Germaine Tillion

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Germaine Tillion

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Germaine Tillion en 1957.

Naissance 30 mai 1907
Allègre (Haute-Loire)
Décès 19 avril 2008 (à 100 ans)
Saint-Mandé (Val-de-Marne)
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
Ethnologue, directrice d'études à l'EPHE, puis à l'EHESS

Germaine Tillion, née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire) et morte le 19 avril 2008 à Saint-Mandé[1] (Val-de-Marne), est une résistante et une ethnologue française.

Elle a reçu le prix Pulitzer en 1947, pour ses actes héroïques durant la Seconde Guerre mondiale ; ses cendres seront prochainement transférées au Panthéon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

Elle est la fille de Lucien Tillion[2] (1867-1925), magistrat, et d'Émilie Cussac (1876-1945), connue sous son nom marital, Émilie Tillion. Elle a une soeur, née en 1909, Françoise.

Ses parents sont issus de deux lignées de notables : hommes de loi de Charolles du côté paternel, d'Alleuze (Cantal) du côté maternel ; en 1907, sont père est juge de paix à Allègre, fonction qui lui prend peu de temps[3] ; il s'intéresse à la musique, à l'archéologie, à la photographie, à la chasse et à la vie rurale.

En 1914, Germaine devient interne dans un lycée[4], alors que commence la guerre : « Je ne mettais [pas] en doute l'existence de deux monstres sans visage : l'Allemand et la Mort. La nuit je rêvais de m'engager comme chien de guerre. »[5].

En 1922, ses parents s'installent à Saint-Maur, dans la maison de ses grands-parents maternels, François Cussac (1849-1927) et Marie-Antoinette Vivier (1851-1945[6]).

Ses parents contribuent chez Hachette à la rédaction des Guides bleus et d'ouvrages touristiques, activité qu'Émilie Tillion poursuit seule après la mort de son mari[7].

Études supérieures[modifier | modifier le code]

Après le baccalauréat en 1925, Germaine Tillion mène des études éclectiques : « je fais des études qui me plaisent : archéologie[8] (comme les parents), puis préhistoire, puis histoire des religions, égyptologie, folklore français [9] et celtique[10] et surtout ethnologie qui me passionne »[11].

C'est à partir de 1928 qu'elle s'oriente vers l'ethnologie, auprès de Marcel Mauss, professeur à l'École pratique des hautes études (EPHE), fondateur de l'Institut d'ethnologie (1925) et professeur au Collège de France. En 1932, elle entre aussi en contact avec Louis Massignon, autre professeur au Collège de France, à l'origine spécialiste de l'islam, mais qui est devenu un chercheur pluridisciplinaire dans le domaine musulman.

À la fin de 1932, elle fait un long séjour en Prusse orientale (décembre 1932-février 1933)  : « premier contact (plein d'aversion et d'ironie) avec le nazisme », notamment à travers les étudiants de l'université de Königsberg, au moment où les nazis sont en train d'arriver au pouvoir (Hitler devient chancelier le 30 janvier 1933).

En 1934 (à ce moment, elle a « terminé l'École du Louvre et deux ou trois certificats en licence, ainsi que le diplôme de l'Institut d'ethnologie. »[12]), dans le cadre de l'allocation des fonds de l'International Society of African Languages and Cultures[13], il lui est proposé une mission dans l'Aurès, pour étudier l'ethnie berbère des Chaouis ; ne connaissant pratiquement rien de ce sujet, elle s'initie à la langue berbère à l'École des langues orientales (Marcel Destaing).

Les missions dans l'Aurès (1935-1940)[modifier | modifier le code]

Germaine Tillion en 1935 durant ses recherches ethnographiques dans l'Aurès
La première mission

Elle a lieu en 1935-1936 ; Germaine Tillion part accompagnée par Thérèse Rivière (soeur de Georges Henri Rivière, alors sous-directeur du Musée de l'Homme), aussi bénéficiaire d'une allocation de recherche dans l'Aurès[14]. Mais celle-ci étant tombée malade, Germaine Tillion poursuit isolément ses recherches dans ce qui est la « commune mixte de l'Aurès » (chef-lieu : Arris, où résident les administrateurs, fonctionnaires français).

Parcourant d'abord la région de Menaâ (au sud-ouest d'Arris), où se trouvent quelques habitants parlant français, elle recueille un grand nombre de contes et légendes. Puis elle s'installe sur le versant sud du djebel Ahmar Khaddou, à Kebach, centre de l'arch (« peuple ») des Ouled Abderrahmane[15]. À 70 km d'Arris, il faut plusieurs heures à cheval pour arriver en ces lieux très isolés.

Le douar Tadjemout et les Ouled Abderrahmane

Kebach se trouve dans le douar Tadjemout (aujourd'hui dans la commune d'El Mizaraa, wilaya de Biskra), qui regroupe les arch Beni Melkem et Ouled Abderrahmane. Le caïd, responsable du douar (payé 750 francs par mois), musulman, mais originaire de Constantine, est un ancien serviteur du sous-préfet ; il y aussi un secrétaire (khodja), payé 300 francs. Un messager apporte régulièrement au caïd les consignes de la sous-préfecture de Batna (et en même temps le courrier adressé à l'ethnographe). Chaque année, le douar reçoit la visite du percepteur (70 000 francs perçus en 1936[16]) et d'un médecin militaire venant vacciner les bébés. En pratique, l'ordre repose sur les normes traditionnelles, fondées sur l'honneur familial (vendetta et composition) et sur la suprématie des « Grands-Vieux ».

Les Ouled Abderrahmane[17], sont des agriculteurs éleveurs transhumants entre la bordure du Sahara en hiver et les hauteurs en été. À Kebach, à mi-chemin, se trouve le grenier collectif où ils conservent les récoltes (blé et surtout orge). En 1936, selon un relevé de Germaine Tillion, ils sont au nombre de 779 (92 familles réparties entre 5 clans endogames). C'est donc ce groupe qui devient le sujet de sa thèse, qu'en 1938, elle envisage d'intituler Une République du sud-aurésien[18].

La situation générale en Algérie

Au premier abord, elle a l'impression qu'il n'existe pas de problèmes majeurs dans les relations entre Français et Musulmans. Ses séjours peu fréquents mais réguliers dans les villes de Batna (en été) ou Biskra (en hiver) lui révèlent cependant que des tensions existent. En particulier, au début de 1935, elle rencontre le docteur Chérif Saadane[19], victime à Biskra de l'attitude raciste de la bonne société[20]. Cela l'amène à réinterpréter un certain nombre de faits apparemment anodins en termes de racisme[21]. Par la suite, elle entre en contact avec d'autres intellectuels algériens, notamment Mohammed Bendjelloul, médecin à Batna[22] ou des instituteurs qui éditent La Voix des humbles. En France, en 1938, elle apprend l'existence du mouvement formé autour de Messali Hadj.

Elle a dès cette époque conscience des problèmes à venir de la société algérienne ; elle en fait état lors d'une conférence prononcée à Paris en 1938 à la demande de William Marçais et du commandant Montagne.

Bilan

Au total, de 1935 à 1940, Germaine Tillion effectue deux missions en Algérie, la première grâce à l'International Society (1935-1936), la seconde grâce au CNRS (1939-1940).

Une grande partie des travaux effectués pendant ces six années a malheureusement disparu au cours de la Seconde Guerre mondiale[23]. Ce n'est qu'en 2000 qu'elle a publié un ouvrage consacré spécifiquement à l'Aurès : Il était une fois l'ethnographie, suivi en 2005 de L'Algérie aurésienne (choix de ses photographies des années 1930).

Durant son séjour en France en 1937-1938, elle a de nouveau un contact avec l'Allemagne nazie, en Bavière, où elle passe quelques jours. Fréquentant régulièrement le Musée de l'Homme, elle fait la connaissance d'un des sous-directeurs, l'ethnologue Jacques Soustelle.

La Résistance (1940-1942)[modifier | modifier le code]

Sa seconde mission prend fin en mai 1940 ; elle quitte Kebach le 21 mai et arrive à Paris le 9 juin, en pleine débâcle de l'armée française. Ayant quitté Paris avec sa mère, c'est au cours de l'exode qu'elle entend le discours de Pétain du 17 juin (« il faut cesser le combat »), auquel elle réagit par un refus immédiat et catégorique.

De retour à Paris le 24 juin, peu après l’armistice, elle recherche d'autres personnes ayant le même point de vue qu'elle et prend contact avec Paul Hauet (1866-1945), colonel en retraite devenu industriel, antipétainiste de longue date  ; elle trouve aussi des sympathies au Musée de l'Homme (Yvonne Oddon, Paul Rivet).

Après le retour à Paris de Boris Vildé (juillet) et d'Anatole Lewitsky (août), s'établit un réseau autour de Paul Hauet et Boris Vildé, avec pour objectifs l'assistance aux prisonniers de guerre notamment africains ; le renseignement militaire ; la propagande (journal Résistance, publié à partir de décembre 1940). Germaine Tillion ne participe pas à Résistance, elle est surtout l'adjointe de Paul Hauet dans le cadre de l'Union nationale des Combattants coloniaux, qui sert de couverture à leurs activités.

À la fin de 1940, elle donne les papiers de sa famille à une famille juive qui sera ainsi protégée jusqu'à la fin de la guerre[24].

Le réseau est démantelé en 1941 : arrestations en janvier-mars de Boris Vildé, Anatole Lewitsky et d'autres personnes du Musée de l'Homme, puis en juillet de Paul Hauet et de Charles Dutheil. Germaine devient alors responsable de ce qui reste du réseau. En janvier 1942, le procès contre Vildé, Lewitsky, Oddon, etc. aboutit à sept exécutions pour espionnage.

Dernières activités de Résistance (juillet 1941-août 1942)

Amie des Lecompte-Boinet, elle entre en contact avec Combat Zone Nord et par Jacques Legrand, avec un groupe lié à l'Intelligence Service, le réseau Gloria.

Mais celui-ci est infiltré par un agent de l'Abwehr, Robert Alesch, prêtre, vicaire de La Varenne-Saint-HilaireSaint-Maur-des-Fossés), qui réussit à livrer de nombreux résistants, dont, le 13 août 1942, Germaine Tillion, lors d'un rendez-vous à la gare de Lyon ; jugé en 1949, il sera condamné à mort et exécuté[25],[26],[27],[28].

L'incarcération (août 1942-octobre 1943)

Après un passage rue des Saussaies, elle est incarcérée à la prison de la Santé, subissant quatre interrogatoires (par l'Abwehr) en août et trois en octobre. Inculpée pour cinq chefs d'accusation, elle est transférée à Fresnes, où en janvier 1943, elle apprend l'arrestation de sa mère. À Fresnes, elle obtient la disposition de sa documentation et poursuit la rédaction de sa thèse.

La déportation : Le Verfügbar aux Enfers[modifier | modifier le code]

Déportées à Ravensbrück.

Le 21 octobre 1943, intégrée dans la catégorie NN, Germaine Tillion est déportée sans jugement et emmenée avec 24 autres prisonnières de Fresnes au camp de Ravensbrück, au nord de Berlin, par train de voyageurs (sans passer par le camp de Compiègne). Sa mère, résistante comme elle, y est déportée en février 1944 et sera gazée en mars 1945.

Placée dans la catégorie des Verfügbar, prisonnières sans affectation précise, « disponibles » pour des travaux occasionnels, elle réussit à échapper pendant plusieurs mois à tout travail, mais met ses capacités à comprendre le monde où elle se trouve. En mars 1944, elle fait clandestinement une conférence pour quelques-unes des déportées françaises.

Elle fait la connaissance de Margarete Buber-Neumann, qui dès cette époque, lui apprend ce qu'est le système concentrationnaire soviétique.

En octobre 1944, elle écrit, sur un cahier soigneusement caché, une opérette Le Verfügbar aux Enfers. Les « Verfügbar » (de l'allemand verfügbar : disponible) sont ces déportées qui, non comptées à l'effectif des kommandos (équipes de travaux forcés), passent leurs journées à se cacher pour échapper aux corvées. Dans cette opérette, Germaine Tillion mêle, à des textes relatant avec humour les dures conditions de détention, des airs populaires tirés du répertoire lyrique ou populaire. L'opérette sera mise en scène pour la première fois, en 2007, au théâtre du Châtelet, à Paris[29],[30].

Grâce à une mise au Revier (infirmerie-mouroir) et à des complicités, Germaine Tillion échappe à un transport à destination du camp de Mauthausen, à une époque où les autorités du camp mènent une politique d'extermination systématique (création d'une chambre à gaz au début de 1945).

Puis un événement inattendu a lieu : la tentative de Himmler de négocier son avenir avec les puissances occidentales.

L'évacuation en Suède (avril 1945)

Début avril, 300 Françaises sont évacuées par la Croix-Rouge internationale, mais les NN sont exclues. Un peu plus tard cependant, des négociations entre Heinrich Himmler et le diplomate suédois Folke Bernadotte permettent à un autre groupe de détenues françaises, dont elle fait partie, d'être évacuées par la Croix-Rouge suédoise[24] ; le 24 avril, elles sont emmenées en autocar à Padborg au Danemark (encore occupé), puis en train à Göteborg en Suède où elles sont prises en charge par un établissement hospitalier. Elles réussissent à sortir du camp des documents, notamment des photographies relatives à des expériences médicales menées sur des détenues, le texte de l'opérette, etc.

Dès le début du séjour à Göteborg, Germaine Tillion lance un travail de recherche sur le camp de Ravensbrück à travers un questionnaire qu'elle utilisera ensuite pendant plusieurs années. Une partie des archives de ces travaux est aujourd'hui disponible dans le fonds ADIR du BDIC, l'autre (les « fiches blanches ») dans le fonds Germaine Tillion du Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Elle revient en France en juillet 1945 et réintègre le CNRS, mais elle quitte la section Ethnologie pour travailler dans la section Histoire contemporaine, où elle va se consacrer à des travaux sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (enquête sur les crimes de guerre nazis).

Au cours d'un séjour en montagne à Verbier (Suisse), elle écrit son premier texte sur le camp : « À la recherche de la vérité », contribution à un ouvrage collectif[31].

Membre de deux organisations de déportés : l'ADIR et l'Amicale de Ravensbrück, elle est déléguée par les survivantes de Ravensbrück pour assister comme observatrice (sans témoigner) au procès qui a lieu à Hambourg en décembre 1946-janvier 1947.

En ce qui concerne son activité de résistante, son rang est validé par l'attribution du grade de commandant ; d'autre part, elle est chargée de la « liquidation administrative » du réseau désigné sous le nom de « groupe Hauet-Vildé », qu'elle fait homologuer en 1946 sous le nom désormais usuel de « groupe du musée de l'Homme ». Elle analyse que la Résistance s'est réalisée dans l'urgence : ce ne sont pas les réseaux qui cherchaient des volontaires mais des volontaires qui cherchaient des organisations. La Résistance devait organiser des évasions, informer la population soumise à la propagande nazie et soutenir les Anglais[24].

En 1950, elle accepte de faire partie de la Commission internationale contre le régime concentrationnaire fondée par David Rousset, qui travaille d'abord sur les camps de concentration soviétiques, mais élargira par la suite le champ d'observation à d'autres lieux (Grèce, Algérie...).

Cette période consacrée en priorité aux questions concernant la Seconde Guerre mondiale prend fin avec les événements de novembre 1954 en Algérie.

La guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Mission d'observation (novembre 1954-février 1955)

Le 1er novembre 1954, jour de la « Toussaint rouge », qui marque le début de la guerre d'Algérie, un des attentats les plus graves a lieu dans l'Aurès : l'interception de l'autobus Biskra-Arris, suivi de la mort du caïd Ben Hadj Sadok et d'un instituteur venu de métropole, Guy Monnerot ; d'autre part, quatre militaires français sont tués à Batna et à Khenchela. Ces événements amènent Louis Massignon à faire appel à Germaine Tillion ; il obtient pour elle une mission d'observation de trois mois du ministre de l'Intérieur de Pierre Mendès France, François Mitterrand (25 novembre 1954)[32].

Sa mission se déroule principalement dans le département de Constantine, surtout dans l'Aurès, où elle revient dans les lieux qu'elle a connus vingt ans avant, assez changés : une piste monte à Kebach où elle trouve deux petites épiceries. Mais elle constate aussi la chute du niveau de vie des Ouled Abderrahmane, qui sont maintenant un millier, alors que la production agricole est de plus en plus précaire et la déstructuration de la société traditionnelle.

Ce phénomène général (indépendant de la répression militaire, qui touche particulièrement l'Aurès) aboutit à ce qu'elle va appeler la « clochardisation de la population algérienne », notamment par l'exode rural et la formation des bidonvilles autour des grandes villes. Elle pense qu'un effort doit être fait en priorité pour scolariser correctement et former professionnellement les jeunes Algériens du monde rural.

Membre du cabinet du gouverneur général (février 1955-janvier 1956)

À la fin de sa mission, elle revient à Alger peu après la nomination comme gouverneur général du gaulliste et ancien résistant Jacques Soustelle. Suite à une entrevue qu'elle a sollicitée par courtoisie administrative (22 février 1955)[33], il décide de lui confier une responsabilité comme membre de son cabinet chargé des affaires sociales et éducatives. Dans ce cabinet, se trouvent à la fois des « libéraux » (Jacques Juillet, Vincent Monteil) et des conservateurs (Henry-Paul Eydoux, le colonel Constans). Sur le plan administratif, elle ne quitte cependant pas le CNRS, dont elle est seulement « détachée ».

Les Centres sociaux (octobre 1955)

C'est dans ce cadre qu'elle élabore avec un certain nombre de personnalités[34] le projet des Centres sociaux : « Quand j’ai vu l’énorme épuisement de l’Algérie et l’énorme épuisement financier des familles, j’ai pensé que la seule chose qui était faisable était de nantir les paysans algériens d’un outillage leur permettant de survivre dans une ville, c’est pour ça que j’ai conçu les centres sociaux. Les centres sociaux, c’était un moyen de permettre à ceux qui le voulaient d’accéder à l’enseignement le plus élevé et à ceux qui ne le voulaient pas d’avoir un métier. J’ai considéré que l’on n’avait pas le droit de faire passer une paysannerie à l’état de citadin sans lui offrir un métier par personne. », entériné par le gouverneur le 25 octobre 1955.

L'implication directe de Germaine Tillion prend fin rapidement du fait rappel de Jacques Soustelle (1er février 1956), désormais passé du côté des conservateurs, et la nomination de Robert Lacoste, qui, bien que socialiste, mène une politique encore plus axée sur la répression, dans laquelle Germaine Tillion n'a plus sa place.

Face à cette politique, elle soutient le développement des Centres sociaux jusqu'au début de 1957 quand elle se rend compte que les choses ont changé et notamment que la généralisation de la torture rend impossible tout arrangement[35].

Les Centres sociaux persistent cependant, fonctionnant plus ou moins bien dans un climat de plus en plus violent ; leur histoire est marquée par des procès (1957, 1959) pour complicité avec le FLN, et surtout par l'attentat de l'OAS le 15 mars 1962, tuant six des cadres, dont Mouloud Feraoun.

L'Algérie en 1957

Après le départ de Jacques Soustelle, elle passe trois mois chez les Touareg dans le Sahara, avant de rentrer à Paris.

À la demande de l'ADIR, elle met au point un texte sur la situation économique et sociale de l'Algérie, publié en plusieurs livraisons dans l'organe du mouvement, Voix et visages, puis sous forme de brochure. Ce texte, d'abord peu connu, touche un public beaucoup plus large lorsqu'il est publié (tardivement) en 1957 par les Éditions de Minuit, provoquant un certain nombre de critiques (il est reproché à l'auteur de ne pas évoquer les questions politiques), en liaison avec celles dont est l'objet Albert Camus, préfacier de l'édition américaine du livre.

Elle intervient d'autre part en mai 1957 comme témoin de la défense dans le procès de Mohammed Ben Sadok, meurtrier d'Ali Chekkal. Cela entraine sa rupture définitive avec Jacques Soustelle, témoin de l'accusation (l'accusé échappe à la peine de mort).

La CICRC en Algérie

En juin 1957, alors que la « bataille d'Alger » dure depuis cinq mois, David Rousset obtient de Guy Mollet une autorisation de visite des lieux de détention en Algérie. La Commission envoie en Algérie cinq personnes, dont Germaine Tillion et Louis Martin-Chauffier (qui ne doivent pas participer à la rédaction du rapport) et trois étrangers. La mission dure du 18 juin au 3 juillet.

Les contacts avec Yacef Saadi (juillet-août 1957)

Celui-ci, responsable de la Zone autonome d'Alger, est alors traqué par les parachutistes du général Massu. C'est lui qui sollicite de Germaine Tillion un entretien qui a lieu le 4 juillet 1957, dans la Casbah d'Alger ; ce jour-là, elle le rencontre (il est présenté comme « le Grand Frère »), accompagné d'Ali la Pointe (le seul qui soit nommé[36]), en présence de Zohra Drif[37] et de Fatima Bouhired. L'entretien dure cinq heures ; il en ressort que Yacef Saadi s'engage à mettre fin aux attentats aveugles en contrepartie d'un arrêt des exécutions capitales[24].

Revenue à Paris, elle a dès le 8 juillet une entrevue avec André Boulloche[38], ancien résistant et déporté, chef de cabinet du nouveau Président du conseil Maurice Bourgès-Maunoury. Il est décidé qu'elle reprenne contact pour, « à ses risques et périls », rencontrer un membre du CCE du FLN. Le 9 août, elle rencontre de nouveau Yacef Saadi, en présence de Zohra Drif[39], aucun membre du CCE n'ayant pu ou voulu venir. Yacef Saadi est arrêté le 22 septembre ; étant donné qu'il a respecté son engagement concernant les attentats, Germaine Tillion s'efforce de le faire transférer de la garde des parachutistes à celle de la justice civile[40] ; puis, lors de son procès, en juillet 1958 à Alger, elle témoigne à décharge (condamné à mort, il sera gracié par le général de Gaulle en 1959).

Le texte de son témoignage, publié dans la presse dès 1958, suscitera deux attaques, amenant Germaine Tillion à répondre publiquement, d'abord à Simone de Beauvoir en 1964[41], puis au général Massu en 1971[42].

Autres interventions
  • Auprès du général de Gaulle : elle le rencontre pour la première fois en septembre 1957, à la demande du général au sujet de son livre sur l'Algérie ; mais elle lui parle aussi de ses entretiens avec Yacef Saadi. Le 7 juin 1958, peu après son retour au pouvoir, elle lui écrit[43] à propos du procès de Saadi qui doit avoir lieu peu après.
  • Lettre au cardinal Feltin[44] (7 décembre 1957) : elle évoque les différents problèmes posés par la conduite de la guerre, en particulier l'élimination des blessés et prisonniers rebelles, les disparitions de personnes arrêtées et la torture.
  • Lettre à Albert Camus[45] (3 janvier 1959) : elle sollicite son appui pour la grâce de plusieurs condamnés, dont Yacef Saadi.
  • participation (à partir de 1960) au groupe Vérité-Liberté, issu du Comité Maurice Audin de 1957 ; Pierre Vidal-Naquet[46] indique qu'elle était unanimement respectée sauf par Jacques Vergès qui la haïssait.

Après l'Algérie[modifier | modifier le code]

Le général de Gaulle

En 1959, elle accepte d'entrer dans le cabinet d'André Boulloche, ministre de l'Éducation nationale (du 9 janvier au 23 décembre) dans le gouvernement Michel Debré, dont le ministre de la Justice est Edmond Michelet (lui aussi ancien déporté), pour s'occuper de la question de l’enseignement dans les prisons en France, alors quasi inexistant. Soutenue par ces deux ministres, elle instaure un service spécialisé dépendant de l'Éducation nationale[47] (notamment, le 15 septembre 1959, est créé le poste d'Inspecteur conseiller pédagogique près de la direction de l'administration pénitentiaire ; le premier poste d'enseignant en milieu pénitentiaire est créé en 1963).

Elle apporte son soutien au général lors des élections présidentielles de 1965.

Travaux universitaires et engagements humanitaires

Son activité d’ethnologue se poursuit ; en 1959, elle passe du CNRS à la Sixième section de l'École pratique des hautes études (EPHE), la section des Sciences économiques et sociales alors dirigée Fernand Braudel; sous la direction de Jacques Le Goff, elle devient l’EHESS en 1975, deux ans avant que Germaine Tillion prenne sa retraite. Ses travaux portent sur les sociétés méditerranéennes et son séminaire d’ethnologie du Maghreb à l'EPHE est resté une référence. Durant ces années, elle réalise vingt missions scientifiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Elle s'engage particulièrement pour l'émancipation des femmes de Méditerranée (pas seulement celles du monde musulman), qui doivent par obligation économique avoir beaucoup d'enfants mais aussi privilégier les fils sur les filles[24]. Son livre Le Harem et les cousins (1971) suscite des réactions hostiles de la part de certains intellectuels du monde musulman. De même, sa prise de position contre l'excision en 1979[48], perçue par certains comme « colonialiste ».

Elle s'engage aussi au sein de l'Association contre l'esclavage moderne.

Les dernières années

En 1999, elle est élevée à la dignité de Grand-croix de la Légion d’honneur, une parmi six femmes, avec Geneviève de Gaulle, Valérie André, Jacqueline de Romilly, Simone Rozès et Christiane Desroches Noblecourt. À sa demande, la décoration lui est remise par Geneviève de Gaulle-Anthonioz dans sa maison le 23 décembre 1999.

À cette époque, âgée de 90 ans, elle se décide à reprendre les notes des années 1930 qu'elle n'avait pas emmenées à Ravensbrück et publie un aperçu de ce qu'aurait été sa thèse sur les Ouled Abderrahmane (Il était une fois l'ethnographie, 2000).

En 2000, la revue Esprit lui consacre un numéro spécial.

En 2004, elle lance avec d'autres intellectuels français un appel contre la torture en Irak.

Elle meurt le samedi 19 avril 2008 à son domicile de Saint-Mandé (Val-de-Marne), tout près du parc de Vincennes, dans sa 101e année.

Pensée de Germaine Tillion[modifier | modifier le code]

Germaine Tillion considère que chacun doit rester vigilant face au mal qui peut revenir : « Au terme de mon parcours je me rends compte combien l'homme est fragile et malléable. Rien n'est jamais acquis. Notre devoir de vigilance doit être absolu. Le mal peut revenir à tout moment, il couve partout et nous devons agir au moment où il est encore temps d'empêcher le pire[24]. » Pour elle le nazisme est l'incarnation du mal[24].

Germaine Tillion pense que la haine entre deux communautés provient d'un manque d'espace, et que le défi du XXIe siècle est la survie d'une humanité sans cesse grandissante sur une planète aux ressources limitées, ce dont l'homme vient à peine de prendre conscience[24].

Publications[modifier | modifier le code]

  • L’Algérie en 1957, Paris, Éditions de Minuit, 1957 (d'abord publié dans Voix et visages sous le titre « L'Algérie en 1956 »)
  • Les Ennemis complémentaires, Paris, Éditions de Minuit, 1958
  • L'Afrique bascule vers l'avenir, Paris, Éditions de Minuit, 1959 (inclut L'Algérie en 1957)
  • Le Harem et les cousins, Paris, Le Seuil, 1966
  • Ravensbrück, 1988
  • Il était une fois l’ethnographie, Paris, Le Seuil, 2000 (sur ses travaux dans l'Aurès de 1934 à 1940)
  • À la recherche du vrai et du juste. À propos rompus avec le siècle, Paris, Le Seuil, 2001
  • L’Algérie aurésienne, Paris, La Martinière/Perrin, 2001, en collaboration avec Nancy Woods (photographies prises durant les années 1934-1940 dans l'Aurès, accompagnées de citations de son livre de 2000)
  • Une opérette à Ravensbrück, Paris, La Martinière, 2005 (Le Seuil, coll. « Points », 2007) : préface de Tzvetan Todorov, présentation de Claire Andrieu, texte du Verfügbar aux Enfers
  • Combats de guerre et de paix, Paris, Le Seuil, 2007
  • Le Siècle de Germaine Tillion, Paris, Le Seuil, 2007
Articles
  • « Première résistance en zone occupée », dans la Revue d'histoire de la Seconde guerre mondiale, n° 30, avril 1958 (reproduit dans Esprit, février 2000)
Posthumes

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Noms de lieux[modifier | modifier le code]

Reçoivent le nom de Germaine Tillion

Noms de promotions[modifier | modifier le code]

Ont pris le nom de « promotion Germaine Tillion »

Fonds d'archives[modifier | modifier le code]

Le Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon possède un fonds d'archives légué par Germaine Tillion. Il s'agit de dossiers généraux sur le camp de Ravensbrück avec des comptes-rendus, extraits ou copies des études, ouvrages et articles parus sur le camp ; des dossiers thématiques sur des points sensibles : expériences, exécutions, lesbiennes, sabotages, procès... sur des éléments statistiques et des données concernant des convois (trains des 8, 11, 15 août 1944, par exemple). Ces pièces ont été réunies et doublées de fichiers par numéros matricule et nominatifs de l’ensemble des femmes déportées de France (sauf déportées juives), à partir de diverses sources : registres d’écrous des prisons françaises et allemandes, registres de Ravensbrück, listes du Ministère des Anciens combattants, listes dressées par les déportées elles-mêmes (par exemple au revier). Ce fonds, résultat également d’une enquête lancée par régions, est complété par des dossiers individuels contenant des témoignages, de la correspondance, des poèmes... L’ensemble de ce fonds a été déposé en 1995 au Musée de Besançon qui s’efforce de poursuivre le travail, de le porter à la connaissance des chercheurs.

Le département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France conserve pour sa part les archives de Germaine Tillion, données en 2008 et 2009 par l'Association Germaine Tillion et Monsieur et Madame Dozières-Lévy. On y trouve notamment de nombreux dossiers de travail sur son activité dans la résistance et ses années passées en Algérie, ainsi qu'une très vaste correspondance.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martin Blumenson, Le Réseau du Musée de l'Homme, Paris, Le Seuil, 1979
  • Jean Lacouture, Le témoignage est un combat Une biographie de Germaine Tillion, Le Seuil, 2000
  • Nancy Wood, Germaine Tillion, une femme-mémoire : d’une Algérie à l’autre, Autrement, 2003
  • Fabien Sacriste, Germaine Tillion, Jacques Berque, Jean Servier et Pierre Bourdieu. Des ethnologues dans la guerre d'indépendance algérienne, Paris, L'Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », 2011
Ouvrages collectifs
  • Olivier Mongin et François George (dir.), Les Vies de Germaine Tillion, dans la revue Esprit, février 2000 (articles de Julien Blanc, Anise Postel-Vinay, Alice Gadoffre-Staath, Pierre Vidal-Naquet, Camille Lacoste-Dujardin, Olivier Mongin ; entretien avec Germaine Tillion)
  • Tzvetan Todorov (dir.), Le Siècle de Germaine Tillion, Le Seuil, 2007 [ISBN 978-2-02-095194-4] (articles de Jean Daniel, Alice Conklin, Julien Blanc, Anise Postel-Vinay, Geneviève De Gaulle-Anthonioz, Bernhard Strebel, Claire Andrieu, Pierre Vidal-Naquet, Donald Reid, Tzvetan Todorov, Albert Camus, Jean Lacouture, Benjamin Stora, Torkia Dahmoune Ould Daddah, Mustapha Chérif, Julia Clancy-Smith, Olivier Mongin, François George ; plusieurs textes de Germaine Tillion ; étude biographique de Nelly Forget et Nancy Wood)
  • Armelle Mabon et Gwendal Simon (dir.), L'Engagement à travers la vie de Germaine Tillion, actes du colloque de l'université de Lorient (mai 2010), Paris, Riveneuve Éditions, 2013 (cf. Site du colloque)
Articles
  • (en) Douglas Martin, « Obituary Germaine Tillion, French Anthropologist and Resistance Figure, Dies at 100 », The New York Times, 25 avril 2008, p. B7

Filmographie[modifier | modifier le code]

Plusieurs films ont été consacrés à Germaine Tillion :

  • 1974 : G. Tillion : la République des Cousins, 1974, Francis Bouchet, Jacques Kébadian, Michel Anthonioz
  • 1990 : Germaine Tillion, Du côté de chez Fred, 1990, Michel Hermant
  • 2000 : Sœurs dans la Résistance, 2000, Maïa Wechsler (USA)
  • 2001 : Je me souviens, 2001, Jean Baronnet, Colette Castagno
  • 2001 : Les images oubliées de Germaine Tillion, 2001, Augustin Barbara, François Gauducheau, couleur, 52 min
    Germaine Tillion, 92 ans, vient de retrouver dans ses archives des clichés pris dans le massif des Aurès, en Algérie, où elle effectuait ses premières missions dans les années 1930. Ces photos témoignent d'un monde disparu, mais surtout ils éclairent la vie, la pensée et la personnalité de cette femme qui fut l'un des grands témoins du XXe siècle.
  • 2001 : Les trois vies de Germaine Tillion, 2001, Gilles Combet, Jean Lacouture
  • 2001-2002 : La jeunesse d’une centenaire, Une conscience dans le siècle, 2001-2002, IDEMEC, Christian Bromberger
  • 2002 : Germaine Tillion, une conscience dans le siècle de Christian Bromberger, 2002, couleur, 28 min
    Entretien de Germaine Tillion avec Christian Bromberger, professeur à l’Université de Provence et Thierry Fabre, responsable du pôle euro-Méditerranée de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme [62]
  • 2007 : Le 100e anniversaire de Germaine Tillion, 2007, Léa Todorov
  • 2007 : Le Verfügbar aux Enfers, France, 2007, 58 min, David Ünger
  • 2007 : Là où il y a du danger, on vous trouve, 2007, Miriam Grossi, Carmen Rial, UFSC-Brésil
  • Germaine et Geneviève, Isabelle Gaggini-Anthonioz, Jacques Kébadian
  • 2010 : Une Opérette à Ravensbrück, Théâtre de la Petite Montagne, France 3, reportage sur le spectacle[63]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décès de Germaine Tillion, ethnologue et résistante dans Le Figaro du 19 avril 2008
  2. Précisions d'état civil sur la page Émilie Tillion. Détails sur les ascendances paternelles et maternelles dans Fragments de vie, p. 347-350.
  3. Fragements de vie, p. 351 : « une matinée par semaine »
  4. Fragments de vie p. 351 : « cette même années [1914], très jeune pensionnaire esseulée d'un grand lycée... » (dans les classes primaires). Jean Lacouture (p. 15) indique qu'elle est élève du lycée Jeanne d'Arc de Clermont-Ferrand à partir de 1917 et qu'elle y termine ses études secondaires.
  5. Fragments de vie, p. 351.
  6. Arrêtée en 1942, puis relâchée, elle meurt isolée le 31 janvier 1945 dans la maison de Saint-Maur qui a été pillée par les Allemands et dévastée par les intempéries de l'hiver 1944-1945.
  7. Cf. page Emilie Tillion
  8. À l'École du Louvre
  9. Avec Arnold Van Gennep
  10. Avec Jean Marx (1884-1972), spécialiste du cycle arthurien. Cf. site Cairn
  11. Fragments de vie, p. 352.
  12. Fragments de vie, p. 353.
  13. Il était une fois l'ethnographie, pp. 13-16, sur la préparation de sa première mission.
  14. Michèle Coquet, Un destin contrarié : la mission Rivière-Tillion dans l’Aurès (1935-1936), Paris, Lahic / DPRPS-Direction des patrimoines,‎ 2014, 97 p. (lire en ligne)
  15. Il était une fois l'ethnographie, p. 22 : carte des douars et arch du secteur Aurès sud. Les localités de Tadjemout (différente de Tadjemout dans le Sahara) et Kebach sont indiquées sur la carte Michelin 743 (« Algérie Tunisie », mais pas sur Google Maps.
  16. Sur le douar Tadjemout : Il était une fois l'ethnographie, pp. 97-100.
  17. Il était une fois l'ethnographie, p. 101.
  18. Lacouture, 2000, p. 32.
  19. Conseiller général en 1935. Sénateur d'Alger en 1945. Cf. Notice sur le site du Sénat. Il est presque toujours nommé « Dr Saadane ».
  20. Il était une fois l'ethnographie, pp. 135-136.
  21. Il était une fois l'ethnographie, p. 136 : « tandis que j'écoutais [le docteur Saadane], une autre image de la ville [...] se condensait sous la première, et de menus comportements, observés sans y prendre garde, se mobilisèrent dans ma mémoire. [...] Ce jour-là, j'entrevis pour la première fois la mise à l'écart dite "racisme" ».
  22. Député à la Constituante en 1945. Cf. Notice sur le site de l'Assemblée nationale. Cf. Lacouture, 2000, p. 56 sur le Dr Bendjelloul.
  23. « Mes autres documents et manuscrits ... se trouvaient avec mes deux thèses de doctorat ... [et] disparurent dans le camp de concentration de Ravennsbrück... » (Il était une fois l'ethnographie, p. 9).
  24. a, b, c, d, e, f, g et h Germaine Tillion, « Ne pas tourner le dos », Le Nouvel-Observateur, 31 mai 2007.
  25. Germaine Tillion, Ravensbrück, Seuil, 1973, p. 15
  26. Lacouture, 2000, p. 118 et suivantes
  27. http://lb.wikipedia.org/wiki/Robert_Alesch
  28. http://www.chronicart.com/livres/livres_fictions.php3?id=2680)
  29. « Les coulisses d'une opérette en enfer », Ouest-France, 20 avril 2009.
  30. Germaine Tillion s'exprime à propos du Verfugbar
  31. Albert Béguin (dir.), Ravensbrück, dans les Cahiers du Rhône, 1946, n° 20, décembre 1946 mentionné par Lacouture, 2000, p. 208.
  32. Lacouture, 2000, p. 234.
  33. Lacouture, 2000, p. 240.
  34. Par exemple, Marie-Renée Chéné, impliquée dans le bidonville de Hussein-Dey, Charles Aguesse ; cf. Lacouture, 2000, p. 248.
  35. la Marche de l'Histoire, émission de France Inter, 30 mai 2012, entretien entre Jean Lebrun et Tzvetan Todorov.
  36. Récit de l'entrevue dans Fragments de vie, pp. 301-314.
  37. Le point de vue de Zohra Drif est donné dans : Djamila Amrane, Des femmes dans la révolution algérienne, Paris, Plon, 1991, p. 113.
  38. Lacouture, 2000, p. 281.
  39. Fragments de vie, pp. 320-323.
  40. Fragments de vie, pp. 323-330.
  41. Le Monde, 11 mars 1964
  42. Le Monde, 29 novembre 1971
  43. Fragments de vie, pp. 362-364.
  44. Fragments de vie, pp. 336-341.
  45. Fragments de vie, pp. 364-367.
  46. Esprit, février 2000.
  47. Cf. Michel Febrer, Enseigner en prison, L'Harmattan p. 47 et suivantes
  48. Le Monde, 15 mars 1979.
  49. Germaine Tillion et le "Verfügbar aux Enfers"
  50. Dossier de presse de l'exposition du Musée de l'Homme [PDF]
  51. Il était une fois Germaine Tillion
  52. Mise en scène Xavier Marchand avec Valentine Carette, Valerie Crunchant, Camille Grandville, Pascal Omhovère et Myriam Sokoloff
  53. Discours lors de la cérémonie d’hommage à la Résistance, François Hollande, 21 février 2014.
  54. Dépêche AFP sur le site du Monde, 19/02/2012.
  55. http://mediatheque.saint-ave.fr/
  56. [PDF] Diagonale n°7 (février/mars 2009) issus de http://www.univ-ubs.fr
  57. Inauguration de la Bibliothèque "Germaine Tillion" à Saint-Maur-des-Fossés, germaine-tillion.org, 3 janvier 2009
  58. Le 100e collège s’appellera Germaine-Tillion, Le Parisien, édition Essonne, 18 mai 2009
  59. Les vœux du maire pour 2009, mairie de Sain-Bel
  60. La bibliothèque Trocadéro prend le nom de Germaine Tillion, Paris.fr, 7 septembre 2010
  61. La 59ème promotion baptisée ! sur le site de l'ENSP.
  62. Visionner le film sur Télé Campus Provence
  63. Une Opérette à Ravensbrück

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]