Franklin Delano Roosevelt
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| N° d’ordre | 32e président des États-Unis d'Amérique |
|---|---|
| Élection | {{{élection}}} |
| Mandat | 4 mars 1933 12 avril 1945 |
| Date et lieu de naissance |
30 janvier 1882 à Hyde Park, New York |
| Date et lieu de décès |
12 avril 1945 à Warm Springs, Géorgie |
| Profession | Juriste |
| Parti politique | Démocrate |
| Vice-président | John N. Garner (1933–1941) Henry A. Wallace (1941–1945) Harry S. Truman (1945) |
| Processus électoral Résultats des élections Liste des Vice-présidents |
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Franklin Delano Roosevelt ˈrəʊzəvelt (1882 - 1945) est le trente-deuxième président des États-Unis. Il est élu pour quatre mandats commençant en 1933, 1937, 1941 et 1945. Il meurt avant la fin de ce dernier mandat.
Seul président à avoir été élu quatre fois (le nombre de mandats étant limité à deux depuis 1951) Roosevelt est amené à conduire la lutte contre la Grande Dépression, en mettant en œuvre le New Deal qui refonde pour une quarantaine d'années le pacte social américain, puis la politique des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Critiqué et admiré, il laisse une très forte empreinte dans l'histoire du pays et du monde. Il réussit notamment à élaborer un nouveau mode de présidence, plus interventionniste et plus active[1].
Sommaire
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[modifier] Biographie
[modifier] Origines familiales et jeunesse
Franklin Delano Roosevelt est né le 30 janvier 1882 à Hyde Park, une localité de la vallée de l’Hudson située à environ 160 km au nord de New York. Ses parents, James Roosevelt Sr. et Sara Ann Delano appartenaient à deux vieilles familles patriciennes de New York[2]. Son père, un riche entrepreneur, avait des ancêtres hollandais et sa mère des ancêtres franco-luxembourgeois[3],[4]. Son grand-père maternel, Warren Delano Jr., qui avait fait fortune dans le commerce de l’opium avec la Chine, était un descendant de Philippe de La Noye, l’un des passagers du Mayflower en 1620[5],[6].
Franklin Roosevelt était fils unique ; il grandit sous l’influence d’une mère possessive[7] et eut une enfance heureuse et solitaire[8]. Il passait souvent ses vacances dans la maison familiale de l'île de Campobello située au Canada. Grâce à de nombreux voyages en Europe, Roosevelt se familiarisa avec les langues allemande et française. Il reçut une éducation aristocratique, apprit à monter à cheval, pratiqua de nombreux sports comme le polo, l’aviron, le tennis et le tir.
À l'âge de quatorze ans il entra dans un établissement privé et élitiste, la Groton School au Massachusetts. Pendant ses études, il fut influencé par son maître, le révérend Endicott Peabody, qui lui enseigna le devoir chrétien de charité et la notion de service pour le bien commun[9]. En 1899, Franklin Roosevelt continua ses études à Harvard où il résida dans la luxueuse Adams House. Il entra dans la fraternité Alpha Delta Phi et participa au journal étudiant Le Crimson. Il perdit son père qui mourut en 1900. À cette époque, son oncle par alliance[10] Theodore Roosevelt accéda à la présidence des États-Unis et devint son modèle politique. Il s'inscrivit au Parti démocrate. Il appartenait aussi à la franc-maçonnerie [1].
En 1902, au cours d’une réception à la Maison Blanche, Franklin Roosevelt fit la connaissance de sa future épouse Anna Eleanor Roosevelt, qui était aussi la nièce du Président Theodore Roosevelt. Eleanor et Franklin Roosevelt avaient tous les deux pour ancêtre le Hollandais Claes Martenzen van Roosevelt[11] qui débarqua à la Nouvelle-Amsterdam (future New York) dans les années 1640. Ses deux petits-fils, Johannes et Jacobus ont fondé les deux branches de la famille, celle de l’Oyster Bay et celle d’Hyde Park. Eleanor et Theodore Roosevelt descendaient de la branche aînée, alors que Franklin Roosevelt était issu de la branche cadette, celle de Jacobus[12]. En 1902, Franklin Roosevelt entra à l’école de droit de l’université Columbia mais abandonna son cursus en 1907 sans diplôme. Il passa avec succès l’examen du barreau de l’État de New York et fut engagé dès 1908 dans un cabinet d’affaires prestigieux de Wall Street, la Carter Ledyard & Milburn.
[modifier] Vie de famille
Franklin Roosevelt épousa Eleanor le 17 mars 1905 à New York, malgré l’opposition de sa mère. Lors de la cérémonie, Theodore Roosevelt remplaçait le père défunt de la mariée, Elliott Roosevelt. Le jeune couple s’installa ensuite sur le domaine familial de Springwood à Hyde Park. Alors que Franklin était un homme charismatique et sociable, sa femme était à cette époque timide, se tenait à l’écart des mondanités pour élever ses enfants :
- Anna Eleanor (1906–1975),
- James (1907–1991),
- Franklin Delano Jr. (3 mars 1909- 7 novembre 1909),
- Elliott (1910–1990),
- Franklin Delano, Jr. (1914–1988)
- John Aspinwall (1916–1981).
Franklin Roosevelt eut plusieurs aventures amoureuses pendant son mariage : il entretint dès 1914 une liaison avec la secrétaire de son épouse, Lucy Mercer. En septembre 1918, Eleanor trouva la correspondance écrite des amants dans les affaires de son mari. Elle le menaça de demander le divorce. Sous la pression de sa mère et de sa femme, Roosevelt s’engagea à ne plus voir Lucy Meyer et le couple sauva les apparences. Eleanore s’établit dans une maison séparée à Valkill tout en continuant de voir son époux[13].
Les enfants du couple ont mené quant à eux des existences tumultueuses : 19 mariages, 15 divorces et 22 enfants pour l’ensemble des cinq enfants. Les quatre fils ont participé à la Seconde Guerre mondiale comme officiers et ont été décorés pour leur bravoure au combat. Après le conflit, ils ont mené des carrières dans les affaires et la politique. Franklin Delano Roosevelt Jr. a représenté l’Upper West Side au Congrès pendant trois mandats et James Roosevelt pour le 26e district de Californie pendant six mandats.
[modifier] Débuts politiques (1910-1920)
Roosevelt n'aimait pas particulièrement sa carrière juridique et se tourna vers la politique à la première occasion. En 1910, il se présenta au poste de sénateur démocrate pour le 26e district de l’État de New York[14]. Il fut élu et entra en fonction le 1er janvier 1911 au Sénat d’Albany. Il prit rapidement la tête d’un groupe parlementaire de réformistes qui s’opposait au clientélisme du Tammany Hall, la « machine » politique du Parti démocrate à New York. Roosevelt devint un personnage populaire parmi les démocrates de son État et fut réélu le 5 novembre 1912 grâce au soutien de Louis Howe[15], avant de démissionner le 17 mars suivant. En 1914, il se présenta aux élections primaires pour le poste de sénateur mais fut battu par le candidat soutenu par le Tammany Hall, James W. Gerard.
En 1913, Roosevelt fut nommé Secrétaire-adjoint à la Marine par le président Woodrow Wilson[16] et travailla pour Josephus Daniels. Entre 1913 et 1917, il s’employa à développer la marine américaine et fonda la United States Navy Reserve. Pendant la Première Guerre mondiale, Roosevelt fit preuve d’une attention particulière pour la marine et milita pour le développement des sous-marins. Afin de parer aux attaques sous-marines allemandes contre les navires alliés, il proposa d’installer un barrage de mines en mer du Nord, entre la Norvège et l’Écosse. En 1918, il inspecta les équipements navals américains en Grande-Bretagne et se rendit sur le front en France[17]. Pendant sa visite, il rencontra Winston Churchill pour la première fois. Après l’armistice du 11 novembre 1918, il fut chargé de superviser la démobilisation et quitta son poste de Secrétaire-adjoint de la Marine en juillet 1920.
En 1920, la convention nationale du Parti démocrate choisit Franklin Roosevelt comme candidat à la vice-présidence des États-Unis, aux côtés du gouverneur de l’Ohio James M. Cox. Dans un discours prononcé à Butte (Montana) le 18 août 1920, il mit en avant son rôle dans la rédaction de la constitution imposée à Haïti en 1915 : « J’ai écrit moi-même la constitution de Haïti, et je pense que cette constitution est plutôt bonne[18]. » Le ticket Cox-Roosevelt fut battu par le Républicain Warren Harding qui devint président. Après cet échec, il se retira de la politique et travailla à New York[19].
[modifier] Traversée du désert et maladie (1921-1928)
En août 1921, pendant ses vacances à Campobello Island, Roosevelt contracta une maladie que l’on pensait être à l’époque la poliomyélite. Il en résulta une paralysie de ses membres inférieurs : il avait alors 39 ans. Il ne se résigna jamais à accepter la maladie, fit preuve de courage et d’optimisme[20]. Il essaya de nombreux traitements : en 1926, il acheta une propriété à Warm Springs en Géorgie, où il fonda un centre d’hydrothérapie pour les patients atteints de la polio : le Roosevelt Warm Springs Institute for Rehabilitation est toujours en activité. Le jour de sa première investiture présidentielle, il reçut personnellement des enfants paralytiques[21]. Pendant sa présidence, il participa à la création de la National Foundation for Infantile Paralysis. Roosevelt cacha la dégradation de son état de santé pour pouvoir être réélu. En public, il marchait avec des attelles orthopédiques ou une canne ; en privé, il se déplaçait en fauteuil roulant[22]. Lors de ses apparitions publiques, il était soutenu par l’un de ses fils ou par un auxiliaire. Une étude de 2003 a démontré que Roosevelt n’était pas atteint par la polio mais par le syndrome de Guillain-Barré[23].
[modifier] Roosevelt gouverneur de New York (1928-1932)
Roosevelt prit bien soin de rester en relation avec le Parti démocrate et s’allia avec le gouverneur Alfred E. Smith, ancien gouverneur du New Jersey. Il se rapprocha du Tammany Hall et fut finalement élu gouverneur de l'État de New York à une courte majorité[24] et dut cohabiter avec un Congrès à majorité républicaine[25].
Il prit sa charge de gouverneur en 1929 et entama aussitôt une politique novatrice et audacieuse pour l'époque : il agit en faveur des campagnes (reboisement, conservation du sol), établit des programmes sociaux comme la T.E.R.A[26] qui accordait des aides financières directes aux chômeurs. Deux concepts forts, outre un remarquable pragmatisme, dominent son action publique. Tout d'abord l'idée qu'il est souvent nécessaire de substituer la liberté collective à la liberté individuelle, mais aussi sa grande méfiance envers l'idée de concurrence sans contrainte («la coopération doit intervenir là où cesse la concurrence» et celle-ci «peut être utile jusqu'à une certaine limite mais pas au-delà»). C'est ainsi qu'il réduisit la durée du temps de travail pour les femmes et les enfants, lança un programme d'amélioration des hôpitaux, des prisons et renforça l'autorité publique. Cette politique, surtout après le déclenchement de la crise économique de 1929, révéla toute son acuité devant l'absence de réaction à la crise du gouvernement d'Herbert Hoover à Washington.
Ses détracteurs l'accusèrent d'être « socialiste », dans un sens péjoratif. Roosevelt fit en effet preuve d'une grande tolérance sur les thèmes de l'immigration et de la religion, tolérance qui se manifesta par ses réserves sur la politique des quotas, sur la prohibition et sur les querelles internes au Parti démocrate entre juifs, catholiques et protestants.
C'est à cette époque que Roosevelt commença à réunir une équipe de conseillers parmi lesquels Frances Perkins et Harry Hopkins, en prévision de son élection au poste de président. Le principal point faible de son mandat fut la corruption de Tammany Hall à New York. Roosevelt fut réélu en 1930 contre le Républicain Charles Egbert Tuttle pour un deuxième mandat de gouverneur.
La même année les Boy Scouts of America (BSA) lui décernèrent la plus haute distinction pour un adulte, la Silver Buffalo Award, en l’honneur de son engagement pour la jeunesse. Roosevelt soutint le premier Jamboree scout et devint président honoraire des BSA[27].
[modifier] L'élection présidentielle de 1932
Roosevelt remplaça le catholique Alfred Smith à la tête du Parti démocrate de New York dès 1928. La popularité de Roosevelt dans l’État le plus peuplé de l’Union en fit un candidat potentiel à l'élection présidentielle de 1932. Ses adversaires à l'investiture, Albert Ritchie, le gouverneur du Maryland et W.H.Murray, celui de l'Oklahoma, étaient des personnalités locales et moins crédibles. John Nance Garner, candidat de l’aile conservatrice du Parti, renonça à la nomination en échange du poste de vice-président, charge qu’il assumera jusqu’en 1941. Roosevelt resta confronté à l'hostilité non déguisée du président du parti, John Raskob, mais reçut le soutien financier de William Randolph Hearst, de Joseph P. Kennedy, de William G. McAdoo et d’Henry Morgenthau.
L’élection présidentielle se déroula dans le contexte de la Grande Dépression et des nouvelles alliances politiques qui en découlaient. En 1932 Roosevelt avait récupéré physiquement de sa maladie, si ce n'est l'usage de ses jambes, et il n'hésita pas à se lancer dans une épuisante campagne électorale. Dans ses nombreux discours électoraux, Roosevelt s’attaqua aux échecs du président sortant, Herbert Hoover et dénonça son incapacité à sortir le pays de la crise. Il s’adressa en particulier aux pauvres, aux travailleurs, aux minorités ethniques, aux citadins et aux Blancs du Sud en élaborant un programme qualifié de New Deal (« nouvelle donne ») : il avait prononcé cette expression lors de la Convention démocrate de Chicago le 2 juillet 1932[28],[29]. Il développa surtout les questions économiques[30] et proposa une réduction de la bureaucratie et une abolition partielle de la Prohibition. Le programme de Roosevelt n'obéssait à aucune idéologie et n'était pas précis quant aux moyens qui devraient être mis en œuvre pour aider les Américains les plus pauvres[31].
La campagne de Roosevelt fut un succès pour plusieurs raisons : le candidat fit preuve de pédagogie et sut convaincre les Américains par ses talents d’orateur[32]. De plus, Roosevelt avait mûri politiquement sous l'influence de personnalités comme Louis Howe, l'un de ses associés, ou Joseph Daniels, son ministre de tutelle à la Marine. Il ne faut pas négliger non plus le rôle des conseillers du gouverneur qu'il fut, tels Raymond Moley, Rexford Tugwell, Adolf Berle, tous les trois chercheurs et universitaires, généralement de Columbia, pressentis par Samuel Rosenman le rédacteur des discours de Roosevelt. Ces hommes, avec Bernard Baruch, un financier ancien chef du War Industries Board durant la Première Guerre mondiale, ou encore Harry Hopkins, son confident, vont constituer le fameux « Brain Trust » du président.
Le 8 novembre 1932, Roosevelt recueillit 57 % des voix[33] et le Collège électoral lui est favorable dans 42 états sur 48[34]. Le Congrès était acquis au Parti démocrate[35]. Les États de l’Ouest, du Sud et les zones rurales l’ont plébiscité. Les historiens et les politologues considèrent que les élections de 1932-1936 fondent une nouvelle coalition autour des Démocrates et le 5e système de partis[36].
Le 15 février 1933, Roosevelt échappa à un attentat alors qu’il était en voiture à Miami en Floride[37]. L’auteur des coups de feu était Joseph Zangara[38], un anarchiste d’origine italienne dont les motivations sont d’ordre personnel. Il fut condamné à 80 ans de réclusion, puis à la peine de mort, car le maire de Chicago Anton Cermak mourut des blessures reçues pendant l’attentat.
[modifier] Présidence (1933-1945)
Lorsque Franklin Roosevelt prit ses fonctions de Président de États-Unis le 4 mars 1933, le pays était plongé dans une grave crise économique : 24,9 % de la population active, plus de 12 millions de personnes étaient alors au chômage[39] et deux millions d’Américains étaient sans-abri. Entre 1930 et 1932, 773 établissements bancaires firent faillite[40]. Lors de son discours inaugural, Roosevelt dénonça la responsabilité des banquiers et des financiers dans la crise ; il présenta son programme directement aux Américains par une série de discussions radiophoniques connues sous le nom de fireside chats (« causeries au coin du feu »)[41].
[modifier] Premier mandat
[modifier] 1933
6 février : Le Congrès adopte le 20e amendement à la Constitution qui fait passer la date du début du mandat présidentiel du 4 mars au 20 janvier. Il ne s’écoule donc plus que deux mois entre l’élection présidentielle et celle de l’installation du nouveau président.
4 mars : Roosevelt devient le 32e président des États-Unis. Son gouvernement comprend, pour la première fois, une femme, Frances Perkins, au poste de ministre du travail.
5 mars : Roosevelt ordonne la fermeture des banques pour une durée de quatre jours afin d’enrayer la panique causée par les faillites.
9 mars – 16 juin : Le Congrès vote pendant ces '100 jours' la plupart des lois qui formeront le programme de la nouvelle répartition (New deal) des richesses. Les banques solvables peuvent de nouveau ouvrir ce qui met un terme à la panique économique et le gouvernement met en place deux agences pour gérer les travaux publics (4 millions d’emplois créés) et la stabilité de l’économie.
12 mars : Roosevelt donne la première de ses entrevues radiophoniques « au coin du feu ». Il en donnera trente pendant sa présidence.
31 mars : Création du Corps des écologistes qui donne du travail à 250 000 jeunes en replantant les forêts nationales.
19 avril : Les États-Unis abandonnent l’étalon-or, ce qui donne un coup de fouet à l’économie.
12 mai : Passage de la loi sur « l’aide fédérale d’urgence » permettant d’accorder des subventions aux États pour leurs programmes d’assistance aux plus démunis et de la loi sur le « contrôle de l’agriculture » permettant de limiter la production, d’augmenter les prix et d’aider les fermiers en détresse.
18 mai : Passage de la loi sur « la vallée du Tennessee » pour lutter contre les inondations et permettre l’électrification des sept états de la vallée. La critique attaquera ce projet ‘socialiste’ que d’autres considéreront comme un modèle de réalisation sociale.
13 octobre : Le gouvernement des États-Unis annonce son retrait de la Ligue des nations.
16 novembre : Établissement des relations diplomatiques avec l’Union soviétique.
5 décembre : La ratification du 21e amendement par l’Utah met fin à la Prohibition.
[modifier] 1934
24 mars : Le Congrès vote la transition vers l’indépendance des Philippines qui ne sera effective que le 4 juillet 1946.
29 mai : Les États-Unis abandonnent le protectorat sur Cuba issu de la Guerre contre l’Espagne en 1903.
[modifier] 1935
4 janvier : Au cours de son allocution annuelle devant le Congrès sur « la situation de l’Union », Roosevelt annonce le lancement de la deuxième partie de son programme de nouvelle redistribution des richesses (New Deal). Il prépare des réformes de fond sur la sécurité sociale, l’assurance maladie, le chômage etc. destinées à remplacer les mesures d’urgence qu’il a mise en place au début de son programme.
27 mai : La Cour suprême déclare l’inconstitutionnalité de l’une des lois du New Deal, donnant au gouvernement fédéral des pouvoirs sur les industriels. C’est un premier échec pour Roosevelt mais aussi pour le gouvernement fédéral face aux États et aux intérêts individuels.
5 juillet : Signature de la loi autorisant les syndicats à représenter collectivement les salariés.
14 août : Signature de la loi sur la retraite à 65 ans, l’assurance chômage et l'extension de la sécurité sociale.
31 août : Signature de la loi sur la neutralité des États-Unis entre les pays en guerre. Ils s’interdisent de livrer directement des armes aux belligérants mais autorisent ces derniers à venir s’approvisionner d’où le surnom "Cash 'n' Carry" qui lui sera donné ‘loi payé – emporté’. Elle sera appliquée à la guerre entre l’Italie et l’Éthiopie, puis à la guerre civile en Espagne. Le président était "interventionniste", alors que le Congrès était '"isolationniste". Ce qui le poussa à déclarer : "Les États-Unis sont neutres, mais personne n'oblige les citoyens à être neutres", ce qui a donné des volontaires en Espagne dans le bataillon "Abraham Lincoln", d'autres en Chine de l'AVG (American Volunteers Group) qui formaient les "tigres volants de Claire Chennault et plus tard les volontaires de la Eagle Squadron au sein de la RAF.
[modifier] 1936
| Candidat | Parti | Vote populaire | % | Collège électoral |
| Franklin D. Roosevelt | Démocrate | 27 747 636 | 60,8 | 523 |
| Alfred M. Landon | Républicain | 16 679 543 | 36,5 | 8 |
3 novembre : Après quatre ans de présidence, l'économie reste faible et 8 millions d'Américains sont toujours au chômage. Roosevelt est confronté à un candidat républicain sans réelle envergure, Alfred Landon, et il réussit à réunir sous sa bannière l'ensemble des forces opposées « aux financiers, aux banquiers et aux spéculateurs imprudents ». Cet ensemble électoral multi-ethnique, multi-religieux essentiellement urbain deviendra et est toujours le réservoir de voix du Parti démocrate. Roosevelt est réélu pour un deuxième mandat. Sa victoire écrasante, obtenue avec un écart de 11 millions de voix[42], contredit tous les sondages et les prévisions de la presse. Elle indique un fort soutien populaire à sa politique de nouvelle redistribution des richesses '(New Deal)' et se traduit par une majorité démocrate dans les deux Chambres du Congrès.
[modifier] Deuxième mandat
Par rapport à la période de son premier mandat, peu de grandes législations furent adoptées lors du second mandat. On citera ainsi l’United States Housing Authority qui faisait partie du New Deal (1937), un deuxième ajustement pour l’agriculture ainsi que le Fair Labor Standards Act (FLSA) de 1938 qui créa un salaire minimum. Lorsque l’économie se détériora à nouveau fin de l’année 1937, Roosevelt lança un programme agressif de stimulation de celle-ci en demandant au Congrès 5 milliards de dollars pour lancer des travaux publics dans le but de créer 3,3 millions d’emplois en 1938.
La Cour suprême des Etats-Unis était l’obstacle principal à Roosevelt pour pouvoir réaliser ses programmes. Par exemple en 1935, la Cour décréta unanimement que le National Recovery Act (NRA) était inconstitutionnel car il donnait un pouvoir législatif au président. Roosevelt étonna le Congrès en 1937 en proposant une loi lui offrant la possibilité de nominer cinq nouveaux magistrats[43]. Cette demande fut accueillie par une large opposition comprenant même des membres de son propre parti dont le Vice Président Garner car il semblait aller à l’encontre de la séparation des pouvoirs. Les propositions de Roosevelt furent ainsi rejetées. Des décès et des départs à la pension de membres de la Cour suprême permirent néanmoins à Roosevelt de nommer assez rapidement des magistrats avec peu de controverse. Entre 1937 et 1941, il nomina huit magistrats libéraux à la Cour suprême[44].
Roosevelt eut un vif support de l’union des syndicats qui étaient en forte croissance mais ceux-ci se séparèrent suite à des querelles internes en AFL et en CIO mené par John L. Lewis. Ces querelles affaiblirent le parti lors des élections de 1938 à 1946[45].
Déterminé à surmonter l’opposition conservatrice chez les démocrates du Congrès (pour la plupart en provenance des États du sud), Roosevelt s’impliqua lui-même lors des primaires de 1938 en apportant son soutien aux personnes favorables à la réforme du New Deal. Roosevelt échoua en ne réussissant à déstabiliser qu’une seule personne, le démocrate conservateur de la ville de New York[46].
Lors des élections de novembre 1938, les démocrates perdirent sept sièges au sénat et 71 sièges au Congrès. Les pertes se concentraient chez les démocrates favorables au New Deal. Lorsque le Congrès fut réuni en 1939, les républicains menés par le sénateur Robert Taft formèrent une coalition conservatrice avec les démocrates conservateurs du sud du pays ce qui empêchait Roosevelt de transformer ses programmes en lois. La loi de 1938 sur le salaire minimum fut ainsi la dernière réforme du New Deal à être entérinée par le Congrès[47].
[modifier] Politique étrangère
La montée au pouvoir d’Adolf Hitler en Allemagne fit apparaître des craintes d’une nouvelle guerre mondiale. En 1935, lors de la seconde guerre italo-éthiopienne , le Congrès vota un acte de neutralité qui supprimait l’envoi d’armes aux deux belligérants. Roosevelt s’opposa à l’acte car il pénalisait l’Éthiopie qui était le pays victime de l’agression. Néanmoins, Roosevelt fut forcé de signer l’acte car la nation y était favorable. En 1937, le Congrès fit un acte encore plus restrictif mais lorsque la guerre sino-japonaise (1937-1945) se déclencha en 1937, l’opinion publique favorable à la Chine permit à Roosevelt d’aider ce pays de plusieurs façons[48].
En octobre 1937 à Chicago, il donna un discours en faveur de la mise en quarantaine de tous les pays agresseurs qui seraient traités comme une menace pour la santé publique. Il lança également en secret un programme de construction de sous-marins à long rayon d’action qui auraient pu bloquer l’expansionnisme du Japon. Lorsque la Seconde Guerre mondiale se déclencha en 1939, Roosevelt rejeta la proposition de neutralité du pays et chercha des moyens pour aider les pays alliés d’Europe. Il commença ainsi une correspondance secrète avec Winston Churchill pour déterminer ce qu’il pouvait apporter comme soutien au Royaume-Uni.
Pour se faire conseiller, Roosevelt se tourna vers Harry Hopkins qui devint son conseiller en chef en temps de guerre. Ils trouvèrent des solutions innovantes pour aider le Royaume-Uni comme par exemple l’envoi de moyens financiers à la fin de 1940. Le Congrès se ravisa petit à petit en faveur d’une aide aux pays attaqués et c’est ainsi qu’il alloua une aide en armements de 50 milliards de dollars à différents pays dont la Chine et la Russie entre 1941 et 1945. Contrairement à la Première Guerre mondiale, ces aides ne devaient pas être remboursées après la guerre. Toute sa vie, un des souhaits de Roosevelt était de voir la fin du colonialisme européen. Il se forgea d’excellentes relations avec Churchill qui devint Premier ministre du Royaume-Uni en mai 1940.
Au mois de mai 1940, l’Allemagne nazie envahit le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, et la France en laissant seul le Royaume-Uni face au danger d’une invasion allemande. Très vite, on se mit d’accord pour agrandir l’enveloppe des dépenses pour l’aide aux pays attaqués en sachant que le pays risquait d’entrer en guerre contre l'Allemagne à cause de cette aide. Roosevelt mis au pouvoir deux chefs républicains Henry L. Stimson et Frank Knox comme secrétaire de guerre et secrétaire de la Navy. La chute de Paris choqua l’opinion américaine et le sentiment d'isolationnisme tomba. Tout le monde se mit d’accord pour renforcer l’armée américaine mais certaines réticences à l’entrée en guerre eurent la dent dure encore un moment. Roosevelt demanda au Congrès de faire la première conscription de troupes en temps de paix du pays en 1940. Il recommença en 1941.
Roosevelt usa de son charisme pour que le public soit favorable à une intervention militaire du pays. Le pays devait devenir l’arsenal de la démocratie. Au mois d’août, Roosevelt défia l’acte de neutralité avec l’accord Destroyers for Bases Agreement qui devait donner 50 bateaux destroyers des États-Unis au Royaume-Uni en échange de terres appartenant à ce pays dans les Caraïbes. Cet acte fut précurseur des aides massives qui suivirent en mars 1941 envers le Royaume-Uni, la Chine et la Russie.
[modifier] 1940
La tradition d'une limite maximale de deux mandats présidentiels était une règle non écrite mais bien ancrée depuis que George Washington déclina son troisième mandat en 1796. C'est ainsi que Ulysses S. Grant et Theodore Roosevelt furent attaqués pour avoir essayé d'obtenir un troisième mandat (non consécutif) de président. Franklin Delano Roosevelt coupa pourtant l'herbe sous les pieds des secrétaires d'État Cordell Hull et James Farley lors de la nomination démocrate aux nouvelles élections. Roosevelt se déplaça dans une convention de Chicago où il reçut un fervent support de son parti. L'opposition à FDR était mal organisée malgré les efforts de James Farley. Lors du meeting, Roosevelt expliqua qu'il ne se représenterait plus aux élections sauf s'il était plébiscité par les délégués du parti qui étaient libres de voter pour qui ils souhaitaient. Les délégués furent étonnés un moment mais ensuite la salle cria "NOUS VOULONS ROOSEVELT... LE MONDE VEUT ROOSEVELT!". Les délégués s'enflammèrent et Roosevelt fut nominé par 946 voix contre 147. Le nouveau nominé pour la vice-présidence était Henry A. Wallace, un intellectuel libéral qui devint plus tard Secrétaire à l'Agriculture[49].
Dans sa campagne contre le républicain Wendell Willkie, Roosevelt mis en avant son expérience au pouvoir et son intention de tout faire pour que les États-Unis restent à l'écart de la guerre. Roosevelt remporta ainsi l'élection présidentielle des États-Unis d'Amérique de 1940 avec 55 % des votes et eut la majorité dans 38 des 48 états du pays à l'époque. Un déplacement à gauche de la politique du pays se fit sentir dans l'administation suite à la nomination de Henry A. Wallace comme vice-président en lieu et place du conservateur texan John Nance Garner qui était devenu un ennemi de Roosevelt après 1937.
[modifier] Troisième mandat
[modifier] 1941
28 juin : le Congrès adopte une loi permettant le fichage des étrangers et interdit toute menée tendant à renverser le gouvernement. (Ces lois sont toujours d’actualité et ont été renforcées après les évènements du 11 septembre 2001).
Juin – juillet : le Parti démocrate investit Roosevelt pour être candidat à un troisième mandat présidentiel, fait sans précédent. Son adversaire républicain soutient la même politique et aura beaucoup de mal à convaincre les Américains de changer de pilote en pleine action.
26 juillet : nationalisation des forces militaires philippines, encore sous contrôle américain, et nomination du général Douglas MacArthur en charge du théâtre Pacifique. Les relations avec le Japon commencent à se détériorer.
11 septembre : Roosevelt ordonne à son aviation d’attaquer les navires de l’Axe surpris dans les eaux territoriales américaines.
16 septembre : pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, le service militaire obligatoire en temps de paix est instauré.
27 octobre : après le torpillage de deux navires de guerre américains par des sous-marins allemands, Roosevelt déclare que les États-Unis ont été attaqués. L’opinion publique reste hostile à la guerre et Roosevelt ne va pas jusqu’à déclarer la guerre.
5 novembre : Roosevelt décide de se représenter pour un troisième mandat, malgré la limitation implicite à deux établie par George Washington, le premier président. Le candidat républicain, Wendell Willkie, est un ancien membre du Parti démocrate qui avait auparavant soutenu Roosevelt. Sa plate-forme électorale n'est pas véritablement différente de celle de ce dernier et, la dégradation de la situation internationale aidant, F.D. Roosevelt est réélu dans des conditions légèrement moins favorables qu'en 1936. La victoire démontre que les Américains continuent à soutenir sa politique, même si la marge s’est rétrécie à 55 %.
| Candidat | Parti | Vote populaire | % | Collège électoral |
| Franklin D. Roosevelt | Démocrate | 27 263 448 | 54,7 | 449 |
| Wendell L. Willkie | Républicain | 22 336 260 | 44,8 | 82 |
7 décembre : le Japon attaque Pearl Harbor quelques heures avant une déclaration de guerre officielle. Roosevelt déclare que ce jour restera marqué par cette infamie et le Congrès vote immédiatement l’entrée en guerre.
11 décembre : l’Allemagne et l’Italie déclarent la guerre aux États-Unis.
15 décembre : les syndicats annoncent qu’ils renoncent au droit de grève pour soutenir l’effort américain pendant la durée de la guerre.
19 décembre : création du bureau de la censure destiné à contrôler l’information en temps de guerre.
[modifier] 1942
Janvier : Roosevelt est investi pour un troisième mandat.
15 janvier : Roosevelt signe un décret de fichage des Américains d’origine italienne, allemande et japonaise qu’on soupçonne de connivence avec l’ennemi. Dans la pratique, ce sont surtout les Japonais résidant sur la côte ouest qui sont visés ; ils seront enfermés dans des camps (décret présidentiel 9066).
2 aout : Roosevelt autorise l'opération Mitchell consistant à attaquer Tokyo avec des bombardiers légers partant de porte-avions.
19 juin : Roosevelt et Winston Churchill se rencontrent à Washington pour préparer le débarquement de novembre en Afrique du Nord sous le commandement du général Dwight D. Eisenhower.
[modifier] 1943
11-24 août : Roosevelt et Churchill se rencontrent au Canada pour préparer le débarquement en France prévu au printemps 1944.
21 août–7 octobre : Les délégués des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Chine et de l’URSS se réunissent près de Washington pour esquisser les prémices de ce qui deviendra l’Organisation des Nations unies.
| Candidat | Parti | Vote populaire | % | Collège électoral |
| Franklin D. Roosevelt | Démocrate | 25 611 936 | 53,4 | 432 |
| Thomas E. Dewey | Républicain | 22 013 372 | 45,8 | 99 |
7 novembre : Franklin Roosevelt est de nouveau candidat avec le support de la quasi-totalité de son parti. Il est de nouveau opposé à un candidat républicain, Thomas Dewey, dont la plate-forme n'est pas en contradiction totale avec la politique de Roosevelt. Ce dernier, malgré son âge et sa fatigue, mène campagne en demandant aux Américains de ne pas changer de pilote au milieu du gué. Roosevelt est réélu pour un quatrième mandat avec une courte majorité de 54 % mais plus de 80 % du vote du collège électoral.
[modifier] 1944
Edward Stettinius, Jr fut son dernier secrétaire d'État en novembre.
1er-22 juillet : Les représentants de 44 nations se réunissent à Bretton Woods et créent la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International. La politique monétaire de l’après-guerre sera fortement affectée par cette décision. Le système du Gold Exchange Standard (Etalon de change-or) est adopté sous l'influence de l'économiste britannique John Maynard Keynes ; seul le dollar est convertible en or sur la base de 35 USD pour une once d'or. Ce système perdurera jusqu'au 15 août 1975, lorsque le Président Nixon décide d'abandonner la convertibilité du dollar en or.
[modifier] Quatrième mandat
[modifier] 1945
Janvier : Roosevelt est investi pour un quatrième mandat
12 avril : Roosevelt, âgé de 63 ans, meurt d’une hémorragie cérébrale pendant ses vacances à Warm Springs, Géorgie. Le vice-président Harry Truman devient le 33e président des États-Unis.
[modifier] Politique étrangère
Jusqu'en 1939 les États-Unis restent neutres vis-à-vis des prémices de la Seconde Guerre mondiale. Ils ne réagissent pas contre la prise du pouvoir par Hitler en Allemagne, ils ne sont pas partis dans la guerre civile en Espagne et ne protestent pas contre les menées japonaises en Mandchourie. Lorsque la guerre éclate en Europe, les États-Unis sont favorables à la France et au Royaume-Uni auxquels ils fourniront de l'armement. Ils escortent les convois britanniques à travers l'Atlantique mais sans déclarer la guerre à l'Allemagne. Ce n'est qu'en décembre 1941, après l'attaque japonaise sur Pearl Harbor, que les États-Unis déclarent la guerre au Japon et qu'en retour l'Allemagne et l'Italie feront une même déclaration. Par contre, le président a beaucoup réagi contre l'invasion de la Chine par le Japon.
Il y a un grand sujet de débat sur la relation du président avec la Chine et l'Indochine française qui ont occupé la majeure partie de ses interventions au dépens d'autres sujets. Après les Accords du Régime de Vichy avec le Japon en 1940 pour livrer l'Indochine française au passage des troupes japonaises, le président a ordonné l'embargo contre le Japon pour les matières premières de pétrole et métaux, ce qui entraînait le Japon à chercher ces ressources dans le Sud-Est asiatique et à entrer en guerre avec les puissances occidentales protectrices pour s'en procurer.
Avant la fin de la guerre en Europe, F.D. Roosevelt participe à la conférence de Yalta en 1945. Cette conférence sculpte le monde de l'après-guerre tel qu'il existera jusqu'à la disparition de l'URSS, F.D. Roosevelt ne verra pas la fin de la guerre.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale fut imposée aux États-Unis par l'agression japonaise de Pearl Harbor et la déclaration de guerre de l'Allemagne et de l'Italie, Roosevelt, qui, auparavant, n'avait jamais caché sa sympathie pour le camp allié, entra résolument dans la bataille. Il eut ensuite le grand mérite, bien que l'implication de son pays dans cette guerre ait résulté avant tout de l'attaque japonaise, d'orienter prioritairement la riposte américaine en direction de l'Europe, une fois le conflit équilibré sur le front du Pacifique par la victoire aéronavale des Îles Midway.
Son évaluation à sa juste mesure de l'énormité du danger hitlérien et de la nécessité d'empêcher l'URSS de sombrer justifiait certes ce choix. Mais il dut néanmoins pour l'imposer surmonter les préférences post-isolationnistes de la majorité des Américains pour lesquels l'ennemi principal était le Japon. C'est ainsi que fut mise sur pied une vigoureuse entrée en ligne des États-Unis aux côtés des Britanniques, d'abord vers l'Afrique du Nord par l'opération Torch, puis vers l'Europe par les débarquements successifs en Italie et en France.
Cependant, au cours de cette guerre, trompé par ses diplomates Leahy et Murphy, il s'obstina à réduire sa vision de la France au seul régime de Vichy, en reconnaissant dans le maréchal Pétain et son entourage les seuls Français à soutenir malgré leur système autoritaire et leur action collaborationniste et raciste. Dans le même temps, il s'opposa à la France libre et à son chef le général de Gaulle, pourtant seul à avoir maintenu les institutions démocratiques dans les territoires qu'il contrôlait, et des combattants français dans le camp allié.
C'est ainsi que Roosevelt soutint successivement Darlan puis Giraud, malgré leur maintien du Régime de Vichy en Afrique libérée (1942-43), et qu'il tenta de bloquer l'action du Comité français de la Libération nationale d'Alger, puis de placer la France libérée sous occupation militaire américaine (AMGOT).
Dans la lutte contre l'hitlérisme, il fut mieux inspiré et, en accord avec Churchill et Staline, imposa aux puissances de l'Axe une capitulation sans condition. Il fut également défavorable à toute paix séparée (suggérée par certains diplomates).
Mais F.D. Roosevelt, épuisé, allait succomber à sa maladie et n'allait pas voir la fin de la guerre.
[modifier] Politique intérieure
Roosevelt est l’initiateur d’une politique qu’il présente comme une nouvelle redistribution des richesses (New Deal). Pendant son premier mandat il met en place des mesures d’urgence afin de rétablir l'économie et la confiance des Américains dans leur système bancaire. Il initie de nombreuses réformes dont la création d'une Banque centrale et il réussit à transférer le pouvoir économique de Wall Street, la bourse de New York, dans les mains du Gouvernement, à Washington. Il lance des programmes de travaux publics utilisant beaucoup de main-d'œuvre et permet ainsi aux chômeurs de trouver du travail tout en équipant le pays. Certains de ces travaux - les barrages en particulier, gigantesques pour l'époque, permettent encore l'irrigation des vallées les moins fertiles et y ont amené le confort.
Pendant son deuxième mandat, il poursuit sa politique et introduit aussi des lois sociales destinées à protéger les citoyens les plus faibles, les personnes âgées, les chômeurs etc. Les agences chargées de la mise en place de ces programmes restent toutefois contrôlées par les différents états et les allocations varient donc d'une région à l'autre et la discrimination envers certaines minorités est visible. Sa politique est toujours populaire mais elle est attaquée par les conservateurs à la fois sur le plan idéologique, le socialisme est aux États-Unis une politique d’extrême-gauche, et sur le plan constitutionnel car les États ne veulent pas abandonner leurs prérogatives au pouvoir fédéral.
La Seconde Guerre mondiale éclate avant le début du troisième mandat de F.D. Roosevelt. Certains historiens pensent que c'est elle, et non la politique économique, qui est à l'origine de la fin de la Grande Dépression. L'industrie américaine s'équipe pour pouvoir produire les navires, les avions et les armements nécessaires à l'entrée en guerre et le gouvernement peut se permettre de tout contrôler. En parallèle, le besoin de main-d'œuvre est tel que toutes les minorités, en particulier les femmes et les Noirs, sont mises à contribution. La discrimination reste réelle mais les droits acquis le resteront après la guerre.
Favorable à la retraite par répartition, il déclara à un journaliste qui lui suggérait de financer les retraites par l’impôt : « Je suppose que vous avez raison sur un plan économique, mais le financement n’est pas un problème économique. C’est une question purement politique. Nous avons instauré les prélèvements sur les salaires pour donner aux cotisants un droit légal, moral et politique de toucher leurs pensions […]. Avec ces cotisations, aucun fichu politicien ne pourra jamais démanteler ma sécurité sociale. »
[modifier] Caractère
Les traits principaux du caractère de Roosevelt se révèlent à l'époque de sa première campagne présidentielle : son optimisme, renforcé par la gravité de sa maladie et sa volonté de s'en remettre, son exigence vis-à-vis de lui-même mais aussi de ses collaborateurs. C'est un intuitif et un charmeur, doué pour la communication et capable d' éloquence, moins en meeting qu'en petits comités d'où l'incontestable succès de ses causeries « au coin du feu » (fireside chat) auprès des Américains. C'est aussi un calculateur capable de ne pas s'embarrasser de trop de sentiments pour parvenir à ses résultats, souvent égoïste et imbu de son autorité. Selon son Secrétaire d'État à l'Intérieur, Harold Ickes : « Vous êtes quelqu'un de merveilleux, mais vous êtes un homme avec lequel il est difficile de travailler.(…) Vous ne parlez jamais franchement même avec les gens qui vous sont dévoués et dont vous connaissez la loyauté. »
[modifier] Anecdotes
F.D. Roosevelt est le seul président à avoir été élu quatre fois. Il le restera car un amendement à la Constitution limitant le nombre de mandats à deux a été voté en 1951.
Lorsqu’il est élu président Roosevelt ne fait pas partie de la classe politique de Washington, il n’a jamais été élu au Congrès des États-Unis mais les généalogistes ont montré qu’il avait des liens familiaux avec onze autres présidents américains ainsi qu’avec Winston Churchill. Il fait partie des huit présidents morts pendant leur mandat.
En 1939, Roosevelt devient le premier président à apparaître à la télévision. Il utilisa aussi beaucoup la radio. Il n'aimait guère le théâtre et collectionnait les timbres postes[50].
Suite à l'attaque de Pearl Harbour en 1941 par les japonnais, Roosevelt se serait dressé sur ses jambes d'après le film Pearl Harbour de Micheal Bay!
[modifier] Hommages
Le portrait de Franklin Roosevelt apparaît sur la pièce de 10 cents.
Monaco a émis plusieurs timbres d'hommage pendant la seconde moitié des années 1940. L'un d'eux représente Roosevelt devant sa collection de timbres-poste. Or, ce timbre comporte une erreur : la main qui tient les brucelles a été dessinée dotée de six doigts.
Roosevelt est un des dirigeants de la civilisation américaine dans le jeu Civilization IV.
[modifier] Bibliographie
[modifier] Ouvrages en langue française
- André Kaspi, Franklin Roosevelt, Paris, Fayard, 1994, (ISBN 2213022038)
- Sabine Forero-Mendoza, Franklin Roosevelt, Paris, Hatier, 2002, ASIN 2218736527
- André Béziat, Franklin Roosevelt et la France (1939-1945): La diplomatie et l'entêtement, Paris, L'Harmattan, 2000, (ISBN 2738460704)
- Alan Posener, Franklin Delano Roosevelt, Rowohlt Taschenbuch Verla, 1999, ASIN 3499505894
- Raoul Aglion, De Gaulle et Roosevelt, Paris, La Bruyere, 1998, ASIN 2840143054
- Michal Bernard, Roosevelt, du New Deal à Yalta, Genève, Famot, 1974, ISBN B0000DP37R
- Einaudi Mario, Roosevelt et la révolution du New Deal, Paris, Armand Colin, 1961, ISBN B0000DNHBL
[modifier] Biographies en anglais
- Roy Jenkins, Arthur M. Schlesinger, Franklin Delano Roosevelt, Times Books, 2003
- Frank Freidel, Franklin D. Roosevelt : A Rendezvous with Destiny, Back Bay Books, 1991, (ISBN 0316292613)
- Conrad Black, Franklin Delano Roosevelt: Champion Of Freedom, (ISBN 1586482823)
- Brenda Haugen, Franklin Delano Roosevelt: The New Deal President, Compass Point Books, 2006, (ISBN 0756515866)
[modifier] Voir aussi
[modifier] Notes
- ↑ Bernard Vincent (dir.), Histoire des États-Unis, Paris, Champs Flammarion, 1997, (ISBN 2080813765), p.198
- ↑ A. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, p.39
- ↑ Delanoye ou Delanoë devenu Delano
- ↑ A. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, p.47
- ↑ Patrick D. Reagan, Designing a New America: The Origins of New Deal Planning, 1890–1943, 2000, p. 29
- ↑ A. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, p.47
- ↑ Eleanor and Franklin, Lash (1971), 111 et sq.
- ↑ A. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, p.53-55
- ↑ A. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, p.57
- ↑ A. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, p.76
- ↑ A. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, p.43
