Louis Joxe

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Louis Joxe

Naissance 16 septembre 1901
Bourg-la-Reine
Décès 6 avril 1991 (à 89 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Diplomate, homme politique
Activité principale Ministre de l'Éducation nationale (1960, 1962)
Ministre des Affaires algériennes (1960-1962)
Ministre des Réformes (1962-1967)
Ministre de la Justice (1967-1968)
Député UDR du Rhône (1967-1977)
Membre du Conseil constitutionnel
Famille
Daniel Halévy, son beau-père
Alain Joxe, Pierre Joxe, ses fils

Louis Joxe (né le 16 septembre 1901 à Bourg-la-Reine dans le département de la Seine, mort le 6 avril 1991 à Paris) est un homme politique français.

Louis Joxe est le père du sociologue et chercheur en géopolitique Alain Joxe, de l’homme politique Pierre Joxe et le gendre de Daniel Halévy (voir descendance de Louis Breguet).

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Joxe est le fils d’Auguste Joxe (1871-1958), un professeur agrégé de sciences naturelles, lui-même fils d’un menuisier de Pontivy. Agrégé d'histoire et de géographie, il fait un bref passage dans l’enseignement à Metz de 1925 à 1927, puis devient journaliste à la revue de politique française et internationale l'Europe nouvelle. En 1932, il entre au cabinet de Pierre Cot, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et ministre de l’Air. Il est inspecteur des services étrangers de l’agence Havas (future AFP) en 1935. Il fonde la même année, le Centre d'études de politique étrangère, structure universitaire qui servira plus tard de base à la création de l'Institut français des relations internationales. Révoqué par le gouvernement de Vichy en 1940, il enseigne au lycée d’Alger et œuvre au sein de la résistance antivichyste.

Charles de Gaulle le nomme secrétaire général du Comité français de la Libération nationale (1942-1944), secrétaire général du Gouvernement provisoire de la République française (1946), et il organise donc depuis le lycée Fromentin d'Alger qui accueille provisoirement l'exécutif, puis Matignon la restauration de l'État républicain. Il reprend ensuite la carrière diplomatique au ministère des Affaires étrangères comme directeur général, ambassadeur (à Moscou en 1952, à Bonn en 1955) et secrétaire général du Quai d'Orsay (1956).

Élevé à la dignité d’ambassadeur de France en 1959, il est ministre sans interruption de juillet 1959 à mai 1968 dans les gouvernements de Michel Debré et Georges Pompidou. Secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé de la fonction publique du 24 juillet 1959 au 15 janvier 1960, il est chargé de l'Éducation nationale (du 15 janvier au 22 novembre 1960), les Affaires algériennes (du 22 novembre 1960 au 28 novembre 1962) — à ce titre il mène la négociation avec le FLN (voir accords d'Évian), qui conduit à l'indépendance le 19 mars 1962.

À nouveau ministre de l'Éducation nationale, par intérim, du 15 octobre au 28 novembre 1962 après la démission de Pierre Sudreau, ministre de la Réforme administrative (du 28 novembre 1962 au 1er avril 1967) et Garde des sceaux, ministre de la Justice (du 6 avril 1967 au 31 mai 1968). Il est député UDR du Rhône de 1967 à 1977. Le président de l'Assemblée Nationale Edgar Faure le nomme[1], le 22 octobre 1977, membre du Conseil constitutionnel pour y remplacer Henri Rey qui vient de décéder, puis Jacques Chaban-Delmas le confirme[2] le 12 février 1980 à ce poste pour un mandat complet, qui s'achève en février 1989.

Gestion du rapatriement en métropole des pieds noirs et des harkis[modifier | modifier le code]

Ministre d’État des Affaires algériennes durant les neuf mois qui suivirent l'indépendance, sa gestion du rapatriement en métropole des pieds noirs et des harkis lui sera vivement reprochée par des historiens. Auteur notamment de la directive ministérielle du 15 juillet 1962 stipulant : « Je vous renvoie, au fur et à mesure, à la documentation que je reçois au sujet des supplétifs. Vous voudrez bien faire rechercher, tant dans l'armée que dans l'administration, les promoteurs et les complices de ces entreprises de rapatriement, et faire prendre les sanctions appropriées. Les supplétifs débarqués en métropole, en dehors du plan général, seront renvoyés en Algérie, où ils devront rejoindre, avant qu'il ne soit statué sur leur destination définitive, le personnel déjà regroupé suivant les directives des 7 et 11 avril. Je n'ignore pas que ce renvoi peut-être interprété par les propagandistes de la sédition, comme un refus d'assurer l'avenir de ceux qui nous sont demeurés fidèles. Il conviendra donc d'éviter de donner la moindre publicité à cette mesure »[3]. Cette décision a pour conséquence de laisser les harkis aux mains du nouveau pouvoir algérien sans leur laisser la possibilité d'échapper aux premiers massacres qui suivent immédiatement l'indépendance de l'Algérie.

L'historien Pierre Vidal-Naquet concluant à ce propos dans le quotidien Le Monde : « Ce n’est pas par hasard si les harkis sont si peu nombreux à s’être réfugiés en France, des ordres ont été donnés pour éviter un afflux massif … »[4],[5],[6].

L'abandon des harkis par l'État français et les consignes données par les pouvoirs publics de n'effectuer aucun rapatriement massif de supplétifs ont été considérés par Maurice Allais comme « une des plus grandes ignominies, une des plus grandes hontes de toute l'Histoire de France »[7]. De même, Dominique Schnapper, fille de l'intellectuel français Raymond Aron, écrira « L'épisode des harkis constitue une des pages honteuses de l'histoire de France, comme l'ont été l'instauration du statut des Juifs ou la rafle du Vel d'Hiv »[8].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/depuis-1958/decisions-par-date/1977/nomination-de-m.-louis-joxe-1-/decision-nomination-de-m-louis-joxe-1-du-22-octobre-1977.7558.html
  2. http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/1980/nomination-de-m.-louis-joxe-2-/decision-nomination-de-m-louis-joxe-2-du-12-fevrier-1980.7801.html
  3. [1], Télégramme N° 125/IGAA du 16 mai 1962 - directive ministèrielle du 16 juillet 1962
  4. La guerre révolutionnaire et la tragédie des harkis, Pierre Vidal-Naquet, Le Monde, 11-12 novembre 1962
  5. La longue plainte des harkis, L'Express, 9 août 2001
  6. La plainte des harkis est-elle justifiée ?, L'Express, 30 août 2001
  7. Maurice Allais, L'Algérie d'Évian (1962), éd. Jeune Pied-Noir, 1999, Les harkis, un impérieux devoir de mémoire dans la 2e édition de 1999, p. 50
  8. Préface de Dominique Schnapper dans Et ils sont devenus harkis, Mohand Hamoumou, éd. Fayard, 1993, p. 10