une flotte portugaise baptise l'île de Mayotte, en janvier 1507, l'île du Saint Esprit, en référence à l'un des navires de l'escadre, cela fait plus de six siècles que cette île est connue et fréquentée par des navigateurs arabes. Déjà au XVe siècle, Ibn Majid signale l'île de "Maouta" alors que l'archipel d'Al Qomor est décrit au XIIe siècle par Al Idrisi. Il semble que les premiers Européens à en fouler le sol soient l'équipage de la flotte de Baltazar Lobo da Susa, en 1557, puisqu'il est le premier a nous en livrer une description précise sur ses habitants. Cependant, la présence européenne à Mayotte est rare jusqu'au XIXe siècle. Mais chaque description qu'elle fournit par ces relations de voyages sont très précieuses en l'absence de sources historiques directes comoriennes.

Le temps des « Sultans batailleurs » (Urbain Faurec)[modifier | modifier le code]

Les successeurs d'Aïssa sont des princes swahilis originaires de Paté ou d'Hadramaout se revendiquant Shirazi. Ceux-ci vont abandonner les pratiques matrilinéaires traditionnelle de transmission du pouvoir pour la patrilinéarité. La fin du règne du sultan Omar ben sultan Ali (1643-vers 1680) marque la fin de la prospérité du sultanat de Mayotte. Celui-ci est en effet affaibli par une série d'épisodes contribuant à la ruine et au dépeuplement de l'île : d'une part, les successeurs d'Omar ne vont cesser de se disputer le pouvoir, entraînant des "cascades de révolutions de palais", d'autre part, Mayotte est fréquentée entre 1680 et 1720 par des pirates européens refoulés des Caraïbes. Daniel Defoe attribue à l'un d'entre eux, Nathaniel North, le pillage de Tsingoni en 1701. Cet affaiblissement du sultanat de Mayotte ravive les prétentions du sultanat d'Anjouan à rétablir son hégémonie sur l'archipel. À partir des années 1740, des expéditions armées sont régulièrement dirigées depuis Anjouan sur Mayotte, causant la ruine de nombreuses localités. Enfin, à partir des années 1790, et ce, jusqu'en 1820, Mayotte, tout comme le reste de l'archipel, est pillée par les pirates Malgaches Betsimisaraka et Sakalava, en quête d'esclaves pour alimenter la traite en direction des plantations françaises de l'Ile de France (île Maurice) et de l'île Bourbon (la Réunion).

Rivalités entre les sultanats d’Anjouan et de Mayotte[modifier | modifier le code]

À partir des années 1740, le sultanat de Mayotte subit les attaques répétées de son voisin anjouanais. La chronique du cadi Omar Aboubacar ignore pourtant cet aspect historique : cet auteur, « protégé » du sultan d’Anjouan Salim Ier, accuse davantage la ruine du sultanat aux razzias malgaches. Les sources historiques européennes signalent pourtant à plusieurs reprises ces incursions dont le principal enjeu est la capture d’esclaves qui sont ensuite vendus aux trafiquants négriers français. Parfois ceux-ci fournissent une aide précieuse lors de ces incursions et reçoivent comme salaire du sultan d’Anjouan des centaines de captifs.

Dzaoudzi, 1855, gravure tirée du Magazin pittoresque, dessin de Lebreton.

L’origine de ces incursions est cependant liée à des querelles dynastiques, remontant à la fin du XVIIe siècle, lorsque Echati, une fille du sultan de Mayotte, Omar ben Ali, épouse un haut notable anjouanais Houssein Mwé Fani. Leur fille règne sur Mayotte au début du XVIIIe siècle sous le nom de sultane Mwanao binti Mwe Fani. Mais celle-ci est évincée du pouvoir par son oncle, Aboubakar ben Omar. On comprend alors le désir de Salim Ier de placer sur le trône de Mayotte un descendant d’un haut dignitaire anjouanais dont la famille est connue pour sa fidélité au sultan et l’exercice de très hautes fonctions à Anjouan (gouverneur de Mutsamoudou et commandant des armées…).

C’est ainsi que le second fils de Mwe Fani, Salimou ben Mwé Fani, renverse son oncle Aboubacar avec l’aide anjouanaise et devient sultan de Mayotte. Cette conquête s’est certainement déroulée en 1727, d’après les écrits de Mathieu de Gesnes.

Cependant le nouveau sultan Salim très vite va se retourner contre le sultanat d’Anjouan, refusant de faire allégeance au nouveau sultan d’Anjouan Ahmed, successeur du sultan Salim. Il s’ensuit une nouvelle incursion militaire anjouanaise qui cette fois-ci se solde par un cuisant échec lors de la bataille de Zidakani (petite cuvette à l’ouest de Tsingoni) vers 1750.

Le sultan Ahmed ne cessera tout au long de son règne de renouveler les tentatives de conquêtes : en 1781, d’après William Jones, deux garnisons ont ainsi été établies à Mayotte tandis qu’en 1783, une nouvelle expédition est préparée, de même en 1789 où des naufragés arrivant à Anjouan signalent l’absence du sultan et de nombreux habitants partis en campagne militaire à Mayotte.

En 1790 et 1791, deux expéditions sont commandées par le fils du sultan Ahmed, Salim mais sans davantage de succès malgré l’aide de deux trafiquants français. L’assassinat de Salim ben Ahmed et l’avènement de Abdallah Ier d'Anjouan puis les incursions malgaches sur l’archipel mettent un terme à un demi-siècle de tentatives du sultanat d’Anjouan à s’imposer sur son voisin mahorais, mais sans réel succès.

Après un siècle de troubles, Mayotte est totalement dépeuplée passant de 12 000 habitants au XVIe siècle à moins de 5000 lors des premiers recensements effectués après la prise de possession de l'île par les Français en 1843. De nombreuses localités pourtant jadis prospères sont abandonnées telle la capitale Tsingoni, délaissée vers 1795 pour le rocher fortifié de Dzaoudzi. La Grande Terre n'est alors réellement peuplée que sur la pointe Choa (Pointe Mahabou à Mamoudzou), tandis que de rares hameaux occupent le reste de l'île.

Hégémonie sakalave, puis française[modifier | modifier le code]

Mayotte a, faits historiques découlant de sa proximité géographique, eu beaucoup plus d'échanges avec les rivages malgaches que les autres îles des Comores.

Vers 1830, un chef de province militaire autonome de Madagascar, nommé par Radama Ier, roi des Hovas/Mérinas, s'assimilant au précédent roi décédé en 1828, vainc le roi des Sakalava, Tsy Levalou régnant à Iboina. Le roi déchu échappe à la haine des Hovas et d'une partie des siens, et s'enfuit de son trône avec sa cour et une fraction de son armée au-delà des rivages malgaches à Nossy Bé. Le sultan de Mahore en guerre avec les îles voisines et souhaitant extirper la piraterie de ses rivages fait appel au service du souverain exilé, poursuivi et contraint de gagner sa vie en mercenaire.

Dès 1832, la souveraineté du sultan est restaurée sur l'île. Elle est enfin reconquise de haute lutte après trois longues années par le chef sakalave qui, séduit par la famille de son hôte, se convertit sous le nom Andrian Souly, il est plus tard nommé Andriantsoly après son mariage avec la fille du sultan et reçoit pour sa probité et sa loyauté une partie de l'île, puis hérite du sultanat.

Mais l'île au grand lagon ne cesse d'être l'objet des rivalités locales. En 1833, l'île est momentanément conquise par Mohéli, puis le 19 novembre 1835, le sultan d'Anjouan irrité par les nouveaux venus impose son arbitrage et en prend possession. En 1836, au terme d'épuisantes épreuves de force, le sultan de Mayotte obtient sa reconnaissance et l'indépendance de l'île.

Se sachant affaibli, craignant l'intervention du chef hovas autodénommé Radama, qui, installé sur le rivage de la Grande Île est furieux de ne pouvoir le capturer, faute de flotte efficace, et multiplie les maléfiques agissements contre les Sakalaves insoumis, le sultan Andriantsoly est conscient de son précaire pouvoir. Il ne peut que perdre le contrôle de l'île sans flotte de guerre, et recherche des protecteurs pour garantir la sécurité des habitants en cas de reprise des hostilités. Missionné pour organiser l'installation à Nosy Be à partir de 1841, les militaires français dirigés par Hell, Jéhenne et Passot sont intéressés car ils anticipent avec intelligence les puissantes mutations en cours de la navigation maritime. Le clipper et le navire à vapeur commencent à changer les routes maritimes séculaires dans l'océan Indien, une meilleure cartographie et la maîtrise instrumentale de la position géographique rendent moins dangereux les parages coralliens. C'est pourquoi les Français tendent à investir la côte nord-ouest de Madagascar[2]. Le 25 mars 1841, le sultan opère la cession de sa souveraineté de l'île à la France par une simple vente où il obtient du commandant de vaisseau de La Prévoyante, Pierre Passot une rente viagère personnelle de 1000 piastres et quelques promesses.

Les négociateurs français sont ravis car si géologues amateurs, ils ont découvert des anses naturelles au milieu de coulées de laves et de coraux, ils reconnaissent aussi des havres idéaux, protégés des courants pour leurs bateaux de guerre. Cette cession est ratifiée prudemment après une enquête demandée par le souverain Louis-Philippe et ses ministres doutant du pouvoir réel d'un surprenant sultan vendeur. Ainsi, après de fastidieuses vérifications, la prise de possession officielle avec installation du drapeau flottant a lieu le 13 juin 1843.

Entre temps, les marins français patients avaient assuré la protection de Mahore. Les descriptions de l'île portent souvent sur sa partie Nord-Est, caractérisée par une langue de terre de 5 à 6 mètres au-dessus du niveau marin, appelée la péninsule de Choa. Droit en face, sur une petite presqu'île de sables amoncelés de coraux au nord-ouest de l'îlot de Mayotte ou île de Pamandzi, s'élève le rocher de Zaouzi, prononcé Dzaoudzi. Le canal qui sépare les deux pointes de la Grande Terre et de l'îlot a 1 200 mètres de long. Selon les descriptions encyclopédiques de l'époque, les deux pointes abritent chacun un village typique : Choa est essentiellement peuplé de Sakalaves, Dzaoudzi, son rocher fortifié et son port aux boutres appartiennent à des Arabes[3]. C'est sur ce dernier centre et îlot idéal pour le mouillage des gros navires que les prévoyants marins français jettent leur dévolu.

Mais ils ne font que reprendre avec vigueur un lointain héritage du sultanat de Mayotte. Dès 1845, le réaménagement de bâtiments mieux adaptés à l'autorité, sous forme d'extensions et de surélèvements plutôt que des complètes construction ex nihilo, est achevé en face de la grande rade. Et ainsi apparaissent les blancs bâtiments de gouvernement et d'administration, un hôpital civil et militaire, un corps de garde proche de l'entrée principale de la forteresse, un arsenal du génie près du port aux boutres arabes. L'ancien palais des sultans reste un lieu prudemment préservé pour maintenir l'échange et les rencontres avec les administrés mahorais, arabes et sakalaves. La rassurante présence française concilie les représentants des communautés et permet d'apaiser les violentes tensions et querelles internes que la piraterie incontrôlée avait exacerbées. Mais dans le canal du Mozambique, une sourde rivalité anglaise est désormais née, elle est appelée à se déployer pendant des décennies.

Tout au long des rivages ou dans ses parties les plus fertiles et accessibles de la Grande Terre, des domaines esclavagistes sont installés. L'intérieur de la Grande Terre est couverte de végétation verte et dense, quoiqu'en maints endroits les zones montueuses restent dégradées par les pillages des grands bois organisés régulièrement par les maîtres des domaines. Il existe ainsi de nombreux dédales de végétations où se nichent des cases de paysans pauvres. Ses populations libres, non recensées fuyant au besoin leurs habitations sommaires pour d'autres repères moins accessibles, évitent plus qu'ils ne combattent leurs possibles persécuteurs. Ces Mahorais de culture swahilie se regroupent par intérêt, s'affrontent parfois, se plaçant au besoin sous la protection ou l'arbitrage religieux du sultan. Derniers venus avant l'hégémonie française, Sakalaves et Antalaotsi adoptent irréversiblement ces deux modes de vie suivant leur cohésion : ils essaient vainement de s'organiser entre ces deux extrêmes, la vie domaniale impérativement hiérarchisée et inégalitaire en liaison avec le monde marchand, le monde paysan communautaire libre et souvent précaire du fait de l'absence de titre de propriété garanti par un système de défense efficace ou un pouvoir fort. Une conversion religieuse à l'Islam leur permet de bénéficier d'une meilleure reconnaissance auprès des populations mahoraises et d'une pacification juridique communément acceptée.

Mayotte ne compterait qu'un peu plus de 3000 habitants permanents[4]. Elle est placée par le chef d'expédition Passot sous l'autorité maritime française. Après son acquisition, elle dépend administrativement du gouverneur de la Réunion, mais l'efficace gouvernement de Mayotte avec sa flotte et son administration modernisée s'étend aux îles françaises les plus proches.

Lui sont rattachées deux îles côtières de Madagascar, Nosy Be (occupée par la France dès 1841) et Sainte-Marie de Madagascar (française depuis 1820), l'ensemble composant la colonie de « Mayotte et Nossi-Bé ».

Au lendemain de sa prise de possession, Passot avait fait procéder à une estimation de la population servile de île qui avait abouti au chiffre de 1 500 individus soit près de la moitié du total. Un document donne la répartition suivante : Sakalava 600, Arabes 700, Mahorais 500, esclaves 1500, soit, au total, 3 300 individus. Le chiffre de 1 500 esclaves auquel Passot était parvenu en 1843 était le résultat une estimation approximative. En février 1846, il fit procéder à un recensement systématique qui aboutit cette fois à une population servile de 2 733 individus. Le même recensement donnait pour la population libre le chiffre de 2 553 personnes dont 104 Malgaches[5].

Le 9 décembre 1846, une ordonnance royale portant sur l’abolition de l'esclavage est promulguée à Mayotte. Appliquée en 1848, elle provoque une fuite des maîtres des plantations de Mahore et de leurs esclaves obéissants, qui espèrent trouver ailleurs des terres à mettre en valeur sans cette contrainte[6]. Cet exode rapide favorise l'installation de planteurs français sur la Grande Terre. Les créoles monopolisent alors les meilleurs terres, là où ils ont remarqué la profonde décomposition des anciennes laves en sols rouges. Une gestion hydraulique grâce à des retenues d'eau sur des tapis naturels d'argiles peut être améliorée. L'ordre français semble favoriser ces coûteux aménagements.

Période coloniale[modifier | modifier le code]

De 1846 à 1886, Mayotte dépeuplée est une piètre et éphémère colonie sucrière. Le roseau sucré est cultivé sur la Grande Terre[7]. En 1856, un travail forcé est établi pour remédier à l'absence de main d'œuvre, il provoque la « Révolte de Bakari Koussou ». Les travailleurs des plantations en nombre insuffisant sont en particulier soumis à des conditions de travail inhumaines. Très vite, les planteurs français qui ne veulent pas perdre le bénéfice des bons sols mahorais modernisent les installations de traitement de la canne à sucre. Alors que la population de simples travailleurs de plantations s'accroît après 1860, des usines à sucres modernes naissent à Debeney (Dembeni), Kaweni et Dzoumogné. La production annuelle de sucre atteint 1 500 tonnes et pourrait être étendue au besoin sur 8000 ha de terres cultivables, soit le quart de la superficie de l'île. Mais les années 1880 confirment le déclin de l'activité sucrière, soumise à une concurrence internationale.

Mais les domaines ont déjà diversifié leurs productions : ils cultivent de la cannelle, du poivre, du girofle et du café qui poussent bien sur les sols rouges. Ils vendent aussi des fibres cellulosiques : coton et sisal, tout en gérant de façon spéculative leurs réserves de bambous géants, lianes et "bois noirs". Ils importent de l'île de la Réunion des lianes de vanilles[8]. Les bois de construction sont rares car, attestant des défrichements multiséculaires, il y a peu de grandes forêts avec des reliquats de takamaku blanc, de bois d'ébène et de bois de natte. Il ne reste que le bois de cocotier commun.

Confrontés à une baisse de leurs revenus, les domaines prennent en partie modèle sur les pratiques culturales des populations mahoraises les plus modestes qui marquent les zones habitées, par des champs de manioc environnés de bananiers et de cocotiers. La distillation traditionnelle par alambic de plantes à parfum les incite à étendre les cultures traditionnelles de basilic, de citronnelle, de palmarosa ou commencer la culture d'ylang-ylang. Pour cette culture, Denis de Bellemare importe dans son domaine de Kangani en 1905 des plants de Cananga Odoranta, dont il adapte la pratique culturale sous forme de sarments développés par contrainte en branches tordues à hauteur d'homme[9].

Obéissant au dernier vœu du sultan, les Français installent une première école publique à Dzaoudzi en 1864. Le gouvernement de Mayotte qui y siège, appuyé par la flotte française, administre plus de 24300 habitants d'îles, réparties sur trois secteurs assez éloignés : Helleville ou Nossi Bé, Sainte-Marie et Mayotte qui comptent respectivement 15000, 5900 et 3400 habitants recensés.

La période coloniale, installant une caste financière, raciste et élitiste au pouvoir, instaure un pillage marchand des matières premières et une exploitation éhontée des ressources humaines. Elle ne commence véritablement qu'après 1873. Cette idéologie fait autant de victimes en proportion parmi les premiers colons, hommes d'initiative et de labeur que parmi les populations attachées aux modes de vie traditionnels. Ses effets sont d'autant plus dévastateurs que les militaires français ont imposé la paix et qu'un possible regain de prospérité était à la portée de tous. Profitant d'un discours caricatural ou dogmatique, mais toujours mensonger, du Progrès qui envahit les esprits, quelques opportunistes ou spéculateurs s'enrichissent au niveau local en dépit de la chute et du malheur du plus grand nombre : parmi eux, des maîtres de domaines aux mains propres s'occupant mieux d'affaires, de propagande ou de lobbying, ou bien de politique et de corruption, mais aussi indispensables à la justification de ces abus immoraux, quelques petits et grands fonctionnaires laxistes et corrompus ou encore de très nombreux compradores habiles à s'imposer dans le rôle d'intermédiaires.

En 1886, Léon Humblot, un amateur français d'orchidées devenu aventurier politique, convainc le Gouverneur de placer la Grande-Comores ou il a des intérêts sous protectorat français. L'hégémonie française sur les Comores porte au paroxysme la rivalité franco-germano-anglaise. Puis la tension guerrière retombe en 1890 alors que les contentieux disparaissent subitement par un accord diplomatique entre les deux nations coloniales : les Anglais obtiennent le sultanat de Zanzibar et la sécurité de leurs places dans l'océan Indien, les Allemands le Tanganyika, les Français sont désormais sans rival aux Comores et à Madagascar.

Le 30 mars 1896, le protectorat s'étend sur l'ensemble de l'archipel, Mamoudzou en devient la capitale. Le 9 avril 1908, Mayotte, au statut de colonie, et les trois îles comoriennes, au statut de protectorat, sont rattachés au gouvernement général de Madagascar. Le 25 juillet 1912, la France confirme par une loi la précédente annexion de l'ensemble de l'archipel. Celui-ci est désormais placé sous la dépendance administrative régionale de Madagascar. Désormais Mayotte n'est qu'une des quatre îles des Comores sous la vaste égide malgache. Noyé au sein de l'immense gouvernement français de Madagascar, les Comores souvent méconnues sont oubliées pendant la ridicule apogée coloniale française des années trente, vantant des valeurs surannées alors que la réalité du pouvoir passe par les intérêts des comptoirs des puissantes sociétés commerciales, telle la société coloniale homonyme du lieu de sa fondation Bambao sur l'ile d'Anjouan.

Un état de déréliction s'installe durablement, de nombreux Comoriens quittent leur contrée natale pour gagner parfois succès les côtes de l'Afrique ou Madagascar. Pourtant beaucoup reviennent avec en tête l'utopie nationaliste. Ils se sentent frustrés de toutes les commodités d'un progrès inenvisageable dans leur pays figé dans des structures qui ont résisté tant bien que mal aux dernières offensives colonialistes des années trente. Cet état de déréliction de l'économie, le désintérêt de l'État français qui n'a plus de facto qu'un pouvoir nominal, l'abandon des populations fidèles à la France qui rend justice des droits et des devoirs ne sera dénoncé que dans les années soixante par quelques Français intéressés par le monde maritime[10]. Paul-Émile Victor et les rédacteurs de l'encyclopédie Marco Polo tirent ainsi une sonnette d'alarme, totalement inaudible pour les représentants métropolitains, au début des années 1970.

Émancipation des Comores et dissidence de Mayotte[modifier | modifier le code]

En 1947, les quatre îles des Comores obtiennent une autonomie administrative et à la suite du référendum de 1958, reste territoire d'outre-mer. L'instabilité politique de l'archipel s'accroît, focalisée par la lutte entre le Rassemblement Démocratique du Peuple Comorien et et l'Union Démocratique Comorienne. En 1972, le gouvernement du prince Saïd Ibrahim est mis en minorité, remplacé par celui du prince Saïd Mohamed Jaffar contraint à son tour à démission le 19 octobre suivant. En septembre 1972, empruntant une idée fédératrice, celle de la revendication d'indépendance, aux membres du Mouvement de Libération des Comores, réfugiés à Dar es-Salaam, les formations majoritaires fusionnent momentanément. Le conseil des ministres de la métropole observant les divergences de vues des appareils politiques, prononcent la dissolution de la chambre des députés du Territoire des Comores le 15 novembre 1972.

Les Élections du 3 décembre 1972 confirment le succès de deux partis majoritaires, œuvrant à l'indépendance. La France accepte les négociations mais se trouve embarrassée car, seule île de l'archipel affirmant une dissidence marquée vis-à-vis de ces voisines depuis 1958, Mayotte a voté négativement à la Consultation pour l'indépendance pour conserver ses liens avec la France. Les autres îles déclarent leur indépendance. Le vote est de 63,8 % en faveur de la conservation de ce lien, alors qu'il n'est que de 0,6 % dans les autres îles (soit 99,4 % contre).

La société mahoraise, plus encore que celles des autres îles des Comores, est très peu influencée par le mode de vie occidental et vit au rythme de la vie musulmane traditionnelle. Mais les causes réelles de ce puissant refus sont triples :

  • une véritable crainte de l'expansionnisme anjouanais, associé aux humiliations de la période coloniale préservées par une forte mémoire orale séculaire,
  • le transfert de la capitale à Moroni en 1958, effectivement réalisé en 1966, laissant dans un sordide abandon l'îlot de Dzaoudzi trop exigu pour les administrations et causant des pertes d'emplois en cascade dans une île à l'économie moribonde,
  • le statut des femmes dans la société mahoraise.

Jouant sur les rancœurs exacerbées, le Mouvement Populaire Mahorais n'a pas de mal à mobiliser pour la préservation d'une légitime tutelle française. Il bénéficie de surcroît de l'incroyable enthousiasme des femmes mahoraises et de leurs généreuses associations pleinement actives à défendre cette dissidence.

Hésitante devant les pressions internationales attisées par la République des Comores qui s'estime flouée d'une part de son territoire naturel, la République Française accepte de reconduire un nouveau scrutin pour Mayotte. Le débat à l'assemblée nationale suscite une motion politique du Rassemblement pour la République qui, voté le 3 juillet 1975, propose une loi de validation d'autonomie île par île.

Mais tout s'accélère : pressé par l'opinion publique comorienne, le président Ahmed Abdallah proclame l'indépendance le 6 juillet 1975. Le mouvement mahorais entre en dissidence, s'affirme le seul légaliste, et condamne la sortie du cadre des discussions. Un coup d'État organisé le 3 août met en place un gouvernement présidé par le Jaffar, homme de paille d'Ali Soilih. En septembre, les révolutionnaires capturent à Anjouan le président Ahmed Abdallah en résistance et contrôle l'essentiel des trois îles. Des négociations commencent toutefois à Paris, mais en octobre 1975, l'ONU reconnaît l'état comorien dans les limites définies avant 1975, mettant un point final à la négociation laborieusement ouverte. Par peur de représailles sur ces ressortissants, la France décide de retirer tous ses agents et fonctionnaires des Comores. Les services restent sans techniciens, les lycées vides d'enseignants. Alors qu'ils partent dans l'anonymat ou sous des huées organisées d'insultes dans le reste des Comores, Mahorais et Mahoraises les retiennent et s'opposent à ceux qui voudraient abandonner, par crainte des troubles à venir, le service public. Le 21 novembre 1975, Ali Soilih organise une marche rose, pacifique, pour reprendre Mayotte mais échoue à convaincre les dissidents mahorais.

La France organise un référendum spécial le 8 février 1976, les habitants de Mayotte confirment encore plus massivement leur premier vote avec plus de 90 %. Le gouvernement est à nouveau dans un réel embarras pour justifier sa politique internationale de non-intervention et les accords préexistants. Le parlement français, après une enquête méticuleuse, entérine les votes mahorais le 24 décembre 1976. Mayotte devient une collectivité territoriale au prudent statut provisoire initial prévu pour cinq années. L'assemblée générale des Nations unies et l'Union africaine condamnent et menacent, la France est isolée.

Mais, face à la menace d'invasion militaire qui plane sur Mayotte, les Français ont aussi des forces militaires qui savent protéger les populations qui ont librement choisi de vivre avec eux, sans discrimination de religions et de familles, de richesses sociales et de couleurs de corps. Entre 1977 et 1978, une intervention de couverture militaire est organisée, affirmant une présence maritime française dans le canal du Mozambique jusque-là délaissé. Une garnison, composée de troupes de la légion et d'infanterie de marine gravite autour la nouvelle base mahoraise gérée par la marine nationale.

Le parlement français perçoit aussi la gageure juridique pour intégrer la population mahoraise. Une administration préfectorale est installée par défaut pour gérer avec prudence en fonction des principales normes administratives la collectivité mahoraise. Si le droit français s'applique, le droit traditionnel musulman peut également y être appliqué au gré des justiciables par les tribunaux locaux présidés par les cadis (de l'arabe قاد signifiant juge).

Le parlement proroge par la loi du 22 décembre 1979 une nouvelle période quinquennale le statut de la collectivité de Mayotte.

Mayotte, collectivité française[modifier | modifier le code]

Depuis 1975, l'île de Mayotte est toujours revendiquée par l'Union des Comores et l'Union africaine reconnaît ce territoire comme occupé par une puissance étrangère. En 1976, La RFI des Comores a saisi le Conseil de sécurité des Nations unies qui rejette la demande de reconnaissance de la souveraineté de la RFI des Comores sur Mayotte par 11 voix pour et une voix contre (« véto français »)[11]. Durant ce temps, les élus de Mayotte, fortement poussés par la population, tentent d'obtenir de la France le statut de département français afin d'assurer un ancrage définitif de l'île au sein de la République Française. Le 24 décembre 1976, la loi faisant de Mayotte une collectivité territoriale est votée[12].

La situation économique dans l'État comorien est de plus en plus précaire, les libertés politiques sont remis en cause. En 1978, 8000 réfugiés comoriens vivent à Mayotte qui ne compte encore que 47000 habitants.

L'installation de la garnison et de la nouvelle administration préfectorale française, calquée sur celle de la métropole, provoquent un afflux monétaire sans précédent. Les meilleurs agriculteurs délaissent leurs champs pour prendre un emploi de service à faible qualification. Le passage du SMIC à 800 Francs détermine le retrait des sociétés coloniales : elles vendent leurs terres à la France. Ainsi échoit à l'autorité politique et administrative coup sur coup deux adaptations à l'économie moderne : la production de cultures vivrières et la mise en valeurs des ressources locales pour l'exportation.

À partir des années 1990, on note un fort investissement économique français et un profond changement de la société mahoraise.

En 1995 : face à la croissance de l'immigration en provenance des autres îles commoriennes, le gouvernement Balladur abolit la libre circulation entre Mayotte et le reste des Comores. Les Comoriens sont dès lors soumis au régime des visas. Le 27 janvier 2000, les principaux partis politiques de Mayotte signent « l’accord sur l’avenir de Mayotte » et sur son édification en collectivité départementale.

Le 11 juillet 2001, une nouvelle consultation électorale approuve à 73 % la modification du statut de l'île qui change pour un statut assez proche de celui des départements d'outre-mer : une collectivité départementale d'outre-mer. Le 28 mars 2003, la constitution française est modifiée et le nom de Mayotte est énuméré dans l'article 72 concernant l'outre-mer.

Du côté des Comores, la question de Mayotte perd peu à peu son importance. Ainsi, depuis 1995, la question de Mayotte n'a plus été inscrite à l'ordre du jour de l’Assemblée générale de l'ONU. En 2005, le colonel Azali Assoumani, président des Comores depuis 1999, a déclaré qu'« il ne sert plus à rien de rester figé dans nos positions antagonistes d’antan, consistant à clamer que Mayotte est comorienne, pendant que les Mahorais eux se disent Français ». Il autorisera donc Mayotte à se présenter aux jeux des îles de l'océan Indien sous sa propre bannière.

Depuis le rattachement à la France, l'immigration clandestine venant essentiellement d'Anjouan (l'île la plus proche) n'a fait que s'accentuer. En 2005, près de la moitié des reconduites à la frontière effectuées en France l'ont été à Mayotte.

Cette question de l'immigration crée aujourd'hui des tensions locales. Jusqu'à présent, les immigrés clandestins comoriens, venus chercher l'Eldorado, servaient souvent de main d'œuvre bon marché, dans des conditions de travail proches de la condition d'esclave, pratique courante depuis des années et exercée en toute impunité par certains entrepreneurs mahorais. Aujourd'hui, alors que la politique intérieure de la France s'est resserrée et que la démographie locale ne fait qu'augmenter, le désir de refouler ces clandestins vers les Comores se fait de plus en plus sentir. Aucune structure n'existe pour aider ces clandestins, aucun service social hormis la DDASS, et la coopération entre la France et les Comores reste embryonnaire sur la question de la santé, malgré la présence de coopérants français médicaux à Anjouan.

Dzaoudzi-Labattoir a été le chef-lieu transitoire de Mayotte. Mamoudzou en est devenu le chef-lieu par arrêté ministériel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Benoit Hopquin, « Mayotte, ex-comptoir du cristal de roche », Le Monde, supplément Sciences & Médecine,‎ 16 octobre 2013, p. 3
  2. Ce faisant, ces hommes de mer prudents initient un encerclement de Madagascar, qui mènera plus tard sans qu'il y ait un plan préétabli à la conquête de la Grande île malgache.
  3. Ce terme arabe mentionne en réalité les sujets locaux et les serviteurs des sultans shiraziens et du dernier Sultan, ainsi que leurs multiples descendants. Parmi eux, il y a beaucoup de Mahorais et, attachés au Port arabe, un petit nombre de marins familiers de la route des mousons, à l'accoutumée paresseux et lascifs à terre.
  4. Lire l'article sur la démographie de Mayotte
  5. Voir l'étude, très documentée, de Jean Martin : "L'affranchissement des esclaves de Mayotte, décembre 1846-juillet 1847" in Cahiers d'études africaines. Vol. 16 N°61-62. 1976. pp. 207-233. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/cea_0008-0055_1976_num_16_61_2901
  6. L'esclavage ne commence à disparaître dans cette partie de l'océan Indien qu'après la décision du sultan de Zanzibar en 1873. Parmi les plus acharnés à le combattre, la Navy anglaise ne peut empêcher les trafics d'hommes de tous types, sous d'autres formes apparemment légales. Les puissances occidentales régulatrices s'accommodent d'ailleurs du coolie trade née après 1848.
  7. http://www.insee.fr/fr/insee_regions/reunion/zoom/mayotte/ile/presentation.htm [INSEE Mayotte]
  8. Dans les années 1920, la production atteint une quarantaine de tonnes avant de s'effondrer après 1930
  9. Cette cueillette des fleurs jaunes a été maintenue par Jean-Paul Guerlain, le célèbre parfumeur français, attaché à son domaine de Combani.
  10. Au cours des années 1980, Éric Tabarly commence à être le porte-parole de ceux qui appellent vainement à un sursaut de la France maritime. Il décrit sans illusion la faiblesse de l'ancienne puissance maritime qui connaît déboire sur déboire dans le monde océanien, perdant le contrôle d'île en île happées par de simples aventuriers affairistes à la solde des nouvelles puissances anglo-saxonnes. Là où les Français sont restés, ils ne le doivent qu'à l'étonnante volonté de résistance de compatriotes souvent sans statut, à l'intelligence de ne pas succomber à la séduction tentante de l'argent et au courage des vieux habitants des lieux d'endurer dans un isolement réel. Mayotte illustre déjà cette situation dès les années 1970.
  11. Pour : Bénin, Guyana, Libye, Panama, Tanzanie, Chine, Japon, Pakistan, Suède, Roumanie, URSS ; Contre : France ; Abstention : États-Unis, Italie, Royaume-Uni
  12. « Chronologie (du 20 juillet 1953 au 22 juin 2007) », sur Conseil général de Mayotte

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie pour la période ancienne[modifier | modifier le code]

  • C. Allibert, Mayotte, plaque tournante et microcosme de l’océan Indien occidental : son histoire avant 1841, Paris, Ed Anthropos 1984.
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  • C. Allibert, «Une description turque de l’océan Indien occidental dans le Kitab-i Bahrije de Piri Re’ïs (1521)», Études de l’Océan Indien no 10,pp. 9-52 Publications Langues’O 1991
  • C. Allibert, «La chronique d’Anjouan par Saïd Ahmed Zaki», Études de l’Océan Indien no 29, pp. 7-92 Publications Langues’O 2000.
  • C. Allibert, «L’interdépendance de l’archéologie et de l’anthropologie culturelle dans l’océan Indien occidental. L’exemple de Mayotte, Études de l’océan Indien» no 33-34, Publications Langues’O 2003.
  • C. Allibert, «L’apport shirazi dans l’océan Indien occidental, ya mkobe, revue du Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique», no 12-13 décembre 2005, p. 133-141, KOMEDIT 2005.
  • C. Allibert, «Peut-il y avoir une occupation pré-dembénienne à Mayotte?», Taarifa (Mayotte, Archives départementales de Mayotte), n°1, pp. 17-30, 2009.
  • C. Allibert et S.Inzoudine «un document sur les mafani de Mayotte», Études Océan Indien (Ceroi-Inalco), n°8, pp.97-109, 1987.
  • S. Blanchy & P. Vérin, «Premier inventaire des inscriptions arabes aux Comores et à Madagascar», Études de l’océan Indien no 22,pp. 21-39, Publications Langues’O, 1997.
  • S. Blanchy, La vie quotidienne à Mayotte, L’Harmattan, 2003.
  • F. Chami, «Archeological research in Comores between 2007 to 2009»,Archéologie, histoire et anthropologie des mondes insulaires, pp. 811-823, Paris, Karthala, 2010.
  • Cl. Chanudet & J.A Rakotoarisoa, Mohéli, une île des Comores à la recherche de son identité, L’Harmattan, 2000.
  • Cl. Chanudet, «le site archéologique de Mwali Mdjini à Mohéli», Études de l’océan Indien, no 12,p. 9-123, Publications Langues’O, 1991.
  • A. Gevrey, Essai sur les Comores, Pondichéry, 1870.
  • J.-F. Gourlet, Chroniques mahoraises, l’Harmattan 2001.
  • J.-C. Hébert, «Des pirates européens, aux pirates malgaches (...), Archives Orales», cahier 4 et 5,pp. 11-95 Ed. Baobab, 1998.
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  • Kana-Hazi (alias G. Cidey) Histoire des îles Ha’ngazidja, Hi’ndzouani, Maîota et Mwali, Saint Denis, La Réunion, 1997.
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  • H. D. Liszkowski, Répertoire archéologique de Mayotte, chez l’auteur, 2003.
  • H. D. Liszkowski, Mayotte et les Comores, escale de rafraîchissement sur la route des Indes, Ed. Baobab, 2000.
  • H. D. Liszkowski, «Le commerce d’escale au XVIIe siècle, dans l’océan Indien, à partir de nouvelles données archéologiques, Études de l’océan Indien» no 33-34, pp. 33-77, Publications Langues’O, 2003.
  • J. Martin, Comores : quatre îles entre pirates et planteurs, Tome 1, L’Harmattan, 1983.
  • M.Pauly, «développement de l'architecture domestique en pierre à Mayotte, XIIIe-XVIIe siècle», in Archéologie, histoire et anthropologie des mondes insulaires, pp. 603-631, Paris, Karthala, 2010.
  • A. Sauvaget, «passage du navire « interlope Rochester » à Anjouan, Études de l’océan Indien» no 29, p. 177-221, Publications Langues’O, 2000.
  • Th. Vernet, «Les réseaux de traite de l’Afrique orientale : côte swahili, Comores et nord-ouest de Madagascar (vers 1500-1750)», Cahiers des Anneaux de la Mémoire, 9, p. 67-107, 2006.

Bibliographie à partir de la période coloniale[modifier | modifier le code]

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  • d'Élise Ralser (dir.), Mayotte 2009 : questions sur l'avenir du 101e département, Association de la Recherche en Droit dans l'Océan Indien ; [sous la direction, Sainte-Clotilde (Réunion), 2009, 239 p. (numéro spécial de la Revue juridique de l'Océan indien, 2009)
  • Article Mayotte ou Mahoré, Dictionnaire général de biographie, Histoire, Mythologie, Géographie, Antiquité et Institutions, Dezabry, 5° édition, Delagrave et Cie, Paris, 1869.
  • Les Comores, Encyclopédie géographique universelle Marco Polo, Grange Batelière, Paris, 1973, pages 515-514.
  • Articles de Marie-France Rombi, sur Les Comores et Jean-Louis Miège, sur Histoire de l'océan indien, Encyclopaedia Universalis, Paris, 2001.
  • Archives de l'Université de Marseille, sur l'océan indien et les Comores en particulier.
  • Vasile Tara, Jean-Claude Woillet, Madagascar, Mascareignes et Comores, Connaissance des îles, Société continentale d'éditions modernes illustrées, Paris, 1969, 384 pages.
  • Boisadam Philippe, Mais que faire de Mayotte ? Analyse chronologique de l'affaire de Mayotte 1841 - 2000, Éditions L'Harmattan,‎ 2009, 531 p. (ISBN 2296226507)

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