Guy-Victor Duperré

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Victor Guy Duperré
L'amiral Duperré (1775-1846), par Eugène Charpentier.
L'amiral Duperré (1775-1846), par Eugène Charpentier.

Naissance 20 février 1775
La Rochelle
Décès 2 novembre 1846 (à 71 ans)
1er arrondissement de Paris (archives reconstituées)
Origine Français
Allégeance Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royal Standard of King Louis XIV.svg Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Arme Pavillon de la Marine du Premier Empire Marine impériale française
Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Pavillon de la marine française Marine nationale française
Grade Amiral
Années de service 17921843
Conflits Guerres révolutionnaires
Guerres napoléoniennes
Expédition d'Espagne
Conquête de l'Algérie
Faits d'armes Bataille de Grand Port
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Commandeur de Saint-Louis
Baron d'Empire
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile
Inhumé aux Invalides
Statue à La Rochelle
Autres fonctions Préfet maritime
Membre de la Chambre des pairs
Ministre de la Marine et des Colonies

Liste des ministres français de la Marine et colonies

Le baron Victor Guy Duperré, né à La Rochelle le 20 février 1775 et mort à Paris le 2 novembre 1846, est un officier de marine français des XVIIIe et XIXe siècles. Amiral, pair de France et ministre de la Marine et des Colonies.

Il est le beau-frère de Pierre Choderlos de Laclos.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une vieille famille rochelaise, vingt-deuxième enfant de Jean Augustin Duperré, conseiller du roi et trésorier de la guerre, et de Marie-Gabrielle Prat-Desprez, Victor Guy Duperré passe quelques années chez les Oratoriens du collège de Juilly, avant de s'embarquer comme mousse, dès l'âge de 16 ans (1791), sur un navire de commerce, le Henri IV, en partance pour une campagne dans l'océan Indien[1].

Sous la Révolution et l'Empire[modifier | modifier le code]

Guy-Victor Duperré, matelot en 1792 (1775-1846), Georges Rouget, 1835.

Il entre dans la marine militaire (novembre 1792) et sert, durant la guerre contre les Pays-Bas et le royaume de Grande-Bretagne, sur la corvette Le Maire-Guiton, puis sur la frégate Le Tartu, avant de passer en qualité d'enseigne de vaisseau auxiliaire à bord de La Virginie (mai 1796). Un mois plus tard, fait prisonnier par les Britanniques dans un combat de nuit, il est incarcéré en Angleterre, échangé deux ans après, et reçoit le brevet d'enseigne de vaisseau.

Il commande la corvette La Pélagie avant d'être nommé lieutenant de vaisseau (1804), puis adjudant du préfet maritime de Boulogne-sur-Mer. En 1806, il fait campagne au Brésil sur Le Vétéran sous les ordres de Jérôme Bonaparte et est promu, à son retour, capitaine de frégate (28 septembre 1806). En 1808, il dirige un convoi de troupes sur la Martinique et, en rentrant en France, il soutient, en vue de Lorient, un combat héroïque contre la croisière anglaise et ne peut se sauver qu'en s'échouant à la côte.

Napoléon Ier le nomme capitaine de vaisseau et chevalier de la Légion d'honneur, avant de le promouvoir directement au grade de commandant du même ordre. Le 6 décembre 1810, il le crée baron de l'Empire.

Chargé d'une mission à l'Île-de-France, sur La Bellone, il dispute longtemps cette île aux Britanniques, s'emparant ou coulant plusieurs de leurs bâtiments dans les mers de l'Inde, et remportant notamment, le 23 août 1810, la bataille de Grand Port, seule victoire maritime des guerres napoléoniennes</ref name=actu75/>, ce qui lui vaut d'être promu contre-amiral à son retour en France, en septembre 1811.

De 1812 à 1814, il commande les forces navales françaises et italiennes de la Méditerranée et de l'Adriatique, ainsi que les forces navales à Venise, qu'il défend contre les Autrichiens en 1814.

Sous la Restauration[modifier | modifier le code]

Préfet maritime de Toulon pendant les Cent-Jours en 1815, il est mis en non-activité à la seconde Restauration, mais rappelé au service en 1818. Il commande l'escadre chargée du blocus de Cadix, lors de la guerre d'Espagne de 1823, et est promu vice-amiral en octobre 1823. Il est fait grand officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'Ordre de Saint-Louis en 1824. Il est nommé inspecteur du 5e arrondissement militaire, puis envoyé à Brest comme préfet maritime (1827).

Plaque commémorative sur une digue du quartier du Mourillon à Toulon
Guy-Victor Duperré (1775-1846), amiral et ministre de la Marine de 1834 à 1843, représenté en petite tenue d'amiral alors commandant la flotte de l'expédition d'Alger en 1830, Joseph-Désiré Court, 1832.

Bien qu'hostile à l'expédition d'Alger, il est nommé le 5 février 1830, par le roi Charles X, commandant de la flotte sous les ordres du comte de Bourmont, commandant en chef le corps expéditionnaire contre la régence d'Alger. Cette flotte, qui comportait 103 bâtiments de guerre, 572 navires de commerce transportant 35 000 soldats, 3 800 chevaux et 91 pièces d'artillerie de gros calibre, contribua puissamment à la prise d'Alger. En récompense, il est fait pair de France le 16 juillet 1830.

Sous la monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Son élévation à la pairie ayant été annulée par la mesure générale prise après la Révolution de 1830, Louis-Philippe Ier le renomma pair de France le 18 août 1830 et le promut au grade d'amiral en mars 1831.

Duperré était alors en Afrique. Rappelé en France en octobre 1831, il est nommé à la tête du conseil d'Amirauté.

Il accepte de devenir ministre de la Marine et des Colonies le 18 novembre 1834 dans le ministère du duc de Trévise, et conserve ce portefeuille dans le ministère du duc de Broglie puis dans le premier ministère Thiers et tombe avec ce dernier le 6 septembre 1836. Il retrouve ce portefeuille du 12 mai 1839 au 29 février 1840 dans le deuxième ministère Soult. Comme ministre, il prit d'importantes mesures d'administration. Après le rejet du projet de dotation pour le duc de Nemours, qui entraîne la chute du cabinet, il déclare : « Le ministère a reçu dans le ventre un boulet qui est allé se loger dans le bois de la couronne. »[2] Il reprend une troisième fois le portefeuille de la marine dans le troisième ministère Soult le 29 octobre 1840, jusqu'à sa retraite définitive le 6 février 1843, pour raisons de santé. Il meurt trois ans plus tard le 2 novembre 1846 à Paris.

L'amiral Tupinier prononce son Éloge funèbre à la Chambre des pairs. Enterré aux Invalides après des funérailles nationales, son nom figure sur l'Arc de triomphe de Paris. La ville de La Rochelle lui a élevé une statue, inaugurée le 17 octobre 1869 (V. photo).

États de services[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
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Blason Guy-Victor Duperré (1775-1846) (Empire).svg
Armes de Baron de l'Empire

D'azur semé d'étoiles d'argent à un lion du même, armé et lampassé de gueules brochant ; au canton des Barons militaires de l'Empire brochant sur le tout.[3],[4]

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Blason Guy-Victor Duperré (1775-1846) (Empire).svg
Armes de pair de France

Hommages[modifier | modifier le code]

Statue de l'Amiral Duperré (1869) sur le Vieux-Port de La Rochelle

Huit bâtiments de la Marine nationale française ont porté le nom de Duperré :

  • Un cuirassé (1879-1906) (Amiral Duperré)
  • Un navire auxiliaire (1916- 1918)
  • Un aviso de 1re classe (1918-1935)
  • Un patrouilleur auxiliaire (1939-1940)
  • Un arraisonneur-dragueur (1939-1940)
  • Une vedette de patrouille auxiliaire (1939-1940)
  • Un torpilleur (1948-1954)
  • Un escorteur d'escadre (1956-1992)

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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