Service de documentation extérieure et de contre-espionnage
| Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) | ||||||||
| Création | 28 décembre 1945 | |||||||
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| Disparition | 2 avril 1982 | |||||||
| Juridiction | Gouvernement de la République Française | |||||||
| Siège | ||||||||
| Coordonnées | ||||||||
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Le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) est un service de renseignements français, qui a été créé le 28 décembre 1945 et remplacé le 2 avril 1982 par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE)[1]. Il ne prend pas pour autant la fonction du Deuxième Bureau qui reste alors consacré au renseignement militaire traditionnel.
Sous la Quatrième République le SDECE est subordonné au président du Conseil. Avec l'instauration de la Cinquième République et jusqu'en 1962, il est utilisé par le Premier ministre Michel Debré et se montre particulièrement efficace dans la lutte contre la rébellion en Algérie. À la suite de l'affaire Mehdi Ben Barka, le général de Gaulle décide de subordonner le service au ministère des Armées dirigé par Pierre Messmer, fidèle compagnon du général[1]. Le SDECE et ses cadres se militarisent lentement.
Sommaire |
Directeurs généraux du SDECE [modifier]
Les directeurs généraux du SDECE ont été successivement[2] :
| Directeur général du SDECE | Décret de nomination | |
|---|---|---|
| André Dewavrin alias « colonel Passy » (DGER/SDECE) | avril 1945 | |
| Henri Ribière | avril 1946 | |
| Pierre Boursicot (par interim) | 18 décembre 1950 | [nom 1] |
| Pierre Boursicot | 27 avril 1951 | [nom 2] |
| Paul Grossin (général d'armée) | 23 septembre 1957 | [nom 3] |
| Paul Jacquier (général de division aérienne) | 31 janvier 1962 | [nom 4] |
| Eugène Guibaud (général de division) | 22 janvier 1966 | [nom 5] |
| Alexandre de Marenches | 6 novembre 1970 | [nom 6] |
| Pierre Marion (SDECE/DGSE) | 22 juin 1981 | [nom 7] |
Opérations connues [modifier]
- Guerre d'Indochine :
- Renseignement et opérations de maquis avec les partisans montagnards via le GCMA (groupement de commandos mixtes aéroportés).
- Opération « Condor » du colonel Jean Sassi à Diên Biên Phu le 30 avril 1954.
- Guerre d'Algérie :
- Arrestation le 22 octobre 1956 de leaders algériens (Ahmed Ben Bella, Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Khider et Mostefa Lacheraf) par détournement sur Alger d'un avion civil marocain qui les emmenait à Tunis, opération réalisée par les forces armées françaises et menée par Jean Allemand, alias colonel Germain, délégué du SDECE pour l'Afrique du Nord[3].
- Opération Oiseau bleu, 1956.
- Bleuite, 1957-1959.
- Opérations Homo, 1959-1962[4].
- Tentative d'appropriation du pétrole nigérian en 1968 aux dépens des États-Unis et du Royaume-Uni en soutenant les séparatistes biafrais. (La révolte fut écrasée par le Nigeria au prix de 500 000 morts.)
- Annonce de la guerre du Kippour en octobre 1973.
- Coup d'État contre l'empereur Jean-Bedel Bokassa en République centrafricaine (opération « Caban ») et mise en place d'un gouvernement pro-français (opération « Barracuda », exécutée, elle, par des soldats réguliers) en 1979[5].
- Tentatives en 1977 et août 1980 de renversement du colonel Kadhafi par des militaires libyens soutenus par des agents de la DGSE.
- Infiltration et soutien des mouvements séparatistes québécois par les agents du SDECE dans le cadre de l'opération « Assistance et coopération technique » ou « opération Ascot ». (« Des agents reconnus de l'organisation Foccart, comme Philippe Rossillon, Raymond Meunier ou Christian Pradel, accomplissent diverses missions sous la couverture de l'opération Ascot. Les activités des réseaux Foccart ne se limitent pas au continent africain. Philippe Rossillon, ancien élève de l'École nationale d'administration, animateur du groupe des 'planistes' de 'Patrie et Progrès', avait été chargé par les services de Jacques Foccart d'entretenir la tension au Canada en utilisant les mouvements séparatistes du Québec. Rossillon parcourut les différentes provinces canadiennes avec d'autres agents de Foccart, comme Edgar Chaumette, Jean-Luc Gaillardere et Tom Bailby. Il établit des contacts très étroits avec le Front de libération du Québec et d'autres mouvements comme celui d'Adrien Arcand. En 1968, Philippe Rossillon est arrêté par les services de police canadiens et immédiatement désavoué par ses employeurs. Selon certaines informations, Rossillon aurait été confondu par des preuves aimablement fournies par ses propres patrons. »)[6]
Agents connus ou supposés [modifier]
En raison des activités secrètes des agents du SDECE, il n'est pas toujours facile d'établir l'appartenance de certaines personnes à ce service.
- Colonel Pierre Fourcaud : adjoint du directeur (1945-1950)
- Jacques Morlane, chef du service Action à sa création (1946-1958)
- Paul-Alain Léger, parachutiste et officier du renseignement pendant la guerre d'Algérie
- Philippe Thyraud de Vosjoli : chef de poste à Washington de 1951 à 1963
- Colonel Marcel Le Roy, dit Finville : membre puis directeur du service 7
- Colonel Marcel Mercier, lié à la Main rouge
- Colonel Paul Fournier, dit Férère : chef du service des honorables correspondants, mis en cause par le trafiquant de drogue Roger Delouette
- Maurice Robert, entré au SDECE en 1954, chef du sous-secteur Afrique, chef de poste Dakar (1955-1959), chef de secteur Afrique (1958-1968), directeur du renseignement adjoint (1968), chef du Service de Renseignement (1968-1973).
- Colonel René Bertrand, dit Jacques Beaumont : directeur de la recherche (1964-1970)
- Lieutenant-Colonel Bernard Nut, chef de poste de Nice, assassiné en service le 15 février 1983
Visions d'artistes [modifier]
- 1981 : Le Professionnel
- 1982 : Espion, lève-toi
- 2006 : OSS 117 : Le Caire, nid d'espions
- 2009 : OSS 117 : Rio ne répond plus
Bibliographie [modifier]
- Philippe Bernert, SDECE Service 7 : L'histoire extraordinaire du colonel Le Roy-Finville et de ses clandestins, Paris, Presses de la Cité, 1980, 410 p. (ISBN 2-258-00786-0)
- Roger Faligot et Pascal Krop, La Piscine : Les services secrets français (1944-1984), Paris, Le Seuil, coll. « L'Épreuve des faits », 1985, 426 p. (ISBN 2-02-008743-X)
- Christine Ockrent et Alexandre de Marenches, Dans le secret des princes, Paris, Stock, 1986, 341 p. (ISBN 2-234-01879-X)
- Jean-Pierre Lenoir, Un espion très ordinaire : L'histoire vue du SDECE, Paris, Albin Michel, 1998, 246 p. (ISBN 2-226-10614-6)
- Claude Faure, Aux services de la République : Du BCRA à la DGSE, Paris, Fayard, 2004, 792 p. (ISBN 2-213-61593-4)
Références [modifier]
- Claude Faure, « Bref historique des services de renseignement et de sécurité français contemporains », Revue historique des armées, no 247, 2007 [texte intégral].
- Jacques Baud, Encyclopédie du renseignement et des services secrets, Lavauzelle, 1997, 524 p. (ISBN 2-7025-0406-X), p. 170.
- Thierry Vareilles, Encyclopédie du terrorisme international, L'Harmattan, coll. « Culture du renseignement », 2001 (ISBN 2-7475-1301-7), p. 60.
- « 135 personnes éliminées par le SDECE en 1960 », L'Humanité, 20 janvier 1996 [texte intégral].
- Stephen Smith et Géraldine Faes, Bokassa Ier : Un empereur français, Paris, Calmann-Lévy, 2000 (ISBN 2-7021-3028-3).
- Patrice Chairoff, Dossier B... comme Barbouzes, Paris, Alain Moreau, 1975, p. 94-95.
Dans le Journal officiel de la République française (JORF), sur Légifrance :
- Décret du 18 décembre 1950, JORF no 298 du 19 décembre 1950, p. 12855.
- Décret du 27 avril 1951, JORF no 103 du 29 avril 1951, p. 4395.
- Décret du 23 septembre 1957, JORF no 222 du 24 septembre 1957, p. 9107.
- Décret du 31 janvier 1962, JORF no 26 du 1er février 1962, p. 1083.
- Décret du 22 janvier 1966, JORF no 19 du 23 janvier 1966, p. 645.
- Décret du 6 novembre 1970, JORF no 261 du 8 novembre 1970, p. 10360.
- Décret du 22 juin 1981, JORF no 146 du 23 juin 1981, p. 1779.