Loyaliste

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Sont loyalistes, ceux qui témoignent de la loyauté à leurs souverains ou aux régimes et aux institutions établis en leur restant fidèles face à la rébellion.

En Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Loyalistes et Révolution américaine[modifier | modifier le code]

Loyalistes était le nom donné aux colons vouant loyauté à la couronne britannique lors de la Révolution américaine de 1776 à 1783. Les historiens ont estimé que 15 à 20 % de la population était loyaliste[1]. L'historien Robert Middlekauff estime qu'environ 500 000 colons, soit 19 % de la population blanche resta loyale à la Grande-Bretagne[2].

Ils étaient souvent qualifiés de Tories (conservateurs), Royalists, ou King's Men (hommes du roi) par les Patriots, qui soutenaient la cause américaine.

La défaite des troupes britanniques à la bataille de Yorktown en octobre 1781, face aux troupes des généraux La Fayette, Rochambeau et Washington, va provoquer indirectement l'arrivée de nouveaux « colons » britanniques, face aux 90 000 francophones établis au Québec, bouleversant ainsi l'équilibre démographique, qui était favorable aux descendants des français.

Lors de l'indépendance des États-Unis (1783), la plupart des loyalistes décident de s'exiler dans la province du Canada, par loyauté envers l'Angleterre. De plus, les soldats et les miliciens britanniques, les collaborateurs de l'armée britannique ainsi que les prisonniers de droit commun sont expulsés du territoire des États-Unis et s'installent en Grande-Bretagne ou au Canada -où on les honore du titre de United Empire Loyalist (loyalistes de l'Empire uni)- ou encore aux Antilles britanniques.

Repli de la plupart des loyalistes vers la colonie du Canada[modifier | modifier le code]

L'arrivée de nombreux loyalistes venus des États-Unis entre 1783 et 1791 et leur répartition dans la colonie du Canada entraîne, par l'Acte constitutionnel de 1791, la scission de la Province de Québec en un Haut-Canada anglophone peuplé de loyalistes, et un Bas-Canada francophone à l'est de la rivière des Outaouais. L'occupant britannique n'a jamais consulté les Canadiens mais leur a imposé ces nouveaux colons et leurs institutions, pensant accélérer leur assimilation à la langue anglaise. Les britanniques du Haut-Canada ont interdit l'usage et l'instruction en français pendant plus de cent ans[3].

Pour éviter un soulèvement des propriétaires terriens francophones du Québec, les loyalistes choisissent de s'établir à l'ouest de la rivière des Outaouais, à l'ouest de la capitale fédérale actuelle : Ottawa, (aujourd'hui l'Ontario). Cependant, plusieurs d'entre eux se se fixent dans le futur Québec, dans les régions des Cantons-de-l'Est et de la Gaspésie; d'autres s'installent au Nouveau-Brunswick, « colonie loyaliste » créée en 1784 par le Royaume-Uni à partir de la partie nord de la Nouvelle-Écosse, et en Nouvelle-Écosse même. On estime à 30 000 le nombre de loyalistes qui se sont établis dans les futures Provinces maritimes du Canada[4].

Après le traité de Paris qui prévoit le retour des loyalistes aux États-Unis. Le Congrès incite les États à les réintégrer, à abolir les lois anti-loyalistes et à leur rendre les biens spoliés[5]. La Nouvelle-Angleterre applique ces recommandations, ce qui permet le retour de nombreux loyalistes[6]. Mais la situation est plus difficile dans le Sud et à New York et le retour à la normale nécessite plus de temps[7].

Le gouverneur général de l'Amérique du Nord britannique et lieutenant-gouverneur du Bas-Canada, James Henry Craig continue, à partir de 1807, une politique de nouvelles implantations semblable à celle qui a été menée en Irlande par les Britanniques. Il octroie des terres et une prime d'installation pour tous les nouveaux colons anglophones (dont les loyalistes) s'installant au Canada.

Roman historique[modifier | modifier le code]

L'écrivain Kenneth Roberts décrit dans un volumineux roman historique, Oliver Wiswell (1940), la Révolution américaine du point de vue des Loyalistes, depuis les premières émeutes en 1775 contre les tories jusqu'à l'exode en 1783 des loyalistes vers Saint-Jean, Nouveau-Brunswick.

En Irlande du Nord[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Loyalisme d'Ulster.

En France[modifier | modifier le code]

Le terme loyaliste a été utilisé en France durant la Seconde Guerre mondiale pour décrire les vichystes refusant de se rallier au Général de Gaulle alors en faction contre l’État français, régime collaborationniste de Philippe Pétain se substituant à la troisième République française et dont le gouvernement siégeait à Vichy.

Plus tard, il trouva écho durant les guerres d'indépendance liées à la décolonisation. Durant la guerre d'Indochine puis la guerre d'Algérie, étaient qualifiés de « loyalistes » les indigènes qui soutenaient le statu quo du rattachement à la République française contre les mouvements indépendantistes, les qualifiant en retour de « fantoches ».

En Libye[modifier | modifier le code]

Durant la Révolution libyenne de 2011, furent appelés "loyalistes" les soldats restés fidèles à la Jamhiriya du colonel Kadhafi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Calhoon, p.235
  2. Middlekauff, pp. 563-564
  3. le journal "Le Devoir" et les minorités francophones, site ameriquefrancaise.org
  4. Fohlen, p.171
  5. Bernard Cottret, La Révolution américaine : La quête du bonheur 1763-1787, Paris, Perrin, 2003, p. 274
  6. Fohlen, p.169
  7. Fohlen, p.170

Sources[modifier | modifier le code]

  • Robert M. Calhoon, « Loyalism and neutrality » in Jack P. Greene et J.R. Pole, éd., The Blackwell Encyclopedia of the American Revolution (1991)
  • Claude Fohlen, Les pères de la révolution américaine, Paris, Albin Michel, 1989, (ISBN 2226036644)
  • Robert Middlekauff, The Glorious Cause: The American Revolution, 1763–1789. (édition 2005)