Jean-Jacques Servan-Schreiber

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Jean-Jacques Servan-Schreiber
Jean-Jacques Servan-Schreiber (1968).
Jean-Jacques Servan-Schreiber (1968).
Fonctions
Président du Parti radical
19771979
Prédécesseur Gabriel Péronnet
Successeur Didier Bariani
Président du Conseil régional de Lorraine
19761978
Prédécesseur Jean Vilmain
Successeur Pierre Messmer
Ministre des Réformes
27 mai 19749 juin 1974
Président Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement Jacques Chirac I
Prédécesseur Christian Poncelet
Successeur Roger Poudonson
Président du Parti radical
19711975
Prédécesseur Maurice Faure
Successeur Gabriel Péronnet
Député de Meurthe-et-Moselle
28 juin 19702 avril 1978
Biographie
Date de naissance 13 février 1924
Lieu de naissance Paris
Date de décès 7 novembre 2006 (à 82 ans)
Lieu de décès Fécamp
Parti politique NI (1970-1973)
RDS (1973-1978)

Jean-Jacques Servan-Schreiber (aussi appelé par ses initiales JJSS), né Jean-Jacques Schreiber le 13 février 1924 à Paris, mort le 7 novembre 2006 à Fécamp (Seine-Maritime), est un journaliste, essayiste et homme politique français.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille influente aux origines prussiennes et juives, Jean-Jacques Servan-Schreiber naît en 1924. Il est le fils aîné d'Émile Servan-Schreiber, codirecteur du journal Les Échos, et de Denise Brésard qui lui fait croire en son destin[1].

Jouissant de toute l'attention de sa mère, Jean-Jacques Servan-Schreiber est un enfant doué et travailleur. Dès l'adolescence, son père l'entraîne avec lui dans les réunions de son cercle où se rencontrent des personnalités comme le ministre Raoul Dautry[2].

Reçu à l'École polytechnique en 1943, il rejoint de Gaulle avec son père et choisit la filière américaine en étant formé comme pilote de chasse dans l'Alabama. Obtenant son brevet en avril 1945, il ne participera cependant à aucun combat aérien[2]. Dans Le Huron de la famille (1979) son cousin Jean-Claude, gaulliste engagé dans la cavalerie blindée et rapidement envoyé au combat, ironisera sur le choix d'une formation longue dans l'aviation, à la fin de la guerre, qui permettait de gagner le prestige de l'uniforme sans grand risque de partir au front[3].

Terminant Polytechnique à la Libération, il n'exercera jamais son métier d'ingénieur. Il tente l'aventure au Brésil en 1948 où il est représentant d'un avion français, le Courlis puis gérant d'un hôtel à São Paulo, sans franc succès. Passionné par les sciences et la politique, Jean-Jacques Servan-Schreiber se découvre un goût pour l'écriture et le journalisme, écrivant des articles pour Les Échos et la presse locale brésilienne. Très brillant, il est engagé au Monde par Hubert Beuve-Méry en personne et devient à 25 ans éditorialiste en politique étrangère. Sa bonne connaissance des États-Unis lui permet de se spécialiser sur la guerre froide[1].

Fondateur de L'Express à 29 ans[modifier | modifier le code]

Ayant compris que la décolonisation était inéluctable et nécessaire, il signe une série d'articles sur le conflit indochinois. Cela lui permet une rencontre qui changera le cours de sa vie avec Pierre Mendès France, député de l'Eure et farouchement opposé à la poursuite de l'effort militaire français en Indochine[2].

Considérant Mendès France comme le seul homme capable de sortir la France de l'enlisement et de la médiocrité du personnel politique de la IVe République, JJSS crée en 1953 le journal L'Express avec la journaliste Françoise Giroud. D'abord simple supplément du week-end des Échos, ils en font un journal généraliste indépendant affichant pourtant clairement son but d'amener Pierre Mendès France ou ses idées au pouvoir. Malgré des débuts difficiles, L'Express devenu un quotidien en 1955 sera rapidement le journal de toutes les innovations, séduisant ou agaçant la jeunesse et les intellectuels des années 1950 et 1960[2]. « Politiquement correct » avant la lettre, il pratique cependant le tri sélectif des informations : ainsi, L'Express garde le silence sur la répression sanglante du soulèvement de Budapest par l'Armée rouge, et affiche dans ses locaux une liste d'écrivains, notamment de droite, dont il serait inconvenant de parler[4].

À seulement 30 ans, JJSS (il est le premier à se désigner sous ses initiales, selon l’usage américain) est le directeur de son propre journal, où écriront Albert Camus, Jean-Paul Sartre, André Malraux et François Mauriac. Entre saisies et censures, le succès de L'Express est grandissant. Au bout d'un an d'existence, l'objectif de la jeune équipe est atteint puisque PMF, à la suite du désastre de Điện Biên Phủ, est nommé Président du Conseil. JJSS devient un de ses conseillers de l'ombre, en convainquant par exemple PMF de prendre son ami Mitterrand comme ministre de l'Intérieur.

Proche de François Mitterrand comme de Valéry Giscard d'Estaing, qu'il a connu à Polytechnique et qui disait de lui qu'il « avait une case en trop », JJSS est un éditorialiste virulent et influent. Son réseau comprend également des hommes tels que Simon Nora et Jacques Duhamel, ou encore Lazare Rachline (Lucien Rachet).[réf. nécessaire]

Lorsque débutent les événements d'Algérie, JJSS et L'Express combattent de nouveau certaines exactions de l'armée française et une guerre coloniale qui ne veut pas dire son nom. Il est mobilisé en tant que lieutenant et sera mis sous les ordres du colonel Roger Barberot, adjoint du général Jacques Pâris de Bollardière, seul général français ayant refusé la torture en quittant son poste de commandement. De son expérience algérienne, JJSS tirera son premier ouvrage Lieutenant en Algérie pour lequel il sera accusé un moment d'atteinte au moral de l'armée.

En 1958, il réussit à fédérer trois associations d'anciens d'Algérie, avec la sienne, celle des « rappelés et maintenus », pour fonder, le 21 septembre, la Fédération Nationale des Anciens d'Algérie (FNAA) qu'il présidera jusqu'en 1965. Guidé par l'exemple du général Paris de Bollardière, il agira pour la paix en Algérie et on le retrouvera aux côtés de Pierre Mendès France contre les exactions de l'OAS.

À la fin des années 1950, la notoriété de L'Express s'étend bien au-delà de la France. Ses prises de position réformatrices l'amènent à être contacté par le sénateur américain John Fitzgerald Kennedy, qui s'intéresse de près aux problèmes de décolonisation dont le cas de l'Algérie est typique. L'Express sera le premier journal européen à faire sa « Une » sur John Fitzgerald Kennedy en 1957. Plus tard, Kennedy préparera sa visite officielle en France en contactant Mendès France et JJSS afin de connaître les dispositions du général de Gaulle à son égard. JJSS et Kennedy se retrouveront une dernière fois au début de l'année 1963 à la Maison-Blanche. JJSS apportera au président américain un livre de Jules Roy sur le conflit en Indochine. Son but était de mettre en garde le président sur un enlisement au Viêt Nam. JJSS gardera par la suite de très bonnes relations avec la famille Kennedy, dont il espérait peut-être copier le modèle avec sa propre famille. Cela lui valut d'ailleurs le sobriquet de « Kennedillon », lancé par François Mauriac[2].

Opposé au retour du général de Gaulle en 1958, JJSS voit son journal perdre de son audience au début des années 1960, passant de 300 à 50 000 exemplaires : il en revient à une formule hebdomadaire. C'est une période de gros bouleversements personnels pour le fondateur de L'Express. À la suite d'une guerre de succession familiale entre Robert, sa fille Marie-Claire et Émile Servan-Schreiber, les Servan-Schreiber perdent le contrôle des Échos et JJSS se fâche avec son mentor Mendès France. Il divorce de sa première épouse Madeleine Chapsal et se sépare de sa maîtresse Françoise Giroud. Toutes deux ne lui ayant pas donné d'enfant. En épousant Sabine Becq de Fouquières, fille du colonel de Fouquières et engagée comme stagiaire à L'Express, il aura quatre fils : David, Émile, Franklin et Edouard[2].

En 1964 JJSS décide, après une étude qu'il a commandée à son frère Jean-Louis Servan-Schreiber, de transformer son journal en un news magazine sur le modèle de Time Magazine et de Der Spiegel. L'Express décolle de nouveau et se généralise de plus en plus : nouvelles technologies, libération de la femme… L'Express devient le reflet des changements de la société française et le tirage augmente semaine après semaine.

Le déclic du Défi américain[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques Servan-Schreiber est au milieu des années 1960 un riche patron de presse et un éditorialiste politique toujours à l'affût des nouvelles idées. Par ses brillantes analyses et synthèses, il attire à lui les cerveaux de sa génération. L'Express est le principal journal d'opposition au général de Gaulle et compte dans ses rangs quelques barons de la presse des décennies à venir : Claude Imbert, Jean-François Kahn, Catherine Nay, Michèle Cotta ou encore Ivan Levaï.

De plus en plus anti-gaulliste et persuadé que le vieux Général n'est plus l'homme d'une France moderne, JJSS ne veut plus se contenter de son rôle d'observateur politique. Il est pourtant influent dans les milieux de gauche. Il essaie par exemple de pousser son ami Gaston Defferre à se présenter à l'élection présidentielle de 1965. Mais la campagne de « Monsieur X » sera un échec. Il suit ensuite de près la formation de la FGDS, créée afin de réunir dans une seule structure la gauche non communiste française autour de Mitterrand et de Mendès France. Mais JJSS est avant tout un agitateur d'idées. Il considère que ses éditoriaux ne suffisent pas à éveiller ses concitoyens sur les défis que la France va devoir relever à l'avenir. Il réfléchit donc à une possible entrée en politique.

Il fait à cette époque la rencontre de Michel Albert, érudit travaillant à Bruxelles pour le Marché Commun. Celui-ci lui fournit énormément de documentations et de rapports économiques que JJSS utilise de plus en plus dans ses éditoriaux. L'un d'eux bouleverse JJSS : les États-Unis et l'Europe se livreraient une guerre économique silencieuse où l'Europe semble totalement dépassée, tant au niveau des méthodes modernes du management que de l'équipement technologique et de la capacité de recherche. En fait, ce thème du « fossé technologique » est déjà un lieu commun qui inspire des politiques gouvernementales dans les principaux pays européens. Mais Servan-Schreiber y trouve l'occasion de développer un argumentaire en faveur d'un fédéralisme européen, dans un livre choc destiné au marché des classes moyennes supérieures – les cadres qui lisent l'Express. Son livre Le Défi américain, paru en 1967, reste aujourd'hui le plus gros succès de librairie pour un essai politique. Le livre est traduit en quinze langues, se vend à des millions d'exemplaires partout dans le monde et est unanimement reconnu comme très brillant. Même s'il y prédit que le Concorde serait bientôt dépassé par des avions de ligne américains supersoniques en service courant…

Il est alors invité aux quatre coins de la France et de l'Europe. Il remplit les salles et commence à prôner une Europe fédérale ayant une monnaie commune et une France décentralisée – programme fédéraliste européen développé par plusieurs auteurs depuis l'entre-deux guerres.

La démission du général de Gaulle en 1969 le persuade qu'il a sa place dans le nécessaire renouvellement du personnel politique. C'est ainsi qu'il devient secrétaire général du Parti radical-socialiste en octobre 1969 et entre de plain-pied dans l'arène politique.

Une carrière politique contrastée[modifier | modifier le code]

En 1962, JJSS fait ses premiers pas en politique dans le Pays de Caux qu'il aime tant. Il se présenté aux élections législatives, dans la 8e circonscription de la Seine-Maritime, correspondant alors à Yvetot, Cany-Barville et Saint-Valery-en-Caux. Mais il est battu par Roger Fossé qui deviendra plus tard président du Conseil régional de Haute-Normandie.

Coauteur avec Michel Albert du Manifeste radical en 1970, Jean-Jacques Servan-Schreiber est un homme politique atypique. Sa carrière est faite de grands combats avant-gardistes dans une France sociologiquement conservatrice au sein du Parti Radical-Socialiste. Il lutte prioritairement pour la décentralisation par la régionalisation, pour l'arrêt du programme Concorde afin de concentrer les efforts sur l'Airbus, plus rentable économiquement, pour l'arrêt des essais nucléaires, pour une réforme des grandes écoles et des concours, pour une plus juste progressivité de l'impôt sur le revenu, pour l'informatisation.

Ses positions sont très proches des sociaux-démocrates suédois. Il rencontre d'ailleurs le premier ministre suédois Tage Erlander et son successeur Olof Palme. Que ce soit François Mitterrand au PS ou Michel Rocard au PSU, la gauche non communiste française de 1969-1970 est assez éloignée des sociaux-démocrates européens et utilise un vocabulaire proche du marxisme. JJSS apporte donc un style nouveau dans le paysage politique français. Il est cependant clairement de centre-gauche, puisqu'il dénonce une économie qui est en train de « traiter l'homme avec la loi qu'elle applique à toutes choses : la loi de la rentabilité. Déjà elle nous mutile » écrit-il.

En juin 1970, Roger Souchal, député (UDR) de Meurthe-et-Moselle (circonscription de Nancy-Nord), démissionne en raison du tracé d'une autoroute jugée trop favorable à Metz.
Roger Souchal pense être réélu dans un fauteuil. Pourtant, à l'invitation du directeur charismatique de L'Est républicain Léon Chadé, et de plusieurs notables nancéiens, JJSS se présente. L'affaire semble impossible, surtout qu'il s'agit d'un duel entre un Parisien «parachuté» contre l'enfant du pays, héros de la Résistance. Néanmoins, les Nancéiens semblent flattés qu'un homme influent s'intéresse à la Lorraine. JJSS entame une campagne d'un style nouveau, utilisant sa force de frappe médiatique. C'est un succès puisqu'en ayant tous les partis de gauche comme de droite contre lui, JJSS arrive en tête au premier tour. Il obtient ensuite 55 % des suffrages dans un second tour en triangulaire puisque le candidat communiste s'était maintenu. Cette élection est un choc dans la classe politique française[2].

Le 20 septembre de la même année, il se présente contre Jacques Chaban-Delmas à Bordeaux. Voulant à tout prix en découdre avec la majorité UDR et le Premier ministre en exercice, JJSS se désole du manque de combativité de la gauche. Après que François Mitterrand a convaincu Robert Badinter de ne pas se présenter, JJSS se retrouve seul dans la bataille. Malgré son élection à Nancy, il se présente de nouveau. Alors qu'il volait de succès en succès, il sera nettement défait à Bordeaux, ne recueillant que 16 % des suffrages, ce qui portera un rude coup à son image de marque. Il est cependant réélu à Nancy en 1973. En 1978, il voit en revanche son élection invalidée par le Conseil constitutionnel et perd l'élection partielle contre le socialiste Yvon Tondon le 24 septembre[2].

Au niveau national, Servan-Schreiber refuse tout accord avec le Parti communiste de Georges Marchais et ne veut donc pas faire alliance avec François Mitterrand. Sa stratégie centriste, marquée par la création d'une coalition avec le Centre démocrate et plusieurs petites formations de centre-gauche au sein du Mouvement réformateur ne fonctionnera jamais et brisera peu à peu le Parti Radical dont il est devenu président de 1971 à 1979.

JJSS est un orateur brillant ayant une vraie capacité à convaincre. Il essaie d'amener dans le débat public des thèmes novateurs contre ce qu'il appelle « l'État-UDR », c'est-à-dire la mainmise des gaullistes sur tout l'appareil politique français. Mauvais négociateur, il n'arrivera jamais à entrer dans les jeux du pouvoir pour y avoir un rôle. Il sera brièvement ministre des Réformes du 27 mai au 9 juin 1974 mais sera écarté par Jacques Chirac, qui le surnomme « le turlupin », pour son opposition à la reprise des essais nucléaires. Il est cependant président du conseil régional de Lorraine de 1976 à 1978 en battant Pierre Messmer[2].

Ne voulant plus diriger au quotidien son journal L'Express, qu'il a beaucoup utilisé pour financer son action politique et pour diffuser ses idées, il décide de le vendre en 1977 à l'homme d'affaires James Goldsmith. Sans cet appui précieux, sa carrière politique sombre rapidement. Il est pourtant le père fondateur de l'UDF pour aider le président Giscard d'Estaing à contrer la montée en puissance de Jacques Chirac aux élections législatives de 1978. Mais la perte de son mandat de député de Nancy amoindrit considérablement son influence[2].

En 1979, JJSS quitte le Parti radical, au moment des élections européennes, pour présenter, avec Françoise Giroud, la liste « Emploi, Égalité, Europe ». N'obtenant que 1,84 % des voix, Jean-Jacques Servan-Schreiber met un terme à sa carrière politique.

Financièrement, il est quasiment ruiné. La fortune qu'il avait retirée de la vente de L'Express a été totalement dépensée pour ses dernières campagnes.

L’éveilleur de l’ombre[modifier | modifier le code]

JJSS écrit en 1980 un second livre à succès, Le Défi mondial. Il y résume l'histoire contemporaine avec l'imagination du romancier, raconte avec talent les chocs pétroliers et leurs conséquences, décrit le décollage technologique du Japon par l'informatisation et la robotisation, la capacité financière nouvelle qu'ont acquise les pays exportateurs de pétrole pour développer le Tiers-Monde, et les merveilles qu'il faut attendre de la micro-informatique. L'ouvrage révèle que JJSS jouit d'un cercle international de relations, prestigieux mais restreint aux grands de ce monde, et n'a qu'une connaissance livresque ou journalistique des réalités sociales, notamment du temps long nécessaire aux évolutions. Et qu'il disserte sur la micro-informatique sans savoir ce qu'est un micro-ordinateur : les chapitres 13 et 14, consacrés à ce sujet, sont émaillés d'affirmations surprenantes. L'ouvrage vise surtout à établir un nouveau positionnement politique pour son auteur.

JJSS joue alors de son influence auprès de Gaston Defferre afin de convaincre Mitterrand de créer un institut d'informatisation de la France. Ce sera le Centre mondial informatique et ressource humaine (CMIRH) dirigé, lors de sa création, par Nicholas Negroponte et Seymour Papert. JJSS est, comme il l'était avec Mendès France et Giscard d'Estaing, un conseiller de l'ombre du président, un éveilleur et même dit-on un « visiteur du soir »[2].

Malgré la venue à Paris de plusieurs grands chercheurs en informatique et quelques succès à l'Éducation nationale et dans l'agriculture, le Centre informatique est un gouffre financier, très critiqué pour son inefficacité par la communauté scientifique et sanctionné dans un rapport de la Cour des comptes. Il sera fermé en 1986 après un rapport d'audit effectué par un expert de l'industrie informatique. Il a cependant permis à quelques jeunes Français de s'intéresser à l'informatique. Le Centre lui-même n'a à son actif aucune découverte, aucun développement, aucune création d'entreprise.

JJSS s'envole alors pour les États-Unis avec ses quatre fils pour qu'ils soient formés à l'Université Carnegie-Mellon à Pittsburgh, haut lieu de la recherche informatique et des sciences neurocognitives. En contre partie d'un apport financier, il dirige brièvement les relations internationales de l'Université et y donne des cours de « réflexion stratégique » avant de revenir en France. Il rédige dans le même temps deux tomes de mémoires parus en 1991 et 1993, dont les récits sont à considérer avec les précautions d'usage.

Atteint d'une dégénérescence neurologique affectant sa mémoire, JJSS écrit son dernier article en 1996 avant d'abandonner toute activité de premier plan. Il a toutefois tenu à assister en avril 2001 à la diffusion publique d'un documentaire, toujours inédit en France, sur le général de Bollardière. La reconnaissance du courage exemplaire de son ancien compagnon d’armes fut son dernier engagement.
Il fera ensuite une toute dernière apparition publique en janvier 2003 lors des obsèques de Françoise Giroud.

Dans les dernières années de sa vie, il vivait auprès de son épouse Sabine Becq de Fouquières, entre son appartement de Neuilly-sur-Seine et la maison familiale de Veulettes-sur-Mer.

Comme il le souhaitait, ses fils ont pris la relève. David, son fils aîné, était reconnu pour ses travaux en neuro-psychologie. Il est l'auteur du livre Guérir le stress et la dépression, sans médicaments ni psychanalyse qui approcherait les 700 000 exemplaires vendus. Franklin, Émile et Édouard sont des spécialistes des nouvelles technologies, de Marché de prédiction et d'exploration de données.

Famille[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Jean-Jacques Servan-Schreiber, Lieutenant en Algérie, éditions Julliard, 1957
  • Jean-Jacques Servan-Schreiber, Le Défi américain, Paris, Éditions Denoël, 1968
  • Jean-Jacques Servan-Schreiber, Le Réveil de la France, Paris Éditions Denoël, ((1968))
  • Jean-Jacques Servan-Schreiber, Le choix des Juifs, Paris, Éditions Bernard Grasset, 1988
  • Jean-Jacques Servan-Schreiber, Passions, Paris, Fixot, 1991
  • Jean-Jacques Servan-Schreiber, Les Fossoyeurs, Paris, Fixot, 1993

Pour en savoir plus sur la famille Servan-Schreiber :

Hommages funèbres[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le pionnier », sur L'Express,‎ 7 novembre 2006
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Patrick Liegibel, « Jean-Jacques Servan-Schreiber, l'homme qui venait de l'avenir », émission Au fil de l'histoire sur France Inter, 20 février 2013
  3. Jean-Claude Servan-Schreiber, Le Huron de la famille, Calmann-Lévy , 1979.
  4. Christian Millau, Au Galop des Hussards, éd. B. De Fallois, 1999

Liens externes[modifier | modifier le code]