Zirides
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Les Zirides (بنو زيري ou الزيريون) sont une dynastie berbère régnant sur l'Ifriqiya à partir de 973, d'abord au nom des Fatimides, jusqu'à être affaiblis par les Hilaliens et finalement remplacés par les Almohades en 1127.
Les Hammadides ont été une autre ramification de cette dynastie. En Andalousie, après la chute du pouvoir des Omeyyades, les Zirides règnent également sur Grenade dès 1012[1]. Ils se déclarent indépendants et désignent cette cité comme leur capitale. En 1090, les Almoravides y reprennent le pouvoir[2].
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[modifier] Émergence
Au Xe siècle, Ziri ibn Menad est un vassal des Fatimides chiites après avoir prouvé sa bravoure en luttant contre les tribus kharidjites (Maghraoua, Banou Ifren, etc.) qui se révoltaient contre le pouvoir fatimide[3]. Après la mort de leur leader Abu Yazid en 947, Ziri ibn Menad écrase les Maghraoua. Ibn El Kheir, émir des Maghraoua, se fait suicidé et remplacé par son fils[3], ce qui n'empêche pas Ziri ibn Menad de s'emparer de son royaume et de fonder Achir comme la nouvelle capitale des Zirides. D'après Ibn Khaldoun, la région d'Alger fut occupée par les Sanhadja grâce à la dynastie ziride.
L'historien Ibn Khaldoun dira que, même après plusieurs siècles, « les traces des cadavres berbères restaient à la vue des passants ». Toutes les têtes des émirs berbères furent envoyées au calife fatimide Al-Muizz li-Dîn Allah qui se réjouit de sa victoire[3]. Au contraire, Al-Hakam Ier, souverain omeyyade de Cordoue et rival du calife fatimide, constatait que son autorité venait d'être touchée.
Le fils de Ziri ibn Menad, Bologhine ibn Ziri, fonde avec l'autorisation de son père trois villes dont Médéa et Miliana après avoir chassé les Zénètes[3]. Il reconstruit également Icosium (actuelle Alger) au milieu du Xe siècle[4],[5] en fortifiant et agrandissant le site occupé par les Beni Mezghenna et la baptisa El Djazair Beni Mezghenna en 960 d'après[6].
Djafer Ibn Ali, représentant fatimide de M'Sila et du Mzab, accompagne Ziri ibn Menad dans la bataille contre les Maghraoua[3].
Lorsque le calife fatimide décide de transférer son siège au Caire, il invite Djafer Ibn Ali à gouverner l'Ifriqiya en son nom. Mais ce dernier, se doutant d'une attaque fatimide contre lui, s'enfuit et change de camp pour s'allier avec les Maghraoua. Du coup, Ziri ibn Menad décide de mater cette révolte mais il est vaincu et tué en 971 dans une bataille contre les Maghraoua[7]. Cependant, plusieurs tribus des Banou Ifren et des Maghraoua se sont ralliées aux Fatimides dans ce conflit complexe[7].
[modifier] Autonomie
En 973, le calife fatimide désigne Bologhine ibn Ziri comme gouverneur du Maghreb. Ce dernier poursuit le combat contre les Zénètes. Les Maghraoua demandent alors l'aide des Omeyyades de Cordoue pour reprendre leur territoire et leurs villes. Bologhine ibn Ziri prend alors le contrôle de presque tout le Maghreb en suivant les directives du calife fatimide[3]. Il avait pour ordre de tuer tous les Zénètes et de récolter l'impôt des Berbères sous la menace de l'usage de la force. Bologhine ibn Ziri matent les Maghraouas, les Houaras (branche des Branis), les Nefzaouas (branche des Zénètes) et les Mazatas[3].
Bologhine est donc invité à prendre ses fonctions comme lieutenant de l'Ifriqiya ; il garde le contrôle d'Achir, Tiaret et gouverne la province du Mzab et de M'Sila, ce qui va provoquer une contestation de la part des Kutama[3]. Le calife change le nom de Bologhine en Youcef puis en Abou El Fotouh (père victorieux). Bologhine se rend à Kairouan. En 977, il obtient aussi la gouvernance de Tripoli[3].
Lorsque les Omeyyades acceptent enfin d'aider les Zénètes à reconquérir les territoires, en particulier ceux des Maghraoua de l'ouest du Maghreb[3], Bologhine ibn Ziri est contraint de reculer devant l'armée des Zénètes venus d'Andalousie par voie maritime et qui s'installent à Ceuta[3]. En 984, Bologhine ibn Ziri meurt et s'ensuit une période longue de défaite pour les Zirides dans l'ouest du Maghreb. Les Zénètes regagnent en effet leurs territoires et leur souveraineté dans le Maghreb central et occidental grâce à Ziri Ibn Attia issu de la tribu des Maghraoua. Toutes les villes du centre du Maghreb jusqu'à Tanger redeviennent zénètes, y compris Alger[3], mais Tiaret et Achir restent encore zirides[3]. Les Fatimides voulaient prendre l'Andalousie mais décident finalement d'abandonner le projet pour rester en Égypte et garder l'Ifriqiya et la Libye.
Le fils de Bologhine ibn Ziri, Mansour ibn Bologhine, prend le pouvoir en 983 et déclare la guerre aux Kutama (vivant dans les actuelles wilayas de Mila et Sétif[3]). Le gouvernement d'Achir est confié à Hammad ibn Bologhine qui soumettra les Zénètes de M'Sila et fondera la Kalâa des Béni Hammad entre 1004 et 1005. Il invitera alors l'un des membres de sa famille à gouverner à Constantine[3].
Entre 989 et 991, Said ibn Khazroum, un émir des Maghraoua, s'allie aux Zirides. En remerciement, Mansour ibn Bologhine lui confie le gouvernement de Tobna dans les Aurès, son fils Felfou le remplaçant. Plusieurs membres de la tribu des Zénètes le suivent dans cette alliance[3]. Mansour meurt en 995 et se voit remplacé par son fils Badis ibn Mansour.
Après Badis, son fils Muizz ibn Badis, âgé de huit ans, prend la tête de la dynastie en 1015 dans un contexte marqué par l'émancipation d'Hammad ibn Bologhine qui fonde sa propre dynastie, les Hammadides, qui s'était proclamée indépendante en 1014 — reconnaissant comme légitimes les califes abbassides et non plus fatimides — et régnait sur les régions du centre de l'Algérie. Les Zirides restaient souverains sur leurs territoires de l'est de l'Algérie[3]. Les rapports avec les suzerains fatimides qui avaient été variables — des milliers de chiites perdent la vie en 1016 dans des rébellions en Ifriqiya et les Fatimides encouragent la défection de la Tripolitaine vis-à-vis des Zirides — mais demeuraient encore étroits. En 1045, Muizz ibn Badis rompt à son tour toutes ses relations avec les Fatimides en reconnaissant les Abbassides de Bagdad comme califes légitimes[3]. En 1048, il fait supprimer la prière qui témoigne de la prospérité du calife fatimide et fait détruire les emblèmes fatimides. Il a alors le contrôle du pays des Zouaouas et avait soumis les Zénètes orientaux.
[modifier] Désagrégation
Les Fatimides envoient alors les tribus bédouines des Hilaliens, menées par Abu Zayd al-Hilali, en Ifriqiya. Les troupes berbères appuyant les Zirides désertent et ces derniers se retrouvent défaits. L'anarchie résultante dévaste l'agriculture, précédemment florissante, et les villes côtières prennent une nouvelle importance comme voies d'accès pour le commerce maritime et comme bases pour la piraterie contre les expéditions chrétiennes. Après la perte de Kairouan en 1057, le règne des Zirides se limite à une bande côtière, avec Mahdia comme nouvelle capitale, alors que plusieurs émirats bédouins se forment à l'intérieur des terres.
Les Almoravides prennent Alger en 1082 grâce à Youssef Ibn Tachfin. Ce dernier défait tous les Zénètes de l'ouest du Maghreb. La première grande mosquée sunnite de rite malékite, la Grande Mosquée d'Alger, est alors bâtie par Youssef Ibn Tachfin. Les Almoravides n'ont toutefois jamais fait la guerre aux Zirides ou aux Hammadides, les deux dynasties étant issues des Sanhadja[3]. Alger marque donc la frontière entre les zones d'influence almoravide et ziride. Mais, selon d'autres sources, les Almoravides, après avoir êté vaincus par les Hammadides, délaissent Tlemcen et Achir en 1002[8]. Ainsi, l'hammadide En Nacer ben Alennas prend le pouvoir à son cousin Bologhine et conquiert Achir, N'Gaous, Miliana, Constantine, Alger et Hamza en 1063[9].
En 972 une branche des Zirides règne sur le royaume de Grenade. Jusqu'en 1152, ils étendent leur pouvoir sur les provinces de Jaén et de Cabra et prennent Malaga des mains des Hammudites. En 1086, ils contribuent à la victoire des armées musulmanes lors de la bataille de Zalaca[10].
En 1087, Tamim ibn Muizz change la khutba pour faire référence au calife abbasside et marque ainsi la rupture définitive avec les Fatimides. Entre 1146 et 1148, les Normands de Sicile conquièrent toutes les villes côtières et, en 1152, les derniers Zirides d'Algérie cèdent face aux Almohades.
[modifier] Dynastie
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Mankush |
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Manad ibn Mankush |
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Ziri ibn Menad |
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Aboul Bikar ibn Ziri |
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Bologhine ibn Ziri 973-983 |
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Zawi ibn Ziri (Royaume de Grenade) 1012-1019 |
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Maksan ibn Ziri | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Hammad ibn Bologhine fondateur des Hammadides |
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Mansour ibn Bologhine 983-995 |
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Habous ibn Maksan (Royaume de Grenade) 1019-1038 |
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Badis ibn Mansour (dit Nasir ed-Dawla Badis) 995-1015 |
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Badis ibn Habous 1038-1058 (Royaume de Grenade) 1058-1073 (Royaume de Malaga) |
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Bologhine ibn Habous | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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El Mansour ibn Badis (mort en 1016) |
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Muizz ibn Badis (dit Sharaf ed-Dawla El-Muizz) 1015-1062 |
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Abdallah ibn Bologhine (Royaume de Grenade) 1073-1090 (abdique) |
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Tamim ibn Bologhine (Royaume de Malaga) 1058-1090 |
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Tamin 1062-1108 |
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Yahya ibn Tamim 1108-1131 |
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Ali ibn Yahya 1115-1121 |
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Hassan ibn Ali 1121-1127 (abdique) |
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[modifier] Références
- ↑ Michel Terrasse [sous la dir. de], Islam et Occident méditerranéen : de la conquête aux Ottomans, éd. Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 2001 (ISBN 2735504425)
- ↑ Denis Montagnon, Guide Bleu Évasion : Andalousie, éd. Hachette Tourisme, Paris, 2004
- ↑ a b c d e f g h i j k l m n o p q r s Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, éd. Berti, Alger ,2003
- ↑ Henri Delmas de Grammont, « Doria et Barberousse par le vice-amiral Jurien de la Gravière, membre de l'Institut », Revue critique d'histoire et de littérature, tome XXIII, premier semestre 1887, p. 93
- ↑ Smaïl Medjeber, ABC amazigh. Une expérience éditoriale en Algérie (1996-2001), éd. L'Harmattan, Paris, 2006 (ISBN 2296007813)
- ↑ Mario Ferrisi, Yakouren, Cailhau, 2006 (ISBN 2952570515)
- ↑ a b Yves Lacoste, André Nouschi et André Prenant, L'Algérie, passé et présent : le cadre et les étapes de la constitution de l'Algérie actuelle, éd. Sociales, Paris, 1960
- ↑ Léon Nicolas Godard, Description et histoire du Maroc comprenant la géographie et la statistique de ce pays d'après les renseignements les plus récents et le tableau du régne des souverains qui l'ont gouverné depuis les temps les plus anciens jusqu'à la paix de Tétouan en 1860 : comprenant la géographie, éd. Charles Tanera, Paris, 1860, p. 313
- ↑ Ernest Mercier, Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête française (1830), vol. II, éd. Ernest Leroux, Paris, 1888, p. 27
- ↑ (en) Article sur la dynastie des Zirides (Encyclopédie Britannica)

