Paul Flatters

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Le lieutenant-colonel Paul Flatters

Paul-François-Xavier Flatters, né le 16 septembre 1832 à Paris et mort le 16 février 1881 à Bir el-Garama dans le Sahara, est un militaire et explorateur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un sculpteur distingué, Jean-Jacques Flatters, Paul Flatters est orphelin quand il est admis en 1845 au lycée de Laval. Il y fait de brillantes études, lie de durables amitiés, et plus tard épouse Mlle Legros, sœur de l'un de ses condisciples. Reçu cinquième à l'ESM de Saint-Cyr en 1851, il en sortit au même rang[1].

Massacre de la mission Flatters[modifier | modifier le code]

Avec 39 personnes, Paul Flatters part de Ouargla, le 5 mars 1880. Il descend alors vers le Sud, mais un manque de vivres et les menaces des populations le contraignent à rebrousser chemin. Il rentre à Ouargla le 17 mai sans avoir totalement rempli sa mission, mais rapportant des informations précieuses. Malgré les menaces proférées par l'amenokal touareg Ahitarel ag Mohamed Biska[réf. nécessaire] qui refuse catégoriquement le passage d'une troupe armée sur son domaine, Flatters décide de repartir.

Le 4 décembre, il reprend la route du Sahara pour une seconde expédition de 93 hommes dont sept membres scientifiques et militaires : MM. Béringer, Roche, Santin, le médecin aide-major Guiard, le capitaine Masson, le lieutenant de Dianous de la Perrotine, deux sous-officiers MM. Dennery et Pobéguin, deux ordonnances Brame et Marjolet, quarante-sept tirailleurs indigènes et trente-et-un arabes des tribus, sept guides Chaamba et Iforas, le mokadem de l'ordre des Tidjani. Ils partent avec près de 280 animaux (chameaux, chevaux, ânes) et une importante somme d'or. Pendant deux mois, la colonne progresse sans difficulté majeure vers le Hoggar. Leur chemin s'arrête à Bir el-Garama, où la mission subit l'attaque des Touaregs Hoggar et Ajjers. Tous les français trouvent la mort. Seuls une vingtaine d'indigènes arrivent à regagner Ouargla[2].

Hommages[modifier | modifier le code]

Un monument rappelant cet événement a été érigé dans le parc Montsouris à Paris où en 1884 fut dénommée la rue Flatters dans le 5e arrondissement. Le conseil municipal de Laval a donné également le nom de Flatters à l'une des rues de sa ville. Une inscription sur marbre dans la salle des fêtes du lycée de cette même ville commémore cet épisode[3].

En 1903, Fort Flatters est fondé dans l'est du Sahara algérien (futurs départements français du Sahara) en hommage à l'explorateur ; la ville sera renommée Bordj Omar Driss lors de l'indépendance de l'Algérie.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Paul Flatters », dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 [détail de l’édition]
  2. Revue bimestrielle Champs de Bataille n°54, p.32
  3. Annuaire du Lycée de Laval, 1880-1881

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Flatters, Mission d'exploration dans le Sahara central, dans Bull. de l'Union géogr. du Nord, 1880.
  • Victor-Bernard Derrécagaix, Exploration du Sahara; les deux missions Flatters; Paris, 1882.
  • Deuxième Mission Flatters ; historique et rapport réd. au service cent. des aff. indig., Alger, 1882.
  • Henri Brosselard-Faidherbe, Les Deux Missions Flatters au pays des Touareg Azdjer et Hoggar, Paris, 1889.
  • Jean Mélia, Les Pionniers du Méditerranée-Niger. Le drame de la Mission Flatters, P., Mercure de France, 1942.
  • René Pottier Flatters, Éditions de l'Empire Français (Les grands coloniaux), Paris, 1948.
  • Daniel Grevoz, Sahara 1830-1881 Les mirages français et la tragédie Flatters, L'Harmattan, 1989.
  • Marcel Cassou, Le Transsaharien - L'échec sanglant des Missions Flatters, L'Harmattan, 2005.

Liens externes[modifier | modifier le code]