Revue des deux Mondes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Revue des deux Mondes
Image illustrative de l'article Revue des deux Mondes

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Mensuelle
Genre Littérature
Date de fondation 1829
Ville d’édition Paris

Directeur de publication Robert Gimenez
Directeur de la rédaction Michel Crépu
ISSN 0035-1962
Site web Site officiel
Édouard Pailleron, codirecteur avec François Buloz, par Étienne Carjat vers 1875

La Revue des deux Mondes[1] est une revue mensuelle française, une des plus anciennes publications périodiques en France.

Historique[modifier | modifier le code]

La Revue des deux Mondes fut fondée le 1er août 1829 par Prosper Mauroy et par Pierre de Ségur-Dupeyron, et éditée par François Buloz pour donner une tribune aux idées en France en relation avec les autres pays d'Europe et avec le continent américain en particulier[2]. Elle est la revue française vivante la plus ancienne en Europe.

En 1830, elle absorbe le Journal des Voyages. Dès 1831, François Buloz en devient le rédacteur en chef. Il accueille Alexandre Dumas, Alfred de Vigny, Honoré de Balzac, Sainte-Beuve, Charles Baudelaire, George Sand, Alfred de Musset et autres grands noms de la littérature de cette époque, car, à l’origine, c’est la littérature qui domine le contenu de la revue.

L'objectif de la revue est de développer l'esprit critique et l'analyse de la vie politique au sens large (mode d'administration, organisation civile et politique, ressources financières, industrielles ou agricoles) en comparant avec ce qui se vit dans le reste du monde. Comme le dit l'éditorial du premier numéro : « voir les mêmes principes diversement compris et appliqués en France et en Angleterre, au Brésil et en Allemagne, sur les bords de la Delaware et sur les rivages de la mer du Sud ». Les deux Mondes sont donc la France et le reste du Monde.

Toutefois, la politique, l’économie et les beaux-arts y prendront par la suite une place importante. Libérale jusqu'en 1848, elle amorce ensuite un tournant plus conservateur[3]. Sous le Second Empire, elle est une revue d’opposition. Après la mort en 1877 de François Buloz, qui avait soutenu Adolphe Thiers, la revue est dirigée entre autres par Charles Buloz, fils de François, qui y accueille Paul Bourget, puis par Ferdinand Brunetière, critique influent et membre de l’Académie française en 1900, Francis Charmes (Académie française, 1908), René Doumic (Académie française, 1909), André Chaumeix (Académie française, 1930), Claude-Joseph Gignoux de l'Institut. Elle compte 26 000 abonnés en 1885[4].

À la fin du XIXe siècle, sous l’influence de Ferdinand Brunetière, la revue soutient l’Église catholique contre les offensives anticléricales. Comme la grande majorité des revues, celle-ci se politise davantage à l'occasion et à partir de l'affaire Dreyfus[3]. En 1945, elle change de titre pour devenir La Revue, littérature, histoire, arts et sciences des Deux Mondes. Puis elle fusionne en 1956 avec le mensuel Hommes et mondes. Devenue mensuelle en 1969, elle prend le nom de Revue mensuelle des Deux Mondes en 1972, pour retrouver son titre d’origine La Revue des Deux Mondes en 1982[5].

La Revue des deux Mondes, aujourd'hui dirigée par l'écrivain et critique littéraire Michel Crépu, compte environ 5 000 abonnés, pour un tirage proche de 8 000 exemplaires[6]. Si Commentaire l'a détrônée comme revue intellectuelle de référence des droites[3], elle garde un certain rayonnement dans le monde intellectuel, ce dont témoignent les chroniques régulières de son rédacteur en chef dans l'émission radiophonique Le Masque et la Plume sur France Inter.

Depuis le 14 mai 2008, deux innovations sont à signaler[6] : elle décerne d'une part un prix de l'Essai, doté de 10 000 €, dont le premier Lauréat est le byzantiniste Gilbert Dagron[7], pour son livre Décrire et peindre (Gallimard, 2007) ; d'autre part, elle met peu à peu en ligne l'intégralité de ses articles, depuis la création de la revue.

Les différents directeurs de la publication[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gabriel de Broglie, Histoire politique de la Revue des Deux Mondes de 1829 à 1979, Paris, Perrin, 1979, 381 p.
  • Mihailo Pavlovic, « Apollinaire lecteur de la Revue des Deux Mondes », Revue d'Histoire Littéraire de la France, July-Aug 1992, n° 92 (4), p. 694-703.
  • Alain Mercier, « Edouard Schuré, Baudelaire et le wagnérisme à la Revue des Deux Mondes, d’après un document inédit », Bulletin Baudelairien, Summer 1980, n° 16 (1), p. 11-12.
  • Françoise Escoffier, « Henri Heine et la Revue des Deux Mondes », Nouvelle Revue des Deux Mondes, Oct. 1982, p. 130-37.
  • Louis Le Guillou, « L’Avenir du monde : les Manifestes de Lamartine, Chateaubriand et Lamennais dans la Revue des deux mondes de 1834 », Travaux de Litterature, 1995, n° 8, p. 231-39.
  • Thomas Loué, « L’Inévidence de la distinction : la Revue des Deux Mondes face à la presse à la fin du XIXe siècle », Romantisme, 2003, n° 121, p. 41-48.
  • Mariella Colin, « La Littérature italienne contemporaine vue par la Revue des Deux Mondes (1880-1900) », Polémiques et dialogues : les Échanges culturels entre la France et l’Italie de 1880 à 1918, Caen, Univ. de Caen, 1988, p. 11-22.
  • Collectif, Cent ans de vie française à la Revue des Deux Monde. Le livre du centenaire, Paris, Hachette, Revue des Deux Mondes, 1929, 524 p.
  • Collectif, "Pages retrouvées. 1829-2009", Paris, Revue des Deux Mondes, 2009, 320 pages.
  • Adrien Le Bihan, James Joyce travesti par trois clercs parisiens (dont Louis Gillet et Michel Crépu de la Revue des Deux-Mondes), Cherche-bruit, 2011, ISBN 978-2-9537571-1-8
  • Gerri Kimber, Katherine Mansfield: The View from France (où il est question de la réception de Katherine Mansfield par la Revue des Deux Mondes), Peter Lang, Oxford, Berne, etc., 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plusieurs graphies ont été utilisées pour désigner cette revue : Le Petit Larousse 2010 et Le Petit Robert des noms propres 2010 titrent « Revue des Deux Mondes », le Dictionnaire Hachette 2010 ajoute même à ce dernier titre un article. Les typographes Serge Aslanoff et Albert Doppagne notent « Revue des deux mondes » respectivement avec et sans articles. La graphie choisie ici est celle utilisée dans le corps du texte du premier numéro [lire en ligne] — notons que la couverture a été dès le début rédigée en capitales.
  2. d'après le site officiel de la Revue des deux Mondes
  3. a, b et c Olivier Corpet, « La revue », in Jean-François Sirinelli, Histoire des droites en France, Gallimard, 1992, tome 2, chap. V.
  4. Jean-Claude Yon, Histoire culturelle de la France au XIXe siècle, Armand Colin, Paris, 2010, p. 170.
  5. Larousse encyclopédique, vol. 9, p. 8968-9. 1985. (ISBN 2-03-102309-8) (vol. 9) (ISBN 2-03-102300-4) (édition complète)
  6. a et b François Quinton, « La Revue des Deux Mondes bientôt sur la toile », nonfiction.fr,‎ 1er avril 2008 (lire en ligne)
  7. « Gilbert Dagron, premier lauréat du Prix de l'Essai de la Revue des Deux Mondes », nonfiction.fr,‎ 14 mai 2008 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :