Grande Armée (Premier Empire)

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Grande Armée
Image illustrative de l'article Grande Armée (Premier Empire)

Période 1802 – 1815
Pays France
Allégeance Drapeau de l'Empire français Empire français
Effectif 1 600 000 personnes
Composée de Grenadiers, voltigeurs, dragons, chasseur à cheval, marins de la garde, vieille garde
Ancienne dénomination Armée des côtes de l'Océan
Devise « Valeur et Discipline »
Guerres Troisième Coalition

Quatrième Coalition


Cinquième Coalition


Guerre d'Espagne


Sixième Coalition


Septième Coalition

Batailles Ulm
Austerlitz
Iéna
Eylau
Friedland
Essling
Wagram
Moskowa
Leipzig
Waterloo
Décorations Médaille et ordres napoléoniens
Commandant historique Napoléon Ier

La Grande Armée est l'armée impériale de Napoléon Ier de 1802 à 1814 et enfin pendant l'épisode des Cent-Jours en 1815.

Première Grande Armée[modifier | modifier le code]

Inspection de l'armée le 15 aout 1804 à Boulogne

La première Grande Armée fut créée au Camp de Boulogne-sur-Mer le 29 août 1805 pour envahir l'Angleterre suite à la rupture de la paix d'Amiens. Armée de conscription, elle succéda à l’Armée des côtes de l'Océan. La coalition formée par l'Angleterre, l'Autriche et la Russie changea les plans de ce débarquement, l'armée faisant alors mouvement vers l'Autriche. Les bulletins qui racontaient les exploits de cette armée lors des bataille d'Ulm et d'Austerlitz s'appelaient le Bulletin de la Grande Armée diffusé dans toute la France, popularisant le terme de « Grande Armée »[1].

Elle comportait au départ sept corps d'armée (les fameux « sept torrents » commandés par les maréchaux Bernadotte, Davout, Soult, Lannes, Ney et Augereau et par le général Marmont) qui s'illustrèrent lors des campagnes de 1805, 1806 et 1807 (ils sont rejoints le 1er octobre 1806 par le 8e corps sous Mortier et le 9e – composé des alliés bavarois, badois et wurtembourgeois de la France – sous le prince Jérôme Bonaparte, en 1807 par le 10e corps sous Lefebvre). Elle fut ébranlée le 8 février 1807 lors de la tragédie d'Eylau où elle perdit 8 % de ses effectifs et contraint Napoléon à faire appel à des contingents étrangers[2]. Toutefois, la victoire finale à Friedland fut essentiellement remportée par les vétérans français de cette Grande Armée (voir ordre de bataille de Friedland).

La Grande Armée fut dissoute à l’occasion de l'entrevue d'Erfurt entre Napoléon et le tsar, du 27 septembre au 12 octobre 1808. Napoléon avait besoin de renforcer ses troupes engagées dans la guerre d'Espagne et du Portugal, où elles venaient de subir d'importants revers (la capitulation de Baylen en juillet 1808 qui élimina la menace française en Andalousie et la défaite de Vimeiro, suivie de la convention de Cintra en août 1808, qui marqua l'évacuation du Portugal). Napoléon devait ainsi retirer des contingents d'Europe centrale pour renforcer l'armée d'Espagne dans la perspective de l'offensive qu'il avait décidé de diriger en personne à partir de début novembre 1808. Il profita de ces mouvements de troupes pour tenter d'apaiser les inquiétudes du Tsar Alexandre : des troupes françaises tenaient encore garnison en Prusse et à Dantzig. Le décret d'Erfurt[3] daté du 12 octobre 1808 précise d'une part que « le corps de troupes qui restera en Allemagne prendra le nom d’Armée du Rhin », sous commandement du maréchal Davout et que d'autre part « le corps de troupes qui restera sous les ordres du maréchal prince de Ponte-Corvo [le maréchal Bernadotte], dans les villes hanséatiques, prendra le nom de corps de troupes du gouvernement des villes hanséatiques ». Le nom d'Armée du Rhin devait suggérer que cette armée tiendrait désormais une position défensive sur cette frontière de l'empire français que constituait le Rhin, et non une position offensive en Allemagne ou en Pologne. Beaucoup de soldats issus de la Grande Armée de 1805-1808 mourront dans la péninsule ibérique durant les sept années de conflit (1808-1814)[4].

Au début de 1809, la menace d'une offensive autrichienne en Bavière et en Italie amena Napoléon à redéployer ses forces sur ces futurs théâtres d'opération, en mobilisant les effectifs constitués en quelques mois par la conscription, alors que la plupart des troupes aguerries continuaient de combattre en Espagne. Le 8 avril 1809, il indiqua dans un courrier au maréchal Berthier que « […] à dater du 1er avril, toutes les troupes que j’ai en Allemagne seront connues sous le titre d’Armée d’Allemagne, dont je me réserve le commandement en chef […] »[5]. Cette armée d'Allemagne allait connaître de durs combats face à l'armée autrichienne sous le commandement de l'Archiduc Charles, entre avril et juin 1809, et rejointe par l'Armée d'Italie commandée par le vice-roi Eugène, elle put achever la campagne victorieusement à Wagram et Znaïm.

Deuxième Grande Armée[modifier | modifier le code]

L’empereur Napoléon Ier et sa Grande Armée anéantie par le froid, à la bataille de la Bérézina

La deuxième Grande Armée fut créée officieusement à la fin de l'année 1811 (note de Berthier) en préambule à la campagne de Russie[4]. Sa composition est toutefois beaucoup moins homogène que la « Première » avec notamment l'intégration de très larges contingents étrangers et le recours de plus en plus régulier à la conscription pour compenser les pertes françaises. En 1813-1814, on assiste ainsi au gonflement considérable des effectifs de la Garde (environ 50 000 hommes en 1812, 90 000 en 1813, 110 000 en 1814). Cette inflation s'explique par la création, à côté des unités mises sur pied dans l'infanterie de ligne ou légère par l'incorporation des Marie-Louise, les jeunes conscrits qui combattent aux côtés des vieux grognards, de nouveaux régiments, notamment 19 régiments de voltigeurs et 19 régiments de tirailleurs, et par l'essor pris par la Jeune Garde, décisive lors des campagnes d'Allemagne en 1813 et de France en 1814.

Elle combattit quasiment continuellement depuis le début de la campagne de Russie en juin 1812 jusqu'à la fin de la campagne de France en avril 1814.

Elle atteignit un maximum de 680 000 hommes[6] en 1812, au départ de l'invasion de la Russie. Cette armée était véritablement « européenne » car elle comprenait[4] :

À l'exception des Autrichiens, des Polonais et des Prussiens, les divers contingents étaient sous commandement de généraux et de maréchaux français.

Une armée mobile[modifier | modifier le code]

Napoléon fait parcourir de très grandes distances à son armée (30 km par jour en marche normale, 50 km en marche forcée,voire plus comme ce fut le cas du corps de Davout, et en particulier de la division Friant, la veille d'Austerlitz, ce qui provoque des pertes dans les régiments : des soldats tombent de fatigue ou se cassent les pieds en marchant[7]), et très rapidement, la rapidité de manœuvre est un élément décisif de ses victoires (voir notamment Austerlitz, Friedland). Au total, c’est par dizaines de milliers qu'il faut compter les kilomètres parcourus par les soldats, qui de 1805 à 1814 prennent part aux campagnes d'Autriche, d'Allemagne, d'Espagne et de Russie. Cette mobilité est due en partie à la division de la Grande Armée en plusieurs corps d'armée.

La Grande Armée bénéficie ainsi d'une grande mobilité stratégique qui lui confère un ascendant décisif sur ses adversaires[8]. Cette mobilité est toutefois très réduite pendant la campagne de Russie, une partie de l’intendance utilisant des chars à bœufs.

Il faut noter que les chaussures des soldats étaient du même modèle pour les deux pieds, ce qui permettait aux soldats de n'avoir qu'une chaussure de rechange dans le sac pour chaque étape.

Fidèle à l'Empereur[modifier | modifier le code]

Napoléon se repose un moment, sur le champ de bataille de Wagram, son personnel et ses ménages travaillant autour de lui.

Outre sa taille, la Grande Armée est marquée par l'inébranlable fidélité des hommes la composant – des grognards aux « Marie-Louise » et des artilleurs aux officiers de santé – envers l'Empereur et sa politique de conquêtes.

Rompus à une discipline de fer, exténués par les marches forcées et les fréquentes batailles, souvent mal vêtus, mal nourris, mal soignés, payés avec retard, ces hommes font preuve d'un courage et d'un dévouement héroïques jusqu'à la chute de l'Empire. En effet, après une légère lassitude et un certain découragement à la fin de 1813, la plupart des conscrits récalcitrants sont stimulés à l'annonce de la résurrection de l'Empire, durant les Cent-Jours, et l'ensemble de la Grande Armée se bat à Waterloo avec une énergie farouche et retrouvée[9].

Apparemment surprenant, ce phénomène s'explique, d'une part, par le fait que les officiers de la Grande Armée ne touchèrent durant la Première Restauration qu'une demi-solde (d'où leur surnom), mais peut-être surtout du fait que rarement l'ensemble d'une armée ne s'était sentie autant motivée et galvanisée pour porter les armes en territoire ennemi. Les hommes de la Grande Armée étaient les héritiers idéologiques d'une Révolution partant en guerre contre la vieille Europe monarchique. Enfin, si certains soldats rêvaient au bâton de Maréchal, beaucoup pensaient obtenir comme récompense suprême la légion d'honneur[10].

Modèle de courage, de gloire, d'endurance et de fidélité, la légende de la Grande Armée est indiscutablement liée à celle de Napoléon Ier, mais aussi à celle des seize maréchaux lui ayant fait conquérir le plus grand empire territorial – de Hambourg à Rome et de Brest à Varsovie – que la France ait jamais eu.

Dans les pays adverses, la Grande Armée laisse au contraire l'image d'une armée particulièrement violente et meurtrière, mais aussi immensément puissante et importante.

Les maréchaux d'Empire[modifier | modifier le code]

Le maréchalat est une dignité militaire d'Ancien Régime qui avait été supprimée par la Révolution. Le sénatus-consulte du 18 mai 1804 le rétablit sous le nom de maréchal d'Empire, et attribue le lendemain cette dignité à 14 généraux ainsi que 4 « sénateurs ayant le titre de maréchaux d’Empire », récompensés de leurs talents et des services rendus.

Pour ne pas dépasser le nombre maximal de 16 maréchaux en activité, certains abandonnent leur dignité lors de nouvelles nominations. Ainsi en 1809, Berthier, nommé vice-connétable de l'Empire et major-général de la Grande Armée, Jourdan, qui est nommé chef d'état-major, Murat qui devient roi de Naples abandonnent leur maréchalat. Lannes meurt la même année. Bernadotte devient prince héritier de Suède en 1810.

Voici la liste des 26 maréchaux d'Empire :

En 1804 :

En 1807 :

En 1809 :

En 1811 :

En 1812 :

En 1813 :

  • Józef Antoni Poniatowski, prince de Pologne et du Saint Empire romain germanique, généralissime des Polonais (1763-1813).

En 1815 (Cent Jours) :

Structure et organisation de la Grande Armée[modifier | modifier le code]

Le Grand Quartier général[modifier | modifier le code]

L'organisation du Grand Quartier général était assez complexe. Il faut y distinguer, quoique dans la pratique l'un et l'autre concourent aux mêmes missions, le personnel attaché à la personne de l'Empereur et le personnel de l'état-major général.

Le Quartier impérial[modifier | modifier le code]

Le Quartier impérial contient tout le personnel militaire attaché à la personne de l'Empereur que ce soit sur le champ de bataille ou à Paris. Il est divisé en trois services :

  • le cabinet de l'Empereur, qui contient le secrétariat (qui est chargé de collecter des informations d'espionnage sur les ennemis), le département topographique (qui prépare les cartes et y figure les mouvements des troupes, dirigé par Bacler d'Albe) et les archives (dirigées par Fain) ;
  • l'état-major particulier de l'Empereur, qui regroupe les aides de camp impériaux (généraux appartenant à toutes les armes, employés soit à renseigner l'Empereur sur des points importants, soit à transmettre sa pensée aux commandants de corps d'armée et à vérifier que les ordres impériaux sont respectés, soit à exécuter sur le champ les décisions urgentes, soit à effectuer des reconnaissances avant les batailles. On y trouve Junot et Mouton, de brillants fantassins, Rapp, un cavalier ardent, Drouot, un artilleur de choix, Bertrand, l'un des meilleurs officiers du génie de l'armée, etc. Ces aides de camp sont habituellement au nombre de douze. Chacun d'eux dispose de quelques officiers d'ordonnance ;
  • la maison militaire de l'Empereur, qui comprend le bureau du grand maréchal du palais (Duroc de 1804 à sa mort en 1813, et Bertrand après) et le bureau du grand écuyer (Caulaincourt). Ils sont employés par l'Empereur pour des missions de confiance d'ordre militaire ou diplomatique et disposent tous les deux de plusieurs officiers d'ordonnance.

L'état-major général de l'armée[modifier | modifier le code]

L'état-major général de l'armée sert de poste de commandement pour toute la Grande Armée. C'est de là que partent les ordres pour toutes les troupes. Le service du bureau incombait à quelques officiers spécialisés. L'Empereur était particulièrement exigeant pour l'exactitude et la clarté des états, la promptitude et la précision des rapports. Les papiers étaient donc très bien tenus. L'état-major général de l'armée est dirigé par le major général et comprend :

  • le cabinet du major général, divisé en quatre bureaux (secrétariat, mouvements des troupes, comptabilité, renseignements) et composé surtout d'employés civils, d'officiers à la retraite et de commissaires des guerres ;
  • l'état-major particulier du major général, qui regroupe les nombreux aides de camp du major général (officiers chargés de porter les ordres aux commandants de corps d'armée. Les qualités requises sont l'énergie, l'audace et l'initiative car les distances qui séparent les quartiers généraux sont souvent considérables et la présence de l'ennemi en rend le parcours dangereux) ;
  • l'état-major de l'armée proprement dit, composé de trois divisions (ayant chacune à leur tête un adjudant-commandant) chargées surtout des questions administratives.

Le major général est le chef d'état-major de l'Empereur. C'est aussi le « sous-chef » de l'armée française, Napoléon en étant le chef. C'est un poste de confiance qui requiert énormément de qualités physiques et morales. Il ne dépend que de l'Empereur lui-même et non du ministre de la Guerre. Voici les titulaires de ce poste :

  • 1805-1814 : maréchal Berthier,
  • 1815 (Cent-Jours) : maréchal Soult.

La Garde impériale[modifier | modifier le code]

La Garde impériale est une unité d'élite qui sert de garde rapprochée à l'Empereur ainsi que de dernière réserve de l'armée. Ces soldats sont les meilleurs de la Grande Armée et sont très souvent décorés et passés en revue par Napoléon. La Garde impériale est encore plus dévouée à son Empereur que le reste de l'armée. Être général dans la Garde, voire la diriger est un grand honneur que Napoléon réserve à ses lieutenants les plus fidèles.

  • 1805-1806 : maréchal Mortier
  • 1806-1813 : maréchal Lefebvre
  • 1813-1814 : maréchal Soult
  • 1815 : maréchal Mortier (mais étant malade, son adjoint, le général Drouot, l'a remplacé)

Le Ier corps d'armée[modifier | modifier le code]

  • 1805-1807 : maréchal Bernadotte
  • 1807-1812 : maréchal Victor
  • 1812-1813 : maréchal Davout
  • 1813-1814 : général Vandamme puis général Mouton
  • 1814 : général Maison
  • 1815 (Cent-Jours) : général Drouet d'Erlon

Le IIe corps d'armée[modifier | modifier le code]

  • 1805-1806 : général Marmont
  • dissous en 1806
  • 1809 : maréchal Lannes
  • 1809 : général puis maréchal Oudinot
  • dissous à l'issue de la campagne de 1809
  • 1812-1814 : maréchal Victor
  • 1814 : général Gérard
  • 1815 (Cent-Jours) : général Reille

Le IIIe corps d'armée[modifier | modifier le code]

  • 1805-1812 : maréchal Davout
  • 1812-1813 : maréchal Ney
  • 1813-1814 : général Souham
  • 1815 (Cent-Jours) : général Vandamme

Le IVe corps d'armée[modifier | modifier le code]

  • 1805-1808 : maréchal Soult
  • dissous en 1808
  • 1809 : maréchal Masséna
  • dissous à l'issue de la campagne de 1809
  • 1812-1813 : prince Eugène de Beauharnais
  • 1813 : général Bertrand
  • dissous à l'issue de la bataille de Leipzig
  • 1815 (Cent-Jours) : général Gérard

Le Ve corps d'armée[modifier | modifier le code]

Le VIe corps d'armée[modifier | modifier le code]

Le VIIe corps d'armée[modifier | modifier le code]

Le VIIIe corps d'armée[modifier | modifier le code]

  • 1806-1807 : maréchal Mortier
  • dissous au traité de Tilsit
  • 1809 : général Vandamme
  • dissous à l'issue de la campagne de 1809
  • 1812-1813 : général prince Jérôme Bonaparte, puis général Vandamme, puis général Junot
  • 1813 : maréchal prince Poniatowski
  • dissous à l'issue de la bataille de Leipzig

Le IXe corps d'armée[modifier | modifier le code]

  • 1806-1807 : général prince Jérôme Bonaparte
  • dissous au traité de Tilsit
  • 1809 : maréchal Bernadotte
  • dissous à l'issue de la campagne de 1809
  • 1812 : maréchal Victor
  • 1813-1814 : maréchal Augereau
  • 1815 (Cent-Jours) : maréchal Brune

Le Xe corps d'armée[modifier | modifier le code]

  • janvier 1807 : maréchal Victor
  • janvier - été 1807 : maréchal Lefebvre
  • dissous au traité de Tilsit
  • 1809 : général prince Jérôme Bonaparte
  • dissous à l'issue de la campagne de 1809
  • 1812-1813 : maréchal Macdonald
  • 1813 : général Rapp

Le XIe corps d'armée[modifier | modifier le code]

  • 1809 : général Marmont
  • dissous à l'issue de la campagne de 1809
  • 1812-1813 : maréchal Augereau
  • 1813-1814 : maréchal Macdonald et général Gérard

Le XIIe corps d'armée[modifier | modifier le code]

  • 1812-1813 : prince de Schwarzenberg
  • 1813 : maréchal Oudinot puis général Guilleminot
  • dissous à l'issue de la bataille de Leipzig

Le XIIIe corps d'armée[modifier | modifier le code]

  • 1813-1814 : maréchal Davout

Le XIVe corps d'armée[modifier | modifier le code]

Le corps de réserve de cavalerie[modifier | modifier le code]

  • 1805-1809 : maréchal Murat
  • 1809-1812 : maréchal Bessières
  • 1812-1813 : maréchal Murat
  • 1813 : maréchal Bessières
  • 1813 : maréchal Murat
  • 1814 : général Grouchy
  • 1815 (Cent-Jours) : maréchal Grouchy.

Les contingents étrangers dans la Grande Armée[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'armées européennes recrutaient des troupes étrangères et la France napoléonienne ne fit pas d'exception. Les contingents étrangers jouaient un rôle important et combattaient avec distinction dans la Grande Armée pendant les guerres napoléoniennes. Presque tous les peuples européens avaient une place dans la Grande Armée. En 1805, 35 000 hommes de la Confédération du Rhin (Hollandais, Allemands) défendent les lignes de communication et les flancs de la principale armée. En 1806, 27 000 hommes de plus sont appelés pour le même but que précédemment. Plus de 20 000 Saxons ont aussi été utilisés pour des opérations de déstabilisation contre les Prussiens.

Pendant l'hiver de la campagne de 1806-1807, les Allemands, les Polonais et les Espagnols aident le flanc gauche de la Grande Armée à s'emparer des ports de Stralsund et Dantzig situés sur la mer Baltique. À la bataille de Friedland en 1807, le corps du Maréchal Lannes est composé de beaucoup de Polonais, de Saxons et de Hollandais. Les contingents étrangers jouaient un rôle majeur lors des grandes batailles et s'en sortaient avec distinction.

Les Espagnols aussi sont nombreux dans l'armée française. Seulement, après l'invasion de l'Espagne par les français et après l'excommunication de Napoléon par le pape, les Espagnols, loyaux sujets de l'ancien roi espagnol et fervents catholiques, refusent d'aider les soldats français et, soutenus financièrement et militairement par les Anglais, vont même les combattre lors de batailles rangées ou leur tendre des embuscades (la guérilla).

Les Portugais sont également présents au sein de la Grande Armée, avec la Légion portugaise et seront notamment présents aux batailles de Wagram et de la Moskowa.

Lors de la campagne d'Autriche de 1809, un tiers de la Grande Armée était composé de soldats de la Confédération du Rhin et un quart de l'armée en Italie était composé d'Italiens. À l'apogée de l'Empire, plus de la moitié des troupes qui marchent sur la Russie ne sont pas françaises mais représentent plus de 20 pays différents (300 000 Français, Hollandais et Belges, 95 000 Polonais (commandés par le général prince Poniatowski), 35 000 Autrichiens (dirigés par le prince Schwarzenberg), 25 000 Italiens, 24 000 Bavarois, 20 000 Saxons, 20 000 Prussiens (commandés par le général Grawert, puis par le général York)[11], 17 000 Westphaliens, 15 000 Suisses et 3 500 Croates. À l'exception des Polonais, des Autrichiens et des Prussiens, les divers contingents étaient sous commandement de généraux et de maréchaux français.

Seulement, après le désastre de la campagne de Russie, les Prussiens et les Autrichiens déclarent la guerre à la France. Les contingents prussiens et autrichiens intégrés dans l'armée française rejoignent donc les troupes de leur pays respectif.

En 1813, pendant la bataille de Leipzig, la division saxonne de la Grande Armée, voyant la supériorité numérique des alliés, rejoint les rangs ennemis de Bernadotte, prince héritier de Suède et ancien maréchal de Napoléon. À la fin de la bataille, c'est au tour des Bavarois de quitter les rangs français et de rejoindre les Autrichiens qu'ils avaient pour mission de contenir. Non content de fausser compagnie à ses anciens frères d'armes, le général baron Wrede (commandant le contingent bavarois de la Grande Armée depuis 1806) se propose également pour leur couper la route en se postant à Hanau. Mais il est battu par les Français.

Après Leipzig, il n'y a guère que les Polonais qui restent fidèles à l'Empereur. Ainsi, lors de la campagne de France de 1814, le régiment des Chevau-légers polonais de la Garde se bat à Brienne, La Rothière dans l’Aube, Champaubert (10 février 1814), Montmirail, Château-Thierry, Vauchamps (Marne), Montereau (Yonne), Troyes, Berry-au-Bac, Craonne, Laon, Reims, La Fère-Champenoise, Arcis-sur-Aube, Vitry, Saint-Dizier, Le Bourget, ainsi que lors de la défense de Paris. Le régiment polonais demeure jusqu’au bout auprès de l’Empereur battu. Le 4 avril 1814, son commandant, le général Krasiński, écrit une lettre à Napoléon, l’assurant que le régiment, à l’inverse des maréchaux, lui restera fidèle envers et contre tout. C’est justement cette fidélité inflexible qui – selon l’historien Robert Bielecki – décide l’Empereur déchu à emmener avec lui dans son exil de l’île d’Elbe un escadron d'environ 110 chevau-légers polonais commandé par le héros de la retraite de Russie, Pawel Jerzmanowski.

En 1815, pendant les Cents-Jours, l'armée française est composée presque entièrement de Français, à l'exception de Polonais. Lors de la campagne de France de 1815, le décret impérial excluant les étrangers du service au sein de la Garde impériale comporte une exception pour l’escadron polonais (élargi à 225 personnes). L’unité conserve l’uniforme polonais et se trouve intégrée aux Lanciers rouges du général Colbert. Les chevau-légers effectuent leur dernier service auprès de l’Empereur malgré l’appel du grand-duc Constantin, exhortant Jerzmanowski, sous la menace de peine capitale, de ramener l’escadron en Pologne. Les chevau-légers combattent avec bravoure à Ligny et à Waterloo. Ensuite, l’escadron se retire calmement, en ordre de bataille et en armes, derrière la ligne de la Loire, pour se placer sous le commandement du maréchal Davout. Le 1er octobre 1815, l’épopée napoléonienne des Polonais prend fin – ils sont définitivement demis de leur service dans l’Armée française. Malgré ses demandes, le colonel Jerzmanowski n’obtient pas la permission de faire partie de la petite suite impériale en partance vers Sainte-Hélène.

Les différentes unités de la Grande Armée[modifier | modifier le code]

L'armée napoléonienne du Premier empire (Grande Armée) comprend des unités d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie ainsi que des services de soutien (génie, transmissions, ravitaillement, santé…).

Infanterie[modifier | modifier le code]

L'infanterie constitue le gros des troupes de la Grande Armée. On en distingue trois types : l'infanterie de ligne, l'infanterie légère et l'infanterie de la Garde impériale.

Infanterie de ligne[modifier | modifier le code]

Chef de bataillon et colonel d'infanterie de ligne (Carle Vernet, La Grande Armée de 1812).

À l'époque napoléonienne, l'infanterie de ligne est l'infanterie de base qui constitue le gros des troupes. Le plastron des soldats de l'infanterie de ligne était blanc.

Les régiments d'infanterie de ligne étaient numérotés de 1 à 156 mais il y avait une vingtaine de numéros qui n'étaient pas attribués. La composition des régiments est variable. Elle est généralement de 2 à 4 bataillons, parfois 5 (mais ce cinquième bataillon était alors un bataillon de dépôt). Les bataillons de ligne comprenaient chacun six compagnies dont deux d'élite (une de grenadiers et une de voltigeurs) et quatre du centre (fusiliers). En bataille, la compagnie de voltigeurs est à gauche du reste du bataillon, les quatre compagnies de fusiliers sont au centre et la compagnie de grenadiers est à droite.

Une compagnie de fusiliers (à effectif complet) comprenait :

  • trois officiers : un capitaine (qui dirige la compagnie), un lieutenant et un sous-lieutenant ;
  • cinq sous-officiers : un sergent-major et quatre sergents ;
  • quatre-vingt-onze hommes de troupes : un caporal-fourrier, huit caporaux, quatre-vingts soldats, deux tambours.

Ces compagnies étaient rarement complètes. De plus, les compagnies d'élite avaient, organiquement, un effectif moindre.

Les compagnies de grenadiers de l'infanterie de ligne ne doivent pas être confondues avec les grenadiers de la Garde impériale. Si les premières sont l'élite de leur régiment, les secondes sont l'élite de l'armée. Malgré son appellation, le grenadier n'est plus, comme à son origine, un lanceur de grenades. Il est sélectionné parmi les soldats des compagnies du centre sur base de sa bravoure, de son ancienneté (minimum quatre ans de service) et de sa grande taille. Les grenadiers de l'infanterie de ligne ne portaient pas le bonnet à poil mais un shako plus haut et plus décoré que celui des autres compagnies. Ils portaient également des épaulettes à franges de couleur rouge.

Les compagnies de voltigeurs de l'infanterie de ligne n'ont été créées qu'en 1805 sur le modèle des voltigeurs de l'infanterie légère. En théorie, le voltigeur est un soldat capable de sauter en croupe d'un cavalier afin d'augmenter sa mobilité. Napoléon s'est toutefois opposé à cette pratique car il estimait qu'elle était incompatible avec l'exécution des missions de la cavalerie. Il souhaitait toutefois que les voltigeurs soient plus mobiles que les autres fantassins. Pour cela, ils devaient être équipés d'un fusil plus léger mais ce fut rarement le cas. Tout comme la compagnie des grenadiers, celle des voltigeurs était d'élite et la solde était aussi plus élevée. Les voltigeurs étaient généralement de petite taille. Ils portaient des cols de couleur jaune (chamois) et des épaulettes à franges vertes. Les voltigeurs avaient des cornets (petits cors de chasse) au lieu de tambours. Les voltigeurs pouvaient selon les circonstances agir comme éclaireurs ou protéger le flanc gauche du bataillon, le flanc droit étant défendu par les grenadiers.

Infanterie légère[modifier | modifier le code]

Officiers d'infanterie légère en costume d'hiver (Carle Vernet, La Grande Armée de 1812).

En théorie, l'infanterie légère est destinée à opérer dans les terrains difficiles (bois, traversée de cours d'eau, terrain montagneux) mais, de fait, elle est utilisée comme l'infanterie de ligne. Elle ne diffère de cette dernière que par l'appellation et l'uniforme. Son armement, son équipement, son entraînement et ses missions sont les mêmes. L'organisation est similaire à l'infanterie de ligne. La principale différence vestimentaire réside dans le plastron qui est bleu foncé dans l'infanterie légère alors qu'il est blanc dans l'infanterie de ligne. À noter que l'infanterie légère est capable de combattre en tirailleur. Elle est souvent placée en avant des bataillons de ligne lors des batailles. La formation en tirailleur fait d'elle une cible difficile pour les tirs ennemis (mousqueterie ou artillerie), alors que ceux-ci, qui se trouvent en « formation dense », sont très sensibles à son tir. En revanche, face à une charge de cavalerie, les tirailleurs ne peuvent pas opposer de résistance efficace.

Le nombre de régiments légers n'a, apparemment, jamais dépassé quarante. Chaque régiment comprend 2 à 3 bataillons (voire 5 pendant les Cent-Jours). Chaque bataillon comprend six compagnies dont deux d'élite (une de carabiniers et une de voltigeurs) et quatre du centre (chasseurs). En bataille, la compagnie de voltigeurs est à gauche, les quatre compagnies de chasseurs au centre et la compagnie de carabiniers à droite.

Les compagnies de chasseurs de l'infanterie légère ne doivent pas être confondues avec les chasseurs à pied de la Garde impériale.

Les carabiniers correspondent aux grenadiers de la ligne et portent également des épaulettes rouges. La haute taille n'est toutefois pas requise. Vu leur nom, les carabiniers devraient être armés d'une carabine mais ils ont généralement un fusil. Ils sont toutefois choisis parmi les tireurs les plus qualifiés de l'armée.

Les voltigeurs ont servi de modèle à leurs homonymes de la ligne puisqu'ils ont été créés un an auparavant, soit en 1804. Ils portent aussi les épaulettes vertes.

Infanterie de la Garde impériale[modifier | modifier le code]

L'infanterie de la Garde impériale est, par définition, destinée à la protection du souverain. De fait, elle constitue une réserve d'élite. À son apogée, elle comprenait des unités de type suivant : grenadiers, fusiliers, tirailleurs, chasseurs à pied et voltigeurs

Le 1er régiment de grenadiers et le 1er régiment de chasseurs à pied constituaient l’infanterie de la Vieille Garde qui était l’élite de la Grande Armée.

Pour faire partie des grenadiers de la Garde, il fallait avoir fait preuve de bravoure et beaucoup d’entre eux étaient décorés de la légion d’honneur. Il fallait également avoir une taille minimale de 5 pieds et 5 pouces (1,76 m) mais, vu le manque d’hommes grands, on trichait parfois de quelques centimètres. Un service minimum de 12 ans dans l’armée impériale était exigé pour appartenir au 1er régiment si bien que tous ces grenadiers portaient au moins un chevron d’ancienneté ; le premier étant obtenu au terme de 10 ans, le deuxième 15 et le troisième 20. La moyenne d’âge était de 35 ans. Les grenadiers portaient le bonnet à poil garni d’un triangle en laiton sur l’avant. Il était d’usage de porter la moustache et surtout, à chaque oreille, un anneau d’or. Les compagnies étaient fortes de 150 à 200 hommes.

Les chasseurs à pied constituaient l’autre unité d’infanterie de la Vieille Garde. Les critères de sélection étaient comparables à ceux des grenadiers, la taille excepté. À la différence des bonnets à poil des grenadiers, ceux des chasseurs ne portaient pas de pièce métallique. Les chasseurs à pied de la Garde impériale constituaient son infanterie légère. Le plus célèbre des chasseurs à pied de la Vieille Garde est certainement le général Cambronne, qui lâcha un « merde ! » lors de la défaite de Waterloo.
Les fusiliers et les unités étrangères de la Garde étaient regroupés dans la Moyenne Garde qui contenait aussi le reste des régiments de grenadiers et de chasseurs à pied de la Garde.

Les tirailleurs et les voltigeurs constituaient la Jeune Garde ; les premiers étaient le prolongement des grenadiers et les seconds des chasseurs à pied. Ces unités portaient le shako.

Cavalerie[modifier | modifier le code]

On distingue la cavalerie légère, la cavalerie de ligne et la cavalerie lourde. Un régiment de cavalerie avait un effectif de 800 à 1200 hommes mais suite aux pertes des combats, les effectifs pouvaient parfois être réduits de 30 %. Un régiment comprenait généralement 3 ou 4 escadrons. Chaque escadron était composé de deux compagnies commandées chacune par un capitaine. Le capitaine le plus ancien exerçait, en cumul, la fonction de chef d'escadron. Chaque compagnie avait un effectif de 3 officiers, 4 sous-officiers, 4 brigadiers, 74 cavaliers et une trompette. Ces chiffres variaient légèrement en fonction du type d'unité.

La robe des chevaux correspondait à l'escadron : noir pour le 1er (escadron d'élite), bai pour le 2e, alezan pour le 3e, gris pour le 4e.

Cavalerie légère[modifier | modifier le code]

La cavalerie légère à la fin de l'ère napoléonienne comprend les hussards, les chasseurs à cheval et les chevau-légers lanciers.

Les chevaux de la cavalerie légère avaient une taille de 149 à 153 cm.

La cavalerie légère était intégrée dans des divisions et des corps d'infanterie et, contrairement à la cavalerie lourde et à la cavalerie de ligne, ne faisait pas partie du corps de réserve de cavalerie. Elle attaquait les lignes ennemies par les flancs ou par derrière, de façon à créer la surprise, voire la panique, dans les rangs ennemis. Elle était aussi les « yeux » de l'armée, à elle les missions de reconnaissance. C'est aussi en général à elle que revient le rôle de poursuivre l'ennemi une fois que celui-ci bat en retraite (le meilleur exemple étant la « petite guerre des hussards » menée par Lasalle en 1806 à la suite de la victoire de Iéna).

La cavalerie légère de la Garde comprenait deux régiments de chevau-légers lanciers (les lanciers polonais et les lanciers rouges) et un régiment de chasseurs à cheval. Au sein de ce dernier se trouvait l'escadron de mamelouks, fort de 250 cavaliers ramenés de l'expédition d'Égypte et qui portaient un uniforme pittoresque. En 1813 furent créés trois régiments d'éclaireurs de la Garde.

Cavalerie de ligne[modifier | modifier le code]

On classe dans cette catégorie les lanciers et les dragons.

La cavalerie de ligne, comme la cavalerie lourde, était utilisée pour créer une faille dans les lignes ennemies et ainsi permettre aux unités d'infanterie de pénétrer à l'intérieur des rangs ennemis. Leurs chevaux avaient une taille comprise entre 153 et 155 cm. Les régiments de cavalerie de ligne appartenaient, pratiquement tous, au corps de réserve de cavalerie. Les dragons étaient normalement destinés à se déplacer à cheval et à combattre à pied. Les lanciers étaient armés de lances.

Le régiment des dragons de la Garde (aussi appelé « dragons de l'Impératrice ») constituait le seul régiment de cavalerie de ligne de la Garde.

Cavalerie lourde[modifier | modifier le code]

La cavalerie lourde de l'armée impériale est constituée par les cuirassiers, les carabiniers et les grenadiers à cheval.

Dans ces unités d'élite, les cavaliers étaient des hommes robustes tout comme leur monture dont la taille était fixée réglementairement entre 155 cm et 160 cm. La cavalerie lourde appartenait au corps de réserve de cavalerie.

On dénombre 14 régiments de cuirassiers. Ces unités sont destinées à créer la rupture dans une ligne défensive ennemie préalablement affaiblie par des tirs d'artillerie. Les cuirassiers peuvent aussi charger la cavalerie ennemie. Enfin, leur dernier rôle était de poursuivre l'armée ennemie lorsque celle-ci se repliait ou battait en retraite. Les cuirassiers montent des chevaux spécialement sélectionnés pour leur taille et leur puissance. Ils portent, comme l'indique leur nom une cuirasse. Cette protection en tôle de 3 mm d'épaisseur pèse 7 kg et protège le torse et le dos contre les coups de sabre. Elle n'arrête pas les balles de fusil. Le cuirassier porte un casque avec un cimier surmonté d'une houppette et avec, pour protéger la nuque, une longue crinière noire. Il est armé d'un long sabre droit, d'un pistolet et d'un mousquet. Ce dernier est souvent laissé à l'arrière.

On ne compte que deux régiments de carabiniers à cheval. Leurs missions sont similaires à celles des cuirassiers. Les carabiniers portent également, depuis 1810, une cuirasse mais de couleur jaune. Cette décision fut prise par Napoléon suite aux nombreuses pertes, en 1809, dues aux lances des uhlans autrichiens.

Le régiment de cavalerie lourde de la Garde était le régiment de grenadiers à cheval de la Garde. Ceux-ci, contrairement à leur nom, ne jetaient pas de grenades.

Artillerie[modifier | modifier le code]

Colonel et chef de bataillon d'artillerie (Carle Vernet, La Grande Armée de 1812).

Dans l'artillerie napoléonienne, on distingue trois types d'unité : la compagnie d'artillerie à pied, la compagnie d'artillerie à cheval et la compagnie du train. Certains auteurs utilisent l'appellation batterie plutôt que compagnie. Les compagnies d'artillerie à pied ou à cheval assurent la mise en œuvre des pièces (la mise en place des pièces, leur préparation pour le tir et le tir en lui-même) tandis que les compagnies du train sont en charge de leur transport.

  • Les compagnies d'artillerie à pied ont un effectif de 120 hommes (4 officiers, 10 sous-officiers et 106 hommes de troupe) et n'ont aucun cheval. La compagnie à pied met en œuvre 6 canons et 2 obusiers.
  • Les compagnies d'artillerie à cheval ont un effectif de 100 hommes (4 officiers, 10 sous-officiers et 80 hommes de troupe). Chaque homme dispose d'un cheval de selle. La compagnie à cheval met en œuvre 4 canons et 2 obusiers.
  • Les compagnies du train ont un effectif théorique de 141 hommes (1 officier, 14 sous-officiers, 126 hommes de troupe). Elles disposent de 20 chevaux de selle et de 230 chevaux de trait. Cette organisation a pour but de ne pas laisser les chevaux de trait trop près des pièces lors de la bataille.

Les pièces d'artillerie comprennent des canons dont le calibre peut être de 4, 6, 8 ou 12 livres et des obusiers de 5 ou 6 pouces. L'attelage d'un canon ou d'un obusier est de 4 chevaux de trait sauf pour le canon de 12 livres qui en requiert 6. Les caissons à munitions sont tirés par 4 chevaux. Généralement, 3 caissons à munitions sont prévus par pièce.

La Garde impériale disposait elle aussi d'une puissante réserve d'artillerie.

Services de soutien[modifier | modifier le code]

Les services de soutien de la Grande Armée, comme leur nom l'indique, apportent un soutien important et efficace aux autres unités de l'armée napoléonienne. On y trouve des ingénieurs, des officiers de santé, des estafettes, des commissaires des guerres…

Service de santé[modifier | modifier le code]

Cuirassier blessé quittant le feu en 1814 par Théodore Géricault.

Le service de santé de la Grande Armée comprend une poignée d'hommes de haute valeur, tant chirurgiens que médecins, comme Larrey (surnommé « la providence du soldat » mais malheureusement, un peu trop partisan de l'amputation), Percy ou Desgenettes, mais il souffre d'une pénurie de moyens incroyable, en grande part pour les mêmes raisons que celles qui marquent le ravitaillement général. Le peu de matériel existant relève non des officiers de santé, mais des commissaires des guerres de l'intendance, et cette absence d'autonomie paralyse l'organisation du transport des blessés.

L'évacuation des blessés a généralement lieu sur des brancards improvisés avec des fusils ou des brancards ; les compagnies d'infirmiers militaires ne verront le jour qu'après Wagram. Toutefois, dès le début de l'Empire, Larrey se préoccupe sérieusement du problème et conçoit des divisions d'ambulances volantes comprenant chacune 12 voitures légères, couvertes, bien suspendues et bien aérées, les unes à deux roues pouvant transporter deux blessés allongés, les autres à quatre roues capables d'emporter quatre blessés. À côté de ces ambulances de Larrey vont apparaître les « caissons de Wurtz », préconisés par Percy, qui sont de grands coffres roulants très maniables, tractés par six chevaux et contenant les moyens de secours pour 1200 blessés, avec quatre chirurgiens et aides, montés à califourchon sur le coffre pendant les déplacements. Mais ce matériel si utile, réalisé en trop petite quantité, restera la plupart du temps au seul service de la Garde impériale.

L'organisation théorique n'est pourtant pas mauvaise. On y trouve :

  • des divisions d'ambulances volantes, qui sont affectées aux divisions d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie et qui s'occupent du ramassage des blessés de leur division, de leur transport vers les dépôts d'ambulance (ou à défaut vers les églises ou les monastères les plus proches), ainsi que de l'enterrement des morts ;
  • des dépôts d'ambulance, qui sont des hôpitaux temporaires divisés en hôpitaux de ligne (répartis sur trois lignes de plus en plus éloignées du champ de bataille, ils reçoivent les blessés des ambulances) et en hôpitaux spéciaux (pour les galeux et les vénériens) ;
  • et enfin, des dépôts de convalescence (pour les soldats convalescents).

Chaque régiment est assisté d'un chirurgien-major, de 4 à 5 aides-chirurgiens et de plus, dans la cavalerie, d'un vétérinaire. Mais, en dehors de la Garde impériale, ces praticiens sont en majorité des opérateurs empiriques ou représentent le rebut de la médecine, et pour tous les soins d'urgence, ils n'ont sous la main pour chaque régiment qu'un caisson contenant 54 kg. de linge à pansements, 12,5 kg. de charpie et une caisse d'outils à amputation.

En arrière de la ligne de combat, lorsque les dépôts d'ambulance de la Grande Armée sont débordés ou pleins, les blessés sont acheminés soit dans les hôpitaux des pays occupés, soit à défaut, dans les couvents ou les églises. Ce sont alors en majeure partie des médecins allemands, voire de nationalité ennemie (prussiens ou autrichiens) qui prodiguent leurs soins, presque toujours avec un grand dévouement et parfois même avec un désintéressement qui les rendront dignes d'éloges. Les conditions d'hygiène y sont généralement lamentables et les épidémies de typhus et de dysenterie y tuent plus que la mitraille sur le champ de bataille.

Génie[modifier | modifier le code]

La Grande Armée a toujours eu besoin d'ingénieurs militaires de différents types :

  • les constructeurs de ponts de la Grande Armée, les pontonniers, avaient une part importante dans la machine militaire de Napoléon. Leur rôle premier était de faire passer des troupes de l'autre côté d'un obstacle d'eau. Souvent, Napoléon leur a permis de construire des ponts pour permettre à une partie de son armée de déborder les positions ennemies en traversant la rivière, au moment où les ennemis s'y attendent le moins. Ils ont aussi, dans le cadre de la désastreuse retraite de Russie, sauvé l'armée de l’annihilation à la Bérézina. Napoléon connaissait la valeur de ses pontonniers et en avait formé 14 compagnies, toutes sous le commandement d'un brillant ingénieur, le général Jean Baptiste Eblé. Leur formation difficile, leur équipement spécial et leurs outils leur permettaient de construire rapidement les différentes parties d'un pont. Ensuite, ils les assemblaient et mettaient le pont en place. Tout le matériel, les outils et les pièces restantes (les parties d'un pont quand elles étaient réutilisables) étaient acheminés par des wagons. S'ils n'avaient pas de pièces déjà fabriquées, ils pouvaient en faire en utilisant les forges mobiles à cheval des pontonniers. Une simple compagnie de pontonniers peut construire un pont de plus de 80 arches en sept heures. La travée mesurait alors de 120 à 150 mètres de longueur, ce qui représente un exploit impressionnant ;
  • en plus des pontonniers, on trouvait aussi des compagnies de sapeurs, chargées de détruire les fortifications ennemies. Ils étaient utilisés moins souvent dans leur rôle théorique que les pontonniers, car l'Empereur a appris, pendant ses premières campagnes (notamment lors du siège de Saint-Jean-d'Acre), que les sapeurs sont meilleurs quand il s'agit de contourner des fortifications isolées, et même, si possible, de directement les attaquer (assaillir des forteresses, monter à l'assaut sur des échelles, saper les murs ennemis…).

Les différents types de compagnies d'ingénieurs étaient regroupées dans les bataillons et les régiments formant le Génie (le mot génie signifiait au départ « ingénieur » en argot). Ce nom, employé comme il l'est aujourd'hui est un jeu de mot et une référence à leurs capacités apparemment magiques (tout comme le mythique et légendaire « génie de la lampe »).

Logistique[modifier | modifier le code]

La ration quotidienne des repas par homme est de 750 g de pain, 550 g de biscuits, 250 g de viande, 30 g de riz, 60 g de légumes secs, un litre de vin pour 4 hommes. Lorsque les soldats sont en caserne, la logistique est assurée mais lorsqu'ils sont en campagne, ils démontent les villages pour construire leurs abrivents et se livrent à la maraude[12]. Des femmes les accompagnent pendant leurs campagnes : lavandières, vivandières et cantinières qui doivent avoir des patentes[7].

Les grades (ou rangs) dans la Grande Armée[modifier | modifier le code]

Officiers généraux[modifier | modifier le code]

  • maréchal d'Empire (il s'agit d'une dignité) ;
  • colonel-général (il s'agit d'une dignité) ;
  • général en chef (grade supprimé en 1812) ;
  • général de division, ou lieutenant-général (ce dernier grade existant seulement lors des Cent-Jours) ;
  • général de brigade, ou maréchal de camp (ce dernier grade existant seulement lors des Cent-Jours) ;
  • adjudant-commandant (grade existant seulement dans les états-majors).

Officiers supérieurs[modifier | modifier le code]

  • colonel ;
  • major ;
  • chef de bataillon (infanterie), ou chef d'escadron (cavalerie et artillerie).

Officiers subalternes[modifier | modifier le code]

  • capitaine-adjudant-major (c'est une fonction plus qu'un grade, il est adjoint du major) ;
  • capitaine ;
  • lieutenant ;
  • sous-lieutenant.

Sous-officiers[modifier | modifier le code]

  • adjudant ;
  • sergent-major, ou maréchal des logis-chef ;
  • sergent, ou maréchal des logis.

Soldats[modifier | modifier le code]

  • caporal-fourrier, ou brigadier-fourrier ;
  • caporal, ou brigadier ;
  • soldats des compagnies d'élite : grenadier, chasseur, voltigeur, tirailleur, etc. (infanterie) ; dragon, chasseur, chevau-léger (cavalerie) ; canonnier, artilleur, pontonnier (artillerie) ; ou sapeur, mineur (génie); conducteur (train).

Les hussards, les carabiniers et les cuirassiers sont d'office des soldats d'élite.

  • soldats des autres compagnies : fusilier, chasseur (infanterie) ; dragon, chasseur, chevau-léger (cavalerie) ; artilleur, canonnier, pontonnier (artillerie) ; sapeur, mineur (génie) ; conducteur (train) ;
  • tambour, sonneur (infanterie légère), clairon, musicien.

De plus, tous les soldats de la Garde impériale ont préséance sur les soldats de rang équivalent des autres corps. Ainsi un chasseur d'un régiment de chasseurs à pied de la Garde équivaut à un caporal de l'infanterie légère.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adrien Pascal, Bulletins de la Grande Armée, Lesage,‎ 1841, 495 p. (lire en ligne)
  2. D. et B. Quintin, La tragédie d'Eylau. Dictionnaire des morts au combat, Archives et Culture,‎ 2006, 500 p.
  3. Source : "Correspondance militaire de Napoléon Ier, extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du ministère de la guerre, Tome cinquième, Paris - 1876, no 1070, lien : http://www.institut-strategie.fr/N_5_16.html On peut noter que dans le volume 17 de la Correspondance de Napoléon Ier, Editions Plon, 1868 (p. 549), ce décret est intitulé "Décret portant organisation de l'armée du Rhin" seulement.
  4. a, b et c Exposition « Des aigles et des hommes - Sur les traces de la Grande Armée » proposée par le Service historique de la Défense, château de Vincennes, du 29 novembre 2012 au 24 février 2013.
  5. http://www.histoire-empire.org/correspondance_de_napoleon/1809/avril_01.htm
  6. Correspondance générale - Tome 12: La campagne de Russie, 1812 Par Fondation Napoléon - http://books.google.fr/books/about/Correspondance_g%C3%A9n%C3%A9rale_Tome_12.html?id=toua1U8uORQC&redir_esc=y
  7. a et b Les soldats de Napoléon émission Deux mille ans d'Histoire de France Inter le 27 octobre 2010
  8. Napoléon dit à ce propos : « Le meilleur soldat n'est pas tant celui qui se bat mais celui qui marche. »
  9. Louis Madelin, Histoire du Consulat et de l'Empire, Robert Laffont,‎ 2003 (ISBN 2-221-91331-0), p. 151
  10. Jérôme Croyet, Soldats de Napoléon, l'épopée racontée par ceux qui l'ont faite, Editions Gaussen, 2010
  11. « 1812 - La campagne de Courlande », sur Les Auchitzky de Bordeaux (consulté le 1er novembre 2011)
  12. Seul le Maréchal Suchet veillera à ce que cela soit vraiment interdit

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Baldet, La Vie quotidienne dans les Armées de Napoléon, Hachette, 1964
  • Jean-Claude Damamme, Les Soldats de la Grande Armée, Perrin, 1998, (ISBN 2-262-01862-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]