Terres australes et antarctiques françaises

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Terres australes et antarctiques françaises (TAAF)
Armoiries
Armoiries
Marque de l'administrateur supérieur des TAAF
Marque de l'administrateur supérieur des TAAF
Image illustrative de l'article Terres australes et antarctiques françaises
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut politique Territoire d'outre-mer
Capitale Port-aux-Français (administré depuis Saint-Pierre (La Réunion))
Gouvernement
- Président
- Préfet, administrateur supérieur

François Hollande
Pascal Bolot (depuis le 1er mars 2012)
Démographie
Population 140 hab. (2006[1])
Densité 0 hab./km2
Langue(s) Français
PIB (n/a)
 · PIB/hab.
n/a
n/a
Géographie
Coordonnées 49° 15′ 00″ S 69° 10′ 01″ E / -49.25, 69.167 ()49° 15′ 00″ Sud 69° 10′ 01″ Est / -49.25, 69.167 ()  
Superficie 439 672 km2
Divers
Monnaie Euro
Fuseau horaire UTC +4 (Îles Éparses de l’océan Indien et Archipel des Crozet)
UTC+5 (Archipel des Kerguelen et îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam)
UTC+10 (La Terre-Adélie)
Domaine internet .tf
Hymne La Marseillaise

Les Terres australes et antarctiques françaises[2] constituent un territoire d'outre-mer de la France créé par une loi du 6 août 1955. Il est désigné dans sa forme longue : territoire des Terres australes et antarctiques françaises et il est également identifié par l'acronyme : TAAF.

Ce territoire comprend actuellement cinq districts. Aucune portion du territoire n'a jamais possédé, en dehors de quelques brèves tentatives de colonisation, de population permanente. La France y assure cependant une présence humaine continue (logistique, scientifique ou militaire) grâce à du personnel relevé régulièrement. L'application du traité sur l'Antarctique, auquel la France adhère, place La Terre-Adélie dans une situation particulière. La souveraineté française, qui n'est pas reconnue par certains États, est exercée de manière conforme au traité. Le traité gèle les revendications territoriales françaises et l'exercice de la souveraineté exclusive jusqu'en 2041. Depuis le 6 décembre 2011, les Terres Australes et Antarctiques Françaises disposent de leur propre domaine national de premier niveau : « .tf ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Les Terres australes et antarctiques françaises sont toutes situées dans le sud de l'océan Indien ou, pour La Terre-Adélie, dans le secteur de l'océan Austral situé directement au sud de l'océan Indien. Les Îles Éparses de l’océan Indien sont proches de Madagascar et toutes les autres îles se trouvent au sud-est de Madagascar et des Mascareignes, seule La Terre-Adélie est à la longitude de l'Australie.

À l'exception des Îles Éparses de l’océan Indien, il s'agit de terres très éloignées des régions habitées et très éloignées entre elles :

Districts[modifier | modifier le code]

Ce territoire est actuellement composé de cinq districts: les trois districts historiques des terres australes françaises (Archipel des Kerguelen, Archipel des Crozet, îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam) découverts et rattachés à la France au XVIIIe et XIXe siècles auxquels s'ajoutent depuis 1949 le district antarctique de La Terre-Adélie, puis depuis 2007, le district des Îles Éparses de l’océan Indien. Si la souverainté françaises sur les terres australes n'est pas contestée, les cas de La Terre-Adélie et des Îles Éparses de l’océan Indien restent plus complexes. Sur le plan administratif ces cinq districts ne sont pas des collectivités de niveau inférieur mais des circonscriptions déconcentrées[3].

Nom du District Base permanente/chef-lieu Effectif moyen d'hivernage Superficie
(km2)
ZEE
(km2)
îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam Martin-de-Viviès 29 66 502 533
Archipel des Crozet Base Alfred Faure 18 352 567 475
Archipel des Kerguelen Port-aux-Français 60 7 215 563 869
La Terre-Adélie Base antarctique Dumont d'Urville 25 432 000 -
Îles Éparses de l'océan Indien - - 39 640 400
TAAF 140 439 672 2 274 277

Les terres australes françaises[modifier | modifier le code]

Carte des terres australes françaises

Les terres australes françaises forment trois districts sur lesquels la souveraineté française est universellement reconnue, plus précisément :

Les terres antarctiques françaises[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un seul district qui est constitué d'une portion du continent antarctique, le district de La Terre-Adélie. Découverte par Jules Dumont d'Urville, en 1840, La Terre-Adélie est associée aux terres australes en 1949 et forme les terres antarctiques françaises. La souveraineté française n'est pas universellement reconnue sur ce territoire qui est administré dans le cadre du Traité sur l'Antarctique

Les Îles Éparses de l’océan Indien[modifier | modifier le code]

Le district des Îles Éparses de l’océan Indien est composé d'îles, îlots et atolls tropicaux pour la plupart situés dans le canal du Mozambique. Ajouté en 2007, il ne forme administrativement qu'un seul district composé de l'atoll Bassas da India, de l'Île Europa, des Îles Glorieuses, de l'île Juan de Nova et de l'île Tromelin. La souveraineté française y est contestée par la République de Madagascar pour l'atoll Bassas da India, l'Île Europa, les Îles Glorieuses, l'île Juan de Nova et par la République de Maurice pour l'île Tromelin.

Chiffres[modifier | modifier le code]

Les Îles Éparses de l’océan Indien — Bassas da India, île Europa, îles Glorieuses, île Juan de Nova et île Tromelin — comportent :

Topographie[modifier | modifier le code]

Les TAAF comportent 2 709 km de côtes[5].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Les communautés terrestres des îles australes sont relativement pauvres et parfois dégradées mais l'endémisme y est élevé : 90 % des invertébrés de l'Archipel des Crozet ne vivent que sur les îles subantarctiques de l'océan Indien et 55 % ne sont présents que sur cet archipel. Ces écosystèmes jouent le rôle de sentinelles en termes de modifications climatiques et d'impact du trou dans la couche d'ozone.

Depuis octobre 2006, une réserve naturelle a été créée. Elle comprend l'ensemble des terres immergées (7 000 km2) et les zones maritimes environnantes (15 700 km2)[6].

Oiseaux[modifier | modifier le code]

La moitié de la population mondiale de sept espèces ou sous-espèces d'oiseaux marins vit ou survit dans les TAAF. L'Archipel des Crozet et l'Archipel des Kerguelen sont parmi les plus riches du monde en oiseaux avec respectivement 34 et 33 espèces nidificatrices en communauté les plus diversifiées au monde et avec des effectifs atteignant plusieurs millions d'oiseaux (25 millions d'oiseaux nidificateurs rien que pour l'Archipel des Crozet). Le record de biomasse d'oiseau y a été établi : on y compte soixante tonnes d'oiseaux au kilomètre carré.

Les manchots sont les plus connus et les plus nombreux. Quatre espèces dominent : le manchot royal, le manchot papou, le gorfou sauteur et le gorfou doré (ou macaroni) en colonies de dizaines voire centaines de milliers d'individus.

Au moins huit espèces d'albatros y vivent ainsi que 25 espèces de pétrels, des cormorans, skuas, goélands, sternes, damiers du Cap, etc. dont deux espèces moins dépendantes de la mer : les chionis et les canards d'Eaton (endémique). De l'île Amsterdam dépend la plus grande population d'albatros indien au monde ainsi que la seule population d'albatros d'Amsterdam, espèce endémique au bord de l'extinction (cf. liste rouge de l'UICN) et dont les quarante derniers couples ne se reproduisent que sur le plateau des Tourbières à une altitude de 600 mètres. Diverses sous-espèces sont endémiques à ces îles comme le cormoran des Kerguelen.

Mammifères marins[modifier | modifier le code]

Trois espèces de pinnipèdeséléphant de mer, otarie de Kerguelen, otarie d'Amsterdam — se reproduisent sur ces côtes. Elles ont été jusqu'à la fin du XIXe siècle poursuivies par les chasseurs, sans pourtant disparaître, ce qui a permis la reconstitution de certaines populations depuis leur protection. 400 000 éléphants de mer se reproduisent maintenant annuellement dans l'Archipel des Kerguelen. Le nombre des otaries d'Amsterdam est remonté à 40 000 à 50 000 alors qu'elles avaient presque disparu (moins d'une centaine lors du comptage de 1956).

Neuf espèces de cétacés sont encore observées autour de l'Archipel des Kerguelen, dont le dauphin de Commerson (sous-espèce endémique encore commune dans la région). Dans l'Archipel des Crozet, dans l'Archipel des Kerguelen et à Amsterdam, de nombreux orques chassent les jeunes éléphants de mer, les otaries et les bancs de poissons.

Poissons[modifier | modifier le code]

Les stocks halieutiques y sont parmi les moins surexploités dans le monde mais une pêche illégale s'est développée, notamment de la légine australe, poisson prédateur des profondeurs qui peut atteindre deux mètres de longueur, à haute valeur commerciale, pêché à la palangre qui a aussi un impact majeur sur les albatros et grands pétrels en fort déclin dans ces régions (deux tiers de la population ont disparu pour certaines espèces).

La France a mis en place une surveillance satellitaire avec sur place la marine nationale (sur la ZEE française), en lien avec l'Australie et l'Afrique du Sud. Des contrôleurs indépendants sont présents à bord des bateaux légaux pour vérifier le respect des quotas de pêche (arrêté du préfet des TAAF sur avis du Muséum national d'histoire naturelle). La marine nationale française assure également des patrouilles : en dix ans, d'octobre 1997 à décembre 2007, une dizaine de navires illégaux ont été arraisonnés[6].

Outre la légine présente dans l'Archipel des Kerguelen et dans l'Archipel des Crozet[7], la langouste est abondante à Saint-Paul et Amsterdam.

Environnement[modifier | modifier le code]

La surpêche et les modifications climatiques sont les premières menaces. Les oiseaux souffrent des prises accidentelles (pêche à la palangre), de la concurrence par la surpêche et d'espèces introduites dans certaines îles (chats et rats notamment) alors que le réchauffement risque d'éloigner de plusieurs centaines de kilomètres vers le sud les proies du manchot royal et de nombreuses espèces. L'utilisation de casiers plutôt que de palangres pourrait diminuer l'impact écologique de cette pêche.

Face à ces menaces et de façon à protéger au maximum les territoires et eaux territoriales des districts de l'Archipel des Kerguelen, de l'Archipel des Crozet et de Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam, a été créée en octobre 2006, la Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1772, de Rosnovet prend possession de l'Archipel des Kerguelen. Le 23 août 1892[9], la France prend possession de l'archipel des Glorieuses puis, en octobre 1897[10], des îles Bassas da India, Europa et Juan de Nova.

Le 21 novembre 1924, les îles Saint-Paul et Amsterdam, l'Archipel des Kerguelen et l'Archipel des Crozet ainsi que La Terre-Adélie sont incorporées au gouvernement général de Madagascar[11], auquel avaient déjà été incorporés, outre le territoire de Diégo-Suarez et les îles Nossi-Bé et Sainte-Marie[12], Mayotte[13]puis le reste de l'archipel des Comores[14].

La loi n° 55-1052 du 6 août 1955[15] érige les îles Saint-Paul et Amsterdam, les archipels Kerguelen et Crozet ainsi que La Terre-Adélie en territoire d'Outre-mer, jouissant de l'autonomie administrative et financière.

Le décret n° 60-555 du 1er avril 1960[16] place les îles Bassas da India, Europa, Glorieuses, Juan de Nova et Tromelin sous l'autorité du ministre chargé de l'Outre-mer.

La loi n° 2007-224 du 21 février 2007[17] incorpore les îles Bassas da India, Europa, Glorieuses, Juan de Nova et Tromelin aux Terres australes et antarctiques françaises.

Des inventaires et fouilles archéologiques sont en cours avec une nouvelle et 4ème mission (de 45 jours) de fouille archéologique débutée le 20 août 2013 sur l’îlot de Tromelin ; les avancées quotidiennes du chantier étant présentées en ligne (journal des fouilles[18])


Armoiries[modifier | modifier le code]

Les armoiries des TAAF se blasonnent ainsi : écu écartelé, au premier d'azur au chou de Kerguelen d'argent ; au deuxième d'or à la langouste de sable posée en pal ; au troisième d'or à la tête et au col de manchot royal de sable ; au quatrième d'azur à l'iceberg d'argent. L'écu est timbré d'un arc-en-ciel d'or chargé à la partie supérieure de trois étoiles du même et portant les mots de sable "Terres australes et antarctiques françaises", le tout brochant sur deux ancres d'argent, placées l'une en bande et l'autre en barre. Les supports sont deux éléphants de mer d'argent. Ces armoiries ont été créées par l'héraldiste Suzanne Gauthier, dans les années 1950, sur les indications de M. Richert, administrateur des Taaf de 1955 à 1959.

Politique[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

Créées en tant que Territoire d'outre-mer (TOM) par la loi du 6 août 1955, les TAAF sont dotées de la personnalité juridique et de l'autonomie administrative et financière[19]. Elles sont en outre, depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, mentionnées explicitement à l'article 72-3 de la Constitution de la République française. Avant 1955, les Terres australes et antarctiques françaises n'existent pas en tant qu'entité territoriale distincte. Les îles australes (Archipel des Crozet, Archipel des Kerguelen, îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam) sont rattachées à partir de 1924 à l'administration du Gouvernement général de la France à Madagascar et les îles éparses dépendent de Tamatave. En 1949, La Terre-Adélie y est ajoutée et l'ensemble forme alors un district de la province de Tamatave. Les TAAF sont placées sous l'autorité de l'administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises qui a rang de préfet[20], et qui agit en double qualité de représentant de l'État et d'exécutif du territoire[21].

Le siège administratif se trouvait initialement à Paris. Il a été installé en 2000 à Saint-Pierre, à la Réunion. le rez de chaussée abrite des expositions et est périodiquement ouvert à la visite[22] . L'administrateur supérieur représente le territoire en justice, sauf en cas de litige entre le territoire et l'État[20].

L'administrateur supérieur est assisté d'un Conseil consultatif de 13 membres, représentant différents départements ministériels (outre-mer, défense, recherche, pêche, environnement, affaires étrangères). En cas de litige judiciaire entre l'État et le Territoire, le territoire est représenté en justice par le Président du Conseil consultatif[20]. L'administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises gère également la zone économique exclusive très étendue que confère la souveraineté française sur ces îles de l'océan Indien[23]. Il est en responsable du registre maritime des Terres australes et antarctiques françaises, semble-t-il en sa qualité de représentant du territoire[24]. L'administrateur supérieur est représenté dans chacun des districts par un « chef de district » qu'il désigne pour une période allant de trois mois à un an. Il s'agit de fonctionnaires de catégorie A volontaires qui deviennent responsables de domaines aussi variés que la gestion de l'environnement, la sécurité des biens et des personnes, la logistique, etc. par délégation de pouvoir de l'administrateur supérieur. Ils sont également officiers de police judiciaire et remplissent les fonctions d'officier d'état civil[25]. Le rôle de chef de district de La Terre-Adélie revient normalement au chef de la base antarctique Dumont d'Urville.

Statut[modifier | modifier le code]

Le traité sur l'Antarctique (Washington, 1959) établit un « gel » des prétentions territoriales en Antarctique. Ainsi, la France exerce sa souveraineté sur La Terre-Adélie même si certains États refusent par principe toute appropriation territoriale de l'Antarctique.

Contrairement à la France métropolitaine et aux départements d'outre-mer, le territoire des Terres australes et antarctiques françaises ne fait pas partie de l'Union européenne et le droit communautaire n'y est pas applicable.

Îles Éparses de l’océan Indien[modifier | modifier le code]

Bien que situées en zone tropicale, les Îles Éparses de l’océan IndienBassas da India, île Europa, îles Glorieuses, île Juan de Nova et île Tromelin — ont été intégrées au territoire des Terres australes et antarctiques françaises en application de l'article 14 de la loi n° 2007-224 du 21 février 2007 et conformément au 11e alinéa de cet article qui a rendu leur intégration effective dès la promulgation de la loi. Ce rattachement se justifie principalement pour des raisons de facilités et de similitude administratives car Bassas da India, l'île Europa, les îles Glorieuses et l'île Juan de Nova sont situées dans le canal du Mozambique et l'île Tromelin à l'est de Madagascar. Elles sont toutes inhabitées.

Les Îles Éparses de l’océan Indien constituent le cinquième district des TAAF. Le chef de district est basé à Saint-Pierre-de-la-Réunion[26]. Auparavant, les Îles Éparses de l’océan Indien étaient administrées séparément au nom de l'État par l'administrateur des Îles Éparses de l’océan Indien dont la charge était confiée (par nomination du ministère de l'Outre-mer) au préfet de la Réunion (les Îles Éparses de l’océan Indien n'ont jamais fait partie du territoire de la Réunion depuis la création de ce département d'outre-mer) puis à partir de 2005 au préfet des TAAF. Les Îles Éparses de l’océan Indien continuent à faire l'objet de revendications territoriales de la part de Madagascar pour Bassas da India, Europa, les îles Glorieuses et l'île Juan de Nova, de la part de la Fédération des Comores pour les îles Glorieuses et de la part de la République de Maurice pour l'île Tromelin.

Économie[modifier | modifier le code]

L'intérêt de ces territoires réside dans leur immense zone maritime et en particulier la ZEE (zone économique exclusive). Une extension importante du plateau continental juridique semble possible au-delà de la ZEE, conformément à l'article 76 de la Convention des Nations unies sur le Droit de la Mer. Cette zone pourrait renfermer des ressources minérales comme par exemple des hydrates de méthane.

La Terre-Adélie ne bénéficie pas de zone économique exclusive, ce qui ne permet pas à la France d'assurer la régulation de la pêche au large de ce territoire. Exceptée la pêche, aucune activité économique n'a réussi à s'implanter dans les TAAF.

Budget[modifier | modifier le code]

La collectivité dispose d’un budget d’environ 26 millions d’euros provenant[27]:

  • de ressources propres (droits de pêche à hauteur de €5.5M[28], philatélie, impôts, tourisme, taxes de mouillage…) représentant 78.8% des recettes [29]
  • d’une subvention d’équilibre du ministère des Outre-mer
  • d’un appui financier du ministère de l’Écologie au titre de la réserve naturelle nationale.

Les dépenses sont constituées à 70% de frais de logistiques et 12% de dépenses de personnel[30].

Océan Indien[modifier | modifier le code]

Les trois Districts des Terres australes (Archipel des Crozet, Archipel des Kerguelen, îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam) sont tous caractérisés par leur environnement océanique et leur nature volcanique :

  • les îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam sont situées sur la dorsale Est-Indienne ;
  • l'Archipel des Crozet sur un plateau océanique sur le flanc Est de la dorsale Ouest Indienne ;
  • l'Archipel des Kerguelen sur un vaste plateau asismique entre les deux branches de ces dorsales.

Ces données fondamentales induisent les caractéristiques spécifiques (nature, environnement, géopolitique, économie) de ces terres placées sous responsabilité française. La zone économique exclusive est riche de poissons recherchés. On y pêche notamment la légine, très appréciée des Japonais qui la consomment en sashimi. Cependant, la population de cette espèce s'est considérablement réduite dans les autres zones de l'océan Austral.

La gestion des ressources se fait dans le cadre de la Convention pour la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique signée à Canberra (Australie) en 1980.

Les permis de pêche sont accordés de façon limitée et les périodes de pêche ainsi que le tonnage des prises dans la zone sont sévèrement contrôlés, bien que l'administration autorise des quotas et une période de pèche supérieurs aux recommandations[31], au risque de voir s’épuiser la ressource. Seuls six armements réunionais comme la Sapmer ou Cap Bourbon ont actuellement le droit de pêcher dans la zone. L'un d'entre eux appartient à la famille de l'homme politique Jean-Paul Virapoullé.

De fait, les captures illégales se sont développées il y a quelques années dans cette zone très étendue mais isolée et difficilement contrôlable. En 2001, 14 000 tonnes de poissons y ont été pêchées illégalement soit quatre fois plus que ce qui était autorisé. Depuis, aidée par la surveillance par satellite radar du secteur, la Marine nationale, avec le patrouilleur austral Albatros, n'a cessé d'intervenir pour contrôler le trafic dans la zone également empruntée par certains navires de trafiquants et où des cas d'abordage de navires ou de piraterie ont pu être observés dans le passé. Entre 1997 et 2005, 23 navires pêchant illégalement dans la zone ont été arraisonnés. Certains ont été coulés au large de la côte occidentale de la Réunion, d'autres ont été récupérés par les pouvoirs publics et sont désormais employés à la lutte contre la pêche sans permis.

Parmi les autres ressources des TAAF, on trouve l'émission de timbres-poste, de souvenirs philatéliques et de télécartes vendus aux collectionneurs de la métropole. Il existe aussi une activité touristique limitée et encadrée à bord du Marion Dufresne (le navire ravitailleur des TAAF), au départ de la Réunion. Le navire peut lui-même être visité lors de certaines escales[22].

En octobre 1986, la France a créé le registre maritime des Terres australes et antarctiques françaises communément appelé « pavillon des Kerguelen » destiné à l'enregistrement de navires de pêche et commerciaux afin d'autoriser des exceptions dans le droit du travail qui ne sont pas tolérées sous le pavillon « France ». Cette exception a pris fin en 2005 pour la flotte commerciale[29] privant ainsi l'administration d'une partie de son revenu.

Il n'existe aucune installation portuaire dans les TAAF à l'exception d'une cale de débarquement à Port-aux-Français et d'une cale sommaire à Amsterdam. Les anciennes installations de traitement de la pêche de l'île Saint-Paul sont en ruines.

Zone antarctique[modifier | modifier le code]

La Terre-Adélie abrite la seule base franco-française en Antarctique : la base antarctique Dumont d'Urville. Il existe aussi la base antarctique Concordia franco-italienne située sur le Dôme C, un plateau très éloigné des côtes. Cette base est toutefois située hors de la zone de souveraineté française, un peu plus à l'ouest dans la zone de revendication australienne, et cet établissement n'a pu être possible qu'en vertu du traité de l'Antarctique pour le seul usage scientifique. L'administrateur de la base est nommé parmi les personnels présents, sur leur proposition et en accord avec les gouvernements français, italien et australien et du Secrétariat de l'assemblée chargée de l'application du traité international et de son contrôle. Il fait appliquer localement les règles de police et de sécurité sur la base pour le compte des gouvernements français et italien, suivant un règlement approuvé par les participants qui décident à l'avance de la juridiction applicable.

Les expéditions vers La Terre-Adélie ne sont normalement autorisées que pour la recherche scientifique et la logistique ou le contrôle des installations de la base Dumont d'Urville. Elles doivent faire l'objet d'une demande préalable (sauf pour le contrôle international) et d'un signalement au Secrétariat du Traité sur l'Antarctique.

La monnaie officielle des TAAF est l'euro et non le franc Pacifique utilisé dans les collectivités d'outre-mer du Pacifique, bien que La Terre-Adélie soit plus proche de l'Australie et la Nouvelle-Calédonie que de la Réunion. Le franc français était utilisé avant 1999.

Tourisme[modifier | modifier le code]

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Depuis 1994, l'administration des TAAF ouvre les îles australes au tourisme. Il est ainsi possible d'embarquer à bord du Marion Dufresne pour suivre sa rotation logistique à Crozet, Kerguelen et Amsterdam. Le voyage dure 28 jours en moyenne dont 12 à 14 jours de mer pour 9 000 kilomètres parcourus avec escales (non garanties pour causes de météo) et conférences à bord. Le coût est d'environ 7 000 euros. Outre des visites organisées du navire à certaines escales, une première expérience de tourisme dans les Îles Éparses de l’océan Indien à bord du Marion Dufresne a été menée en 2009 avec une trentaine de passagers touristes. Il n'y a pas d'autre activités touristiques organisées par les TAAF à La Terre-Adélie.

Des accès par bateaux privés sont possibles mais fortement réglementés. Il est nécessaire d'obtenir une autorisation du préfet des TAAF pour pouvoir y mouiller ou y accoster. Certaines zones protégées sont interdites d'accès à l'exception des missions scientifiques. Les étrangers ont besoin d'un visa.

Maîtrise de l'énergie[modifier | modifier le code]

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Dans le cadre d'un partenariat entre l'Université de La Réunion (Laboratoire de physique du bâtiment et des systèmes, LPBS) et les services techniques des TAAF, un programme ambitieux de maîtrise de l'énergie en vue d'intégrer les énergies renouvelables a débuté début 2006. « La crise énergétique mondiale actuelle liée principalement à la spéculation et à la future raréfaction du pétrole d'ici vingt à trente ans, nous mène à intensifier les actions en réduction des dépenses énergétiques dans les bases des Terres australes et antarctiques françaises et à y développer l'intégration des énergies renouvelables, tout en en prenant en compte les contraintes fortes en matière de maintenance et de logistique (quatre ravitaillements maritimes par an seulement par le Marion Dufresne) ».

Transports[modifier | modifier le code]

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Les TAAF ne sont desservies que par la mer. Il n'existe en effet ni aérodrome, ni même de piste d'aviation à l'exception de l'île Tromelin, de l'île Europa, des îles Glorieuses et de l'île Juan de Nova dans les Îles Éparses de l’océan Indien, qui possèdent chacune une piste rudimentaire. Une piste avait été construite à proximité de la base Dumont d'Urville en Antarctique en 1980. Le but était de pouvoir relier l'Australie et l'Antarctique par un avion militaire de type Transall ou Hercules C130. Mais devant le coût financier de son entretien (la piste avait été sérieusement endommagée par une vague due au détachement d'un bloc d'un glacier voisin) et les polémiques internationales liées à cet aéroport dans une zone protégée, la piste a été abandonnée en 1996. L'emplacement de la base de Port-aux-Français dans l'Archipel des Kerguelen avait été choisi pour la possibilité d'installer une piste d'aviation à sa proximité, ce qui cependant n'a jamais été réalisé.

Les Terres australes et antarctiques françaises ne possèdent pas non plus de port, juste des zones de mouillage et des cales ne pouvant accueillir que des navires de très faible tirant d'eau. La desserte des Terres australes et antarctiques françaises est assuré par le Marion Dufresne 2 à partir de la Réunion où il est basé. Ce navire, construit en 1995, assure le transport des passagers, fret et fuel vers les îles Australes ainsi que des missions scientifiques. La desserte de La Terre-Adélie est effectuée par le navire polaire L'Astrolabe pendant l'été austral, au départ d'Hobart en Tasmanie. La circulation automobile n'existe que sur Archipel des Kerguelen malgré l'absence d'axes routiers. Le parc de véhicules utilitaires (essentiellement fourni par Renault) est restreint, faisant toutefois l'objet d'une immatriculation française par un système qui lui est propre. Chaque véhicule est attitré à un chef ou prêté à un agent, l'entretien est assuré in situ par une équipe spécialisée dans la mécanique générale. Leur présence a été rendue nécessaire par l'importance du matériel et des personnes à déplacer.

Démographie[modifier | modifier le code]

Les TAAF n'ont jamais eu de population autochtone et aucune population permanente à l'exception de quelques brèves et très limitées tentatives de colonisation. Il existe cependant une présence humaine continue sur certains de ces territoires, assurée par des scientifiques ou des militaires français. Ainsi en 2006, environ 650 personnes ont séjourné dans les TAAF[6] dont 400 sont des scientifiques en mission et 200 à 250 des militaires, principalement de la Légion étrangère ou du 2e RPIMa[6] et des contractuels assurant la logistique.

  • Archipel des Kerguelen : entre 70 et 110 personnes suivant la saison[6].
  • La Terre-Adélie: entre 30 et 100 personnes[6].
  • Îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam : 25 à 45 personnes[6] (avec des missions ponctuelles de quelques personnes sur Saint-Paul).
  • Archipel des Crozet : 25 à 45 personnes[6].

Codes[modifier | modifier le code]

Les Terres australes et antarctiques françaises ont pour codes ATF, dans la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aucune population permanente.
  2. Commission de toponymie de l'IGN - Institut national de la statistique et des études économiques, Pays indépendants et capitales du monde : Entité géopolitiques dépendantes au 01.09.2007, Paris,‎ 16 septembre 2007, 10 p. (lire en ligne), p. 4
  3. Gweltaz Éveillard, « Le statut des terres australes et antarctiques françaises », Revue du Droit Public, vol. 124, no 1,‎ 2008, p. 136-137
  4. [1] - Institut Polaire Français - Archipel de Kerguelen - Le 12 février 1772, dans le sud de l'océan Indien, Yves-Joseph de Kerguelen de Tremarec aperçoit une terre où il croit voir le continent Austral, et lui donne le nom de "France australe". Il fait débarquer un marin pour prendre possession du territoire au nom du roi.
  5. IGN Magazine N°54 page 9
  6. a, b, c, d, e, f, g et h « La France boude les terres australes », Les Échos, 31 décembre 2007.
  7. Fritsch L., 2011 : "Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) : une pêche durable et responsable" Alim'agri, magazine du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire Supplément au n° 1549 (juillet-août-septembre 2011) - p. 45
  8. « Réserve naturelle », site Internet des Terres australes et antarctiques françaises.
  9. Acte du 23 août 1892, portant prise de possession, au nom de la France, des îles Glorieuses, visé par le décret n° 60-555 du 1er avril 1960, relatif à la situation administrative de certaines îles relevant de la souveraineté de la France, publié au Journal officiel de la République française du 14 juin 1960, p. 5343 : http://www.legifrance.gouv.fr:80/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=19600614&pageDebut=05343&pageFin=&pageCourante=05343
  10. Le décret n° 60-555 du 1er avril 1960, précité, vise « la prise de possession, au nom de la France, des îles Juan de Nova, Europa et Bassas da India, en octobre 1897 » : http://www.legifrance.gouv.fr:80/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=19600614&pageDebut=05343&pageFin=&pageCourante=05343.
  11. Décret du 21 novembre 1924, rattachant les îles Saint-Paul et Amsterdam, les archipels Kerguelen et Crozet et La Terre-Adélie au gouvernement général de Madagascar, publié au Journal officiel de la République française du 27 novembre 1924, p. 10452 : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000299294&categorieLien=cid
  12. Décret du 27 janvier 1896, publié au Ny Gazety Malgasy du 27 mars 1896.
  13. Décret du 9 avril 1908, publié au Journal officiel de Madagascar du 23 mai 1908, p. 362.
  14. Décret du 23 février 1914, publié au Journal officiel de Madagascar du 31 mars 1914, p. 413.
  15. Loi n° 55-1052 du 6 août 1955, conférant l'autonomie administrative et financière aux Terres australes et antarctiques françaises, publiée au Journal officiel de la République française du 9 août 1955, p. 7979 : http://www.legifrance.gouv.fr:80/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=19550809&pageDebut=07979&pageFin=&pageCourante=07979
  16. Décret n° 60-555 du 1er avril 1960, relatif à la situation administrative de certaines îles relevant de la souveraineté de la France, publié au Journal officiel de la République française du 14 juin 1960, p. 5343 : http://www.legifrance.gouv.fr:80/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=19600614&pageDebut=05343&pageFin=&pageCourante=05343
  17. Loi n° 2007-224 du 21 février 2007, portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l'Outre-mer, publiée au Journal officiel de la République française n° 45 du 22 février 2007, texte n° 2, p. 3220 (NOR : DOMX0500204) : http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=20070222&numTexte=2&pageDebut=03220&pageFin=03252
  18. Le journal quotidien des fouilles archéologiques sur l’île de Tromelin, consulté le 2013-09-23
  19. Gweltaz Éveillard, p. 106-109
  20. a, b et c http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=20080913&numTexte=7&pageDebut=&pageFin=
  21. Gweltaz Éveillard, p. 124
  22. a et b Les TAAF vous proposent de visiter leur siège, à Saint-Pierre, ainsi que leur navire ravitailleur, le Marion Dufresne II, lors de ses escales au Port
  23. TAAF : p^che dans les subantarctiques
  24. C'est la lecture de Gweltaz Éveillard, qui l'exprime avec prudence, voir p. 129.
  25. André Oraison, « Le statut des Terres australes et antarctiques françaises à la lumière de l'article additionnel 72-3 de la Constitution », Revue française de droit administratif, vol. 23, no 4,‎ juillet-août 2007, p. 691-692
  26. Arrêtés 2007-18 bis et 2007-18 ter du 23 février 2007
  27. [2] Ministère des l'outre-mer
  28. [3] Lettre des TAAF n°3
  29. a et b [4] Rapport de la cour des comptes de 2006, page 452
  30. [5] Rapport de la cour des comptes de 2006, page 442
  31. [6] Rapport de la cour des comptes de 2006, page 453

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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