Condominium des Nouvelles-Hébrides
Condominium des Nouvelles-Hébrides
New Hebrides Condominium
1906 – 1980
Les Nouvelles-Hébrides (en vert) dans le Pacifique.
| Statut | Sans administration avant 1906 Condominium franco-britannique à partir 1906 |
|---|---|
| Capitale | Port-Vila |
| XVIIIe siècle | Explorations européennes |
|---|---|
| 1906 | Condominium franco-anglais |
| 30 juillet 1980 | Indépendance |
Entités précédentes :
Entités suivantes :
Le condominium des Nouvelles-Hébrides, en anglais New Hebrides Condominium, était une colonie franco-britannique érigée dans l'archipel des Nouvelles-Hébrides, sur le territoire de l'actuel Vanuatu, du 2 décembre 1907[Note 1] à son indépendance le 30 juillet 1980. C'est l'un des deux condominiums coloniaux du XXe siècle avec le Soudan anglo-égyptien et le « dernier exemple du régime condominial s'appliquant à un territoire et à une population d'importance notable[1] ».
Régime original dû à l'impossibilité pour l'un et l'autre des deux pays d'abandonner l'archipel, il a la particularité de voir s'exercer trois souverainetés : celles propres des deux États envers leurs nationaux et leurs sociétés, celle du condominium pour les indigènes, les relations entre les différentes nationalités, l'administration et les services condominiaux[2]. Il a pris fin avec l'indépendance des Nouvelles-Hébrides en 1980 après deux ans de transition. L'État nouvellement créé prit alors le nom de Vanuatu.
Sommaire |
[modifier] Histoire
En 1906, la France et le Royaume-Uni s'entendent pour administrer l'archipel conjointement. Son statut fait l'objet de nombreuses publications de coloniaux, d'hommes politiques, de diplomates et de juristes (Nicolas Politis en particulier).
Le protocole du 6 août 1914 n'utilise toujours pas le terme « condominium » mais évoque à l'article 4 des « services communs ».
Les Nouvelles-Hébrides deviennent indépendantes le 30 juillet 1980 en prenant alors le nom de Vanuatu.
[modifier] Administration
[modifier] Statut
L'histoire de la formation de la colonie a conduit à un condominium particulier. En effet, si une communauté internationale partielle condominante peut posséder des organes immédiats (compétence directe) et médiats (compétences dédoublées entre les États), dans le cas des Nouvelles-Hébrides la France et le Royaume-Uni exercent des compétences qu'elles n'ont pas abandonnées à la communauté partielle condominante : « chaque puissance demeure (...) souveraine à l'égard de ses nationaux et des sociétés légalement constituées conformément à sa loi »[3]. Malgré cette « altération de la pureté théorique du condominium », les Nouvelles-Hébrides sont bien le « dernier exemple du régime condominial s'appliquant à un territoire et à une population d'importance notable »[1].
Ce condominium, n'étant pas une personnalité juridique, ne peut élaborer de traité ni en signer. Il n'est cependant concerné par les conventions multilatérales que la France et le Royaume-Uni ont signés que dans la mesure où les deux puissances condominantes y ont convenu de l'application[4].
[modifier] Haut-commissaire de la République française (1907-1980)
[modifier] Commissaire-résident de la République française (1901-1980)
| Début | Fin | Titulaire | Titres |
|---|---|---|---|
| 1901 | 1904 | Gaudence Charles Faraut | |
| 1904 | 1908 | Charles Bord | |
| 1908 | 1909 | Charles Henri Adrien Noufflard | |
| 1909 | 1911 | Jules Martin | |
| 1911 | 1913 | Jules Vincent Repiquet | |
| 1913 | 1916 | Jacques Louis Miramende (1ère fois) | |
| 1916 | 1918 | Edmond Lippmann | |
| 1918 | 1919 | Lucien Hugues Arthur Nielly | |
| 1919 | 1920 | Alfred Solari | |
| 1920 | 1921 | Jacques Louis Miramende (2ème fois) | |
| 1921 | 1923 | Henri Joseph Marie d'Arboussier (1ère fois) | |
| 1923 | 1925 | Auguste Adolphe Joseph Marie Raoul de la Vaissière | |
| 1925 | 1929 | Henri Joseph Marie d'Arboussier (2ère fois) | |
| 1929 | 1930 | Gabriel Henri Joseph Thaly | |
| 1930 | 1931 | Maurice Georges Tronet | |
| 1931 | 1933 | Antoine Louis Carlotti | |
| 1933 | 1935 | Henri Camille Sautot (1ère fois) | |
| 1935 | 1937 | Fernand Gaston Georges Émile Robert Casimir | |
| 1937 | 1940 | Henri Camille Sautot (2ème fois) | |
| 1940 | 1947 | Robert Charles Henri Kuter | |
| 1947 | 1949 | André Ménard | |
| 1949 | 1958 | Pierre Amédée Joseph Émile Jean Anthonioz | |
| 1958 | 1960 | Benjamin Marcel Favreau | |
| 1960 | 1965 | Maurice Charles Jules Delauney | |
| 1965 | 1969 | Jacques Mouradian | |
| 1969 | 1974 | Robert Jules Amédée Langlois | |
| 1974 | 1978 | Robert Gauger | |
| 1978 | 1978 | Bernard Pottier | |
| 1978 | 1980 | Jean-Jacques Robert |
[modifier] Administration postale
Les timbres postaux des Nouvelles-Hébrides illustrent l'histoire du condominium.
En 1908, le condominium utilise des timbres de la Nouvelle-Calédonie, alors colonie française et des Fidji, alors colonie britannique, surchargés « Nouvelles-Hébrides Condominium » ou « New Hebrides Condominium ».
Par la suite et jusqu'en 1980, les timbres utilisés portent le plus souvent la mention « Condominium des Nouvelles-Hébrides » et les armes du souverain britannique (George VI puis Élisabeth II) et celles de la République française (lettres « RF » et faisceau d'armes).
[modifier] Administration monétaire
Après avoir utilisé le franc français et la livre sterling de 1938 à 1977, les Nouvelles-Hébrides ont eu le franc or pour monnaie. En 1966 est créé le franc des Nouvelles-Hébrides frappé par la Monnaie de Paris. Il s'agissait des pièces de 1 F, 2 F, 5 F, 10 F, 20 F, 50 F et 100 F, de 1966 (seule année du 100 F) à 1979. Des pièces de 1, 2, 5, 10 et 20 francs ont même été frappées en 1982 (donc après l'indépendance), avec la mention « République Française » car le Royal Mint anglais choisi pour frapper la nouvelle monnaie, le vatu (pièces de 1, 2, 5, 10, 20, 50 et 100 vatu), n'a pu livrer cette dernière qu'en 1983 (hormis le 50 vatu de 1981).
[modifier] Annexes
[modifier] Articles connexes
[modifier] Lien externe
- (fr) Histoire du Vanuatu
[modifier] Bibliographie
- Catalogue Yvert et Tellier, t. 2, première partie, Colonies françaises et territoires d'outre-mer, éd. Yvert et Tellier, 1997.
- Hubert Benoist, Le Condominium des Nouvelles-Hébrides et la société mélanésienne, Éditions A. Pedone, 1972. Thèse pour le doctorat en droit présentée le 2 février 1970 à la Faculté de droit et des sciences économiques de l'Université de Paris.
[modifier] Notes et références
- Note
- Date de la proclamation de la Convention franco-anglaise signée le 20 octobre 1906 et promulguée en France le 11 janvier 1907
- Références
- Benoist (1972), p. 10
- Benoist (1972), p. 10-11
- Benoist (1972), p. 9
- Benoist (1972), p. 13
- Décret du 11 décembre 1973 portant nomination du haut-commissaire de la République française dans l'océan Pacifique et aux Nouvelles-Hébrides, gouverneur de la Nouvelle-Calédonie et dépendances (M. Jean-Gabriel Ériau), publié au Journal officiel de la République française du 12 décembre 1973, p. 13183 [lire en ligne]
- Décret du 13 décembre 1978, portant nomination d'un préfet hors cadre (M. Jean-Gabriel Ériau), publié au Journal officiel de la République française du 14 décembre 1978, p. 4152 [lire en ligne]
- Décret du 13 décembre 1978 portant nomination du haut-commissaire de la République française dans l'océan Pacifique et aux Nouvelles-Hébrides, gouverneur de la Nouvelle-Calédonie et dépendances (M. Claude Charbonniaud), publié au Journal officiel de la République française du 14 décembre 1978, p. 4152 [lire en ligne]
- Décret portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française en République de Vanuatu (M. Yves Rodrigues), publié au Journal officiel de la République française du 31 juillet 1980, p. 1930 [lire en ligne]