Mascara (Algérie)

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Mascara
La ville de Mascara
La ville de Mascara
Noms
Nom algérien مـعـسـكـر (Mâasker)
Nom chaoui Tamɛaskaṛt
Nom kabyle Tamɛaskaṛt
Nom mozabite Tamɛaskaṛt
Nom touareg Tamɛaskaṛt
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Oranie
Wilaya Mascara
Daïra Mascara
Code postal 29000
Code ONS 2901
Indicatif 045
Démographie
Gentilé Mascarien(ne)
Population 108 587 hab. (2008)
Géographie
Coordonnées 35° 23′ 00″ N 0° 09′ 00″ E / 35.383333, 0.1535° 23′ 00″ Nord 0° 09′ 00″ Est / 35.383333, 0.15  
Altitude Min. 0 m – Max. 429,3 m
Divers
Saint patron Sidi Kada
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Mascara.
Localisation de la commune dans la wilaya de Mascara.

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Mascara

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Mascara

Mascara (Mâaskar en algérien مـعـسـكـر), est une commune algérienne de la wilaya de Mascara dont elle est le chef-lieu.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Transport[modifier | modifier le code]

Le tronçon de l'Autoroute Est-Ouest reliant Mascara à Bordj Bou Arreridj sur 585 km est opérationnel.

Mascara est desservi par l'aéroport de Ghriss situé à environ à 20 km au sud de la ville. ( Aéroport fermé )

Histoire[modifier | modifier le code]

Période préhistorique et Antiquité[modifier | modifier le code]

Les vestiges de la présence humaine en Algérie remontent à 400 000 ans, âge attribué aux restes de (l’Atlanthrope) découverts dans les sédiments du lac préhistorique Ternifine (Tighennif près de Mascara), en Oranie. L’Atlanthrope, contemporain du Sinanthrope et du pithécanthrope de Java dont les ossements ont été retrouvés au milieu des outils de pierre taillée qu’il fabriquait, a séjourné. L’homme est déjà présent, vers 400 000 av. J-C, sur le rivage Atlantique, comme le témoignent les outils retrouvés, les plus ancestraux, d’ailleurs, d’Afrique du Nord.

Présence Romaine[modifier | modifier le code]

Les Romains installent dans la plaine de nombreux postes militaires et construisent une voie de communication stratégique.À leur départ la plaine est parcourue uniquement par des Berbères nomades, les BENI RACHED Ancienne Victoria de la Mauritanie romaine, ancienne Rachidia des Almoravides, appelée Chareb er-Rih (la lèvre du vent) puis Mou Askar (camp permanent) par les Arabes, la ville est construite sur l’oued Toudman. Vieille citée arabe, entourée de remparts crénelés, ouverte de sept portes, ancienne capitale des beys turcs depuis 1701, elle est occupée par les Espagnols en 1791.

Période islamique[modifier | modifier le code]

Mascara doit son nom à cette période. El mouascar était le nom des campements militaires. Mascara est une ville des tribus zénètes et principalement le foyer des Béni Rached (aussi connue sous le nom des Hachem), une tribu berbère zénète. Vers le Xe siècle, les Banou Ifren fondent Ifgan ou Fekkan au sud-ouest de Mascara après avoir détruit la ville d'Oran dans la guerre contre les Fatimides[1]. Les Maghraouas occupent Mascara à la même époque[2].

Ibn Khaldoun a séjourné au Sud de Mascara dans le château qui appartient à Ibn Selama. C'est en ces lieux que Ibn Khaldoun commence l'écriture de son livre El Mokadema (Les Prolégomènes)[3],[4].

Période ottomane[modifier | modifier le code]

Sous la Régence ottomane, Mascara succède à Mazouna comme capitale du Beylik de l'Ouest après la reprise d'Oran par les Espagnols en 1732, puis une garnison demeure dans la ville[5] après le transfert de la « capitale » à Oran en 1792[6].

La ville est habitée par beaucoup de familles andalouses ayant préféré l'exil après la chute de Grenade en 1492, puis en 1609[réf. nécessaire] (date de l’expulsion générale des morisques). Les Kouloughlis et les tribus non-makhzens se révoltent fréquemment au XVIIIe siècle[6].

Mascara après l'expédition d'Alger[modifier | modifier le code]

L'Émir Abd el-Kader.

En 1830, le corps expéditionnaire français s'empare d'Alger (5 juillet), puis occupe quelques villes de la Régence d'Alger, notamment Oran et Mostaganem.

L'année 1832 et l'avènement d'Abd el-Kader[modifier | modifier le code]

Un des hommes importants de la région de Mascara est le chérif Mahieddine ibn Mustapha, chef religieux de la confrérie de la Qadiriya en Oranie, dont la zaouia se trouve à El Guettana, membre éminent de la tribu des Hachem.

L'année 1832 est marquée par le siège d'Oran, auquel participent les fils de Mahieddine, notamment le jeune Abd el-Kader, né en 1808[7].

En novembre 1832, lors d'une réunion des chefs de la région de Mascara, Mahieddine, ne se sentant pas compétent comme chef de guerre, fait désigner comme « émir » Abd el-Kader. Celui-ci choisit pour capitale la ville de Mascara et s’installe dans le palais des beys[8]. La ville est alors en plein essor : Oran et Mostaganem ont perdu une partie de leurs habitants, ce qui favorise le développement de Mascara[8]. Par la suite, cependant, Abd el-Kader choisira de déplacer sa capitale à Tagdempt, près de Tiaret, tout en conservant le contrôle de Mascara.

Le traité de 1834[modifier | modifier le code]

En février 1834, Abd el-Kader obtient du commandant français d'Oran, le général Desmichels, la signature d'un traité par lequel il est reconnu comme « émir des Arabes » (d'Oranie). Mais le traité n'est pas entériné par le gouvernement français, qui le trouve trop favorable à Abd el-Kader, et le gouverneur général Clauzel, nommé en juillet 1835, reprend l'offensive contre l'émir.

La prise de Mascara (1835) et ses suites[modifier | modifier le code]

Le 7 décembre 1835, le maréchal Clauzel, secondé par les généraux Oudinot, Perrégaux et d’Arlanges prend la ville de Mascara, dont les habitants musulmans sont tous parti avant[8] en emmenant le plus de choses possible. Ils ont aussi massacré une grande partie des Juifs qui y vivaient[9]. Ces Juifs, autant par leurs pratiques culturelles que par leur activité économique, étaient pourtant très bien intégrés à la vie locale[10]. Abd el-Kader, se trouvant loin de la ville, ne put remettre de l’ordre, les combattants se trouvant auprès de lui l’abandonnant pour participer au pillage[9]. Après avoir pris la ville, les troupes françaises l’incendient et la quittent immédiatement[9].

L’intervention du jeune duc d’Orléans permet d’obtenir que les 1000 Juifs survivants accompagnent la retraite de l’armée française et échappent à un nouveau massacre. Mais ils ne peuvent suivre la progression des soldats : certains meurent en chemin, d’autres parviennent à Mostaganem ou Oran[11], ayant tout perdu[12]. Un certain nombre des Juifs ayant survécu au massacre et restés à Mascara, sont ensuite enlevés par Abd el-Kader, à la fois par mesure de rétorsion contre une communauté jugée traîtresse collectivement, et pour conserver des artisans utiles à l’effort de guerre des Arabes[13].

En 1838, les nombreux Juifs réinstallés à Mascara quittent à nouveau la ville[14]. En 1839, lorsque la France recense les Juifs de Mascara, seuls 240 d’entre eux sont restés ou revenus à Mascara[15].

En 1837, le général Bugeaud, commandant de la division d'Oran, signe un nouveau traité avec Abd el-Kader, le traité de la Tafna (mai 1837). La France reconnaît alors Abd el-Kader comme émir des provinces d'Oran (sauf les villes occupées par les Français) et du Titteri (Médéa). Puis la guerre reprend à partir de novembre 1839, à la suite de l'expédition des Portes de Fer (octobre 1839).

La seconde prise de Mascara (1841)[modifier | modifier le code]

La ville est reprise par le maréchal Bugeaud le 30 mai 1841.

Là encore, plusieurs centaines de Juifs sont contraints de suivre Abd el-Kader dans sa fuite, et plusieurs centaines sont tués dans les combats[16]. La communauté juive de Mascara s’élève à 345 membres en 1851[16].

La période coloniale[modifier | modifier le code]

Blason de Mascara pendant la colonisation française.

Mascara devient une sous-préfecture. Joseph Valentin Voisins d’Ambre (1805-1890) est sous-préfet de 1858 à 1868[17].

D'après un article d'Ahmed Amiri, un îlot berbérophone continuait d'exister dans la région de Mascara jusqu’en 1936[18]. D'autres études, plus anciennes, avaient constaté au contraire une très faible présence berbérophone en Oranie, constituée de rares îlots, Mascara étant arabophone[19].

L’indépendance[modifier | modifier le code]

Un maquis du FLN s’est implanté autour de Mascara pendant la guerre d’indépendance[20]. Favorablement située pour ce genre de combat au pied de l’Atlas tellien, Mascara a connu un autre de ces maquis, cette fois tenu par les GIA, dans les années 1990[20].

Le 18 août 1994, un tremblement de terre de 5,6 sur l'échelle de Richter a tué 171 personnes.

Population et société[modifier | modifier le code]

En 2008, Mascara a une population de 108 587 habitants, dont 100 728 dans l'agglomération de Mascara, 5 243 dans les agglomérations secondaires, et 2 616 en zone éparse [21].

Culture[modifier | modifier le code]

De la fin du XIVe siècle au début du XVe une célèbre confrérie fit son apparition en Algérie : c’est celle de la Kadriya. C’est Sidi Mahieddine Abou Mohammed Abdelkader al-Jilani (1079-1166) qui donna naissance à la confrérie Kadriya qui porte son nom. Les Kadriyine se fixèrent à Mascara et à Tlemcen vers 1466 après la reconquête de l’Espagne par les chrétiens. L’ordre des Kadriya donna naissance à la zaouïa de Sidi Mahieddine, le père de l’Emir Abdelkader, à celle de cheikh d’Oued El Kheir dans la wilaya de Mostaganem et à plusieurs autres zaouïas implantées dans différents lieux du pays.

C’est sous la férule de la zaouïa de la tarika Kadiriya de Mascara que l’émir Abd el-Kader engagea la lutte contre les Français. Les débuts de la colonisation française correspondent à la période de la fondation des zaouïas d’obédience chadeliya. Tandis que l’armée de Bugeaud achevait ses conquêtes, un grand nombre de cheikhs prestigieux de zaouïas des tarika chadliya et khalouatia levèrent l’étendard de la révolte.

Économie[modifier | modifier le code]

Viticulture[modifier | modifier le code]

La région de Mascara est connue pour ses vins (coteaux de Mascara). Les vignobles datent des premières années de la présence française et ses vins ont été primés dès 1858.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

La ville de Mascara dispose d'un club de football, le Ghali Club Mascara. Le club fut fondé en 1925 et par conséquent, il est l'un des premiers clubs musulmans en Algérie française. Cependant, la loi de l'époque exigé aux équipes musulmanes d'introduire un dirigeant et des joueurs eupéens dans le club. Ce fut le cas avec l'admission d'un français, Mr. Louis Deharot technicien en ponts et chaussées2, car en 1924, le Gallia de Mascara, joueurs et dirigeants tous musulmans, fut interdit de prendre part au championnat d'Oranie, l'USM Oran imita le GCM et fut intégrée dans le championnat.

Le club a toujours produit de grands joueurs; L’ironie du sort voulait que l'équipe d'Algérie à battu 2 fois l'équipe d'Allemagne, et à chaque fois un mascaréen y inscrivit un but, Mahi Khennane, le 31 janvier 1964 à Alger (Algérie 2 RFA 0)3, la même équipe de la RFA qui joua la finale de la coupe du monde en 1966 en Angleterre. Puis le 16 juin 1982 en Espagne, où Lakhdar Belloumi assomma les Allemands au mondial (Algérie 2 RFA 1) l'autre but algérien, deRabah Madjer après un tir de Belloumi4, cette équipe joua aussi la finale de la coupe du monde 1982.

Le club fut aussi l'un des principaux animateurs des championnats régionaux avant et après l'indépendance. Champion d'Algérie en1984, il végète actuellement en troisième division.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Mascara est jumelée avec:

Personnalités liées à Mascara[modifier | modifier le code]

  • Abd El Kader, plus connu sous le nom de l'Émir Abdelkader, homme politique, chef militaire, résistant au corps expéditionnaire des Troupes d'Afrique lors de sa conquête de l'Algérie par la France.
  • Mustapha Stambouli, militant nationaliste algérien, y est né en 1920.
  • Ali Sellam né le 26 février 1916 à Mascara, fondateur du football club l'USMBA, cadre aux prud’hommes de Sidi Bel Abbès et juge de la cour d'appel d'Oran,y est né en 1916.
  • Mohamed Mokeddem, enseignant, journaliste, cinéaste et producteur de film, y est né en 1958.
  • Alain Afflelou, opticien et homme d'affaires français, il est le fondateur et dirigeant de la chaîne de magasins d'optique qui porte son nom, y est né en 1948.
  • Abdelaziz Agar, auteur, il exerce pendant de nombreuses années la profession de magistrat, y est né.
  • Jean-Paul Enthoven, éditeur et journaliste français, y est né en 1949.
  • Daniel Saint-Hamont, scénariste, écrivain, journaliste français, y est né en 1944.
  • Brahim Senouci, écrivain, maître de conférences et militant algérien, y est né en 1950.
  • Théodore Mercadier, auteur d'un livre inédit dont le manuscrit avait été couronné en 1915 par la Société des gens de lettres (Prix Jacques Normand), y est né en 1884.
  • Joseph Klifa, homme politique français, y est né en 1931.
  • Paul Bensussan, docteur en médecine, psychiatre, expert national en France, expert près la Cour pénale internationale, y est né en 1957.
  • Lakhdar Belloumi, joueur de football algérien, natif de Mascara en 1958.
  • Mahi Khennane, footballeur franco-algérien, il a évolué en 1961 en équipe de France puis, après l'indépendance de son pays d'origine, en équipe d'Algérie, y est né en 1936.
  • Djahida Youcef, interprète, elle obtient le premier prix au festival de la chanson amateur de Sétif, y est née en 1957.
  • Fred Forest, artiste des nouveaux médias, natif de Mascara en 1933.
  • Maurice Benayoun, artiste numérique, natif de Mascara en 1957.
  • Dahou Alab, physicien et un des concepteurs de la bombe atomique française[réf. nécessaire], directeur de département à la NASA[réf. nécessaire], natif de Mascara.
  • Ahmed Benfréha, homme politique algérien, y est né.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Salinas, Oran les joyeuses mémoires franco-andalouses d'une ville d'Algérie, p.
  2. Victor Piquet, Les civilisations de l'Afrique du nord Berbères-Arabes Turcs, p.
  3. Journal asiatique, Société asiatique (Paris, France), Centre national de la recherche scientifique (France)
  4. Journal asiatique, tome XVIII, 1868, p 132 [1]
  5. Louis Rinn, in Revue africaine 1898, page 8 Lire en ligne
  6. a et b Valérie Assan, « L’exode des Juifs de Mascara, un épisode de la guerre entre Ald el-Kader et la France », Archives juives 2005/2, no 382, p. 9
  7. Abd el-Kader ibn Mahieddine porte le nom du fondateur de la confrérie, Abd el-Kader el-Djilani (1083-1166).
  8. a, b et c Assan, op. cit., p. 10
  9. a, b et c Assan, op. cit., p. 11
  10. Assan, op. cit., p. 17-18
  11. Assan, op. cit., p. 12-14
  12. Assan, op. cit., p. 16
  13. Assan, op. cit., p. 19
  14. Assan, op. cit., p. 20
  15. Assan, op. cit., p. 15
  16. a et b Assan, op. cit., p. 21
  17. Isabelle Ernot, « Le regard colonialiste de Mme Voisins d’Ambre », Clio 2008/2, no 28, p. 185-193
  18. Ahmed Amiri, « Mythes et réalités d‘une logique de mutation de la société algérienne », Sud/Nord, 2001/1, no 14, p. 123-134, section Au plan culturel et identitaire; Lire en ligne
  19. Voir Revue africaine 1936, pages 1001 et suivantes, André Basset Situation actuelle des parlers berbères dans le département d'Oran; et Revue africaine 1940, pages 220 et suivantes, Jean Cantineau Les parlers arabes du département d'Oran, d'après une enquête linguistique menée de 1936 à 1938 Lire en ligne sur le site « Algérie ancienne »
  20. a et b Abderrahmane Moussaoui, « Algérie, la guerre rejouée », La pensée de midi, 2000/3, no 3, p 37
  21. Recensement 2008 de la population algérienne, wilaya de Mascara, sur le site de l'ONS

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]