Gaston Palewski
| Gaston Palewski | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Parlementaire français Député 1951-1955 |
|
| Gouvernement | IVe République |
| Groupe politique | RPF |
| 2e président du Conseil constitutionnel français | |
| 1965 – 1974 | |
| Prédécesseur | Léon Noël |
| Successeur | Roger Frey |
| Biographie | |
| Date de naissance | 20 mars 1901 |
| Date de décès | 3 septembre 1984 (à 83 ans) |
| Résidence | Seine |
| modifier |
|
Gaston Palewski, né le 20 mars 1901 à Paris (9e arrondissement)[1] et mort le 3 septembre 1984 au château du Marais au Val-Saint-Germain dans l'Essonne, est un diplomate et homme politique français issu d'une famille d'origine polonaise, président du Conseil constitutionnel de 1965 à 1974.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Gaston Palewski est le fils de Maurice Palewski, ingénieur des Arts et Manufactures, et de Madame, née Rose Diamant-Berger. Il fait ses études au Lycée Michelet à Vanves, au Lycée Henri-IV à Paris, à l'École des Hautes études commerciales (HEC), l'École libre des sciences politiques, à l'École du Louvre et à l'université d'Oxford. Il est licencié ès lettres de la Sorbonne.
Attaché politique au cabinet du maréchal Lyautey à Rabat (1924-1925). En 1928 il rencontre son "second grand homme" après Lyautey, Paul Reynaud, ministre des Finances, dont il devient de 1930 à 1931, le chef de cabinet après avoir été au Bulletin économique et financier et expert à plusieurs reprises à la Société des Nations, déjà aux côtés de Paul Reynaud.
De 1931 à 1933, il est chargé de mission, toujours auprès de Paul Reynaud alors ministre des Colonies, qui, en 1934, lui présente le général de Gaulle, "le troisième grand homme" de sa vie et qu'il ne quittera plus à partir de 1940. Son destin croise donc pour la première fois celui de de Gaulle, dont il diffuse l'idée nouvelle de créer les corps autonomes de blindés dans l'armée ; il travaille alors près de Paul Reynaud au ministère de la Justice puis au ministère des Finances dont il dirige le cabinet de 1938 à 1939. Attaché à la délégation française à la Conférence du désarmement à Genève.
À la veille de la défaite française de 1940, il quitte le cabinet de Paul Reynaud et se fait affecter dans l'armée de l'air comme volontaire à la 34e escadre de bombardement de nuit (il est cité à l'ordre de l'Armée de l'air, la nuit de Sedan)au Maroc. Il effectue de nombreux vols militaires et rejoint Charles de Gaulle à Londres dès 1940. Rallié à la France libre, s'engage en août 1940 dans les Forces françaises libres et fait partie de la délégation française à la conférence du désarmement à Genève avant d'être nommé par le général de Gaulle, premier directeur des affaires politiques de la France libre à Londres chargé des territoires non libérés, préparant et mettant en œuvre le retour à une administration purement française (et parisienne) dans les territoires qui se libèrent peu à peu. (1940).
Entre 1941 et 1942, lieutenant-colonel, il commande les Forces françaises libres de l'Est Africain et participe brillamment à leur tête à la campagne d’Éthiopie. De septembre 1942 à janvier 1946, le général de Gaulle, président du Comité français de Libération nationale, lui confie la direction de son cabinet à Londres puis à Alger lorsque le général devient président du Gouvernement provisoire de la République française et enfin à Paris.
Après la guerre, il refuse tout poste pour rester auprès du général de Gaulle ; il participe avec lui, en 1947 à la création du mouvement Rassemblement du peuple français, le RPF, dont il devient membre du conseil de direction. Il y est proche du gaulliste Christian Fouchet dont la soeur aînée Anne-Marie Fouchet a épousé son frère Jean-Paul Palewski. En juin 1951, il est élu député de la Seine(6e circonscription) en tête de la liste du RPF. Vice-président du groupe parlementaire RPF, il fait partie des commissions des affaires étrangères et du suffrage universel. Le 6 novembre 1952, il est élu vice-président de l'Assemblée nationale; réélu en 1953, 1954 et 1955, il conduit la délégation parlementaire française en Turquie et prononce un discours devant le Parlement d'Ankara. Le 22 février 1955, Gaston Palewski accepte d'entrer dans le cabinet Edgar Faure chargé des affaires atomiques, des affaires sahariennes et de la coordination de la Défense, à partir du 23 février 1955. Il est promoteur du second plan atomique, mais il démissionne avec tous les ministres gaullistes le 6 octobre 1955 pour protester contre la politique marocaine qui mène à l'indépendance. Le 2 janvier 1956, à nouveau candidat aux élections législatives dans la Seine, il est battu. En août 1957, c'est à la demande du général de Gaulle, qu'il est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Rome (Quirinal).
Le 15 mai 1961, ministre plénipotentiaire, il est promu le 1er mars 1962 à la hors classe, il en profite pour restaurer le palais Farnèse, s'intéressant par ailleurs à la restauration de Venise et de Florence. Du 14 avril 1962 au 22 février 1965, il est a nouveau au gouvernement, ministre d’État chargé de la Recherche scientifique et des Questions atomiques et spatiales dans le cabinet Georges Pompidou. Il est le premier à occuper ce poste[2]. C'est à ce titre qu'il assiste le 1er mai 1962, à l'accident nucléaire de Béryl à In Ekker dans le sud de l'Algérie. L'explosion liée à cet essai nucléaire raté contamine alors une bonne partie des personnes présentes. Gaston Palewski, atteint d'une leucémie qui finira par l'emporter, prétendra toujours que cette irradiation fut la cause directe de sa maladie[3].
Il développe la coopération internationale, (c'est lui qui négocie alors avec l'URSS l'acceptation du procédé français de télévision et, avec l'Espagne, la construction d'une centrale nucléaire, organise la collaboration entre l'industrie et la recherche et crée la base de Kourou en Guyane. Du 23 février 1965 au 22 février 1974, il succède à |Léon Noël comme président du Conseil Constitutionnel, nommé pour neuf ans par le Président de la République, le général de Gaulle. Le 24 avril 1968, en tant qu'amateur d'art, collectionneur averti, animateur de la restauration de Florence, vice-président du conseil artistique des Musées nationaux et président du Comité français pour la sauvegarde de Venise, il est élu membre libre de l'Institut, Académie des Beaux-Arts, au fauteuil de Jacques Jaujard (en 1975 il sera candidat malheureux à l'Académie française).
Mars 1969 : célibataire qui confiait volontiers que "le mariage est une terre promise vers laquelle il convient de se hâter lentement", il épouse le jour de son soixante-huitième anniversaire Helen-Violette de Talleyrand-Périgord, duchesse de Sagan (1915-2003), fille d'Hélie, duc de Talleyrand et prince de Sagan (1859-1937) et de la princesse, née Anna Gould (1875-1961), après que celle-ci eut divorcé de son époux le comte de Pourtalès. Entre 1945 et 1973, il a été l'amant à Londres de la romancière anglaise Nancy Mitford, qui vint ensuite vivre à Paris.
À partir de 1971, déjà vice-président de l’Institut Charles-de-Gaulle depuis sa fondation, il en devient président, succédant à André Malraux qui en fut le premier président.
En 1974, il est administrateur de la société CIT-Alcatel, il est également directeur puis président d'honneur de la Revue des deux Mondes et de Connaissance des arts . En 1978, il siège au jury du Grand Prix national des arts. En avril 1983, il est membre fondateur de l'Association française d'échanges et de liaisons. Le 3 septembre 1984, il décède à l'âge de quatre-vingt-trois ans, dans le château conjugal du Marais, des suites d'un malaise cardiaque.
Joue un rôle politique de premier plan dans l'histoire de notre pays jusque dans les dernières années de sa vie. Il eut une grande influence dans les milieux gaullistes et dans le gouvernement de la France.
Gaston Palewski est le frère du député Jean-Paul Palewski.
Ouvrages [modifier]
- L’Europe dans ses rapports avec l'ONU et les autres organismes internationaux, Nancy 1952
- L’Atome, notre destin, Paris 1955
- Hier et aujourd'hui : 1974, Paris 1975.
- Le Miroir de Talleyrand (1976)
- Mémoires d'action 1924-1974, présenté par Éric Roussel., Paris, Plon, 1988
Décorations [modifier]
- Grand-croix de la Légion d'honneur
- Compagnon de la Libération(17/01/1946)
- Croix de guerre 1939-1945 2 citations
- Médaille coloniale avec agrafe « Éthiopie »
- Croix du combattant volontaire 39/45
- Grand-Croix de la couronne de Belgique
- Croix de guerre belge
- Mérite chérifien
- Grand-Croix de l’Étoile d’Éthiopie
- Grand-Croix de l'ordre du Mérite de la République italienne.
Distinctions [modifier]
- Grande Médaille d'argent de l'Aéro-Club de France en 1931
Notes et références [modifier]
- Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 9/375/1901, avec mention marginale du décès (consulté le 15 août 2012)
- Voir la liste des ministres français de la Recherche et des Technologies.
- http://www.senat.fr/rap/r01-207/r01-207_mono.html
Bibliographie [modifier]
- Jacques Bernot, Gaston Palewski : Premier baron du gaullisme, François-Xavier de Guibert, 2010 (ISBN 9782755404173)
Lien externe [modifier]
| Précédé par | Gaston Palewski | Suivi par | ||
|---|---|---|---|---|
| Léon Noël |
|
Roger Frey |
- Ancien ministre de la Cinquième République
- Personnalité de la France libre
- Ministre de la Quatrième République
- Personnalité du Rassemblement du peuple français
- Personnalité des Républicains sociaux
- Gaulliste
- Député de la deuxième législature de la Quatrième République
- Ancien député de la Seine
- Président du Conseil constitutionnel français
- Ancien membre du Conseil constitutionnel français
- Ministre français de la Recherche
- Élève de l'Institut d'études politiques de Paris
- Étudiant de l'université d'Oxford
- Élève de l'École du Louvre
- Titulaire de la Croix de guerre 1939-1945
- Compagnon de la Libération
- Grand-croix de la Légion d'honneur
- Académie des beaux-arts (France)
- Naissance dans le 9e arrondissement de Paris
- Naissance en 1901
- Décès en 1984