Henri Alleg

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Henri Alleg à la fête de l'Humanité en 2008.

Harry Salem dit Henri Alleg, né le 20 juillet 1921 à Londres, est un journaliste franco-algérien, membre du PCF et ancien directeur d'Alger républicain.

Sommaire

Biographie [modifier]

Né à Londres de parents juifs[1], Henri Alleg s'installe en Algérie en provenance de Paris en 1939, et milite au sein du Parti communiste algérien. En 1946, il épouse Gilberte Serfaty qui deviendra comme lui une ardente militante communiste. En 1951, il devient directeur du quotidien Alger républicain. Il entre dans la clandestinité en 1955, date d'interdiction du journal en Algérie. Il continue cependant à transmettre des articles en France dont certains sont publiés par L'Humanité.

Il est arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes de la 10e D.P, au domicile de Maurice Audin, son ami, arrêté la veille et qui sera torturé à mort.

Il est séquestré un mois à El-Biar, où il est torturé lors de plusieurs séances, puis subit un interrogatoire mené après une injection de penthotal, utilisé comme « sérum de vérité ». Le général Massu, qui reconnaîtra plus tard l'utilisation de la torture dans certains cas particuliers lors de la guerre d'Algérie, affirme en 1971, « en fait de tortures, Alleg a reçu une paire de giffles »[2]. Roger Faulques, officier du 1er REP, accusé de ces tortures, déclare lors d'un procès en diffamation en 1970 « Je ne l'ai vu qu'une seule fois, mais il m'a fourni à cette occasion des indications qui m'ont permis d'arrêter les membres du parti communiste algérien »[3].

Il est ensuite transféré au camp de Lodi (Draa Essamar Wilaya de Médéa) où il reste un mois, puis à Barberousse, la prison civile d'Alger. En prison, il écrit La Question, dissimulant les pages écrites et les transmettant à ses avocats.

Dans La Question, il raconte sa période de détention et les sévices qu'il y subit en pleine guerre d'Algérie. Tout d'abord publié en France aux Éditions de Minuit, l'ouvrage est immédiatement interdit. Nils Andersson le réédite en Suisse, quatorze jours après l'interdiction en France de mars 1958. Malgré son interdiction en France, ce livre contribue considérablement à révéler le phénomène de la torture en Algérie. Sa diffusion clandestine s'élève à 150 000 exemplaires[4].

Trois ans après son arrestation, il est inculpé d'« atteinte à la sûreté extérieure de l'État » et de « reconstitution de ligue dissoute » et condamné à 10 ans de prison. Transféré en France, il est incarcéré à la prison de Rennes. Profitant d'un séjour dans un hôpital, il s'évade. Aidé par des militants communistes, il rejoint la Tchécoslovaquie grâce notamment à Alfred Locussol[5].

Il revient en France après les accords d'Évian, puis en Algérie où il participe à la renaissance du journal Alger Républicain. « Persona non grata » en Algérie à la suite du coup d'État de Houari Boumédiène, il se réinstalle en France en 1965. Le film documentaire de Jean-Pierre Lledo Un rêve algérien retrace son retour, 40 ans plus tard dans une Algérie qui l'accueille à bras ouverts et où il retrouve avec bonheur ses anciens compagnons.

En 2005, il cosigne une lettre au Président de la République, demandant à l'État français de reconnaître l'abandon des harkis en 1962.

Il est par ailleurs membre du Pôle de renaissance communiste en France et déclare regretter en 1998 « la dérive social-démocrate du PCF, qui abandonne son authenticité communiste »[6]. À cette époque, il fait partie du comité Honecker, qui soutient l'ancien dirigeant de l'ex-RDA poursuivi par la justice de son pays.

Il est également membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine.

Henri Alleg est le père de Jean Salem.

Œuvres [modifier]

Sources [modifier]

  • Jean-François Miniac, Les Nouvelles Affaires criminelles de l'Orne, de Borée, Paris, septembre 2009. (un chapitre sur l'évasion d'Henri Alleg et Alfred Locussol)

Notes et références [modifier]

  1. 1958 : D'une république à l'autre - L'avènement de la Ve République de Catherine Dhérent, Ariane James-Sarazin, Jean-Pierre Husson, Jean-Pierre Fabre, page 58, 1998
  2. Général J. Massu, La Vraie Bataille d'Alger, Tallandier, 1971
  3. Charles Vaugeois, « Henri Alleg et la légende de La Question », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 4H, printemps-été 2012, p. 16
  4. Jean-Yves Mollier, « Les Tentations de la censure entre l'État et le marché » in Jean-Yves Mollier, Où va le livre ? édition 2007-2008, La Dispute, coll. « États des lieux », 2007, p. 117
  5. Militant du Parti communiste, assassiné le 3 Janvier 1962, INA.fr
  6. Henri Alleg, le rouge indélébile, Laurent Acharian, L'Express.fr, 18 juin 1998

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Lamria Chetouani, « Entretien avec Henri Alleg », revue Mots. Les langages du politique, 1998, vol. 57, n° 1, pp. 109-129. [lire en ligne]
  • Alain Monchablon, « Berchadsky Alexis, La Question d'Henri Alleg, un livre-événement dans la France en guerre d'Algérie », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1995, vol. 48, n° 1, pp. 178-179. [lire en ligne]

Film [modifier]

  • Christophe Kantchef, « Henri Alleg, l'homme de la question », documentaire, 52 minutes, 2009.

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]