Condominium des Nouvelles-Hébrides

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

16° 38′ S 168° 01′ E / -16.633, 168.017 ()

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Nouvelles-Hébrides.
Page d'aide sur l'homonymie Cet article s'intéresse à l'organisation coloniale des Nouvelles-Hébrides de 1907 à 1980. Pour un article plus détaillé sur leur histoire, voir Histoire du Vanuatu.

Condominium des Nouvelles-Hébrides

New Hebrides Condominium en

1906 – 1980

Drapeau
Drapeau de la France
Blason
Drapeau du Royaume-Uni
Description de cette image, également commentée ci-après

Les Nouvelles-Hébrides (en vert) dans le Pacifique.

Informations générales
Statut Sans administration avant 1906
Condominium franco-britannique à partir 1906
Capitale Port-Vila
Histoire et événements
XVIIIe siècle Explorations européennes
1906 Condominium franco-britannique
30 juillet 1980 Indépendance

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le condominium des Nouvelles-Hébrides, en anglais New Hebrides Condominium, était une colonie franco-britannique érigée dans l'archipel des Nouvelles-Hébrides, sur le territoire de l'actuel Vanuatu, du 2 décembre 1907[Note 1] à son indépendance le 30 juillet 1980. C'est l'un des deux condominiums coloniaux du XXe siècle avec le Soudan anglo-égyptien et le « dernier exemple du régime condominial s'appliquant à un territoire et à une population d'importance notable[1] ».

Régime original dû à l'impossibilité pour l'un et l'autre des deux pays d'abandonner l'archipel, il a la particularité de voir s'exercer trois souverainetés : celles propres des deux États envers leurs nationaux et leurs sociétés, celle du condominium pour les indigènes, les relations entre les différentes nationalités, l'administration et les services condominiaux[2]. Il a pris fin avec l'indépendance des Nouvelles-Hébrides en 1980 après deux ans de transition. L'État nouvellement créé prit alors le nom de Vanuatu.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Vanuatu.

La création du Condominium résulte de tout un contexte de géo-politique spécifique au début du XXe siècle : après l'incident diplomatique de Fachoda, au Soudan, entre la France et le Royaume-Uni, cette dernière fait un revirement très sensible de politique étrangère à partir de 1901, et avec l'accession au trône du très francophile Édouard VII.

Le Royaume-Uni lança donc une politique surprenante de rapprochement avec la France, pour répondre à la montée en puissance de l'empire allemand, et trouver un allié solide : l'Entente cordiale. Pour concrétiser cette entente, régler les problèmes coloniaux entre les deux puissances était l'une des priorités. La France proposait d'échanger les établissements français dans l'Inde contre la Gambie, enclavée dans la colonie du Sénégal. Mais cette dernière était devenue protectorat britannique en 1894. Le deuxième choix, définitif, se porta alors sur les îles des Nouvelles-Hébrides, au Nord de la Nouvelle-Calédonie. Pour symboliser et concrétiser l'entente entre les deux états, les Britanniques proposèrent à la France de faire de la colonie un condominium entre les deux états, et les Britanniques demandèrent à la France de conserver les 5 comptoirs de l'Inde. La proposition fut saluée avec enthousiasme par la majorité des parlementaires des deux pays.

En 1906, la France et le Royaume-Uni s'entendent pour administrer l'archipel conjointement. Son statut fait l'objet de nombreuses publications de coloniaux, d'hommes politiques, de diplomates et de juristes (Nicolas Politis en particulier).

Le protocole du 6 août 1914 n'utilise toujours pas le terme « condominium » mais évoque à l'article 4 des « services communs ».

Les Nouvelles-Hébrides deviennent indépendantes le 30 juillet 1980 en prenant alors le nom de Vanuatu.

Administration[modifier | modifier le code]

Statut[modifier | modifier le code]

L'histoire de la formation de la colonie a conduit à un condominium particulier. En effet, si une communauté internationale partielle condominante peut posséder des organes immédiats (compétence directe) et médiats (compétences dédoublées entre les États), dans le cas des Nouvelles-Hébrides la France et le Royaume-Uni exercent des compétences qu'elles n'ont pas abandonnées à la communauté partielle condominante : « chaque puissance demeure (...) souveraine à l'égard de ses nationaux et des sociétés légalement constituées conformément à sa loi »[3]. Malgré cette « altération de la pureté théorique du condominium », les Nouvelles-Hébrides sont bien le « dernier exemple du régime condominial s'appliquant à un territoire et à une population d'importance notable »[1].

Ce condominium, n'étant pas une personnalité juridique, ne peut élaborer de traité ni en signer. Il n'est cependant concerné par les conventions multilatérales que la France et le Royaume-Uni ont signées que dans la mesure où les deux puissances condominantes y sont convenues de l'application[4].

Haut-commissaire de la République française (1907-1980)[modifier | modifier le code]

Début Fin Titulaire Titres
17 septembre 1905 18 mars 1908 Victor Liotard
18 mars 1908 24 mai 1908 Pierre Brun
24 mai 1908 6 juin 1913 Jules Louis Richard
16 septembre 1909 6 juillet 1910 Adrien Bonhoure (suppléant pour Richard)
6 juin 1913 27 juillet 1914 Auguste Brunet
27 juillet 1914 15 août 1923 Jules Repiquet
23 mai 1919 6 janvier 1921 Joseph Joulia (suppléant pour Repiquet)
12 septembre 1923 14 mars 1925 Henri d'Arboussier (intérim)
16 mars 1925 2 juillet 1932 Joseph Guyon
29 mai 1929 22 mai 1930 Henri d'Arboussier (suppléant pour Guyon)
23 mai 1930 20 décembre 1930 Gabriel Thaly (suppléant pour Guyon)
20 juillet 1932 6 avril 1933 Léonce Jore (1re fois)
3 mai 1933 3 décembre 1936 Bernard Siadoux
6 décembre 1936 11 juillet 1938 Marcel Marchessou
6 juillet 1938 7 août 1939 Léonce Jore (2e fois)
7 août 1939 20 octobre 1939 René Barthes
20 octobre 1939 4 septembre 1940 Georges-Marc Pélicier
4 septembre 1940 19 septembre 1940 Colonel Denis (vichyste)
19 septembre 1940 6 mai 1942 Henri Sautot (à partir de juillet 1941, Georges Thierry d'Argenlieu est Haut-Commissaire)
29 juillet 1942 23 juin 1943 Auguste Montchamp
15 septembre 1943 13 février 1944 Christian Laigret
14 février 1944 28 janvier 1947 Jacques Tallec
29 janvier 1947 10 mai 1948 Georges Parisot
10 mai 1948 5 juillet 1951 Pierre Cournarie
5 juillet 1951 21 octobre 1951 Bordarier (intérim)
21 octobre 1951 24 juillet 1954 Raoul Angammarre
30 septembre 1954 3 février 1956 René Hoffherr
2 mars 1956 1er décembre 1958 Aimé Grimald
1er décembre 1958 9 janvier 1963 Laurent Péchoux
18 mars 1961 20 juillet 1961 Georges Poulet (suppléant pour Péchoux)
9 janvier 1963 14 février 1965 Casimir Biros
14 février 1965 16 octobre 1969 Jean Risterucci
20 octobre 1969 1er décembre 1973 Louis Verger
9 janvier 1974[5] 16 décembre 1978[6] Jean-Gabriel Ériau Haut-commissaire de la République française dans l'océan Pacifique et aux Nouvelles-Hébrides, gouverneur de la Nouvelle-Calédonie et dépendances
16 décembre 1978[7] 30 juillet 1980[8] Claude Charbonniaud Haut-commissaire de la République française dans l'océan Pacifique et aux Nouvelles-Hébrides, gouverneur de la Nouvelle-Calédonie et dépendances

Commissaire-résident de la République française (1901-1980)[modifier | modifier le code]

Nomination Entrée en fonction Fin Titulaire Titres
28 août 1901 28 août 1901 1904 Gaudence Charles Faraut
10 décembre 1904 3 janvier 1905 1908 Charles Bord
28 janvier 1908 28 janvier 1908 23 juin 1908 Jean Colonna Commissaire résident par intérim.
17 mars 1908 24 juin 1908 18 décembre 1909 Charles Noufflard
19 décembre 1909 19 décembre 1909 26 juillet 1910 Jean Colonna Commissaire résident par intérim.
4 mai 1910 27 juillet 1910 23 juillet 1911 Jules Martin
24 juillet 1911 24 juillet 1911 14 novembre 1911 Jean Solari Chef de bureau, exerce l'intérim suite au départ de Martin
10 juin 1911 15 novembre 1911 1913 Jules Repiquet Commissaire résident par intérim jusqu'au 30 juin 1912 puis titulaire au 1er juillet 1912
23 juin 1913 1913 17 juin 1921 Jacques-Louis Miramende Intérims d'Edmond Lippman (9 novembre 1916-29 décembre 1918) et Alfred Solari (30 décembre 1918-juin 1920).
18 juin 1921 18 juin 1921 1921 Alfred Boisivon Commissaire résident par intérim
6 septembre 1921 1921 5 avril 1929 Henri Joseph Marie d'Arboussier Intérims d'Auguste Adolphe Joseph Marie Raoul de la Vaissière (11 août 1923-14 mars 1925) et Paul François Joseph Ballot (2 août 1926-1927).
6 avril 1929 6 avril 1929 29 mars 1930 Gabriel Henri Joseph Thaly Commissaire résident par intérim
30 mars 1930 30 mars 1930 25 juillet 1931 Maurice Georges Tronet Commissaire résident par intérim
30 octobre 1930 26 juillet 1931 18 mars 1933 Antoine Louis Carlotti
15 mars 1933 19 mars 1933 12 septembre 1940 Henri Sautot Commissaire résident par intérim jusqu'au 19 juin 1934, date de sa titularisation. Ensuite, intérims de Fernand Casimir (16 avril 1935-janvier 1937) et Léon Alexandre Frédéric Le Boucher (janvier 1937-16 mars 1937)
13 septembre 1940 13 septembre 1940 février 1947 Robert Charles Henri Kuter Intérims d'Alfred Houques-Fourcade du 30 novembre 1943 au 31 mai 1944 et du 23 septembre 1946 à janvier 1947
16 janvier 1947 février 1947 9 décembre 1949 André Ménard
10 décembre 1949 10 décembre 1949 14 novembre 1958 Pierre André Jean Anthonioz Commissaire résident par intérim jusqu'à sa titulatisation le 24 juin 1950. Ensuite, intérim de Marc Paul Agostini (11 juin 1954-fébut 1955).
15 novembre 1958 15 novembre 1958 décembre 1959 Benjamin Favreau
décembre 1959 décembre 1959 31 octobre 1960 André Marie Théodore Bijon
5 novembre 1960 1er novembre 1960 avril 1965 Maurice Charles Jules Delauney
avril 1965 avril 1965 novembre 1969 Jacques Mouradian
6 novembre 1969 novembre 1969 décembre 1974 Robert Jules Amédée Langlois
10 décembre 1974 décembre 1974 1978 Robert Gauger
1978 1978 1978 Bernard Pottier
1978 1978 août 1980 Jean-Jacques Robert

Administration postale[modifier | modifier le code]

Les timbres postaux des Nouvelles-Hébrides illustrent l'histoire du condominium.

En 1908, le condominium utilise des timbres de la Nouvelle-Calédonie, alors colonie française et des Fidji, alors colonie britannique, surchargés « Nouvelles-Hébrides Condominium » ou « New Hebrides Condominium ».

Par la suite et jusqu'en 1980, les timbres utilisés portent le plus souvent la mention « Condominium des Nouvelles-Hébrides » et les armes du souverain britannique (George VI puis Élisabeth II) et celles de la République française (lettres « RF » et faisceau d'armes).

Administration monétaire[modifier | modifier le code]

Après avoir utilisé le franc français et la livre sterling de 1938 à 1977, les Nouvelles-Hébrides ont eu le franc or pour monnaie. En 1966 est créé le franc des Nouvelles-Hébrides frappé par la Monnaie de Paris. Il s'agissait des pièces de 1 F, 2 F, 5 F, 10 F, 20 F, 50 F et 100 F, de 1966 (seule année du 100 F) à 1979. Des pièces de 1, 2, 5, 10 et 20 francs ont même été frappées en 1982 (donc après l'indépendance), avec la mention « République Française » car le Royal Mint anglais choisi pour frapper la nouvelle monnaie, le vatu (pièces de 1, 2, 5, 10, 20, 50 et 100 vatu), n'a pu livrer cette dernière qu'en 1983 (hormis le 50 vatu de 1981).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Note
  1. Date de la proclamation de la Convention franco-anglaise signée le 20 octobre 1906 et promulguée en France le 11 janvier 1907
Références
  1. a et b Benoist (1972), p. 10
  2. Benoist (1972), p. 10-11
  3. Benoist (1972), p. 9
  4. Benoist (1972), p. 13
  5. Décret du 11 décembre 1973 portant nomination du haut-commissaire de la République française dans l'océan Pacifique et aux Nouvelles-Hébrides, gouverneur de la Nouvelle-Calédonie et dépendances (M. Jean-Gabriel Ériau), publié au Journal officiel de la République française du 12 décembre 1973, p. 13183 [lire en ligne]
  6. Décret du 13 décembre 1978, portant nomination d'un préfet hors cadre (M. Jean-Gabriel Ériau), publié au Journal officiel de la République française du 14 décembre 1978, p. 4152 [lire en ligne]
  7. Décret du 13 décembre 1978 portant nomination du haut-commissaire de la République française dans l'océan Pacifique et aux Nouvelles-Hébrides, gouverneur de la Nouvelle-Calédonie et dépendances (M. Claude Charbonniaud), publié au Journal officiel de la République française du 14 décembre 1978, p. 4152 [lire en ligne]
  8. Décret portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française en République de Vanuatu (M. Yves Rodrigues), publié au Journal officiel de la République française du 31 juillet 1980, p. 1930 [lire en ligne]