Loyaliste

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Sont loyalistes, ceux qui témoignent de la loyauté à leurs souverains ou aux régimes et aux institutions établis en leur restant fidèles face à la rébellion.

Au Canada[modifier | modifier le code]

Loyalistes, ou Loyaliste de l'Empire-Uni, était le nom donné aux colons vouant loyauté à la couronne britannique suivant la déclaration d'indépendance des États-Unis en 1776 et la victoire des colons durant la guerre d'indépendance des États-Unis en 1783. Ils ont décidé de s'exiler dans la province de Québec située au Nord, car leur loyauté envers le roi d'Angleterre était encore très forte après l'indépendance des États-Unis. Les soldats, les miliciens britanniques, les collaborateurs de l'armée britannique ainsi que les prisonniers de droit commun furent expulsés.

Le gouverneur James Henry Craig au Canada continue la politique de nouvelles implantations établies en Irlande par les Britanniques. Il octroie des terres et une prime d'installation pour tous les nouveaux colons anglais s'installant au Canada. Ainsi, la défaite des troupes britanniques à la bataille de Yorktown en octobre 1781, face aux généraux La Fayette, Rochambeau et Washington, provoque-t-elle indirectement l'arrivée de 6 000 nouveaux « colons » britanniques, face aux 90 000 français établis au Québec, bouleversant ainsi l'équilibre démographique, qui était très favorable aux descendants des français. En effet, les troupes de Rochambeau et Lafayette choisirent majoritairement de rester aux États-Unis plutôt que de s'installer au Québec, dans la colonie britannique du Canada.

Pour éviter un soulèvement des propriétaires terriens francophones du Québec, les loyalistes choisirent de s'établir à l'ouest de la rivière des Outaouais, à l'ouest de la capitale fédérale actuelle : Ottawa, (aujourd'hui l'Ontario). Cependant, plusieurs d'entre eux se sont fixés dans le futur Québec, dans les régions des Cantons-de-l'Est et de la Gaspésie; d'autres s'installent au Nouveau-Brunswick, « colonie loyaliste » créée en 1784 par le Royaume-Uni à partir de la partie nord de la Nouvelle-Écosse, et en Nouvelle-Écosse même. On estime à 30 000 le nombre de loyalistes qui se sont établis dans les futures Provinces maritimes du Canada[1].

L'arrivée de 10 000 loyalistes américains entre 1783 et 1791 et leur répartition dans la colonie entraîne, par l'Acte constitutionnel de 1791, la scission de la Province de Québec en un Haut-Canada anglophone peuplé de loyalistes, et un Bas-Canada francophone à l'est de la rivière des Outaouais. L'occupant britannique n'a jamais consulté les Canadiens mais leur a imposé ces nouveaux colons et leurs institutions, pensant accélérer leur assimilation à la langue anglaise. Les britanniques du Haut-Canada ont interdit l'usage et l'instruction en français pendant plus de cent ans[2].

Après la guerre d'indépendance, le traité de Paris prévoyait le retour des loyalistes aux États-Unis. Le Congrès devait inciter les États à les réintégrer, à abolir les lois anti-loyalistes et à leur rendre les biens spoliés[3]. La Nouvelle-Angleterre appliqua ces recommandations, ce qui permit le retour de nombreux loyalistes[3]. Mais la situation était plus difficile dans le Sud et à New York et le retour à la normale nécessita plus de temps[4].

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Les Loyalistes étaient les colons américains qui restèrent loyaux au Royaume de Grande-Bretagne (et à la Monarchie britannique) lors de la Révolution américaine. Ils étaient souvent qualifiés de Tories (conservateurs), Royalists, ou King's Men (hommes du roi) par les Patriots, qui soutenaient la cause américaine. Nombre de loyalistes qui avaient subi de mauvais traitements de la part des Patriots, fuirent le pays pour s'installer en Grande-Bretagne ou ailleurs en Amérique du Nord britannique, comme au Canada, où on les honorait du titre de United Empire Loyalist (loyalistes de l'Empire uni) ou aux Antilles britanniques.

Les historiens ont estimé que 15 à 20 % de la population était loyaliste[5]. L'historien Robert Middlekauff estime qu'environ 500 000 colons, soit 19 % de la population blanche resta loyale à la Grande-Bretagne[6].

Roman historique[modifier | modifier le code]

L'écrivain Kenneth Roberts décrit dans un volumineux roman historique, Oliver Wiswell (1940), la Révolution américaine du point de vue des Loyalistes, depuis les premières émeutes en 1775 contre les tories jusqu'à l'exode en 1783 des loyalistes vers Saint-Jean, Nouveau-Brunswick.

En Irlande du Nord[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Loyalisme d'Ulster.

En France[modifier | modifier le code]

Le terme loyaliste a été utilisé en France durant la Seconde Guerre mondiale pour décrire les vichystes refusant de se rallier au Général de Gaulle alors en faction contre l’État français, régime collaborationniste de Philippe Pétain se substituant à la troisième République française et dont le gouvernement siégeait à Vichy.

Plus tard, il trouva écho durant les guerres d'indépendance liées à la décolonisation. Durant la guerre d'Indochine puis la guerre d'Algérie, étaient qualifiés de « loyalistes » les indigènes qui soutenaient le statu quo du rattachement à la République française contre les mouvements indépendantistes, les qualifiant en retour de « fantoches ».

En Libye[modifier | modifier le code]

Durant la Révolution libyenne de 2011, furent appelés "loyalistes" les soldats restés fidèles à la Jamhiriya du colonel Kadhafi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fohlen, p.171
  2. http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-591/Journal_Le_Devoir_et_les_minorit%C3%A9s_francophones.html
  3. a et b Fohlen, p.169
  4. Fohlen, p.170
  5. Calhoon, p.235
  6. Middlekauff, pp. 563-564

Sources[modifier | modifier le code]

  • Robert M. Calhoon, « Loyalism and neutrality » in Jack P. Greene et J.R. Pole, éd., The Blackwell Encyclopedia of the American Revolution (1991)
  • Claude Fohlen, Les pères de la révolution américaine, Paris, Albin Michel, 1989, (ISBN 2226036644)
  • Robert Middlekauff, The Glorious Cause: The American Revolution, 1763–1789. (édition 2005)