Henri Alleg

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Henri Alleg
Image illustrative de l'article Henri Alleg
Henri Alleg à la fête de l'Humanité en 2008

Nom de naissance Harry Salem
Naissance
Londres (Royaume-Uni)
Décès (à 91 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau : France Française
Profession Journaliste
Médias
Presse écrite Alger républicain

Harry Salem dit Henri Alleg, né le à Londres, mort le à Paris est un journaliste franco-algérien, membre du PCF et ancien directeur d'Alger républicain. Il est notamment l'auteur de La Question, un livre dénonçant la torture pendant la guerre d'Algérie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Londres de parents juifs russo-polonais[1],[2], Henri Alleg s'installe en Algérie en provenance de Paris en 1939, et milite au sein du Parti communiste algérien. En 1946, il épouse Gilberte Serfaty qui deviendra comme lui une ardente militante communiste. En 1951, il devient directeur du quotidien Alger républicain. Il entre dans la clandestinité en 1955, date d'interdiction du journal en Algérie. Il continue cependant à transmettre des articles en France dont certains sont publiés par L'Humanité.

Il est arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes de la 10e DP,[réf. nécessaire] au domicile de Maurice Audin, son ami, arrêté la veille et qui sera torturé à mort.

Il est séquestré un mois à El-Biar, où il est torturé lors de plusieurs séances, puis subit un interrogatoire mené après une injection de penthotal, utilisé comme « sérum de vérité ». Selon son récit, Il aurait tenu tête crânement face à ses bourreaux (principalement, selon lui, les lieutenants André Charbonnier et Philippe Erulin sous les ordres du capitaine Roger Faulques), en leur déclarant « Je vous attends : je n’ai pas peur de vous »[3]. Le général Massu, qui reconnaît plus tard l'utilisation de la torture dans certains cas particuliers lors de la guerre d'Algérie, affirme en 1971, « en fait de tortures, Alleg a reçu une paire de gifles »[4]. Roger Faulques, officier du 1er REP, accusé d'avoir assisté à ces tortures, déclare lors d'un procès en diffamation contre Jean-Jacques Servan-Schreiber et Jean François Kahn en 1970[5] « Je ne l'ai vu qu'une seule fois, mais il m'a fourni à cette occasion des indications qui m'ont permis d'arrêter les membres du parti communiste algérien »[6].

Il est ensuite transféré au camp de Lodi (Draa Essamar Wilaya de Médéa) où il reste un mois, puis à Barberousse, la prison civile d'Alger. En prison, il écrit La Question, dissimulant les pages écrites et les transmettant à ses avocats.

Dans La Question, il raconte sa période de détention et les sévices qu'il y subit en pleine guerre d'Algérie. Tout d'abord publié en France aux Éditions de Minuit, l'ouvrage est immédiatement interdit. Nils Andersson le réédite en Suisse, quatorze jours après l'interdiction en France de mars 1958. Malgré son interdiction en France, ce livre contribue considérablement à révéler le phénomène de la torture en Algérie. Sa diffusion clandestine s'élève à 150 000 exemplaires[7].

Trois ans après son arrestation, il est inculpé d'« atteinte à la sûreté extérieure de l'État » et de « reconstitution de ligue dissoute » et condamné à 10 ans de prison. Transféré en France, il est incarcéré à la prison de Rennes. Profitant d'un séjour dans un hôpital, il s'évade. Aidé par des militants communistes, il rejoint la Tchécoslovaquie grâce notamment à Alfred Locussol[8].

Il revient en France après les accords d'Évian, puis en Algérie où il participe à la renaissance du journal Alger Républicain. « Persona non grata » en Algérie à la suite du coup d'État de Houari Boumédiène, il se réinstalle en France en 1965. Le film documentaire de Jean-Pierre Lledo Un rêve algérien retrace son retour, 40 ans plus tard dans une Algérie qui l'accueille à bras ouverts et où il retrouve avec bonheur ses anciens compagnons.

En 2005, il cosigne une lettre au Président de la République, demandant à l'État français de reconnaître l'abandon des harkis en 1962.

Il est par ailleurs membre du Pôle de renaissance communiste en France et déclare regretter en 1998 « la dérive social-démocrate du PCF, qui abandonne son authenticité communiste »[9]. Il fait partie de l’association « Comité internationaliste pour la solidarité de classe » (CISC)[réf. nécessaire], fondée le 10 octobre 1992 sous le nom de « Comité Honecker de solidarité internationaliste », qui soutient l'ancien dirigeant de la RDA, Honecker, poursuivi par la justice allemande[10].

Il est également membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine.

Henri Alleg est le père de Jean Salem.

Il meurt le 17 juillet 2013[11].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Miniac, Les Nouvelles Affaires criminelles de l'Orne, de Borée, Paris, septembre 2009.
    un chapitre sur l'évasion d'Henri Alleg et Alfred Locussol
  • Lamria Chetouani, « Entretien avec Henri Alleg », revue Mots. Les langages du politique, 1998, vol. 57, no 1, p. 109-129. [lire en ligne]
  • Alain Monchablon, « Berchadsky Alexis, La Question d'Henri Alleg, un livre-événement dans la France en guerre d'Algérie », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1995, vol. 48, no 1, p. 178-179. [lire en ligne]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Kantchef, Henri Alleg, l'homme de la question, documentaire, 52 minutes, 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Silvestre, « Henri Alleg, auteur de "La Question", est mort », Le Monde,‎ 18 juillet 2013
  2. 1958 : D'une république à l'autre - L'avènement de la Ve République de Catherine Dhérent, Ariane James-Sarazin, Jean-Pierre Husson, Jean-Pierre Fabre, page 58, 1998
  3. Henri Alleg 1921-2013, René Fagnoni, Comité de groupe Socpresse, 18 juillet 2013
  4. Général J. Massu, La Vraie Bataille d'Alger, Tallandier, 1971
  5. http://www.memoireonline.com/01/06/69/m_debat-guerre-algerie-le-monde17.html
  6. Charles Vaugeois, « Henri Alleg et la légende de La Question », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 4H, printemps-été 2012, p. 16
  7. Jean-Yves Mollier, « Les Tentations de la censure entre l'État et le marché » in Jean-Yves Mollier, Où va le livre ? édition 2007-2008, La Dispute, coll. « États des lieux », 2007, p. 117
  8. Militant du Parti communiste, assassiné le 3 janvier 1962, INA.fr
  9. Henri Alleg, le rouge indélébile, Laurent Acharian, L'Express.fr, 18 juin 1998
  10. http://www.comite-honecker.org/presentation_050.htm
  11. Rosa Moussaoui, « Henri Alleg est mort », L'Humanité,‎ 18 juillet 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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