Syrie
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République arabe syrienne
الجمهوريّة العربيّة السّوريّة (ar)
Al-Jumhūriyyah al-‘Arabīyyah as-Sūriyyah (ar)
Drapeau de la Syrie. |
Armoiries de la Syrie. |
| Devise nationale | Arabe : Wahda, Houriya, Ishtirakiya Français : Unité, Liberté, Socialisme |
|---|---|
| Hymne national | Homat el Diyar |
| Forme de l'État | République |
|---|---|
| Président | Bachar el-Assad |
| Premier ministre | Wael al-Halki |
| Langues officielles | Arabe |
| Capitale | Damas
|
| Plus grande ville | Damas |
|---|---|
| Superficie totale | 185 180 km2 (classé 86e) |
| Superficie en eau | 0,06 % |
| Fuseau horaire | UTC +2 |
| Indépendance | De la France |
|---|---|
| 17 avril 1946 |
| Gentilé | Syrien(ne) |
|---|---|
| Population totale (2011) | 20 820 300[1] hab. (classé 51e) |
| Densité | 120 hab./km2 |
| PIB nominal (2010) | 59 147 033 452$ (67) |
|---|---|
| IDH (2009) | |
| Monnaie | Livre syrienne (SYP) |
| Code ISO 3166-1 | SYR, SY |
|---|---|
| Domaine Internet | .sy |
| Indicatif téléphonique | +963 |
La Syrie, ou plus exactement la République arabe syrienne, en arabe Sūriyyah, سوريا et Al-Jumhūriyyah al-‘Arabīyyah as-Sūriyyah, الجمهورية العربية السورية, est un pays arabe du Proche-Orient situé sur la côte orientale de la Méditerranée : le bassin Levantin.
Jusqu'au XIXe siècle, la Syrie se nomme Bilad al-Cham (بلاد الشام). Cette région fut un temps regroupée, comprenant la Syrie actuelle, le Liban actuel, la Jordanie actuelle et la Palestine. Durant l'Antiquité, ces pays étaient distinctement la Phénicie, la Palestine, l'Assyrie et une partie de la Mésopotamie occidentale.
De février 1958 à fin septembre 1961, l'Égypte et la Syrie s'unissent brièvement dans la République arabe unie, jusqu'au coup d'État du général Haydar al-Kouzbari.
En 1970, après une série de dictatures militaires instables, Hafez el-Assad, alors ministre de la Défense, prend le pouvoir par un nouveau coup d'État. Son régime fortement autoritaire, structuré autour d'un parti unique, le Baas, a mis en place un contrôle de l'ensemble de la vie politique syrienne. Il est responsable du massacre de Hama.
À sa mort en 2000, son fils, Bachar, lui succède et maintient le régime instauré par son père, avec un certain relâchement des libertés en début de mandat[3]. Début 2011 se déclenche la Guerre civile syrienne dans le cadre du printemps arabe[4] qui se prolonge en 2012 puis 2013, faisant plus de 70 000 morts (bilan fin février 2013)[5] selon l'OSDH, organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestées[6].
Sommaire |
Étymologie [modifier]
L’origine du nom « Syrie » n'est pas certaine. Il pourrait venir du grec ancien et désignerait à l’origine la terre d’Aram, mais Hérodote y voyait plutôt une forme abrégée d’Assyrie, tandis que les historiens modernes le font remonter à divers toponymes locaux.
Il apparaît pour la première fois en grec et n’a pas d’antécédents identifiables, ni dans la forme ni pour le contenu, dans les textes pré-hellénistiques. Bien établi dans l’usage officiel romain et byzantin, il disparaît au VIIe siècle avec la conquête musulmane, mais continue à être utilisé en Europe.
Dans le monde arabo-musulman, la région autrefois appelée « Syrie » portait le nom de Sham (شام) qui était aussi celui de sa capitale, Damas.
Le nom « Syrie », en arabe Sūriyyah (سوريا), était inconnu jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle où il ressurgit sous l’influence européenne.
En 1865, il devient le nom officiel d’une province, celle du vilayet de Damas. C’est après l’établissement du mandat français en 1920, qu’il désigne l’État syrien actuel[7].
Histoire [modifier]
Les archéologues ont démontré que la Syrie accueillait l’une des plus anciennes civilisations [8] et l’un des plus anciens peuples du monde antique (les Amorrites ).
Dans la ville excavée d’Ebla, dans le nord-est de la Syrie, les archéologues ont découvert en 1975 les vestiges d’un grand empire sémite, qui va du nord de la mer Rouge à la Turquie et jusqu'en Mésopotamie dans sa partie orientale.
Cet empire remontant de 2500 à 2400 ans av. J.-C. fait de la langue d’Ebla la langue sémitique la plus ancienne. La Syrie compte d’autres grands sites archéologiques comme Mari où fut retrouvé un code comparable à celui d'Hammourabi à Babylone, Ougarit et Doura Europos.
La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu'au Liban, les conditions d'une future indépendance politique.
La Syrie est un pays significatif dans l’histoire du christianisme. Paul de Tarse, le futur saint Paul, a été converti au christianisme sur la route de Damas, et a établi une Église d’abord à Antioche en Syrie antique (aujourd’hui en Turquie). C’est de ce port qu’il est parti pour plusieurs de ses voyages de mission.
Damas a été fondée au IIIe millénaire av. J.-C.[9] ; c'est une des villes les plus anciennes du monde et elle a été habitée sans interruption (comme Vârânasî et Jéricho). Après l’arrivée des conquérants musulmans, Damas est devenue la capitale de l’Empire omeyyade, et a atteint un prestige et une puissance encore inégalés dans l’histoire syrienne. Cet empire s’étendait de l’Espagne à l’Asie centrale (661 à 750 apr. J.-C.). Après la chute des Omeyyades, un nouvel empire fut créé à Bagdad, l’Empire abbasside. En 1260, Damas est devenue la capitale provinciale de l’empire des Mamelouks. En 1400, la ville fut détruite en grande partie par Tamerlan : Damas a été presque entièrement incendiée, et les artisans Damascènes furent enlevés pour travailler à Samarcande. Une fois reconstruite, Damas a servi de capitale jusqu’en 1516. En 1517, la ville et le pays tombent sous occupation ottomane. Les Ottomans régnèrent sur le pays pendant plus de 400 ans jusqu'en 1918, excepté la brève période où l’Égyptien Ibrahim Pacha occupa le pays de 1832 à 1840.
Mandat français [modifier]
Le pays se libéra de l’occupation ottomane après la Révolte arabe, les forces arabes entrèrent à Damas en 1918. Un royaume arabe syrien indépendant fut alors créé, Fayçal, issu de la famille hachémite, frère d’Abd Allah ibn Hussein, en sera le premier et dernier roi.
En effet, l’indépendance du royaume cessera après l’occupation du pays par les forces françaises en 1920. Après la bataille de Maysaloun en juillet 1920, la colonne du général Goybet, entra à Damas. Les Français imposèrent leur mandat dans le pays, ce qui entraîna l’exil de Fayçal en Irak. La France et le Royaume-Uni, qui se disaient alliés des forces arabes de Fayçal, s’étaient mis d’accord pour se partager le Proche-Orient.
Après l’accord Sykes-Picot, les Français et les Britanniques se répartissent administrativement les territoires de l'Empire ottoman déchu, créant artificiellement des pays distincts. L’accord met fin à la Syrie historique, Bilad al-Cham, qui comprenait la Syrie actuelle, le Liban, la Jordanie, la Palestine (actuels territoires palestinien et israélien). La période du mandat voit la montée du nationalisme et de la révolte contre l’armée française.
Après la défaite de la France en Europe lors de la campagne de France en juin 1940, ce sont les Britanniques, et les Forces françaises libres, qui prennent le contrôle du pays (campagne de Syrie, juin-juillet 1941) redonnant le pouvoir à la France libre. Les Syriens continuent à réclamer le départ des Français, avec l’appui des Britanniques. L’indépendance de la Syrie s'ensuivra en 1946.
Indépendance [modifier]
Les premiers pourparlers entre Français et Syriens en vue de la rédaction d’un traité d’indépendance avaient débuté en septembre 1936. Mohammad Al-Abid, premier président syrien du mandat français, incarne alors dans le pays l'empreinte de la France, mais celle-ci ne continue pas la négociation du traité et maintient sa présence dans le pays jusqu’en 1946. Quand une semi-indépendance est accordée aux syriens et aux libanais, en 1943 sous la conduite du général Catroux, Haut-commissaire au Levant nommé par le général de Gaulle en 1941, Shukri al-Kuwatli est élu Président de la République.
Après l’indépendance définitive du pays en 1946, Hachem al-Atassi devient le premier Président de la République Syrienne.
Coup d’État de Chichakli [modifier]
Après la guerre israélo-arabe de 1948, le colonel Husni al-Za'im procède à un coup d'État en mars 1949, mettant fin au système parlementaire syrien. Antoun Saadé, le président-fondateur du PSNS doit fuir le Liban où il a été condamné à mort et se réfugie en Syrie où le colonel Zaim lui promet protection. Toutefois, quelques mois plus tard Zaim livre Saadé aux autorités libanaises et ce dernier est fusillé. Après sa trahison, Zaim est lui-même victime d'un coup d'État en août 1949 lorsque le colonel Sami al-Hinnawi, membre du PSNS, arrête le colonel Zaim et le fait exécuter. La femme de Saadé reçoit une lettre d'al-Hinnawi lui indiquant que la mort de son mari a été vengée.
En décembre 1949, Al-Hinnawi est renversé par un troisième coup d'État, mené par Adib Chichakli. Il se proclame président de la République en 1951 et dissout le Parlement la même année. Les États-Unis et le Royaume-Uni portent un intérêt considérable à Chichakli ; les Britanniques espèrent même l'amener à adhérer au pacte de Bagdad. Les Américains, dans l’espoir qu’il signe un traité de paix avec Israël, lui offrent par ailleurs une aide étrangère considérable.
Mais en contrepartie, les États-Unis voudraient que le gouvernement syrien fasse des réfugiés palestiniens des Syriens à part entière : durant les négociations entre les États-Unis et la Syrie en 1952, le gouvernement américain va jusqu'à proposer la somme de 400 millions de dollars pour intégrer dans le pays - dans les plaines fertiles de Djézireh - 500 000 Palestiniens.
Or certains partis politiques syriens - le Parti socialiste arabe d’Akram Hourani, ou encore le parti Baas de Michel Aflaq - s’en prennent violemment à cette proposition, qui représente à leurs yeux, purement et simplement, la vente du droit au retour des Palestiniens. Avec l’alliance entre le Parti socialiste d’Hourani et le parti Baas d’Aflak, le nouveau parti Baas arabe socialiste tente ainsi, en 1952, de renverser Chichakli. Devant l’agitation, Chichakli refuse l'accord avec les États-Unis.
République arabe unie [modifier]
Les civils reprennent le pouvoir en 1954, après le renversement du président Chichakli. Mais une grande instabilité politique régnait alors dans le pays, le parallélisme des politiques syriennes et égyptiennes et l’appel à l’union du président égyptien Gamal Abdel Nasser à la suite de la crise du canal de Suez en 1956 a créé des conditions favorables à l’union entre l’Égypte et la Syrie.
Le 1er février 1958, l'Égypte et la Syrie s’unissent, créant la République arabe unie, ce qui entraîne, de facto, l’interdiction des partis politiques syriens.
Mais l’union cesse rapidement d’exister. Le général Haydar al-Kouzbari fait un coup d’État le 28 septembre 1961, la Syrie faisant sécession, et rétablit la République arabe syrienne.
République arabe syrienne [modifier]
Les dix-huit mois suivants seront marqués par une grande instabilité politique, avec divers coups ou tentatives de coup d’État. Le 8 mars 1963, un nouveau coup d’État a lieu, installant le Conseil national de commande révolutionnaire au pouvoir, avec à sa tête Amin al-Hafez. Ce conseil est constitué d’un groupe de militaires et de civils, tous socialistes, qui ont assumé les fonctions exécutives et législatives. Le coup d’État est l’œuvre du parti Baas, et la majorité des membres de ce conseil étaient membres du Baas.
Gouvernement baassiste [modifier]
À quelques mois d’intervalle, le parti Baas procèda également à un coup d’État en Irak. Le gouvernement syrien réfléchit, à nouveau, à l'éventualité d'une union entre l’Égypte, l’Irak et la Syrie. Un accord fut signé au Caire le 17 avril 1963, pour mettre en œuvre un référendum sur l’union qui devait se tenir en septembre 1963. Mais des désaccords sérieux entre les trois partis apparurent rapidement, et finalement le projet d’union fut abandonné. En mai 1964, le président Amin al-Hafez promulgue une constitution temporaire prévoyant l’établissement d’un Conseil national de la révolution (CNR), des parlementaires désignés composés de travailleurs, de paysans et de syndicalistes.
Le 23 février 1966, un groupe de militaires, toujours issus du parti Baas, avec à leur tête Salah Jedid, réussit à renverser le gouvernement d’Amin al-Hafez. Celui-ci est emprisonné. Le nouveau gouvernement dissout le CNR, abroge la Constitution, et chasse les fondateurs historiques du parti Baas de Syrie (Michel Aflaq, Salah al-Din al-Bitar et Akram Hourani), ce qui leur permet d’avoir une politique régionaliste et non plus panarabe comme le voulait le parti Baas. Les chefs du coup d'État parlent alors de « rectification » des principes du parti. Mais la guerre des Six Jours, perdue par les Égyptiens et les Syriens, affaiblit du même coup le gouvernement de Salah Jedid. Le 13 novembre 1970, le ministre de la Défense Hafez el-Assad procéde à un coup d’État. Déposant Salah Jedid, il devient grâce à sa « révolution corrective » le nouveau premier ministre, et l’homme fort de la Syrie.
Conflit syrien de 2011-2013 [modifier]
Depuis le début de l'année 2011, la Syrie traverse une grave crise politique et sociale qui dégénère finalement en une guerre civile opposant (liste non exhaustive) République arabe syrienne, armée régulière syrienne, milices baasistes chabiha, gardiens de la révolution islamique iraniens[10][11], FPLP-CG palestinien, brigade Abou Fadel[12], quelques éléments du PKK[13] et du Hezbollah avec des soutiens russes, chinois, vénézuéliens, irakiens contre le CNFOR, l'armée syrienne libre, les libyens des Brigade de Tripoli[14] et le Hamas, les Jihadistes d'Al-Nostra, Ahrar al-Sham, Ghouraba Al-Sham et Fatah al-Islam[15], en partie bénéficiaires du soutien de la Turquie, du Qatar et de l'Arabie Saoudite, et d'un soutien diplomatique des États-Unis[16], de l'Allemagne[17], de la France[18] et du Royaume-Uni[19].
La vague de protestations populaires dans le monde arabe atteint la Syrie, où les événements ont causé la mort de près de 25 000 personnes (17 281 civils, 1 051 déserteurs (rebelles) & 9 000 soldats (régime syrien)) au 23 août 2012 selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme -organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestés car son origine même provient du Qatar et des pays occidentaux[6].- notamment à Deraa, Homs et Hama[20] qui devient le centre de la contestation. Dés le 15 mars 2011, le président Bachar el-Assad ordonne à l'armée de repousser les manifestants dans tout le pays[21].
Dès le mois d'avril 2011, la situation se dégrade et l'armée commence à réprimer les rebelles islamistes (appelés ainsi depuis cette date). Chaque vendredi, les rebelles sont la cible des troupes loyales à Bachar el-Assad, à tel point que les Nations unies citent, mi-décembre 2011, plus de 5 000 morts et plus de 14 000 opposants détenus, alors que 12 000 personnes fuient le pays[22].
La communauté internationale peine cependant à se mettre d'accord sur les mesures à prendre, notamment en raison des réticences russe et chinoise[22] suite notamment au précédent libyen, tandis qu'une opposition syrienne s'organise, et que des défections se multiplient au sein même de l'armée, laissant redouter une guerre civile[23].
Le massacre de Houla, localité située à quelques kilomètres au nord de Homs imputé à l'armée syrienne par le conseil de sécurité de l'ONU[24] le 25 mai 2012, est qualifié comme crime de guerre par une commission d'enquêteurs des droits de l'homme des Nations Unies et rapporte meurtres et actes de torture[25]. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung quant à lui, impute le massacre à l'Armée syrienne libre[26]. L'auteur reviendra par la suite sur son article, rappelant que d'autres journaux avaient rapporté des témoignages similaires[27]. Cinq mois après les faits, le témoignage de Ziyad Madani, à l'époque directeur de la police du district de Houla, vient encore conforter la responsabilité du régime de Bachar Al-Assad dans le massacre[28]. Les médias officiels syriens quant eux, ont relevé 17 morts imputés aux djihadistes quand l'ONU fait état de 300 blessés, 108 morts dont 25 hommes, 34 femmes et 49 enfants[29].
À la suite de l'attentat du 18 juillet 2012 à Damas qui tue 3 hauts responsables du gouvernement, plusieurs offensives rebelles d'ampleur sont lancées, notamment sur Damas et Alep, avant que les forces du régime n'entament une contre-offensive[30]. Le 6 août 2012, le Premier ministre syrien Riad Hijab, sunnite, est démis de ses fonctions, deux mois seulement après sa nomination et fait défection pour rejoindre le camp des insurgés[31].
Du fait de ces conflits, des milliers de réfugiés ont dû se cacher. À l'automne 2012, on estime que plus d'un million et demi de personnes sont des réfugiés de l'intérieur, et des centaines de milliers (300 à 400 000) ont fui en dehors du pays. En Jordanie, par exemple, on compte 105 à 200 000 réfugiés, en Turquie 88 000, au Liban 80 000 et en Irak 29 000.( Alternatives Internationales janvier 2013 ; sources : HCR, FMI )
Politique [modifier]
Officiellement, la Syrie est une république parlementaire. Les Syriens sont régulièrement appelés aux urnes. L’ancien président syrien, Hafez el-Assad, chef de l’État de 1970 à sa mort en 2000, a été confirmé dans ses fonctions de chef de l’État par cinq référendums successifs. Le président actuel est Bachar el-Assad, qui a succédé à son père le 17 juillet 2000. Lui aussi a été officiellement élu par référendum en 2000.
Hafez el-Assad a pris le pouvoir après un coup d'État en 1970, après avoir déposé Salah Jedid, il devient l’homme fort de la Syrie. Hafez el-Assad est, après le roi Hassan II du Maroc, le chef d’État arabe qui est resté le plus longtemps au pouvoir. Cette longévité provient essentiellement du fait qu’il était soutenu par des minorités religieuses, dont la minorité religieuse alaouite. Il est aussi soutenu par beaucoup de fermiers et par les Syriens vivant dans les milieux ruraux. L’expansion de la bureaucratie a créé une classe moyenne qui reste fidèle au gouvernement. Mais l’essentiel de sa puissance venait de l’armée syrienne et de son appareil de sécurité.
Un autre facteur de son maintien au pouvoir est le nationalisme, dont entre autres les conflits qui l’opposaient et opposent la Syrie aux États-Unis, à Israël et à l’Irak de Saddam Hussein.
Avec l’arrivée au pouvoir de Bachar el-Assad en juillet 2000, les Syriens et en particulier les militants pour les droits de l’homme ont espéré une certaine libéralisation du pays ; c’est ce qu’on a appelé le printemps de Damas.
- Ce premier 'printemps' ne dure pas longtemps, il se termine en février 2001, lorsque les services de sécurité gèlent l'activité des forums intellectuels, culturels et politiques, et avec la poursuite des militants pour les droits de l'homme et leur emprisonnement. Dans cette courte période de 6 mois, le printemps de Damas aura vu des débats politiques et sociaux intenses, d'une part, et d'autre part il a conservé un écho qui sonne dans les débats politiques, culturels et intellectuels jusqu'en 2011.
C'est en 2011, dans la foulée du printemps arabe, que se déclenche la guerre civile syrienne, qui confronte le système baasiste à sa plus grave remise en cause depuis son avènement.
Institutions [modifier]
Armée [modifier]
D’après le site de statistiques Nationmaster, la Syrie se trouve au 13e rang mondial pour les effectifs militaires et au 5e rang mondial[32] pour les effectifs militaires par tête (2008).
FNP et parti Baas [modifier]
L'ancienne constitution syrienne investit le parti Baas des fonctions nécessaires pour conduire l’État et la société. Celle-ci a été abrogée par la nouvelle constitution de février 2012.
8 partis politiques ont été légalisés dans le pays, ils font en réalité tous partie du Front national progressiste, dominé par le parti Baas. En plus de celui-ci, en sont membres : le Mouvement des socialistes arabes, le Parti communiste tendance Bagdash, le parti communiste tendance Faysal, le Parti social-nationaliste syrien (Grand-syrien), l’Union socialiste arabe (nassérienne), l’Union démocratique arabe (nassérienne), Le Parti unioniste socialiste (nassérien) et le parti unioniste socialiste démocratique (nassérien).
Présidence [modifier]
La constitution confère par ailleurs de larges compétences au président.
Celui-ci est officiellement élu après un référendum pour un mandat de sept ans. En plus d’exercer la charge de chef de l’État, il est le secrétaire général du parti Baas et le chef du Front national progressiste, qui regroupe toutes les organisations politiques légales.
Le président peut nommer les ministres, déclarer la guerre et l’état d'urgence. Il a aussi le pouvoir d’amnistie, il peut modifier la Constitution et nommer les fonctionnaires et le personnel militaire.[réf. nécessaire]
C’est avec le Front national progressiste que le président peut décider des questions de relations internationales, c’est aussi le FNP qui approuve la politique économique de l’État[réf. nécessaire]. Le FNP se veut aussi officiellement un 'forum d’idées' dans lequel la politique économique et l’orientation du pays seraient débattues.
Gouvernement et députés [modifier]
Chacune des trois branches du gouvernement est guidée par les objectifs du parti Baas, dont l’importance dans les institutions d’État est assurée par la constitution.
C’est la même chose pour le parlement, le Conseil du peuple (Majlis al-Sha'ab).
Les députés sont élus pour une durée de quatre ans, mais le Conseil n’a aucune autorité indépendante. Bien que les parlementaires puissent critiquer des lois et modifier des projets de loi, ils ne peuvent pas faire de proposition de loi, et les décisions finales sont prises par la branche exécutive.
Revendications territoriales [modifier]
En plus des territoires contrôlés par la Syrie, le pays revendique un certain nombre de territoires frontaliers contrôlés par des pays étrangers voisins :
- le plateau du Golan, région du sud-ouest de la Syrie occupée par Israël suite à la guerre des Six Jours de 1967 et annexée par l’État israélien le 14 décembre 1981. L'annexion de cette région formant pour les Syriens l'essentiel du gouvernorat de Qouneitra (capitale : Qouneitra), a été condamnée par le Conseil de sécurité des Nations unies et n’a jamais été reconnue par la communauté internationale ;
- le Hatay, indépendant en 1937-1938 sous le nom d'État du Hatay puis rattachée à la Turquie en 1939.
Subdivisions [modifier]
La Syrie est divisée en quatorze gouvernorats, ou muhafazat (singulier : muhafaza), portant chacun le nom de leur chef-lieu. Les gouverneurs sont proposés par le ministère de l’Intérieur au gouvernement, lequel annonce leur nomination par décret exécutif. Dans ses fonctions, le gouverneur est assisté par un conseil provincial élu. Une partie du gouvernorat de Quneitra est sous occupation israélienne depuis 1967 (voir Golan). Le Golan est un des principaux sujets de discorde entre Israël et la Syrie. Ce dernier le considère comme territoire syrien occupé, alors qu'Israël le considère comme annexé.
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Géographie [modifier]
L’essentiel du territoire syrien est constitué par un vaste plateau calcaire (hamada) surmonté de quelques anciens reliefs volcaniques (djebel druze), et traversé au nord-est par le fleuve Euphrate.
La Syrie est un pays majoritairement aride, en particulier à l’intérieur et dans la partie orientale. Le niveau de pluviométrie moyen est de 318 mm par an mais tombe à moins de 150 mm dans le Nord-Ouest, contre plus de 800 mm à proximité de la côte et près de 1 400 dans les montagnes. Le pays est en dessous du niveau du seuil de pénurie puisque la ressource par habitant s’établit à 947 m3 par an (le seuil de stress hydrique est généralement fixé à 1 700 m3 par an et par habitant et le seuil de pénurie à 1 000 m3). La Syrie reçoit de plus son eau des pays voisins : 50 % des réserves proviennent de Turquie, 20 % du Liban. Autre facteur inquiétant, l’exploitation des nappes phréatiques dépasse leur capacité de renouvellement. La Syrie exploite ainsi aujourd’hui plus de 50 % des ressources renouvelables, alors que le seuil maximum communément admis est de 30 %. Le nord-est du pays (« Djézireh ») et le sud (« Hawran ») sont des zones agricoles importantes.
La Syrie connaît un climat tempéré composé de quatre saisons. La température moyenne estivale atteint les 32 °C et la température moyenne hivernale est de 10 °C. Au printemps et en automne la moyenne des températures est de 22 °C. L’horaire d’hiver prend effet du mois de novembre au mois de mars (+ 2 heures GMT). L’horaire d’été est appliqué du mois d’avril au mois d’octobre (+ 3 heures GMT).
Villes [modifier]
Les principales villes du pays incluent Damas dans le Sud-Ouest, Alep dans le Nord, et Homs. Les autres villes importantes sont situées pour la plupart sur la côte.
| Principales villes de Syrie | |||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| N° | Nom | Pop. Cens. 1981[33] | Pop. Cens. 2004[33] | Gouvernorat | N° | Nom | Pop. Cens. 1981[33] | Pop. Cens. 2004[33] | Gouvernorat | ||
| 1. | Alep | 1 693 000 | 2 132 100 | Alep | 11. | Tartous | 52 589 | 115 769 | Tartous | ||
| 2. | Damas | 1 500 000 | 6 500 000 | Damas | 12. | Jaramana | 64 305 | 114 363 | Rif Dimaschq | ||
| 3. | Homs | 900 492 | Homs | 13. | Duma | 51 337 | 110 893 | Rif Dimaschq | |||
| 4. | Lattaquié | 196 791 | 650 000 | Lattaquié | 14. | Manbij | 30 812 | 99 497 | Alep | ||
| 5. | Hama | 177 208 | 550 000 | Hama | 15. | Idlib | 51 682 | 98 791 | Idlib | ||
| 6. | Ar-Raqqa | 87 138 | 250 000 | Ar-Raqqa | 16. | Deraa | 49 534 | 97 969 | Deraa | ||
| 7. | Deir ez-Zor | 92 091 | 240 000 | Deir ez-Zor | 17. | Al-Hajar al-Aswad | 23 563 | 84 948 | Rif Dimashq | ||
| 8. | Al-Hasaka | 73 426 | 185 000 | Al-Hasaka | 18. | Darayya | 34 048 | 78 763 | Rif Dimashq | ||
| 9. | Kameshli | 92 990 | 150 000 | Al-Hasaka | 19. | As-Suwayda | 43 414 | 73 641 | As-Suwayda | ||
| 10. | Yarmouk | 120 000 | Damas | 20. | Ath Thawrah | 44 782 | 69 425 | Ar-Raqqa | |||
Économie [modifier]
La monnaie officielle est la livre syrienne, symbole (£S), communément appelée lira. Elle est égale à 100 piastres syriennes. Les billets en circulation valent : 50, 100, 200, 500 et 1000£S, tandis que les pièces de monnaie valent : 1, 2, 5, 10 et 25£S. Le commerce international fait partie du quotidien. La part du commerce extérieur est de 70 % de son PIB. Ses principaux partenaires commerciaux sont l'Allemagne, le Liban, l'Irak, l'Italie, l'Égypte, l'Arabie saoudite et la France. La Syrie exporte différents produits tels que les fruits et légumes, du bétail, du coton et du pétrole. Ses principales importations sont les produits chimiques, les machines industrielles, le pétrole, le fer et l'acier[34].
Démographie [modifier]
La plupart des Syriens (22,5 millions d'habitants en 2011) vivent non loin de l’Euphrate et le long de la côte, une bande de terre fertile entre les montagnes côtières et le désert, entre Alep au nord, et Damas au sud, en passant par Hama et Homs. Ces 4 villes regroupent environ 8,5 millions d'habitants sur les 22 millions de la Syrie, soit presque la moitié de la population du pays. L’éducation est libre et obligatoire de l’âge de 6 ans à l'âge de 15 ans, soit de la première à la neuvième classe (réforme de 2002, l'équivalent français de CP à la 3e). La scolarité se compose de six années d’études primaires, de quatre années d'études préparatoires (équivalent du collège français), puis d’une formation générale ou professionnelle de trois ans (lycée). La durée des études supérieures est variable : deux ans pour les instituts moyens (études professionnelles ou techniques), quatre ans pour une licence générale, cinq ans pour un diplôme d’ingénieur, etc. Le nombre d’inscrits dans les établissements d’études supérieures est de plus de 150 000 élèves. L’alphabétisation chez les Syriens est de 90 % chez les garçons et de 80 % chez les filles.
Ethniquement, les Syriens font partie du peuple sémitique originaire du Levant. Aujourd’hui les Syriens sont largement considérés comme des Arabes en vertu de leur langue, et de leur lien culturel et historique avec les Arabes. Un plus petit nombre de Syriens sont d’origines non sémitiques (Arméniens, Tcherkesses, Kurdes, Turcs, Grecs).
- PNB/habitants 8 500 dollars
- Mortalité infantile : inférieure à 23 pour 1 000 naissances
- Espérance de vie : 75 ans
- Indice de développement humain (IDH) : 0,742 :107e rang mondial en 2009 sur 173 pays
(Ces chiffres sont en partie dus aux 1 200 000 réfugiés de guerre dans le pays, en provenance de Palestine et plus récemment d'Irak.)
Ethnies et Religions [modifier]
Musulmans [modifier]
La population de la Syrie compte 74 % de musulmans sunnites, 16 % de musulmans chiites (dont 11 % d'alaouites et 3 % de Druzes), et 10 % de chrétiens[35],[36] de diverses églises.
Chrétiens [modifier]
Les chrétiens sont répartis en plusieurs confessions : les grecs-orthodoxes sont de loin les plus nombreux (chrétiens de rite byzantin, environ 800 000), viennent ensuite les grecs-catholiques appelés aussi melkites (environ 200 000, chrétiens de rite byzantin issus d'une scission d'avec les grecs-orthodoxes et d'un rattachement à Rome en 1724), les Assyro-chaldéen-syriaques (appelés syrian ou "ashuri' en arabe, ou suryoyo ou "suraya" en syriaque moderne), les maronites, les latins (chrétiens de rite catholique-romain) et quelques protestants.
Il existe aussi une importante communauté arménienne vivant principalement à Alep, issue du génocide des ottomans lors de la 1re guerre mondiale. Les Arméniens étaient environ 250 000 en Syrie au début des années 1960, ils sont maintenant (2010) 190 000.
Il est important de préciser qu'à part les Arméniens (pour beaucoup issus des populations vivant en Turquie et ayant survécu au génocide en 1915) tous les chrétiens sont d'origine autochtone, issus des premières communautés chrétiennes et que les différents rites s'expliquent par les scissions au sein de l'église originelle survenues au cours de l'Histoire (rite grec/byzantin à l'origine, rite syriaque, rite maronite, rite chaldéen puis rite romain et protestant).
Les chrétiens de Syrie forment une communauté globalement prospère et éduquée. Les élites chrétiennes urbaines sont très souvent francophones et occidentalisées, en particulier la bourgeoisie grecque-orthodoxe, grecque-catholique et arménienne, très présentes dans les professions libérales et les affaires à Damas ou à Alep. Comme tous les Syriens ils ont adoptés la langue et les coutumes arabes après l'invasion de la Syrie par les arabes au VIIe siècle, et sont considérés depuis comme des Arabes d'un point de vue culturel et linguistique. Ils sont au même titre que leurs compatriotes musulmans pleinement intégrés à la société syrienne. On trouve des chrétiens dans toutes les grandes villes, en particulier des grecs-orthodoxes, des grecs-catholiques, des arméniens et des maronites. Il est également à noter qu'il existe encore quelques régions dominées par les chrétiens, notamment dans les montagnes à l'ouest du pays, vers Tartous, au nord du Liban. Les assyriens et les syriaques vivent pour beaucoup dans le nord et le nord-est du pays.
Yézidis [modifier]
Les yézidis représentent environ 150 000 personnes ; ils sont installés sur la frontière irakienne et turque, au nord-est, et presque tous d’ethnie kurde.
Juifs et Israéliens [modifier]
Il existe une minorité juive en Syrie. Leur nombre était estimé à 40 000 mais la plupart ont émigré vers Israël dans les années 1990. Il reste aujourd’hui une petite minorité juive à Damas et à Alep, mais aussi dans le Golan, occupé par Israël depuis la guerre des Six Jours. Les juifs israéliens originaires de Syrie conservent pour la plupart des liens avec leur pays d’origine.
Plus de 12 000 Israéliens (sur 28 000 habitants) sont installés dans le Golan, occupé par l’armée israélienne depuis la guerre des Six Jours (1967), puis annexé par l'État hébreu, annexion non internationalement reconnue.
Arabes [modifier]
Les Arabes (en comptant les 400 000 réfugiés palestiniens) représentent 93 % de la population.
Kurdes [modifier]
Les Kurdes, qui sont linguistiquement un peuple indo-iranien, représentent la plus grosse minorité ethnique du pays, avec environ 15 % de la population. La plupart des Kurdes vivent dans le nord-est de la Syrie, et beaucoup parlent encore la langue kurde. Beaucoup de Kurdes vivent aussi dans les grandes villes syriennes, comme Hasakah, Al Qamishli ou Abu Kamal.
(*) : les détenteurs du pouvoir sont les alaouites (branche laïciste du chiisme)
Groupes / Population / pourcentage [modifier]
| Religion | Ethnie ou sous-groupe | Nombre | pourcentage |
|---|---|---|---|
| Musulmans | 22 000 000 | 90 % | |
| Musulmans | Sunnites | 15 000 000 | 74 % |
| Musulmans | Chiites | 700 000 | 3,5 % |
| Musulmans | Chiites duodécimains | 700 000 | 3,5 % |
| Musulmans | Chiites Alaouites (*) | 2 000 000 | 11,0 % |
| Musulmans | Chiites Druzes | 300 000 | 1,7 % |
| Musulmans | Chiites Ismaéliens | 200 000 | 1 % |
| Chrétiens | 1 670 000 | 8,5 % | |
| Chrétiens | Syriaques orthodoxes | 680 000 | 3,4 % |
| Chrétiens | Grecs orthodoxes | 250 000 | 1,2 % |
| Chrétiens | Melkites (Grecs catholiques) | 240 000 | 1,2 % |
| Chrétiens | Arméniens orthodoxes | 160 000 | 0,8 % |
| Chrétiens | Protestants | 110 000 | 0,6 % |
| Chrétiens | Coptes | 70 000 | 0,4 % |
| Chrétiens | Maronites | 60 000 | 0,3 % |
| Chrétiens | Arméniens catholiques | 15 000 | 0,1 % |
| Chrétiens | Syriaques catholiques | 30 000 | 0,2 % |
| Chrétiens | Chaldéens | 25 000 | 0,1 % |
| Chrétiens | Assyriens | 100 000 | 1,1 % |
| Chrétiens | catholiques romains | 15 000 | 0,1 % |
Langues [modifier]
La langue arabe est la langue officielle du pays, la grande majorité des Syriens parlent l'arabe syrien, variante dialectale de l'arabe classique, également utilisée au Liban, en Palestine, et dans une moindre mesure en Irak et en Jordanie. De nombreux Syriens instruits parlent l’anglais et/ou le français (en particulier chez les chrétiens), mais l’anglais est plus largement compris (de 650 000 à 1 million de locuteurs, en seconde langue). L’arménien, le kurde, le tcherkesse et le turkmène sont aussi parlés dans le pays par les minorités nationales. L’araméen (la langue biblique, celle de Jésus-Christ) à travers le néo-araméen occidental au nord de Damas et le turoyo en particulier dans le Djézireh. Le turc est encore parlé en seconde langue, surtout pour des raisons historiques, au nord, vers la frontière turque, et à Alep : le nombre de locuteurs est inconnu, du fait de relations difficiles de la Syrie avec son voisin turc, pour des raisons politiques, et aussi en raison du passé de la Syrie au sein de l'empire Ottoman. Il y a des contentieux aussi en ce qui concerne la région du Sandjak d'Alexandrette (auj. Iskanderun), annexé par la Turquie en 1939, et qui comprend encore aujourd'hui une forte minorité d'Arabes. La Syrie revendique toujours cette région.
Du fait de liens importants avec la Russie, le russe est parlé en seconde langue par 15000 à 20000 personnes. Le russe est enseigné à l'Université, et certains Lycées, tout comme le chinois, parlé cependant dans une moindre mesure. Le chinois est cependant une langue de plus en plus choisie à l'université, notamment du fait d'échanges importants avec la Chine. Le farsi (ou perse) et l'allemand sont également des langues enseignées, et importantes.
Culture [modifier]
Les premières traces d’agriculture ou d’élevage furent trouvées en Syrie. Le premier alphabet du monde fut inventé en Syrie, à Ougarit.
Les réalisations artistiques et culturelles de la Syrie antique sont nombreuses. Les archéologues ont découvert que la culture syrienne rivalisait avec celles de la Mésopotamie et de l’Égypte, surtout autour d’Ebla. De plus, beaucoup d’artistes syriens ont contribué à la pensée et à la culture hellénistique romaine. Cicéron était un élève d’Antiochos d’Ascalon à Athènes. Et les livres de Poseidonios ont beaucoup influencé Tite-Live et Plutarque.
Les Syriens ont aussi contribué à la littérature et à la musique arabe et ont une grande tradition de la poésie orale et écrite. Les intellectuels syriens émigrés en Égypte ont joué un rôle fondamental dans la nahda, la renaissance culturelle et littéraire des Arabes au XIXe siècle. Il faut ici souligner le rôle des Syriens d'Égypte, appelés "Chawam masr" en arabe, issus de l'émigration du XIXe siècle (en particulier après les massacres des chrétiens à Damas en 1860). La communauté syrienne d'Égypte, essentiellement chrétienne (grecs-catholiques en majorité mais aussi grecs-orthodoxes, maronites ou syriaques) a joué durant un siècle un rôle de premier plan dans l'essor de l'Égypte moderne. Ses membres ont été très actifs dans la haute fonction publique (Habib Sakakini Pacha), les douanes, les banques, l'ingénierie (Farid Boulad Bey), le commerce (les grands magasins de la famille Sednaoui), l'industrie (coton, savon), les transports, la presse, le théâtre (Georges Abyad), le cinéma (le réalisateur Henry Barakat). Francophone et éduquée, la communauté des Syriens d'Égypte a constitué une bourgeoisie prospère et moderne. Elle s'est considérablement réduite sous le mandat de Nasser, ayant particulièrement souffert des lois de nationalisations de 1961, et ses membres ont pour la plupart émigré au Liban, en Europe ou en Amérique du Nord.
Les auteurs syriens les plus célèbres sont Adonis, Haidar Haidar, Ghada al-Samman, Nizar Kabbani et Zakariyya Tamer.
Les artistes syriens les plus célèbres sont Fateh Al-Moudaress, Louay Kayali, Nahed Koussa, Alfred Bakhach, et Saad Yagan.
Les chanteurs syriens célèbres sont entre autres George Wassouf, Wadih Mrad, Majd el Kasem, Assala Nasri, Rabi Al Asmar, Elias Karam… à préciser aussi que les stars Farid Al Atrach et sa sœur Asmahan ont fait leur carrière en Égypte mais sont d'ascendance syrienne (famille princière druze Al Atrach originaire de Jebel ed druz).
La Syrie possède une petite industrie cinématographique, dont la production est entièrement contrôlée par l’Organisation nationale du cinéma d’État, qui emploie des réalisateurs de films sous le statut de fonctionnaires. Il n’y a qu’un seul film qui peut sortir par an, il est néanmoins souvent salué par les festivals internationaux. Le feuilleton télévisé syrien de Bab el Hara, très connu dans le monde arabe, a eu un énorme succès.
La numération utilise les chiffres indiens : ٠ (0), ١ (1), ٢ (2), ٣ (3), ٤ (4), ٥ (5), ٦ (6), ٧ (7), ٨ (8) et ٩ (9).
Damas, la capitale de la Syrie, a été élue capitale culturelle du monde arabe en 2008.
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Amphithéâtre romain à Palmyre
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Une coupe syrienne datant du XIIIe siècle
Fêtes et jours fériés [modifier]
| Date | Nom français | Nom local | Remarque |
|---|---|---|---|
| 1er janvier | Jour de l'an | عيد راس السنة الميلادية Īd Ra’s as-Sanät al-Mīlādīyä |
|
| 8 mars | Révolution du 8 mars | ثورة الثامن من اذار Ṯaurät aṯ-Ṯāmin mināḏḏār |
|
| 21 mars | Fête des mères | عيد الأم ‘Īd al-’Umm |
|
| 17 avril | Journée d'Indépendance | عيد الجلاء ‘Īd al-Ğalā’ |
Célébration de l'indépendance de la Syrie vis-à-vis de la France |
| variable | Pâques Grégorienne | عيد الفصح الغريغوري ‘Īd al-Fiṣḥ Ġrīġūrī |
Selon le calendrier grégorien |
| variable | Pâques julienne | عيد الفصح اليوليوسي ‘Īd al-Fiṣḥ al-Yūliyūsī |
Selon le calendrier julien |
| 1er mai | Fête du travail | عيد العمال ‘Īd al-‘Ummāl |
|
| 6 mai | Journée des martyrs | عيد الشهداء ‘Īd aš-Šuhadā’ |
|
| 25 décembre | Noël | عيد الميلاد المجيد ‘Īd al-Mīlād al-Mağīd |
|
| Dates selon le calendrier musulman | |||
| Dhou al Hijja 10 | Aïd el-Kebir | عيد الأضحى ‘Īd al-’Aḍḥà |
|
| Chawwal 1 | Aïd el-Fitr | عيد الفطر ‘Īd al-Fiṭr |
|
| Rabia al Awal 12 | Mawlid | المولد النبوي al-Maulid an-Nabawī |
Anniversaire de Mahomet |
Foires et festivals [modifier]
| Festival/Foire | Ville | Mois |
|---|---|---|
| Festival des fleurs | Lattaquié (اللاذقية) | Avril |
| Festival traditionnel | Palmyre (تدمر) | Mai |
| Foire internationale des fleurs | Damas (دمشق) | Mai |
| Festival de la vigne | As-Suwayda (السويداء) | Septembre |
| Festival du coton | Alep (حلب) | Septembre |
| Foire internationale de Damas | Damas (دمشق) | Septembre |
| Festival de l'amour | Lattaquié (اللاذقية) | Septembre |
| Festival de Bosra | Bosra (بصرى) | Septembre |
| Festival des films et du théâtre | Damas (دمشق) | Novembre |
Festival du printemps
Sports [modifier]
Le niveau sportif syrien n'est pas très élevé mais on peut tout de même citer quelques sports pratiqués.
Football [modifier]
La vie sportive syrienne est rythmée par son championnat semi-professionnel de football, le Championnat de Syrie de football, ainsi que par sa coupe, la Coupe de Syrie de football et l'Équipe de Syrie de football. Cependant, le niveau syrien reste assez faible.
Basketball [modifier]
C'est le deuxième sport national en Syrie. Le niveau s'est amélioré dans les années 2000 à son entrée dans le professionnalisme. La Syrie a de bonnes équipes comme Aljalaa, Alitihad, Aljaych et Alwahda.
Codes [modifier]
La Syrie a pour codes :
- YK, selon la liste des préfixes OACI d'immatriculation des aéronefs,
- SY, selon la norme ISO 3166-1 alpha-2 (liste des codes pays),
Notes et références [modifier]
- population République arabe syrienne Banque Mondiale
- Classement IDH 2008
- Les déboires du «printemps de Damas» le Monde diplomatique - novembre 2002
- B.Ki Moon soumet au Conseil de sécurité ses propositions pour restructurer la Mission de supervision en Syrie Centre d'Actualités de l'ONU - 11/07/2012
- [1] La Presse
- LObservatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) est une association britannico-quatari dont la neutralité, la probité et la fiabilité sont contestées par des journalistes, chercheurs et diplomates pour les raisons suivantes:
- Il n'est formé que de deux personnes basées à Coventry (Royaume-Uni) dont Oussama Ali Suleiman sous le pseudonyme de Rami Abdel Rahmane qui dit recevoir ses informations par téléphone de gens en Syrie, principalement des islamistes. Reuters, 8 décembre 2011, Ria Novosti, 25 février 2012
- Ses affirmations sont totalement invérifiables, quand bien même vérification il y a, il s'agit très souvent de diffamation. L'Orient le jour, 8 février 2012
- L'OSDH a annoncé la mort de la jeune Syrienne Zainab al-Hosni, présentée comme martyre de la répression avant qu'elle réapparaisse Le Point
- L'OSDH est qualifié d'"instrument de propagande" par Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo) La Croix, 24 juin 2012
- Selon Alain Chouet, ancien responsable de la DGSE et expert du monde arabo-musulman, l'OSDH est " une émanation de l’Association des Frères Musulmans et il est dirigé par des militants islamistes" Marianne, 20 juillet 2012
- Pour Bassam Tahan, chercheur et professeur arabisant d'origine syrienne, l'OSDH est "aidé par les services secrets britanniques" et très peu fiable. France Info, 6 aout 2012
- Bernard Lewis, Histoire du Moyen-Orient, p. 32.
- UNESCO, « Ancienne ville de Damas ». Consulté le 17 décembre 2010
- http://whc.unesco.org/fr/list/20
- [2]
- [3]
- [4]
- [5]
- [6]
- [7]
- [8]
- [9]
- [10]
- [11]
- Syrie : les heurts entre manifestants et forces de l'ordre font des dizaines de morts, lemonde.fr, le 23 mars 2011.
- Syrie : 1 300 morts, selon l'opposition, Europe 1, le 12 juin 2011
- Plus de 5 000 morts en Syrie (ONU), Le Figaro, le 12 décembre 2011.
- Une responsable de l'ONU redoute une "guerre civile" Le Monde - 14/10/2011
- [12]
- [13]
- [14]
- [15]
- [16] Nouveau témoignage sur le massacre de Houla en Syrie]
- http://www.reuters.com/article/2012/05/27/us-syria-un-deaths-idUSBRE84Q0C520120527]
- Ce matin, quand on a ouvert les yeux, l'ASL était partout Le Monde - 24/07/2012
- L'express du 6 aout 2012
- Effectifs militaires par tête
- http://www.citypopulation.de/Syria_d.html
- Commerce extérieur de la Syrie
- http://www.minorityrights.org/5266/syria/syria-overview.html
- https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/sy.html
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Aéroport de Kameshli
- Politique en Syrie
- Forces armées syriennes
- Syrie et armes de destruction massive
- Droits de l'homme en Syrie
Liens externes [modifier]
- Syrie : relecture de la crise Entretien de Romain Aby avec Isabelle Feuerstoss
- Catégorie Syrie de l’annuaire dmoz
- Données de la Banque Mondiale sur la Syrie
- Souria.net, site officiel de la république de Syrie
- Fiche Syrie sur Populationdata.net
- Centre Culturel Arabe Syrien de Paris
- Article de Thomas Pierret dans Politique étrangère (4/2011) intitulé "Syrie : l’islam dans la révolution"