Annaba
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| Annaba | ||
Vue sur la baie d'Annaba |
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| Noms | ||
|---|---|---|
| Nom algérien | عنابة | |
| Administration | ||
| Pays | ||
| Wilaya | Annaba | |
| Daïra | Annaba | |
| Code postal | 23000 | |
| Code ONS | 2301 | |
| Démographie | ||
| Gentilé | Annabis (anciennement Bônois) | |
| Population | 257 359 hab. (2008[1]) | |
| Densité | 5 252 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 3 m | |
| Superficie | 49 km2 | |
| Localisation | ||
Localisation de la commune dans la wilaya d'Annaba. |
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Annaba (en arabe عنابة), anciennement Bône durant la colonisation française et Hippone dans l'Antiquité, est la quatrième ville d'Algérie en nombre d'habitants après la capitale Alger, Oran et Constantine, chef-lieu de la wilaya d'Annaba, située à 152 km au nord-est de Constantine, à 246 km à l'est de Jijel et à environ 100 km à l'ouest de la frontière tunisienne. Annaba est également une métropole littorale dont la population dépasse 600 000 habitants[2].
Au Ve siècle, Hippone est devenue un important foyer du christianisme sous l'épiscopat de saint Augustin évêque de la ville de 396 jusqu'à sa mort en 430[3].
Toponymie [modifier]
Annaba est l'une des plus anciennes cités de l'Algérie, fondée en 1295 avant J.-C., connue sous les noms successifs d'Ubon, Hippo Regius, Hippone, Bouna, Bled El Aneb, Bône, et enfin, Annaba.
Autrefois, on l'appelait Bilad Al Unnâb, c'est-à-dire la ville des jujubes, à cause de la grande production de ce fruit dans cet endroit.
Géographie [modifier]
Situation [modifier]
Annaba se situe sur la rive sud du bassin méditerranéen, au nord-est de sa wilaya, au Nord-Est de l'Algérie, à 420 km de la capitale Alger et à 100 km de la frontière tunisienne. La ville s'élève au fond d'une baie ouverte à l'est sur le golfe d'Annaba. Elle est dominée à l'ouest par la chaîne de montagne de l'Edough (1 008 m d'altitude).
Relief et hydrographie [modifier]
- Le massif de l'Edough : Annaba se situe sur le bord Est de l'Edough, massif montagneux culminant à 1 008 m d'altitude.
- L'oued Seybouse : il a son embouchure (détournée au début des années 1970, à l'occasion de la construction d'une usine de production d'engrais chimiques) au sud-est de la ville qui rejoint la mer Méditerranée. Son bassin est le plus étendu d’Algérie et ses terres sont des plus fertiles.
- Lac de Fetzara : à l’ouest de la ville se trouve le lac de Fetzara à 14 Km de la mer Méditerranée. Il s’allonge dans le sens Est-Ouest sur 17 Km de long et sur 13 Km de large. Il est limité au Nord par le massif de l’Edough, par les collines de Aïn Berda au Sud et les cordons dunaires situés à l’est et à l’ouest. A la périphérie du lac existent plusieurs agglomérations: au Nord, le chef lieu de la commune de Berrahal, au Sud les territoires des communes d’El Eulma (Oued El Hout) et de Cheurfa et, à l’Est, les petits villages d’El Gantra et de Oued Zied.
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Massif de l'Edough
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Oued Seybouse au sud d'Annaba dans la Wilaya de Guelma
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Photographie de la Nasa du lac de Fetzara
Climat [modifier]
Annaba bénéficie d'un climat méditerranéen. Elle est connue par ses longs étés chauds et secs. Les hivers sont doux et humides, la neige est rare mais pas impossible. Les pluies sont abondantes et peuvent être diluviennes. Il fait généralement chaud surtout de la mi-juillet à la mi-août[4].
| Mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | 7 | 7 | 8 | 10 | 13 | 16 | 19 | 20 | 18 | 15 | 11 | 8 | 12 |
| Température moyenne (°C) | 11 | 12 | 13 | 15 | 18 | 21 | 24 | 25 | 23 | 20 | 15 | 12 | 17 |
| Température maximale moyenne (°C) | 15 | 16 | 17 | 19 | 22 | 26 | 29 | 30 | 28 | 24 | 20 | 16 | 22 |
| Précipitations (mm) | 100 | 70 | 70 | 40 | 30 | 10 | 0 | 10 | 30 | 70 | 60 | 100 | 630 |
Transports [modifier]
Annaba dispose d'une gare ferroviaire située à proximité de la gare maritime et de la gare routière.
L'aéroport d'Annaba - Rabah Bitat est situé à 9 km au sud de la ville. Des vols opérés par les compagnies Air Algérie et Aigle Azur relient Annaba à Alger et à Oran, et aux villes françaises de Paris, Lyon, Marseille et Nice. Des liaisons avec des villes d'Arabie saoudite sont également effectuées lors du pèlerinage de la Mecque.
La ville est dotée d'un port faisant partie des dix ports de commerce algériens et il transporte aussi des passagers jusqu'à Marseille ou l'Italie.
Urbanisme [modifier]
L'agglomération englobe les villes d'El Bouni, El Hadjar et Sidi Amar, qui forment à présent une véritable couronne autour de la ville d'Annaba et dont les liens avec cette dernière sont de plus en plus denses. La ville s'est considérablement développée depuis l'implantation de l'usine métallurgique d'El Hadjar (à une dizaine de kilomètres au sud) qui draine de la main d'œuvre de toute la région.
Annaba possède un front de mer, un centre-ville - où est situé le cours de la Révolution (ex-cours Bertagna) - animé, débordant d'arcades en tous genres où s'abritent restaurants, terrasses, kiosques.
Histoire [modifier]
Préhistoire [modifier]
La région d'Annaba est riche en découvertes archéologiques datant de la Préhistoire de - 2 millions d'années. Les Homo Erectus auraient vécus dans cette région depuis le Paléolithique supérieur (-1,8 million d'années à -100 000 ans). À partir du Néolithique, un nouveau type d'humains fait son apparition : le Protoméditerranéen.
L'homme est apparu dans le périmètre d'Annaba depuis le Paléolithique, dans la zone de Ras-Al-Hamra (Cap de Garde), dans les collines de Bouhamra. Les hommes préhistoriques ont laissé de nombreux témoignages dans la région de Bône : silex taillés ou polis, menhirs, cromlechs, dolmens, que ce soit à Roknia pour le plus connu ou bien encore à Guelma, Le Tarf ou Chapuis.
En parallèle, une autre civilisation dite capsienne s'est développée dans la région de Gafsa qui se situait au Sud-Ouest de la Tunisie. Les Capsiens, sur le plan anthropologique, sont très similaires aux habitants de l'Afrique du Nord. Des spécialistes, anthropologues et préhistoriens, déclarent que les Protoméditerranéens Capsiens sont originaires du Proche-Orient, et que l'on peut qualifier leurs descendants comme étant des autochtones. Les préhistoriens affirment donc que les premiers maghrébins sont issus des Protoméditerranéens Capsiens, qui représentent la première lignée berbère.
À la fin du -5e millénaire, fin de l'ère néolithique, débute l'ère de la préhistoire (-5 000 à -3 000 ans). Les archéologues découvrent lors de leurs recherches en Afrique du Nord architecture, des sépultures funéraires et des poteries rudimentaires datant de cette époque.
Les découvertes prouvant l'existence passée de l'homme préhistorique dans la région d'Annaba sont les mêmes que dans tout le bassin méditerranéen : armes et outils en pierre, abris sous roches, sépultures de pierre brute, dolmens, etc.
À partir des années 30, de nombreux sites préhistoriques ont été découverts et mis en valeur : Vieux massif de l'Edough, Cap de Fer, Cap de Garde, les collines de Bou Hamra, la région ouest d'Annaba, le lac Fetzara, les lacs d'El Kala, la côte ouest de Chetaïbi et de Marsa. Des recherches et des études méthodiques sont particulièrement réalisées dans la station de Fort Génois située à la presqu'île de Ras El Hamra (Cap de Garde).
Des inscriptions rupestres près de Lamy et Guelma, des inscriptions libyques dans la vallée de la Cheffia attestent de l'ancienneté de la présence humaine.
Antiquité [modifier]
Ancien comptoir phénicien fondé durant l'extension de la civilisation des Phéniciens au-delà de leurs frontières originelles. Sa création se situe à l'arrivée de ces derniers sur les côtes de l'océan Atlantique vers 2 000 ans av. J.-C. Il est connu que les Phéniciens excellaient dans la navigation marine, car ayant compris que la prospérité, la fructification de leurs richesses et le développement économique ne pouvaient provenir qu'au-delà des limites marines. II fallait donc traverser océans et mers pour assouvir leurs buts expansionnistes. Mais les distances lointaines entre la vile mère, Phénicie, et les grands centres commerciaux ou les grandes villes situées le long de la façade marine du continent poussèrent les Phéniciens à établir des comptoirs commerciaux. C'est dans cet ordre d'idées que les Phéniciens de la ville de Tyr fondèrent la ville d'Utique en Afrique antique (actuelle Tunisie) en 1100 av. J.-C. qui est considérée comme le plus ancien comptoir et ce, en relation avec le sens étymologique du mot ' Utique signifiant en langue punique ancienne ou antique, et qui en arabe aussi veut dire la même chose. Plus tard, vers 814 av. J.-C. fut fondée Carthage ou Qarthadesh. Des activités commerciales se sont développées avec les Phéniciens, qui y faisaient souvent escale au retour de leurs campagnes cabotières au pays des Tartessiens (sud-est de l'Espagne). Ces Phéniciens étaient des sémites du groupe cananéen venus de la Phénicie (côte du Liban actuel).
Du VIe au IIIe siècle av. J.-C., Hippone (ou Hippot) se soumet à l'hégémonie carthaginoise. Au IIIe siècle av. J.-C., la consolidation du royaume numide, notamment sous le règne de Massinissa et de ses successeurs, entraîne l'intégration d'Hippone au royaume numide; elle devient une ville royale, Hippo Regius. Ce rang lui est sans doute dû à son rôle de port qui assure les liaisons entre l'arrière-pays et la Méditerranée.
Grâce aux Phéniciens qui y ont apporté connaissances et savoir-faire de toutes les civilisations du Moyen-Orient, cette dernière devient un des plus grands centres de la nouvelle province numide soumise aux Romains ; l'Africa Nova. Les vestiges d'aujourd'hui représentent la phase romaine et ses séquelles vandales et byzantines.
L'histoire d'Hippone se confond avec celle de Carthage et adoptera peu à peu ses mœurs, ses coutumes, sa religion et sa langue.
La prospérité de Carthage provoqua des rivalités avec ses voisins. Trois groupes prédominaient dans le Maghreb : les Maures à l'ouest, les Gétules au sud et les Numides à l'est et au centre. La Numidie était divisée en deux royaumes : les Masaesyles à l'ouest et les Massyles à l'est. Les guerres puniques embrasèrent tout le monde antique. Hippone et sa région furent alors envahie par les Massyles, gouvernés alors par Massinissa allié aux Romains. Hippone ne connut l'indépendance et la paix qu'après la chute de Carthage en -146. On pense qu'Hippone avait été choisie, à la fin de la seconde guerre punique, comme résidence favorite des rois Numides, lui donnant le prestige de ville de plaisance après la chute de Carthage. Elle sera appelée 'ville royale' pendant tout un siècle.
La particularité d'Hippone à cette époque est qu'elle est devenue un centre de rayonnement de la pensée théologique augustinienne sous l'impulsion de l'évêque d'Hippone, saint Augustin.
Hippone chrétienne (240 à 640) - Saint Augustin (354-430) [modifier]
Le christianisme a dû faire son apparition en Afrique du Nord au début du IIIe siècle. Les premiers Africains convertis à cette nouvelle religion ont été torturés et livrés aux fauves par les Romains. Mais voyant l'unicité de son royaume se dégrader, l'empereur Théodose déclara le christianisme comme religion officielle de l'État romain en 380. Le grand évêque saint Augustin rendit alors Hippone le centre de rayonnement de la pensée chrétienne au début du Ve siècle. Il fonda dans cette ville un monastère. En 396, Hippone devint dominée par le parti de Donat, une église africaine anti-catholique, utilisant la persécution et la violence. Augustin étant personnellement menacé de mort, fit appel à l'autorité impériale qui déclara le donatisme hors la loi. Hippone fut ainsi libérée de l'oppression de ce groupe. Augustin joua un rôle primordial dans la consolidation du christianisme, et Hippone rassemblera les assises définitives de l'église moderne.
Invasion vandale (431-533) - Reconquête byzantine (533) [modifier]
Les Vandales (peuples germaniques), chassés par les Huns (peuple nomade d'Asie centrale), envahissent la Gaulle (406), l'Espagne (409), et franchissent le détroit de Gibraltar en 429 pour conquérir l'Afrique du Nord. En mai 430, Hippone fut assiégée. L'église se hâta aussitôt à planifier la conservation de la bibliothèque et des manuscrits de saint Augustin peu après son décès dû au siège. La mort de cette éminente figure coïncide avec la défaite romaine dans la région sous les coups des Vandales et l'atrophie d'Hippone à tous les niveaux. La ville résista à cette force barbare, mais les compagnes voisines furent pillées et persécutées par les Vandales. La résistance d'Hippone prit terme après 18 mois, et devint la capitale de Genséric (maître de toute l'Afrique du Nord, mis à part Cirta et Carthage) jusqu'à la prise de Carthage en 439. Hippone connaîtra alors une période relativement tranquille pendant le règne des Vandales de la Numidie et de la Proconsulaire (est algérien et Tunisie) pendant plus d'un siècle, mais toutefois troublée par quelques révoltes berbères.
En 533, une armée de Constantinople, sous le commandement de Bélisaire, fut envoyée par l'empereur byzantin Justinien 1er pour délivrer l'Afrique du Nord de l'emprise des Vandales. La bataille de Tricamara marquera la chute des Vandales. Malgré tous leurs efforts, les Byzantins ne parviennent pas à redonner pas à la ville son éclat d'antan, tout au plus peut-elle constituer une escale ou un point de ravitaillement pour la flotte byzantine.
Période des dynasties islamiques [modifier]
La conquête du Maghreb est conduite à partir de l'Égypte par petites vagues à partir de 647. Mais des luttes de succession, obligent pour un temps les Arabes à mettre fin à leurs expéditions. L'arrivée au pouvoir des omeyyades marque la reprise de la politique d'expansion. Les Arabes se lancent à la conquête de « l'île du Maghreb » . C'est au cours de cette seconde expédition que la Numidie orientale connut les premiers raids de l'armée arabe. Vers 666, les troupes de Mu'awiya, peu après leurs conquêtes de Djerba et Bizerte, déferlent sur Hippone. Protégée par de solides remparts et défendue par les forces byzantines, le siège de la cité fut de courte durée, les Arabes ne la quittèrent qu'après l'avoir en partie incendiée. Tandis que Berbères, Byzantins et Arabes s'entretuaient, Hippone eut à connaître un certain regain d'activité du fait du débarquement d'une imposante garnison venue de Constantinople, renforçant à nouveau leur autorité sur l'ensemble du pays. La fondation de Kairouan, en 670 par Okba Ibn Nafî, marque définitivement l'installation des Arabes en Ifriqiya (la Tunisie et l'est du Constantinois).
Après la conquête définitive de Carthage en 698, Hippone est devient un refuge aux Carthaginois puis sera dévastée par les Arabes après avoir mis un terme à la résistance de l'autorité impériale. L'antique cité, sera par la suite en partie restaurée et adaptée à un nouveau mode vie oriental. L'ancienne Hippone, est alors rebaptisée par les Arabes « Médinet Seybouse » puis officiellement « Bouna », plus facile à prononcer que Hippone. Vaincues, certaines tribus berbères se convertissent et contribuent à leur tour à l'expansion de l'islam.
Au début du XIe siècle, la ville antique est abandonnée pour un nouveau site à 3 km au nord du premier. La nouvelle ville « Bouna Al Haditha » (« Bouna la Neuve ») est bâtie sur une hauteur de 40 mètres d'altitude, à la différence de l'antique qui se trouve dans le plat (1 à 3 mètres d'altitude). Dès 1040, la ville s'entoure de remparts pour renforcer sa défense naturelle. Les Sanhadjas, qui la fondent, en font un poste de défense et de surveillance. Bouna devient un port d'échanges commerciaux du XIe au XIXe siècle. en 1153, le roi Roger II de Sicile conquit la ville de Bône.
Période ottomane et espagnole [modifier]
L'empereur Charles Quint envoya en 1535 une escadre espagnole pour conquérir Bouna (la citadelle d'Annaba). Il ordonna la destruction de la muraille qui joint la ville à la forteresse. Mais face au blocus maritime des Turcs et l'hostilité de la population, des dizaines de soldats espagnoles succombèrent. En 1540, Charles Quint ordonna l'évacuation de Bouna. Après sa libération des espagnoles, les autorités turques fortifièrent la ville et la surmontèrent d'un fort Cigogne. Après sa libération, la ville et sa région sont incluses dans la régence d'Alger. Bouna (Bona) est parée d'un nouveau qualificatif : « Madinat Al Unnab », ou Annaba qui se substitue progressivement à son ancien nom, surtout à la fin du XIXe siècle et aujourd'hui.
La fonction de point d'échanges commerciaux, notamment avec l'étranger, fait d'Annaba et sa région une des assiettes de l'établissement de concessions commerciales européennes, prémices d'un développement économique plus important.
Période française [modifier]
Les troupes françaises, à leur tête, Anne Jean Marie René Savary, duc de Rovigo, qui commande à Alger, voudraient bien étendre l'action de la France vers l'Est et reprendre Bône, occupée la première fois par le général Damrémont en 1830, et une deuxième fois en 1831, par le commandant Huder ; mais par deux fois, il avait fallu évacuer la ville dans des conditions assez difficiles du fait de l'absence de voies de communication protégées.
En avril 1832, le capitaine Édouard Buisson d'Armandy s'installe dans Bône avec ses canonniers. D'Armandy envoie au duc de Rovigo, à Alger, un billet lui expliquant que grâce aux trente marins de la Béarnaise, ils ont pris la citadelle de Bône mais sont face aux 5 000 hommes du bey de Constantine. Ils attendent des renforts. Les premiers jours sont difficiles et les vivres manquent. Enfin, le 8 avril, les renforts arrivent avec le brick La Surprise. Le maréchal Nicolas Jean-de-Dieu Soult, ministre de la Guerre à la tribune de la Chambre affirme « La prise de Bône est le plus beau fait d'armes du siècle ».
Le développement économique peut alors se poursuivre avec la mise en valeur par de grands travaux de la plaine bônoise qui, à l'origine marécageuse, était devenue une région très prospère de cultures maraîchères, viticole et arboricole. L'oued Seybouse, qui arrose cette plaine, permettait l'irrigation intensive des terres avoisinantes.
L'industrie s'était aussi largement développée avec une usine de traitement des phosphates, les coopératives agricoles, son port de commerce, équipé du plus récent matériel de manutention, d'où partaient les différents minerais originaires du djebel Kouif et de l'Ouenza, vers la France, et y arrivaient tous les équipements pour toute la région Est du Constantinois. L'ensemble des atouts humains et régionaux faisait de Bône, une des plus riches villes des départements d'Algérie.
Les deux conflits mondiaux, outre la mobilisations des jeunes hommes dans l'armée, atteignirent la ville de Bône. Le 4 août 1914, Bône, de même que Philippeville, fut bombardée par les croiseurs allemands Goeben et Bresland faisant de nombreux morts. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la ville servit de base d'opérations aux armées britannique et américaine, arrivées le 13 novembre 1942. Elle subit de violents bombardements pendant l'hiver 1942-43. La Croix de guerre sera remise à la ville en juin 1949 par le président de la République Vincent Auriol. En 1958, Bône comptait 110 000 habitants.
Première et Seconde Guerre mondiale [modifier]
Le 4 août 1914, les premiers bombardements navals furent lancés sur Bône et Philippeville (Skikda). Le nombre d'obus lancés sur la ville a été estimé à 140. Les cibles visées étaient la Gare ferroviaire, l'usine de gaz, les casernes, le port et le cap de Garde. Cette guerre dura quatre ans et toucha tout le pays.
Septembre 1939 marque le début de la Seconde Guerre mondiale. L'Afrique du Nord devait devenir alors un second front à l'ouest pour soulager les Soviétiques qui résistaient seuls à l’assaut allemand. Les Anglo-Américains effectuent donc une intervention en Afrique française du Nord (AFN). Le 8 novembre 1942, plus de 100 000 soldats anglo-américains débarquent en AFN. Les troupes américaines débarquent à Bougie, à Philippeville et à Bône sans rencontrer de résistance. Mais le sort de Bône est gravement compromis dû au manque de DCA et d'avions. Le 13 novembre 1942, des avions nazis larguent sur Bône des bombes meurtrières, bombardements qui se poursuivirent jusqu'au 30 juin 1943. Le calme revint dès le départ des Alliés de la Tunisie.
Selon des sources officielles, en huit mois, 1 800 bombes ont été lancées sur le port et la ville de Bône. Le bilan des victimes civiles était de 164 morts dont 123 musulmans, 202 blessés dont 113 musulmans. Quant aux victimes militaires, on comptait 885 soldats alliés.
Indépendance [modifier]
L'indépendance de l'Algérie en 1962 entraîna le départ des populations européenne et juive de la ville. Dans l'Algérie indépendante, la ville connaît une augmentation rapide de sa population alimentée par l'exode rural, pour atteindre plus de 400 000 habitants aujourd'hui dans sa grande agglomération.
Économie [modifier]
Industrie [modifier]
C'est le deuxième pôle industriel du pays après la capitale Alger. La ville est un haut lieu de la sidérurgie mondiale [5], avec le complexe sidérurgique d'El Hadjar, à huit kilomètres au sud de la ville, qui est le plus grand d'Afrique[6], et s'étend sur 800 hectares, comprenant deux hauts fourneaux, des trois aciéries et des laminoirs à chaud, à froid et à fil et rond. Les industries du phosphate et du métal sont présentes à travers le complexe phosphatier de la Seybouse et le complexe métallurgique d'Allelik.
L'industrie privée est très importante à Annaba et se concentre notamment dans l'agro-alimentaire, la transformation métallique, le bois et ses dérivés, le BTP.
Les zones industrielles occupent près de 400 ha entre Pont Bouchet, Meboudja, Berrahal, Kherraza. Des zones d'activités sont situées dans la banlieue de la ville, à Sidi Salem, El-Eulma et Oued El-Aneb.
Démographie [modifier]
La ville d'Annaba comptait 257 359 habitants en 2008 (Recensement général de la population et de l'habitat). Son agglomération comptait 359 657 (avec 111 956 habitants à El Bouni en 1998). Si l'on y inclut El Hadjar, et Sidi Amar dont les extrémités tendent à se rejoindre, c'est près de 500 000 personnes qui appartiennent au « Grand Annaba ».
Tourisme [modifier]
La ville d'Annaba est une des principales communes touristiques d'Algérie mais elle reste encore assez peu fréquentée par les étrangers. Annaba a vu la mise en place d'un plan d'aménagement touristique qui sera destiné à promouvoir ce secteur dans les années à venir, elle dispose d'immenses plaines longeant des montagnes, tel que les monts de l'Edough. La ville ainsi que son agglomération sont bordées par près de 40 kilomètres de côtes, ces plages attirent durant l'été des milliers de touristes nationaux [9].
Vie quotidienne [modifier]
Sport [modifier]
L'équipe de football d'Annaba est l'USM Annaba championne d'Algérie en 1964[10]; elle évolue actuellement dans la seconde division algérienne après sa relégation en 2011. Le stade de la ville, le deuxième plus grand en Algérie après le stade du 5-Juillet d'Alger se nomme le stade du 19-Mai-1956 qui est constitué de gazon. Sa capacité maximale est de 50 000 places environ. Les couleurs traditionnelles de l'équipe sont le rouge et le blanc.
Religion [modifier]
De nos jours, l'essentiel des habitants de la ville est de confession musulmane. Annaba reste connue internationalement comme la région d'origine de saint Augustin. Le premier colloque international sur le père de l'église catholique et sa pensée, fut organisé dans la ville en avril 2001.
Musique [modifier]
Annaba est une ville traditionnellement connue pour le malouf, genre musical très répondu dans l'est algérien, représenté par les artistes Hassan El Annabi, Hamdi Benani, Cheikh Dib, Salim Halali et Allaoua El Far. La ville est représentée aussi par d'autres genres musicaux traditionnels tels que les troupes d'Issawas et Fkirettes, ou contemporains comme la musique RAP avec l'illustre Lotfi Double Kanon ou encore Azzou, et Karim El Gang.La musique rock aussi est très présente, avec des groupes de rock instrumental ainsi que des groupes de metal,des festivités annuelles sont organisées à partir de 1999.
Cuisine [modifier]
Les spécialités culinaires d'Annaba sont en plus du couscous et du tajine lahlou : le bourek Annabi, la chorba frik et la mloukhiya. Le créponné y a trouvé ses débuts durant la colonisation et reste un dessert très apprécié.
Jumelages [modifier]
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La ville d'Annaba est jumelée avec plusieurs villes :
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Personnalités liées à Annaba [modifier]
- Saint Augustin d'Hippone, philosophe et théologien chrétien, évêque d’Hippone, y est mort le 28 août 430.
- Ahmed El Bouni, écrivain du Moyen Âge, auteur de Chams el maâref el Kobra précurseur de Nostradamus [1].
- Ibn al Annabi, théologien mort en 1850, a vécu en Égypte.
- Alphonse Juin, maréchal français, y est né le 16 décembre 1888.
- Valentine Prax, peintre, y est née le 23 juillet 1897.
- H'sen Derdour, historien, astronome et musicien, y est né en 1911 et décédé en 1997.
- Hassan Al-annabi, comédien et grande figure du malouf annabi (1925-1991) y a vécu.
- Hamdi Benani, chanteur et musicien algérien de malouf (1943), y a vécu.
- Edwige Fenech, actrice franco-italienne, y est née le 24 décembre 1948.
- Jean-Charles Naouri, homme d'affaires, y est né le 8 mars 1949.
- Guy Bedos, comédien et fantaisiste, y a passé son enfance et son adolescence.
- Bachir Belounis, artiste peintre et sculpteur de renommée (1950-2003) y a vécu la majorité de sa vie[12].
- Zahia Dahel Hebrih, peintre et sculpteur, y est née le 11 février 1952.
- Roger Widenlocher, dessinateur humoriste, y est né le 3 juin 1953.
- Phil Barney, chanteur de variété, y est né le 2 février 1957.
- Mohamed Boudiaf, chef de l’État algérien, y a été assassiné le 29 juin 1992.
- Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée aux Français de l'étranger dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault II, y est née le 13 septembre 1960.
Galerie [modifier]
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La ville d'Annaba vue depuis les hauteurs de Seraïdi
Notes et références [modifier]
- Résultats du recensement général de la population et de l’habitat 2008 Lire en ligne
- [PDF] Présentation de la wilaya d'Annaba, sur le site de l’Agence nationale de développement de l’investissement
- « Berbère, né en 354 à Tagaste, en Africa, il mourra évêque d'Hippone en 430, alors que les Vandales assiègent la ville », Fernand Braudel, Grammaire des civilisations (1963), Flammarion, 2008, chap. II-Christianisme, humanisme, pensée scientifique, p. 453
- Weather Statistics: Annaba, Algeria, sur www.weatherbase.com. Consulté le 17 mars 2011.
- http://ensmm-annaba.org/?q=ecole/Annaba
- http://www.enroutes.com/142-itineraire-voyage-algerie.html
- populstat.info
- Wilaya d'Annaba— Population résidente par age et par sexe. Consulté en avr 2012.
- http://chetaibi.blogspot.fr/2008/06/chetaibi-le-booster-touristique.html
- www.les-sports.info
- www.djazairess.com
- Belounis Bachir, Bourdine Moussa, Djemaï Rachid, Guita Moncef, Hioun Salah, Larbi Arezki, Nedjaï Mustapha, Oulhaci Mohamed, Zoubir Hellal : musée national des beaux-arts [Alger], mai 1997
