Annaba

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Annaba
Vue sur la baie d'Annaba
Vue sur la baie d'Annaba
Noms
Nom algérien عنابة
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Annaba
Daïra Annaba
Code postal 23000
Code ONS 2301
Démographie
Gentilé Bônois/Bônoise
Population 257 359 hab. (2008[1])
Densité 5 252 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 54′ 15″ N 7° 45′ 07″ E / 36.904167, 7.751944 ()36° 54′ 15″ Nord 7° 45′ 07″ Est / 36.904167, 7.751944 ()  
Altitude Min. 3 m
Superficie 49 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya d'Annaba.
Localisation de la commune dans la wilaya d'Annaba.

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Annaba

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Annaba

Annaba (en arabe عنابة), anciennement Bône durant la période de la colonisation française et Hippone dans l'Antiquité, est la quatrième ville d'Algérie en nombre d'habitants après la capitale Alger, Oran et Constantine. Chef-lieu de la wilaya d'Annaba, Annaba est située à 152 km au nord-est de Constantine, à 246 km à l'est de Jijel et à environ 80 km à l'ouest de la frontière tunisienne. Elle est également une métropole littorale dont la population dépasse 600 000 habitants[2].

Au Ve siècle, Hippone est devenue un important foyer du christianisme sous l'épiscopat de saint Augustin évêque de la ville de 396 jusqu'à sa mort en 430[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Annaba se situe sur la rive sud du bassin méditerranéen, au nord-est de sa wilaya, au Nord-Est de l'Algérie, à 600 km de la capitale Alger et à 80 km de la frontière tunisienne. La ville s'élève au fond d'une baie ouverte à l'est sur le golfe d'Annaba. Elle est dominée à l'ouest par la chaîne de montagne de l'Edough (1 008 m d'altitude).

Communes limitrophes de Annaba
Mer Méditerranée
Seraïdi Annaba Mer Méditerranée
El Bouni

Relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

  • Le massif de l'Edough : Annaba se situe sur le bord Est de l'Edough, massif montagneux culminant à 1 008 m d'altitude.
  • L'oued Seybouse : il a son embouchure (détournée au début des années 1970, à l'occasion de la construction d'une usine de production d'engrais chimiques) au sud-est de la ville qui rejoint la mer Méditerranée. Son bassin est le plus étendu d’Algérie et ses terres sont des plus fertiles.
  • Le Lac de Fetzara situé à l’ouest de la ville, à 14 km de la mer Méditerranée. Il s’allonge dans le sens Est-Ouest sur 17 km de long et sur 13 km de large. Il est limité au Nord par le massif de l’Edough, par les collines de Aïn Berda au Sud et les cordons dunaires situés à l’est et à l’ouest. À la périphérie du lac existent plusieurs agglomérations : au Nord, le chef-lieu de la commune de Berrahal, au Sud les territoires des communes d’El Eulma (Oued El Hout) et de Cheurfa et, à l’Est, les petits villages d’El Gantra et de Oued Zied.

Climat[modifier | modifier le code]

Température et pluviométrie à Annaba

Annaba bénéficie d'un climat méditerranéen. Elle est connue par ses longs étés chauds et secs. Les hivers sont doux et humides, la neige est rare mais pas impossible. Les pluies sont abondantes et peuvent être diluviennes. Il fait généralement chaud surtout de la mi-juillet à la mi-août[4].

Données climatiques à Annaba.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 7 7 8 10 13 16 19 20 18 15 11 8 12
Température moyenne (°C) 11 12 13 15 18 21 24 25 23 20 15 12 17
Température maximale moyenne (°C) 15 16 17 19 22 26 29 30 28 24 20 16 22
Précipitations (mm) 100 70 70 40 30 10 0 10 30 70 60 100 630
Source : The Weather Network, statistiques sur 21 ans[4].


Transports[modifier | modifier le code]

Annaba dispose d'une gare ferroviaire située à proximité de la gare maritime et de la gare routière.

L'aéroport d'Annaba - Rabah Bitat est situé à 9 km au sud de la ville. Des vols opérés par les compagnies Air Algérie et Aigle Azur relient Annaba à Alger et à Oran, et aux villes françaises de Paris, Lyon, Marseille et Nice. Des liaisons avec des villes d'Arabie saoudite sont également effectuées lors du pèlerinage de la Mecque.

La ville est dotée d'un port faisant partie des dix ports de commerce algériens et il transporte aussi des passagers jusqu'à Marseille ou l'Italie.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

L'agglomération englobe les villes d'El Bouni, El Hadjar et Sidi Amar, qui forment à présent une véritable couronne autour de la ville d'Annaba et dont les liens avec cette dernière sont de plus en plus denses. La ville s'est considérablement développée depuis l'implantation de l'usine métallurgique d'El Hadjar (à une dizaine de kilomètres au sud) qui draine de la main d'œuvre de toute la région.

Annaba possède un front de mer, un centre-ville - où est situé le cours de la Révolution (ex-cours Bertagna) - animé, débordant d'arcades en tous genres où s'abritent restaurants, terrasses, kiosques.

Panorama du front de mer d'Annaba.

Quartiers d'Annaba[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Annaba est l'une des plus anciennes cités de l'Algérie, fondée en 1295 avant J.-C., connue sous les noms successifs d'Ubon, Hippo Regius, Hippone, Bouna, Bled El Aneb, Bône, et enfin, Annaba.

Autrefois, on l'appelait Bilad Al Unnāb, c'est-à-dire la ville des jujubes, à cause de la grande production de ce fruit dans cet endroit.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Histoire de l'Algérie.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La région d'Annaba est riche en découvertes archéologiques datant de la Préhistoire de - 2 millions d'années. Les Homo Erectus auraient vécus dans cette région depuis le Paléolithique supérieur (-1,8 million d'années à -100 000 ans). À partir du Néolithique, un nouveau type d'humains fait son apparition : le Protoméditerranéen.

L'homme est apparu dans le périmètre d'Annaba depuis le Paléolithique, dans la zone de Ras-Al-Hamra (Cap de Garde), dans les collines de Bouhamra. Les hommes préhistoriques ont laissé de nombreux témoignages dans la région de Bône : silex taillés ou polis, menhirs, cromlechs, dolmens, que ce soit à Roknia pour le plus connu ou bien encore à Guelma, Le Tarf ou Chapuis.

En parallèle, une autre civilisation dite capsienne s'est développée dans la région de Gafsa qui se situait au Sud-Ouest de la Tunisie. Les Capsiens, sur le plan anthropologique, sont très similaires aux habitants de l'Afrique du Nord. Des spécialistes, anthropologues et préhistoriens, déclarent que les Protoméditerranéens Capsiens sont originaires du Proche-Orient, et que l'on peut qualifier leurs descendants comme étant des autochtones. Les préhistoriens affirment donc que les premiers maghrébins sont issus des Protoméditerranéens Capsiens, qui représentent la première lignée berbère.

À la fin du -5e millénaire, fin de l'ère néolithique, débute l'ère de la préhistoire (-5 000 à -3 000 ans). Les archéologues découvrent lors de leurs recherches en Afrique du Nord architecture, des sépultures funéraires et des poteries rudimentaires datant de cette époque.

Les découvertes prouvant l'existence passée de l'homme préhistorique dans la région d'Annaba sont les mêmes que dans tout le bassin méditerranéen : armes et outils en pierre, abris sous roches, sépultures de pierre brute, dolmens, etc.

À partir des années 1930, de nombreux sites préhistoriques ont été découverts et mis en valeur : Vieux massif de l'Edough, Cap de Fer, Cap de Garde, les collines de Bou Hamra, la région ouest d'Annaba, le lac Fetzara, les lacs d'El Kala, la côte ouest de Chetaïbi et de Marsa. Des recherches et des études méthodiques sont particulièrement réalisées dans la station de Fort Génois située à la presqu'île de Ras El Hamra (Cap de Garde).

Des inscriptions rupestres près de Lamy et Guelma, des inscriptions libyques dans la vallée de la Cheffia attestent de l'ancienneté de la présence humaine.

Antiquité : fondation d'Hippone[modifier | modifier le code]

Article connexe : Hippone.
La cité antique d'Hippone à Annaba.
Localisation des cités romaines de l'Afrique romaine
Mosaïque du musée de Hippone, illustrant des anges viticulteurs

Ancien comptoir phénicien fondé durant l'extension de la civilisation des Phéniciens au-delà de leurs frontières originelles. Sa création se situe à l'arrivée de ces derniers sur les côtes de l'océan Atlantique vers 2 000  ans av. J.-C. Il est connu que les Phéniciens excellaient dans la navigation marine, car ayant compris que la prospérité, la fructification de leurs richesses et le développement économique ne pouvaient provenir qu'au-delà des limites marines. II fallait donc traverser océans et mers pour assouvir leurs buts expansionnistes. Mais les distances lointaines entre la ville mère, Phénicie, et les grands centres commerciaux ou les grandes villes situées le long de la façade marine du continent poussèrent les Phéniciens à établir des comptoirs commerciaux. C'est dans cet ordre d'idées que les Phéniciens de la ville de Tyr fondèrent la ville d'Utique en Afrique antique (actuelle Tunisie) en 1100 av. J.-C. qui est considérée comme le plus ancien comptoir et ce, en relation avec le sens étymologique du mot ' Utique signifiant en langue punique ancienne ou antique, et qui en arabe aussi veut dire la même chose. Plus tard, vers 814 av. J.-C. fut fondée Carthage ou Qarthadesh. Des activités commerciales se sont développées avec les Phéniciens, qui y faisaient souvent escale au retour de leurs campagnes cabotières au pays des Tartessiens (sud-est de l'Espagne). Ces Phéniciens étaient des sémites du groupe cananéen venus de la Phénicie (côte du Liban actuel).

Du VIe au IIIe siècle av. J.-C., Hippone (ou Hippot) se soumet à l'hégémonie carthaginoise. Au IIIe siècle av. J.-C., la consolidation du royaume numide, notamment sous le règne de Massinissa et de ses successeurs, entraîne l'intégration d'Hippone au royaume numide; elle devient une ville royale, Hippo Regius. Ce rang lui est sans doute dû à son rôle de port qui assure les liaisons entre l'arrière-pays et la Méditerranée.

Grâce aux Phéniciens qui y ont apporté connaissances et savoir-faire de toutes les civilisations du Moyen-Orient, cette dernière devient un des plus grands centres de la nouvelle province numide soumise aux Romains ; l'Africa Nova. Les vestiges d'aujourd'hui représentent la phase romaine et ses séquelles vandales et byzantines.

L'histoire d'Hippone se confond avec celle de Carthage et adoptera peu à peu ses mœurs, ses coutumes, sa religion et sa langue.

La prospérité de Carthage provoqua des rivalités avec ses voisins. Trois groupes prédominaient dans le Maghreb : les Maures à l'ouest, les Gétules au sud et les Numides à l'est et au centre. La Numidie était divisée en deux royaumes : les Masaesyles à l'ouest et les Massyles à l'est. Les guerres puniques embrasèrent tout le monde antique. Hippone et sa région furent alors envahie par les Massyles, gouvernés alors par Massinissa allié aux Romains. Hippone ne connut l'indépendance et la paix qu'après la chute de Carthage en -146. On pense qu'Hippone avait été choisie, à la fin de la seconde guerre punique, comme résidence favorite des rois Numides, lui donnant le prestige de ville de plaisance après la chute de Carthage. Elle sera appelée 'ville royale' pendant tout un siècle.

La particularité d'Hippone à cette époque est qu'elle est devenue un centre de rayonnement de la pensée théologique augustinienne sous l'impulsion de l'évêque d'Hippone, saint Augustin.

Hippone chrétienne (240 à 670) - Saint Augustin (354-430)[modifier | modifier le code]

Saint Augustin et sa mère sainte Monique figure du christianisme dans la région d'Annaba

Le christianisme a dû faire son apparition en Afrique du Nord au début du IIIe siècle. Les premiers Africains convertis à cette nouvelle religion ont été torturés et livrés aux fauves par les Romains, notamment lors de la Grande persécution de Dioclétien (303-304). La Paix de Maxence (307) ouvre une période de tolérance, troublée au sein de l'Eglise d'Afrique par l'apparition du donatisme : à l'occasion de la succession de l'évêque de Carthage, une fraction de l'église fait sécession sous la direction de Donat, donnant lieu à un schisme, le donatisme, qui subira une alternance de tolérance et de répression, tout en n'hésitant pas à pratiquer lui-même la violence et persécution. Le conflit, théologique et matériel, entre le catholicisme et ce schisme africain, durera jusqu'à l'extinction du donatisme pendant la domination vandale. En 362, l'empereur Julien autorisa la pratique de toutes les tendances du christianisme. Mais en 380, l'empereur Théodose déclara le catholicisme religion officielle de l'Empire. C'est à partir de 395 que l'évêque d'Hippone Augustin (futur saint Augustin) développa les arguments contre le donatisme. Se sentant personnellement menacé, il fit appel à l'autorité impériale; l'édit de Ravenne de 412 déclara le donatisme hors la loi. Par la hauteur de ses vues et la qualité de ses écrits, Augustin fit d'Hippone un centre de rayonnement de la pensée chrétienne au début du Ve siècle, jouant un rôle primordial dans la consolidation du catholicisme, et établissant les assises définitives de l'église moderne, dont il sera considéré comme un des Pères et Docteurs. Localement, il fonda à Hippone un monastère.

Invasion vandale (431-533) - Reconquête byzantine (533)[modifier | modifier le code]

Les Vandales (peuple germanique), chassés par les Huns (peuple nomade d'Asie centrale), envahissent la Gaule (406), l'Espagne (409), et franchissent le détroit de Gibraltar en 429 pour conquérir l'Afrique du Nord. Ils sont chrétiens, mais adeptes d'une conception dissidente de la nature du Christ, l'arianisme (rejeté comme hérétique par le premier concile de Nicée de 325). En mai 430, Hippone fut assiégée. Sa résistance d'Hippone dura 18 mois, mais les campagnes voisines furent pillées. Au cours de ce siège, l'évêque Augustin décéda. L'église se hâta d'assurer la conservation de la bibliothèque et des manuscrits du futur saint peu après ce décès. La mort de cette éminente figure de l'orthodoxie coïncide ainsi avec la défaite romaine dans la région sous les coups des Vandales. La ville devint la capitale de Genséric et de ses successeurs, maîtres de toute l'Afrique du Nord (anciennes provinces de Numidie et de Proconsulaire [Est algérien et Tunisie] pendant plus d'un siècle, mises à part Cirta et Carthage, qui tombera en 439). Hippone connaîtra alors une période de relative tranquillité (mais aussi d'atrophie à tous les niveaux), toutefois troublée par quelques révoltes berbères.

En 533, une armée de Constantinople, sous le commandement de Bélisaire, fut envoyée par l'empereur byzantin Justinien Ier, qui se considère comme héritier de l'ensemble de l'Empire romain, pour reprendre aux Vandales le contrôle de l'Afrique du Nord. La bataille de Tricaméron marquera la chute des Vandales. Mais malgré tous leurs efforts, les Byzantins ne parvinrent pas à redonner pas à la ville son éclat d'antan, tout au plus constitua-t-elle une escale ou un point de ravitaillement pour la flotte byzantine.

Période des dynasties islamiques[modifier | modifier le code]

Carte par Piri Reis sur laquelle on voit Annaba sous le nom arabe de Qalaãt Balad El Unnãb

La conquête du Maghreb est conduite à partir de l'Égypte par petites vagues à partir de 647. Mais des luttes de succession, obligent pour un temps les Arabes à mettre fin à leurs expéditions. L'arrivée au pouvoir des omeyyades marque la reprise de la politique d'expansion. Les Arabes se lancent à la conquête de « l'île du Maghreb » . C'est au cours de cette seconde expédition que la Numidie orientale connut les premiers raids de l'armée arabe. Vers 666, les troupes de Mu'awiya, peu après leurs conquêtes de Djerba et Bizerte, déferlent sur Hippone. Protégée par de solides remparts et défendue par les forces byzantines, le siège de la cité fut de courte durée, les Arabes ne la quittèrent qu'après l'avoir en partie incendiée. Tandis que Berbères, Byzantins et Arabes s'entretuaient, Hippone eut à connaître un certain regain d'activité du fait du débarquement d'une imposante garnison venue de Constantinople, renforçant à nouveau leur autorité sur l'ensemble du pays. La fondation de Kairouan, en 670 par Okba Ibn Nafî, marque définitivement l'installation des Arabes en Ifriqiya (la Tunisie et l'est du Constantinois).

Après la conquête définitive de Carthage en 698, Hippone est devient un refuge aux Carthaginois puis sera dévastée par les Arabes après avoir mis un terme à la résistance de l'autorité impériale Byzantine.

L'antique cité Berbère, Numide, Romaine et Byzantine, sera par la suite en partie restaurée, après sa destruction partielle en 666 et adaptée à un nouveau mode vie oriental.

L'ancienne Hippone, est alors rebaptisée par les Arabes « Médinet Seybouse » puis officiellement « Bouna », plus facile à prononcer que Hippone. Vaincues, certaines tribus berbères se convertissent et contribuent à leur tour à l'expansion de l'islam.

Au début du XIe siècle, la ville antique est abandonnée pour un nouveau site à 3 km au nord du premier.

La nouvelle ville « Bouna Al Haditha » (« Bouna la Neuve ») est bâtie sur une hauteur de 40 mètres d'altitude, à la différence de l'antique qui se trouve au bord de la mer (1 à 3 mètres d'altitude).

Dès l'année 1040, la ville s'entoure de remparts pour renforcer sa défense naturelle. Les Sanhadjas, qui la fondent, en font un poste de défense et de surveillance.

Bouna devient un port d'échanges commerciaux du XIe au XIXe siècle.

En 1153, le roi Roger II de Sicile, d'origine Normande, conquiert la ville de Bône et y règne avec son fils Guillaume 1er pendant quelques années, jusqu'en 1158. Guillaume 1er, Roi de Sicile, est connu pour avoir accueilli savants et lettrés à Palerme, et notamment le grand géographe Al-Idridi (1100-1165). Guillaume 1er se replie par la suite à Mahdia (à 475km à l'est) jusqu'en 1160.

Période ottomane et espagnole[modifier | modifier le code]

Annaba en 1700 (époque ottomane)

L'empereur Charles Quint envoie en 1535 une escadre espagnole pour conquérir Bouna (la citadelle d'Annaba). Il ordonne la destruction de la muraille qui joint la ville à la forteresse. Mais face au blocus maritime des Turcs et l'hostilité de la population, des dizaines de soldats espagnols succombent. En 1540, Charles Quint ordonna l'évacuation de Bouna.

Après la reprise de la ville contre les troupes de Charles Quint, les autorités turques fortifient la ville et la surmontent d'un fort Cigogne. Pour la relier à ses colonies occidentales, les Turcs décident d'inclure la ville et sa région dans la Régence d'Alger.

Bouna (Bona) est parée d'un nouveau qualificatif : « Madinat Al Unnab », ou Annaba, qui va lentement se substituer à son ancien nom de 'Bouna', à la fin du XIXe siècle et aujourd'hui.

La fonction de point d'échanges commerciaux, notamment avec l'étranger, fait d'Annaba et sa région une des assiettes de l'établissement de concessions commerciales européennes, prémices d'un développement économique plus important.

Période française (1830-1962)[modifier | modifier le code]

Prise de la casbah d'Annaba par l'invasion française, le 27 mars 1832
L'hôtel de ville à l'époque coloniale

Les troupes françaises, avec à leur tête, Anne Jean Marie René Savary, duc de Rovigo, qui commande à Alger, souhaitent étendre l'action de la France vers l'Est et reprendre Bône, occupée la première fois par le général Damrémont en 1830, et une deuxième fois en 1831, par le commandant Huder ; mais par deux fois, il a fallu évacuer la ville dans des conditions assez difficiles du fait de l'absence de voies de communication protégées.

En avril 1832, le capitaine Édouard Buisson d'Armandy s'installe dans Bône avec ses canonniers. D'Armandy envoie au duc de Rovigo, à Alger, un billet lui expliquant que grâce aux trente marins de la Béarnaise, ils ont pris la citadelle de Bône mais sont face aux 5 000 hommes du bey de Constantine. Ils attendent des renforts. Les premiers jours sont difficiles et les vivres manquent. Enfin, le 8 avril, les renforts arrivent avec le brick La Surprise. Le maréchal Nicolas Jean-de-Dieu Soult, ministre de la Guerre à la tribune de la Chambre affirme « La prise de Bône est le plus beau fait d'armes du siècle ».

Le développement économique peut alors se poursuivre avec la mise en valeur de Bône par de grands travaux dans la plaine bônoise qui, à l'origine marécageuse, devient une région très prospère, grâce à des cultures maraîchères, viticoles et arboricoles. Les vins de Bône seront connus et réputés jusqu'à Paris sous Napoléon III et le baron Haussmann.

L'oued Seybouse, qui arrose cette plaine, permet l'irrigation intensive des terres avoisinantes et enrichit la région de nouvelles cultures.

L'industrie se développe aussi largement, avec une usine de traitement des phosphates, plusieurs coopératives agricoles prospères, le développement du port de commerce de Bône, équipé du plus récent matériel de manutention. Du port de Bône partaient les différents minerais originaires du djebel Kouif et de l'Ouenza vers la France, et y arrivaient tous les équipements techniques, mécaniques, chimiques et agricoles pour toute la région Est du Constantinois. L'ensemble des ressources humaines et des entrepreneurs régionaux font de Bône l'une des plus riches villes des départements d'Algérie.

Les deux conflits mondiaux, outre la mobilisations des jeunes hommes dans l'armée, atteignent aussi la ville de Bône. Le 4 août 1914, Bône, de même que Philippeville, est bombardée par les croiseurs allemands Goeben et Bresland faisant de nombreux morts.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Bône sert de base d'opérations aux armées britannique et américaine, débarquées le 13 novembre 1942 par terre et par mer. Bône subit de violents bombardements pendant l'hiver 1942-43.

La Croix de guerre sera remise à la ville en juin 1949 par le président de la République Vincent Auriol pour son courage et sa vaillance face aux troupes allemandes.

En 1958, Bône compte 110 000 habitants et continue son développement.

Première et Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

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Plan de l'armée américaine de la ville de Bône durant la 2e guerre mondiale

Le 4 août 1914, les premiers bombardements navals furent lancés sur Bône et Philippeville (Skikda). Le nombre d'obus lancés sur la ville a été estimé à 140. Les cibles visées étaient la Gare ferroviaire, l'usine de gaz, les casernes, le port et le cap de Garde. Cette guerre dura quatre ans et toucha tout le pays.

En septembre 1939 éclate la Seconde Guerre mondiale. L'Allemagne nazie bat tous ses adversaires jusqu'en 1942, la Grande-Bretagne ne parvenant à tenir, seule, que grâce à la protection de l'océan. Britanniques et Français libres parviennent aussi péniblement à défendre l'Egypte contre les forces de l'Axe. Un troisième front s'ouvre en juin 1941 quand Hitler se retourne contre son allié Staline. La guerre gagne toute l'Afrique du Nord en novembre 1942, quand les Anglo-Américains débarquent en Afrique française du Nord (AFN) avec 100 000 soldats, et rééquipent l'armée française d'Afrique avec des matériels modernes. Les troupes américaines débarquent à Bougie, à Philippeville et à Bône sans rencontrer d'opposition. Mais le sort de Bône est gravement compromis dû au manque de DCA et d'avions. Le 13 novembre 1942, des avions nazis larguent sur Bône des bombes meurtrières, bombardements qui se poursuivirent jusqu'au 30 juin 1943. Le calme revient quand les Alliés envahissent l'Italie.

Selon des sources officielles, en huit mois, 1 800 bombes ont été lancées sur le port et la ville de Bône. Le bilan des victimes civiles était de 164 morts dont 123 musulmans, 202 blessés dont 113 musulmans. Quant aux victimes militaires, on comptait 885 soldats alliés.

Indépendance[modifier | modifier le code]

Figure de la révolution algérienne de la région

L'indépendance de l'Algérie en 1962 entraîna le départ des populations européenne et juive de la ville. Dans l'Algérie indépendante, la ville connaît une augmentation rapide de sa population alimentée par l'exode rural, pour atteindre plus de 400 000 habitants aujourd'hui dans sa grande agglomération.

Économie[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

L'agglomération d'Annaba constitue le deuxième pôle industriel du pays après celui de la capitale Alger. La ville est un important lieu pour la sidérurgie[5], avec le complexe sidérurgique d'El Hadjar — qui est le plus grand d'Afrique[réf. nécessaire] — privatisé en 2001 et renationalisé en octobre 2013 après le basculement de 51% du capital sous le contrôle de l'État algérien par le rachat des parts d'ArcelorMittal qui demeure cependant le maître-d'œuvre du site[6]. Situé à huit kilomètres au sud de la ville, il s'étend sur 800 hectares, est associé à l'exploitation des mines d'Ouenza et de Bouhadjar, comprend deux hauts fourneaux, trois aciéries et des laminoirs à chaud, à froid et à fil et rond. Les industries du phosphate et du métal sont présentes à travers le complexe phosphatier de la Seybouse et le complexe métallurgique d'Allelik.

L'industrie privée est très importante à Annaba et se concentre notamment dans l'agro-alimentaire, la transformation métallique, le bois et ses dérivés, le BTP.

Les zones industrielles occupent près de 400 ha entre Pont Bouchet, Meboudja, Berrahal, Kherraza. Des zones d'activités sont situées dans la banlieue de la ville, à Sidi Salem, El-Eulma et Oued El-Aneb. L'extension de la zone industrielle d'Annaba est associée à la construction de la nouvelle ville de Draa Errich, distante de 20 km.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Complexe touristique à Seraïdi, situé à 900 mètres d'altitude.
Ruine d'Hippone détruite par les Vandales au VIe siècle, est un musée en plein air qui entoure la Basilique Saint-Augustin d'Annaba.

La ville d'Annaba est une des principales communes touristiques d'Algérie mais elle reste encore assez peu fréquentée par les étrangers. Annaba a vu la mise en place d'un plan d'aménagement touristique qui sera destiné à promouvoir ce secteur dans les années à venir, elle dispose d'immenses plaines longeant des montagnes, tel que les monts de l'Edough. La ville ainsi que son agglomération sont bordées par près de 40 kilomètres de côtes, ces plages attirent durant l'été des milliers de touristes nationaux.

La ville abrite plusieurs plages : Sidi Salem, Joino, Vedro, Plage des juifs, Saint Cloud (Rezgi Rachid), Chapuis (Rizzi Amor), La Caroube (Kharouba), Toche (Reffas Zahouane), Ain Achir.

Démographie[modifier | modifier le code]

La ville d'Annaba comptait 257 359 habitants en 2008 (Recensement général de la population et de l'habitat). Son agglomération comptait 359 657 (avec 111 956 habitants à El Bouni en 1998). Si l'on y inclut El Hadjar, et Sidi Amar dont les extrémités tendent à se rejoindre, c'est près de 500 000 personnes qui appartiennent au « Grand Annaba ».

Évolution démographique d'Annaba-ville depuis 1882
1882 1886 1892 1896 1899 1901 1906 1911 1921 1926 1931
22 000 29 600 30 800 32 300 34 500 37 000 42 900 42 000 45 200 51 900 68 800
1936 1948 1954 1960 1966 1974 1977 1987 1998 2008 -
83 300 102 800 114 100 164 000 168 800 213 200 222 600 222 500 247 701 257 359 -
2008 : Population provisoire (enquête annuelle).
(Source : Historique de population[7],[8])


Pyramide des âges de la commune d'Annaba en 2008 en nombre d’habitants[8]
Hommes Classe d’âge Femmes
527 
85 ans et +
770 
995 
80 à 84 ans
1 123 
1 943 
75 à 79 ans
2 105 
2 612 
70 à 74 ans
2 975 
2 949 
65 à 69 ans
3 672 
3 646 
60 à 64 ans
4 112 
5 579 
55 à 59 ans
5 661 
6 535 
50 à 54 ans
6 716 
8 106 
45 à 49 ans
8 093 
9 587 
40 à 44 ans
10 236 
10 150 
35 à 39 ans
10 959 
11 007 
30 à 34 ans
11 177 
11 295 
25 à 29 ans
11 671 
11 388 
20 à 24 ans
11 538 
11 337 
15 à 19 ans
11 102 
10 090 
10 à 14 ans
9 782 
9 072 
5 à 9 ans
8 483 
10 402 
0 à 4 ans
9 772 
87 
nd
104 

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville d'Annaba est jumelée avec plusieurs villes :

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Stade 19 mai 1956 d'Annaba

L'équipe de football d'Annaba est l'USM Annaba championne d'Algérie en 1964[10]; elle évolue actuellement dans la seconde division algérienne après sa relégation en 2011. Le stade de la ville, le deuxième plus grand en Algérie après le stade du 5-Juillet d'Alger se nomme le stade du 19-Mai-1956 qui est constitué de gazon. Sa capacité maximale est de 50 000 places environ. Les couleurs traditionnelles de l'équipe sont le rouge et le blanc.

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion en Algérie.

La totalité des habitants de la ville d'Annaba sont de confession musulmane. Cependant, il existe une communauté chrétienne implantée lors de la colonisation française. Elle est constituée à majorité d'Européens dont des Français et à moindre mesure d'Africains. Annaba reste connue internationalement comme la région d'origine de Saint Augustin. Le premier colloque international sur le père de l'église catholique et sa pensée, fut organisé dans la ville en avril 2001. Cette ville fait office de pèlerinage de chrétiens venus pour la plupart d'Europe.

Musique[modifier | modifier le code]

Annaba est une ville traditionnellement connue pour le malouf, genre musical très répondu dans l'est algérien, représenté par les artistes Hassan El Annabi, Hamdi Benani, Cheikh Dib, Salim Halali et Allaoua El Far. La ville est représentée aussi par d'autres genres musicaux traditionnels tels que les troupes d'Issawas et Fkirettes, ou contemporains comme la musique RAP avec l'illustre Lotfi Double Kanon. La musique rock aussi est très présente, avec des groupes de rock instrumental ainsi que des groupes de metal,des festivités annuelles sont organisées à partir de 1999. La gasba chaouia a en outre pénétré la musique annabie et des grands noms actuels de ce style sont connus dans tout l'est du pays comme Fella el Annabia, Cheba Djamila ou Morad el Annabi.

Cuisine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine algérienne.
Souk El Hattab

La cuisine bônoise a subi des influences multiples de conquêtes et civilisations, elle se compose essentiellement de produit aux saveurs méditerranéennes. Les spécialités culinaires d'Annaba réunissent en plus des plats traditionnels algériens des spécialités, tels que :

Personnalités liées à Annaba[modifier | modifier le code]

Acte de naissance à Bône (Annaba) du Maréchal Alphonse Juin le 16 décembre 1888.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Résultats du recensement général de la population et de l’habitat 2008 Lire en ligne
  2. [PDF] Présentation de la wilaya d'Annaba, sur le site de l’Agence nationale de développement de l’investissement
  3. « Berbère, né en 354 à Tagaste, en Africa, il mourra évêque d'Hippone en 430, alors que les Vandales assiègent la ville », Fernand Braudel, Grammaire des civilisations (1963), Flammarion, 2008, chap. II-Christianisme, humanisme, pensée scientifique, p. 453
  4. a et b « Weather Statistics: Annaba, Algeria », sur www.weatherbase.com (consulté le 17 mars 2011).
  5. http://ensmm-annaba.org/?q=ecole/Annaba
  6. ArcelorMittal cède la majorité du complexe sidérurgique d’El Hadjar à l’Etat algérien sur www.econostrum.info le 6 octobre 2013.
  7. populstat.info
  8. a et b Wilaya d'Annaba— Population résidente par age et par sexe. Consulté en avr 2012.
  9. www.djazairess.com
  10. www.les-sports.info
  11. Belounis Bachir, Bourdine Moussa, Djemaï Rachid, Guita Moncef, Hioun Salah, Larbi Arezki, Nedjaï Mustapha, Oulhaci Mohamed, Zoubir Hellal : musée national des beaux-arts [Alger], mai 1997

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]