Bachir Yellès

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Bachir Yellès

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le peintre dans son atelier

Nom de naissance Yellès Chaouche Bachir
Naissance (92 ans)
Tlemcen
Nationalité Drapeau de l'Algérie Algérie
Activités Peintre
Formation Écoles des Beaux-Arts Alger et Paris
Maîtres Nicolas Untersteller, Eugène Narbonne
Mouvement artistique Peinture orientaliste moderne
Influencé par coloristes (Cézanne) et l'art hispano-mauresque
Récompenses Prix d'Honneur des Beaux-Arts. Bourse Air France. Pensionnaire à la Casa de Velazquez,

Œuvres réputées

Portrait de Georges Marçais, Odalisque

Bachir Yellès Chaouche (arabe : بشير يلس), né le à Tlemcen, est un peintre algérien, figure de proue de l'histoire de la peinture algérienne contemporaine. Il vit et travaille à Alger.

Biographie[modifier | modifier le code]

1921-1962[modifier | modifier le code]

  • 1921 : naissance de B. Yellès à Tlemcen.
  • 1932-1942 : études secondaires au Collège De Slane à Tlemcen.
  • 1943-1947 : École des beaux-arts d'Alger (chez Andrée Du Pac et Louis Fernez).
  • 1944 : participe à la « Première exposition de peintres et miniaturistes musulmans d'Algérie » au Cercle Franco-Musulman d'Alger aux côtés notamment d'Ali-Khodja, Hemche, Ranem et Temmam. Œuvres exposées : Portrait du cadi de Tlemcen et Mariage à Tlemcen (miniatures) ; Paysage de Tlemcen et Mosquée de Sidi Haloui (peintures)[1].
  • 1946 : miniature Ben Badis reproduite à 5 000 exemplaires en héliographie. Original vendu à l'Association des Oulémas.
  • 1947 : Prix d'Honneur des Beaux-Arts décerné par le Gouvernement général de l'Algérie. Exposition à Tlemcen : œuvres exposées : Ruelle de Sidi Bellahcène, Tour de Mansourah, Mauresque, Le mendiant[2].
  • 1947-1950 : École Supérieure des Beaux-Arts de Paris (Ateliers Eugène Narbonne et Nicolas Untersteller).
  • 1948: exposition personnelle salle du syndicat d'initiative à Tlemcen. Œuvres exposées : Vue de l'atelier ainsi que des œuvres inspirées de la ville natale, des dessins et natures mortes. Son ami Dib fait la préface du livret qui commente l'évènement.
  • 1950 : contribue (avec Baya et Orlando Pelayo) aux illustrations du deuxième numéro de la revue Soleil de Jean Sénac et participe en avril à l'exposition des Peintres de la revue Soleil aux salles de l'Alhambra et de la Maison de l'Artisanat, rue d'Isly (aujourd'hui rue Larbi Ben M'hidi), Alger.
  • 1950-1952 : fonctionnaire des Services de l'Artisanat à Alger (cabinet de dessin de Lucien Golvin); fait le portrait de Georges Marçais. Chef de circonscription artisanale à Tlemcen; El Oued.
  • 1952 : lauréat de la Bourse Air France.
  • 1952-1953 : lauréat d'une bourse de séjour à la Casa de Velazquez (23e promotion) avec ses amis Mme Portejoie, les Courtin, Zavarro et Geoffroy Dauvergne.. Redécouvre l'art hispano-mauresque.
  • 1953-1958 : Services de l'Artisanat à Aflou; Alger.
  • 1953 : écrit une monographie sur les bijoux du Djebel Amour dont il a calligraphié le texte et dessiné les illustrations. Le livre, non édité, est resté à l'état de manuscrit.
  • 1954 : rédige un article de presse dans Algéria no 35 de février 1954: « Les bijoux du Djebel Amour ».
  • 1955 : exposition des œuvres des candidats au Grand Prix Artistique de l'Algérie ; œuvres exposées : Mariage à Tlemcen (miniature), Paysage (peinture) et au 50e Salon des Artistes Algériens et Orientalistes: œuvre exposée: Présentation de la mariée à Tlemcen (miniature)[3]. Exposition des peintres musulmans à la galerie Colline à Oran ; œuvres exposées : Fête arabe, Qoubba[4]. Exposition de peintres musulmans au Cercle Lélian ; Œuvres exposées : Cortège nuptial à Tlemcen ; Portrait de jeune fille ; La jeune fille au fauteuil; Nu (dessin); Paysage d'El-Biar ; Portrait de Georges Marçais[5].
  • 1958: remporte le Diplôme National des Beaux-Arts de Paris (hors concours).
  • 1958-1962 : inspecteur régional de l'Artisanat en Kabylie.
  • 1960 : décoration du collège technique d'Oran, 2 fresques de 8 × 2 m : Scènes champêtres, Mariage à Tlemcen[6].
  • 1960: exposition au festival de la Jeunesse, Helsinki.

1962-1982[modifier | modifier le code]

  • 1962-1982 : premier directeur de l'École Nationale d'Architecture et des Beaux-Arts d'Alger[7].
  • 1962: expose au Premier salon de l'Indépendance où il présente un bel ensemble dans un style décoratif qui lui est personnel avec d'harmonieux tons en à-plats très propres à la tapisserie[8].
  • 1963: président fondateur de l'Union Nationale des Arts Plastiques (UNAP). Participe à l'exposition Peintres algériens, organisée à Alger pour le 1er novembre 1963 et préfacée par Jean Sénac[9]. Œuvre exposée : Guerre d'Algérie, 1963.
  • 1964 : organisation du 1er salon de l'UNAP. Œuvres exposées : Retour des champs (ambassade d'Algérie à Paris) ; La Mère ; Paysage. Participe en avril à l'exposition Peintres algériens au Musée des arts décoratifs de Paris. Œuvres exposées : Guerre d'Algérie, 1963; Composition, 1964; Composition, 1964.
  • 1967-1984 : réalise des maquettes de timbres poste dont les plus fameux sont les deux séries de costumes (1971/1975), de tapis (1968) algériens et de métiers d'artisans (1981).
  • 1969 : fresque à l'ambassade d'Algérie à Paris. Parallèlement à ses activités professionnelles, à la fin des années 1960, début des années 1970, Bachir Yellès est secrétaire général de l'Association d'Amitié Algérie-France dont le président est M'hamed Yala, alors wali d'Alger, et le siège à El Kettani à Bab El Oued.
  • 1970 : fresque à l'Ambassade d'Algérie à Beyrouth. Fresque à la Wilaya (Préfecture) de Sétif.
  • 1972 : fresque à la Wilaya de Batna.
  • 1973: article de presse dans Algérie Actualité du 2-8 septembre 1973: styles des arts plastiques en Algérie.
  • 1975 : conservateur par intérim du Musée National des Beaux-Arts d'Alger.
  • 1981-1982 : se rend à plusieurs reprises au Canada dans le cadre des études pour la réalisation du Sanctuaire du Martyr (Maqam E'Chahid) dont la maquette a été réalisée à l'École des Beaux-Arts sous sa direction[10].

Après 1982[modifier | modifier le code]

  • 1982-1992 : conseiller auprès du Ministre de la Culture.
  • 1984 : aménagements architecturaux et de décoration du Palais de la Culture[11].
  • 1992 : chargé de l'aménagement du pavillon algérien à l'Exposition Universelle de Séville.
  • 1993-2004: interventions à caractère plastique et architectural à l'École Supérieure de la Marine, la Mosquée Émir Abd El-Kader de Constantine, le Centre National des Archives, le siège de la Banque d'Algérie à Tizi-Ouzou, l'annexe de la Banque d'Algérie à Alger.
  • 2007: hommage à Bachir Yellès par l'Union Nationale des Arts Culturels avec les anciens élèves et professeurs de l'École Nationale d'Architecture et des Beaux-Arts d'Alger, Galerie Racim, Alger. Exposition des membres fondateurs de l'UNAP.
  • 2009: exposition au musée des beaux-arts d'Alger. Peintures, gouaches, aquarelles, dessins, maquettes de timbres, études architecturales et monographie sur les bijoux du Djebel Amour sont présentés. Une salle du musée des beaux-arts est baptisée du nom du peintre.
  • 2011: dans le cadre de "Tlemcen capitale de la culture islamique", exposition intitulée: les peintres de Tlemcen et de ses environs. Hommage à Bachir Yellès et Choukri Mesli.
  • 2012: Journée mondiale de l’Architecture : l’hommage d’Oran à Bachir Yellès[12].

Réalisations[modifier | modifier le code]

Scène de campagne en Kabylie (2005)
  • Bachir Yellès est une figure de proue dans l'histoire de la peinture algérienne contemporaine puisqu'il contribue à la naissance, à l'indépendance de l'Algérie, d'une École des Beaux-Arts authentiquement algérienne et à l'essor de l'activité picturale en formant, durant deux décennies, des générations de jeunes peintres, architectes, céramistes, sculpteurs etc. Il est également à l'origine de la fondation de la première association des arts plastiques en 1963 qu'il va présider à sa création.
  • Peintre figuratif ; inspiré par les paysages tlemcéniens et kabyles, Bachir Yellès s'est essayé néanmoins aux diverses techniques des beaux-arts : dessin, miniature, fresque, céramique, architecture. Ses œuvres garnissent les collections en Algérie (Musée des Beaux-Arts d'Alger) et à l'étranger ainsi que les différentes ambassades d'Algérie à Paris, Washington, New York, Londres...
  • Parmi les réalisations les plus connues du grand public citons : la conception du Monument d'Alger Maqam E'chahid, la crypte du Musée du Moudjahid, l'esthétique du Palais de la Culture, l'horloge du Centre des Arts à Riadh El Feth, le portrait de Georges Marçais, la miniature de Ben Badis, la fresque qui orne l'Ambassade d'Algérie à Paris ainsi que de nombreux timbres-poste (en particulier les séries sur les costumes, les tapis algériens et les artisans algériens).
  • Mohammed Dib a écrit à son sujet : « Tout ce qu'il fait se caractérise par une grande probité. Probité qui en arrive même parfois à prendre trop de précautions pour rester inentamée »[13].
  • Bachir Yellès est l'auteur de plusieurs articles parus dans des revues spécialisées nationales et internationales ainsi qu'une monographie sur les bijoux du Djebel Amour.
  • Interventions à caractère architectural et plastique à Alger : Maqam E'chahid, Palais de la Culture, Cour Suprême, Centre National des Archives, École supérieure de la Marine (Tamentefoust), Banque d'Algérie : et à Constantine sur la Mosquée Emir Abdelkader.

Musées[modifier | modifier le code]

Horloge du Centre des arts à Alger
Portrait d'un artisan de Tlemcen, huile sur toile, 1948
La Madrilène, crayon, 1952
L'Américaine, huile sur toile, 1952
Femme au bouquet, huile sur toile, 1959
Guerre d'Algérie, 122 × 80 cm, 1963
Femme à la fleur, 1967
Buste de femme, acrylique sur toile, 1969
Les joueurs de carte
La fileuse, 1969
La place du Gouvernement, 1949
Jeunes filles dans un intérieur, 1956
Paysage d'Hydra, 1953

Articles de Presse[modifier | modifier le code]

  • Mohammed Zerrouki, « Exposition Bachir Yellès, l'art pictural à Tlemcen », dans Oran Républicain,  :
« Bachir Yellès rompt délibérément avec l'algérianisme et ses tons brûlants et agressifs. Soigneusement tamisées, ses tonalités évoquent douceur et discrétion. Les toiles de l'exposition révèlent un art qui ne se cristallise pas mais qui cherche à travers même la variété des sujets et des scènes, son unité et son originalité ».
  • Mohammed Dib, préface du catalogue de l'exposition de peintures et dessins de B. Yellès à Tlemcen le , salle du syndicat d'initiative, Place du Mechouar :
« Ce qui de prime abord nous frappe dans ses œuvres, c'est la somme d'expérience qui les charge, en fait, l'expression authentique d'un tempérament (...) Les dessins sont beaux et graves. La pure abstraction qu'est un dessin n'empêche nullement dans ceux-ci le rayonnement charnel. »
  • Fernand Arnaudiès, « Exposition de peintres musulmans au cercle Lélian », dans La Dépêche Quotidienne,  :
« Bachir Yellès qui fut pensionnaire de la Casa de Velazquez est un artiste de classe. Il s'exprime sobrement avec une belle spontanéité d'émotion, avec une logique constructive qui fait le charme réel de son œuvre. L'éclat des couleurs, les contrastes souvent heurtés mais jamais dissonants, l'heureuse synthèse des formes, ajoutent encore un caractère singulièrement expressif (...) Mais Yellès paraît nourrir certaine passion pour le dessin. Son trait est d'une admirable finesse, dune acuité expressive remarquable. Je citerai ce délicat portrait de G. Marçais, ce nu vu de dos, ce portrait de jeune fille. Ils rejoignent, par leur pureté classique l'œuvre accomplie de nos maîtres du crayon. »
« Yellès, qui a su assimiler la leçon européenne en gardant ses qualités d'oriental, évoque pour nous Tlemcen et le Chenoua avec des couleurs éclatantes. »
  • Odette Pfister, « Transposant la miniature ancestrale, le peintre Bachir Yellès décore le Collège technique de jeunes filles d'Oran », dans le Journal d'Alger,  :
« Le "grand silencieux" l'appellent ses camarades de cours chez Lhot et Fernez (...) À Paris, jusqu'en 1948, il fréquentera assidûment les ateliers Narbonne et Untersteller. Ses participations à diverses expositions d'ensemble sont toujours relevées avec intérêt par la critique parisienne. »
  • Louis Eugène Angeli, « M. Bachir Yellès est nommé directeur de l'École Nationale des Beaux-Arts d'Alger qui ouvrira ses portes le 15 novembre » dans La Dépêche d'Algérie,  :
« M. Bachir Yellès, fort connu dans les milieux de la peinture algérienne, vient d'être nommé directeur de notre première école d'enseignement des Beaux-Arts en Algérie (...) Au cours de sa double carrière artistique et administrative, (il) n'a cessé d'exposer dans nos différents salons à Alger, à Oran. Il a fait des expositions à Paris, Madrid, Tunis, Alger, Oran et cette année encore à Helsinki, au festival de la Jeunesse (...) M. Bachir Yellès nous a reçu dans son bureau de l'école du Parc Gatliff. Les traits fins dans un visage racé, le nouveau directeur, très discret, nous a accordé un entretien d'une exquise urbanité (...). Une belle et noble tâche attend M. Bachir Yellès à ce poste éminent dont dépend la formation artistique de la jeunesse algérienne. »
  • A. Aaroussi, Président de l'UNAC, préface à l'hommage à B. Yellès, galerie Racim,  :
« B. Yellès, l'artiste qui avait la tâche de conduire la locomotive des arts (en Algérie ndlr). Un militant de l'art rompu à la besogne, un manager de grand talent. Un homme aux vertus multiples à qui les artistes rendent hommage aujourd'hui. »
  • Dalila Mahammed Orfali, directrice du musée national des beaux-arts, Bachir Yellès, ancrage d'une mémoire, :
« Née dans un siècle où l'Histoire aura tout dominé, l'œuvre de Bachir Yellès, historiographie esthétique infinie, n'a pu qu'être porteuse de nombreux messages et de significations multiples; ce n'est point une œuvre façonnée par l'errance, l'incertitude ou le conformisme; et si son contenu visionnaire s'inscrit d'évidence au premier plan de l'anthologie culturelle de notre pays, c'est parce qu'il est la résonance d'une multitude algérienne. »

Galerie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mohammed Dib, Bachir Yellès peintre algérien, dans Alger Républicain, Alger, 27 septembre 1950
  • Musées d'Algérie: l'art populaire et contemporain, Collection Art et Culture, Éditions Ministère de l'Information et de la Culture, Alger, 1973
  • Importante réalisation à Alger, dans Lavalin Magazine, août-Septembre 1982
  • Palais de la Culture: la magie du site, dans El Watan, Alger, 14 avril 1998
  • Marion Vidal-Bué, Alger et ses peintres 1830-1962, Éditions Paris Méditerranée, 2000
  • Élisabeth Cazenave, Les Artistes de l'Algérie, Bernard Giovanangeli, Éditions Association Abd-el-Tif, 2001
  • Mansour Abrous, Les artistes algériens, Dictionnaire biographique 1917-1999, Casbah éditions, Alger, 2002 (p. 217-218)
  • Djamila Flici-Guendil, Diwan El-Fen, Dictionnaire des Peintres, Sculpteurs et Designers Algériens, ENAG/ANEP, p. 314-315, Alger, 2008
  • Bachir Yellès, Ancrage d'une mémoire, texte de Mahammad-Orfali Dalila et témoignages de l'artiste, Musée national des beaux-arts, Alger, juin 2009 (198 p.)
  • Djilali Sari, Tlemcen et ses élites, Casbah Éditions, p. 221-238, Alger, 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F. Arnaudies, La Dépêche d'Algérie, décembre 1944
  2. M. Zerrouki, Oran Républicain du 9 octobre 1947
  3. Alger Républicain du 13 janvier 1955
  4. Oran Républicain du 19 février 1955
  5. Journal d'Alger du 8 avril 1955
  6. O. Pfister, Le Journal d'Alger du mardi 27 septembre 1960
  7. L.E. Angeli, La Dépêche d'Algérie du vendredi 9 novembre 1962
  8. L.E. Angeli, Le premier salon de l'indépendance, la Dépêche d'Algérie, jeudi 19 juillet 1962
  9. L'exposition réunit des peintures d'Aksouh, Baya, Hacène Benaboura, Benanteur, Bouzid, Guermaz, Issiakhem, Khadda, Azouaou Mammeri, Mesli, Martinez, Mohamed Racim, Bachir Yellès, Zérarti, mais aussi d'Angel Diaz-Ojeda, Jean de Maisonseul, Nallard et René Sintès, ainsi que des dessins d'enfants.
  10. Importante réalisation à Alger », Lavalin Magazine, août-septembre 1982
  11. A. Medjeber, El Watan du mardi 14 avril 1998
  12. http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/29982
  13. Mohammed Dib, Alger Républicain, mercredi 27 septembre 1950

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]