Plan de Constantine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Plan de développement économique et social en Algérie ou Plan de Constantine (1959-1963) est un programme économique élaboré par le gouvernement français en 1958 au plus fort de la guerre d'Algérie après l'arrivée au pouvoir du général De Gaulle, qui annonce publiquement son lancement dans un discours devant la préfecture de Constantine le 3 octobre 1958. Visant à la valorisation de l'ensemble des ressources de l'Algérie, ce plan était aussi destiné à l'affaiblissement politique du FLN. Il s'inspire de travaux menées précédemment : le rapport de la Commission Maspetiol sur les relations financières entre l'Algérie et la métropole (juin 1955) et les perspectives décennales du développement économique de l'Algérie (mars 1958).

C'est à Paul Delouvrier (inspecteur des Finances qui a fait carrière dans divers cabinets ministériels de la IVe république) et son adjoint Salah Bouakouir (polytechnicien d'origine musulmane) que reviennent la mission de le mettre en œuvre[1]. Délégué général du gouvernement en Algérie de 1958 à 1960, il doit conduire conjointement la pacification.

Le plan de Constantine, s'inspirant en cela de la planification mise en place pour la reconstruction après-guerre en métropole, se veut indicatif et non-contraignant. Il prévoit des investissements à la fois publics et privés, à hauteur de 50 % chacun.

Les principaux objectifs fixés par ce plan sont :

  • la construction de 200 000 logements, permettant d'héberger 1 million de personnes ;
  • la redistribution de 250 000 hectares de terres agricoles ;
  • le développement de l'irrigation ;
  • la création de 400 000 emplois industriels ;
  • la scolarisation de tous les enfants en âge d'être scolarisés à l'horizon de 1966 ;
  • l'emploi d'une proportion accrue de Français musulmans d'Algérie dans la fonction publique (10 %) ;
  • l'alignement des salaires et revenus sur la métropole.

Le programme d'industrialisation envisagé s'appuie à la fois sur des aides directes et indirectes aux entreprises privées investissant en Algérie (exemption de certains impôts, subventions à l'investissement à hauteur de 10 %), l'aménagement de zones industrielles (notamment celle de Rouiba-Reghaïa, sur 1100 hectares, à l'est d'Alger) et la mise en valeur des ressources en hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) découvertes peu avant dans le Sahara, susceptibles de fournir des ressources d'exportation et une énergie bon marché.

La guerre puis l'indépendance ne permettront que des réalisations limitées et précipitées du plan initial qui est finalement abandonné à la fin de 1961[1].

Des cités d’habitation destinées à la population « indigène » ont notamment été construites sur le modèle des grands ensembles métropolitains à Alger et dans d'autres grandes villes.

En métropole le plan de Constantine est à l'origine de la création du Fonds d'Action sociale pour les travailleurs musulmans d'Algérie en métropole et pour leur famille (FAS).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Daniel Lefeuvre, Chère Algérie, la France et sa colonie (1930-1962), Flammarion,‎ 2005, 512 p. (ISBN 2082105016)