Syrie

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33° 30′ N 36° 18′ E / 33.5, 36.3

République arabe syrienne

الجمهوريّة العربيّة السّوريّة (ar)

Al-Jumhūriyyah al-‘Arabīyyah as-Sūriyyah (ar)

Drapeau
Drapeau de la Syrie
Blason
Armoiries de la Syrie
alt=Description de l'image Syria (orthographic projection).svg.
Devise nationale Arabe : Wahda, Houriya, Ishtirakiya
Français : Unité, Liberté, Socialisme
Hymne national Homat el Diyar
Administration
Forme de l'État République
Président Bachar el-Assad
Premier ministre Wael al-Halki
Langues officielles Arabe
Capitale Damas

33° 31′ 32″ N 36° 18′ 52″ E / 33.52556, 36.31444

Géographie
Plus grande ville Damas
Superficie totale 185 180 km2
(classé 86e)
Superficie en eau 0,06 %
Fuseau horaire UTC +2
Histoire
Indépendance De la France
17 avril 1946
Démographie
Gentilé Syrien(ne)
Population totale (2012) 22 399 300[1] hab.
(classé 51e)
Densité 120 hab./km2
Économie
PIB nominal (2010) 59 147 033 452$
IDH (2009) en augmentation 0,630 (moyen) (105eUNIQdb27ed6a8c2d9e58-nowiki-00000005-QINU2UNIQdb27ed6a8c2d9e58-nowiki-00000006-QINU)
Monnaie Livre syrienne (SYP​)
Divers
Code ISO 3166-1 SYR, SY​
Domaine Internet .sy
Indicatif téléphonique +963

La Syrie, en forme longue la République arabe syrienne, en arabe Sūriyyah, سوريا et Al-Jumhūriyyah al-‘Arabīyyah as-Sūriyyah, الجمهورية العربية السورية, est un pays arabe du Proche-Orient situé sur la côte orientale de la mer Méditerranée : le bassin Levantin.

Jusqu'au XIXe siècle, la Syrie se nomme Bilad al-Cham (بلاد الشام). Durant l'Empire ottoman cette région fut un temps regroupée, comprenant la Syrie actuelle, le Liban actuel, la Jordanie actuelle et la Palestine. Durant l'Antiquité, ces pays étaient distinctement la Phénicie, la Palestine, l'Assyrie et une partie de la Mésopotamie occidentale.

De février 1958 à fin septembre 1961, l'Égypte et la Syrie s'unissent brièvement dans la République arabe unie, jusqu'au coup d'État du général Haydar al-Kouzbari.

En 1970, après une série de dictatures militaires instables, Hafez el-Assad, alors ministre de la Défense, prend le pouvoir par un nouveau coup d'État. Son régime fortement autoritaire, structuré autour d'un parti unique, le Baas, a mis en place un contrôle de l'ensemble de la vie politique syrienne. Il est responsable du massacre de Hama[3].

À sa mort en 2000, son fils, Bachar el-Assad, lui succède et maintient le régime instauré par son père, avec un certain relâchement des libertés en début de mandat[4]. Début 2011 se déclenche la Guerre civile syrienne dans le cadre du Printemps arabe[5] qui se prolonge encore aujourd'hui. En juillet 2013, l'ONU estime que la guerre a déjà fait plus de 100 000 morts[6]. En avril 2014, l'OSDH, une ONG syrienne rebelle, en compte plus de 150 000[7].

Étymologie[modifier | modifier le code]

L’origine du nom « Syrie » n'est pas certaine. Il pourrait venir du grec ancien et désignerait à l’origine la terre d’Aram, mais Hérodote y voyait plutôt une forme abrégée d’Assyrie, tandis que les historiens modernes le font remonter à divers toponymes locaux.

Il apparaît pour la première fois en grec et n’a pas d’antécédents identifiables, ni dans la forme ni pour le contenu, dans les textes pré-hellénistiques. Bien établi dans l’usage officiel romain et byzantin, il disparaît au VIIe siècle avec la conquête musulmane, mais continue à être utilisé en Europe.

Dans le monde arabo-musulman, la région autrefois appelée « Syrie » portait le nom de Sham (شام) qui était aussi celui de sa capitale, Damas.

Le nom « Syrie », en arabe Sūriyyah (سوريا), était inconnu jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle où il ressurgit sous l’influence européenne.

En 1865, il devient le nom officiel d’une province, celle du vilayet de Damas. C’est après l’établissement du mandat français en 1920, qu’il désigne l’État syrien actuel[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les archéologues ont démontré que la Syrie accueillait l’une des plus anciennes civilisations [9] et les Amorrites (un des plus anciens peuples de l'Antiquité).

Dans la ville excavée d’Ebla, dans le nord-ouest de la Syrie, les archéologues ont découvert en 1975 les vestiges d’un grand empire sémite, qui va du nord de la mer Rouge à la Turquie et jusqu'en Mésopotamie dans sa partie orientale.

Cet empire remontant de 2500 à 2400 ans av. J.-C. fait de la langue d’Ebla la langue sémitique la plus ancienne. La Syrie compte d’autres grands sites archéologiques comme celui de Mari où fut retrouvé un code comparable au Code de Hammurabi à Babylone, Ougarit et Doura Europos.

La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu'au Liban, les conditions d'une future indépendance politique.

La Syrie est un pays significatif dans l’histoire du christianisme. Paul de Tarse, le futur saint Paul, a été converti au christianisme sur la route de Damas, et a établi une Église d’abord à Antioche en Syrie antique (aujourd’hui en Turquie). C’est de ce port qu’il est parti pour plusieurs de ses voyages de mission.

Damas a été fondée au IIIe millénaire av. J.-C.[10] ; c'est une des villes les plus anciennes du monde et elle a été habitée sans interruption (comme Vârânasî et Jéricho). Après l’arrivée des conquérants musulmans, Damas est devenue la capitale de l’Empire omeyyade, et a atteint un prestige et une puissance encore inégalés dans l’histoire syrienne. Cet empire s’étendait de l’Espagne à l’Asie centrale (661 à 750 apr. J.-C.). Après la chute des Omeyyades, un nouvel empire fut créé à Bagdad, l’Empire abbasside. En 1260, Damas est devenue la capitale provinciale de l’empire des Mamelouks. En 1400, la ville fut détruite en grande partie par Tamerlan : Damas a été presque entièrement incendiée, et les artisans Damascènes furent enlevés pour travailler à Samarcande. Une fois reconstruite, Damas a servi de capitale jusqu’en 1516. En 1517, la ville et le pays tombent sous occupation ottomane. Les Ottomans régnèrent sur le pays pendant plus de 400 ans jusqu'en 1918, excepté la brève période où l’Égyptien Ibrahim Pacha occupa le pays de 1832 à 1840.

Mandat français[modifier | modifier le code]

Carte de la nouvelle Syrie.
Article détaillé : Syrie mandataire.

Le pays se libéra de l’occupation ottomane après la Révolte arabe, les forces arabes entrèrent à Damas en 1918. Un royaume arabe syrien indépendant fut alors créé, Fayçal, issu de la famille hachémite, frère d’Abd Allah ibn Hussein, en sera le premier et dernier roi.

En effet, l’indépendance du royaume cessera après l’occupation du pays par les forces françaises en 1920. Après la bataille de Maysaloun en juillet 1920, la colonne du général Goybet, entra à Damas. Les Français imposèrent leur mandat dans le pays, ce qui entraîna l’exil de Fayçal en Irak[11]. La France et le Royaume-Uni, qui se disaient alliés des forces arabes de Fayçal, s’étaient mis d’accord pour se partager le Proche-Orient.

Après l’accord Sykes-Picot, les Français et les Britanniques se répartissent administrativement les territoires de l'Empire ottoman déchu, créant artificiellement des pays distincts. L’accord met fin à la Syrie historique, Bilad al-Cham, qui comprenait la Syrie actuelle, le Liban, la Jordanie, la Palestine (actuels territoires palestinien et israélien). La période du mandat voit la montée du nationalisme et de la révolte contre l’armée française.

Après la défaite de la France en Europe lors de la campagne de France en juin 1940, ce sont les Britanniques, et les Forces françaises libres, qui prennent le contrôle du pays (campagne de Syrie, juin-juillet 1941) redonnant le pouvoir à la France libre. Les Syriens continuent à réclamer le départ des Français, avec l’appui des Britanniques. De Gaulle engage un bras de fer avec Churchill et les Syriens qui se solde par le bombardement de la Syrie par la France gaullienne. Après plus de 2000 morts, l'interposition de la Grande-Bretagne interrompt le conflit[12][réf. insuffisante]. L’indépendance de la Syrie s'ensuivra en 1946[11].

Indépendance[modifier | modifier le code]

Le président Hachem al-Atassi.

Les premiers pourparlers entre la France et la Syrie en vue de la rédaction d’un traité d’indépendance avaient débuté en septembre 1936. Mohammad Al-Abid, premier président syrien du mandat français, incarne alors dans le pays l'empreinte de la France, mais celle-ci ne continue pas la négociation du traité et maintient sa présence dans le pays jusqu’en 1946. Quand une semi-indépendance est accordée aux Syriens et aux Libanais, en 1943 sous la conduite du général Catroux, Haut-commissaire au Levant nommé par le général de Gaulle en 1941, Shukri al-Kuwatli est élu président de la République.

Après l’indépendance définitive du pays en 1946, Hachem al-Atassi devient le premier président de la République Syrienne.

Coup d’État de Chichakli[modifier | modifier le code]

Le président Adib Chichakli.

Après la guerre israélo-arabe de 1948, le colonel Husni al-Za'im procède à un coup d'État en mars 1949, mettant fin au système parlementaire syrien. Antoun Saadé, le président-fondateur du Parti social nationaliste syrien (PSNS) doit fuir le Liban où il a été condamné à mort et se réfugie en Syrie où le colonel Zaim lui promet protection. Toutefois, quelques mois plus tard Zaim livre Saadé aux autorités libanaises et ce dernier est fusillé. Après sa trahison, Zaim est lui-même victime d'un coup d'État en août 1949 lorsque le colonel Sami al-Hinnawi, membre du PSNS, arrête le colonel Zaim et le fait exécuter. La femme de Saadé reçoit une lettre d'al-Hinnawi lui indiquant que la mort de son mari a été vengée.

En décembre 1949, Al-Hinnawi est renversé par un troisième coup d'État, mené par Adib Chichakli. Il se proclame président de la République en 1951 et dissout le Parlement la même année. Les États-Unis et le Royaume-Uni portent un intérêt considérable à Chichakli ; les Britanniques espèrent même l'amener à adhérer au pacte de Bagdad. Les Américains, dans l’espoir qu’il signe un traité de paix avec Israël, lui offrent par ailleurs une aide étrangère considérable.

Mais en contrepartie, les États-Unis voudraient que le gouvernement syrien fasse des réfugiés palestiniens des Syriens à part entière : durant les négociations entre les États-Unis et la Syrie en 1952, le gouvernement américain va jusqu'à proposer la somme de 400 millions de dollars américains pour intégrer dans le pays - dans les plaines fertiles de Djézireh - 500 000 Palestiniens.

Or certains partis politiques syriens - le Parti socialiste arabe d’Akram Hourani, ou encore le parti Baas de Michel Aflaq - s’en prennent violemment à cette proposition, qui représente à leurs yeux, purement et simplement, la vente du droit au retour des Palestiniens. Avec l’alliance entre le Parti socialiste d’Hourani et le parti Baas d’Aflak, le nouveau parti Baas arabe socialiste tente ainsi, en 1952, de renverser Chichakli. Devant l’agitation, Chichakli refuse l'accord avec les États-Unis.

République arabe unie[modifier | modifier le code]

Nasser et le président syrien, Shukri al-Kuwatli.

Les civils reprennent le pouvoir en 1954, après le renversement du président Chichakli. Mais une grande instabilité politique régnait alors dans le pays, le parallélisme des politiques syriennes et égyptiennes et l’appel à l’union du président égyptien Gamal Abdel Nasser à la suite de la crise du canal de Suez en 1956 a créé des conditions favorables à l’union entre l’Égypte et la Syrie.

Le 1er février 1958, l'Égypte et la Syrie s’unissent, créant la République arabe unie, ce qui entraîne, de facto, l’interdiction des partis politiques syriens.

Mais l’union cesse rapidement d’exister. Le général Haydar al-Kouzbari fait un coup d’État le 28 septembre 1961, la Syrie faisant sécession, et rétablit la République arabe syrienne.

République arabe syrienne[modifier | modifier le code]

Les dix-huit mois suivants seront marqués par une grande instabilité politique, avec divers coups ou tentatives de coup d’État. Le 8 mars 1963, un nouveau coup d’État a lieu, installant le Conseil national de commande révolutionnaire au pouvoir, avec à sa tête Amin al-Hafez. Ce conseil est constitué d’un groupe de militaires et de civils, tous socialistes, qui ont assumé les fonctions exécutives et législatives. Le coup d’État est l’œuvre du parti Baas, et la majorité des membres de ce conseil étaient membres du Baas.

Gouvernement baassiste[modifier | modifier le code]

Salah Jedid, instigateur du coup d’État du 23 février 1966.

À quelques mois d’intervalle, le parti Baas procèda également à un coup d’État en Irak. Le gouvernement syrien réfléchit, à nouveau, à l'éventualité d'une union entre l’Égypte, l’Irak et la Syrie. Un accord fut signé au Caire le 17 avril 1963, pour mettre en œuvre un référendum sur l’union qui devait se tenir en septembre 1963. Mais des désaccords sérieux entre les trois partis apparurent rapidement, et finalement le projet d’union fut abandonné. En mai 1964, le président Amin al-Hafez promulgue une constitution temporaire prévoyant l’établissement d’un Conseil national de la révolution (CNR), des parlementaires désignés composés de travailleurs, de paysans et de syndicalistes.

Le 23 février 1966, un groupe de militaires, toujours issus du parti Baas, avec à leur tête Salah Jedid, réussit à renverser le gouvernement d’Amin al-Hafez. Celui-ci est emprisonné. Le nouveau gouvernement dissout le CNR, abroge la Constitution, et chasse les fondateurs historiques du parti Baas de Syrie (Michel Aflaq, Salah al-Din al-Bitar et Akram Hourani), ce qui leur permet d’avoir une politique régionaliste et non plus panarabe comme le voulait le parti Baas. Les chefs du coup d'État parlent alors de « rectification » des principes du parti. Mais la guerre des Six Jours, perdue par les Égyptiens et les Syriens, affaiblit du même coup le gouvernement de Salah Jedid. Le 13 novembre 1970, profitant de l'impasse due à l'implication de l'armée syrienne dans la crise en Jordanie entre le roi Hussein et l'OLP (Septembre noir), le ministre de la Défense Hafez el-Assad procède à un coup d’État. Déposant Salah Jedid, il devient grâce à sa « révolution corrective » le nouveau premier ministre, et l’homme fort de la Syrie.

La dynastie el-Assad[modifier | modifier le code]

Bachar el-Assad, président de la Syrie depuis 2000

Hafez el-Assad, chef de l’État de 1970 à sa mort en 2000, est confirmé dans ses fonctions de chef de l’État par cinq référendums successifs. Il est, après le roi Hassan II du Maroc, le chef d’État arabe qui est resté le plus longtemps au pouvoir. Cette longévité provient essentiellement du fait qu’il était soutenu par des minorités religieuses, dont la minorité religieuse alaouite. Il est aussi soutenu par beaucoup de fermiers et par les Syriens vivant dans les milieux ruraux. L’expansion de la bureaucratie a créé une classe moyenne qui reste fidèle au gouvernement. Mais l’essentiel de sa puissance venait de l’armée syrienne et de son appareil de sécurité. Un autre facteur de son maintien au pouvoir est le nationalisme, dont entre autres les conflits qui l’opposaient et opposent la Syrie aux États-Unis, à Israël et à l’Irak de Saddam Hussein.

Bachar el-Assad succéde à son père le 17 juillet 2000, officiellement élu par référendum. Les Syriens et en particulier les militants pour les droits de l’homme ont alors espéré une certaine libéralisation du pays ; c’est ce qu’on a appelé le printemps de Damas.

Ce premier 'printemps' ne dure pas longtemps : il se termine en février 2001, lorsque les services de sécurité gèlent l'activité des forums intellectuels, culturels et politiques, et avec la poursuite des militants pour les droits de l'homme et leur emprisonnement. Dans cette courte période de six mois, le printemps de Damas aura vu des débats politiques et sociaux intenses, d'une part, et d'autre part il a conservé un écho qui sonne dans les débats politiques, culturels et intellectuels jusqu'en 2011.

C'est en 2011, dans la foulée du printemps arabe, que se déclenche la guerre civile syrienne, qui confronte le système baasiste à sa plus grave remise en cause depuis son avènement.

Guerre civile syrienne[modifier | modifier le code]

Début du conflit[modifier | modifier le code]

Des civils blessés arrivent près d'un hôpital d'Alep.

Début 2011, la vague de protestations populaires en cours dans le monde arabe atteint finalement la Syrie. Le pays entame alors une grave crise politique et sociale qui dégénère finalement en une guerre civile opposant (liste non exhaustive) République arabe syrienne, armée régulière syrienne [13],[14], FPLP-CG palestinien, brigade Abou Fadel[15], quelques éléments du PKK[16] et du Hezbollah avec des soutiens russes, chinois, vénézuéliens, irakiens contre le CNFOR, l'armée syrienne libre, les libyens des Brigade de Tripoli[17] et le Hamas, les Jihadistes d'Al-Nostra, Ahrar al-Sham, Ghouraba Al-Sham et Fatah al-Islam[18], en partie bénéficiaires du soutien de la Turquie, du Qatar et de l'Arabie Saoudite, et d'un soutien diplomatique des États-Unis[19], de l'Allemagne[20], de la France[21] et du Royaume-Uni[22].

Dès le 15 mars 2011, date symbolique de la première manifestation de Deraa, le président Bachar el-Assad ordonne à l'armée de réprimer les manifestations dans tout le pays[23]. Au mois d'avril 2011, la situation se dégrade, des militaires font défection[24] et refusent les ordres du gouvernement de Damas, créant l'Armée syrienne libre, dont le but est initialement la protection des civils, touchés par la répression militaire[25].

La communauté internationale peine cependant à se mettre d'accord sur les mesures à prendre, notamment en raison des réticences russe et chinoise[26] à la suite notamment du précédent libyen, tandis qu'une opposition syrienne s'organise, et que des défections se multiplient au sein même de l'armée, laissant redouter une guerre civile[27].

Division du pays[modifier | modifier le code]

Les rebelles adoptent l'ancien drapeau de la république arabe syrienne, celui adopté lors de l'indépendance.

2012 voit l'ensemble du pays se diviser entre régions fidèles, ou tenues par le régime, et régions rebelles.

Le massacre de Houla, localité située à quelques kilomètres au nord de Homs imputé à l'armée syrienne par le conseil de sécurité de l'ONU[28] le 25 mai 2012, est qualifié comme crime de guerre par une commission d'enquêteurs des droits de l'homme des Nations Unies et rapporte meurtres et actes de torture[29]. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung quant à lui, impute le massacre à l'Armée syrienne libre[30]. L'auteur reviendra par la suite sur son article, rappelant que d'autres journaux avaient rapporté des témoignages similaires[31]. Les médias officiels syriens quant à eux, ont relevé 17 morts imputés aux djihadistes quand l'ONU fait état de 300 blessés, 108 morts dont 25 hommes, 34 femmes et 49 enfants[32].

À la suite de l'attentat du 18 juillet 2012 à Damas qui tue trois hauts responsables du gouvernement, dont le beau-frère de Bachar al-Assad[33], plusieurs offensives rebelles d'ampleur sont lancées, notamment sur Damas et Alep, avant que les forces du régime n'entament une contre-offensive[34]. Le 6 août 2012, le Premier ministre syrien Riad Hijab, sunnite, est démis de ses fonctions, deux mois seulement après sa nomination et fait défection pour rejoindre le camp des insurgés[35]. Du fait de ces conflits, des milliers de réfugiés ont par ailleurs dû se cacher: à l'automne 2012, on estime que plus d'un million et demi de personnes sont des réfugiés de l'intérieur, et des centaines de milliers (300 à 400 000) ont fui en dehors du pays. En Jordanie, par exemple, on compte 105 à 200 000 réfugiés, en Turquie 88 000, au Liban 80 000[36] et en Irak 29 000.(Alternatives Internationales janvier 2013 ; sources : HCR, FMI)

Escalade militaire du conflit[modifier | modifier le code]

Dans un rapport rendu le 13 juin 2013, l'ONU dénombre 93 000 morts dont 6 500 enfants depuis le début du conflit il y a deux ans[37].

Le mercredi 21 août 2013, les opposants syriens accusent le régime Assad d'avoir utilisé des armes chimiques de façon intensive sur des zones tenues par les rebelles dans l'est de Damas (quartiers d'Hammouriya, la Ghouta, Moudamiya, Zamalka et Arbin) lors de bombardements massifs. Des ONG sur place confirment que des dizaines de cadavres présentant des signes de mort par inhalation de gaz toxiques ont été apportés dans des hôpitaux de campagne autour de la capitale[38]. Néanmoins, selon de nombreux experts comme Paula Vanninen, directrice de Verifin, l'Institut finnois pour la vérification de la convention des armes chimiques, et Gwyn Winfield, directeur du magazine CBRNe World, spécialisée dans les armes chimiques, le gaz sarin militaire ou le gaz innervant n'a pas été nécessairement utilisé dans cette attaque présumée chimique, car les personnes qui ont aidé les victimes ne portaient pas de vêtements de protection ni de masques. Ainsi, ces experts affirment que si le gaz sarin était utilisé, ces personnes là devraient être contaminées[39].

Ces bombardements à l'arme chimique constituent un tournant dans ce conflit resté jusqu'alors de type relativement traditionnel. Une mission de l'ONU se rend à partir du 25 août vers le site de l'attaque chimique présumée, après obtention d'un feu vert du régime de Bachar Al-Assad. La mission des inspecteurs de l'ONU vise principalement à recueillir des preuves de l'attaque chimique (échantillons, témoignages). Néanmoins, plusieurs voix affirment que les preuves ont pu être détruites avant l'arrivée de la mission de l'ONU, notamment celle du responsable de la diplomatie britannique, William Hague, qui affirme que : "les tirs d'artillerie ont pu déjà détruire une bonne partie des éléments de preuve". D'après les services secrets allemands (information divulguée le 8 septembre 2013), l'ordre de bombarder les villes à l'arme chimique viendrait indirectement du président syrien.

Selon une étude balistique de Theodore Postol[40], chercheur au MIT, les tirs des missiles à têtes chimiques auraient été effectués de zones contrôlés par des forces rebelles. Mais selon le rapport "Nous pouvons aujourd'hui affirmer à 100 % que tout point à deux kilomètres des impacts se situe en territoire rebelle. Mais cela ne signifie pas obligatoirement que ce sont les rebelles qui ont tiré."[41] Néanmoins, les zones en question sont vides d'habitants, et selon le spécialiste Olivier Lepick les roquettes peuvent tout à fait être déplacées en territoire rebelle grâce à des véhicules tout-terrains[41]. Enfin, selon François Géré historien français spécialiste en géostratégie, et président fondateur de l'Institut français d'analyse stratégique, il existe, étant donné le savoir-faire requis pour lancer des armes chimiques, "98 % de chances pour que le régime syrien soit l'auteur de l'attaque, bien qu'il ne faille pas négliger les 2 % restants"[41].

Les pays occidentaux envisagent alors fin août 2013 une opération militaire punitive, sans mandat de l'ONU, limitée à des attaques ciblées depuis les airs ou la mer, contre les structures militaires gouvernementales[42]; mais certains pays arabes comme la Tunisie et l'Algérie manifestent leur opposition à une telle opération[43].

Le lundi 9 septembre 2013, Vladimir Poutine prend l'initiative de proposer le placement de l'arsenal chimique syrien sous contrôle pour diminuer les tensions et éviter une intervention militaire. Une proposition saluée par les États-Unis et validée dès le lendemain (mardi 10 septembre 2013) par la Syrie[44].

Le contrôle du pays est actuellement divisé entre forces loyalistes au gouvernement de Damas, forces rebelles, forces kurdes, et djihadistes de l'EIIL[45]. Une carte wikipedia actualisée de la situation militaire en Syrie est disponible ici.

Institutions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique en Syrie.

Armée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Forces armées syriennes.

D’après le site de statistiques Nationmaster, la Syrie se trouve au 13e rang mondial pour les effectifs militaires et au 5e rang mondial[46] pour les effectifs militaires par tête (2008).

FNP et parti Baas[modifier | modifier le code]

L'ancienne constitution syrienne investit le parti Baas des fonctions nécessaires pour conduire l’État et la société. Celle-ci a été abrogée par la nouvelle constitution de février 2012.

8 partis politiques ont été légalisés dans le pays, ils font en réalité tous partie du Front national progressiste, dominé par le parti Baas. En plus de celui-ci, en sont membres : le Mouvement des socialistes arabes, le Parti communiste tendance Bagdash, le parti communiste tendance Faysal, le Parti social-nationaliste syrien (Grand-syrien), l’Union socialiste arabe (nassérienne), l’Union démocratique arabe (nassérienne), Le Parti unioniste socialiste (nassérien) et le parti unioniste socialiste démocratique (nassérien).

Présidence[modifier | modifier le code]

La constitution confère par ailleurs de larges compétences au président.

Celui-ci est officiellement élu après un référendum pour un mandat de sept ans. En plus d’exercer la charge de chef de l’État, il est le secrétaire général du parti Baas et le chef du Front national progressiste, qui regroupe toutes les organisations politiques légales.

Le président peut nommer les ministres, déclarer la guerre et l’état d'urgence. Il a aussi le pouvoir d’amnistie, il peut modifier la Constitution et nommer les fonctionnaires et le personnel militaire.[réf. nécessaire]

C’est avec le Front national progressiste que le président peut décider des questions de relations internationales, c’est aussi le FNP qui approuve la politique économique de l’État[réf. nécessaire]. Le FNP se veut aussi officiellement un 'forum d’idées' dans lequel la politique économique et l’orientation du pays seraient débattues.

Gouvernement et députés[modifier | modifier le code]

Chacune des trois branches du gouvernement est guidée par les objectifs du parti Baas, dont l’importance dans les institutions d’État est assurée par la constitution.

C’est la même chose pour le parlement, le Conseil du peuple (Majlis al-Sha'ab).

Les députés sont élus pour une durée de quatre ans, mais le Conseil n’a aucune autorité indépendante. Bien que les parlementaires puissent critiquer des lois et modifier des projets de loi, ils ne peuvent pas faire de proposition de loi, et les décisions finales sont prises par la branche exécutive.

Revendications territoriales[modifier | modifier le code]

Carte des revendications territoriales (en rouge) de la Syrie : plateau du Golan et Hatay.

En plus des territoires contrôlés par la Syrie, le pays revendique un certain nombre de territoires frontaliers contrôlés par des pays étrangers voisins :

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions de la Syrie.

La Syrie est divisée en quatorze gouvernorats, ou muhafazat (singulier : muhafaza), portant chacun le nom de leur chef-lieu. Les gouverneurs sont proposés par le ministère de l’Intérieur au gouvernement, lequel annonce leur nomination par décret exécutif. Dans ses fonctions, le gouverneur est assisté par un conseil provincial élu. Une partie du gouvernorat de Quneitra est sous occupation israélienne depuis 1967 (voir Golan). Le Golan est un des principaux sujets de discorde entre Israël et la Syrie. Ce dernier le considère comme territoire syrien occupé, alors qu'Israël le considère comme annexé.

  1. Damas
  2. Rif Dimashq
  3. Quneitra
  4. Dar`a
  5. As-Suwayda
  6. Homs
  7. Tartous
  8. Lattaquié
  9. Hama
  10. Idlib
  11. Alep
  12. Rakka
  13. Deir ez-Zor
  14. Al-Hasaka
Carte de <carte>
100 km
1:7 130 000
City locator 1.svg Capitale nationale
City locator 2.svg Population > 500 000 hab.
City locator 3.svg Population > 100 000 hab.
City locator 4.svg Population > 50 000 hab.
City locator 5.svg Population < 50 000 hab.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Syrie.

L’essentiel du territoire syrien est constitué par un vaste plateau calcaire (hamada) surmonté de quelques anciens reliefs volcaniques (djebel druze), et traversé au nord-est par le fleuve Euphrate.

La Syrie est un pays majoritairement aride, en particulier à l’intérieur et dans la partie orientale. Le niveau de pluviométrie moyen est de 318 mm par an mais tombe à moins de 150 mm dans le Nord-Ouest, contre plus de 800 mm à proximité de la côte et près de 1 400 dans les montagnes. Le pays est en dessous du niveau du seuil de pénurie puisque la ressource par habitant s’établit à 947 m3 par an (le seuil de stress hydrique est généralement fixé à 1 700 m3 par an et par habitant et le seuil de pénurie à 1 000 m3). La Syrie reçoit de plus son eau des pays voisins : 50 % des réserves proviennent de Turquie, 20 % du Liban. Autre facteur inquiétant, l’exploitation des nappes phréatiques dépasse leur capacité de renouvellement. La Syrie exploite ainsi aujourd’hui plus de 50 % des ressources renouvelables, alors que le seuil maximum communément admis est de 30 %. Le nord-est du pays (« Djézireh ») et le sud (« Hawran ») sont des zones agricoles importantes.

La Syrie connaît un climat tempéré composé de quatre saisons. La température moyenne estivale atteint les 32 °C et la température moyenne hivernale est de 10 °C. Au printemps et en automne la moyenne des températures est de 22 °C. L’horaire d’hiver prend effet du mois de novembre au mois de mars (+ 2 heures GMT). L’horaire d’été est appliqué du mois d’avril au mois d’octobre (+ 3 heures GMT).

Villes[modifier | modifier le code]

Les principales villes du pays incluent Damas dans le Sud-Ouest, Alep dans le Nord, et Homs. Les autres villes importantes sont situées pour la plupart sur la côte.

Article détaillé : Villes de Syrie.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de la Syrie.

La monnaie officielle est la livre syrienne, symbole (£S), communément appelée lira. Elle est égale à 100 piastres syriennes. Les billets en circulation valent : 50, 100, 200, 500 et 1 000 £S, tandis que les pièces de monnaie valent : 1, 2, 5, 10 et 25 £S. Le commerce international fait partie du quotidien. La part du commerce extérieur est de 70 % de son PIB. Ses principaux partenaires commerciaux sont l'Allemagne, le Liban, l'Irak, l'Italie, l'Égypte, l'Arabie saoudite et la France. La Syrie exporte différents produits tels que les fruits et légumes, du bétail, du coton et du pétrole. Ses principales importations sont les produits chimiques, les machines industrielles, le pétrole, le fer et l'acier[49]. Depuis la guerre civile syrienne de 2011, la livre syrienne est très dévaluée, et souvent, depuis, les grosses transactions se font en dollars américains, devise étrangère qui n'est pas acceptée officiellement.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d’habitants.
Articles détaillés : Démographie de la Syrie et Diaspora syrienne.

La plupart des Syriens (22,5 millions d'habitants en 2011) vivent non loin de l’Euphrate et le long de la côte, une bande de terre fertile entre les montagnes côtières et le désert, entre Alep au nord, et Damas au sud, en passant par Hama et Homs. Ces 4 villes regroupent environ 8,5 millions d'habitants sur les 22 millions de la Syrie, soit presque la moitié de la population du pays.

Ethniquement, les Syriens font partie du peuple sémitique originaire du Levant. Aujourd’hui les Syriens sont largement considérés comme des Arabes en vertu de leur langue, et de leur lien culturel et historique avec les Arabes. Un plus petit nombre de Syriens sont d’origines non sémitiques (Arméniens, Tcherkesses, Kurdes, Turcs, Grecs).

(Ces chiffres sont en partie dus aux 1 200 000 réfugiés de guerre dans le pays, en provenance de Palestine et plus récemment d'Irak.)

Enseignement - Scolarité[modifier | modifier le code]

L’éducation est libre et obligatoire de l’âge de 6 ans à l'âge de 15 ans, soit de la première à la neuvième classe (réforme de 2002, l'équivalent français de CP à la 3e). La scolarité se compose de six années d’études primaires, de quatre années d'études préparatoires (équivalent du collège français), puis d’une formation générale ou professionnelle de trois ans (lycée). La durée des études supérieures est variable : deux ans pour les instituts moyens (études professionnelles ou techniques), quatre ans pour une licence générale, cinq ans pour un diplôme d’ingénieur, etc. Le nombre d’inscrits dans les établissements d’études supérieures est de plus de 150 000 élèves. L’alphabétisation chez les Syriens est de 90 % chez les garçons et de 80 % chez les filles.

Ethnies et religions[modifier | modifier le code]

Musulmans[modifier | modifier le code]

La population de la Syrie compte 75 %[50] de musulmans sunnites, 15 % d'alaouites et 10 % de chrétiens[51],[52] de diverses églises.

Chrétiens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : chrétiens de syrie.

Les chrétiens sont répartis en plusieurs confessions : les syriaques (appelés syrian en arabe, ou suryoyo ou suraya en syriaque moderne) sont de loin les plus nombreux, suivis par les grecs-orthodoxes (chrétiens de rite byzantin, environ 250 000), viennent ensuite les grecs-catholiques appelés aussi melkites (environ 200 000, chrétiens de rite byzantin issus d'une scission d'avec les grecs-orthodoxes et d'un rattachement à Rome en 1724), les maronites, les assyriens et les chaldéens (ashuriyin et kaldan en arabe), les protestants et les latins (chrétiens de rite catholique-romain).

Il existe aussi une importante communauté arménienne vivant principalement à Alep, issue de rescapés du génocide de 1915 perpétré par les ottomans lors de la 1re guerre mondiale. Les Arméniens étaient environ 250 000 en Syrie au début des années 1960, ils sont maintenant (2010) 190 000.

Il est important de préciser qu'à part les Arméniens (pour beaucoup issus de Turquie), tous les chrétiens sont d'origine autochtone, issus des premières communautés chrétiennes et que les différents rites s'expliquent par les scissions au sein de l'église originelle survenues au cours de l'Histoire (rite grec/byzantin à l'origine, rite syriaque, rite maronite, rite chaldéen puis rite romain et protestant).

Les chrétiens de Syrie forment une communauté globalement prospère et éduquée. Les élites chrétiennes urbaines sont très souvent surtout anglophones, et moins francophones depuis les années 1960, mais occidentalisées, en particulier la bourgeoisie grecque-orthodoxe, grecque-catholique et arménienne, très présentes dans les professions libérales et les affaires à Damas ou à Alep. Comme tous les Syriens ils ont adopté la langue et les coutumes arabes après l'invasion de la Syrie par les Arabes au VIIe siècle, et sont considérés depuis comme des Arabes d'un point de vue culturel et linguistique (avant le VIIe siècle, le grec médiéval était la langue véhiculaire). Ils sont au même titre que leurs compatriotes musulmans pleinement intégrés à la société syrienne. On trouve des chrétiens dans toutes les grandes villes, en particulier des grecs-orthodoxes, des grecs-catholiques, des arméniens et des maronites. Il est également à noter qu'il existe encore quelques régions dominées par les chrétiens, notamment dans les montagnes à l'ouest du pays, vers Tartous, au nord du Liban. Les assyriens et les syriaques vivent pour beaucoup dans le nord et le nord-est du pays.

Yézidis[modifier | modifier le code]

Les yézidis représentent environ 15000 personnes ; ils sont installés sur la frontière irakienne et turque, au nord-est, et presque tous d’ethnie kurde.

Juifs et Israéliens[modifier | modifier le code]

Il existe une minorité juive en Syrie. Leur nombre était estimé à 40 000 mais la plupart ont émigré vers Israël dans les années 1990. Il reste aujourd’hui une petite minorité juive à Damas et à Alep, mais aussi dans le Golan, occupé par Israël depuis la guerre des Six Jours. Les juifs israéliens originaires de Syrie conservent pour la plupart des liens avec leur pays d’origine.

Plus de 12 000 Israéliens (sur 28 000 habitants) sont installés dans le Golan, occupé par l’armée israélienne depuis la guerre des Six Jours (1967), puis annexé par l'État hébreu, annexion non internationalement reconnue.

Arabes[modifier | modifier le code]

Les Arabes (en comptant les 400 000 réfugiés palestiniens) représentent 93 % de la population.

Kurdes[modifier | modifier le code]

Les Kurdes, qui sont linguistiquement un peuple indo-iranien, représentent une minorité ethnique, avec environ 4% de la population. La plupart des Kurdes vivent dans le nord-est de la Syrie, et beaucoup parlent encore la langue kurde. quelques Kurdes vivent aussi dans les grandes villes syriennes, comme Hasakah, Al Qamishli ou Abu Kamal.

Groupes / Population / pourcentage[modifier | modifier le code]

Religion Ethnie ou sous-groupe Nombre pourcentage
Musulmans 22 000 000 90,0 %
Musulmans Sunnites 16 500 000 75,0[50] %
Musulmans Chiites 220 000 1,0 %
Musulmans Chiites alaouites (*) 2 650 000 12,0[53] %
Musulmans Chiites druzes 800 000 3,0[54] %
Chrétiens 2 200 000 10,0 %
Chrétiens Syriaques orthodoxes 680 000 5,4 %
Chrétiens Grecs orthodoxes 250 000 1,2 %
Chrétiens Melkites (Grecs catholiques) 240 000 1,2 %
Chrétiens Arméniens orthodoxes 160 000 0,8 %
Chrétiens Protestants 110 000 0,6 %
Chrétiens Coptes 70 000 0,4 %
Chrétiens Maronites 60 000 0,3 %
Chrétiens Arméniens catholiques 15 000 0,1 %
Chrétiens Syriaques catholiques 30 000 0,2 %
Chrétiens Chaldéens 25 000 0,1 %
Chrétiens Assyriens 100 000 1,1 %
Chrétiens Catholiques romains 15 000 0,1 %

Langues[modifier | modifier le code]

La langue arabe est la langue officielle du pays, la grande majorité des Syriens parlent l'arabe syrien, variante dialectale de l'arabe, également utilisée au Liban, en Palestine, et dans une moindre mesure en Irak et en Jordanie. De nombreux Syriens instruits parlent l’anglais, le russe et le français (surtout dans la bourgeoisie et la communauté chrétienne, il y a moins de 4500 francophones de nos jours), mais l’anglais est plus largement compris (de 650 000 à un million de locuteurs, en seconde langue). L’arménien, le kurde, le tcherkesse et le turkmène sont aussi parlés dans le pays par les minorités nationales. L’araméen (la langue biblique, celle de Jésus-Christ) à travers le néo-araméen occidental au nord de Damas et le turoyo en particulier dans le Djézireh. Le turc est encore parlé en seconde langue, surtout pour des raisons historiques, au nord, vers la frontière turque, et à Alep : le nombre de locuteurs est inconnu, du fait de relations difficiles de la Syrie avec son voisin turc, pour des raisons politiques, et aussi en raison du passé de la Syrie au sein de l'empire Ottoman. Il y a des contentieux aussi en ce qui concerne la région du Sandjak d'Alexandrette (auj. Iskanderun), annexé par la Turquie en 1939, et qui comprend encore aujourd'hui une majorité d'Arabes. La Syrie revendique toujours cette région. Autrefois parlé, et langue importante, le grec à disparu depuis les années 1950, mais reste une langue historique, la langue véhiculaire sous l'Empire byzantin, et son héritage se retrouve à travers les Chrétiens grecs orthodoxes.

Du fait de liens importants avec la Russie, le russe est parlé en seconde langue par 15 000 à 20 000 personnes. Il existe une diaspora de Syriens en Russie (plus de 10 000 Syriens). Le russe est enseigné à l'université et dans certains lycées, tout comme le chinois, parlé cependant dans une moindre mesure. Le chinois est une langue de plus en plus choisie à l'université, notamment du fait d'échanges importants avec la Chine. Le farsi (ou perse) et l'allemand sont également enseignés.

Culture[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Culture de la Syrie et Cinéma syrien.

Les premières traces d’agriculture ou d’élevage furent trouvées en Syrie. Le premier alphabet du monde fut inventé en Syrie, à Ougarit.

Les réalisations artistiques et culturelles de la Syrie antique sont nombreuses. Les archéologues ont découvert que la culture syrienne rivalisait avec celles de la Mésopotamie et de l’Égypte, surtout autour d’Ebla. De plus, beaucoup d’artistes syriens ont contribué à la pensée et à la culture hellénistique romaine. Cicéron était un élève d’Antiochos d’Ascalon à Athènes. Et les livres de Poseidonios ont beaucoup influencé Tite-Live et Plutarque.

Les Syriens ont aussi contribué à la littérature et à la musique arabe et ont une grande tradition de la poésie orale et écrite. Les intellectuels syriens émigrés en Égypte ont joué un rôle fondamental dans la nahda, la renaissance culturelle et littéraire des Arabes au XIXe siècle.

Il faut ici souligner le rôle des Syriens d'Égypte, appelés "Chawam masr" en arabe, issus de l'émigration du XIXe siècle (en particulier après les massacres des chrétiens à Damas en 1860). La communauté syrienne d'Égypte, essentiellement chrétienne (grecs-catholiques en majorité mais aussi grecs-orthodoxes, maronites ou syriaques) a joué durant un siècle un rôle de premier plan dans l'essor de l'Égypte moderne. Ses membres ont été très actifs dans la haute fonction publique (Mikhaïl Kahil Pacha, Habib Sakakini Pacha), les douanes, les banques, l'ingénierie (Farid Boulad Bey), le commerce (les grands magasins de la famille Sednaoui), l'industrie (coton, savon), les transports, la presse, le théâtre (Georges Abyad), le cinéma (le réalisateur Henry Barakat). Francophone et éduquée, la communauté des Syriens d'Égypte a constitué une bourgeoisie prospère et moderne. Elle s'est considérablement réduite sous le mandat de Nasser, ayant particulièrement souffert des lois de nationalisations de 1961, et ses membres ont pour la plupart émigré au Liban, en Europe ou en Amérique du Nord. Parmi les familles syriennes chrétiennes ayant joué un rôle remarquable dans les affaires et la haute administration en Égypte on peut citer les familles Assouad, Anhouri, Ayrout, Barakat, Boulad, Cassab, Debbané, Fattal, Ghorra, Kahil, Lakah, Medawar, Messadiyé, Michaca, Pharaon, Rathle, Sabbagh, Sakakini, Sednaoui, Toutoungi, Zananiri, Zemokhol.

Les auteurs syriens les plus célèbres sont Adonis, Haidar Haidar, Ghada al-Samman, Nizar Kabbani et Zakariyya Tamer.

Les artistes syriens les plus célèbres sont Fateh Al-Moudaress, Louay Kayali, Nahed Koussa, Alfred Bakhach, et Saad Yagan.

Les chanteurs syriens célèbres sont entre autres George Wassouf, Wadih Mrad, Majd el Kasem, Assala Nasri, Rabi Al Asmar, Elias Karam… à préciser aussi que les stars Farid Al Atrach et sa sœur Asmahan ont fait leur carrière en Égypte sont d'ascendance syrienne (famille princière druze Al Atrach originaire de Jebel ed druz).

La Syrie possède une petite industrie cinématographique, dont la production est entièrement contrôlée par l’Organisation nationale du cinéma d’État, qui emploie des réalisateurs de films sous le statut de fonctionnaires. Il n’y a qu’un seul film qui peut sortir par an, il est néanmoins souvent salué par les festivals internationaux. Le feuilleton télévisé syrien de Bab al-Hara, très connu dans le monde arabe, a eu un énorme succès.

La numération utilise les chiffres indiens : ٠ (0), ١ (1), ٢ (2), ٣ (3), ٤ (4), ٥ (5), ٦ (6), ٧ (7), ٨ (8) et ٩ (9).

Damas, la capitale de la Syrie, a été élue capitale culturelle du monde arabe en 2008.

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Date Nom français Nom local Remarque
1er janvier Jour de l'an عيد راس السنة الميلادية
Īd Ra’s as-Sanät al-Mīlādīyä
 
8 mars Révolution du 8 mars ثورة الثامن من اذار
Ṯaurät aṯ-Ṯāmin mināḏḏār
 
21 mars Fête des mères عيد الأم
‘Īd al-’Umm
 
17 avril Journée d'Indépendance عيد الجلاء
‘Īd al-Ğalā’
Célébration de l'indépendance de la Syrie vis-à-vis de la France
variable Pâques Grégorienne عيد الفصح الغريغوري
‘Īd al-Fiṣḥ Ġrīġūrī
Selon le calendrier grégorien
variable Pâques julienne عيد الفصح اليوليوسي
‘Īd al-Fiṣḥ al-Yūliyūsī
Selon le calendrier julien
1er mai Fête du travail عيد العمال
‘Īd al-‘Ummāl
 
6 mai Journée des martyrs عيد الشهداء
‘Īd aš-Šuhadā’
 
25 décembre Noël عيد الميلاد المجيد
‘Īd al-Mīlād al-Mağīd
 
Dates selon le calendrier musulman
Dhou al Hijja 10 Aïd el-Kebir عيد الأضحى
‘Īd al-’Aḍḥà
 
Chawwal 1 Aïd el-Fitr عيد الفطر
‘Īd al-Fiṭr
 
Rabia al Awal 12 Mawlid المولد النبوي
al-Maulid an-Nabawī
Anniversaire de Mahomet

Foires et festivals[modifier | modifier le code]

Festival/Foire Ville Mois
Festival des fleurs Lattaquié (اللاذقية) Avril
Festival traditionnel Palmyre (تدمر) Mai
Foire internationale des fleurs Damas (دمشق) Mai
Festival de la vigne As-Suwayda (السويداء) Septembre
Festival du coton Alep (حلب) Septembre
Foire internationale de Damas Damas (دمشق) Septembre
Festival de l'amour Lattaquié (اللاذقية) Septembre
Festival de Bosra Bosra (بصرى) Septembre
Festival des films et du théâtre Damas (دمشق) Novembre

Festival du printemps

Sports[modifier | modifier le code]

Le niveau sportif syrien n'est pas très élevé mais on peut tout de même citer quelques sports pratiqués. Parmi les sportifs syriens les plus titrés on trouve Ghada Chouaa championne olympique (Jeux olympiques d'été de 1996 à Atlanta) et championne du monde (1995 à Göteborg)en heptathlon.

Football[modifier | modifier le code]

La vie sportive syrienne est rythmée par son championnat semi-professionnel de football, le Championnat de Syrie de football, ainsi que par sa coupe, la Coupe de Syrie de football et l'Équipe de Syrie de football. Cependant, le niveau syrien reste assez faible.

Basketball[modifier | modifier le code]

C'est le deuxième sport national en Syrie. Le niveau s'est amélioré dans les années 2000 à son entrée dans le professionnalisme. La Syrie a de bonnes équipes comme Aljalaa, Alitihad, Aljaych et Alwahda.

Codes[modifier | modifier le code]

La Syrie a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Classement IDH 2008
  3. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/02/syrie-l-ombre-du-massacre-de-fevrier-1982-plane-toujours-sur-hama_1637713_3218.html
  4. Les déboires du «printemps de Damas» le Monde diplomatique - novembre 2002
  5. B.Ki Moon soumet au Conseil de sécurité ses propositions pour restructurer la Mission de supervision en Syrie Centre d'Actualités de l'ONU - 11/07/2012
  6. Le conflit en Syrie a fait 100 000 morts, selon l'ONU, Le Monde, 25 juillet 2013
  7. http://www.rfi.fr/moyen-orient/20140402-selon-une-ong-le-conflit-syrie-fait-plus-150000-morts-el-assad-al-nosra-eiil-asl-civils-morts-onu/
  8. Bernard Lewis, Histoire du Moyen-Orient, p. 32.
  9. UNESCO, « Ancienne ville de Damas » (consulté le 17 décembre 2010)
  10. http://whc.unesco.org/fr/list/20
  11. a et b « Rapport de la commission chargée par le Conseil de l'étude de la frontière entre la Syrie et l'Irak », sur World Digital Library,‎ 1932 (consulté le 2013-07-08)
  12. Henri de Wailly, "1945, l´Empire rompu", Perrin, 201.
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  23. Syrie : 1 300 morts, selon l'opposition, Europe 1, le 12 juin 2011
  24. http://www.liberation.fr/monde/2012/08/06/syrie-combien-de-defections_838020
  25. http://rattrapages-actu.fr/fiches-actu/chronologie-revolte-syrienne
  26. Plus de 5000 morts en Syrie (ONU), Le Figaro, le 12 décembre 2011.
  27. Une responsable de l'ONU redoute une "guerre civile" Le Monde - 14/10/2011
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  33. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/07/18/97001-20120718FILWWW00381-le-beau-frere-d-el-assad-a-ete-tue-dans-l-attentat-de-damas.php
  34. Ce matin, quand on a ouvert les yeux, l'ASL était partout Le Monde - 24/07/2012
  35. L'express du 6 aout 2012
  36. Nicolas Gros-Verheyde, Site Bruxelles2 et Club de Bruxelles 2, articles sur le statut des réfugiés, http://www.bruxelles2.eu/zones/moyen-orient/que-les-syriens-restent-chez-eux.html
  37. « Journal 18h », sur http://fr.radiovaticana.va/,‎ 13 juin 2013 (consulté le 14 juin 2013)
  38. Syrie : l'armée accusée de bombardements massifs et d'attaques chimiques Le Monde - 21/08/2013
  39. Le point, ( 22 août 2013), RSS Syrie : la communauté internationale dans le flou le plus total, http://www.lepoint.fr/monde/syrie-la-communaute-internationale-dans-le-flou-le-plus-total-22-08-2013-1716211_24.php ( récupéré le 31 août 2013)
  40. (en) Richard Lloyd, Theodore Postol, Possible Implications of Faulty US Technical Intelligence in the Damascus Nerve Agent Attack of August 21, 2013, MIT, le 14 janvier 2014
  41. a, b et c http://www.lepoint.fr/monde/attaque-chimique-en-syrie-le-rapport-qui-derange-19-02-2014-1793755_24.php
  42. Le front occidental anti-Bachar affûte sa riposte Le Figaro - 26/08/2013
  43. Revue de presse. L’Algérie et la Tunisie contre une intervention en Syrie, le Maroc pour, 31/08/2013
  44. http://www.lepoint.fr/monde/armes-chimiques-la-syrie-a-deja-donne-son-accord-a-l-initiative-russe-10-09-2013-1722814_24.php
  45. http://www.lemonde.fr/proche-orient/video/2013/09/26/carte-comprendre-la-rebellion-syrienne-en-5-minutes_3485527_3218.html
  46. « Effectifs militaires par tête » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-07-09
  47. Michel GILQUIN, D'Antioche au Hatay, l'histoire oubliée du sandjak d'Alexandrette, Paris, Ed. L'Harmattan,‎ 2000, 220 p. (ISBN 2-7384-9266-5)
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  50. a et b http://www.linternaute.com/savoir/idee-religion/dossier/sunnisme-chiisme/carte.shtml
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  53. http://geopolis.francetvinfo.fr/syrie-qui-sont-vraiment-les-alaouites-2792 http://www.monde-diplomatique.fr/2013/01/MERVIN/48592 http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/syrie-rempart-de-bachar-el-assad-les-alaouites-sont-aussi-ses-otages_1151237.html
  54. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/02/22/les-druzes-syriens-basculent-peu-a-peu-dans-la-rebellion_1837423_3218.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Zakaria TAHA, Syrie, Bruxelles, De Boeck, 2013, collection Monde arabe/Monde musulman dirigée par Mathieu Guidère

Liens externes[modifier | modifier le code]