Manifeste des 121

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Le Manifeste des 121, titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », est signé par des intellectuels, universitaires et artistes et publié le 6 septembre 1960 dans le magazine Vérité-Liberté. Il est né dans le sillage du groupe de la rue Saint-Benoît. Il a été pensé puis rédigé par Dionys Mascolo et Maurice Blanchot. Ce traité a permis de regrouper des personnalités de divers horizons dans un esprit libertaire et plutôt orienté à gauche. Il est capital pour l'avenir de la gauche et de l'extrême gauche en France.

Contenu du manifeste[modifier | modifier le code]

Selon ses propres termes, il cherche à informer l’opinion française et internationale du mouvement de contestation contre la guerre d'Algérie. Les 121 y critiquent l'attitude équivoque de la France vis-à-vis du mouvement d'indépendance algérien, en appuyant le fait que la « population algérienne opprimée » ne cherche qu'à être reconnue « comme communauté indépendante ». Partant du constat de l'effondrement des empires coloniaux, ils mettent en exergue le rôle politique de l'armée dans le conflit, dénonçant notamment le militarisme et la torture, qui va « contre les institutions démocratiques ».

Le manifeste se termine sur ces trois propositions finales :

- Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien.
- Nous respectons et jugeons justifiée la conduite des Français qui estiment de leur devoir d'apporter aide et protection aux Algériens opprimés au nom du peuple français.
- La cause du peuple algérien, qui contribue de façon décisive à ruiner le système colonial, est la cause de tous les hommes libres.

Liste de signataires[modifier | modifier le code]

(liste incomplète)


Réactions[modifier | modifier le code]

Ce texte provoqua un contre-manifeste, "le manifeste des intellectuels français pour la résistance à l'abandon", paru en octobre 1960 dans l'hebdomadaire "Carrefour", dénonçant l'appui apporté au FLN par les signataires du Manifeste des 121 - ces "professeurs de trahison" - et défendant l'Algérie française. Il soutient l'action de la France et de l'armée en Algérie ( "L'action de la France consiste, en fait comme en principe, à sauvegarder en Algérie les libertés (...) contre l'installation par la terreur d'un régime de dictature" ), taxe le FLN de "minorité de rebelles fanatiques, terroristes et racistes" et dénie "aux apologistes de la désertion le droit de se poser en représentants de l'intelligence française". Ce contre-manifeste, qui bénéficie de soutiens plus nombreux, est signé par des personnalités de la droite intellectuelle ( Thierry Maulnier, Gabriel Marcel, Daniel Halévy, Antoine Blondin, Roger Nimier, Michel Déon, Jules Romains, Jean Dutourd, Henry Bordeaux, Roland Dorgelès, des vétérans du maurrassisme ( Henri Massis, Pierre Gaxotte, Pierre Boutang ), des intellectuels catholiques tel Jean de Fabrègues, des universitaires - tel Victor Berger-Vachon, professeur de droit à l'Université de Paris ( et pied-noir ), Daniel Villey, les historiens Roland Mousnier, Raoul Girardet ou Pierre Chaunu, le philosophe René Poirier -, des intellectuels qui ont pris parti pour l'Algérie française, comme Jules Monnerot, Louis Salleron, René Gillouin, le romancier Michel de Saint Pierre, et d'autres personnalités comme le maréchal Alphonse Juin, le Colonel Rémy ou Pierre Lyautey[1].


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Le Monde", 7/10/1960. Cf. l'analyse de ses signataires dans Jean-François Sirinelli, "Guerre d'Algérie, guerre des pétitions ?" in J-F. Sirinelli, Jean-Pierre Rioux, "La guerre d'Algérie et les intellectuels français", Complexe, 1991, p. 290-295