Toussaint rouge

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Guerre d'Algérie
De gauche à droite, 1er rang: colonne de l'ALN ; patrouille de M8 Greyhound de l'Armée française ;  Pieds-Noirs du Constantinois s'organisant en groupes d'autodéfense. 2e rang: Discours de Charles de Gaulle au GG d'Alger « je vous ai compris » ; rassemblement d'« Européens » au Forum d'Alger le 13 mai 1958 avec bannières « de Gaulle au pouvoir » et « Ville d'Hussein Dey » ; anciens combattants musulmans « harkis » au Forum en 1958. 3e rang: Insurrection de la semaine des barricades en janvier 1960 ; émeutiers anti-indépendantistes du FAF jetant des pierres aux M8 Greyhound de l'Armée française le 9 décembre 1960 ; soldat français utilisant un détecteur de métaux pour vérifier que des musulmanes en Hayek ne dissimulent ni bombe ni arme. 4e rang: Émeute FLN à Bab el Oued du 10 décembre 1960 ; gardes mobiles utilisant un lance-grenades défensives à Alger ; sympathisants FLN face à face avec les parachutistes français durant la manifestation FLN du 10 décembre 1960.
De gauche à droite, 1er rang: colonne de l'ALN ; patrouille de M8 Greyhound de l'Armée française ; Pieds-Noirs du Constantinois s'organisant en groupes d'autodéfense. 2e rang: Discours de Charles de Gaulle au GG d'Alger « je vous ai compris » ; rassemblement d'« Européens » au Forum d'Alger le avec bannières « de Gaulle au pouvoir » et « Ville d'Hussein Dey » ; anciens combattants musulmans « harkis » au Forum en 1958. 3e rang: Insurrection de la semaine des barricades en janvier 1960 ; émeutiers anti-indépendantistes du FAF jetant des pierres aux M8 Greyhound de l'Armée française le  ; soldat français utilisant un détecteur de métaux pour vérifier que des musulmanes en Hayek ne dissimulent ni bombe ni arme. 4e rang: Émeute FLN à Bab el Oued du  ; gardes mobiles utilisant un lance-grenades défensives à Alger ; sympathisants FLN face à face avec les parachutistes français durant la manifestation FLN du 10 décembre 1960.
Informations générales
Date -
Lieu Algérie
Casus belli Toussaint rouge (1er novembre 1954)
Issue Accords d'Évian
Indépendance de l'Algérie
Exode des pieds-noirs
Changements territoriaux Perte des départements français d'Algérie et du Sahara pour la France
Unification de l'Algérie et du Sahara
Belligérants
Flag of Algeria.svg FLN
Flag of Algeria.svg MNA
Flag of Parti communiste algérien.gif PCA (1954-1956)
Drapeau de la France France
Drapeau de la France MPC (1961-1962)
Drapeau de la France FAF (1960-1961)
Oas logo public.svg OAS (1961-1962)
Commandants
Mostefa Ben Boulaïd
Ferhat Abbas
Larbi Ben M'Hidi
Rabah Bitat
Mohamed Boudiaf
Lakhdar Bentobal
Pierre Mendès France
Guy Mollet
René Coty
Jacques Massu
Maurice Challe
Charles de Gaulle
Jacques Dauer(Jacques Chevallier)
Saïd Boualam
Pierre Lagaillarde
Raoul Salan
Edmond Jouhaud
Antoine Argoud

Jean-Jacques Susini
Roger Degueldre
Jacques Soustelle
Georges Bidault
Jean Bastien-Thiry

Forces en présence
30 000 460 000 3 000 (OAS)
Pertes
300 000-460 000 morts en très grande partie des civils, 1 million et demi selon l'État algérien • 28 500 morts
• 65 000 blessés
• 30 000 à 90 000 morts harkis
4 000 à 6 000 civils européens
• 100 morts (OAS)
• 2 000 prisonniers (OAS)
Notes
Armes de la Guerre d'Algérie
Batailles
Du 1er novembre 1954 au 19 mars 1962
Toussaint Rouge — Opération Eckhmül — Opération Aloès — Opération Véronique — Opération Violette — Opération Timgad — Bataille d'El Djorf — Opération Massu — Embuscade de Palestro — Bataille d'Alger — Bataille de Bouzegza — Coup du 13 mai — Opération Résurrection — Opération Couronne — Opération Brumaire — Semaine des barricades — Manifestation de Décembre 1960 — Putsch des généraux — Combat du Fedj Zezoua — Plan Challe —Opération Oiseau bleu
Du 19 mars 1962 au 5 juillet 1962
Bataille de Bab el Oued — Fusillade de la rue d'Isly

La Toussaint rouge est le nom donné en France aux attentats perpétrés par le F.L.N. contre des personnes, civiles ou militaires, censées représenter la colonisation française, et ayant eu lieu le 1er novembre 1954, jour de la fête catholique de la Toussaint (d'où « Toussaint rouge »), en plusieurs points du territoire algérien. Cet événement marque le début la Guerre d'Algérie (1954-1962).

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Terrorisme[modifier | modifier le code]

Attentats coordonnés[modifier | modifier le code]

Des attentats furent organisés par le FLN (Front de Libération Nationale) contre des civils européens et musulmans d'Algérie. Soixante-dix attentats commis en une trentaine de points du territoire Algérien ont lieu en ce jour de la Toussaint dans tout le territoire (colonisé) français d'Algérie. Le bilan est de sept morts, dont deux musulmans.

Modus operandi[modifier | modifier le code]

Les victimes européennes les plus citées sont un couple de jeunes instituteurs venus de la métropole pour instruire les enfants de la maison patrimoniale. Leur autocar est attaqué aux gorges de Tighanimine dans les Aurès. Ils sont extraits du véhicule ainsi que les autres passagers et touchés par une rafale de mitrailleuse destinée au caïd musulman Hadj Sadok. L'instituteur Guy Monnerot succombe sur le champ mais sa femme, Jacqueline, survivra à ses blessures. Les responsable de cette attaque des deux Français auraient enfreint l'ordre de n'agresser que des membres de l'élite musulmane francophile, à l'exception des Européens. Ils auraient été plus tard sanctionnés par leurs chefs.[réf. nécessaire] D'autres attentats ont cependant ciblé des civils européens, tel que l'assassinat du garde forestier François Braun, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, par le groupe d'Ahmed Zabana, près d'Oggaz en Oranie[1], et également, le 31 octobre 1954 à 23 h 30, devant la gendarmerie de Cassaigne, Laurent François attaqué par Belkoniène Taïeb, Tehar Ahmed, Belkoniène Mohamed, Saharoui Albdelkader, Belhamiti, et Chouarfia[2]. Laurent François sera déclaré mort le 1er novembre à 1 h 30 du matin, faisant de lui chronologiquement le premier tué de la guerre d'Algérie, l'autocar des époux Monnerot n'ayant été attaqué qu'en milieu de matinée le 1er novembre 1954[3].

Versions[modifier | modifier le code]

Naturellement et comme dans tous conflits, l'événement n'est pas perçu de la même manière par les deux belligérants. Les « terroristes » des uns sont perçus comme les « libérateurs » des autres. Deux versions rigoureusement différentes s'opposent donc, celle rapportée par la presse française comme l'Écho d'Alger et celle de la presse algérienne telle El Watan.

Réactions à Paris[modifier | modifier le code]

Condamnation[modifier | modifier le code]

Le Pierre Mendès France (Radical-Socialiste), président du Conseil, déclare à l'Assemblée nationale, à propos des évènements d'Algérie[4],[5],[6],[7]:

« Il n'y aura pas de la part du gouvernement ni hésitation, ni atermoiement, ni demi-mesure dans les dispositions qu'il prendra pour assurer la sécurité et le respect de la loi. Il n'y aura aucun ménagement contre la sédition, aucun compromis avec elle, chacun ici et là-bas doit le savoir. À la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse car elle est sans injustice. On ne transige pas lorsqu'il s'agit de défendre la paix intérieure de la Nation, l'unité, l'intégrité de la République. Les départements d'Algérie constituent une partie de la République Française. Ils sont Français depuis longtemps et d'une manière irrévocable. Leurs populations qui jouissent de la citoyenneté française et sont représentées au Parlement ont d'ailleurs donné dans la paix, comme autrefois dans la guerre, assez de preuves de leur attachement à la France pour que la France à son tour, ne laisse pas mettre en cause cette unité. Entre elles et la métropole, il n'y a pas de sécession concevable. Jamais la France, aucun gouvernement, aucun Parlement Français, quelles qu'en soient d'ailleurs les tendances particulières, ne cédera sur ce principe fondamental. J'affirme qu'aucune comparaison avec la Tunisie ou le Maroc n'est plus fausse, plus dangereuse. Ici c'est la France. »

Le gouvernement Pierre Mendès France augmenta les effectifs militaires de 56 000 à 83 000 hommes, qui « ratissèrent l'Aurès, principal bastion de l'insurrection »[8]. Mais l'envoi du contingent n'intervint qu'un an plus tard, après la « journée des tomates » (6 février 1956, gouvernement Mollet).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Martin, dans L'agonie d'Oran -Nice 1985- p.13
  2. Verdict de la Cour d’Assises de Mostaganem du 24 juillet 1955 : « C'ÉTAIT LA VEILLE DE LA TOUSSAINT DE 1954 »
  3. notrejournal.info › ... › Bibliographie › Guerre 1954-1962
  4. L'Afrique française : bulletin mensuel du Comité l'Afrique française et du Comité du Maroc, Volumes 61-65, Comité du Maroc, Comité de l'Afrique française, 1957, p.10
  5. Les mots des uns, les maux des autres: la France et l'Algérie, Michel Delenclos, Godefroy de Bouillon, 2008, p.537
  6. Le livre blanc de l'armée française en Algérie, Michel de Jaeghere, Contretemps, 2001, p.47
  7. Pierre Mendès France (N.R.F. biographies), Éric Roussel, Gallimard, 2007, p.352
  8. G. Pervillé, De l'Empire français à la décolonisation, 1991 ; p.170

Liens externes[modifier | modifier le code]

Archives nationales (INA)[modifier | modifier le code]