Lucien Neuwirth

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Lucien Neuwirth
Image illustrative de l'article Lucien Neuwirth
Fonctions
Sénateur de la Loire
25 septembre 198330 septembre 2001
Élection 25 septembre 1983
Réélection 27 septembre 1992
Député de la 2e circonscription de la Loire
9 décembre 19582 juillet 1981
Successeur Bruno Vennin
Biographie
Date de naissance 18 mai 1924
Lieu de naissance Saint-Étienne, Loire
Date de décès 26 novembre 2013 (à 89 ans)
Lieu de décès Paris, Île-de-France
Nationalité Française
Parti politique RPF, UNR, UNR-UDT, UDR, RPR

Lucien Neuwirth, né le 18 mai 1924 à Saint-Étienne (Loire) et mort le 26 novembre 2013[1] à l'hôpital Sainte-Périne (Paris)[2], est un homme politique français. Il est principalement connu pour avoir proposé la loi Neuwirth pour l'autorisation de l'utilisation de la contraception orale en 1967.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Nathan Neuwirth, fourreur polonais d'origine juive s'étant fixé à Saint-Étienne et de Gabrielle Blachon[3], il a étudié au lycée Claude-Fauriel, à Saint-Étienne[4].

Le 18 juin 1940, âgé de seize ans, il est à Yssingeaux (Haute-Loire) lorsqu'il entend par hasard l'appel du général de Gaulle à la radio. « Ce qu'il disait, c'était ce que je pensais », affirmera plus tard Lucien Neuwirth[5]. Rentré à Saint-Étienne, il organise un groupe de jeunes amis convaincus comme lui qu'il faut résister, rencontre Jean Nocher, alors journaliste au journal La Tribune de Saint-Étienne. C'est autour de Jean Nocher que va se constituer le groupe Espoir et s’organiser la publication du journal clandestin du même nom. En 1942, les arrestations de résistants ayant commencé, il dit à sa mère son intention de partir pour Londres : elle l'approuve. Il s'engage dans les Forces françaises libres, rejoint les parachutistes SAS français, il atterrit en planeur en Bretagne début août 1944, et part vers la Loire en jeep (opération Spencer). Il combat en Belgique (opération Franklin, hiver 1944) puis est parachuté aux Pays-Bas (opération Amherst, avril 1945) où il est fait prisonnier et fusillé. Par chance, il survit au peloton d'exécution : blessé et recouvert par le corps d'un de ses camarades, il survit miraculeusement, grâce à de la petite monnaie qui bloque la balle du coup de grâce.

Le 11 octobre 1948, il fonde l'Association des Parachutistes de la Loire, actuellement Centre École de Parachutisme Saint-Étienne/Saint-Galmier, dont il fut le président jusqu'en 1953.

Adhérent au RPF, il devient conseiller municipal de Saint-Étienne (1947-1965), puis adjoint au maire (1953-1965). Il tentera sans succès en 1965, puis en 1971, une candidature à la mairie de Saint-Étienne face à Michel Durafour.

En 1957, il fait la connaissance du mouvement « Maternité heureuse », qui deviendra bientôt le « Mouvement français pour le planning familial ». Dans le cadre de ses activités de responsable de la « commission d’assistance judiciaire » que lui avait confiées en 1947 Alexandre de Fraissinette, maire de Saint-Étienne, il avait déjà été sensibilisé à la détresse des femmes subissant des grossesses non désirées. Il se promet d'abroger la loi de 1920 criminalisant la propagande anticonceptionnelle.

Lors du putsch d'Alger, il est porte-parole du Comité de salut public (mai 1958) et directeur de Radio Alger[6].

De 1958 à 1981, il est député UNR, UDR et RPR de la deuxième circonscription de la Loire. Alors député UDR, il rédige en 1967 une proposition de loi dépénalisant la contraception et tente de rassembler autour de lui d'autres députés gaullistes favorables à l'abrogation. La majorité y est violemment hostile. Le 19 avril 1967, il est interrogé à la télévision par Pierre Dumayet sur son livre Dossier de la pilule. Cette interview lui permet d'expliquer sa proposition de loi relative à la régulation des naissances, à l'autorisation et à la libéralisation du recours à la contraception.

Après bien des atermoiements, la loi Neuwirth légalisant la contraception est finalement promulguée le 28 décembre 1967.

Secrétaire général du groupe UNR (1958-1962), puis questeur de l'Assemblée nationale (1962-1975), il devient secrétaire général-adjoint de l'Union des démocrates pour la République (décembre 1974).

De mars 1979 à mars 1994, il est président du conseil général de la Loire.

Après avoir été battu par le socialiste Bruno Vennin lors des élections législatives de juin 1981 marquées par la « vague rose », il crée en novembre 1981 le club politique Nouvelle opposition nationale.

Lucien Neuwirth est sénateur RPR de la Loire de 1983 à 2001 ; de 1989 à 1998, il exerce également les fonctions de questeur du Sénat. Siégeant à la commission des affaires sociales du Sénat, il est à l’origine des lois sur la prise en charge de la douleur (1995)[7],[8] et sur les soins palliatifs (1999)[9].

Après une cérémonie organisée en l'église Saint-François-de-Sales à Paris le 29 novembre, les obsèques de Lucien Neuwirth ont été célébrées le 2 décembre 2013 en la cathédrale Saint-Charles, à Saint-Étienne[10].

Il était l'époux de Sophie Huet, présidente de l'Association des journalistes parlementaires[11].

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Dossier de la pilule
  • 1977 : Le fléau fiscal : Réforme ou révolution, Paris, Fayard.
  • 1986 : Mais, après tout… (Ma guerre à 16 ans), Arles, Actes Sud, 1994.
  • 2001 : Rapport sur la politique de lutte contre le cancer, corédigé avec Claude Huriet

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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